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Vers un bouclier antimissile au Venezuela ?

Avec la verdeur de langage qu’on lui connaît (yankees de mierda !), le président vénézuélien, Hugo Chavez, est venu symboliquement au secours de son homologue bolivien, Evo Morales, en ordonnant à son tour l’expulsion sous trois jours de l’ambassadeur des Etats-Unis à Caracas.
S’il ne fait guère de doute que l’administration Bush Jr perpétue dans le sous-continent américain une longue tradition de soutien militaire, logistique et financier aux groupements factieux de droite et d’extrême droite en tentant aujourd’hui de déstabiliser les régimes socialistes qui ont obtenu légalement le pouvoir, il se pourrait aussi que l’audace manifestée par les gouvernements légitimes de la Bolivie et du Venezuela en expulsant les ambassadeurs de leur tout-puissant voisin du Nord soit en sous-main souhaitée sinon organisée par une Russie formulant à sa manière une réponse du berger à la bergère.

Car les Etats-Uniens font en Amérique latine ce qu’ils reprochent aux Russes de faire dans le Caucase ou dans l’Est européen : encourager les oppositions et stipendier le lumpen local, chômeurs ou jeunes désœuvrés, au point de susciter des affrontements suffisamment violents pour qu’ils menacent le pouvoir en place, favoriser irrédentismes et régionalismes de sorte à provoquer une balkanisation artificielle de pays à la cohérence territoriale jusqu’alors acceptée par tout le continent.
C’est ce qui se produit actuellement en Bolivie, où le président Morales, solidement reconfirmé dans ses fonctions le 10 août dernier au terme d’un référendum révocatoire, doit affronter une nouvelle vague de contestation de l’opposition de droite, qui exige davantage d’autonomie dans les régions qu’elle dirige tout en se montrant naturellement hostile au projet gouvernemental de distribuer des terres aux plus démunis.
Il suffit de regarder des reportages télévisés pour constater que les émeutiers qui affrontent les forces de l’ordre ressemblent davantage à des mercenaires issus des couches populaires qu’à des bourgeois prospères ou à des propriétaires terriens gagnés par la fièvre autonomiste.
Ces pauvres qui vont au casse-pipe pour défendre les intérêts des nantis, qui les rétribue pour cela ?

Evidemment, avec Chavez entrant dans la partie – lui-même ouvertement appuyé par le Nicaraguayen Daniel Ortega et le Brésilien Lula da Silva –, le ton est monté d’un cran à l’égard des Américains.
Non content de virer leur ambassadeur, l’irascible président bolivarien a prévenu que toute tentative de le renverser se solderait par une cessation des livraisons de pétrole au pays des cow-boys et, plus grave peut-être, en tout cas significatif de la partie de poker qui se joue là-bas en miroir de celle qui se déroule de Pologne en Géorgie, que des bombardiers russes se trouvaient actuellement sur le sol vénézuélien, alors que l’on sait déjà que le croiseur Pierre le Grand participera à de prochaines manœuvres dans les Caraïbes en compagnie de la marine vénézuélienne.
Le message, double, a l’avantage de la clarté : primo le gouvernement socialiste du Venezuela n’est plus seul face à la volonté déstabilisatrice du pouvoir néoconservateur installé à Washington, il peut compter sur son puissant allié d’outre-Atlantique qui fera ici ce que l’Amérique fait ailleurs, le gendarme, secundo, s’il se trouve des Etats en Europe pour accueillir les éléments du bouclier antimissile états-unien, il se trouvera en Amérique latine des Etats où les Russes pourront installer le leur.
Bien sûr, aussi vrai que le bouclier américain n’est en rien destiné à intimider les Russes, le bouclier russe ne menacera nullement les Etats-Unis, il ne sera là que pour les décourager de s’en prendre à ce qu’ils ont longtemps considéré comme une de leur succursale, de laquelle ils ne supportent pas que les gérants aient changé de couleur politique.

Afin de mettre un terme à un genre d’escalade qui ne demande qu’à tourner à la confrontation générale*, que peut-on espérer sinon que les impérialistes de Washington et de Moscou cessent de tirer ici et là de ces ficelles élastiques qui finissent toujours par fouetter en retour leurs manipulateurs ? 
 
*voir "Détruire, pensent-ils" 
http://www.agoravox.fr/ecrire/articles.php3?id_article=43755
par Mathias Delfe (son site) lundi 15 septembre 2008 - 59 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par ASINUS (xxx.xxx.xxx.34) 15 septembre 2008 15:03

    juste pour memoire
    se sont les contras anti sandiniste utilisés par reagan qui ont commencés le subventionement de leur lutte par la filiere drogue , il semble me souvenir que le truchement us etait un leader panaméen qui bien sur c est pris une invasion dans la gueule a la premiere véléité d indépendance

    transformer la verité de ne la rend pas plus plausible et invalide donc 
    vos arguments qui pourraient l etre eux



  • Par Christophe (xxx.xxx.xxx.22) 15 septembre 2008 15:08
    Christophe

    Pas seulement, même si les talibans profitent aussi du trafic de drogue.

    Il faut aussi savoir que l’Afghanistan n"est pas un pays comme les autres actuellement. Le gouvernement parvient à diriger Kaboul et les alentours, mais en dehors de cela, ce sont les lois tribales qui s’appliquent.

    Le trafique de drogue est donc monnaie courante, le pavot étant la culture agricole principale de l’Afghanistan ; et ce n’est pas avec l’activité économique de Kaboul uniquement que le gouvernement peut s’en sortir.

    Par contre, l’UCK dont les membres émminents font maintenant partie du gouvernement kosovar sont des spécialistes du narco trafic ainsi que du trafic d’organes, organes pris de force principalement sur des serbes enlevés pour l’occasion.

    Par contre, dans votre propos précedent, si je suis d’accord avec vous sur le fait que la Colombie fait partie des nations où le trafic de drogue est important, ce n’est pas le cas du Vénézuéla ; sa richesse principale venant du pétrole.

    Chaque nation vit avec les ressources qu’elle a. La Colombie a toujours été une nation en tête du hit parade des pays narco trafiquant ; que ce soit avec Evo Morales ou avant lui la droite conservatrice. Ce n’est donc pas un sujet pertinent, puisque lesUSA soutenaient les prédécesseurs de la droite conservatrices et ils combattent le socialisme de Morales. Evitons d’exprimer des raisons qui n’en sont pas, des excuses qui reposent sur des points qui ne datent pas de l’élection de Morales, au risque, comme je vous le dis, de passer pour des hypocrites.

    Tout n’est pas noir ou blanc, bien ou mal. Entre le blanc et le noir, il existe une foultitude de gris !

  • Par Mathias Delfe (xxx.xxx.xxx.222) 15 septembre 2008 15:39
    Mathias Delfe
    « Il m’a semblé comprendre que l’autonomie demandée leur permettrait de se soustraire aux réformes décidées par l’Etat bolivien ; ce qui permettrait aux grands propriétaires terriens de ne pas appliquer la réforme agraire ». 
     
    Tout juste. Tant que le pays leur appartenait de facto, les hacienderos étaient ultranationalistes et pas régionalistes pour deux pesos. Maintenant que les ancêtres des amérindiens qu’ils ont spoliés de leurs terres réclament non pas leur dû, mais un petit plus que rien, les voilà touchés par la tentation autonomiste qui leur permettrait, en s’affranchissant de tout ou partie des lois fédérales, de ne rien céder aux « partageux ».
    Et, bien entendu, l’administration Bush Jr, toujours du côté des possédants, fussent-ils les pires des truands, toujours contre le petit peuple, par pure idéologie réactionnaire et antisociale*, ne peut s’empêcher de jouer la déstabilisation dans ce qu’elle considère comme son arrière-cour.
     
    * par simple pragmatisme, il serait plus judicieux pour les Américains d’entretenir des rapports cordiaux avec des pays fournisseurs de matières premières telles que le pétrole et le cuivre.
  • Par Christophe (xxx.xxx.xxx.22) 15 septembre 2008 14:31
    Christophe

    C’est marrant, c’est exactement ce qui se passe tant en Afghanistan grâce au nouveau gouvernement soit disant démocratique que nous avons mis en place et que nous soutenons, mais aussi au Kosovo, qui est devenu l’une des plaques tournantes les plus importantes du trafique de drogue dans le monde ; là aussi, nous les soutenons, ...

    Finalement, vous êtes à la hauteur de la pensée gouvernementale occidentale, l’hypocrisie perpétuelle !!!

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