La revue anglaise Index on Censorship dédiée à exposer la censure où que ce soit dans le monde continue sa surveillance sur les méthodes de censure au Venezuela. Ce nouvel article au sujet de la campagne électorale pour le scrutin référendaire du 2 décembre au Venezuela a été commandé à l’auteur qui le traduit et l’adapte légèrement pour Agoravox (comme pour un article précèdent).
Le 2 décembre, le
Venezuela a tenu un référendum pour modifier 69 articles de sa constitution.
L’objectif était de donner au président Chavez les moyens de rester en fonction
aussi longtemps qu’il puisse se le permettre. Mais l’étroite victoire du Non a
donné à l’administration Chavez une date d’expiration : 2013. Le processus de
réforme a été dominé par le secret et
Le 15 août, le président lui-même lut les 33 premiers articles ciblés. Le débat
public a été court. La campagne électorale ne fit que confondre davantage.
Lorsque les premiers sondages montrèrent une certaine appréhension au sujet de
la "réforma", le chavisme [partis pro-Chavez ] décida de faire du vote un plébiscite sur Chavez,
avec toutes les conséquences sous-entendues dans un pays où l’Etat a mis en
place un écrasant système médiatique à son service.
Depuis la fermeture de RCTV en mai dernier, il n’y a pas de réseau de télévision
à fréquence libre couvrant l’ensemble du pays qui transmette les préoccupations
de l’opposition : Venevision et Televen se sont volontairement mis en sourdine
sur de nombreuses questions politiques d’importance. Les seuls réseaux critiques
sont RCTV trouvé uniquement sur le câble (auquel moins de 30 % des Vénézuéliens ont accès) et Globovision dont le signal ouvert couvre uniquement
Caracas et Valencia.
Entre-temps, le gouvernement dispose de Vive et de VTV à fréquence libre
d’accès pour une couverture nationale. Il contrôle également le seul réseau
radio qui couvre tout le pays, RNV. Il y a aussi l’appoint de ANTV, Telesur et
de nombreuses stations de radio et de télévision locales (YVKE). TVes,
construit à partir de la saisie des fréquences de RCTV, n’a pas offert le
service public promis gratuit et sans politique partisane. Tous sont positifs au
sujet de la propagande gouvernementale.
Cette fois-ci, exempt d’observateurs électoraux internationaux, le gouvernement
s’est résolument engagé dans une propagande 24 heures sur 24. Une étude menée
par l’UCAB et l’université de Goteborg a découvert que lors de leur suivi de
trois semaines de campagne à VTV le camp du Non n’a reçu pratiquement aucune couverture.
Cependant Globovision, ouvertement en campagne pour le Non, consacra environ 25 % de son temps d’antenne à des sujets liés à l’option du Oui. Un moment
démonstratif vint lors d’un rallye contre la réforme organisé sur l’avenue
Bolivar par le mouvement étudiant contestataire. Ce fut un grand succès qui
atteignit la première page du New York Times. Mais, en regardant VTV on ne l’aurait
jamais su. Le lendemain Globovision montrait la plupart du discours de Chavez sur
l’avenue Bolivar pendant le rallye pour le Oui.
Le conseil électoral vénézuélien, CNE, a été actif dans la campagne de censure
de la publicité, le plus souvent celle d’opposition. La plus pernicieuse
censure a été l’interdiction des sondages d’opinion, une semaine avant le vote,
dans les médias et journaux. Ce qui, évidemment, n’a pas empêché leur
circulation. Mais le pire des cas a été le vendredi 30 lorsque Chavez, lors de
son dernier rallye de campagne, a mentionné des sondages sans recevoir de sanctions
du CNE, alors que ceci forçait Globovision à interrompre sa couverture de peur que
le CNE sanctionne Globovision ! Les doubles normes du CNE sur la censure créent
des précédents dangereux pour les futures élections.
Le plus scandaleux mélange de censure et de mensonges éhontés vint le jour des
élections. Quoique la publication de tout sondage à la sortie des bureaux soit
strictement interdite, l’agence Reuters a reçu les résultats de trois enquêteurs pro-Chavez à travers des responsables gouvernementaux, et dans une course folle
pour le scoop a annoncé que le Oui avait gagné jusqu’à 6 % d’avance.
Le billet de Reuters, rapidement repris par de nombreux journaux, créa une
crise au Venezuela, alors que le CNE vainement retardait l’annonce des résultats
jusqu’à huit heures après la fermeture des bureaux, une incroyable situation pour
un système de vote automatisé. A
Enfin, les secrètes « négociations » pendant la nuit de l’élection
alors que le gouvernement a apparemment réfléchi au bien-fondé de reconnaître
les résultats ont été révélées. Cela, à son tour, suscita un grand scandale pendant
la semaine lorsqu’un visiblement forcené Chavez essayait de contrer, sans
succès, à travers une conférence de presse où le camp du Non fut comparé à des
excréments. Il est extrêmement inquiétant de voir les commandants des armées et
le président de la République attaquer des journalistes tels que Hernán Lugo
Galicia, du journal El Nacional, pour faire leur travail de rapport, tout en
refusant d’expliquer les inexcusables retards dans la publication des
résultats, et encore moins de reconnaître les extraordinaires abus commis par
le gouvernement durant la campagne électorale.
Même si la victoire du Non momentanément limite de pires restrictions aux
libertés d’expression et d’information, celles-ci demeurent une préoccupation
au Venezuela. Pendant
Le Venezuela a besoin d’être suivi de près, maintenant que l’administration Chavez,
inhabituellement à la défensive, pourrait être tentée de renforcer ses tendances
à

| Don défiscalisé 10€ ou plus |
|
Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.
|
Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
Ta réaction est un pure prduit du faschisme rouge qui sévit sur ce forum.
06/01 11:22 - antireacTrès cher monsieur Maugis, Constatant que vous intervenez très fréquemment sur Agoravox (votre (...)
03/01 14:10 -Michel Je vous cite : « Lisez autre chose que du Duquenal dont j’ai prouvé la (...)
31/12 03:26 - Daniel Duquenal@Pardonmail « Non, ce qui m’emm... c’est votre incohérence, votre fanatisme, et (...)
29/12 17:00 - Michel MaugisAlin Tranca Je remarque avec grand plaisir que vous avez finalement lus les liens de mon (...)
26/12 21:07 - Daniel DuquenalC’est fou ce que l’on peut tomber dans l’hypocrisie verbale dès que (...)
26/12 20:53 - manu1966
La démocratie à la grecque et le droit à l’information
Un outil pour aider les jeunes à gérer leur vie privée sur les réseaux sociaux
L’Agora reçoit Alain Minc !
Journée mondiale de la liberté de la presse : quel bilan en Europe ?
L’étoile du nord : un théâtre dédié aux auteurs contemporains Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
Mentions légales Charte de modération