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Accueil du site > Actualités > International > Vous dites francophonie ?

Vous dites francophonie ?

Qui sait que 2006 est l’année Senghor dans toute la francophonie ? Nous avons tendance à oublier que les francophones vivent partout sur la planète, officiellement dans 53 États et gouvernements membres de l’Organisation internationale de la Francophonie.

Chef d’État, homme de lettres, grand promoteur de la diversité culturelle, même mort Senghor demeure un porte-parole d’une francophonie éclatée.

C’est le géographe français Onésime Reclus (1837-1916) qui a utilisé pour la première fois le terme francophonie dans son ouvrage France, Algérie et colonies. Il désignait ainsi les espaces géographiques où le français était la langue d’usage.

De nos jours, le terme recouvre « l’ensemble des peuples ou des groupes de locuteurs qui utilisent partiellement ou entièrement la langue française dans leur vie quotidienne ou leurs communications » (Trésor de la langue française au Québec. Qu’est-ce que la Francophonie ?).

Le français a un statut de langue officielle (seul ou avec d’autres langues) dans plus de 51 États et 34 pays.

La France domine en nombre, mais même dans ce pays d’autres langues, dont le breton, pour ne nommer que celle-là, y sont parlées. Du reste, deux Français sur dix n’ont pas le français comme langue maternelle.

Dans le monde, le nombre de francophones ayant le français comme langue maternelle ou langue d’usage est estimé à 119 millions. De plus, 63 millions sont des francophones partiels et 82 millions apprennent le français, selon les chiffres du ministère des Affaires étrangères de France qui ajoute sur son site Web : « Il est l’une des deux langues de travail à l’ONU, l’une des deux langues officielles du Comité international olympique, la seule langue universelle des services postaux, la langue principale de l’Union africaine ».

Les chiffres varient selon les sources consultées, mais il faut retenir que très certainement 200 millions, possiblement 264 millions de personnes, sont en mesure de lire le français, et qu’elles vivent dans de nombreux États à travers le monde.

Au Québec, d’où vous parvient ce texte, on compte 5,8 millions de francophones sur une population totale de 7,1 millions (recensement de 2001). Phénomène récent qui témoigne de la vitalité du français québécois : de plus en plus d’immigrants le choisissent comme langue d’usage. Alors que 82% des Québécois sont francophones, 87 % utilisent le français dans leur vie publique.

Plus que jamais le français demeure une langue universelle. Nous devons tous, peu importe où nous vivons, en être conscients.

Docteur honoris causa de nombreuses universités, membre de l’Institut de France, membre de l’Académie française, pour ne citer que ces titres honorifiques, Senghor nous rappelle qu’il y a plusieurs façons d’être francophone, mais que toutes enrichissent le fonds culturel de l’humanité.

2006 Année Senghor.

À voir, à compter du 20 février, sur 20mars.francophonie.org, les manifestations organisées dans le monde à l’occasion du 20 mars, journée internationale de la Francophonie.


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8 réactions à cet article    


  • òmedòc (---.---.55.233) 20 février 2006 11:58

    Malheureusement, vu de l’intérieur francophonie rime avec intolérance.

    Pas moyen de faire évoluer l’article 2 de la constitution française qui couplé à la loi Toutbon, permet tous les mauvais coups contre l’occitan, le breton, l’alsacien... cf les débats du Parlement en janvier 2005.

    Plus de 10000 occitans ont manifesté pour défendre leur langue le 22/10/2005 à Carcassonne !

    http://ujan.free.fr/wordpress/?p=52

    Eradiquer la langue occitane reste l’une des priorités de la politique française.

    L’objectif de l’Etat français est le monolinguisme mais il s’accompagne du double langage quand Chirac se fait l’avocat international de la diversité culturelle !


    • nico 20 février 2006 22:50

      J’étais à cette manifestation à Carcassonne. J’avais été étonné du peu de bruit qu’elle avait fait dans la presse par rapport à la mobilisation massive...


    • Antoine (---.---.162.23) 20 février 2006 23:10

      Faut-il porter plainte pour génocide culturel !

      Je ne veux pas vous froisser mais avouez donc que vous vous lancez peut être dans un faux débat. Rien ne vous empêche de parler l’occitan, de créer des clubs de pratique de la langue comme le font les Kelts. C’est une richesse. Au pays Lillois, des français se remettent au flamand dans des clubs de conversation. Moi, comme belge, cela me fait rire. Je ne devrais pas d’ailleurs. Après tout Jean Bart (suis-je sur de l’orthographe ?) parlait sans doute patois flamand. Les hollandais parlent de plus en plus anglais, plus commode trouvent-ils pour la vie moderne, à tel point que cela a failli faire un incident diplomatique lorsqu’un politicien neerlandophone de Belgique s’est permis d’en faire la remarque et de crtitiquer nos voisins bataves. Ah, que ces sujets sont sensibles ! Soyons polyglottes et tout le monde se comprendra mieux, so we have to do, my friend !

      Mais je pense que vous voulez sans doute aller plus loin et là c’est un autre débat, Occitanie au occitants etc...donc il s’agit de reprendre le pouvoir...et les sous. Me tromperais-je ?


    • Michel Monette 21 février 2006 00:58

      Je trouve ce débat sur la survie des langues dans le pays le plus francophones (en nombre) au monde passionnant. Dans tous les pays subsistent des peuples et des langues minoritaires. Avec l’immigration, cela s’est compliqué. Par exemple, au même moment où l’arabe est parlée par un grand nombre de Français né en Afrique du Nord ou au Moyen-Orient, de plus en plus d’Arabes vivant en Afrique du Nord apprennent le français. Nous parlons une langue qui partage, avec l’anglais, l’espagnol et le mandarin, le privilège d’être vivante dans de nombreux pays. Il ne faut donc pas avoir peur d’accueillir et de favoriser les différences. Après tout, Senghor a été un grand poète et écrivain francophone dans un pays où étaient et sont parlées plus de 35 langues (http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique/senegal.htm).


    • phil (---.---.208.212) 20 février 2006 21:36

      Dans ce domaine, le pays des droits de l’homme n’est pas très en avance. Les Britanniques sont en passe de rétablir le gaélique d’Ecosse et le Gallois dans les cours de récréation des provinces concernées. En Espagne, le catalan connait une belle vigueur. En France on est juste cannibales.


      • Antoine (---.---.162.23) 20 février 2006 22:26

        C’est la perspective européenne qui redonne vigueur aux régions et langues autochtones d’europe. Bretons, basques, catalans, aragonais, flamands tous veulent reconquérir ce que l’Histoire a soustrait de leur passé. Nostalgie, besoin de fermer des plaies, quête identitaire, chocs anciens des cultures. Tout y est et le climat de liberté en europe permet la formulation d’anciennes revendications et le désir de l’autonomie retrouvée....bientôt le Berry, l’Angoumois et les anciens pays reclameront leur parlement.

        Bon c’est foutu, la centralisation française est en péril.

        Je plaisante, je suis belge d’expression française, francophone convaincu, j’ai pas le choix c’est la langue de ma famille. La balkanisation silencieuse et légale de la Belgique (au dire des journalistes anglais ; le terme balkanisation est celui qui convient) ne m’oblige pas encore à parler le wallon, ce vieux patois latin matiné de mots germains et latin. Heureusement d’ailleurs, car lequel de ces langages pourrait être le bon, l’officiel ; il y a plusieurs de wallon à parler...Eh oui ma ptit fi, cesse porq’wé no estons fir d’esse wallon....ma foi. Oui mais lequel des parlés avons nous besoin ds le petit état fédéré de Belgique....n’en savons tro rin....ok on oublie.

        Vive la francité et le français !


      • Olso (---.---.119.88) 22 mars 2006 00:08

        A òmedòc et Phil, je suis personnellement pour la promotion des langues régionales ET du français, et des langues « nationales », et contre le tout-anglais. Mais le gros problème est que la plupart des défenseurs du français considèrent toujours les partisans des langues régionales comme des ennemis du français, comme des alliés du tout-anglais !! :( Ils considèrent que les partisans des langues régionales se réjouissent de la disparition du français au niveau européen, et qu’ils voient son affaiblissement comme une chance de renforcement de leurs langues, ce qui mènerait vers un schéma anglais + langues régionales. Que répondez-vous à cela ? Ces craintes sont-elles fondées ?


        • (---.---.183.41) 22 mars 2006 03:29

          Je ne vois pas où serait le problème de permettre aux peuples de la France de s’exprimer dans leurs langues. Ce ne sont pas ces peuples qui menacent l’avenir du français en France, pas plus qu’ici les peuples amérindiens ne menacent la majorité des Québécois parlant français.

          Il vaut beaucoup mieux se préoccuper de l’intégration des nouveaux arrivants. Cette intégration passe, selon moi, par des conditions qui vont faire en sorte que ceux-ci se sentent les bienvenue. Au Québec, nous avons choisi d’obliger les immigrants à fréquenter les écoles du système scolaire francophone. Il semble bien que cela ait porté fruit, puisqu’une nouvelle génération de néo-Québécois a pu ainsi baigner dans une culture commune et un grand nombre choisissent de vivre en français (en revanche, les premières nations ont des droits ancestraux inaliénables que nous leur avons malheureusement niés jusque dans un passé récent avec des conséquences désastreuses).

          Comme vous le voyez, rien n’est simple. Acceptation de la différence dans le cas des peuples qui ont des droits ancestraux à cette différence, intégration dans le cas des nouveaux arrivants. Pour couronner le tout, l’intégration ne peut réussir que si l’on sait faire preuve d’une ouverture lucide à la différence.

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