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Accueil du site > Actualités > International > Vérité ou mensonge sur le Moyen-Orient

Vérité ou mensonge sur le Moyen-Orient

Je préviens le lecteur que je n’aborderai pas la crise entre le Proche et le Moyen-Orient et l’Occident sous l’angle d’une croisade religieuse. Je laisserai à des spécialistes le soin d’une herméneutique sacrée des principes qui sous-tendent les actions d’hostilités, de part et d’autre de la planète. Il faut essayer de voir le monde sous une autre grille d’analyse que celle d’une vision manichéenne et apocalyptique. J’ai cherché à éviter des constructions logiques qui procèderaient d’un anti-américanisme primaire. Pourquoi ne pas saisir les enjeux d’autres partenaires qui ont également des intérêts à protéger dans cette partie du monde ? Au terme de ce travail de débroussaillage, ma tentation est forte de crier : au secours, y a-t-il un pilote sensé dans l’avion ? Je serais tenté de reprendre cette formule célèbre et de l’adapter aux circonstances actuelles : « Ce n’est pas ce qui rentre dans la bouche mais ce qui en sort qui souille l’homme. »

État des lieux

Le Moyen-Orient est une région avec une importance géostratégique significative pour un équilibre global. La région est au centre d’une crise qui se manifeste sur trois plans : politique et militaire, économique, religieux. La crise n’est pas circonscrite seulement à la nucléarisation de l’Iran mais elle touche aussi le Liban et la Syrie, le pétrole, les relations entre l’Arabie saoudite et l’Iran, les tensions entre chiites et sunnites, le soulèvement en Irak, les relations entre la Russie et les États-Unis, les relations entre la Chine et la Russie sur les questions moyen-orientales et, enfin, la lutte pour l’influence au Moyen-Orient et dans les pays de l’ex-URSS. Le Moyen-Orient est confronté à une mosaïque d’intérêts locaux s’affrontant contre des intérêts régionaux et internationaux.

Les pays arabes, plus particulièrement les six monarchies du Golfe (Arabie saoudite, Koweït, Oman, Émirats arabes unis, Bahreïn et Qatar) sont pris entre l’enclume iranienne et le marteau américain. Ils sont tributaires des États-Unis pour leur défense, et ils sont soumis aux pressions de la République islamique.

Le golfe Persique est un lieu géostratégique unique au monde.

Le jeu des influences régionales

La Russie gère d’importants contrats nucléaires, militaires et aéronautiques avec l’Iran. Elle n’a nullement besoin du pétrole iranien. La Chine est une cliente importante du pétrole iranien et plus de 60% de ses achats pétroliers transitent par le détroit d’Ormuz contrôlé par l’Iran.

La Chine n’a pas de frontière commune avec l’Iran et son intérêt n’est pas géostratégique. L’assurance de ne pas être l’objet d’une pénurie de pétrole motive son opposition à des sanctions contre l’Iran. Plus largement, Pékin aimerait bien être associé au projet d’oléoduc qui traversera l’Iran jusqu’à la Mer Caspienne, point central d’une connexion avec un autre oléoduc reliant cette fois le Kazakhstan à la Chine occidentale. Par intérêts économiques et stratégiques, la Chine veut jouer un rôle de premier plan sur la scène internationale. Et l’Iran est la cible principale de sa stratégie régionale.

Les États-Unis accusent la Syrie et l’Iran d’alimenter les violences en Irak et de chercher à renverser le gouvernement libanais par le biais de l’organisation chiite hezbollah. Le ministre russe des Affaires étrangères, M. Serguei Lavrov, a affirmé le rejet de son pays de la politique visant à isoler les pays qui ne sont pas l’objet de l’admiration des États-Unis, ce qui s’applique actuellement dans le cas de la Syrie, de l’Iran, du Hezbollah et du Hamas, en dépit du fait que ces parties sont les piliers principaux pour un règlement dans la région.

Les États-Unis et la France appuient le gouvernement libanais. La Syrie et l’Iran soutiennent l’opposition libanaise. Le tandem syro-iranien voudrait bien que Beyrouth se transforme en fer de lance de la lutte anti-israélienne et anti-américaine en particulier, anti-occidentale en général. Faut-il se surprendre que la coalition libanaise au pouvoir accuse à nouveau la Syrie de vouloir transformer le Liban en second Irak et exige de la communauté internationale des sanctions contre Damas ? Ce n’est pas un hasard si les griefs formulés à l’égard de la Syrie rappellent beaucoup la rhétorique américaine : il y a deux ans, les Libanais indignés par la mort d’Hariri avaient réussi à obtenir le retrait des troupes syriennes de leur territoire.

En décembre 2006, lorsque le chef de l’État syrien Bachar el-Assad avait rencontré deux membres du Congrès, les sénateurs Chris Dodd et l’ancien candidat à la présidence des États-Unis, John Kerry, il avait discuté avec ses visiteurs des moyens à mettre en œuvre pour relancer le processus de paix au Proche-Orient sur tous les axes. Le président syrien avait également souligné que son pays souhaitait résolument la paix au Proche-Orient. « Nous sommes toujours prêts à nous impliquer dans le processus de paix sous contrôle international transparent. »

Sur un autre front, lors de sa visite à Téhéran, le président syrien s’est entretenu avec Ali Khamenei, leader spirituel et guide suprême de la République islamique. En harmonie avec les Saoudiens, les Iraniens auraient profité de l’occasion pour proposer à Bachar el-Assad d’accepter, entre autres, que le statut du tribunal international chargé de juger les assassins de Rafic Hariri soit amendé. Selon toute vraisemblance, comme Moscou, Téhéran n’a pas réussi à convaincre Damas. Cette visite de Bachar el-Assad a tout de même débouché sur un communiqué conjoint : Damas et Téhéran ont appelé les musulmans à ne pas tomber dans le piège tendu par leurs « ennemis », notamment les États-Unis. Un piège qui vise, selon eux, à créer des divisions ethniques et religieuses. Les deux pays ont également apporté leur soutien au gouvernement irakien.

Une délégation du Conseil de la Fédération russe s’est rendue à Téhéran pour examiner avec les dirigeants iraniens des questions ayant trait aux rapports bilatéraux et au programme nucléaire iranien. Lors d’une visite en Iran, le président du Comité international de la chambre haute du Parlement, Mikhaïl Marguelov, confirme que la position de la Russie sur le problème nucléaire de l’Iran reste inchangée : « Vous ne trouverez en Russie aucun politique responsable qui souhaiterait que l’Iran entre en possession de l’arme nucléaire. » Le secrétaire du Conseil de sécurité de la Fédération russe, Igor Ivanov, lors d’une autre visite à Téhéran, avait apporté son soutien à la proposition de Mohamed El-Baradei, directeur de l’AIEA, pour un gel simultané de l’enrichissement d’uranium et des sanctions de l’Onu - une proposition rejetée par les États-Unis.

Lors de sa récente visite en Jordanie, le président Poutine a déclaré au roi Abdallah II : « La Russie fait partie du quartette de médiateurs internationaux et elle a l’intention d’user de son influence dans la région, de profiter de ses bonnes relations avec ses amis arabes et Israël pour contribuer au règlement du conflit. » « Nous nous efforçons de créer un ordre mondial plus juste, fondé sur les principes d’égalité », avait déclaré Vladimir Poutine plus tôt en Arabie saoudite. Le quotidien jordanien Al-Doustour reconnaissait, à la suite de cette rencontre, que « la Russie et l’Union européenne, dont la position sur le Proche-Orient se rapproche de celle de la Russie, peuvent constituer un groupe influent qui contribuera à la création d’un État palestinien ».

Malgré tout ce ballet diplomatique, la situation reste préoccupante et menaçante. L’alerte vient de la Russie : « La probabilité d’une attaque des États-Unis contre l’Iran est extrêmement élevée », prédit l’ex général Léonid Ivashov, ancien chef d’état-major interarmes de la Fédération de Russie et aujourd’hui vice-président de l’Académie russe de géopolitique et membre de la conférence Axis for Peace. « Que le Congrès états-unien donne l’autorisation pour cette guerre reste un fait encore incertain. Le recours à une provocation pourrait éliminer cet obstacle (une attaque sur Israël ou bien des cibles états-uniennes dont les bases militaires). L’ampleur de la provocation pourrait être de l’ordre des attentats du 11 septembre 2001 à New-York. Alors le Congrès dira certainement oui au président états-unien. »

Aussi imprévue que cela puisse paraître, cette théorie d’une attaque en sol américain a été reprise - à mots feutrés - à la grande surprise des Américains eux-mêmes, par Zbigniew Brzezinski. Seuls le Washington Note et le Financial Times ont rapporté les propos de Zbigniew Brzezinski, tenus le 1er février 2007 devant la Commission des Affaires étrangères du Sénat. L’ancien conseiller national de sécurité a lu une déclaration des plus concise : « Un scénario possible pour un affrontement militaire avec l’Iran implique que l’échec irakien atteigne les limites américaines ; suivi par des accusations américaines rendant l’Iran responsable de cet échec ; puis, par quelques provocations en Irak ou un acte terroriste sur le sol américain dont l’Iran serait rendu responsable. Ceci pourrait culminer avec une action militaire américaine défensive contre l’Iran qui plongerait une Amérique isolée dans un profond bourbier englobant l’Iran, l’Irak, l’Afghanistan et le Pakistan. » « J’ai l’impression que l’équipe du président est déterminée à se retrancher plus profondément encore. Et si ça ne réussit pas en Irak, certains responsables les plus téméraires ont l’air de vouloir élargir le conflit à l’Iran », expliquait au Washington Post l’ex-conseiller à la Sécurité nationale Zbigniew Brzezinski, qui avait prophétisé l’enlisement en Irak.

Joshua Muravchik, de l’American Enterprise Institute (think-tank néoconservateur), a, pour sa part, avancé : « Nous n’avons que deux options : accepter un Iran doté de l’arme nucléaire, ou bien user de la force pour l’empêcher (...) »

Ephraïm Halevy, l’ancien chef du Mossad, la redoutable agence d’espionnage, aurait récemment réfuté la notion selon laquelle l’Iran pose « une menace existentielle à Israël ». « Aujourd’hui, Israël est indestructible », selon Ephraïm Halevy. « Il n’est pas si simple de penser que vous avez un dispositif entre les mains et que vous pourrez le lancer sur un site particulier et rayer une nation de la carte. Israël a eu connaissance de cette menace [de la part de l’Iran] pendant plus de quinze ans et a observé cette menace grandir. Vous devez supposer qu’Israël n’est pas resté sans rien faire... ou [à attendre] que quelqu’un d’autre fasse le boulot. » L’Iran peut-il détruire Israël ? « Je ne pense pas que cela soit faisable en des conditions purement opérationnelles. »

Qui dominera ?

Les États-Unis, l’Europe, l’Arabie saoudite, les Forces du 14 mars, Abou Mazen, l’Egypte et la Jordanie partagent une même perception : la menace iranienne. La Russie réagit en apportant un soutien accru à l’Iran, soutien qui s’exprime aussi bien au niveau militaire, par l’octroi à l’Iran d’armes de défense avancées, qu’au niveau diplomatique, par une opposition à la politique américaine dans la région. En Iran, deux factions s’opposent : la première, dirigée par Khamenei, cherche à freiner Ahmadinejad et à parvenir à un règlement régional afin d’éviter une confrontation totale. La seconde, sous la direction d’Ahmadinejad, soutenue par des éléments des Gardiens de la Révolution et les partisans religieux radicaux de l’ayatollah Mohammad Taqi Mesbah-e Yazdi, minimise la signification des sanctions et prône une accélération des activités nucléaires, même au prix d’un conflit militaire.

À Washington, Jérusalem et Londres, l’idée d’un « quartette arabe » regroupant l’Égypte, l’Arabie Saoudite, la Jordanie et les principautés du Golfe, fait son chemin. Ce quartet viendrait compléter le travail de l’actuel quartet international (États-Unis, Union européenne, Russie et Onu) sur les questions du Moyen-Orient et pourrait conjuguer ses efforts avec lui. La mission première de l’éventuel quartette viserait, en raison de sa position minoritaire et discordante parmi les États arabes, le détournement de la Syrie de son alliance avec l’Iran et le rapprochement de ce dernier de la position des autres États arabes, en commençant par le Liban. Les Saoudiens ne dédaigneraient pas l’idée de faire mousser le projet d’un changement de régime au sein d’une tranche dissidente de l’élite syrienne. Isoler davantage la Syrie en accordant plus de place à l’Iran comme interlocuteur régional crédible. Un tel scénario est-il réaliste ?

La Syrie estime pourtant qu’elle a montré patte blanche, que ce soit en Irak ou bien au niveau palestinien. Elle voudrait bien profiter d’une triple réalité : des divergences israélo-américaines (une volonté américaine d’aboutir au remplacement d’Olmert par la très pro-américaine Livni), un accord tacite syro-israélien sur une paix durable au Golan et enfin, la détermination saoudienne de calmer le jeu sur la scène libanaise. Damas hausse le plafond et attend pour négocier, pas avec son allié iranien à qui elle n’a rien à vendre et de qui elle n’a rien à acheter, mais avec Washington ou Ryad.

Une déstabilisation de la Syrie, selon plusieurs politiciens et observateurs arabes et occidentaux, pourrait entraîner l’arrivée au pouvoir d’un régime islamiste (sunnite) radical. L’expérience de l’Irak en témoigne douloureusement. Les gouvernements régionaux hésitent donc à attaquer de front le régime de Bashar el-Assad.

Le roi Abdallah de l’Arabie saoudite a deux grandes craintes : la montée de l’islamisme national, qui menace la maison des Saoud, et les ambitions militaires et nucléaires du voisin iranien, qui réduisent l’influence régionale de Riyad. Les effets collatéraux de la guerre en Irak lui en ont rajouté une troisième : la question chiite. Abdallah a donc mis tout son poids dans la balance pour tenter de réconcilier les frères ennemis palestiniens. Il a, pour l’instant réussi. Le roi poursuit un double objectif : redorer le blason de sa diplomatie en contribuant à trouver au quartette (États-Unis, Union européenne, Russie et Onu) un interlocuteur palestinien « fréquentable » et couper l’herbe sous le pied aux rivaux régionaux, l’Iran et la Syrie, présentés par le rapport Baker-Hamilton comme des partenaires incontournables pour le règlement des crises au Moyen-Orient.

Le roi Abdallah ne s’opposerait pas à ce que l’Iran joue un rôle majeur dans la région - notamment en Irak. il estime même que l’Iran peut jouir du même statut que d’autres pays musulmans, tels que l’Arabie saoudite, l’Égypte et la Turquie. A la condition que l’Iran donne des signes tangibles de son intention de coopérer au maintien de la stabilité dans la région, notamment au Liban. Le message délivré à l’Iran semble clair : s’il tient à jouer un rôle majeur dans la région, il doit appliquer des pressions sur la Syrie pour qu’elle cesse de se mêler des affaires du Liban.

La sénatrice Hillary Clinton, au cours d’un dîner de la Commission des affaires publiques américano-israéliennes, un groupe de pression pro-israélien, s’était prononcée pour un dialogue des États-Unis avec l’Iran, la Syrie, le Hamas et le Hezbollah, « sans pour autant exclure la possibilité d’une intervention militaire contre l’Iran ». Elle renouerait ainsi avec la ligne défendue par son mari Bill Clinton.

Israël envisage la tenue d’un sommet multipartite pour poursuivre le dialogue politique. L’État juif souhaiterait que cette réunion rassemble l’Égypte, la Jordanie, les Palestiniens, les États-Unis et Israël. C’est ce qui ressort d’une rencontre le 19 février 2007 entre Condoleezza Rice, Mahmoud Abbas et Ehoud Olmert. L’Europe, la Russie et la Chine seraient-ils absents de ce sommet ? Tout semble l’indiquer. James Baker et Lee Hamilton (Rapport Baker Hamilton) plaidaient pourtant en faveur d’une réorientation diplomatique régionale des États-Unis, associant l’Europe, la Russie et la Chine, et favorisant le dialogue au détriment du bâton. Aussi prônaient-ils notamment le dialogue avec la Syrie et l’Iran.

Le rapport Baker-Hamilton considérait que l’impasse politique israélo-palestinienne n’était pas sans rejaillir sur l’impasse irakienne : « Les États-Unis ne pourront atteindre leurs objectifs au Moyen-Orient s’ils ne traitent pas le problème du conflit israélo-palestinien et celui de l’instabilité régionale. Les États-Unis doivent s’engager à nouveau et de manière ferme dans la voie d’une paix entre Arabes et Israéliens sur tous les fronts : Liban, Syrie et, en ce qui concerne Israël et la Palestine, respecter l’engagement pris en 2002 par le président Bush en faveur de la solution de deux États » (Le Monde, 7 décembre 2006).

En résumé, nous sommes en présence d’une Chine qui place ses intérêts principalement en Afrique mais qui ne veut pas s’absenter du Moyen-Orient, d’une Russie qui n’a pas besoin du pétrole du Moyen-Orient mais qui entend y défendre ses intérêts stratégiques, de l’Europe qui s’intègre dans les efforts d’un quartette mais à qui on reproche une absence d’initiatives stratégiques efficaces, des États-Unis qui entendent convertir le Moyen-Orient à la démocratie et qui soignent leurs intérêts économiques régionaux, dont ceux du pétrole dont ils ont grand besoin.

Au centre de toutes ces influences multipolaires, des pays régionaux qui se disputent les sphères d’influence : l’Iran et la Syrie. Il y a également la problématique et dramatique situation du Liban.

Que dire des populations ? Malheureusement, sur l’échiquier des analyses géostratégiques et géopolitiques, elles comptent pour bien dans les plans des grands de ce monde.

Questions

Faut-il craindre l’Iran ?

Est-il possible qu’il y ait affrontement militaire entre les États-Unis et l’Iran ?

Quelles en seraient les conséquences ?


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50 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 20 février 2007 11:02

    Que dire des populations ? Malheureusement, sur l’échiquier des analyses géostratégiques et géopolitiques, elles comptent pour bien dans les plans des grands de ce monde

    je pense que c’est rien que tu as voulu dire , et là tu aurais raison ,cher pierre , les populations civiles du moyen orient souffriront des conséquence du jeu de monopoly auquel se prêtent les grandes puissances !


    • (---.---.168.73) 20 février 2007 11:43

      Le mage, franchement je serais vous, j’enléverais mon bonnet... vous auriez une meilleure perception du monde et de la politique américaine.


    • LE CHAT LE CHAT 20 février 2007 11:54

      Salut arthur , mis à part que les états unis défendent avant tout leurs propres interêts et n’hésitent pas à remplacer des dictateurs qui leur sont hostiles par des dictateurs à leur botte .... Le bien être des populations reste une vue de l’esprit dans ce kriegspiel !


    • (---.---.215.93) 20 février 2007 12:03

      mage comme d’habitude , l’altruiste en vous ne s’offusquera pas de la souffrance des peuples, puisque vous réservez votre humanisme à une coalition surarmée.

      tous les peuples de la région veulent une évacuation des forces de la coalition. eux y vivent, vous non.


    • LE CHAT LE CHAT 20 février 2007 12:15

      @mage arthur

      t’as pas vu dans ta boule de cristal que viendra bientôt une nouvelle glaciation avec des relations tendues avec russes et chinois ? Uncle Sam est pas tout seul au monde !


    • (---.---.215.93) 20 février 2007 12:19

      voila ce qu’affirmait le président irakien, ce qui contredit fortement votre prétendue légitimé du régime irakien sous uccupation us : « Je refuse catégoriquement que le territoire irakien serve de base pour le lancement d’une frappe militaire contre la Syrie ou tout autre pays arabe », a déclaré M. Talabani, commentant les pressions américaines croissantes sur Damas, surtout depuis l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. « Cela, je le dis à titre personnel en tant que Jalal Talabani. Mais, en fin de compte, mes capacités à m’opposer à la force américaine restent limitées et je ne peux pas lui imposer ma volonté », a-t-il ajouté. Jalal Talabani, qui est également chef de l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK).


    • (---.---.215.93) 20 février 2007 12:44

      il va en tirer une tronche le président irakien quand on lui apprendra que mage au bonnet rouge lui réfute même le droit de dire ce qu’il pense dans un moment-clé de lucidité...


    • LE CHAT LE CHAT 20 février 2007 13:03

      la plus grande démocratie du monde qui a commencé son histoire par massacrer ses habitants légitimes a malheureusement un président qui a pété les plombs et qui gouverne contre l’avis de ses 2 assemblées et de son opinion publique , ayant la prétention de détenir la vérité divine smiley j’espère que les autres ne seront pas lâches et entameront rapidement une procédure d’impeachment pour virer le caligula de la maison blanche !


    • aldebaran (---.---.110.179) 20 février 2007 13:41

      Monsieur Mage, vous finissez par devenir drôle, à force d’être outrancier.

      Mais vous avez raison sur un point : la guerre froide est finie depuis une 20aine d’années. Seulement les yankees que vous admirez tant ne s’en sont même pas aperçus.

      Au point même qu’ils viennent d’en remettre une couche en demandant à leurs sbires polonais et tchèques de recevoir leurs missiles, pas loin de la Russie. Saluons cette nouvelle preuve du savoir-faire politique américain.

      Quant au gouvernement irakien, vous nous faites bien rigoler en le qualifiant de démocratique. C’est une définition à l’américaine, sans doute ?


    • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 20 février 2007 14:57

      Merci

      Ah ces damnées coquilles ! Il aurait fallu lire : bien peu.

      Merci

      Pierre R.


    • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 20 février 2007 15:04

      @ le chat

      Il est bizarre qu’une mesure d’impeachment ait été engagée contre Clinton pour avoir menti sur une question de cuisses légères mais qu’un président qui a menti à l’humanité et qui est parti en guerre ne soit pas encore imputable de ses actes. La raison en est simple : jusqu’à tout récemment, la majorité au Sénat était détenue par les Républicains.

      Pierre R.


    • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 20 février 2007 15:10

      @ Arthur Mage

      Vous écrivez : « je pense que ce sera plutôt le combat de nos enfants, il conviendra de consacrer toute son énergie à un respect des plus accru de la dignité humaine, en s’opposant notamment à toute forme de peine de mort ou de système sociétal par trop inégalitaire tel éventuellement, que le tout business ».

      Quel destin quand même réserve-t-on aux générations futures ! Que vous inspirerait une victoire démocrate ? Y aurait-il tout de même une lumière qui poindrait au bout du tunnel ?


    • LE CHAT LE CHAT 20 février 2007 15:16

      @pierre

      prendre du bon temps semble tellement plus grave que de massacrer ou de torturer les gens , tes voisins ne partagent vraiment pas les mêmes valeurs que nous !


    • Milla 21 février 2007 01:05

      @ l’auteur,

      Vous pouvez dresser une liste de tous les acteurs de cette épopée ? Franchement en lisant votre article, j’ai eu le vertige... sourire !

      En fait ils veulent éviter la guerre, mais la faire quand même et ensuite trouver la paix mais lorsqu’il n’y aura plus personne... !

      Milla smiley


    • Milla 21 février 2007 01:19

      @ Pierre R

      « Il est bizarre qu’une mesure d’impeachment ait été engagée contre Clinton pour avoir menti sur une question de cuisses légères mais qu’un président qui a menti à l’humanité et qui est parti en guerre ne soit pas encore imputable de ses actes ».

      Pensez vous que nous ayons la vérité sur ce qui se passe aux Etats Unis, et ce qu’en pense vraiment la population ?. Il n’y a que récemment qu’on a quelques images, des interview de quelques citoyens qui sont contre ce qui se passe... Mais bon, la rétension d’infos en temps de guerre c’est bien connu.

      Milla


    • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 21 février 2007 05:33

      @ Milla

      Vous écrivez : « Pensez vous que nous ayons la vérité sur ce qui se passe aux Etats Unis ».

      Votre question est fort pertinente. Petite anecdote. Je me rappelle au lendemain du 11 septembre 2001 et dans les semaines qui ont suivi, nous avions, au Canada, plus d’informations non officielles sur ce qui se déroulait aux États-Unis que les Américains eux-mêmes. En raison bien évidemment que la censure que s’étaient imposées les grandes chaînes de télévision.

      Rappelez-vous qu’il a été longtemps interdit de présenter les cercueils des soldats qui revenaient d’Irak, afin de ne pas traumatiser le peuple américain.

      Cette période a été l’une des plus décevantes de l’histoire américaine, qui fut une grande démocratie par la présence de ses médias.

      Pierre R.


    • bibi (---.---.48.253) 22 février 2007 08:58

      à Arthur mage , que sais tu de ce que pense les syriens de leurs président ? est tu allés voir les syriens ? connais tu des syriens ? moi je peux te dire ce que les syriens pensent de leurs président et des etats unis par ce que je suis syrien et que j’ai de la famille en Syrie et que moi j’ys vais souvent la bas d’abord ils savent trés bien ce qu’ils ont et ce qu’ils n’ont pas la démocratie ils la veulent mais le président syrien le dit que ce soit au syrien ou aux occidentaux donneur de leçon en démocratie ( pourtant ils arment à outrance Israel alors qu’ils laissent crevé les palestiniens dans leurs bantoustant quand le gouvernement palestiniens élu démocratiquement ne plait pas à Israel et aux Etats Unis) : la démocratie ne se fait pas avec un cout de baguette magique, M. Bachar El Assad ne peut pas transfomer un pays dominé par la corruption des gens haut placé en démocratie du jour au lendemain , combien de temps cela à pris pour la France avant de devenir une démocratie ? ou l’Amérique ? ou l’Angleterre ?

      en tout cas il y a eu beaucoup d’amélioration en Syrie depuis l’accession au pouvoir de M. Bachar el Assad : salaire des fonctionnaires augmenté de 100% sur 4 ans, lutte contre la corruption, création de micro crédit pour les jeunes qui veulent crée leur propre entreprise et plein d’autre projet de ce genre...

      évidemment que si on parle du gouvernement en Syrie on risque un interrogatoire et meme la prison, mais n’oublie pas que la Syrie et en état de guerre avec Israel et qu’elle est dans une région du monde ou tout peut basculer du jour en lendemain selon les interets des grandes puissances !

      si tu connais un peu l’histoire de la Syrie , ce pays a connue les attentats sur son sol, la révolte des fréres musulmans, et n’oublie surtout pas que la Syrie est comme l’Irak , il y a les chiites, les sunnites, les kurdes,les chrétiens et d’autres minorités alors imagine un peu ce que serait de donner la démocratie dans un pays multiconfessionels, tous se taperait sur la figure comme en Irak en ce moment, ou au Liban par ce que tels ou tels minorité serait malheureusement influencé par tels ou tels pays extérieurs pour defendre ses interets régionaux. et puis tu m’excusera pour la soi disante démocratie vertueuse que bush george veut imposer au moyen orient ( c marrant je savais pas que la démocratie s’imposé par un pays exterieurs... cela ressemeble à de la dictature )c tout simplement la soumission des pays arabes voisins d’Israel à ce dernier...


    • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 22 février 2007 09:13

      Je suis bien admiratif de constater que vous pouvez garder un sens aussi critique de votre pays. Vous n’hésitez pas à reconnaître qu’il y a des progrès notables mais en même temps vous admettez de façon réaliste qu’il y a aussi des manquements aux droits de la personne.

      Le renversement du président Bachar El Assad n’est absolument pas souhaitable en l’état des lieux. Les déclarations acerbes d’Abdel Halim Khaddam contre le pouvoir syrien se succèdent et son objectif déclaré est de renverser Bachar el Assad. Pour cela il projette de fédérer les partis de l’opposition syrienne afin de "créer l’atmosphère propice pour que le peuple syrien renverse le régime. Est-ce bien réaliste et Khaddam sera appuyé par qui ? En sous-mains par les États-Unis ? L’ancien bras droit de Hafez El Assad et ancien vice-président explique que sa démarche n’est motivée ni par un désir de vengeance ni par une quelconque ambition présidentielle. Voyons donc. Comment Kaddham pourrait-il éviter, dans le cas d’un renversement de Bacchar, l’installation d’un pouvoir religieux en Syrie ? En terminant on dit Bachar très nerveux. Il procéderait à des purges afin de conforter la fidélité de son entourage.

      Pierre R.


    • josh (---.---.205.32) 23 février 2007 18:18

      he le mage,t’es vraiment trop nul.tu nage dans la connerie.


    • josh (---.---.205.32) 23 février 2007 18:23

      le senat et le congres americain est passé aux démocrates,et c’est pas pour cela qu’il vont virés bush.


    • (---.---.215.93) 23 février 2007 20:29

      mage, vous avez simplement oublié dans votre liste le chaos et la destruction quotidienne de la politique israelo-américaine au moyen orient.

      la coalition a déjà fait des millions de victimes. elle continue en faisant beaucoup de cons. à commencer bien sûr par ceux qui portent sur elle des jugements de glorification sans discernement .

      ne me sortez plus votre « humanisme » à la noix qui fait que même les milliers d’enfants, quotidiennes et innocentes victimes irakiennes d’une politique d’affairistes extrémistes ne vous touchent même pas. que cachez vous ? pour qui roulez vous ? 67% des américains sont contre leur gouvernement et vous, vous voulez faire croire que vous ne faites que défendre l’humanité ? en commençant par la tuer ? vous êtes un triste sire. vous ne faites que servir une idéologie nauséabonde.


    • 3antar (---.---.238.221) 26 février 2007 17:42

      Ne penssez-vous pas que si l’alliance meurtrière que vous soutenez, avez retirée sont soutient a ces dit dictateurs, ils n’auraient pas tenu longtemps en place ?

      Ne penssez-vous pas que ce sont les gouvernement occidentaux qui ont permis a ces dictatures de se torcher le cul avec la volontée de leurs peuples.

      Enfin ne pensez-vous pas que l’occident et plus particulièrement les Etats-unis devraient présenter leur plus flasques excuses aux peuples qu’ils ont opprimés en leurs confisquants leur pouvoir souverain afin de le remettre aux mains de leurs fidèles vasseaux qui sont ici ces dits dictateurs ; Pour finalement ne pas parvenir a récupérer ce dit pouvoir souverain précedement arraché au dits peuples.Puis se servir de ce manque de civisme de ces avant dernier afin d’enfin brûler les maisons et d’arrcher le peut de fierté qu’il restait à ces derniers.

      L’abbé pierre disait que dieu aurait certainement plus d’indulgence envers des hommes qui se font exploser par désespoir qu’envers nous qui par notre dédain les laissons desesperer.....Le texte n’a pas été retrouvé mais le sens y est !!!! smiley


    • 3antar (---.---.238.221) 26 février 2007 17:44

      Ce message precedent est pour le chat je ne l’ai pas precisé


    • 3antar (---.---.238.221) 26 février 2007 17:45

      decidement !!!!!

      C’est pour « Artur le mage »


    • Arthur Mage (---.---.181.194) 20 février 2007 11:24

      Premier article traitant de l’international qui, depuis des mois sinon toujours sur ce site, ne dise pas envers et contre toute vraisemblance, systématiquement du mal des Etats-Unis d’Amérique du Nord. Monsieur R., je vous tire mon chapeau !


      • (---.---.252.236) 20 février 2007 13:44

        mage, passes tes vacances à Bagdad et salue les Iraquiens pour leur nouvel démocratie, tu ne survivras pas une seconde et tu seras lyncher par ces 80% Iraquiens qui ont voté..........


      • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 21 février 2007 05:36

        Monsieur Mage

        Je saisis au vol votre chapeau. Merci.

        Pierre R.


      • Marsupilami Marsupilami 20 février 2007 11:37

        Excellente analyse, rigoureuse et bien documentée, belle fresque de cette région dans toute sa complexité.

        Ce qui risque de changer la donne, c’est ce qui est actuellement en train de se passer en Iran, où la ligne politique du président Amahjenabad est de plus contesté, y compris par les éléments les plus conservateurs du régime qui ont très bien entendu les bruits de bottes étasuniens qu’ont suscité ses propos et initiatives irresponsables et dangereux. Va-t-il être renversé ? S’il l’est, la ligne politique iranienne risque d’être profondément bouleversée.


        • (---.---.168.73) 20 février 2007 11:48

          Amahjenabad n’a aucun pouvoir en Iran. Donc qu’il soit ou pas renversé ne changera en rien l’envie d’en découdre des néo-cons, pour ne pas parler d’Israël, avec l’Iran.


        • LE CHAT LE CHAT 20 février 2007 11:59

          là tu as raison , c’est le guide suprême ali khamenei qui fait la pluie et le beau temps ....


        • Marsupilami Marsupilami 20 février 2007 12:15

          « Amahjenabad n’a aucun pouvoir en Iran ».

          Faux. Il a un très élevé pouvoir de nuisance international, et même les mollahs les plus réactionnaires s’en sont aperçu.


        • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 20 février 2007 14:56

          Marsu

          Ahmadinejad a un pouvoir de nuisance mais il ne faut pas oublier qu’il a été élu. Je serais enclin à croire que si le pouvoir religieux avait voulu l’évincer, en tant que danger public, il y aurait belle lurette que cela aurait été fait. Mais voyez d’ici les conséquences sur l’opinion intérieure et extérieure. Le président élu est démis de ses fonctions par le pouvoir religieux pour cause d’incompatibilité d’opinions.

          A ce que je sache, Ahmadinejad n’enfreint en rien la loi religieuse (au contraire, il s’en réclame et l’applique avec plus de ferveur qu’un mollah). Il a une grande gueule mais je crois que cela fait bien l’affaire (pour l’instant) de certains au sein du pouvoir religieux. L’un souffle le froid, l’autre le chaud. Se pourrait-il qu’Ahmadinejad soit un fantoche et que pour l’instant il serve bien les intérêts des religieux radicaux.

          Pierre R.


        • Marsupilami Marsupilami 20 février 2007 17:04

          @ Pierre R.

          Why not pour le rôle que tu attribues à Ahmadinejad. Mais en dehors des dispositifs politico-constitutionnels qui régissent la « république » islamique d’Iran, il n’en reste pas moins que les leaders politiques sont investis d’une charge symbolique souvent très éloignée de ceux-ci.

          Ahmadinejad, par ses outrances langagières, est à présent perçu comme un danger par la mollahcratie conservatrice. Les jeux et enjeux de pouvoirs persans sont bien différents et plus subtils que ce que les Occidentaux sont capables de percevoir et de l’imaginer.

          Les persans, héritiers d’une vieille, subtile et prestigieuse civlisation, qui existe toujours sous la chape de plomb islamiste, sont capables de la jouer fine.

          Mais encore faudrait-il que les néocons étasuniens le sachent avant d’attaquer aveuglément.

          Et ça, c’est une autre histoire...


        • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 20 février 2007 18:03

          Je partage votre avis.

          Pierre R.


        • (---.---.215.93) 20 février 2007 12:09

          pierre, même si votre article est bien bâti, il s’agit aussi de prendre en compte tous les enjeux inavouables, dont un des facteurs essentiel, israel, est effacé dans l’article (tout en comprenant votre démarche).

          au-dela des grandes stratégies que votre article souligne, l’intérêt général devrait imposer une détente de la tension entre sunnites et chites et tous les plans bush jusqu’à aujourd’hui ont été contraires à cette option.

          le volet régional est ignoré par la plolitique us. alors que c’est ce volet qui devrait être mis en marche d’abord.

          autrement dit,au stade actuel, il s’agit d’extorquer un appui de façade, de mettre un couteau sous la gorge de certains pays dépendants des états-unis, alors qu’il faudrait élaborer avec eux et non contre eux, une solution d’apaisement.


          • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 20 février 2007 14:39

            Bien évidemment que le cas d’Israël et de la Palestine est au coeur du problème. J’en ai fait allusion à la fin de mon exposé. Je suis entièrement d’accord avec votre analyse. Mais je crois que cette question devrait faire l’objet d’un autre exposé portant exclusivement sur les relations Israël-États-Unis. Tant de choses ont été dites.

            Pierre R.


          • Sylvio (---.---.253.38) 20 février 2007 13:11

            BBC News : Les plans d’attaque de l’Iran par les Etats-Unis révélés

            Les états-Unis préparent des plans pour des attaques aériennes non seulement contre les sites nucléaires, mais aussi contre les cibles militaires en Iran :

            http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/6376639.stm


            • ZEN zen 20 février 2007 15:32

              Dans son blog trés informé (qui vaut le détour), notre co-rédacteur JP Immageon évoque la position récemment critique de la tête pensante des aventures bushiennes, qui exprime ses craintes d’un prochain conflit avec l’Iran :

              "Zbigniev Brzezinski, l’ancien conseiller national de sécurité de Jimmy Carter, a été auditionné ces jours-ci par le Foreign Relations Committee du Sénat de Washington, et y a fait des déclarations stupéfiantes qui semblent avoir laissé cois les médias américains (1).

              Stupéfiantes non pour leur fond, puisque Brzezinski n’y fait que développer l’évidence : « The war in Iraq is a historic, strategic, and moral calamity. Undertaken under false assumptions, it is undermining America’s global legitimacy. Its collateral civilian casualties as well as some abuses are tarnishing America’s moral credentials. Driven by Manichean impulses and imperial hubris, it is intensifying regional instability. » Bon, jusque là, c’est la position officielle de la France réaffirmée le 5 janvier dernier par Jacques Chirac. « Only a political strategy that is historically relevant rather than reminiscent of colonial tutelage can provide the needed framework for a tolerable resolution of both the war in Iraq and the intensifying regional tensions. » C’est également ce que l’on se tue à répéter depuis 2003 : lorsqu’on envahit, pille et occupe un pays, on se comporte en colonisateur, même si on se nomme Amérique.

              Brzezinski énonce également une évidence, l’absurdité du discours tenu depuis le 11 septembre 2001 sur la quatrième guerre mondiale contre un péril terroriste héritier du péril nazi (voir mon article « Merde à Rumsfeld ») : « This simplistic and demagogic narrative overlooks the fact that Nazism was based on the military power of the industrially most advanced European state ; and that Stalinism was able to mobilize not only the resources of the victorious and militarily powerful Soviet Union but also had worldwide appeal through its Marxist doctrine. In contrast, most Muslims are not embracing Islamic fundamentalism ; Al Qaeda is an isolated fundamentalist Islamist aberration ; most Iraqis are engaged in strife because the American occupation of Iraq destroyed the Iraqi state ; while Iran - though gaining in regional influence - is itself politically divided, economically and militarily weak. To argue that America is already at war in the region with a wider Islamic threat, of which Iran is the epicenter, is to promote a self-fulfilling prophecy (2). »

              En passant, et cela satisfera les tenants de la thèse de la conspiration dont je discute par ailleurs dans ce blog avec un de ses partisans, Brzezinski annonce également comment la guerre avec l’Iran est déjà dans les tuyaux, en envisageant une provocation montée de toutes pièces style Mandchourie 1931 (voir Tintin et le lotus bleu) ou Golfe du Tonkin au début de la guerre du Vietnam : « A mythical historical narrative to justify the case for such a protracted and potentially expanding war is already being articulated. »

              Rien à redire, mais rien de nouveau. Non, ce qui doit laisser la presse et les médias US pantois, c’est l’identité de celui qui vient dénoncer l’échec de l’Amérique. S’agit-il du Zbigniev Brzezinski qui développait la même vision que Condolezza Rice, d’une Amérique dont les privilèges de puissance devaient être imposés au reste des nations faute de quoi le monde irait au chaos ? Le Brzezinski qui proclamait il y a dix ans que les Etats-Unis seraient la première, la dernière et la seule super-puissance globale (3) ? Le Brzezinski qui ne laissait à l’Amérique et au monde que le seul choix entre la domination ou le leadership des Etats-Unis (4) - ce qui lui avait valu un commentaire triste et pertinent de son compatriote William Pfaff (5) ? Ni celui qui signait il y a moins d’un an un article dans « The American Interest » que je cite dans American parano, et qui proclamait dans le même temps que la puissance militaire américaine était incontestée (6) ? L’hypothèse d’un retrait américain ne l’effleurait alors même pas. Or voilà que dans le prolongement de sa déposition-dénonciation, il n’envisage pas d’autre solution que la retraite."


              • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 20 février 2007 15:45

                J’avais effectivement parcouru quelques articles de fonds sur les interventions de Zbigniew Brzezinski ces derniers temps. L’intérêt de ces interventions réside dans le fait que Brzezinski devient plus critique à l’égard de l’exercice du pouvoir (qu’il connaît bien) et des décisions de ce même pouvoir. Comme je l’avais indiqué, ne voulant pas trop m’inscrire dans une démarche de ne juger que le gouvernement américain, j’ai traité plutôt l’hypothèse soulevée par l’ex général Léonid Ivashov et reprise indirectement par Brzezinski. L’onde de choc a été immédiate. Au point où seulement deux quotidiens en ont fait état. (L’autocensure semble encore présente aux États-Unis).

                Pierre R.


              • frederic9 (---.---.232.32) 20 février 2007 16:48

                La libération des peuples kurdes et chiites d’Irak est la réalité incontournable de la nouvelle situation politique.

                Et cette nouvelle réalité aura de multiples implications dans toute la région, peut-être même la remise en cause de l’existence de certains états.

                Et non pas, comme certains l’auraient cru un peu trop vite, l’existence de l’état d’Israël, l’histoire est parfois très ironique.

                Le fait que des éléments extrémistes de la communauté sunnite irakienne, et des éléments plus souvent extérieurs à l’Irak, se livrent à l’encontre des communautés chiites et kurdes à des attentats épouvantables depuis quatre ans ne changera rien à cette nouvelle situation politique. Les arabes sunnites sont minoritaires en Irak et ils devront se faire une raison.

                S’ils refusent, et si la guerre civile bat son plein en Irak (mais pourra-t-on parler véritablement de guerre « civile » ? La nation irakienne a-t-elle seulement existé, sinon par le sang des kurdes et des chiites que Saddam n’a cessé de verser pendant trente ans pour faire vivre coûte que coûte une illusion ?), nous devrons seulement nous assurer que les chiites l’emportent, le reste ne nous regardant pas.

                Fasse seulement le ciel que tout le sang que Saddam et les terroristes d’al Qaeda ont fait couler ne retombe pas un jour sur la tête des arabes sunnites en Irak.

                Quant à l’Iran, son sort est désormais entre ses mains.

                Les candidats pour procéder à son équarissage ne manqueront sûrement pas, le cas échéant.

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