Le conflit israélo-palestinien connait depuis quelques semaines un regain de violence. Après l’élimination ciblée de Zouheir al-Qaïssi, chef des Comités de résistance populaire à Gaza, les échanges d’amabilités entre Palestiniens et Israéliens n’ont eu de cesse de se multiplier. Les roquettes répondant aux raids de l’aviation de Tsahal, faisant chaque jour un peu plus de victimes de part et d’autre, la situation semble plus inextricable que jamais.
Du côté Israélien, une partie de l’élite, de plus en plus aveuglée par une idéologie profondément religieuse, semble lancée dans une fuite en avant jusqu’au-boutiste.
Du côté Palestinien, la radicalité du combat semble avoir atteint un point de non retour, en raison notamment des multiples pied-de-nez de la communauté internationale face aux tentatives palestiniennes de règlement du conflit de façon pacifique et équilibrée.
Et à voir la tournure que commence à prendre la géopolitique mondiale, dont le conflit israélo-palestinien est le nœud gordien, il est urgent de se demander : où sont les gens de bonne intention de part et d’autre ?
Une radicalisation palestinienne inéluctable
Le texte de la déclaration, dont les dispositions ont été entièrement reprises dans le mandat britannique pour la Palestine, prévoyait que la puissance mandataire devait apporter son soutien à l’effort d’instauration d’un foyer juif en Palestine. « Dans ces deux documents, les palestiniens ne sont pas une seule fois cités, ni en tant que palestiniens, ni en tant qu’Arabes, mais seulement désignés par l’expression « collectivités non juives » ne détenant que des droits civils et religieux – leur droit nationaux et politiques n’apparaissant nulle part »[5].
La dérive obscurantiste des élites israéliennes
Le sionisme, idéologie politique nationaliste prônant l'existence d'un centre spirituel, territorial ou étatique peuplé par les Juifs en Eretz Israël, ne s’est-t-il pas transformé en projet religieux dogmatique et obscurantiste. Les multiples refus qu’ont subi les autorités palestiniennes dans leurs revendications légitimes d’un Etat palestinien, à côté d’Israël, n’ont-ils pas été la conséquence du projet sioniste, qui, s’éloignant d’une aspiration nationaliste légitime, s’est peu à peu transformé en projet religieux fanatique ?
Alors ? Isralestine ou Palesraël ?
Il ne s’agit pas de verser dans l’antijudaïsme loin de là. En aucune façon, la confusion entre antisionisme et antijudaïsme ne peut et ne doit être faite. De plus en plus nombreuses sont les personnes de confessions juives devenues d’irréductibles antisionistes. Y compris chez les israéliens. C’est le principal combat humaniste qui vaille à l’heure actuelle, car il garantira la paix dans cette région du globe, à commencer avec la Syrie, et l’Iran, véritables obstacles aujourd’hui à la concrétisation de ce projet.
Palestiniens et Israéliens, voici le seul et unique combat que vous devez mener pour la paix. Main dans la main. Le combat pour un Etat laïque, unique, et démocratique. Un Etat où les considérations religieuses seront repoussées dans la sphère privée. Gandhi avait pu dire que les religions sont autant de chemin pour parvenir à la même destination. Dans ce lieu mythique des diverses religions monothéistes, un zeste de sagesse hindoue doit à tout prix être apporté.
Vive Isralestine !
[1] Pour ceux qui souhaitent approfondir le sujet, un livre complet et abordable, sur la période 1900 à nos jours : Palestine, histoire d’un Etat introuvable, de Rashid Khalidi, ed. ACTE SUD, 2007
[2] Suite au démantèlement de l’empire ottoman, et de son influence dans la région, les puissances occidentales se sont livrées à un « partage » de la région du Proche-Orient. Le Royaume-Uni a une présence militaire en Irak dès 1914 et occupe Bagdad en 1917. Il appuie la révolte arabe et leur fait la promesse d'un grand État musulman en échange de leur participation dans les batailles aux côtés des Alliés. En mai 1916, le Royaume-Uni passe l'accord secret « Sykes-Picot » en parallèle avec la France, qui est en contradiction avec cette promesse car il projette de diviser la région en 2 zones d'influence entre les 2 puissances coloniales européennes. Les accords Sykes-Picot attribuent la Palestine à la zone d'influence britannique.
[3] L’autodétermination (ou auto-détermination), initialement appelée « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes », est le principe issu du droit international selon lequel chaque peuple dispose d'un choix libre et souverain de déterminer la forme de son régime politique, indépendamment de toute influence étrangère. Il s'agit d'un droit collectif qui ne peut être mis en œuvre qu'au niveau d'un peuple. Proclamé pendant la Première Guerre mondiale dans les Quatorze points de Wilson afin de légitimer les nouvelles frontières en Europe, ce principe ne fut cependant pas appliqué par la Société des Nations. Il a été réaffirmé après la Seconde Guerre mondiale dans la Charte des Nations unies de 1945 qui inclut, parmi « les buts des Nations Unies », celui de « développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes » (article 1, alinéa 2).
[5] Palestine, histoire d’un Etat introuvable, de Rashid Khalidi, ed. ACTE SUD, 2007, p.88
[6] « A partir de 1974, le Conseil national palestinien renonce à sa proposition d’une état unique démocratique au profit d’une conception à deux Etats. Ce nouveau départ, sous l’impulsion des dirigeants du Fatah alliés au FDLP, implique l’appel à la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël, sur un territoire réduit à 22% de l’ancienne Palestine mandataire et composé de la Cisjordanie occupée, de la bande de Gaza, et de Jérusalem Est arabe. Les personnalités phare de la nouvelle orientation "pragmatique" de l’OLP sont des dirigeants du Fatah comme Arafat, Abou Iyad et Khalid al-Hassan. (...) Lors des réunions ultérieures du Conseil national palestinien, cette solution à deux Etats est affinée avant d’être officiellement adoptée lors du Conseil National palestinien qui se tient à Alger en 1988. Déclaration proclamant l’instauration d’un état palestinien aux côtés d’Israël SUR LA BASE DE LA RESOLUTION 181 DE 1947 DE L’ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS UNIES. (...) Malgré cela, et que cette solution satisfasse plusieurs conditions posées par Israël et les EU, cela n’entraine ni changement de la position de ces pays, ni négociation de paix. Ni les EU, ni Israël ne reconnaissent explicitement que les Palestiniens sont un peuple doté de droits inaliénables à l’autodétermination et à un Etat indépendant"
Palestine, histoire d’un Etat introuvable, de Rashid Khalidi, ed. ACTE SUD, 2007, p.275
[7] Nur Masalha, Expulsion of the Palestinians, p.29.
Ben Gourion donnera d’ailleurs son accord en privé. « Il est impossible d’imaginer une évacuation générale de la population arabe sans recours à la force, et à la force brutale », note de service interne Lines for Zionist Policy, 1941, p.128
[10] « (…) Pour y parvenir, Moshé Feiglin, fervent partisan du "grand Israël" et du transfert "volontaire" des Arabes israéliens, s'est livré depuis des années à un entrisme hostile (…) » dans : http://www.20minutes.fr/ledirect/870524/israel-netanyahou-grand-favori-primaire-likoud-face-lobby-pro-colons
[11] http://www.haaretz.com/print-edition/news/yossi-sarid-feiglin-his-cronies-are-fascists-by-any-definition-1.259197
[12] Comme avait pu le dire le Général De Gaulle en 1967 : http://www.youtube.com/watch?v=JA9nFQyRTdw

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