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Une dictature de généraux ivres de pouvoir en Birmanie

Préoccupé par les événements dramatiques qui se produisent depuis plusieurs mois en Birmanie, le secrétariat général des Nations unies vient de décider de dépêcher un envoyé spécial à Rangoon et à Pynmana, siège de la Junte bimane, pour inciter le pouvoir militaire dictatorial à démocratiser ses institutions dans les meilleurs délais.

Simultanément, du 14 au 18 mai, des manifestations sont prévues dans douze pays devant les ambassades du Nyanmar/Birmanie pour protester contre les atrocités infligées aux ethnies minoritaires Karen Shan et Kashin commises sous l’impulsion de la junte militaire. Ces manifestations sont prévues en Australie, en Belgique, au Canada, en Corée du Sud, au Danemark, aux Etats-Unis, en Inde, au Japon, en Norvège, en Nouvelle-Zélande, en Thaïlande.

Selon les plus récentes informations parvenues au Conseil de sécurité, l’armée birmane livre au peuple karen une guerre d’épuration ethnique dans une région située en bordure de la frontière thaïlandaise.

La Junte a été contrainte finalement, dimanche 14 mai, d’admettre qu’une opération militaire était en cours dans l’Etat Karen, sans dire depuis quelle date. Le ministre de l’information de la Junte, Brigadier général Kyaw San, a indiqué que ces opérations avaient pour but de "neutraliser les risques que les guérilleros de l’Union nationale des Karens font courir à la nouvelle capitale à Pyinmanan située à 300 km au Nord de Rangoon".

Le général - ministre de l’information - n’a pas parlé des effectifs engagés dans cette offensive, mais en réponse à ses affirmations, le porte-parole du mouvement rebelle a révélé lundi à Bangkok que « l’armée birmane combat les Karen depuis 1949. Les effectifs déployés actuellement sur la zone karen sont de l’ordre de cinquante à soixante bataillons. La méthode qu’ils mettent en œuvre est celle de « l’éradication », dont le but final est l’élimination progressive du peuple Kkaren ».

Les médias du Sud-Est asiatique dressent un tableau minutieux de l’offensive la plus importante jamais lancée par le général Than Schwe, président omnipotent de la Junte militaire. L’armée birmane, composée à 65% de Bamars, l’ethnie dominante en Birmanie, dévaste la bande côtière où vit le peuple karen le long de la frontière avec la Thaïlande.
Un rapport produit récemment par le président Vaclav Havel and Mgr Desmond Tutu, prélat d’Afrique du Sud, sous le titre "Une paix menacée : requête auprès du Conseil de sécurité pour qu’il agisse en Birmanie", conclut que "la junte militaire n’est pas seulement une menace pour son propre peuple. La croissante gravité de la crise birmane contribue à déstabiliser l’équilibre du Sud-Est asiatique."

Selon ce rapport, le Conseil de sécurité aurait au moins cinq bonnes raisons d’intervenir d’urgence auprès du régime birman actuel :
1 - La Junte militaire persiste à ne pas reconnaître les droits civiques de son propre peuple - depuis qu’elle refuse d’admettre la victoire électorale des partis démocrates aux élections législatives de 199O.
2 - Elle a commis « systématiquement de graves crimes sur l’ensemble du territoire birman au préjudice de son peuple. Ces exactions se sont manifestées par la destruction de 2700 villages depuis 1996, le déplacement en masses forcées de plusieurs centaines de milliers d’habitants de ces régions dévastées, le viol systématique commis par les soldats du gouvernement central des femmes appartenant à des ethnies minoritaires, la pratique du travail forcé au profit de l’armée et l’enrôlement de plus de 70 000 enfants dans ses unités armées.
3 - À la suite des “ratissages” entrepris par des unités de l’armée birmane (400 000 hommes) plus de 700 000 civils se sont réfugiés depuis dix ans dans les pays voisins, et plus particulièrement en Thaïlande.
4 - La Birmanie est le premier producteur d’opium du monde. Elle produit et exporte également de l’héroïne ( 2500 tonnes) et des produits stimulants du type amphétamine, soit 300 millions de tablettes fabriquées dans cinquante laboratoires industriels. Le commerce de la drogue est une source permanente de préoccupation pour la communauté internationale.
5 - Un des effets collatéraux des exportations d’héroïne birmane dans le Sud-Est asiatique a été une augmentation spectaculaire des cas de Sida induit par la pratique courante de se prêter des seringues contaminées, tandis que les militaires sont incapables de juguler cette pandémie.

Finalement, en décembre dernier, le Conseil de sécurité a inscrit la question birmane à son ordre du jour. Il a par ailleurs établi, dans une récente résolution prise à l’unanimité, que "toutes les nations ont le devoir de protéger leurs citoyens contre toute tentative de génocide, d’épuration ethnique, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre", éventuellement par la force, conformément au chapitre VII de la Charte des Nations unies.

De retour de Birmanie, où il avait été envoyé en mission par l’Asean (Association des nations du Sud-Est asiatique) , le ministre des affaires étrangères de Malaisie, Syed Hamid Albar, est rentré chez lui bredouille. « J’ai l’impression que la junte birmane traîne les pieds de telle façon qu’elle risque de porter atteinte à notre image et à notre crédibilité ». Non seulement la junte a interdit tout contact du ministre malais avec la Ligue nationale (birmane) pour la démocratie, National League for Democracy, mais elle a qualifié de terroristes les représentants de ce mouvement à l’étranger et entrepris de forcer ses sympathisants à donner publiquement leur démission.
Au moment-même où ce pays, devenu soudainement un nouveau riche en gaz et en pétrole, en l’espace de deux années, fait espérer une progression éventuellement spectaculaire de son économie, après plus de soixante ans d’une économie de subsistance, basée sur la culture du riz, l’exploitation des mines de saphir, de rubis, la culture et la libre-commercialisation de l’opium à travers le monde.

Vue de l’extérieur, sa situation est plutôt brillante : la Junte se paie le luxe d’envoyer en Russie, sous la conduite du général Maung Aye, numéro deux du régime et président du Conseil pour la paix et le développement, ce qu’elle a de plus importants personnages, de les faire recevoir au Kremlin pour y négocier des accords militaires, commerciaux scientifiques, nucléaires qui vont transformer la vie des civils et renforcer plus encore le pouvoir des militaires .

Avec la Chine, qui est une amie mitoyenne de toujours, on va construire un oléoduc de plus de 1500 kilomètres reliant le Golfe du Bengale au Yunnan, par lequel passeront hydrocarbure et gaz.

Au sein de l’Asean ( Association de dix pays du Sud-Est asiatique), on lui fait une cour discrète, comme à un pays riche, possesseur de pétrole, en regrettant la rigueur d’un régime antidémocratique.

En Europe, on ne formule non pas de condamnations pour mépris des droits de l’homme, et institution du travail forcé imposé à la paysannerie, mais des remontrances, et des vœux pour cela change.

Sur le plan des relations diplomatiques, la junte a renoué avec la Corée du Nord qui aura besoin de son pétrole et de son gaz en échange de transferts à ses amis du Myanmar de technologies nucléaires dont ils pourront avoir besoin.

Pendant ce temps-là, à 300 miles au Nord de Rangoon, la cour d’Ubu roi donne libre cours à sa mégalomanie, après avoir, le 30 mai 2003, destitué et arrêté le Premier ministre Khin Nyunt, partisan d’une certaine libéralisation. Aussi avide d’honneur et de puissance souveraine qu’un capitaine mutin et trentenaire, le général Than Shwe, qui s’est autopromu « généralissime », a transformé unilatéralement la structure du gouvernement du Myanmar pour en faire un instrument plié à sa volonté. Et comme au temps de Thîbô, (1878-1885) le dernier roi birman, et tyran et pathologiquement sanguinaire.
Ainsi que le commente la presse asiatique, le « généralissime » a fait de la Junte militaire son organe d’exécution des basses œuvres. Lui-même mué en dictateur, juge et souverain autoproclamé, il décide de la liberté ou de la mort de tous ceux qui osent s’opposer à sa volonté.

C’est à lui que revient l’idée d’avoir déchu de son rôle de métropole Rangoon, ville à la foi culte, contestataire, universitaire et narquoise, pour la remplacer par une nouvelle capitale située dans la jungle, à 32 kilomètres du nœud ferroviaire de Pyinmana, en Birmanie centrale . Il l’a nommée « Nay Oyi Daw », la « capitale royale ». De telle sorte que les milieux diplomatiques lui prêtent le projet de devenir souverain comme le roi Thibô intronisé, en 1878, à Mandalay après avoir fait assassiner ses frères et sœurs et leur entourage.

Lorsque j’étais en poste à Rangoon, « les militaires », comme on disait couramment, étaient en lutte permanente contre les peuples étrangers - Kalà - qui, formant l’Union birmane, rejettent la dictature créée en 1962 par le général Ne-Win. Pendant 44 ans , l’armée birmane a lutté sans merci contre les guérillas « rebelles » (Kachin au Nord, Shan dans le centre-est du Pays, les Karen au Sud-Est, les Chin et les Arakanais à l’Ouest ) bien équipées en armes par tous les trafiquants d’opium et d’armes d’Asie. De nombreux maquis rebelles se sont rendus, mais l’armée rebelle des Karens unifiés demeure intraitable.

On ne peut manquer de penser au roman historique de Fryniwyd Tennyson Jesse, écrit sur la fin des rois de Mandalay et l’annexion par les Anglais, en 1886, de la Birmanie, convoitée par les Français qui, déjà depuis 1883, négociaient, avec Thibô, la construction d’une voie ferrée traversant la Birmanie, du golfe de Bengale au Laos, afin de parachever la construction de l’Indochine française. Le récit de Tennyson Jesse évoque notamment les massacres ordonnés par le roi Thibô pour s’emparer du pouvoir en 1878.
Il est très tentant de comparer la cruauté de cette époque avec la froide détermination d’un vieux militaire ivre de pouvoir, réduisant ses ministres à l’impuissance, jetant les autres en prison, muselant son opposition démocratique et pratiquant l’épuration ethnique dans les provinces.

Une écrivaine britannique de renom, Fryniwyd Tennyson Jesse, propre nièce d’Alfred Tennyson, le plus grand poète de l’époque victorienne, a écrit, en 1929, un roman historique, considéré comme un des meilleurs et plus exacts témoignages sur la Birmanie au XIXe siècle, sous le titre de The Lacquer Lady [2] en Français Les derniers jours du Palais d’Or à Mandalay. Le roi Mindon Min était mort en 1876. Thibô lui succéda sur le trône après deux d’intrigues. Enfin roi, il décida de faire tuer tous les princes de sang qui briguaient sa déchéance. Les massacres durèrent trois jours et trois nuits.
Recourant à des coutumes centenaires dont les pratiques sanguinaires étaient loin du concept de droits de l’homme, le vieux chef d’Etat en nommant « capitale royale » le nouveau siège de son gouvernement a indiqué clairement ce qu’il considérait devoir être le style de train de vie souverain auquel il estime avoir droit. Rares sont ceux qui, à Rangoon, parmi les diplomates, connaissent les lieux de cette nouvelle métropole appelée à devenir le symbole d’une dynastie nouvelle au moyen d’initiatives archaïques. En s’installant dans la jungle, le dictateur birman espère probablement prendre ses distances à l’égard des pressions étrangères, se soustraire à toute pression - et à tout danger ; il a confirmé le régime d’arbitraire qui pèse sur le pays depuis 1962 en privant les Birmans - quelle que soit leur ethnie - de leurs droits fondamentaux.

Nombreux sont ceux - comme moi-même quand j’étais en poste à Rangoon - ont limité leur visite de cette région isolée aux grottes de Pynmana, considérées comme un des hauts lieux du bouddhisme birman.
D‘un souverain, Than Shwe a adopté le train de vie. Un correspondant du Times de Londres rapportait récemment les commentaires qui sont faits dans les missions diplomatiques de Rangoon. Selon ces « informations » qui font les délices des soirées diplomatiques sur les rives de « l’Inya lake », le maître de la Birmanie a non seulement créé une nouvelle capitale, mais il y a fait construire une résidence dans laquelle, somptueusement, la roche mère du jade, habilement polie, et importée de Chine, y remplace le marbre de Carrare qui n’a pas été jugé digne d’un palais. Comme les anciens rois, le généralissime dictateur - ailleurs on aurait dit le lider, le caudillo, s’est entouré de moines aussi prudents que conformistes auxquels il demande conseil en leur confiant le soin d’interroger les astres pour chaque décision à prendre - et de présider des cérémonies propitiatoires susceptibles de favoriser ses entreprises.

Par milliers, les fonctionnaires et ministres de tous grades ont été sommés , en échange de salaires plus élevés, de rejoindre leurs postes campagnards. Ils ont été installés dans des immeubles communautaires où leur sont attribués des appartements de fonction.

Quant aux ambassades, elles ont fait savoir qu’elles n’iraient pas établir leurs chancelleries dans la jungle. L’ambassade des Etats-Unis a fait savoir qu’il n’était pas question pour elle d’aller s’installer dans ce qu’elle a appelé une « capitale illégitime », et qu’elle décrit comme le projet du « sinistre ego » du dictateur Than Shwe auto proclamé « généralissime ».

Cette attitude provoque des doutes au sujet de l’avenir démocratique
du Myanmar. Tirant parti du fait que le Myanmar / Birmanie est transformé depuis le début du siècle en une nation « nouveau riche » du pétrolière et gazière grâce à l’intervention de compagnies occidentales et d’extrême-orient, le général Than Shwe et sa junte se croient désormais tout permis. La Birmanie leur semble être désormais vouée à une croissance qui lui permettra de combler le retard économique accumulé depuis plus d’un demi-siècle. La découverte en janvier 2005 de très importants gisements de gaz en off shore de la côte de l’Arakan les ajoute à ceux qui sont exploités depuis 1999, de l’estuaire de l’Irrawaddy à l’extrême Sud de la frontière avec la Thaïlande.
Grâce à ces ressources, la Birmanie commence à pendre son essor. La prospérité qui en résulte a renforcé singulièrement le pouvoir militaire.
Plusieurs compagnies étrangères participent à la recherche et à l’exploitation de ces hydrocarbures : les sud-Coréens de Deawoo, les Français de Totalfinaelf associés aux Nord-Américains de UNOCAL, les Thaïlandais de FTTEP, les Malais de Petronas, les Japonais de Nippon Oil, les Birmans de MOGE (Myanmar oil et gaz enterprise).

Leur présence explique pourquoi, depuis quelques mois, le général Than Shwe a lancé une offensive générale sans merci contre les Karen. Au nombre de quelque huit millions, ces derniers constituent - avec les Shan, et les Kachin- une des ethnies principales les plus opposées au concept d’Union birmane créée au moment de son indépendance en 1948.
Actuellement, compte tenu des investissements étrangers totaux de plus d’un milliard de dollars dans deux projets gaziers en pays karen - Yadana et Yetagin - qui extraient déjà 15 millions de mètres cubes de gaz/ jour, il s’agit tout simplement, pour le gouvernement dictatorial militaire de faire place nette dans une région hostile, en mettant fin aux activités des Karen désignés comme « rebelles » et « terroristes » et qui, à ses yeux, constituent une menace sur les oléoducs et installations pétrolières et gazières construites pour l’exploration des nappes et l’exploitation off shore des gisements gaziers.
Tant que cette région longue et étroite, située le long de la frontière de Thaïlande, ne présentait aucun intérêt pour l’Etat en raison de la pauvreté de son économie de subsistance, il suffisait aux « militaires » de contenir plus ou moins l’action de la guérilla karen (KNU - Karen National Union) dans cette zone.

La dernière offensive a provoqué l’exode de milliers des paysans karens en direction de la Thaïlande où survivent péniblement , selon la presse de Bangkok, quelque 700 000 réfugiés venus depuis plusieurs dizaines d’années. Sans compter les 140 000 Karens qui ont été parqués depuis le début de l’année, dans des « camps de regroupements », situés entre la rivière Salween et la frontière thaïlandaise et semblables à ceux que les forces françaises et américaines avaient créés pendant la Guerre du Vietnam.

Le « Conseil national de l’Union birmane - NCUB - vient d’accuser, le 8 mai dernier, le général Than Shwe et le « Conseil d’Etat pour la paix et le développement - SPDC » d’être responsables « des offensives meurtrières lancées contre les civils de divers districts dans l’Etat karen ». Il les accuse d’avoir miné les zones d’où ont été chassés les paysans, pour les dissuader de revenir. Ce que la Junte militaire a démenti en qualifiant ces informations de menées propagandistes.

Cette répression concerne non seulement l’Etat karen, mais tout lieu en Birmanie où se trouvent des membres de l’opposition dont plusieurs milliers ont été emprisonnés. La dernière initiative de la Junte militaire a été de déclarer « hors-la-loi » et « terroriste » la « Ligue nationale pour la démocratie (NLD) en se refusant à libérer Mme Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, maintenue dans un isolement complet derrière les murs de sa maison de Rangoon.

Les efforts de l’ Asean pour ramener les dirigeants birmans à la raison et à la démocratie n’ont eu aucun résultat. La Birmanie, dont c’était le tour à la présidence, n’a pas assisté à la dernière réunion des ministres de la Défense de l’Asean.

Interrogé sur l’absence du Myanmar à la réunion, le vice-Premier ministre malais Najib Tun Razak M. Najib a répondu qu’une invitation avait été envoyée mais que le Myanmar avait choisi de ne pas envoyer de représentant « en raison de préoccupations ou d’engagements internes. »

Par ailleurs, le général Than Shwe et sa junte n’ont jusqu’à présent tenu aucun compte de la « résolution sur la protection des civils dans les conflits armés » adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies, le 28 avril dernier . Cette résolution souligne clairement que chaque Etat membre des NU a « le devoir d’intervenir et de mettre les populations menacées à l’abri des génocides, des crimes de guerre, des épurations ethniques et des crimes contre l’humanité, quand leur propre gouvernement n’offre pas cette protection . »

Mais il est bien évident que les généraux birmans son conscients de l’importance accrue que leur pays revêt dans le Sud-Est asiatique, en dépit des critiques et des condamnations qui sont exprimées à son encontre au sein de l’Asean et des Nations unies.

Ils constatent que si les Nations unies leur imposent un blocus économique, les sociétés privées, voire même publiques, de quelques-uns de ces Etats n’éprouvent aucun état d’âme quand il s’agit d’aller y réaliser des profits non négligeables, en allant « aider » les peuples de Birmanie à exploiter les richesses naturelles que recèle leur pays.

Par ailleurs , ils tiennent en compte qu’au moins deux membres permanents du Conseil de sécurité sur cinq, la Chine et la Russie, ont besoin de la Birmanie dans l’accomplissement de leurs stratégies géopolitique et économique, et qu’ils ne voteront pas de sanctions.

Autant de raisons de croire que le Myamar ne va pas devenir de sitôt une démocratie bouddhiste, même si dans les mois qui viennent, les spéculateurs immobiliers civils et militaires de ce pays parviennent à transformer Rangoon en un nouveau Singapour, après avoir fait démolir tous les vestiges de la présence coloniale anglaise.


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4 réactions à cet article    


  • {Mandalay{Rangoon{Point de vue}}} (---.---.115.129) 16 mai 2006 22:19

    Rangoon[Siege d’une rock-democratie armee] et Burma et Siam et Malaysa & autres pays []&[] en Asie ont designe cette armee comme siege (Vous B-B, un -Professionel_des_territoires_, pourriez librement appliquer l’interpretation Anglais « under siege » ) et lieu du seance de la prochaine conference de toutes les Etats Asiatiques 2006. Et l’armee a Rangoon a remporte l’organisation de cette conference a 2007. Burma a un vaste reservoir des supporteurs en Asie mais pas chez les Territorialistes de la hemisphere d’ici ... .

    Savez-Vous et connaissez-Vous, Monsieur Belle Aigue, l’esthetique des concerts du Rock a Rangoon ? Peut-etre Vous aimez le Groovie et pas le R&B & MandalayFunk ? Et.Pourquoi pas ? S’il ca Vous plait mieux. Mais arretez tout de suite d’interpreter les democraties du Tigre en Asie d’un gout « Groovie ». Moi je trouve « Groovie » ’grand’. Mais en Siam et ailleurs ont a des autres predilections.

    Vice Versa : Ecoutez-Vous le Kashmir Rock ?


    • patapon (---.---.38.93) 16 mai 2006 23:50

      je trouve cet article passionnant comme tous les articles de cet auteur sur la birmanie ou le myanmar... on peut citer aussi le livre d’amitav gosh un auteur indien, le palais des miroirs qui raconte la fin des rois de birmanie.... j^ètais en birmanie, comme touriste et ai eu le coup de foudre pour ce pays, je voudrais y retourner cet été, mais je crains de ne pouvoir y être autre chose qu’un touriste...j’ai fait un blog avec des photos http://octavepatapon.skyblog.com ou volontairement je n’émets pas de commentaires politiques, si vous avez des infos sur une autre façon de pouvoir aller là-bas (humanitaire ?) merci de me laisser l’info, ici ou sur le blog, je voulais aussi laisser un message à bertrand bellaigue, mais l’adresse de mail sur son site ne marche pas, je comprends peut-être pourquoi quand je lis le commentaire ci-dessus


      • Bertrand C. Bellaigue Bertrand C. Bellaigue 17 mai 2006 01:50

        Cher lecteur de Mandalay, je connais bien votre ville et son histoire de Pagan au roi Minon Min. J’ai bien reçu votre commentaire. Merci. Mais je n’en ai pas très bien compris le texte ( which was badly garbled )..

        Would you repeat it in English ?

        For the while, I will quote you what I heard being posted in another country - far from Burma - where a military coup had imposed a “way to a new order”.

        quote “ If one is a foreigner keeping quiet, and not a socialist, a communist, a jew, a member of workers unions, a free- mason, a “democratic party member, or leader, a social worker, a member of human right institution, you will be able to lead an undisturbed family life, and attend any “rock” “punk,” or “metal concert you want. If not so, I’m afraid that one’s freedom or even life could be shortened by the only will of few generals..” UNQUOTE

        Sincerely yours

        Bertrand C. Bellaigue Former foreign correspondant in Yangoon/Rangoon.


      • Gary Gaignon (---.---.197.220) 17 mai 2006 01:44

        Cet article-fleuve coule majestueusement avant de se jeter du haut d’une chute dramatique et spectaculaire, digne du Niagara ! Il y aurait de quoi alimenter une nouvelle chaîne d’information sur les points chauds du globe, via le câble : S.O.S ONU !

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