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Accueil du site > Actualités > International > Venezuela : l’héritage d’une icône bolivarienne

Venezuela : l’héritage d’une icône bolivarienne

La disparition de Hugo Chávez, le président vénézuélien, a été commentée partout à travers le monde. Ses laudateurs et ses opposants ont ainsi pu se partager la parole médiatique, une occasion unique pour eux d’imposer leurs jugements, parfois hâtifs et outranciers. Résultat : entre les images d’Épinal et celles de liesse populaire, téléspectateurs, lecteurs et auditeurs avaient sans conteste le choix du râtelier.

Le leader bolivarien, sensible aux thèses marxistes, a souvent été dépeint comme un dirigeant autoritaire, suspecté de museler la presse pour mieux porter aux nues son action. Il aura pourtant bénéficié, tout au long de sa carrière politique, d’un large soutien populaire, jamais démenti dans les urnes. Et si la presse d’État faisait effectivement son apologie, les médias privés conservaient quant à eux une liberté et une capacité de nuisance considérables. De quoi faire taire les plus soupçonneux.

C’est plutôt dans le champ économique que le bât blesse. L’ancien militaire n’est jamais parvenu à diversifier l’activité nationale, par trop dépendante du secteur pétrolier, dont la production a pourtant stagné ces dernières années. Une sorte de « maladie hollandaise » frappe le Venezuela, dont les ressources naturelles constituent le principal moteur de croissance et l’essentiel des exportations. On pourrait légitimement résumer la situation ainsi : le pays vit pour et par l’or noir.

En revanche, sous Chávez, la pauvreté a drastiquement diminué, la rente pétrolière permettant la mise en œuvre de politiques sociales ambitieuses, lesquelles oxygènent des classes populaires autrefois miséreuses. Mais une chute brutale des cours – scénario cependant peu probable – pourrait venir gripper la mécanique chaviste. Car ni l’exploitation gazière, qui peine à décoller, ni les industries de l’aluminium et du ciment, en panne depuis leur nationalisation, ne pourraient prétendre prendre le relais. Et pis encore : l’inflation dépasse désormais allégrement les 20 % – une véritable épée de Damoclès.

Le Venezuela hérite en outre d’un système bureaucratique sclérosé et d’un niveau de corruption effarant. Les homicides y pullulent, traduisant une insécurité toujours plus alarmante. Plus généralement, c’est tout le PSUV qui portera longtemps les stigmates du chavisme, à savoir la défiance de l’Occident, les attentes démesurées de l’Amérique du Sud, un populisme débridé et une posture équivoque à l’égard des pires dictatures.

Modèle pour les uns – les bolivariens, l’extrême gauche –, adversaire pour les autres – les Américains, les libéraux –, le régime de Hugo Chávez n’a en tout cas pas fini de faire couler l’encre. Son héritage, à la fois pesant et nuancé, devrait en toute logique être accepté sous bénéfice d’inventaire.


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2 réactions à cet article    


  • Alliance Rebelle Alliance Rebelle 7 mars 2013 14:45
    Impérialisme US Chavez Une Autre Victime De La CIA ?
    Il y a à peine un peu plus d’un an Chavez était intervenu à la radio nationale venezuelienne et avait di « Je ne sait pas mais...c’est trés étrange qu’on ait vu Lugo atteint d’un cancer, Dilma quand elle était candidate, moi, me préparant à une année électorale et il y a peu Lula et maintenant Christina ...c’est trés difficile à expliquer même en s’appuyant sur la loi des probabilités ce qui est arrivé à certains dirigeants en Amérique Latine. C’est au minimum trés étrange, trés étrange. » 

    Effectivement étrange ...si étrange que si vous pensez que Hugo Chavez du Venezuela, la présidente du Brésil Dilma Rousseff, celui du Paraguay Fernando Lugo, et l’ancien président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva - tous des dirigeants anti US - tous ont été atteints d’un cancer à peu prés au même moment par hasard alors vous devez être un théoricien fou du hasard. 


    • Jonas 7 mars 2013 19:12

      L’héritage de Chavez c’est aussi l’inflation + de 27 %, c’est également les milliers de bidonvilles et la dépendance du pétrole.

      Le Chavez fanfaron oublie d’expliquer a son peuple les 40% de la production de l’or noir est vendue aux Etats-unis sans parler depuis sa venue, la capitale Caracas devenue parmis les villes les + violentes du Monde.

      En France , lorsque les banlieues de la région Parisienne prennent feu, c’es la faute de l’Etat, de la misère, de la pauvreté et du chômage etc 

      Au Venezuela , pas du tout , c’est la faute des impérialistes Américains. Pourtant en dehors des aides pécuniaires et les grands magasins étatiques comme à l’époque soviétique. Aucun tissu économique n’existe et le jour pas très lointain de la baisse du prix du baril, tout s’écroulera.

      Deux hommages surréalistes furent rendus à Chavez.

      L’un émanant du dictateur syrien Bachar Al-Assad avec son palmarès de 70 000 ou 90 000 victimes et destruction de son pays.

      « Chavez a toujours soutenu les droits légitimes des arabes y compris face au complot contre la Syrie et il avait à maintes reprises exprimé sa solidarité avec la direction et le peuple syriens face à l’attaque impérialiste ».

      L’autre du champion des pendaisons Ahmadinejad cet illuminé qualifie Chavez de martyr et messie :
      « Je ne doute pas qu’il sera de retour, avec le respectable jésus et l’homme parfait ». L’homme parfait chez les chiites est le 12 eme imam caché. Chavez reviendra sur terre avec le Mahdi.







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