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Accueil du site > Actualités > International > USA-Russie : les relents de la guerre froide

USA-Russie : les relents de la guerre froide

Dépasser les réticences et tracer les frontières d’une entente nouvelle. Voilà à quoi devait s’atteler Barack Obama au lendemain de son élection à la présidence des États-Unis. La politique du « reset », annoncée en grande pompe, était alors sur toutes les lèvres. D’aucuns voyaient déjà les Russes et les Américains se tendre à nouveau la main et épouser – enfin – des causes communes. Mais c’était sans compter sur une poignée d’événements fâcheux, qui ont annihilé les bonnes volontés à mesure qu’ils faisaient l’actualité.

Le bloc de l’Est et le « monde libre »

À peine la conférence de Yalta achevée que l’URSS et les États-Unis se regardent déjà en chiens de faïence. Par la seule négociation, Joseph Staline, plus que jamais en position de force, parvient à pérenniser et étendre sa zone d’influence, coupant de fait l’Europe en deux blocs bien distincts. Ce sont les balbutiements de la guerre froide, durant laquelle les deux superpuissances se livrent une bataille idéologique sans merci, alternant les périodes de tension et de détente pendant à peu près un demi-siècle. La chute du mur de Berlin et le déclin du pacte de Varsovie sonneront le glas de l’empire soviétique et, par voie de conséquence, mettront un terme au paradigme bipolaire. Une page se tourne, alors même que s’ouvre le chapitre de la pacification. Mais jusqu’à quand ?

De la Syrie à Edward Snowden, une relation parasitée

C’est peu dire que le torchon brûle actuellement entre Washington et Moscou. Et tandis que les pommes de discorde se succèdent avec une régularité de métronome, le Kremlin joue à fond la carte de la provocation. Il en va notamment ainsi de l’interdiction faite aux Américains d’adopter des enfants russes, de la législation sanctionnant la « propagande homosexuelle » devant mineurs ou encore de l’obligation pour les ONG percevant des financements extérieurs de s’enregistrer comme « agents de l’étranger ». Pis, l’inimitié que se vouent aujourd’hui Barack Obama et Vladimir Poutine tend à parasiter un peu plus des relations bilatérales déjà fragilisées par l’histoire. Dernier exemple en date : le président américain n’a pas hésité à poser un lapin à son homologue russe, motivant le boycott d’un sommet commun en des termes assassins. Derrière les postures et circonvolutions de circonstance se cachent invariablement les stigmates de deux « affaires » à tout le moins retentissantes, la Syrie et Edward Snowden. Tandis que les positions demeurent inconciliables sur la réponse à apporter à la guerre civile qui secoue actuellement Damas, le cas de l’agent dissident, auteur des révélations sur les programmes d’espionnage américains, relève quant à lui du casus belli diplomatique. Moscou a en effet décidé d’accorder l’asile politique temporaire à l’homme le plus recherché des États-Unis. De quoi échauffer les esprits et attiser les rancœurs. Alors même que les deux parties semblaient se rapprocher à l’occasion du drame de Boston, le scandale frappant la NSA et les divergences de vues sur le régime de Bachar al-Assad viennent donner un nouveau souffle à la défiance réciproque.

Pourquoi les positions risquent (encore) de se radicaliser

Si les autorités russes et américaines se cherchent des crosses, c’est avant tout parce qu’elles se voient contraintes de se plier à un inconfortable jeu d’équilibriste. Mis à mal par une opposition acharnée, enchaînant les mauvaises séquences – port d’armes, attaque de Benghazi, scandale des écoutes –, Barack Obama est plus que jamais sur le pied de guerre, prêt à faire feu de tout bois. Alors, le président démocrate, en toute logique, est désormais tenté de passer à l’offensive sur la scène internationale en vue de redorer quelque peu son blason. C’est la raison pour laquelle il ne devrait pas céder d’un pouce face à un Vladimir Poutine sans concession, qui aspire à réaffirmer son leadership en jouant sa propre partition. Des postures de toute évidence hautement antagoniques, propres à enclencher une mécanique renvoyant sans détour à la guerre froide.

 

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11 réactions à cet article    


  • Roosevelt_vs_Keynes 23 août 2013 09:39

    Et voici l’avis du chef d’Etat-major des armées des etats-Unis, le général Martin Dempsey :

    http://www.solidariteetprogres.org/actualites-001/article/le-general-dempsey-l-opposition-syrienne-ne.html


    • Abou Antoun Abou Antoun 23 août 2013 10:09

      Les Etats-Unis, par le contrôle de l’OTAN pratiquent depuis la fin de l’Union Soviétique une politique opiniâtre d’encerclement de la fédération de Russie. Ils pratiquent en parallèle une politique de déstabilisation des ex-républiques de l’Union en finançant des mouvements révolutionnaires, le plus souvent anti-russes.
      Faut-il s’étonner que les Russes réagissent et menacent de réarmer massivement ?
      La guerre froide est bien relancée par les USA, il n’y a aucune ingérence de la Fédération de Russie à l’Ouest.


      • robin 23 août 2013 11:44

        L’oligarchie a décidé qu’il y avait d’autant trop de bouches à nourir qu’elles commencent à ouvrir les yeux sur leurs agissements sur les pantins politiques, une 3e guerre mondiale est donc imminente.


        • mario mario 23 août 2013 12:22

          @l’auteur,

          vous n’avez pas écrtit ce torchon, on vous l’a dicté...

          parce que vous ignoré que le peu de liberté qu’il reste au monde on le doit principalement a la Russie .

           pauvre crétin


          • Jonathan Fanara 23 août 2013 13:41

            Bonjour, Mario.


            Outre le fait que, nul part, je ne taxe la Russie de liberticide, je serais curieux de vous voir étayer ce que vous affirmez.

            En quoi Moscou serait la garante de nos libertés ?
            Quid alors de la liberté de la presse et de la démocratie ?

            Merci pour vos éclairages. Vraiment.



          • mario mario 23 août 2013 15:56

            bonjour,

            tout d’abord mes excuses pour le vilain mot, en effet sous l’énervement...

            quand au debat que vous attendez ? pas avec moi, j’ai tout dit dans mon post.

             

             

             


          • escoe 23 août 2013 16:55

            En quoi Moscou serait la garante de nos libertés ?


            Parce que c’est, avec la Chine un des rares pays qui invoque le droit international dans les relations entre états. Pour les Etat Unis le seul droit connu est celui qu’ils imposent.

          • JP94 23 août 2013 17:18

            La Guerre Froide n’a pas commencé entre les 2 pays en 1945 .


            Lisez , de Howard Fast , ses « Mémoires d’un Rouge » .
            Dès 1943 , ses contacts avec les antifascistes hongrois - initiés pourtant par son engagement dans l’Armée US au service journalisme - lui ont valu des convocations et des ennuis de la part des services de sécurité US . 
            Le délit d’opinion antifasciste existait aux USA dès 1943 et ça a donné le Maccarthysme , qui a pris une tournure officielle de chasse aux sorcières .

            Puis il a fait partie des prisonniers politiques US , aux USA . La guerre froide est aussi un climat de terreur ( sorte de guerre froide civile) à l’intérieur même du pays contre ceux qui s’opposeraient au système .

            Quant à la « Guerre Froide » , c’est déjà une question de rivalité économique .
            Tout concurrent des EU est pour lui un ennemi et on a la preuve avec l’Europe , dont les dirigeants sont des lavettes soumises y compris en dépit de l’espionnage hostile .

            « Celui qui ne secoue pas ses chaînes croit qu’il est libre » disait Rosa Luxemburg .


            • Jonathan Fanara 23 août 2013 17:43

              Tout d’abord bonjour, et merci pour vos réactions.

              @cogno5 : Les comportements passés des pays dits avancés ne devraient en aucun cas disculper les pays qui, à l’instar la Russie, s’adonnent aujourd’hui à des pratiques à tout le moins douteuses, quand elles ne sont pas purement et simplement hors du cadre légal déterminé par les conventions internationales - la plupart du temps ratifiées, rappelons-les, par les nations concernées.

              @escoe : La Chine et la Russie sont connues pour déployer des argumentaires spécieux selon leurs besoins du moment. Elles évoquent tel article de la charte des Nations unies pour justifier une position indéfendable et, le moment d’après, ignorent des pans entiers des règlements de l’OMC ou de la convention des Droits de l’homme pour mieux avoir les coudées franches. C’est hypocrite et cela parasite les relations internationales. Cela étant dit, je ne prétends aucunement (précisons-le !) que ces deux géants soient systématiquement dans le faux - qui pourrait l’affirmer ? - ni que le comportement des Américains soit forcément plus honorable.



              • Calva76 Calva76 25 août 2013 12:37

                « Le bloc de l’Est et le « monde libre » »...
                Tout dépend de la définition de la liberté (de parole ? d’entreprendre ? etc.)

                De Snowden à Depardieu (pour le dernier c’est un peu provocateur je l’admet) les flux vers la liberté sont semble-t-il en cours d’inversion non ? smiley

                Que des personnalités qui doivent tout aux USA renient leur nationalité Américaine pour des raisons de la perte d’une certaine « liberté » n’est-il pas un fait nouveau et récent ?
                Exemple : Tina Turner récemment passée en Suisse et pas pour des raisons fiscales car le forfait des citoyens Américains est largement plus avantageux que d’avoir la nationalité locale.

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