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Accueil du site > Actualités > International > Vingtième anniversaire de la chute de l’URSS : quelles leçons tirer (...)

Vingtième anniversaire de la chute de l’URSS : quelles leçons tirer de l’histoire ?

Célébré tout récemment (le 8 décembre dernier pour être plus précis), le vingtième anniversaire de la chute de l'URSS a aussi été l’occasion de rappeler la faillite des politiques menées dans les ex-pays de l’est, comme de soulever une question a priori anodine, mais pourtant non dénuée de pertinence : dans quelle mesure pouvait-on qualifier de socialiste les régimes de l’Europe orientale ? Nombreuses sont ainsi les voix, à gauche, pour dénoncer la trahison du socialisme, supposée inhérente au bloc soviétique. Mais si trahison il y eut, comment alors définir la nature idéologique des systèmes établis à l’est ? Par ailleurs, n’y aurait-il pas, du coup, nécessité à tenir compte du caractère dévoyé de ces expériences concrètes dans la perspective d’un socialisme authentique, à jamais dépouillé des scories du passé ? A ces interrogations, le présent article se propose donc, en interrogeant l’histoire, d’apporter quelques éléments de réponse. Lesquels n’ont pour autre ambition que d’alimenter le débat ‒ et notamment au sein des différentes composantes de la gauche.

Le socialisme selon Marx et Engels

Jusqu’à une période relativement récente, la quasi-totalité des gouvernements idéologiquement socialistes (qu’ils fussent autoritaires ou démocratiques) s’étaient réclamés du marxisme ou du marxisme-léninisme. Or comment se présentaient au juste cette forme particulière de socialisme ? Pour Marx et Engels, le socialisme faisait partie intégrante de leur théorie du matérialisme historique, laquelle divise l’histoire de l’humanité en six phases, chacune correspondant à un mode de production particulier : le communisme « primitif », l’esclavagisme, le féodalisme, le capitalisme, auquel doit succédé dans un avenir plus ou moins proche le socialisme, lui-même précurseur du communisme « moderne », stade ultime de l’histoire du monde.

Néanmoins, ni Marx et Engels, ni Lénine après eux, n’apportèrent la moindre précision sur les formes concrètes que devait prendre un monde devenu communiste, si ce n’est que disparaîtraient frontières, États, classes sociales et propriétés privées via une phase de transition, répondant au nom de socialisme, dont ils se contentèrent de poser les bases théoriques. Envisagé uniquement dans une dimension internationale et « anétatique » (c’est-à-dire sans États), jamais par conséquent l’idéal en question ne fut atteint au sein des pays dits « communistes », de l’aveu même de leurs dirigeants. L’atteste, entre autres, l’emploi de l’expression « socialisme réel » pour désigner la politique socio-économique du bloc soviétique ‒ expression que contestèrent notamment tous ceux qui lui préférèrent celle de capitalisme d’État.1

Socialisme réel ou capitalisme d’État ?

Parmi les divers pourfendeurs de l’URSS et de ses pays satellites, d’aucuns les désignèrent idéologiquement (et les désignent toujours) par le qualificatif, au mieux discutable, au pire saugrenu, de … « capitalisme d’État ». Discutable, il l’est assurément. Saugrenu ? Rien n’est moins sûr, à dire vrai. D’une part, parce que l’ont épousé des intellectuels aussi prestigieux que Simone Weil, Guy Debord et Cornélius Costariadis. Et d’autre part, parce qu’à la lumière des faits, son évocation suscite inévitablement la réflexion.

En effet, que s’est-il produit au 20e siècle dans les pays dits « socialistes », si ce n’est la volonté d’appliquer scrupuleusement une doctrine léniniste respectueuse de la théorie marxiste de l’histoire selon laquelle il ne saurait y avoir de socialisme sans capitalisme (encore que Marx ait apporté des variantes à cette théorie) ? Or comme les révolutions d’inspiration léniniste eurent lieu dans des pays à dominante agricole et rurale, où le capitalisme privé n’en était qu’au stade embryonnaire, celles-ci s’employèrent à développer les structures d’un capitalisme non pas privé car « bourgeois », mais étatique et donc supposé « ouvrier » ou « populaire » car géré par une bureaucratie, représentante autoproclamée des intérêts du peuple et des travailleurs. Et ce afin d’aboutir au socialisme, qu’il restait néanmoins à définir concrètement. Du reste, Lénine ne disait pas autre chose à propos de la Russie, notamment dans son article intitulé « Sur l’infantilisme "de gauche" et les idées petites-bourgeoises » ‒ publié dans la Pravda le 5 mai 1918 ‒, soulignant le caractère inéluctable du capitalisme d’État comme condition indispensable à l’avènement du socialisme.2

Reste à savoir comment le capitalisme d’État s’est décliné dans le bloc soviétique et quels sont ses points de divergence avec le socialisme.

Le capitalisme d’État dans le bloc soviétique

Au sein des ex-pays de l'est, les rapports de classes ne variaient guère, au fond, de ceux des autres sociétés capitalistes : les travailleurs échangeaient leur force de travail contre un salaire versé par une bourgeoisie bureaucratique (la nomenklatura), responsable des moyens de production. En outre, l'Etat, en véritable patron, fixait des objectifs de production à atteindre (via le Gosplan) selon un modèle productiviste (également connu comme le « stakhanovisme ») permettant de dégager des profits. De sorte qu’il ne saurait être question de socialisme, lequel se fonde (pour synthétiser ses diverses obédiences) sur une gestion plus ou moins égalitaire et démocratique des moyens de productions et des services par l’ensemble des travailleurs (toutes catégories confondues) pour le bien-être de tous. A l’inverse, le capitalisme est un système socio-économique qui, bien qu’en constante évolution, repose sur les principaux traits caractéristiques suivants : l’accumulation du capital, la compétition (en l’occurrence avec le capitalisme occidental), le productivisme (en l’occurrence le stakhanovisme), le salariat, la production pour l’échange (et non pour la consommation directe) ; auxquels s’ajoutent, du moins dans le cadre restreint du modèle libéral du capitalisme, la propriété privée, l’intérêt personnel et le marché libre.

Pourtant, les populations des pays de l’est ne bénéficièrent-ils pas d’indéniables avancées sociales telles que la gratuité de l’éducation et de la santé, les retraites précoces et l’absence de chômage ? En effet, sauf que celles-ci s’apparentaient à celles inhérentes aux États-providences, graduellement mis en place dans les pays occidentaux à partir de la fin du 19e siècle, et qui, bien que garants d’une certaine équité en matière de redistribution des richesses ‒ notamment sous forme d’allocations permettant aux citoyens de se prémunir contre le besoin face à la maladie, au chômage et à la vieillesse ‒ n’en demeuraient pas moins dans un cadre capitaliste.

On est donc en droit de penser que ce que nous appelions « socialisme réel » ne fut rien d’autre que l’application d’une doctrine léniniste qui, si elle formait le dessein sincère d’aboutir au socialisme puis au communisme, ne dépassa jamais le cadre d’un capitalisme d’État, fruit d’une interprétation dogmatique des écrits de Marx et Engels. Est-ce à dire pour autant que le socialisme n’a jamais connu d’expression pratique ?

Les micro-socialismes d’hier à aujourd’hui

Tout d’abord, il convient de ne pas oublier un fait des plus importants : Marx, Engels et Lénine ne furent pas les seuls et uniques théoriciens du socialisme. Ainsi en fut-il également, entre autres, de Pierre-Joseph Proudhon, Robert Owen, Charles Fourier, Mikhaïl Bakounine, Piotr Kropotkine…, dont les écrits inspirèrent bien souvent les seules applications authentiquement socialistes ‒ du moins au regard de la définition du socialisme proposée plus haut ‒ sur une échelle plus ou moins grande, à l’époque contemporaine. Lesquelles applications, loin d'être parfaites, ne furent pas légion et connurent pour certaines un destin à la fois tragique et funeste. A titre d’exemples, citons : la Commune de Paris en 1871 (écrasée par les troupes versaillaises aux ordres d’Adolphe Thiers, chef du pouvoir exécutif) ; le mouvement makhnoviste ukrainien de 1919-21 (écrasé par l’Armée Rouge) ; les communes agricoles et industrielles orchestrées par les anarcho-syndicalistes de la Confédération nationale du travail (CNT) au cours de la Guerre d’Espagne (écrasées par les forces franquistes et les sbires de Staline)…

Les échecs de ces « micro-socialismes » témoignent-ils, par conséquent, du caractère inamovible du capitalisme ? Il est permis d’en douter, et ce pour la bonne et simple raison que, parallèlement à l’économie capitaliste, existent de par le monde d’autres variétés d’expériences relevant du « micro-socialisme », à commencer par les organisations, telles les coopératives et les mutuelles, issues d’une économie sociale et solidaire ‒ elle-même inspirée des théories socialistes de notamment Proudhon, Owen et Fourier ‒ qui, malgré ses échecs, a fait depuis près de 150 ans la démonstration et de sa viabilité et de son efficacité, en termes de répartition équitable des richesses créées, mises au service de la justice sociale, et donc de l’Homme, et non plus du Capital comme dans les entreprises classiques. Il s’agit certes d’un secteur non-capitaliste mais œuvrant néanmoins dans le système capitaliste. Comme le souligne à ce propos le PDG d’une coopérative minière du Pays de Galles, Tyrone O’Sullivan : « Nous vivons dans un monde capitaliste, mais nous gérons notre entreprise sous un mode socialiste ».3

A cette gestion de l’entreprise sur le mode socialiste s’ajoutent d’autres expériences obéissant à des logiques non-capitalistes, parmi lesquelles les monnaies complémentaires ou locales (tels les SOL) et les divers services d'échanges locaux (les SEL), tous deux non spéculatifs et à but non lucratif. Preuve s’il en est que rien n’est irréversible et que le capitalisme, loin d’être une fatalité, peut être dépassé à la faveur d’outils existants qui nécessiteront néanmoins développement et perfectionnement. A condition aussi de savoir tirer certains enseignements de l’histoire, de manière à éviter que ne se reproduisent les échecs du passé.

Tirer les leçons de l’histoire : quelques pistes pour un socialisme authentique

A la lumière de ce qui précède, plusieurs questions s’imposent : comment empêcher le capitalisme de subvertir les expériences évoquées ci-dessus, comme cela est déjà le cas pour un certain nombre de coopératives et mutuelles ? Que faire pour éviter qu’un projet d’inspiration sincèrement socialiste ne dépasse jamais le cadre d’un capitalisme d’État (version « communiste ») ou d’une économie mixte (version social-démocrate), doublé d’un puissant État-providence, comme ce fut le cas par le passé ? Ne faudrait-il pas s’en prendre directement aux piliers du capitalisme ‒ présentés plus haut telles qu’ils s’appliquèrent dans les pays du bloc soviétique ‒ que sont l’accumulation du capital, le salariat, le productivisme et la compétition ? Sans nul doute. D’où les quelques pistes suggérées ci-dessous pour y parvenir ‒ lesquelles s'inspirent, entre autres, de la théorie de l'économie distributive ‒4, dont certaines viennent s’agréger à des propositions déjà existantes, émises notamment par le Front de Gauche via son programme partagé et populaire :

‒ Entraver l’accumulation du capital passe certes par une planification démocratique, écologique et décentralisée (ou régionalisée) ‒ et non plus bureaucratique et centralisée via un Gosplan (URSS) ou un Commissariat général au plan (France) ‒ de la production pour répondre aux besoins des citoyens de façon raisonnée, sans gaspillage ni recherche de profit ; certes par l’instauration d’un revenu maximum qu’il conviendra de fixer démocratiquement ; mais aussi et surtout par la création d’une monnaie distributive, non spéculative et non thésaurisable, puisqu’elle reposera sur les biens et services disponibles sur le marché pour une période donnée ‒ suivant les décisions prises démocratiquement par les divers planificateurs ‒ et disparaîtra automatiquement après usage. La masse monétaire sera ainsi créée en fonction de la valeur totale des biens et services mis en vente, et distribuée équitablement aux citoyens sous la forme d’un revenu social, sur lequel nous reviendrons plus bas. L’euro ne deviendrait dès lors plus qu’un instrument de règlement pour les échanges internationaux.

‒ Sortir du salariat passe certes par le développement des entreprises de l’économie sociale et solidaire ‒ qu’il faudra associer étroitement à l’élaboration des plans régionaux évoqués plus haut ‒, mais aussi et surtout par l’instauration d’un revenu social alloué à chacun, sa vie durant, via la monnaie distributive mentionnée ci-dessus. Un tel revenu ‒ là encore fixé démocratiquement ‒ aura pour objet d’affranchir chaque être humain de la contrainte du travail salarié puisqu’il garantirait une sécurité matérielle à vie et donnerait la possibilité de choisir une activité professionnelle non plus en fonction de sa valeur marchande mais de son utilité sociale.

‒ Substituer les principes d'émulation et de coopération à ceux de concurrence et de compétition dans le domaine économique implique aussi de chercher non pas à surpasser les pays capitalistes libéraux en termes de production, de consommation et de « progrès » techno-scientifiques ‒ aux conséquences incertaines, voire parfois mortifères ‒, mais au contraire à sortir des voies du productivisme et du consumérisme ‒ inhérentes au capitalisme ‒ , néfastes à la fois pour l’environnement et le bien-vivre des humains. Cela passe notamment par une relocalisation de la production pour une consommation essentiellement locale et des projets techno-scientifiques visant non plus à produire toujours davantage au détriment de la qualité et de l’environnement, mais à le faire mieux en misant sur la notion de durabilité des biens, et ce de manière à orienter la société sur le chemin de la sobriété en matière de consommation.

En guise de conclusion : la principale leçon à tirer de l'histoire est qu'il ne saurait y avoir de socialisme sans éradication préalable des principaux fondements sur lesquels repose le capitalisme. Ne pas s'y résoudre reviendra inéluctablement à singer le système capitaliste et, partant, à vouloir « faire grossir indéfiniment le gâteau pour ne pas avoir à mieux le partager », pour reprendre la formule de Jean Aubin.5

1Sur ce thème, voir Michel Barillon, D'un mensonge « déconcertant » à l'autre, Agone, Marseille, 1999.

2Lénine, « Sur l’infantilisme "de gauche" et les idées petites-bourgeoises », http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/05/vil19180505.htm

3Sur la coopérative minière de Tower Colliery, voir notamment le film documentaire de Jean-Michel Carré, « Charbons ardents », Grain de sable, 1999.

4 Sur l'économie distributive, voir notamment l'ouvrage de vulgarisation de Marie-Louise Duboin, Les Affranchis de l'An 2000, Voici La Clef, Waterloo (Canada), 1999.

5Jean Aubin, Croissance : l'impossible nécessaire, Planète bleue éditions, Saint-Thurial, 2006.


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44 réactions à cet article    


  • Daniel Roux Daniel Roux 19 décembre 2011 11:06

    Le « Communisme » est un système idéal conçu par des théoriciens. En effet quoi de plus efficace qu’un programme réfléchi visant à une répartition optimum des richesses produites, ces dernières étant déterminées à l’avance en fonction de besoins estimés. C’est un système scientifique et humaniste qui vise la perfection.

    Dans une théorie, qu’un seul paramètre soit faux et toute la théorie s’effondre. En l’occurrence, la nature humaine était considérée comme parfaite ou perfectible.

    La cupidité et l’avidité, la mégalomanie de ceux qui détiennent le pouvoir, n’ont pas été pris en compte.

    Là est la grande erreur des théoriciens du « Communisme ».

    Et la grande force du « Capitalisme ».


    • Abou Antoun Abou Antoun 19 décembre 2011 13:36

      La cupidité et l’avidité, la mégalomanie de ceux qui détiennent le pouvoir, n’ont pas été pris en compte.
      Le seul penseur qui, dans sa réflexion politique, prend en compte la nature humaine et au delà la logique du vivant est à mon avis Henri Laborit


    • Connolly 19 décembre 2011 16:41

      Merci pour votre message. 


      « La cupidité et l’avidité, la mégalomanie de ceux qui détiennent le pouvoir, n’ont pas été pris en compte ».

      C’est aussi à partir de ce constat qu’il faut tirer les leçons de l’histoire, la question étant : comment faire pour juguler (et non les éradiquer totalement) les aspects pernicieux de la « nature humaine » ? A cette interrogation, les partisans de l’économie distributive apportent des éléments de réponse. Ci-dessous un lien qui débouche sur une bonne synthèse de leurs propositions (ainsi que leurs réponses aux objections légitimes qu’on leur adresse souvent).

      Par ailleurs, je pense que la notion de « nature humaine » est autrement plus complexe que vous ne le laissait entendre, et sert souvent de prétexte pour rejeter et disqualifier toute proposition visant à dépasser le système actuel.
      A mon sens, l’Homme ne naît ni bon ni mauvais ; c’est l’environnement dans lequel il vit qui bien souvent détermine son comportement social. Je n’ai malheureusement pas le temps de développer davantage. Je vous suggère donc de lire (voir le lien ci-dessous) le texte de François Châtel sur la question, texte fort intéressant et bien étayé. Bonne lecture.

      Bien à vous

    • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 19 décembre 2011 22:02

      Bonjour M. Roux,

      Votre remarque est pertinente. C’est probablement la raison pour laquelle le communisme a séduit des scientifiques comme Albert Einstein.

      http://monthlyreview.org/2009/05/01/why-socialism

      C’est aussi pourquoi je pense que ce modèle, mais comme tous les autres d’ailleurs, ne sont pas encore viables pour le moment — et pour les raisons que vous citez.


    • Connolly 20 décembre 2011 11:37

      Sauf qu’il ne s’agit pas ici de nier la « nature humaine » en tant que telle (et encore moins de créer « l’Homme nouveau »), mais de souligner qu’elle est une notion autrement plus complexe que les divers laudateurs du système actuel ne le prétendent. A vous entendre la fameuse « nature humaine » ne se réduirait qu’à la cupidité, l’avidité et la mégalomanie. A vous entendre encore, seuls l’inné et la génétique seraient à l’origine de la nature humaine. Autrement dit (pour aller très vite) les humains naîtraient cupides, avides et mégalomanes et / ou généreux, altruistes et philanthropes. Comme si l’acquis (via l’environnement dans lequel vivent les humains) n’avait qu’un rôle mineur dans la fabrication des humains. Or tous ces arguments reposent sur des théories fumeuses maintes fois contredites à ce jour. Pour un exposé plus étayé sur la question, je vous suggère de lire le texte suivant, extrait d’un article rédigé par François Châtel. Bonne lecture !

      http://economiedistributive.free.fr/spip.php?article3024 

      Dernier point : l’URSS, dans sa volonté de générer l’Homme nouveau, est parti du postulat (inspiré en cela de Rousseau) que l’Homme naissait naturellement « bon » et « généreux » mais était corrompu par un environnement qui le rendait « mauvais ». Pour ma part (et pour bien d’autres), je pense qu’on naît ni bon ni mauvais, mais qu’on le devient car ce sont les circonstances et l’environnement qui, en grande partie, fabriquent l’Homme.

      Par ailleurs vous semblez oublier qu’au nom de la « nature humaine » et ses aspects les plus pernicieux - tels la cupidité et l’égoïsme - et les plus salutaires - tels le talent et la générosité -, établis de façon subjective et arbitraire, qu’il convenait d’éradiquer ou d’exalter, crimes et abus ont également été commis (et le sont encore aujourd’hui) :
      - Crimes perpétrés par certaines puissances religieuses, telle l’Inquisition hier ou la République islamique d’Iran aujourd’hui.
      - Abus perpétrés par le capitalisme néo-libéral qui tend à exalter les « bons » et les « mauvais » côtés de la « nature humaine », alors qu’il serait plus judicieux de les pondérer afin d’aboutir à une société plus équilibré et solidaire. Entre autres exemples : le talent artistique, sportif ou commerciale est bien souvent « surrécompensé » par le système ; de même, la cupidité, l’avidité et l’égoïsme sont encouragés par le système, de par les profondes inégalités, la compétition à outrance et l’absence de frein à l’enrichissement personnel qu’il permet, avec les conséquences que l’on connaît...

    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 décembre 2011 11:14

      À l’auteur :
      « la principale leçon à tirer de l’histoire est qu’il ne saurait y avoir de socialisme sans éradication préalable des principaux fondements sur lesquels repose le capitalisme. »

      A-t-on le droit d’être en désaccord avec votre affirmation ?

      Le Dividende Universel.

      Le Parti Capitaliste Français ( PCF ) propose une synthèse socio-économique permettant d’instaurer une authentique compatibilité entre compétitivité et cohésion sociale ; entre compétitivité et solidarité.

      Ce projet de « Dividende Universel » se compose d’un Objectif Principal et de deux Objectifs Spécifiques qui découlent de l’objectif principal.

      Objectif Principal :
      Acquisition Citoyenne & Collective du Pouvoir Économique

      Objectifs Spécifiques :
      I)
      Transformer le « capitalisme ordinaire » en un authentique Capitalisme Écologique, Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable.
      II)
      Faire bénéficier chaque citoyen, même mineur, d’un Dividende Universel évolutif qui, de facto, éradiquera définitivement le concept même de chômage.


      • anty 19 décembre 2011 11:34

        L’effondrement du bloc communiste c’est une bouffée d’air pour tous ce qui ce sont battus pour la démocratie.
        La Russie n’est pas encore vraiment un pays démocratique mais çà n’a plus rien avoir avec le régime totalitaire communiste ...


        • Robert GIL ROBERT GIL 19 décembre 2011 11:38

          la blague en vogue a Moscou :
          « Maitenant, ça va plus mal qu’avant, mais l’avantage, c’est que l’on peut le dire ! »


        • jaja jaja 19 décembre 2011 12:05

          Article intéressant...

          Certains théoriciens comme Makhaiski avaient prévu que le socialisme mènerait au « capitalisme d’État » ce que nous appelons aujourd’hui le capitalisme d’État. Il en démonte les mécanismes dans son ouvrage « Le socialisme des intellectuels » et son chapitre « la révolution ouvrière ».. Vraiment à lire pour qui s’intéresse au pourquoi de l’échec des socialismes....

          http://kropot.free.fr/Makhaiski-revouv.htm

          Autre théoricien dénonçant le « capitalisme d’État » Anton Ciliga que j’ai eu l’honneur de rencontrer à Paris dans les années 1970... Voici ce que j’écrivais sur un vieux blog abandonné depuis...

          "Ante Ciliga est né en Croatie en 1898. Membre du parti communiste en 1920, il découvre la prison et participe à la lutte armée contre les Chemises noires.

          En 1926 il est envoyé en Union soviétique. Il y arrive en militant convaincu. Mais très vite la misère noire et les inégalités criantes que subissent les Russes le font douter. Il rejoint alors dès 1927 l’opposition trotskiste. Puis il se brouille avec cette dernière et arrive à la conclusion qu’il n’y a pas de socialisme en URSS, qu’il y règne un système politique qu’il appelle le capitalisme d’État.

          « Staliniens et trotskystes (identifient) le capitalisme d’Etat au socialisme et la bureaucratie au prolétariat. Trotsky, aussi bien que Staline, faisait passer l’Etat pour le prolétariat, la dictature de la bureaucratie sur le prolétariat pour la dictature du prolétariat, la victoire du capitalisme d’Etat sur le capitalisme privé et sur le socialisme pour une victoire de ce dernier. » écrit-il alors.

           Arrêté le 21 mai 1930, il est placé en « isolateur politique », puis déporté en Sibérie en 1933. Il parviendra à se faire expulser d’URSS en décembre 1935, évitant ainsi les grandes purges dont il ne serait sans doute pas sorti vivant.

          Il écrira alors son ouvrage, Dix ans au pays du mensonge déconcertant puis analysera l’insurrection de Cronstadt de 1921. Il affirme alors : « Toute révolution nouvelle commence non sur la base où débuta la précédente, mais en partant du point où la révolution antérieure a subi un enrayement mortel. »

          On peut être certain que ce point d’enrayement mortel, en ce qui concerne la révolution russe, est atteint lors des grèves de Pétrograd puis de l’insurrection de Cronstadt, lors de l’ultime tentative des masses pour rétablir le pouvoir des « Soviets », ces Conseils ouvriers, nés spontanément en 1905, puis à nouveau en 1917, comme ils existèrent un demi-siècle plus tôt lors de la Commune de Paris.

          Ciliga n’a pas découvert que la Nomenklatura était une nouvelle classe exploiteuse, ni que le socialisme marxiste menait au capitalisme d’État. Makhaiski, par exemple, dont je parlerais dans un prochain article, l’a écrit bien avant lui. Il ne semble pas que Ciliga ait eu connaissance de ses écrits, mais les mérites de son témoignage sont parsemés d’analyses d’une grande richesse.

          Ciliga fut à nouveau déporté pendant la deuxième guerre mondiale par les alliés Croates d’Hitler avant d’être contraint à l’exil sous Tito. Il vécut alors entre Paris et Rome avant de rentrer chez lui en Croatie...

          Ante Ciliga meurt le 21 octobre 1992 à Zagreb, ce qui ne fit que quelques lignes dans le journal Le Monde...« 

          De tout ceci on peut conclure que la Démocratie directe est la perle des Révolutions à venir. Dès qu’elle meurt la Révolution aussi.... Et d’autre part la phase transitoire de soi-disant »inégalité inévitable" sous le socialisme ne sera dépassée que si les révolutionnaires se débarrassent de cette théorie fausse en instaurant d’emblée l’égalité sociale entre tous dès la prise du pouvoir....



          • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 décembre 2011 14:58

            Qu’ils sont toujours attendrissants ces cocos pur jus, d’hier et d’aujourd’hui, qui savent critiquer les abominations des régimes du « socialisme réel » mais demeurent attachés aux vieilles lunes que constituent les idées anachroniques et criminelles (éradication de la bourgeoisie par le prolétariat) de Karl Marx formulées il y a plus de 160 ans ! ! ...


          • Connolly 19 décembre 2011 17:58

            Merci Jaja pour ces précisions fort intéressantes.

            Connaissez-vous l’économie distributive ? Si tel n’est pas le cas, voici un lien qui vous renseignera sur les idées forces de cette théorie, au demeurant très peu connue. N’hésitez pas, par la suite, à émettre votre point de vue sur celle-ci.
            Bien à vous

          • foufouille foufouille 19 décembre 2011 19:15

            "Qu’ils sont toujours attendrissants ces cocos pur jus, d’hier et d’aujourd’hui, qui savent critiquer les abominations des régimes du « socialisme réel » mais demeurent attachés aux vieilles lunes que constituent les idées anachroniques et criminelles (éradication de la bourgeoisie par le prolétariat) de Karl Marx formulées il y a plus de 160 ans"
            comme pour les capitalistes qui ont declenches des guerres et empoisonnes des gens ?


            • BA 20 décembre 2011 00:29

              Lundi 19 décembre 2011 :

               

              La BCE pointe des risques accrus pour la stabilité financière.

               

              La Banque centrale européenne (BCE) a averti lundi que les risques pesant sur la stabilité financière de la zone euro avaient considérablement augmenté au second semestre, alimentés principalement par les craintes de contagion de la crise de la dette et par des tensions sur le marché interbancaire.

               

              Dans son rapport bi-annuel sur la stabilité financière, la BCE estime que dans le pire des cas, le monde pourrait retomber en récession, affaiblissant davantage des banques déjà fragiles.

               

              "La crise du risque souverain et son interaction avec le secteur bancaire a empiré, dans le contexte de perspectives de croissance macroéconomiques affaiblies", lit-on dans ce rapport.

               

              "Au final, la transmission des tensions entre souverains, entre les banques, et entre ces deux derniers s’est intensifiée pour prendre les proportions d’une crise systémique sans précédent depuis la faillite de Lehman Brothers il y a trois ans."

               

              http://www.lesechos.fr/investisseurs/actualites-boursieres/reuters_00410079-la-bce-pointe-des-risques-accrus-pour-la-stabilite-financiere-265259.php


              • eric 20 décembre 2011 18:30

                Ce serait un peu trop long a vous expliquer, mais, « en fait » après 35 ans d’expérience de ces régions, je peux vous confirmer qu’elles ont très exactement connu un « socialisme réel » a tous les sens que l’on peut prêter a ce mot. Les autres expériences que vous mentionnez ne sont pas des expériences mais des crises, et c’est sans doute la raison essentielle pour laquelle elles trouvent encore des defenseurs. Elles n’ont pas eu le temps de deboucher sur les catastrophe auxquelles ont mene tous les socialismes durables, micro ou macro. Les experiences locales collectives ne sont en rien des experiences socialistes par nature, meme si dans certains cas, elles se sont affublées de ce nom. Il y a la tout au plus une réactualisation sous couleurs idéologique de forme de coopération collective solidaire issues essentiellement du christianisme et ce, des le moyen age. La principale difference etant que celle ci sont« durable’ ( voir par exemple les fameuses veuves ecossaises tant decriees). Les fourrieriste ? Il reste un club de residence secondaire dans la foret de ramboullet.

                Le point commun a toutes ces expériences, c’est que toujours et partout, elles sont menées par les mêmes catégories sociales. Des membres de la classe moyenne lettrée, insatisfaits de la société parce qu’insatisfait de leur statut social.
                Elles commencent toutes par le présupposé qui est le votre, »la destruction du monde ancien est un prealable a la création d’un avenir radieux« .

                C’est d’ailleurs lui qui est a l’origine de l’échec annonce de toutes ces doctrines, memes reformulées sous un verni altereclobiodurable. Une société est un organisme vivant qui s’auto engendre, evolue en fonction de ses racines, de son environnement et de ses contradictons. Vos »pensees"evoluent entre des projets de societe cristal et fumée, c’est pourquoi se sont des pensée de mort faute d’être définitivement des pensées mortes, malgré un siècle d’expériences malheureuses.
                La bonne nouvelle, c’est que la vie finit toujours par l’emporter....


                • Connolly 21 décembre 2011 12:45

                  @Eric


                  Merci pour votre message

                  « Ce serait un peu trop long a vous expliquer, mais, »en fait« après 35 ans d’expérience de ces régions, je peux vous confirmer qu’elles ont très exactement connu un »socialisme réel« a tous les sens que l’on peut prêter a ce mot. »

                  Je veux bien vous croire, cher ami, mais pour cela il vous faudra faire une démonstration un tant soit peu plus étayée que votre « ce serait un peu trop a vous explique ». Mon article avait pour dessein entre autres de démontrer que les applications concrètes de ce que l’on appelait « socialisme réel » relevait plus du « capitalisme d’Etat » que d’une forme de socialisme stricto sensu. Maintenant libre à vous de ne pas souscrire à mes conclusions et de me proposer une contre-démonstration reposant cette fois sur des arguments concrets, moins evasifs et conjecturaux.


                  • Connolly 21 décembre 2011 12:57

                    @Eric (suite)


                    « Les autres expériences que vous mentionnez ne sont pas des expériences mais des crises »

                    La question ici n’est pas de savoir s’il s’agissait d’« expériences » ou de « crises » (peu importe après tout) mais de définir la nature des principes et des règles sur lesquels reposaient ces organisations sociales.

                    « Elles n’ont pas eu le temps de deboucher sur les catastrophe auxquelles ont mene tous les socialismes durables, micro ou macro. »

                    Là encore, je vous trouve un léger. Votre assertion manque d’autant plus de rigueur et de sérieux qu’elle relève de la conjecture pure et simple, voire du genre littéraire répondant au nom d’« uchronie », et donc d’une conception complètement irrationnelle de l’histoire, puisque vous fondez votre raisonnement à partir d’évènements qui n’ont pas eu lieu. En clair, vous confondez la « réalité » (reposant sur des faits avérés historiquement) avec votre « intime conviction » (reposant sur des faits non-avérés historiquement).
                    Par ailleurs, mon article avait aussi pour but de démontrer que vos « macro-socialismes durables » n’avait de socialiste que le nom. Eh oui, cher ami, les mots ont un sens, sens que les marxistes-léninistes de l’est n’ont cessé de détourner à des fins bassement propagandistes. Du reste, rien dans votre ne vient vraiment contredire mes assertions sur la question.
                    Enfin, quels sont ces micro-socialismes (à l’aulne des expériences évoquées dans l’article) durables qui ont soi-disant débouché sur des catastrophes ?

                    • Connolly 21 décembre 2011 13:13

                      @Eric (suite)


                       « Les experiences locales collectives ne sont en rien des experiences socialistes par nature, meme si dans certains cas, elles se sont affublées de ce nom. Il y a la tout au plus une réactualisation sous couleurs idéologique de forme de coopération collective solidaire issues essentiellement du christianisme et ce, des le moyen age ». 

                      Mais c’est de ces expériences qu’est née la notion de « socialisme » dans la première moitié du 19e siècle. Contrairement au concept de « communisme », celui de « socialisme » est relativement récent et n’est nullement la création de Marx, mais celle (les sources varient à ce sujet) soit de Pierre Le Roux, soit de Saint-Simon, ou encore de Robert Owen - lesquels comptent parmi les théoriciens plus connus comme les pré-socialistes ou les premiers socialistes, ou encore les socialistes « utopiques » (dixit Marx). Autrement dit, le terme de « socialisme » n’est que l’appellation moderne et théorisée de ces « réactualisations » d’inspiration chrétienne, pour certaines, auxquelles vous faites référence. Rien d’étonnant du coup à ce que nombre de promoteurs de l’économie social et solidaire, sous sa forme embryonnaire, se réclamèrent du socialisme chrétien« . Par la suite, tout au long des 19e et 20e s, le socialisme allait connaître diverses déclinaisons (scientifique, libertaire, distributiste...), néanmoins fondées sur un socle de valeurs communes. Ce qui fait de lui, au fond, un terme générique dont les fondements et les valeurs s’opposent à ceux inhérents au capitalisme, sous toutes ses formes.

                      Tout cela pour dire que compte tenu du fait que ces expériences reposaient sur des principes et des règles organisationnelles issus du socialisme, celles-ci étaient donc »socialistes par nature", ne vous en déplaise.


                      • Connolly 21 décembre 2011 13:53

                        @Eric (suite)


                        « Les fourrieriste ? Il reste un club de residence secondaire dans la foret de ramboullet. »

                        Là vous auriez pu aller encore plus loin et dire que la plupart des expériences entreprise par ces premiers socialistes ont bel et bien échoué, à commencer par celles de Fourier (mais aussi celles de Proudhon, Owen, Cabet...). Sauf que, tirant les leçons de l’expérience justement, certains de leurs épigones se sont inspirés avec succès de leurs théories, contribuant par là-même au développement de l’économie sociale et solidaire. Prenons en guise d’exemple le familistère du fouriériste JB Godin, dont l’entreprise allait fonctionner sous sa forme coopérative pendant près de 100 ans.

                        « Le point commun a toutes ces expériences, c’est que toujours et partout, elles sont menées par les mêmes catégories sociales. Des membres de la classe moyenne lettrée, insatisfaits de la société parce qu’insatisfait de leur statut social. »

                        Beaucoup certes, mais pas toute. A titre d’exemple parmi bien d’autres : les « Equitables pionniers », société coopérative créée en 1844 par 28 tisserands de Rochdale (GB).

                        Par ailleurs, peu importe que certaines de ces expériences furent menées par des « membres de la classe moyenne lettrée, insatisfaits de la société parce qu’insatisfait de leur statut social ». Franchement, je ne vois pas où est le problème. Vous semblez raisonner à travers le prisme de vos préjugés anti-« bobos ».

                        « Elles commencent toutes par le présupposé qui est le votre, »la destruction du monde ancien est un prealable a la création d’un avenir radieux« . »

                        Sauf qu’il ne s’agit pas de détruire mais de dépasser ou de sortir graduellement (et non du jour au lendemain) de la logique (ou des logiques) qui sous-tend le système actuel, système responsable à mes yeux de tous les maux présents et passés du fait de l’exacerbation des « défauts » humains (égoïsme, cupidité, mégalomanie, jalousie, violence...) qu’il engendre. Il ne s’agit pas non plus de créer un paradis terrestre, un monde parfait, ou encore « le meilleur des mondes » mais de déboucher in fine sur un monde meilleur (ce qui n’est pas tout à fait la même chose !), c’est-à-dire plus équilibré à tout point de vue, ce dont est incapable de générer le capitalisme, sous toutes ses formes.

                        « Une société est un organisme vivant qui s’auto engendre, evolue en fonction de ses racines, de son environnement et de ses contradictons.  »

                        Je suis on ne peut plus d’accord avec vous. Ou est le problème ?

                        « Vos »pensees« evoluent entre des projets de societe cristal et fumée, c’est pourquoi se sont des pensée de mort faute d’être définitivement des pensées mortes, malgré un siècle d’expériences malheureuses. 
                        La bonne nouvelle, c’est que la vie finit toujours par l’emporter....  »

                        Là, désolé cher ami, mais vous êtes dans la rhétorique à la sauce BHL.

                        Bref, parce qu’il manque de rigueur et de développement, votre message relève du sophisme par bien des aspects. A vous de rectifier le tir, si vous en avez le courage ou le temps...

                        Je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année.

                        • eric 21 décembre 2011 20:41

                          Merci, et a vous aussi, en cette veille de noël ou nous allons célébrer la naissance de notre seigneur Jésus Christ. C’est a dire le summum de la pensée moderne. L’origine du sens comprise comme indéterminée, extérieure et donc non contrôlable par des humains et en même temps incarnée dans un nouveau ne et donc proche de chacun, c’est a dire l’exact inverse des pensée du 19eme siècle genre socialisme. L’origine du sens est dans la théorie que ne peuvent comprendre et contrôler que ses adeptes.
                           La il est un peu tard a Moscou, je verrai demain pour le socialisme réel. Mais pour esquisser un élément de réponse, je dirai que vous n’êtes pas assez marxiste. Une même catégorie sociale, qui est d’ailleurs la seule qui ait jamais ressemble a une classe au sens de Marx, portant depuis 150 ans et plus un même diagnostic sur des sociétés qui on été révolutionnées en profondeur, préconisant le même but, avec les mêmes discours. Après, il y des nuances sur le cheminement réel ou envisage. Dans l’ensemble elles sont sans intérêt parce que la logique propre de l’analyse de l’existant et du souhaitable portent en elles les modalités et leurs dérives.
                          Que ce soit les soviets ou l’État pharaonique stalinien, les anarchistes espagnols, ou les ’autogestionnaires yougoslaves, elles se sont toutes heurtées au vivant, que vous nommez les « défauts humains ». elles ont toutes commencées ou finit par tenter d’apporter une solution finale a ces défauts pour construire un homme neuf. Et toujours par la force.

                          Mais le principal n’est même pas que ces pensées soient archaïques historiquement. Elles analysent de la même manière une période ou l’état devait prélever dans le 20% du PIB, la population était partout principalement rurale et les sociétés actuelle avec 56% du PIB dépensé par l’État et une population essentiellement vouée aux services. Dans les deux cas, vous utilisez les mêmes mots et les mêmes concepts. Ce n’est pas étonnant, chaque fois qu’un socialisme a été durable il a débouché sur des stagnations dans tous les domaines. C’est une pensée au fond extrêmement conservatrice parce qu’elle a peur du mouvement, de la vie.

                          Non, leur vrai problème et que la science a progresse. Avec l’auto organisation, les théories du chaos, de la complexité, la théorie des ensemble, on sait désormais que les phénomène du vivant ne peuvent se décrire intelligemment a partir de modèles fondes sur des fonctions continues dérivables comme le marxisme.

                          Pour faire plus simple, on pourrait dire en caricaturant, le socialisme est une pensée condamnée par la modernité parce qu’elle repose en gros sur la science des vases communiquant. On sait maintenant, que cela marche pour les robinets, pas pour les êtres humains. On en a la « preuve scientifique »

                          D’ailleurs pour répondre a une autre de vos remarques, « définir la nature des principes et des règles sur lesquels reposaient ces organisations sociales » le simple fait de parler d’organisation sociale pour des périodes de chaos social est en soi un oxymore. Mais leurs principes sont assez connus et si vous avez la curiosité de regarder le programme du NSDAP ils sont assez semblables, et sur le papier, comme beaucoup de principes abstrait, assez sympathiques. La principale différence est le racisme nationaliste, mais aussi que les nazis n’annonçaient pas les chambres a gaz dans le programme alors que Marx, suivant les proposition de son gendre, pensaient effectivement que le gaz était une solution humaine et moderne possible a la solution des deux problèmes qui le hantait,les hongrois et les juifs, pour lui radicalement incompatibles avec la construction du communisme.

                          Maintenant, ce n’est pas très rassurant. La science démontre aussi que la pensée raciste est une absurdité et que tous les êtres humains se valent, mais il reste des racistes. De même, elle nous explique pourquoi le socialisme est une pensée erronée et qui ne peut fonctionner, mais il reste aussi des socialistes. La lutte pour l’esprit est un éternel recommencement....


                          • Connolly 22 décembre 2011 13:15

                            @Eric


                            « Merci, et a vous aussi, en cette veille de noël ou nous allons célébrer la naissance de notre seigneur Jésus Christ ».  

                            Juste une précision : votre seigneur JC n’est pas le mien, ce qui ne m’empêche de respecter les adeptes de sa doctrine. 

                            « C’est a dire le summum de la pensée moderne. L’origine du sens comprise comme indéterminée, extérieure et donc non contrôlable par des humains et en même temps incarnée dans un nouveau ne et donc proche de chacun, c’est a dire l’exact inverse des pensée du 19eme siècle genre socialisme. L’origine du sens est dans la théorie que ne peuvent comprendre et contrôler que ses adeptes ». 

                            Pourtant, ne vous déplaise cher ami, il y eut au 19e siècle (et il en demeure toujours aujourd’hui) des militants se réclamant du « socialisme chrétien ». 

                            La définition que propose Wikipédia me paraît satisfaisante et correspond de façon synthétique à ce que j’ai pu lire à ce propos.

                            « Le socialisme chrétien tire sa source du message de Jésus Christ dans les évangiles, en particulier le sermon sur la montagne. Il se fonde sur l’idée d’égalité entre hommes (égalité des âmes), la fraternité entre hommes (tous frères car « fils de Dieu ») et la dignité humaine (les hommes sont faits « à l’image de Dieu »). Il prône en particulier un certain détachement personnel des richesses et plaisirs matériels (accusés de détourner l’homme du Bien) et l’aide aux plus pauvres et persécutés.

                            Le socialisme chrétien s’exprime principalement à travers deux courants :

                            • un courant réformiste qui compte sur la réforme de la société sous l’égide de l’État. Une fois levée (principalement au sein de la lutte commune contre le fascisme) une certaine défiance réciproque entre chrétiens et socialisme, ce courant s’est fondu dans la social-démocratie.
                            • un courant associationniste, hérité des socialismes utopiques, qui compte plus sur l’action de la société civile (associationssyndicats) voire la mise en place d’un système économique alternatif par l’initiative des citoyens (coopératives, expériences communautaires etautogestionsystèmes d’échanges locaux). »

                            Les socialistes chrétiens seraient-ils donc, à vos yeux, de « faux »-chétiens n’ayant pas saisi (contrairement à vous bien entendu) l’essence du message évangélique ?

                            La suite au prochain numéro...



                            • Connolly 22 décembre 2011 14:01

                              @Eric


                              « Merci, et a vous aussi, en cette veille de noël ou nous allons célébrer la naissance de notre seigneur Jésus Christ ».  

                              Juste une précision : votre seigneur n’est pas le mien, ce qui ne m’empêche pas de respecter ses adeptes. Je célèbre Noël non par conviction religieuse mais par respect de la tradition culturelle occidentale dans laquelle je m’inscris.

                              « C’est a dire le summum de la pensée moderne. L’origine du sens comprise comme indéterminée, extérieure et donc non contrôlable par des humains et en même temps incarnée dans un nouveau ne et donc proche de chacun, c’est a dire l’exact inverse des pensée du 19eme siècle genre socialisme. L’origine du sens est dans la théorie que ne peuvent comprendre et contrôler que ses adeptes. »

                              Pourtant, ne vous en déplaise cher ami, il y eut (et demeure encore de nos jours) au 19e s des militants de par le monde occidental se réclamant du « socialisme chrétien ». La définition qu’en donne Wikipédia me semble satisfaisante et correspond de façon synthétique à ce que j’ai pu lire sur la question :

                              « Le socialisme chrétien tire sa source du message de Jésus-Christ dans les Évangiles, en particulier le sermon sur la montagne. Il se fonde sur l’idée d’égalité entre hommes (égalité des âmes), la fraternité entre hommes (tous frères car »fils de Dieu« ) et la dignité humaine (les hommes sont faits »à l’image de Dieu« ). Il prône en particulier un certain détachement personnel des richesses et plaisirs matériels (accusés de détourner l’homme du Bien) et l’aide au plus pauvres et persécutés.
                              Le socialisme chrétien s’exprime principalement à travers deux courants :
                              - un courant réformiste qui compte sur la réforme de la société sous l’égide de l’Etat. Une fois levée (principalement au sein commune de la lutte contre le fascisme) une certaine défiance réciproque entre chrétiens et socialisme, ce courant s’est fondu dans la social-démocratie.
                              - un courant associationniste, hérités des socialismes utopiques, qui compte plus sur l’action de la société civile (associations, syndicats) voire la mise en place d’un système économique alternatif par l’initiative des citoyens (coopératives, expériences communautaires et autogestion, systèmes d’échanges locaux). »

                              Les socialistes chrétiens serait-ils donc, à vos yeux, de « faux »-chrétiens n’ayant pas saisi (contrairement à vous bien entendu) l’essence du message évangélique ?

                              La suite au prochain numéro...


                              • Connolly 22 décembre 2011 15:40
                                @Eric

                                « je dirai que vous n’êtes pas assez marxiste ».

                                C’est normal puisque je ne me considère pas comme marxiste stricto sensu. Cependant je saisis mal la motivation de cette remarque.

                                « Une même catégorie sociale, qui est d’ailleurs la seule qui ait jamais ressemble a une classe au sens de Marx, portant depuis 150 ans et plus un même diagnostic sur des sociétés qui on été révolutionnées en profondeur, préconisant le même but, avec les mêmes discours. Après, il y des nuances sur le cheminement réel ou envisage.  »

                                Les mêmes diagnostics sur la logique (ou les logiques) du système socio-économique répondant au nom de capitalisme qui, elle, n’a pas varié depuis 150 ans et génère (toujours depuis 150 ans) les mêmes travers, sous des aspects différents du fait d’évolutions (et non de révolutions : j’adore cette façon d’inverser la dialectique à votre profit, typique des conservateurs « modernes »), évolutions qui relève plus de la forme que du fond. L’orientation envisagée s’inspire bien entendu de ces évolutions ainsi que des leçons à tirer de l’histoire que cela implique.

                                « Dans l’ensemble elles sont sans intérêt parce que la logique propre de l’analyse de l’existant et du souhaitable portent en elles les modalités et leurs dérives. 
                                Que ce soit les soviets ou l’État pharaonique stalinien, les anarchistes espagnols, ou les ’autogestionnaires yougoslaves, elles se sont toutes heurtées au vivant, que vous nommez les »défauts humains« . elles ont toutes commencées ou finit par tenter d’apporter une solution finale a ces défauts pour construire un homme neuf. Et toujours par la force. » 

                                Sauf que les soviets (russes, hongrois, allemands...), la Commune de Paris, les anarchistes espagnols ... ont échoué du fait de facteurs non pas internes (comme pour le bloc soviétique pour l’essentiel) mais externes (répressions sanglantes de leurs opposants). La nuance est de taille cher ami.
                                Quant à « l’Etat pharaonique stalinien », son échec il le doit à ses fondements non pas socialistes mais plutôt capitalistes, lesquels (que ce soit sous la forme étatique, libérale ou mixte du capitalisme) exacerbent les « défauts » humains sus-mentionnés. 

                                Pour ce qui est de la notion d’« Homme nouveau », si certains courant socialistes l’ont adopté, ce n’est pas le cas de tous, loin s’en faut. Dans votre diatribe, vous semblez amalgamer tous les courants socialistes. Même si tous reposent sur un socle de valeurs communes (comme tout courant de pensée, temporel comme spirituel, christianisme inclus), des nuances de taille existent néanmoins. C’est un peu comme de dire que tous les musulmans sont islamistes ou que tous les chrétiens sont intégristes. Ne saviez-vous donc pas que nul courant de pensée, nulle idéologie ou doctrine, temporelle comme spirituelle, n’est à l’abri d’un détournement pervers du fait de ses éléments les plus dogmatiques, à commencer par le républicanisme, dont nous nous réclamons tous plus ou moins en France, aux applications sporadiquement liberticides, voire mortifères (terreur jacobines, crimes de masse du directoire, crimes à caractère colonial ou social..., perpétrés aux noms des idéaux républicains inspirés des Lumière) ? 

                                Ainsi en est-il du socialisme traversé par de multiples courants, eux-mêmes subdivisés (pour aller très vite) pour chacun en 3 principales tendances : les modérés, les radicaux (près aux compromis), les extrémistes (écartant tout compromis).

                                Pour revenir à la notion d’« Homme nouveau », elle fut adoptée par les courants les plus radicaux du socialisme (qui, je rappelle, est un terme générique), et notamment par les diverses obédiences issus du marxisme-léninisme - qui n’est qu’une lecture particulière du marxisme, lui-même étant une lecture particulière du socialisme. Ils l’ont adopté parce qu’ils partaient du postulat (inspiré de Rousseau) que l’Homme naissait naturellement « bon » et « généreux » mais était corrompu par un environnement qui le rendait « mauvais ». Or tous les socialistes n’adhèrent pas (ou n’ont pas adhéré) à ce postulat. Pour ma part (et pour bien d’autres), on naît ni bon ni mauvais, mais on le devient car ce sont les circonstances et l’environnement qui, en grande partie, fabriquent l’Homme. La nuance est fondamentale... la question étant : non pas comment faire pour éradiquer les « défauts » humains (ce qui aboutit à coup sûr à la mise en place d’une dictature, temporelle comme spirituelle), mais comment faire pour esquiver toute exacerbation des « défauts » sus-mentionnés ?

                                C’est pourquoi je n’aspire nullement (ainsi que le courant que je représente) à édifier la « Cité idéale », qui est au fond le propre de toutes volontés autoritaires ou totalitaires, quelle soit de gauche, de droite, communiste, nationaliste, libéral, conservatrice, chrétienne, musulmane...
                                Ce qui explique aussi que d’autres courants de pensée, non issus du socialisme, firent leurs la notion d’« Homme nouveau » : certes les fascistes et les nazis mais aussi les jacobins montagnards à travers leur « Culte de l’être suprême », voire certains catholiques à travers la revue « Homme nouveau » qui existe toujours en France. 
                                Et pourtant, pour revenir aux jacobins, les principes et valeurs qu’ils ont défendu dès la fin du 18s siècle, n’imprègnent-ils pas aujourd’hui en grande partie les fondations socio-politiques de la République française, sans pour autant faire de celle-ci (bien qu’elle soit loin d’être parfaite) un « vaste goulag » ?

                                La suite au prochain numéro...





                                • Connolly 22 décembre 2011 16:50

                                  @Eric


                                  « Mais le principal n’est même pas que ces pensées soient archaïques historiquement ». 

                                   Pourquoi employer le terme « archaïque » pour désigner ceux et celles qui aspirent à dépasser ou à sortir du capitalisme ? Emploi d’autant moins pertinent que, depuis l’avènement du système, il s’est toujours trouvé, parallèlement à ceux qui œuvraient pour son dépassement ou sa sortie, nombre d’individus désireux de l’accompagner ou de le conserver dans son essence originelle. Ce qui signifie qu’aujourd’hui, ces derniers sont donc aussi « archaïques » que les premiers, ou que les premiers sont tout aussi « modernes » que ces derniers.

                                  « Elles analysent de la même manière une période ou l’état devait prélever dans le 20% du PIB, la population était partout principalement rurale et les sociétés actuelle avec 56% du PIB dépensé par l’État et une population essentiellement vouée aux services. Dans les deux cas, vous utilisez les mêmes mots et les mêmes concepts.  »

                                  Quels mots ? Quels concepts ? 

                                  Ne saviez-vous pas que les piliers du capitalisme demeurent toujours les mêmes depuis que celui-ci a fini par ranger le féodalisme aux oubliettes de l’histoire ? Si tel n’avait pas été le cas, nous ne serions plus en régime capitaliste cher ami ? Encore une fois, les évolutions et autres changements qui se sont produits depuis 150 ans relèvent plus de la forme que du fond quant au fonctionnement du système contre lequel je m’oppose.

                                  Autrement dit, la « modernité » derrière laquelle vous ne cessez de vous cacher est un phénomène relevant plus de la forme que du fond.

                                  Par ailleurs, êtes-vous à ce point naïf pour penser que les tenants du système n’utilisent pas les mêmes mots et concepts depuis 150 ans, pour l’analyser ou pour chanter ses louanges ?


                                  « Ce n’est pas étonnant, chaque fois qu’un socialisme a été durable il a débouché sur des stagnations dans tous les domaines ». 

                                  Sauf que le « socialisme » soi-disant durable n’était en fait qu’un capitalisme d’Etat.


                                  « C’est une pensée au fond extrêmement conservatrice parce qu’elle a peur du mouvement, de la vie ». 

                                  J’adore cette façon (très à la mode) qu’ont les conservateurs en tout genre d’inverser la dialectique à leur profit : à eux le progrès, la modernité, la réforme, voire la révolution ; aux autres, le passéisme, l’archaïsme, le conservatisme, voire la réaction.

                                  Non cher ami, c’est une pensée progressiste qui n’a nullement peur de la vie ou du mouvement, ni de l’avenir qu’elle envisage avec optimisme. Contrairement aux conservateurs qui, eux, ont une vision pessimisme des hommes et de l’avenir. C’est pourquoi ils vivent au jour le jour, sans projection aucun sur le long terme. Du reste, vos envolées lyriques n’expriment pas autres choses...

                                  Si à l’origine le marxisme-léninisme était bel et bien une pensée progressiste et révolutionnaire dans ses intentions, dans ses applications, en revanche, elle s’avéra au bout du compte conservatrice (je vous le concède) ; et ce parce qu’elles avaient cessé d’être socialistes dans leurs essences, pour s’embourber dans un capitalisme d’Etat d’essence conservatrice.

                                  « Pour faire plus simple, on pourrait dire en caricaturant, le socialisme est une pensée condamnée par la modernité parce qu’elle repose en gros sur la science des vases communiquant. On sait maintenant, que cela marche pour les robinets, pas pour les êtres humains. On en a la »preuve scientifique«   » 

                                  Sauf que tous les socialismes ne se veulent pas (ou plus) scientifiques. Là encore, vous corroborer votre arguments via le « socialisme » du bloc soviétique, lequel n’était qu’une lecture fondamentaliste du socialisme qui dans son application ne dépassa jamais le cadre d’un capitalisme d’Etat. 

                                  « D’ailleurs pour répondre a une autre de vos remarques, »définir la nature des principes et des règles sur lesquels reposaient ces organisations sociales« le simple fait de parler d’organisation sociale pour des périodes de chaos social est en soi un oxymore ». 

                                  Un oxymore ? Là vous cherchez « midi à quatorze heure » ! Il s’agissait juste de désigner des groupes humains qui, en certaines circonstances (que vous appelez « chaos social ») se sont bel et bien organisés suivant des principes et des règles d’essence socialiste... Encore une fois, ne vous en déplaise, cher ami.

                                  La suite au prochain numéro...


                                  • Connolly 22 décembre 2011 17:52

                                    @Eric


                                    "Mais leurs principes sont assez connus et si vous avez la curiosité de regarder le programme du NSDAP ils sont assez semblables",

                                    Le poncif éculé visant à établir une corrélation doctrinale entre les « extrêmes » - en l’occurrence entre le socialisme et le nazisme - a été contredis à maintes reprises, et notamment par des historiens de renom. Voici ce que l’on peut lire sur Wikipédia à ce sujet (passage qui là encore reflète bien ce que j’ai pu lire sur la question) :

                                    "L’idée de mélanger nationalisme et socialisme ne se concrétise cependant pas en un programme d’action réellement défini, bien que Drexler prône une protection sociale pour les travailleurs, et la fin de l’exploitation capitaliste de ces derniers. Le DAP donne ensuite naissance au Parti national-socialiste des travailleurs allemands (Nationalsozialistische deutsche Arbeiterpartei, NSDAP) : pour le spécialiste de la période Ian Kershaw le national-socialisme (ou nazisme) fait partie des « mouvements extrémistes antisocialistes  », et le socialisme politique est critiqué par Hitler lui-même. Pour l’historien Aloïs Schumacher, si le programme de 1920 du parti nazi comporte certains points qui l’approchent des thèses socialistes, on ne peut faire du national-socialisme un courant socialiste, Hitler ayant pour sa part défini dès 1922 le « socialisme »comme un dévouement inconditionnel à l’État et à la Nation : « Celui qui est prêt à faire sienne la cause nationale, dans une mesure telle qu’il ne connaît pas d’idéal plus élevé que la prospérité de la nation ; celui qui a compris que notre grand hymne Deutschland über alles signifie que rien, rien dans le vaste monde ne surpasse à ses yeux cette Allemagne, sa terre et son peuple, son peuple et sa terre, celui-là est un socialiste ».

                                    Le nazisme est une idéologie dont la nature même fait l’objet de débats. Pour Ian Kershaw, en dehors du nationalisme et du racisme, le nazisme n’a pas de réelle cohérence politique, du fait notamment de la diversité de sa clientèle électorale et militante. Le national-socialisme n’envisage pas d’éliminer la propriété privée ni les différences de classe, mais de fournir une protection sociale et des salaires décents aux travailleurs. Dans le projet national-socialiste, les classes sociales continueraient d’exister, mais la lutte des classes serait éliminée au profit de l’union de la « communauté du peuple » (Volksgemeinschaft). L’aile gauche du NSDAP, menée notamment par les frères Gregor et Otto Strasser, accorde une place importante au socialisme et à l’anticapitalisme, au contraire d’Hitler qui se montre très hostile envers les influences « marxistes » et n’envisage aucun contrôle ouvrier sur les entreprises. Après la progressive élimination de celle-ci à partir de mi-1930, l’aile gauche du parti nazi disparait complètement, politiquement et physiquement, au cours de la nuit des Longs Couteaux en 1934.

                                    La chute de cette faction montre que le seul intérêt d’Hitler pour le socialisme était la manipulation de cet important courant : après 1934, les représentants gauchisant du parti ne joueront plus qu’un rôle de « leurre social » : si le socialisme et l’anticapitalisme continuent ensuite - en théorie - de faire partie de la propagande nazie, la plupart des objectifs sociaux proclamés ne sont pas concrétisés, les nazis ayant fait de multiples compromis sur ce point avant et après leur arrivée au pouvoir. L’égalité entre les hommes est à l’encontre des idées nazies, qui reposent au contraire sur une croyance en une inégalité fondamentale entre les hommes. Pour Ian Kershaw, la Volksgemeinschaft - basée sur la pureté raciale et le concept de lutte - ne repose sur aucun concept socialiste moderne, mais au contraire sur une forme primaire de darwinisme social et d’idées impérialistes héritées du xixe siècle. L’historien Hajo Holborn souligne qu’Hitler lui-même n’a jamais été socialiste, et que les termes « nationalisme » et « socialisme » ont été utilisés dans ses discours comme des synonymes et de manière interchangeable, leur sens variant d’ailleurs en fonction du public auquel il s’adressait.

                                    Le national-socialisme, en outre, n’entretient aucun rapport avec d’autres mouvements et courants « socialistes », qu’il s’agisse des sociaux-démocrates ou des communistes, sinon une hostilité radicale qui mènera à la violente répression de ces derniers après l’accession des nazis au pouvoir. Les divers courants socialistes — notamment en relation avec la Sopade, direction extérieure en rupture après que certains dirigeants du SPD eurent tenté la conciliation avec les nazis — ont été très actifs au sein de la résistance allemande au nazisme"

                                    Suite au prochain numéro...


                                    • Connolly 22 décembre 2011 18:00

                                      Pour ma part, je rajouterai ceci : 

                                      Traditionnellement, l’extrême droite (quel que soit le pays) a toujours subordonné les questions socio-économiques aux questions socio-ethniques (pour employer une expression générique)- et ce contrairement à la gauche anti-capitaliste. La question étant de savoir non pas quelle(s) classe(s) sociale(s) doit gouverner ou dominer, mais quelle nation, quelle ethnie, quelle race, etc. doit le faire en intégrant toutes les classes sociales - nous ne sommes plus dans une logique de lutte des classes (gauche radicale + extrême gauche) mais de "choc des civilisations" - pour reprendre le concept cher à Samuel Huntington. De sorte que la nature idéologique de leurs desseins économiques importe peu pourvu que l’économie serve les intérêts non plus des classes dites populaires mais de LA Nation, ou de L’Ethnie ou de LA Race. 


                                      "et sur le papier, comme beaucoup de principes abstrait, assez sympathiques".


                                      Je ne vois pas ce que le racisme, l’anti-sémitisme et le nationalisme exacerbé à la sauce nazi ont de sympathique.


                                      "principes abstraits"


                                      Comme ceux du christianisme également ? 


                                      "La principale différence est le racisme nationaliste, mais aussi que les nazis n’annonçaient pas les chambres a gaz dans le programme alors que Marx, suivant les proposition de son gendre, pensaient effectivement que le gaz était une solution humaine et moderne possible a la solution des deux problèmes qui le hantait,les hongrois et les juifs, pour lui radicalement incompatibles avec la construction du communisme. "


                                      Vous déraisonnez cher ami. La question juive n’a jamais hanté Marx ! Quant aux Hongrois, il faudra que vous m’expliquiez. Exactement de 1843 à 1845 (c’est-à-dire à une époque où il n’était pas encore « marxiste »), il a écrit quelques textes sur le sujet, dont le célèbre « A propos de la question juive », qui l’a fait passé pour antisémite, pour ne plus revenir dessus par la suite. L’antisémitisme supposé de Marx a là aussi été contredis à maintes reprises et notamment par Hannah Arendt :


                                      "Si le Juif Karl Marx pouvait s’exprimer de la même façon que ces extrémistes antijuifs, c’est que, réellement, cette sorte d’argumentation antijuive avait vraiment bien peu à voir avec un véritable antisémitisme. Marx, en tant que Juif, était aussi peu gêné par ces arguments contre « les Juifs » que, par exemple, Nietzsche par ses propres attaques contre l’Allemagne. Il est vrai que Marx ne traita plus jamais ensuite de la question juive et n’émit même plus d’opinion à ce sujet ; mais rien ne laisse supposer qu’il ait jamais changé fondamentalement sa conception initiale. Il se préoccupait exclusivement de la lutte des classes, phénomène intérieur à la société, et des problèmes de la production capitaliste à laquelle les Juifs ne prenaient aucune part, ni comme acheteurs ni comme vendeurs de force de travail." (Arendt, Sur l’antisémitisme, Points-Seuil p.71) 


                                      "De même, elle nous explique pourquoi le socialisme est une pensée erronée et qui ne peut fonctionner "

                                      Vous vous contredisez cher ami : vous utilisez, pour les discréditer, les mêmes procédés prétendument scientifiques (déterminisme) qu’utilisent, soi-disant, tous ceux que vous entendez combattre. Sont-ce vos croyances spirituelles qui vous poussent à adopter de la sorte la morale du curé du "faites ce que je dis pas ce que je fais" ? 

                                      Je crois qu’au fond, vous n’avez qu’une connaissance partielle, voire élémentaire du socialisme, lequel ne s’arrête pas aux seules théories et (encore moins) applications inspirées du marxisme-léninisme.


                                      • Connolly 22 décembre 2011 21:46
                                        @Eric

                                        « De même, elle nous explique pourquoi le socialisme est une pensée erronée et qui ne peut fonctionner, mais il reste aussi des socialistes ».

                                        Une dernière chose qui m’est venue à l’esprit à l’instant. Certains scientifiques ont également expliqué pourquoi le néo-libéralisme, le conservatisme, le fascisme.... étaient des pensées erronées qui ne peuvent fonctionner, et pourtant il reste des néo-libéraux, des conservateurs, des fascistes... 
                                        Tout cela pour dire que la science à laquelle vous faites référence ne peut être exacte dès lors qu’elle traite de l’humain. L’histoire, la sociologie, l’anthropologie, l’ethnologie, la philosophie, la politique, l’économie... n’appartiennent pas au même registre que les sciences dites exactes ou dures, tels les maths et la physique. Votre affirmation selon laquelle la pensée socialiste est erronée et ne peut fonctionner, est par conséquent discutable et ne peut être prise comme une vérité absolue, genre 1+1=2.

                                        • eric 23 décembre 2011 18:31

                                          Trop de choses pour répondre a tout. Mais une bonne nouvelle quand même !

                                          Une pensée qui repose sur le dénonciation d’un hypothétique « système capitaliste » est a l’évidence imbécile même des lors qu’elle renoncerait a ses prétentions« scientifiques ».

                                          Une fois que l’on a place indifféremment sous ce concept flou, les sociétés massivement rurales de la moitie du 19eme, Les sociétés industrielles et post industrielles, les socialismes totalitaires soviétiques ( capitalisme d’État ! il faut oser sur le plan conceptuel, et d’un point de vue socialiste, puisque cela signifie quand même que la forme de propriété du capital importe peu et en tout cas, dédouane largement les « vrais capitalistes » eux mêmes en tant qu’individus...), les féodalismes post socialistes Russes et Chinois, les démocraties libérales anglo saxonnes, les social démocraties nord européennes ( il faut aussi oser parce que cela signifie que la forme de pouvoir politique aussi importe peu), le tiers monde et l’occident développé on se trouve dans la situation ou hors peut être quelques tribus retirées, c’est du monde entier que l’on parle. C’est donc d’une pensée qui n’aime pas le monde. Vous me direz oui, mais le monde tel qu’il est.... peut être, mais compte tenu de sa diversité géographique et historique, c’est donc avant tout une pensée « irréaliste ».
                                          Mais aussi une pensée pour laquelle le « capital » en tant que tel, indépendamment ses formes de propriété ou du type de pouvoir politique qui le régisse, c’est a dire en définitive des objets, ont par eux même une force maléfique qui en fait l’équivalent du deux ex machina des religions païennes. Comme dans celles ci, une « force »omniprésente, toute puissante, invincible, égoïste, capricieuse, incompréhensible, dépassant les hommes parvient encore et toujours a les dominer quels que soient leurs efforts individuels ou collectifs. La principale différence étant que les païens avaient un certain respect pour ces forces et tentaient de se les concilier, ce qui parait globalement raisonnable...
                                          Rien que cela suffirait a définir les socialisme comme des régressions religieuses primitives, mais moins raisonnables que celles qui les ont précédées.
                                          Cela ne s’arrête pas la..... Alors que vous le présentez comme un truc dominant depuis au moins 150 ans Les caractéristiques que vous prêtez au « capitalisme » sont incompatibles avec son existence comme système stable.... ! Vous nous présenter un système qui « exacerberait les défauts humains » concurrence, égoïsme, exploitations, soif inextinguible de pouvoir d’argent et de profit etc... Les « grands dirigeants capitalistes » seraient donc plus que tous les autres marques par ces tares, et tout d’un coup, ils oublieraient tous cela pour coopérer afin de se partager le pouvoir en frères...En général, les théoriciens de ces pensées faibles et irréalistes s’en tirent en disant que nous vivons de fait dans des sortes de guerres civiles permanentes, et parviennent même a identifier les « millions de mort victimes de »l’hyper libéralisme ultra-mondialise« . Cela en dit long sur leur culture historique....

                                          Et on ne s’arrête pas la... Sur 150 ans, il n’est pas une expérience de gauche, longue ou courte, plus ou moins socialiste, qui soit considérée comme un succès durable par ces mêmes socialistes hors quelques mois de guerre civile ou une coopérative peut être ouvrière en 1834 (?) a Manchester.....
                                          Or, les bolcheviques étaient des gens comme vous, (petite classe moyenne lettrée très idéologisée et très irréalistes) ils partaient des mêmes analyses de la société, ils avaient les mêmes buts et ils ont eu 70 ans en main, les rennes d’un pays richissime et regorgeant de ressources naturelles avec un peuple de grande qualité. et 40 ans de paix intérieure et extérieure pour mettre en œuvre tous ce qu’ils auraient pu souhaiter. Évoquer le stalinisme est un truc des socialistes pour éviter d’avoir a penser ce qui est le pus grave, le plus important et le plus caractéristique, qui est la stagnation Brenevienne.

                                          Bref, »votre royaume n’est pas de ce monde« .

                                          Grâce au recul dont nous disposons ont peut désormais évaluer ce qu’est le socialisme. C’est une régression de type religieuse pour des catégories sociales angoissées par le monde moderne, des gens en transition sociale et qui le supportent mal. De ce point de vue, et parce que les sociétés libérales sont par nature évolutives, il est juste de dire qu’ils sont effectivement victime du libéralisme. Il l’expriment d’ailleurs de façon assez attendrissante. Ainsi a un quelconque porto allègre, les alter ont affirme conjointement, avec cet absence de cohérence intellectuelle qui les caractérise et les révèle, »qu’une autre vie était possible, mais que malheureusement, elle ne l’était pas parce que le « système capitaliste » s’y opposait victorieusement« .....Soit dit en passant, cela est bien la preuve que ce qui les intéresse vraiment est que les autres, vivent autrement, comme eux le voudrait : le pouvoir ! Parce que des milliers de moines et religieuses dans le monde par exemple, prouvent que l’on peut faire délibérément le choix de vivre autrement en dehors du systeme, sans que qui que ce soit s’y oppose...

                                          A tous égards, l’adhésion a des idées »socialiste« s’analyse comme une réaction a des situations d’anomie et donc comme une réponse a une pathologie sociale. Mais cela, on le sait depuis longtemps. Des petits bourgeois qui se prennent pour une avant garde »ouvrière« dans des sociétés qui ni au 19eme ni au vingtième ni encore moins au 21 eme siècle n’ont jamais été majoritairement ouvrières, ou qui quelle que soit leurs difficultés a définir le »peuple" aboutissent touours a des définitions qui les placent en dehors, ont nécessairement un problème d’identité.

                                          Ma conviction personnelle est que ces difficultés sont en définitive spirituelles plus encore que matérielles, politiques ou idéologiques.

                                          C’est pourquoi je pense que le devoir de tout chrétien de bonne volonté est d’aller a la rencontre de ces enfants perdus pour leur annoncer la bonne nouvelle qui se trouve particulièrement d’actualité.

                                          Calmez vous les gars, Un sauveur vous est ne ! Alléluia !

                                          http://www.youtube.com/watch?v=YiQQ8V6RKyM

                                          Et joyeux noël !


                                          • Connolly 27 décembre 2011 23:29
                                            @Eric
                                            « même des lors qu’elle renoncerait a ses prétentions« scientifiques » »

                                            Sauf que la « science » à laquelle il est fait référence avait valeur de « vérité révélée », notamment chez les marxistes les + orthodoxes, léninistes comme sociaux-démocrates (au sens originel). Autrement dit, ces derniers avaient fait du marxisme une science « exacte ».

                                            Aujourd’hui (c’est-à-dire depuis la chute de l’URSS), ce sont plutôt les néo-libéraux qui se font les chantres du caractère scientifiquement exacte de leurs théories. Avec pour symbolique le fameux « there is no alternative » de M. Thatcher. Cette tendance vantant l’exactitude scientifique du libéralisme économique a été développée dans maints ouvrages dont celui, assez récent, de Guy Sorman, L’économie ne ment pas (Fayart, 2008). D’aucuns sont même allé jusqu’à parler de « fin de l’histoire » (Francis Fukuyama) !

                                            Or la question ici n’est pas de renoncer à des prétentions scientifiques, mais de faire remarquer qu’aucune démonstration scientifique (dans sa méthodologie et ses conclusions) n’a valeur de vérité absolue dès lors qu’elle traite de l’humain. Du reste, un passage au début de mon article abonde clairement dans ce sens : « Parmi les divers pourfendeurs de l’URSS et de ses pays satellites, d’aucuns les désignèrent idéologiquement (et les désignent toujours) par le qualificatif, au mieux discutable, au pire saugrenu, de … « capitalisme d’État ». Discutable, il l’est assurément. Saugrenu ? Rien n’est moins sûr, à dire vrai [...]. »

                                            En d’autres termes, « ma » vérité n’est pas « la » vérité.



                                            • Connolly 27 décembre 2011 23:31
                                              @Eric« Une fois que l’on a place indifféremment sous ce concept flou, les sociétés massivement rurales de la moitie du 19eme, Les sociétés industrielles et post industrielles, les socialismes totalitaires soviétiques ( capitalisme d’État ! il faut oser sur le plan conceptuel, et d’un point de vue socialiste, puisque cela signifie quand même que la forme de propriété du capital importe peu et en tout cas, dédouane largement les " vrais capitalistes" eux mêmes en tant qu’individus...), les féodalismes post socialistes Russes et Chinois, les démocraties libérales anglo saxonnes, les social démocraties nord européennes ( il faut aussi oser parce que cela signifie que la forme de pouvoir politique aussi importe peu), le tiers monde et l’occident développé on se trouve dans la situation ou hors peut être quelques tribus retirées, c’est du monde entier que l’on parle. C’est donc d’une pensée qui n’aime pas le monde. Vous me direz oui, mais le monde tel qu’il est.... peut être, mais compte tenu de sa diversité géographique et historique, c’est donc avant tout une pensée « irréaliste ». »

                                              Le capitalisme n’est pas un concept flou mais repose sur un certain nombre de piliers dont les principaux sont évoqués dans mon article : « l’accumulation du capital, la compétition (en l’occurrence avec le capitalisme occidental), le productivisme (en l’occurrence le stakhanovisme), le salariat, la production pour l’échange (et non pour la consommation directe) ; auxquels s’ajoutent, du moins dans le cadre restreint du modèle libéral du capitalisme, la propriété privée, l’intérêt personnel et le marché libre ». Ces principaux traits caractéristiques se sont tous déclinées à divers degrés et sous des formes variables selon les époques, les pays, les continents, les cultures etc. En clair, ils constituent un socle de caractéristiques communes à toutes les économies du monde, et ce quel que soit la forme du pouvoir politique – bien que de celle-ci dépend bien entendu (je ne l’ai jamais nié) le degré de nocivité du système économique, et ce par voie de compensations(ou pas) politiques (liberté d’expression, d’association, démocratie...) et sociales (sécurité sociale, allocations chômage, congés payés, retraites...), arrachées de hautes luttes bien souvent (ironie de l’histoire) par les détracteurs du système.

                                              Eh oui cher ami, « hors peut-être quelques tribus retirées  », l’économie mondiale est aujourd’hui à dominante capitaliste ! Et cela c’est produit graduellement dès le milieu du 18e siècle avec la première révolution industrielle. Vous semblez d’un coup « découvrir la lune ». Et c’est moi qui serais irréaliste ?


                                              Par ailleurs, ce que vous appelez, « Le monde », ne saurait se réduire à un système économique (comme vous semblez le faire). Il est avant tout constitué d’êtres humains, d’une flore et d’une faune. Et c’est parce que ma pensée aime les humains (leur cultures, civilisations, coutumes...diverses et variées), la flore et la faune qu’elle s’oppose au capitalisme (incarné par une infime minorité) qui, lui, subordonne l’humain, la flore et la faune à ses intérêts et, partant, « n’aime pas le monde » parce qu’il n’éprouve que peu de respect à son endroit.


                                              En revanche, je ne lutte nullement contre la démocratie politique et sociale – laquelle, je le rappelle, rend le système économique plus « vivable ». Au contraire, j’aurais même tendance à lutter pour son maintien et sa survie (malgré ses multiples imperfections) face aux assauts du capitalisme néo-libéral qui ne recule devant rien pour asseoir son hégémonie et son omnipotence.


                                              • Connolly 27 décembre 2011 23:38

                                                @Eric


                                                « Capitalisme d’État ! »

                                                Pour revenir au capitalisme d’Etat, rappelez-vous de ce passage de mon article : « En effet, que s’est-il produit au 20e siècle dans les pays dits « socialistes », si ce n’est la volonté d’appliquer scrupuleusement une doctrine léniniste respectueuse de la théorie marxiste de l’histoire selon laquelle il ne saurait y avoir de socialisme sans capitalisme (encore que Marx ait apporté des variantes à cette théorie) ? Or comme les révolutions d’inspiration léniniste eurent lieu dans des pays à dominante agricole et rurale, où le capitalisme privé n’en était qu’au stade embryonnaire, celles-ci s’employèrent à développer les structures d’un capitalisme non pas privé car « bourgeois », mais étatique et donc supposé « ouvrier » ou « populaire » car géré par une bureaucratie, représentante autoproclamée des intérêts du peuple et des travailleurs. Et ce afin d’aboutir au socialisme, qu’il restait néanmoins à définir concrètement. Du reste, Lénine ne disait pas autre chose à propos de la Russie, notamment dans son article intitulé « Sur l’infantilisme "de gauche" et les idées petites-bourgeoises » ‒ publié dans la Pravda le 5 mai 1918 ‒, soulignant le caractère inéluctable du capitalisme d’État comme condition indispensable à l’avènement du socialisme. »

                                                Suite au prochain numéro...


                                                • Connolly 27 décembre 2011 23:43

                                                  @Eric




                                                  • Connolly 27 décembre 2011 23:45

                                                    @Eric


                                                    Voici justement quelques extraits de l’article en question : " Si nous payons un tribut plus élevé au capitalisme d’État, cela ne nous nuira en rien, mais servira au contraire à nous conduire au socialisme par le chemin le plus sûr. [...] Quand la classe ouvrière aura appris [...] à organiser la grande production à l’échelle de l’État, sur les bases du capitalisme d’État, elle aura alors, passez moi l’expression, tous les atouts en mains et la consolidation du socialisme sera assurée. [...] Le capitalisme d’État est, au point de vue économique, infiniment supérieur à notre économie actuelle. [...] Le socialisme est impossible sans la technique du grand capitalisme, conçue d’après le dernier mot de la science la plus moderne, sans une organisation d’État méthodique qui ordonne des dizaines de millions d’hommes à l’observation la plus rigoureuse d’une norme unique dans la production et la répartition des produits. Nous, les marxistes, nous l’avons toujours affirmé ; quant aux gens qui ont été incapables de comprendre au moins cela (les anarchistes et une bonne moitié des socialistes révolutionnaires de gauche), il est inutile de perdre même deux secondes à discuter avec eux."

                                                    Suite de l’article de Lénine au prochain numéro...


                                                    • Connolly 27 décembre 2011 23:48

                                                      @Eric

                                                      "[...] notre devoir est de nous mettre à l’école du capitalisme d’État des Allemands, de nous appliquer de tous nos forces à l’assimiler, de ne pas ménager les procédés dictatoriaux pour l’implanter en Russie [...] le raisonnement des «  communistes de gauche  » au sujet de la menace que ferait peser sur nous le «  capitalisme d’État  » n’est qu’une erreur économique [...] le pouvoir soviétique confie la «  direction  » aux capitalistes non pas en tant que capitalistes, mais en tant que spécialistes techniciens ou organisateurs, moyennant des salaires élevés. [...] il est plutôt étrange d’entendre de pareils propos de la part d’un marxiste qui devrait savoir qu’il est impossible de réaliser le socialisme sans utiliser les conquêtes de la technique et de la culture obtenues par le grand capitalisme. Il ne reste plus là le moindre soupçon de marxisme."


                                                      La collectivisation et la planification lancée dès la fin des années 1920 n’y changeront rien : le ver était déjà dans le fruit et la logique demeurera la même jusqu’au bout, « le pouvoir soviétique confi(ra) la « direction » aux capitalistes non pas en tant que capitalistes, mais en tant que spécialistes techniciens ou organisateurs, moyennant des salaires élevés » ; ces « capitalistes » alliés à une intelligentsia, déjà dorlotée par l’ « ancien régime », formeront ainsi une nouvelle bourgeoisie bureaucratique, jalouse de ces prérogatives. Où l’on vit rapidement, « l’accumulation de capital d’un côté et de pauvreté de l’autre », comme l’a bien démontré Tony Cliff dans son ouvrage intitulé, le Capitalisme d’Etat en URSS, de Staline à Gorbatchev (EDI, 1990)


                                                      • Connolly 27 décembre 2011 23:48

                                                        @Eric


                                                        Par ailleurs c’est pour le socialisme et contre la dictature des bolcheviks et leur capitalisme d’Etat que la révolte de Kronstadt a eu lieu en 1921, ainsi qu’en témoignent les passages suivants, extraits de l’article « Soviet de Kronstadt : pourquoi nous combattons » : «  Il est clair que le parti communiste russe n’est pas le défenseur des travailleurs qu’il prétend être. Les intérêts des travailleurs lui sont étrangers. S’étant emparé du pouvoir, il n’a plus qu’une seule crainte : le perdre et c’est pourquoi il croit que tous les moyens lui sont bons : calomnie, violence, fourberie, assassinat, vengeance sur la famille des rebelles. […] Ici, à Cronstadt, nous avons posé la première pierre de la troisième révolution qui fera sauter les dernières entraves des masses laborieuses et ouvrira toute grande la voie nouvelle de la créativité socialiste. […]Sans coup férir, sans qu’une goutte de sang ait été versée, le premier pas a été franchi. Les travailleurs ne veulent pas de sang. Ils ne le verseront que réduits à l’autodéfense. […]Les ouvriers et les paysans ne cessent d’aller de l’avant, laissant derrière eux l’Assemblée constituante et son régime bourgeois, la dictature communiste, sa Tchéka et son capitalisme d’État ».


                                                        • Connolly 27 décembre 2011 23:49

                                                          @Eric


                                                          « puisque cela signifie quand même que la forme de propriété du capital importe peu et en tout cas, dédouane largement les « vrais capitalistes » eux mêmes en tant qu’individus... ».


                                                          Il n’y a pas de vrai ou de faux capitalistes, cher ami. Il y a des capitalistes, lesquels se déclinent de diverses façons. Pour schématiser : privée (un ou plusieurs individus) ou publique (l’Etat supposé représenter les intérêts de la nation). A titre d’exemple : la nationalisation de l’entreprise Renault en 1945, n’a pas fait de celle-ci une structure relevant du micro-socialisme. L’Etat propriétaire (se substituant à des individus) n’a pas pour autant rompu avec la logique du capitalisme évoquée ci-dessus. Ce qui signifie aussi qu’un processus de « collectivisation » ou de « nationalisation » n’obéit pas automatiquement à une logique d’essence socialiste.

                                                          Idem pour ce qui du principe de « planification » : la France a connu 10 plans, géré par le Commissariat général du Plan, de 1946 à 1992, tout en demeurant une économie capitaliste, certes mixte (mi-privée ou libérale, mi-publique ou étatique) mais capitaliste tout de même !


                                                          • Connolly 27 décembre 2011 23:50

                                                            @Eric


                                                            « Mais aussi une pensée pour laquelle le « capital » en tant que tel, indépendamment ses formes de propriété ou du type de pouvoir politique qui le régisse, c’est a dire en définitive des objets, ont par eux même une force maléfique qui en fait l’équivalent du deux ex machina des religions païennes. Comme dans celles ci, une « force »omniprésente, toute puissante, invincible, égoïste, capricieuse, incompréhensible, dépassant les hommes parvient encore et toujours a les dominer quels que soient leurs efforts individuels ou collectifs. La principale différence étant que les païens avaient un certain respect pour ces forces et tentaient de se les concilier, ce qui parait globalement raisonnable... »

                                                            Allez cher ami, encore un petit effort : le coup de la « théorie du complot » n’est plus très loin ! Sauf qu’il ne s’agit ici ni de « forces maléfiques » ni de complots ourdis dans des officines obscures, mais bien d’une logique reposant sur des caractéristiques bien précises (évoquées ci-dessus) fruits non pas de « forces naturelles » (genre « la main invisible du marché ») mais de pouvoirs politiques à l’échelle mondiale. Nous sommes donc dans le domaine du rationnel et non dans celui de l’irrationnel propre aux religions païennes (ou non païennes).

                                                            Permettez-moi toutefois de vous dire que je vous trouve assez gonflé sur ce coup-là. En effet, qui aujourd’hui ne cesse de répandre l’idée selon laquelle le capitalisme néo-libéral ne serait au fond qu’un processus naturel incontrôlable contre lequel il serait vain de lutter – d’où vos appels à le subir ou au mieux à se le « concilier », via votre doctrine spirituelle - si ce n’est les tenants du système en question – dont vous vous faites ici le porte-voix, semble-t-il - ? Or, encore une fois, le système actuel ne fut nullement l’œuvre « d’occultes forces mondiales » mais fut élaboré et mis en place par des gouvernements nationaux, à commencer par ceux de Pinochet, Thatcher et Reagan (démontrant par là-même que le capitalisme néo-libéral s’adapte à n’importe quel régime politique), suivant des préceptes bien précis issus non de « forces naturelles incontrôlables », mais du cerveau de certains individus (Friedman, Hayek...). Idem pour toutes les autres formes de capitalisme qui ont précédé celui-ci (inspiré ceux-là notamment de Smith, Ricardo, List, Spencer, Lénine, Keynes ….).

                                                            Ce n’est pas moi qui le dit, cher ami, mais les faits (avérés ceux-là) ! 


                                                            • Connolly 27 décembre 2011 23:51

                                                              @Eric


                                                              « Alors que vous le présentez comme un truc dominant depuis au moins 150 ans Les caractéristiques que vous prêtez au « capitalisme » sont incompatibles avec son existence comme système stable....  ! »


                                                              Ce cher Eric découvre une fois de + la lune.

                                                              Ce système est « un colosse aux pieds d’argiles », cher ami. Vous ne le saviez pas ? Voyez le nombre de crises qu’il a engendré depuis 150 ans, de par ces excès justement ; crises dont il a parfois eu du mal à se redresser. On ne saurait donc parler de « système stable ».


                                                              « Les "grands dirigeants capitalistes" seraient donc plus que tous les autres marques par ces tares, et tout d’un coup, ils oublieraient tous cela pour coopérer afin de se partager le pouvoir en

                                                              frères... »

                                                              D’une part, vous admettez implicitement que vos « grands dirigeants capitalistes » sont en quelque sorte les « maîtres du monde ». Comment alors vous, le fervent chrétien, pouvez-vous tolérer qu’une poignée d’individus, aux actes essentiellement dictés par des considérations bassement matériels, puissent à ce point dominer le monde ? D’autre part, sachez que la « révolution » que j’appelle de mes vœux sera un processus graduel, plus ou moins long. Il ne s’agira pas, en clair, de tout bouleverser du jour au lendemain, au même moment dans l’ensemble des pays, loin de là. Ce qui signifie que vos « grands dirigeants capitalistes » (pour la plupart ; du moins est-on en droit de le penser, en effet) chercheront à conserver ou faire fructifier leurs immenses richesses en des lieux qui leur seront les plus cléments. Dans un pays comme la France (ou n’importe quelle pays autre puissance économique), où l’on pourrait par exemple instituer le principe de salaire maximum et de plafond patrimonial, dans un premier temps, le départ (libre) de vos chers « grands dirigeants capitalistes » ne poserait aucun problème économiquement parlant, en dépit du chantage à l’exode des capitaux qu’ils ne cessent d’exercer via leurs appuis issus notamment du monde politique et des médias. Pourquoi ? Tout simplement parce que, comme l’explique l’économiste Jacques Généreux (Nous on peut, Seuil, 2011) « la menace repose sur l’illusion que le financement de notre économie est assuré par l’argent des riches qui risquent de s’enfuir. […] Les riches et les gros actionnaires ne financent pas notre économie : ils la siphonnent, puis « investissent » le fruit de leur extorsion de fonds dans des jeux financiers, des résidences secondaires (voire tertiaires, quaternaires, et davantage encore) ou des dépenses de luxe. Donc que risquons-nous vraiment, en supposant même qu’on laisse aux riches le loisir d’exporter leur pactole ? […] En clair, l’argent qui pourrait fuir à l’étranger ne nous priverait de pas grand chose, vu que, tandis qu’il est encore chez nous, il n’est guère utile au pays. » Eh oui cher ami, ne saviez-vous pas que moins de 2% des opérations financières seulement concernent l’économie réelle, quand les autres 98 % financent des transactions sur des produits financiers ? Tout cela pour dire que nous (l’humanité) n’aurons nul besoin de vos soi-disant bienfaiteurs « pour coopérer afin de se partager le pouvoir en frères... »


                                                              • Connolly 27 décembre 2011 23:54

                                                                @Eric


                                                                « Et on ne s’arrête pas la... Sur 150 ans, il n’est pas une expérience de

                                                                gauche, longue ou courte, plus ou moins socialiste, qui soit considérée

                                                                comme un succès durable par ces mêmes socialistes hors quelques mois de

                                                                guerre civile ou une coopérative peut être ouvrière en 1834 (?) a

                                                                Manchester..... »


                                                                C’est faux cher ami. En tous cas, je n’ai jamais écrit pareille chose. M’avez-vous mal lu ou êtes-vous intellectuellement malhonnête ? Je vous ai donné un exemple de réussite, parmi bien d’autres, d’une coopérative ouvrière (le familistère de Godin), parce que celle-ci avait Fourier pour principale inspirateur théorique.

                                                                Quant à l’ensemble des expériences authentiquement socialistes - que je qualifie de micro-socialismes – celles-ci se divisent en deux catégories : les micro-socialismes aspirant au macro-socialisme ; les micro-socialismes œuvrant parallèlement au capitalisme.

                                                                Dans la première catégorie, toutes les expériences ont échoué du fait de facteurs non pas internes mais externes (la répression sanglantes perpétrés par leurs opposants).

                                                                La deuxième catégorie, constituant aujourd’hui l’économie sociale et solidaire, a de son côté connu un bilan globalement positif depuis 150 ans ; et ce, bien que les expériences orchestrées par leurs inspirateurs théoriques (Fourier, Owen, Proudhon, Saint-Simon …) aient pour la plupart bel et bien échoué.

                                                                Voici ce que l’on peut lire dans mon article à ce sujet : « Les échecs de ces « micro-socialismes » témoignent-ils, par conséquent, du caractère inamovible du capitalisme ? Il est permis d’en douter, et ce pour la bonne et simple raison que, parallèlement à l’économie capitaliste, existent de par le monde d’autres variétés d’expériences relevant du « micro-socialisme », à commencer par les organisations, telles les coopératives et les mutuelles, issues d’une économie sociale et solidaire ‒ elle-même inspirée des théories socialistes de notamment Proudhon, Owen et Fourier ‒ qui, malgré ses échecs, a fait depuis près de 150 ans la démonstration et de sa viabilité et de son efficacité, en termes de répartition équitable des richesses créées, mises au service de la justice sociale, et donc de l’Homme, et non plus du Capital comme dans les entreprises classiques. Il s’agit certes d’un secteur non-capitaliste mais œuvrant néanmoins dans le système capitaliste. Comme le souligne à ce propos le PDG d’une coopérative minière du Pays de Galles, Tyrone O’Sullivan : « Nous vivons dans un monde capitaliste, mais nous gérons notre entreprise sous un mode socialiste ». »






                                                                • Connolly 27 décembre 2011 23:56

                                                                  @Eric


                                                                  « très idéologisée »

                                                                  Venant d’un conservateur néo-libéral (semble-t-il), de surcroît fervent chrétien (assurément), cette remarque prête à l’hilarité. C’est un peu « l’hôpital qui se moque de la charité ».

                                                                  « et très irréalistes) ils partaient des mêmes analyses de la société, ils avaient les mêmes buts ».

                                                                  Il ne faut pas confondre « diagnostique » et « thérapie » cher ami. Le diagnostique des bolcheviques n’avaient rien d’irréaliste. Celui-ci s’inspirait de la grille d’analyse de Marx qui, elle, n’est aucunement saugrenue - de l’avis même de certains libéraux, c’est dire !

                                                                  En revanche, je n’abonde nullement dans le sens des bolcheviques pour ce qui est de la thérapie – pour les raisons évoquées plus haut. La différence est de taille, cher ami. Ce qu’ils ont eux-mêmes reconnu de façon implicite via l’élimination de toute velléité ou volonté thérapeutique alternative issu des autres courants socialistes (mencheviques, socialistes révolutionnaires, anarchistes...) puis de leurs propres rangs (purges des années 30...).

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