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Accueil du site > Actualités > International > W ou la malédiction de la reprise (de l’inflation)

W ou la malédiction de la reprise (de l’inflation)

C’est entendu, malgré les analogies, la crise actuelle ne présente pas le caractère catastrophique de celle de 1929, principalement à cause de nombreux amortisseurs sociaux et politiques sans compter l’ébauche d’un gouvernement mondial qui renforce considérablement le système, redoublant la fonction de garant en dernier ressort des Etats. On est loin, pour l’instant du moins, d’un effondrement du système, encore plus de la fin du capitalisme tant espérée ! Ce n’est pas pour autant qu’on serait sorti d’affaire et qu’il n’y aura pas des bouleversements plus ou moins dramatiques, la véritable crise, qui est celle du dollar, n’ayant pas encore eu lieu. Le premier choc a été contenu mais ce n’est que le premier et il faut s’attendre à une courbe en W plus qu’à une reprise en U comme on voudrait s’en persuader avec quelque précipitation. Les réactions optimistes et le sentiment de soulagement général sont même une preuve éclatante qu’il ne pourra y avoir les nécessaires réajustement sans y être contraint, par des situations catastrophiques justement ! La question est celle du réel des déséquilibres et de leur inévitable correction (The harder they come, the harder they fall).

Bien sûr, il ne s’agit pas d’un décalque de la crise de 1929, nous sommes si loin de cette époque, on ne va pas revivre exactement le même scénario. Il y a malgré tout un certain nombre de courbes (pas toutes) qui semblent se recouvrir parfaitement. C’est le cas notamment de la courbe des revenus des 10% les plus riches qu’on a reproduit ici et qui témoigne des analogies étonnantes entre les années folles précédant la grande crise et les années fric qu’on vient de connaître ; non seulement au plan économique et financier, donc, mais tout autant idéologique et social voire technologique (avec tout de même de grandes différences aussi). Ce sont ces courbes qui sont l’un des arguments principaux de l’hypothèse d’une rechute en W après un semblant de reprise comme en 1930, suivie d’une plongée bien plus grave suite à l’impossibilité de recréer une bulle du crédit. Ce qui devrait nous faire peur, pas par plaisir de se faire peur, c’est que la véritable sortie de la crise ne ne fera qu’avec la guerre (et le retour de l’inflation).

Certes, ce ne sera pas la fin du monde, mais de quoi s’inquiéter sérieusement quand même. En effet, il n’y a peut-être pas là un simple concours malheureux de circonstances mais la nécessité d’une destruction de capital, ce que Schumpeter appelait une "destruction créatrice" comme la fin des dinosaures dégageant le terrain pour les mammifères. Il n’y a aucune évidence que nos capacités de régulation et notre rationalité économique pourraient nous éviter cette épreuve darwinienne (qui n’est pas la survie du plus fort, ni du plus gros qui peut disparaitre, mais du plus adaptable). Cela voudrait dire qu’il ne serait plus possible de remettre en cause les positions acquises et dominantes. On comprend que beaucoup y aient intérêts mais le risque des crises est inhérent au capitalisme lui-même, c’est-à-dire à une production qui n’a d’autre but que le profit ce qui, contrairement à d’autres systèmes de production, mène à la faillite et la fermeture d’usines quand l’entreprise n’est plus rentable, aggravant de ce fait la situation générale par un effet boule de neige qui est la contrepartie de la capacité de croissance et d’emballement du système.

La situation est bien sûr assez différente aujourd’hui par rapport aux années 1930, notamment parce qu’on n’est plus dans le modèle industriel, mais ce qui donne crédit actuellement au scénario W d’une rechute brutale, c’est une sorte de malédiction de la reprise. En effet, à peine les indices s’améliorent, et le climat devient plus optimiste, qu’aussitôt les prix du pétrole remontent et le dollar repart à la baisse. Or, c’est bien l’inflation et les tensions sur les matières premières, en premier lieu le pétrole, qui ont déclenché la crise en se répercutant sur les intérêts variables, ce qui a provoqué les défauts de paiements des subprimes et la chute de tout le château de cartes spéculatif dont l’immobilier n’était que la dernière pierre. Non seulement le retour de l’inflation provoquera une deuxième vague de chute de l’immobilier mais, pour des raisons profondes, matérielles, c’est la suprématie des Etats-Unis et du dollar qui devrait être mise en cause. Etant donné les milliards de dollar injectés (avec raison) pour éviter une crise systémique, il y a un véritable risque de dévaluation du dollar et d’hyperinflation avec une perte (relative) de sa position de monnaie de réserve, remplacée progressivement par une monnaie de référence mondiale (en cours de constitution par les pays du BRIC). C’est ce bouleversement géopolitique dont il faut évaluer les risques, qui pour n’être peut-être pas aussi cataclysmiques que dans les années 1930, ne se fera pas sans drames, en tout cas pas de bon gré de la part des USA.

Ce n’est pas une question de maladresse, de hasards malencontreux, de simples dysfonctionnements, encore moins de facteurs psychologiques mais ce sont bien des processus matériels, des déplacements de lignes de force, des déséquilibres de plus en plus intenables qui sont en jeu. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’on ne peut éviter l’apurement des comptes et le retour au réel. Ce qu’il faut comprendre, c’est que la raison d’un krach n’est rien d’autre que la bulle spéculative qui précède et non pas tel ou tel événement déclenchant, ni une mystérieuse perte de confiance alors que ce n’est rien que la perte de nos illusions dont on doit seulement se demander comment elles ont pu durer si longtemps ! La crise n’est pas psychologique, ce n’est pas seulement l’inversion des anticipations, c’est un choc qui se transmet sur toute la chaîne économique et financière parce que les anticipations n’étaient pas tenables. Tant que la purge n’est pas terminée, le système ne peut repartir ("le cercle vertueux de la croissance") car le sol se dérobe sous ses pieds et il manque de carburant, ce n’est pas à cause de l’analogie de l’économie avec le corps humain comme s’aventure à le prétendre un historien, mais parce que le dynamisme du capitalisme est basé sur une boucle de rétroaction positive où l’argent appelle l’argent.

Dans une vidéo du 15 juin, 3 historiens (Patrick Verley, Jean Heffer, Patrick Fridenson) se veulent des plus rassurants et prétendent qu’on se fait peur pour rien. Pour eux, la crise ne serait pas du tout aussi grave que celle de 1929 où une conjonction malheureuse d’erreurs politiques aurait été cause de son caractère dramatique (notamment le protectionnisme) alors que nos protections sociales réduisent énormément l’impact de la crise par rapport à l’époque où la chute de la production a pu atteindre 25%. On doit leur accorder qu’on ne risque sans doute pas de retomber au niveau de misère de l’époque, du moins on aurait les moyens de l’éviter et c’est à prendre en compte. Ils ne nient pas d’ailleurs la gravité relative de la crise actuelle et sa possible durée sur plusieurs années mais seulement sa portée au regard d’autres crises du même type, ne débouchant finalement comme toujours que sur un renforcement de l’Etat et des régulations financières. Ils reconnaissent malgré tout des causes plus matérielles, notamment démographiques mais qu’ils ne relient pas à l’inflation (la réduction de la population est pourtant déflationniste alors que l’entrée en scène des pays les plus peuplés est inflationniste, ce qui favorise la croissance). Ils reconnaissent aussi qu’il y a un nécessaire changement de paradigme, changement de régime productif avec un rééquilibrage entre facteurs de production et que ceux qui sont le plus lent à s’en rendre compte auraient été ceux qui ont le plus souffert dans le passé. Ce qu’ils récusent, c’est surtout la nécessité de dramatiser. S’il y a vraiment crise, elle serait très atténuée et bien maîtrisée par le politique...

C’est non seulement un peu optimiste (on n’est encore qu’au début et le tout est de savoir si le gouvernement mondial va tenir, et le dollar...) mais cela témoigne surtout de l’étrange croyance que les guerres et fluctuations économiques ne seraient pas surdéterminés et simplement le fruit de contingences historiques. On pourrait les éviter avec un peu d’habileté, sinon d’amour diraient certains ! Or, c’est un fait qu’on peut déplorer aussi fortement qu’on le veut mais à éviter ces destructions créatrices, par exemple grâce à une socialisation des pertes qui ne fait pourtant que renforcer "l’aléa moral", on aggrave simplement les déséquilibres. On le constate : aux premiers signes de reprise, les banquiers retombent aussitôt dans la spéculation et leurs anciennes pratiques en se disant que le risque n’était finalement pas si grand et valait bien la chandelle ! Les politiques n’ont pas un poids suffisant pour imposer leurs règles à un système qui semble remarcher et qui produit des richesses. Pas moyen d’éviter d’aller au clash.

On aurait bien tort également de compter pour acquis qu’on ne ferait pas les mêmes erreurs qu’en 1929 sous prétexte qu’on aurait appris les leçons de l’histoire. Ainsi, on reparle quand même de protectionnisme et avec quelques raisons car les mesures de libéralisation ont été dévastatrices mais ce n’est pas pour cela que plus de protectionnisme arrangerait forcément les choses dans l’immédiat. Il n’y a aucun doute qu’il y a encore pas mal de protectionnisme et qu’il faut plutôt en augmenter la dose sur le long terme mais il n’est pas si facile de revenir en arrière à cause de nos interdépendances et c’est quand même un facteur d’aggravation de la situation économique et de contraction des échanges, avec une série de réactions en chaînes se propageant sur des périodes plus ou moins longues. Les conséquences à court terme risquent d’être socialement insupportables en plus d’être économiquement contre-productives. C’est pourquoi la relocalisation est une voie plus facilement praticable dans la sortie de crise mais le protectionnisme tente inévitablement de nombreux politiques (et quelques économistes) d’autant plus qu’il est absolument justifié et qu’on ne veut pas voir les effets en retour qu’il peut avoir dans la situation actuelle.

Le pire n’est pas sûr et il ne s’agit pas de noircir le tableau. De même que l’éclatement de la bulle internet n’a pas été la fin de l’économie numérique et d’internet, l’effondrement du dollar et du capitalisme financier ne sera pas la fin de l’Amérique ni du capitalisme, seulement une redistribution des cartes et la fin de l’économie casino, pour un temps du moins. Il est cependant difficile d’imaginer que cela puisse se faire sans des circonstances dramatiques. Ainsi, pour reprendre le graphique ci-dessus, un des effets de la sortie de crise devrait être une réduction drastique des inégalités sociales qui ont atteint un niveau insoutenable, y compris économiquement, et qui doivent retrouver une proportionnalité plus raisonnable, gardant un lien avec la réalité. Or, ce qui est troublant, c’est de voir que la crise de 1929 n’a pas suffi à les réduire significativement, c’est seulement la guerre qui les a ramenées à un niveau raisonnable (de même que le chômage, etc.), ce qui laisse bien peu d’espoir...

Que ce ne soit ni la fin du monde, ni la fin du capitalisme, n’empêche pas que la résolution de la crise passe par une redistribution des cartes, un New deal mondial qui pourrait se traduire par quelques guerres ou révolutions. La question n’est pas de savoir si on aura un répit de quelques années avec la création d’une nouvelle bulle, ce qui est toujours possible bien que peu probable quand même. La question est de savoir si le réel existe, ce dont un bon nombre de nos contemporains se sont mis à douter ! Or, si nous ne vivons pas dans un rêve, il n’y a aucune chance que le réel se fasse oublier, recouvert par la publicité comme par la propagande médiatique. Le réel, c’est ce qui n’oublie rien disait Lacan, c’est aussi ce qui fait trou dans nos représentations et nous dément. Ce qui est rejeté du symbolique fait retour violemment dans le réel. Hélas, en l’absence d’un garant de la vérité, il est impossible de s’assurer qu’on est dans le réel et qu’on n’est pas en train de délirer, raison pour laquelle on ne peut éviter les crises, ni les confrontations idéologiques arguments contre arguments qui se règlent seulement dans le réel, et souvent par des massacres insensés (qui n’empêchent pas d’ailleurs la victoire des massacrés in fine !).

La crise est certaine, elle devrait être longue, il n’est pas sûr qu’on aille aux extrémités de la grande dépression, des fascismes et de la deuxième guerre mondiale mais ce n’est pas exclu pour autant car elle devra atteindre un point de rupture, faisant forcément appel au politique. Ce n’est pas une raison pour prendre nos désirs pour des réalités et s’imaginer la révolution de nos rêves, que rien n’annonce. Même si tout retour au réel est rassurant, ce n’est pas une raison non plus pour y voir un catastrophisme purificateur et salvateur car, il faut bien le dire, non seulement il y aura de la casse mais on risque plus des gouvernements autoritaires et démagogiques que des révolutions sociales progressistes et raisonnables ! Cela n’empêche pas, qu’ici ou là, la crise soit l’occasion d’un progrès de l’émancipation humaine qui finira par s’étendre et submerger les nouvelles tyrannies, mais il y faudra du temps, même si l’unification numérique pourrait accélérer le processus. Dans l’immédiat, il n’y a pas tellement de quoi rire des années qui viennent, étant donnée notre état de désorientation et l’égarement de la pensée. Au mieux, au minimum, il faudra une refondation des institutions et des protections sociales dont on ne voit pas comment elle pourrait se faire dans le calme, avec quels principes qui ne soient pas immédiatement en décalage avec la réalité (comme la loi Hadopi avec le numérique). Mais, peut-être qu’on se fait du souci pour pas grand chose, qu’il ne se passera plus jamais rien, que l’histoire est finie, que la spéculation peut reprendre et qu’on peut se rendormir tranquille...


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28 réactions à cet article    


  • Capone13000 Capone13000 22 juillet 2009 12:06

    Cette crise sera pire que celle de 1929, c’est certain, pour pouvoir les comparer encore faut il que la crise de 2008 ai commencée à nous toucher pour l’instant ce n’est pas le cas, la crise n’est pas encore arrivée en France, ca ne saurait tarder.
    Les banques mondiales sont en chute libre malgré la manipulation des cours de Goldman sachs

    En septembre, il va se produire un phénomène inédit : la majorité des jeunes qui arrivera sur le marché du travail n’en trouvera pas ! Fin 2009, la France comptera 1 millions de chômeurs de plus qu’en début d’année ! Et le phénomène est général en Europe et aux Etats-Unis. C’est une augmentation d’environ 50% du nombre de chômeurs officiels en France en un an ! Les jeunes de moins de 26 ans qui ne trouveront pas de travail n’auront même pas droit au RMI et devront rester chez leurs parents ce qui entraînera un grand malaise social. Ceux qui ne sont pas encore sortis de l’école et qui verront leurs devanciers sur le carreau seront dès lors fortement inquiets.

    Jusqu’ici, la paix sociale a régné car elle a été achetée au prix d’un endettement massif de l’état, des collectivités locales et des services sociaux, et aussi d’une ponction extrême sur les actifs ne l’oublions pas. Mais, ceci ne va pas durer. D’ici quelques mois (18 mois max), un krach obligataire empêchera l’état, les collectivités et les services sociaux de se financer (d’où le grand emprunt par exemple). Il n’est pas possible d’augmenter encore la charge sur les actifs (qui ne le supporteront pas matériellement et psychologiquement). Il en résultera une baisse voire un arrêt du versement des allocations chômage, des retraites, des allocations de toutes sortes (familiales, handicapés, etc.), des salaires des fonctionnaires et autres employés de l’état. Et là, les gens vont réagir mais de façon chaotique probablement. Il n’y a pas de révolution en germe mais seulement une insurrection pour l’instant.

    La situation financière est sans issue. L’état ne peut plus battre monnaie et la BCE ne pourra pas le faire. Il faut savoir que l’Allemagne vient d’inscrire dans sa constitution que le déficit public ne doit pas excéder 0,35% du PIB à compter de 2015 (de mémoire). Les allemands n’ont donc pas l’intention de s’engager dans la voie de l’hyperinflation. Ceci va entraîner des tensions avec la France notamment si cette dernière envisage de calmer l’insurrection par la création monétaire. Il n’est pas impossible que l’euro implose et l’UE avec, ce qui n’arrangera pas les choses dans un premier temps (même si je suis convaincu que cela peut être une opportunité à terme pour la France). Donc, il n’y a aucune chance pour que les choses se passe bien à court terme. Je pense qu’on en a pour plus de 10 ans de chaos avant d’arriver à mettre en place un nouveau système viable. Alors, la reprise pour fin 2009, fin 2010, 2011, je n’y crois guère.

    La seule chose à faire est de sortir du système le plus tôt possible afin de ne pas être entraîné avec lui (pas facile à faire). Il faut se mettre en sécurité pour ensuite travailler à la mise en place d’un système alternatif.


    • plancherDesVaches 22 juillet 2009 12:37

      « (même si je suis convaincu que cela peut être une opportunité à terme pour la France) »

      Non.
      Comme dans toute guerre, et nous sommes en guerre économique depuis des années, se séparer d’un allié ne peut qu’affaiblir.
      C’est principalement l’Allemagne qui porte l’Euro, actuellement.

      Par contre, la politique de notre petit pays qui s’endette de façon gigantesque portera préjudice aux générations futures bien plus qu’on peut l’imaginer actuellement.

      Tout comme pour les déchets nucléaires, nos enfants auront franchement le droit de nous maudire.


    • Jean Zin Jean Zin 22 juillet 2009 12:41

      Je suis assez d’accord avec Capone, c’est bien ce que dit l’article même si la seule façon de « sortir du système » me semble des monnaies locales qui peuvent aider dans cette période de chaos.

      Par contre, pas de problème pour l’endettement, comme il va y avoir destruction de dettes au moins par l’inflation, c’est le moment d’emprunter !


    • plancherDesVaches 22 juillet 2009 12:52

      Monnaies locales... ?
      Pour mieux spéculer... ???
      L’abandon de l’étalon or, ça vous dit quelque chose.. ????
      1929 permit aussi cette magnifique chose de la chute abyssale du Mark. Hitler est arrivé au pouvoir grace à ça, me direz-vous. Y’a eu au moins un heureux.

      Allons. Si les BRIC sont en train de constituer un panier de devise et, peut-être inventer une monnaie qui leur sera commune, ce n’est pas pour rien.
      Les Pays du Golfe aussi, notez. Avec, eux, en plus, un fonctionnement comme celui de la BCE : indépendance d’une politique nationale sur la politique monétaire.
      Les politiques nationales ont trop vite fait de faire n’importe quoi avec le monétaire.

      Sans l’Euro, notre petit pays serait dans la même situation que l’Angleterre......


    • Capone13000 Capone13000 22 juillet 2009 12:52

      notre dette est une dette publique uniquement, nous n’avons quasiment pas de dettes privées, ce qui n’est pas le cas de la plupart des autrez pays, à ce sujet je vous invite vivement à voir la conférence de Francois Asselineau en 7 parties c’est vraiment intérrésant :
      http://www.dailymotion.com/playlist/x10h38_Auzarmes_qui-gouverne-la-france-y


    • Capone13000 Capone13000 22 juillet 2009 12:56

      faux l’europe est justement notre problème puisqu’elle ne peut pas fonctionner ainsi, et c’est volontaire (voir conférence de Francois Asselneau)
      Quant à l’étalon or, je veux bine mais il va falloir aller chercher les stocks d’or dans les coffres des banques chinoises à présent


    • plancherDesVaches 22 juillet 2009 12:58

      Effectivement, en France, nous sommes moins endettés au niveau privé. Mais la tendance s’accélérait fortement vers une situation style US.

      Mais ce n’était pas une raison pour nationaliser autant les pertes au profit de la privatisation des gains.


    • Capone13000 Capone13000 22 juillet 2009 12:58

      pourquoi l’europe ne marche pas ?
      réponse ici :http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=23065


    • plancherDesVaches 22 juillet 2009 13:06

      Je sais qu’il est impossible, actuellement, vu le changement de situation qui envoit les US dans le décor, de remettre en place le système d’étalon or. Chacun tire la couverture à lui, comme d’habitude dans le libéralisme.

      Mais tuer l’Euro est nous tuer nous-mêmes. L’Euro n’est pas qu’une monnaie : c’est un marché qui intéressera toujours les BRIC et les Pays du Golfe.
      Même si l’Europe est largement criticable de se laisser manipuler par les US par l’intermédiaire de l’Angleterre, il existe deux dimensions dans chaque monnaie : la production de richesse de ceux qui l’utilisent, et le NOMBRE de gens qui l’utilise.

      Mais bon : nous nous noyons dans un débat inutile : la redistribution des cartes se fera dans le sang, soit pour causes internes, soit pour cause externes.


    • plancherDesVaches 22 juillet 2009 13:11

      Désolé, mais je préfère un auteur d’Agora qui couche la situation par écrits, plutôt qu’un HEC avec du « visuel ».
      http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/royaume-uni-les-raisons-d-un-55892

      Et, ceci dit , nous arrivons aux mêmes conclusions.
      Mais, de même que les US et l’Angleterre chutent, l’Europe en ressortira plus indépendante.


    • Jean Zin Jean Zin 22 juillet 2009 14:54

      On ne peut pas spéculer sur les monnaies locales quant à l’étalon or, c’est le fait pour le Royaume Uni de s’y être attaché qui a aggravé la crise en 1929. Il est vrai que l’Europe est en bien mauvaise posture, devenue ingérable, mais, on ne sait jamais, un miracle est toujours possible (ou l’éclatement ?).


    • tylhdar tylhdar 22 juillet 2009 16:33

      Pour « plancherdesvaches »
      Avoir une monnaie forte n’a pas que des avantages. (délocalisations, exportations)


    • plancherDesVaches 22 juillet 2009 16:35

      Faux : vous confondez monnaie forte et niveau de vie.

      Allez faire vos courses habituelles en Espagne : on en reparle après.


    • plancherDesVaches 22 juillet 2009 16:39

      Arg.. oubli :

      Expliquez-moi aussi pourquoi un anglais moyen est obligé de travailler 6,5 jours par semaine en se débrouillant pour avoir des compléments de revenus.

      On en reparle après.


    • goc goc 23 juillet 2009 01:07

      capone a ecrit :
      En septembre, il va se produire un phénomène inédit : la majorité des jeunes qui arrivera sur le marché du travail n’en trouvera pas ! Fin 2009, la France comptera 1 millions de chômeurs de plus qu’en début d’année !

      ahh, voila j’ai enfin compris une chose importante

      j’ai compris pourquoi « on » a inventé le H1N1 : c’est pour se debarrasser des djeunz chomeurs

      merci sanofi !!



      nan jdeconne... quoique....


    • Emmanuel Goldstein Emmanuel Goldstein 22 juillet 2009 12:18

      Excellent article.


      • plancherDesVaches 22 juillet 2009 16:23

        « On ne peut pas spéculer sur les monnaies locales »
        Vaut mieux lire ça que d’être aveugle.

        http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/les-thuriferaires-du-tremblent-59216

        Voilà : même celles qui ne sont pas « locales ».

        Ceci dit, je ne crois pas non plus à une monnaie mondiale vu le bordel actuel ambiant entre chaque pays du monde.
        Mais bon : le fond du problème ne sont pas les monnaies : mais la spéculation.


        • Jean Zin Jean Zin 23 juillet 2009 10:19

          Si on ne peut pas spéculer sur des monnaies locales (qui ne sont pas des monnaies nationales mais de proximité), c’est d’une part parce qu’elles sont fondantes et donc non thésaurisables mais surtout parce que leur surface est trop petite pour procurer des gains significatifs. Quelque fois small is beautifull et plus on est gros plus on est l’objet de convoitises.


        • Forest Ent Forest Ent 22 juillet 2009 17:40

          Je ne vais pas dire le contraire de cet article, car j’ai déjà écrit à peu près la même chose.

          Un truc n’est pas spontané avec un événement centennal comme celui-ci, c’est que ce n’est pas un instant. Ce n’est pas une année ou deux de creux pour repartir. C’est un changement long, lent, profond et durable vers une ère d’austérité. En ce sens, la « crise » à proprement parler est finie depuis avril 2008. Mais les conséquences commencent à peine à apparaitre, et on les verra avec bien plus de force dans six mois.


          • ddacoudre ddacoudre 22 juillet 2009 21:24

            Salut jean

            J’ai lu avec intérêt ton article, et j’en partage l’essence, voire la phase ultime de sauvetage que peut représenter l’économie locale.

            Je crois que le capitalisme est entré dans sa phase de transformation, le processus de consommation sur lequel il s’appuie va, je l’espère, trouver de profonds bouleversements. La raison je m’en suis expliqué dans un article est lié à l’augmentation de la population et la raréfaction des matières premières ainsi que la nature polluante de leur transformation.

            Ceci va exiger l’apparition de nouveaux modèles économiques ainsi que de nouvelles modélisations systémiques. Malheureusement comme tu l’indiques cela se fera dans la souffrance, j’ignore quelle forme cela prendra, même si j’ai déjà écris que l’on se dirige vers une nouvelle forme de fascisation qui ne demande qu’une guerre comme dernier élément pour apparaitre.

            Quelque part nous pensons à tord que c’est notre intelligence qui est au commande, or il n’en est rien, l’évidence des difficultés dont la science nous a fait prendre conscience, n’emporte pas le changement de comportement ni de modélisation systémique, ce que tu rappelles en disant que le comportement des banquiers après le coup de feu reste égal à lui-même et vont préparer les suivants.

            Il ne faut guère espérer mieux des hommes politiques qui ne sont que le résultat d’une cooptation systémique et sont donc dans l’impossibilité de réformer quoi que ce soit si ce n’est de s’enterrer un peu plus et ainsi faire le lit des drames à venir. Je ne les rend pas responsable car il ne sont que le résultat d’une régression intellectuelle au bénéfice exclusifs du sensoriel, largement pervertie par l’art de la communication sous sa forme dés informatrice, qui au lieu d’élever l’esprit humain le réduit à craindre la critique et a élevé la tromperie en félicité grâce au marketing.

            Quelque part nous manquons autant d’intelligence qu’un singe, en restant sous l’arbre qui nous donne de l’argent tant que nous ne l’aurons pas épuisé, même si nous savons qu’il réduit l’avenir de l’espèce humaine. Imaginer seulement que l’écroulement du système de production agricole par une guerre aurait des conséquences inimaginables s’ils devaient ne plus en avoir les moyens, seulement parce que le système s’effondre, n’effleure pas grand monde.

            Nous sommes donc plus dirigé que cela le parait par nos comportements grégaires, et la raison est loin d’être au commande. Il ne faut donc pas espérer de ceux qui sont aux commandes  du système impersonnel de « dominants systémiques » une quelconque réforme réfléchi. Ce qu’ils font ils le font avec conviction sinon ils ne pourraient pas en assurer la pérennité, et nos systèmes de modélisations mathématiques ne sont que la traduction chiffrée de nos comportements grégaires. Je reconnais que c’est un peut difficile à comprendre si l’on ne postule pas que nous ne disposons pas du libre arbitre et que les évènements  futur se lisent dans ceux mis en place dans le passé pour seulement une part. Ce qui nous ôte le bénéfice du déterminisme, que certains recherchent au travers de formules magiques despotiques qui nous conduisent toujours à un moment ou un autre dans le mur, car elles ne peuvent pas supprimer l’aléatoire de l’existence, même en utilisant le conditionnement de la pensée unique.

            Merci pour cet article cordialement.



            • Jean Zin Jean Zin 23 juillet 2009 10:11

              Notre libre-arbitre est certes primordial mais il est très limité car on ne peut faire n’importe quoi, ce qu’on peut faire est même très limité et si la liberté s’éprouve quand on ne sait pas quoi faire, l’enjeu est bien cognitif, de trouver la solution pratique pour se sortir au mieux de la situation dans laquelle on s’est mis.

              C’est pourquoi le plus grave, ce ne sont pas les turpitudes passées mais l’absence d’alternative, la désorientation de la pensée, l’effondrement de la gauche au moment où elle devrait se poser en recours à l’ancien système en faillite. C’est pourquoi le problème, ce n’est pas l’autre, le méchant, le cupide, c’est nous avec l’impossibilité de nous entendre sur ce qu’il faut faire, avec nos idées toutes faites et notre rationalité décidément trop limitée mais ce n’est certes pas une raison pour renoncer et se laisser-faire, plutôt pour se retrousser les manches et tenter malgré tout d’éviter le pire. D’une certaine façon, plus la situation semble sans issue, plus notre libre-arbitre peut être décisif, plus nos décisions sont importantes.


            • Michael Jordan Manson (MJM) Michael Jordan Manson (MJM) 8 août 2009 23:53

              L’environnement est parfois plus important que le libre arbitre même. Je veux dire le libre arbitre de l’environnement ou du groupe peut diriger sans que l’on ait à se sentir libre, soi même.
              Cela dit, la vie n’est pas un long fleuve tranquille.


            • tvargentine.com lerma 22 juillet 2009 22:03

              Un très bon article très loin du TSS habituel

              Encore bravo sur cette analyse que je partage principalement sur le risque de voir les vautours (les spéculateurs se refaire un santé,dans un 1er temps avec le phénomène de la grippe ,amplifié dans une spirale spéculative et dans un 2eme temps dans une prochaine reprise qui fera repartir le prix du pétrole à la hausse et qui plombera de nouveau l’économie.

              Moderniser le capitalisme et non le supprimer ,voila le vrai combat,car il est utopique de vouloir supprimer le capitalisme car à ce jour il n’existe pas d’autres systèmes

              Je me permet ce lien :

              http://www.gouvernement.fr/gouvernement/le-president-de-la-republique-veut-refonder-le-capitalisme

              car il est bon de rappeler qu’en septembre 2008 ,le Président Nicolas Sarkozy lance l’idée
              de la refonte du système vers une meilleure régulation et de contrôle

              Je pense qu’il faut être réaliste et dire que tant que l’administration OBAMA n’aura pas imposé des véhicules automobiles qui consomment à l’économie (à l’européenne) ,ou d’imposer aux constructeurs américains des véhicules hybrides ,la crise va continuer
              (il faut inclure aussi les industries grosses consommatrices d’énergies fossiles)

              Cela obligera les américains à « dévaluer » graduellement leur monnaie,et donc à faire perdre de l’argent aux chinois,sous traitant en fin de chaine de production ,le prix du pétrole obligera la relocalisation de certaines industries qui,jusqu’à présent recherchaient
               le cout le moins cher ,car le transport avec la Chine coutera plus cher,sans compter que le ralentissement de l’économie en Chine aménera l’instabilité sociale avec l’augmentation des couts de production et des contestations.

              L’europe,la france dispose d’une fenêtre pour remodeler les cartes en apportant des contrôles plus strictes aux productions chinoises et imposer un système économique rhénan http://fr.wikipedia.org/wiki/Capitalisme_rh%C3%A9nan et en supprimant le millefeuille administratif français qui fait qu’aujourd’hui qu’on paie 40% de taxe regionales,départementales,communales...taxes,. STOP

              En réformant notre système démocratique de représentation de villes,département,région,la France fera énormement d’économie et cela apportera une nouvelle dynamique au porte monnaie du contribuable

              Voila 2 réformes fondamentales,une ,européenne,l’autre française

              Je pense que le Président Nicolas Sakozy pense à 2012,et qu’il ne veut pas rester un Président passif devant l’éffondrement d’un système qui reposait sur la corruption du système financier

              http://www.tvargentine.com/tigre/tigre.html





              • Capone13000 Capone13000 22 juillet 2009 22:43

                Sarkozy fait partie intégrante de ce système hypercapitaliste, dois je vous rappeller que les concernant ses frères, l’un était ancien responsable du Medef, l’autre directeur du groupe Carlyle !!!
                Quant à son entourage n’en parlons pas.

                Il a une position claire, c’est l’atlantisme avec comme outil le choc des civilisations.
                N’attendez rien de lui, il n’est pas là pour changer les choses en votre faveur.


              • Forest Ent Forest Ent 23 juillet 2009 02:08

                Tiens, lerma. smiley Ca faisait un moment.

                Quote : Je pense que le Président Nicolas Sakozy pense à 2012,et qu’il ne veut pas rester un Président passif devant l’effondrement d’un système qui reposait sur la corruption du système financier.

                Je ne vous ai pas trop à l’époque entendu parler de la « corruption du système financier ». smiley Tout le monde a le droit de changer d’idée. Mais pour Sarko, ses actes sont clairs : il veut sauver la corruption du système financier.

                Quote : il est bon de rappeler qu’en septembre 2008, le Président Nicolas Sarkozy lance l’idée de la refonte du système vers une meilleure régulation et de contrôle

                Tout à fait. Ca fait franchement rigoler. Merci de la pointe caustique.

                Il est aussi bon de rappeler qu’il a dit « j’ai abusé des médias mais j’ai changé » en ... 2003. Qu’il a dit qu’il ne privatiserait jamais GDF. Qu’il a dit qu’il avait rétabli la sécurité en France ... en 2006. Qu’il allait sauver une usine lorraine. Etc, etc ... On peut le tourner dans tous les sens, il a dépassé les sommets de la guignolitude. C’est un clown. Triste.


              • ZEN ZEN 23 juillet 2009 09:48

                Merci pour cet article stimulant, bien que pas très rassurant(mais le réel ne l’est pas), qui rejoint mes craintes, bien que vous ponctuiez votre analyse prudente de nombreux points d’interrogation
                Je me permets de le reprendre ici , avec votre autorisation
                Merci !


                • Jean Zin Jean Zin 23 juillet 2009 10:43

                  Merci pour la musique (c’est pas ce que j’écoute normalement) !


                • herve33 23 juillet 2009 13:28

                  Bon article , il faut bien se rendre compte de se qui se passe à l’heure actuelle . Sauf si reprise il y a , c’est plutot un W qui va ressemblera à un L . les 2 sommets derniers sommets ne seront plus jamais aussi haut que le premier sauf peut-etre dans 50 ans .

                  Les contribuables notamment américains ont été fortement sollicités pour éviter l’effondrement du système financier , non seulement américain mais surtout mondial , car nous savons maintenant que la finance mondiale est un vrai château de cartes , il suffit qu’un établissement financier au US fasse faillite et c’est l’ensemble de la finance mondiale qui s’écroule .

                  Alors que l’économie est au plus mal aux US et en grande Bretagne , on nous fait croire à une embellie des marchés financiers , alors que ce sont probablement des programmes de trading qui sont sans doute la cause de ce rebond incompréhensible de la Bourse . 

                  Car les indicateurs économiques sont toujours aussi mauvais . . Pour essayer de faire revenir en bourse les investisseurs qui ont été largement échaudés pour la déroute de l’automne 2008 , on utilise un langage qui fait penser à une certaine reprise , on a atteint le plancher , il y a de nouvelles pousses vertes dans l’économie , la baisse sont moins importantes qu’attendues etc ...

                  Mais la faits sont ce qu’ils sont , le chomage au US et en Europe est en forte progression , l’immobilier américain est toujours en baisse et le nombre de saisie pour défaut de paiement toujours en hausse . A cela , il faut ajouter les prochaines bombes à retardement que sont les autres prêts comme les Alt A et autres divers prêts qui cette fois ci ne vont pas toucher les américains modestes mais les classes moyennes qui est le principal moteur de la consommation . 
                  Quand on sait que cette consommation des ménages représente 70 % de la demande intérieure au US ( note : en Europe , les chiffres doivent etre probablement plus élevés encore sauf peut-etre pour l’Allemagne qui est le grand exportateur de l’Europe ) .

                  De plus , les ménages aux US , ayant peur de l’avenir , se mettent à épargner . Donc cette consommation ne va pas repartir bien au contraire .

                  A coté de cela , on voit le secteur financier et politique , continuer de faire comme si rien ne s’était passé , les mêmes comportements , les super bonus des dirigeants de ces établissements financiers sauvés par le contribuable . 

                  Bref , aucune mesure , aucune régulation crédible , on va laisser ce système moribond s’autodétruire au lieu d’essayer de sauver l’économie réelle en la protégeant des vautours de la finance .

                  En dernier ressort à plus ou moins long terme , ce seront les peuples qui décideront du sort qui a ceux qui n’auront pas agi et qui auront failli . Et nul doute , que l’histoire montre qu’ils n’auront pas beaucoup de pitié pour ces gens là . 

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