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Accueil du site > Actualités > International > USA : Paul Ryan ne se présentera pas à l’élection présidentielle

USA : Paul Ryan ne se présentera pas à l’élection présidentielle

Pourtant encouragé par de nombreuses personnalités du GOP, Paul Ryan, Représentant du Wisconsin et Président du comité pour le budget de la chambre, ne se lancera pas dans une candidature à la primaire républicaine.

Par Kenneth R. Weinstein* — Après quelques semaines d’indécision, Paul Ryan, le Représentant du Wisconsin et Président du Comité de la chambre pour le budget, a finalement décidé de ne pas se lancer dans la campagne présidentielle.

Elu pour la première fois à la Chambre en 1999, à l’âge de 28 ans, Paul Ryan est aujourd’hui l’un des hommes forts du Parti républicain. Désigné en janvier dernier pour répondre, au nom du GOP, au discours sur l’état de l’Union du Président Obama, il a été plus récemment l’auteur du projet « Path to Prosperity, » voté par la chambre des représentants au Printemps. Envisageant de nombreuses réformes structurelles, il remettait en cause le plan de santé de Barack Obama, afin notamment d’assurer la viabilité à long terme de Medicare (l’assurance santé pour les plus de 65 ans), de Medicaid (l’assurance maladie aux familles à faible revenu) et des droits sociaux. Ce plan, bien pensé et souhaitable, fut néanmoins refusé par le Sénat, à majorité démocrate.

Ryan s’était entretenu ces derniers jours avec de nombreuses personnalités du Parti républicain, notamment Karl Rove, le stratège à l’origine des victoires électorales de George W. Bush. Il comptait de nombreux soutiens, parmi lesquels Chris Christie, Gouverneur du New Jersey, Scott Walker, Gouverneur du Wisconsin, Jeb Bush, ancien gouverneur de Floride, et Mitch Daniels, gouverneur de l’Indiana et ancien Président du Hudson Institute. Ce dernier avait d’ailleurs déclaré « [Ryan] a toutes les qualités que notre parti doit mettre en valeur lors de ces élections. Il peut expliquer – et veut expliquer – dans un Anglais simple, pourquoi les politiques qui sont menées aujourd’hui sont un désastre pour la classe moyenne, et il a l’habileté nécessaire pour aller se confronter aux personnes qui disent des contre-vérités sur les propositions qu’il a formulées ».

La veille de la candidature de Rick Perry, Ryan s’était inquiété des politiques économiques et fiscales envisagées à moyen et long terme par les candidats à la primaire républicaine, les jugeant insuffisantes ou maladroites face à la tâche à accomplir, laissant ainsi planer le suspense autour de sa candidature.

A n’en pas douter, un duel entre Barack Obama et Ryan, tous deux quarantenaires et d’un dynamisme enthousiasmant, aurait en effet pu donner lieu à une confrontation politique pour le moins captivante. Mais il a finalement mis un terme aux spéculations.

A vrai dire, Ryan s’est peu préoccupé de politique étrangère. S’il a travaillé comme plume et analyste au sein d’Empower America [1], un think tank qui comptait parmi ses fondateurs la diplomate Jeane Kirkpatrick – la représentante permanente des Etats-Unis auprès des Nations-Unies sous Reagan, – il s’occupait avant tout d’analyse économique. Alors que la bataille pour l’investiture républicaine est déjà bien lancée entre Rick Perry, Mitt Romney et Michelle Bachmann, il aurait fallu à Ryan davantage que des arguments budgétaires pour l’emporter.

Son jeune âge lui laisse encore le temps de mûrir. D’après le Standard, Rick Perry et Paul Ryan devraient se rencontrer à Washington dans les prochains jours. Le Gouverneur du Texas, a qualifié la sécurité sociale de « pyramide de Ponzi ». C’est, selon Stephen F. Hayes, « typiquement le langage que Ryan utilise habituellement ». Sans doute sera-t-il en mesure de jouer un rôle primordial dans un débat qui s’annonce d’ors et déjà rude.

_________________

*Kenneth R. Weinstein est Président et CEO de l’Hudson Institute. Ses articles ont été publiés dans de nombreuses revues : The New Republic, The Wall Street Journal ou encore Le Figaro ou le Bungei-Shunju (Japon). Francophile, il est Chevalier dans l’ordre des arts et des lettres. Il a été élève d’Allan Bloom à l’Université de Chicago, étudiant à Sciences Po’ (DEA d’études soviétiques) puis diplômé d’un PhD à Harvard, réalisé sur Pierre Bayle, un philosophe français du XVIIème siècle. Il tient un blog, Vue de Washington, pour Le Monde.fr.


[1] Devenu aujourd’hui Freedom Works.


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3 réactions à cet article    


  • TOHT 25 août 2011 11:58

    Ce personange méritait un article de fond, il est dommage que trop souvent vous confondez AV et la page « des chiens écrasés ». Bien qu’ayant la même opinion que Kerjean sur ce politique j’espère qu’un jour avoir le palsir de lire un article d’un politique US (un vrai), parlant des US à la France, histoire de voir si il en existe encore.


    • jako jako 25 août 2011 12:16

      Ne seriez vous pas daltonien ?


      • Le Bulletin d'Amérique Le Bulletin d’Amérique 25 août 2011 17:29

        La dialectique conduirait à chercher l’argument d’autorité. Malheureusement, Wikipédia ne peut empêcher quelques contre-vérités : les liens entre les institutions gouvernementales et les think tanks sont bien plus subtiles et devraient se passer de l’anti-américanisme primaire.

        L’Hudson Institute ne dépend absolument pas de la RAND corporation (qui, elle, est une organisation publique). Le fondateur de l’Hudson, Herman Kahn, a créé un institut, lassé de l’incapacité de la RAND de penser certaines questions (il était un stratège nucléaire, comme K.Weinstein le décrit ici : http://tinyurl.com/3zv7kaa). Plus récemment, un chercheur français, Laurent Murawiec, a été licencié de la RAND pour avoir envisagé les liens entre l’Arabie Saoudite et le terrorisme jihadiste. Il a terminé sa carrière à l’Hudson Institute.

        En réalité, le mépris des agences de renseignement ou du Pentagone est une constante des néoconservateurs.

        Pour ce qui est de la « consolidation de l’Atlantisme en Europe ». Le centre sur la politique européenne de l’Hudson Institute est inactif depuis quelques temps. Le transatlantisme des néoconservateurs — qui bat de l’aile depuis au moins une génération — n’a rien à voir avec celui, purement d’influence, de la CIA. C’était celui qui liait Irving Kristol à Raymond Aron ou Daniel Bell et Nathan Glazer à Raymond Boudon.

        Les plus curieux auront peut-être envie de lire « Histoire du néoconservatisme aux Etats-Unis », de Justin Vaïsse. Très critique mais quand même suffisamment objectif, Vaïsse a sans aucun doute produit là le travail le plus abouti sur le sujet. Les plus paresseux pourront parcourir cet article : http://www.rue89.com/justin-blog/2009/01/01/neoconservateurs-americains-le-monde-fait-du-neo-nimporte-quoi

        Le Bull’ d’Am’

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