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Accueil du site > Actualités > International > Zimbabwe : en rire ou en pleurer

Zimbabwe : en rire ou en pleurer

Je vois souvent démarrer des diatribes violentes contre le président Mugabe. Mais ce qui me surprend presque à chaque fois, c’est que c’est le fait de gens qui n’ont jamais mis les pieds au Zimbabwe, qui n’ont jamais rencontré un seul Zimbabwéien et ne se sont forgés leur opinion souvent qu’à cause d’un seul article qu’ils n’ont parfois pas bien lu ou par simple ouï dire. Cet article a pour objectif de redonner un peu quelques éléments et explications autres que des jugements ou des affirmations à l’emporte-pièce.

La situation ne cesse de se dégrader au Zimbabwe. La faute à qui ? Certains accusent Mugabe, d’autres les pays occidentaux, Grande-Bretagne en particulier. Il est probable, que - comme souvent - les uns comme les autres aient tort mais qu’ils aient aussi raison avec quelque part une vérité qui se trouve au milieu. Rien n’est jamais tout noir ni tout blanc (sans jeu de mot), mais gris entre les deux.

Tout d’abord, il faut d’abord définir de quoi on veut parler et à quoi on fait référence. En gros, il y a aujourd’hui deux façons de parler du Zimbabwe.

  • on cherche dans l’histoire ancienne ou récente les raisons du conflit et de la situation actuelle ;
  • on cherche à résoudre le problème actuel des habitants du Zimbabwe et à les aider.

Les raisons de la situation actuelle

Malheureusement, les origines du conflit sont encore et toujours le racisme. Attention, je ne parle pas du racisme de tel ou tel individu tel qu’on peut le voir fleurir dans les commentaires aux articles d’Agoravox, bien dense et caractérisé et que je trouverais risible s’il ne me hérissait pas autant. Non, je parle du racisme à titre collectif, celui de l’attitude générale d’un groupe, le même que celui qui fait que en France, quelqu’un qui porte un nom à consonnance arabe obtient 10 % des rendez-vous d’embauche qu’il aurait obtenu s’il s’appelait autrement.

Ce racisme là existait en Afrique de la part des coloniaux, et il existe encore d’une partie de la population blanche dans les pays d’Afrique. Il existe aussi chez de nombreux Noirs vis-à-vis des Blancs, et puisqu’on y est, il est exacerbé mais caché chez les Asiatiques vis-à-vis des Noirs (chose réelle bien qu’on ne le sache souvent pas dans les pays occidentaux).

Histoire

Pour revenir au Zimbabwe, l’origine du pays n’est pas à chercher bien loin car l’histoire est récente.
Au tout début, c’est Cecil Rhodes qui s’est emparé de la région en faisant signer un contrat en anglais au roi Ndebele lequel concédait la région et en croyant que c’était autre chose. La force des armes fut ensuite employée pour faire respecter la lettre dudit contrat.
Même plus tard, à la première indépendance de 1964, Ian Smith avait pour objectif de préserver les privilèges des Blancs représentant 8 % de la population.
En 1970, la République de Rhodésie est proclamée, "démocratie" sur le mode anglais dit de Westminster. En gros, cette démocratie prévoyait un parlement avec 16 députés noirs pour 50 députés blancs. Les mouvements noirs étaient interdits et les leaders régulièrement emprisonnés et il y avait des mouvement de guerilla de plus en plus nombreux.
Après plusieurs tentatives de gouvernement multiracial et de constitutions désavouées tantôt par les Noirs, tantôt par la Grandre-Bretagne, parfois par les Blancs, après dix ans de guérilla, un gouverneur général britannique est nommé pour remettre de l’ordre avec les pleins pouvoirs sur la Rhodésie du Sud le 12 décembre 1979.

Le 21 décembre 1979, les accords de Lancaster House étaient signés en Angleterre par Smith, Muzorewa et les leaders des mouvements de libération Zapu et Zanu sous l’édige de lord Carrington, ministre de Margaret Thatcher. Ils prévoyaient le régime parlementaire, le maintien pendant sept ans de 20 sièges sur 100 pour les Blancs, l’interdiction d’une nationalisation forcée de la propriété privée.
Une rétribution pacifique des terres avec indemnisation élevée était encouragée sous l’égide et le financement de la Grande-Bretagne.

Des élections sont organisées pendant lesquelles Mugabe est victime de deux tentatives d’assassinat et devient Premier ministre.
Dès 1980, soit dès l’indépendance "moderne", 200 000 fermiers noirs réclamaient des terres à cultiver. A cette époque, 4 500 fermiers blancs exploitaient environ la moitié des terres cultivables du pays.
En 1987, les Zimbabwéiens blancs représentaient 1 % de la population et détenaient plus d’un bon tiers des terres cultivables (les meilleures) qui produisaient 80 % du total national.

Avec le temps, de plus en plus de manifestations de fermiers noirs et d’anciens combattants de mouvements de libération (du Zanla en particulier avec la grève de 1997) ont lieu qui réclament l’expropriation des fermiers blancs. En 2000, Mugabe organise un référendum sur une modification de la constitution permettant la réforme agraire et l’expropriation. Les Zimbabwéiens répondent non.
Mais le parti majoritaire du Zanu-PF maintient la pression sur Mugabe, et celui annonce l’expropriation quasi générale des Blancs.

Dès lors, la politique intérieure ressemble à une fuite en avant avec toujours plus d’autoritarisme et de moins en moins de liberté. Le tout sous un fond de catastrophes naturelles (années de sécheresse, puis année d’inondations graves dans le sud du pays) s’ajoutant aux catastrophes politiques.

Aujourd’hui

La réponse politique est de museler le plus possible l’opposition. Pas bien. Mais là où les choses ne sont pas claires du côté des détracteurs, c’est qu’il existe de par le monde des violations et des actes bien plus graves qu’au Zimbabwe dont personne ne parle et que tout le monde semble ignorer. C’est le cas en particulier au Myanmar et en Corée du Nord.

La réponse économique est de faire fonctionner la planche à billets. Mais la seule conséquence est de faire perdre confiance dans la monnaie nationale. Ce qui rend les choses plus que très difficiles pour les habitants payés en dollars Zim, avec une perte de pouvoir d’achat épouvantable. La corruption s’installe, car des fonctionnaires sont en dessous du seuil de pauvreté. La seule solution, c’est la devise étrangère et le troc. D’où l’apparition d’un marché des changes parallèle et la course au stockage de denrées non périssables. Même les prostituées prennent le pas : elles se font payer en carburant et refusent le dollars Zim (c’est toujours du liquide, mais bon...).
Mais de nouveau, les chiffres indiqués par les observateurs étrangers sont très déformés. Car s’il est vrai que l’inflation du dollar zimbabwe devient totalement aberrante, le coût de la vie mesuré à l’aune de n’importe quoi d’autre que le dollar zim indique que le coût de la vie est à peu près constant. C’est la monnaie du pays qui est une catastrophe.

Le rôle de la Grande-Bretagne est aussi un peu trouble. Car l’aide de ce pays promis pour financer la redistribution des terres des fermiers blancs aux Noirs s’est brutalement arrêtée. Et la Grande-Bretagne est souvent intervenue pour sanctionner le pays économiquement. Le schéma ressemble tellement à celui des Etats-Unis et de l’Irak (campagne de presse dans tous les médias anglo-saxons allant jusqu’à une déformation grave, empêchement du président Mugabe ou des représentants du pays de venir aux sommets africains en Europe, dont le dernier de Lisbonne, et position insistante pour parler du cas du Zimbabwe en l’absence de ses représentants, lobbying actif contre le Zimbabwe pour des sanctions économiques et empêcher les membres du gouvernement de pouvoir sortir du pays) avec des richesses importantes du pays (deuxième producteur mondial de platine, or, diamant, charbon, uranium) que l’on ne peut pas s’empêcher de faire le parallèle.

Bref, on ne peut pas sérieusement mettre sur le dos de Mugabe tout le mal qui se passe au Zimbabwe, pas plus qu’on ne pouvait mettre sur celui de Saddam Hussein tout le mal en Irak à partir du moment de l’intervention des Etats-Unis. Il a une responsabilité majoritaire, ne serait-ce que parce qu’il est président, mais il n’est pas le seul fautif à cette situation épouvantable.

Résoudre le problème

Pas grand-chose à faire

En pratique, nous ne pouvons pas faire grand-chose réellement pour aider les Zimbabwéiens. D’ailleurs, les diatribes contre Mugabe ne changent pas grand-chose non plus et n’aident pas plus les Zimbabwéiens.

Le première aide des Zimbabwéiens vient en fait des Zimbabwéiens eux-mêmes. En effet, on peut considérer qu’une grande part de la population active de ce pays est désormais hors des frontières. Et l’économie de survivance dans le pays se fait par l’envoi d’argent (étranger, ce qu’au Zimbabwe on appelle le "hard-currency") par la famille qui est au-delà des frontières.
Evidemment, le problème est que ceux qui sont partis sont les plus éduqués, les plus compétents : médecins, dentistes, ingénieurs, avocats, hommes d’affaires, etc.

En tout cas, il est bien plus sûr de compter sur cette aide que sur celle des Chinois. Car la Chine peut être bien plus cruelle que l’Occident en la matière.
Tout d’abord, pour les Chinois, il n’y a aucune considération de droits humains (cf les problèmes dans les mines de cuivre en Zambie), aucune considération sur le développement durable et les catastrophes écologiques (cf l’exploitation de la forêt au Congo) et un relent de racisme encore pire que ce que vous pourriez imaginer. Il n’y a d’ailleurs pas besoin de chercher les couples mixtes chinois-africains : les exceptions sont des aberrations statistiques.
Et plus la Chine aura d’espoir que la situation puisse empirer au Zimbabwe, plus la Chine se dépêchera d’attendre pour obtenir pour encore moins cher ce que le Zimbabwe exangue espère que la Chine lui achètera.

Même les richesses actuelles du Zimbabwe ne peuvent plus aider suffisamment le pays. Ainsi, la production de platine a diminué de presque moitié pour une raison aberrante, dûe moitié à la politique monétaire de Mugabe (officiellement de M. Gono, gouverneur de la Banque centrale, mais suivez mon regard) et à moitié au manque de confiance de l’étranger. Car la politique monétaire est dingue : quand on importe des dollars US, on a 250 $Zim pour un 1 $US. Alors que sur le marché noir, on a eu jusqu’à 100 000 $Zim pour 1 $US il y a un mois, même si aujourd’hui on est autour de 60 000.
Il faudrait remettre en état les machines d’extraction des mines de platine. Rien que de très normal, chez nous, on appelle cela de la maintenance. Mais comment faire pour envoyer de l’argent si la valeur est divisée par 240 par simple passage dans la lessiveuse qu’est la Banque centrale. Une nouvelle loi est sortie qui fait que sur le secteur minier, la lessiveuse ne divise la valeur de l’argent que par trois...
Et même si l’on importe les pièces et machines au vrai prix, les sociétés étrangères commencent à avoir des doutes sur la rentabilité de nouveaux capitaux à horizon de plus de quelques mois.

Un de mes copains a voulu acheter un polo au mois d’avril dernier. Prix : 400 000 $zim ou 20 $US. Cela met le taux à 1 pour 20 000, ce qui était la valeur à l’époque. Mais comme il n’avait plus de cash, le pauvre fait une carte visa pour 400 000 $zim.
Heureusement, en passant près de l’accueil, je l’ai vu et j’ai fait tout annuler. Car ses 400 000 $zim allaient se transformer en 1 600 $US pour un polo ! et je lui ai prêté les 20 $US ce qui va quand même mieux. Question : qui se serait mis dans la poche les 1 580 $US. La Banque centrale, oui d’accord, mais au-delà ?

Le tourisme

A notre niveau, nous ne pouvons pas faire grand-chose, sauf par le tourisme.
Mais tout le monde ne peut pas le faire. Car de nouveau, pour éviter la grande lessiveuse de la Banque centrale, il faut payer le minimum à l’avance et voyager plus à l’ancienne, avant les agences de voyage internationales : une fois arrivé dans le pays, on achète tout en espèces et en hard currency (euro ou mieux $US) en ne parlant de $zim que si le prix paraît exagéré à cause d’un taux de change un peu olé olé qu’appliquerait par exemple le restaurateur.
Et évidemment, voyager de cette façon nécessite des compétences de voyageur qu’on n’a plus : savoir accepter l’inconnu et la découverte comme une chance et pas une contrainte, accepter les imprévus, aller plus au contact des gens du pays et ne plus transporter autour de soi en voyage la bulle isolante que représentent nos habitudes et notre façon de vivre dans notre pays.

Ce qu’il ne faut pas faire

Car ce qui me fait mal, et dont je souffre déjà à l’avance par certains des commentaires qui ne vont pas tarder sur cet article, ce sont tous ceux qui vont mesurer à l’aune de leurs propres habitudes et environnement ce qui se passe ailleurs sans plus de compréhension ni même de véritable effort pour connaître un pays ou une situation.

Aussi, la première chose que j’aurais tendance à dire sur ce qu’il ne faut pas faire, c’est prendre position sans vraiment savoir ce qu’il se passe, et éviter d’aller rencontrer l’ambassadeur sur un salon et aller lui déclarer tout de go sans même savoir qui il est : "J’aime bien votre pays, mais je n’aime pas votre président". Je ne sais pas si cela vous fait rire, mais sur le coup, j’étais géné et suffoqué d’assister à ce type de scène.

En tout cas, il y a une chose que la pays conserve : la gentillesse de ses habitants vis-à-vis de l’étranger, car malgré les difficultés dramatiques du pays, les Zimbabwéiens restent adorables et il n’y a pas de problème d’agression vis-à-vis des touristes (contrairement à certaines zones d’Amérique du Sud). Et le Zimbabwe est un des pays les plus beaux de l’Afrique australe.


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Réagissez à l'article

14 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 16 août 2007 10:41

    Pour justifier le pouvoir fasciste du Président Mugabe qui a fait sa campagne électorale sur le RACISME anti-blanc vous écrivez un article répugnant afin de justifier son racisme en cherchant des explications dans des explications douteuses.

    Vous n’avez aucune objectivité et il n’est pas normal de voir un tel article justifiant les crimes commis contre des blancs par un fou Mugabe

    Nous attendons votre condamnation explicite de ce fou ici monsieur « le redacteur » ainsi que de son régime et de ses crimes


    • chams 17 août 2007 11:18

      @lerma

      ya des moments (souvent) ou t’es a pleurer...


    • ZeusIrae 16 août 2007 11:14

      « ’est qu’il existe de par le monde des violations et des actes bien plus graves qu’au Zimbabwe dont personne ne parle et que tout le monde semble ignorer. »

      La réponse est evidente,la Corée du Nord et le Myanamar sont des dicatures depuis des années.

      Dans le cas du Zimbabwe,Mugabe a réussie la performance de transformer le grenier de l’Afrique en une catastrophe économique.Et en plus on y a assisté en direct.D’ou l’attention porté au problème.


      • Bigre Bigre 16 août 2007 11:14

        Il faut de tout pour faire un monde et un éclairage interne est fort intéressant. Merci pour l’article.

        Zimbawé actuel ou Zaïre de Mobutu des années 1990 et suivantes, ... beaucoup de similitudes.

        Et la révolution ne peut que venir de l’intérieur, de la population elle même. Avec l’aide du temps qui passe et fait aussi vieillir les présidents à vie.

        Les « nations » n’interfèrent pas, au mieux elles constatent. Les pays mal gérés sont nombreux et qui peut y faire sinon les populations elles mêmes ? La mauvaise gestion profite à trop de monde ...


        • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 16 août 2007 11:31

          Quand les blancs étaient « au pouvoir », c’était de sales racistes qui avaient spolié les pauvres noirs de leurs terres et faisait régner la dictature. Mais le pays était le grenier de l’Afrique, les habitant avait de quoi mangé et un travail.

          Quand les noirs sont au pouvoir, les blancs sont toujours de sales racistes, les noirs ont récupéré leurs terres. Mais le pays meurt de faim, les gens n’ont pas de travail, la dictature a changé de couleur et les blancs sont partit (du moins une bonne partie).

          C’est bien gentil de toujours dire que les blancs sont de sale raciste qui saignent l’Afrique noire de ses ressources. Mais on constate que les seuls pays qui sont stables, où la population ne crève pas de faim et qui produisent des richesses, sont ceux où les blancs ont une part active dans le pouvoir.


          • Captain Cap 16 août 2007 17:32

            Mon excellent collègue et ami George W. Bush me disait l’autre jour, entre le martini et le gin tonic : « vous avez raison, si le Zinzinbabouin est au 36ème dessous, c’est grâce à mes services secrets. » Heureusement que le bon monsieur Mugabe est là pour redresser les choses ! Vas-y Bébert !

            En prime : le blog d’un salopard de blanc à la solde de Bush


            • Act 16 août 2007 20:53

              Koudou,

              Excellent votre article-document qui explique le pourquoi du comment aux « nuls » et rétablit la vérité sur les bobards qui satisfont nos égos hypertrophiés. La réaction des uns et des autres révèlent bien une chose : c’est que peu importe la vérité, seule compte celle que nous voulons entendre.

              Peu importe la fortune de votre initaive, vous l’avez fait et c’est ce qui compte. Merci !


              • Makan 16 août 2007 21:18

                @l’auteur,

                Ce que vous aviez craint est effectivement entrain de se produire : des gens qui viennent poster des commentaires stupides sans chercher à comprendre.

                Ils ne remarquent même pas que les Zimbabwéens ont majoritairement voté non au référendum dont le but était l’expropriation des fermiers blancs.

                Le racisme, le vrai, est dans l’idéologie « suprémaciste » blanche qui dit que dans les pays africains où les Blancs ne sont pas au pouvoir les gens crèvent de faim. Rien que pour cela, beaucoup d’Africains préféreront crever de faim plutôt que de voir les Blancs aux commandes. Et, ne vous en déplaise, il existe des millions d’Africains qui n’ont pas besoin de votre « aide » pour vivre.

                Je ne sais pas si vous avez remarqué mais M. Mugabé bénéficie du soutien de la majorité des Africains. Pour gagner leur dignité, tous les peuples ont dû lutter, parfois souffrir la guerre, la famine et les privations. Nous, Africains, nous savons que n’y échapperons pas. Tout cela vaut mieux que de laisser les commandes de nos pays à des racistes Blancs qui nous méprisent. Et, de toute façon, lorsqu’ils en avaient les commandes, on a vu comment ils se comportaient.

                Vous pouvez pleurer indéfiniment sur les fermiers blancs qui ont perdu leurs privilèges mal acquis. Ils n’ont pas mérité de posséder ces terres. Ils les avaient acquises par la violence, ils les ont perdues par la même violence. Ce n’est que justice.


                • masuyer masuyer 16 août 2007 23:33

                  Plus j’avançais dans la lecture de l’article, plus j’imaginais les commentaires qui allaient suivre. Je n’ai pas été déçu

                  Merci à Act pour cette analyse lucide :

                  « La réaction des uns et des autres révèlent bien une chose : c’est que peu importe la vérité, seule compte celle que nous voulons entendre. »

                  Merci à l’auteur de nous donner une version un peu plus étayée que celle dont semblent se repaitre nos « bons blancs dont les vilains noirs ont mordus la main nourricière », car si la situation est loin d’être rose, le portrait qu’on nous en brosse habituellement ressemble à s’y méprendre à une caricature coloniale, dont les traits sont tellement exagérés que le simple bon sens devrait permettre de renifler « le loup ». Cordialement


                  • GREGOUNAI 17 août 2007 12:22

                    En rire certainement pas... en pleurer oui... un point manque à cet article... Pourquoi Mugabe tient il à rester au pouvoir ? Peut être parceque juste après avoir « libéré » le pays il fait assassiner d’une à plusieurs centaines de ndbele (qui ne sont pas blancs) afin qu’ils ne revendiquent aucun pouvoir sur le pays. A propos du racisme, je n’en ai jamais rencontré au Zimbabwe, ni dans un sens, ni dans l’autre... les seuls racistes étaient souvent les expatriés Européens qui se gavaient dans ce pays où tout ne vaut rien. Enfin il ya beaucoup de choses à dire. Ce qui est sûr c’est que Mr Mugabe a ruiné le plus grand et peut être le seul espoir de l’Afrique.


                    • tal 17 août 2007 17:02

                      Moi aussi je rigole par avance quand je lis un quelconque sujet se rapportant à l’Afrique noire. Aucune discussion ne sera JAMAIS possible. Il y a une clique bien implantée dans AgoVox et qui se tient en embuscade.

                      A défaut d’un autre moyen, ils ont l’écrit pour assouvir leur haine contre telle ou telle catégorie de leurs semblables. En débittant leurs conneries ils se sententent soulagés. Je vais quant a moi les décevoir, car je ne met pas leurs réactions au compte du racisme, mais de la connerie simplement.

                      Pour revenir à l’article, comme l’a dit l’auteur que je remercie au passage, la « vérité » de la situation au Zimbabwé est infiniment plus complexe et ne se résume pas aux commentaires simplistes de certains. Il faut garder en mémoire ce qu’était le Zimbabwé-ex-Rhodésie-. C’était un Pays riche agricolement parlant et en relativisant... Ce pays dont le leader un nommé Ian Smith ne révait que d’une chose, faire de la Rhodésie une seconde Afrique du Sud.

                      Les Africains l’en ont empéché, et les Anglais n’ont pas pu cette fois réediter le coup « à la Ponce Pilate » , ainsi qu’ils l’avaient fait dans les années 1945/1946 avec leur ancienne colonie d’Afrique du Sud, ou ils avaient accepté le fait accompli des Boers et de leur clique raciste. La Rhodésie était « riche » pour la simple raison que le pays recevait un soutien de cette fameuse « communauté internationale », qui chacun le sait- et en ce temps-là plus que jamais- se résumait à l’occident blanc et et plus spécialement des nations anglo-saxonnes les plus riches. L’investissement venait à 98% du Royaume Uni et des USA. Sans ces apports de capitaux nécessaires à la modernisation de l’agriculture, ainsi qu’aux infrastructures agicoles, blanc ou pas blanc la situation n’aurait pas été différente de ce que l’on constate de nos jours ua Zimbabwé comme en Roumanie, en Bulgarie, ou à Cuba.La confiance dont bénéficiait ce régime de Ian Smith, avait avant tout une signification ethnique.

                      Le Zimbabwé subit un embargo(honteux !) qui ne veut pas dire son nom. Appelez ça comme vous voudrez, mais c’est une réalité qui du reste a été reconnue par les Anglais en même temps qu’ils faisaient leur méa culpa, pour un certain nombre d’agissements pas très jolis dans ce Pays. Le bût du jeu est de pouvoir clamer « Ah !Les blancs sont revenus, ils sont de nouveau maitres du pays, les affaires reprennent, l’économie est florissantes, ».J’espère que les Africains ne se laisseront pas une fois de plus prendre à cette mascarade...

                      Si le fait d’être blanc signifiait que sans capitaux, sans investissements, un pays pauvre, avait l’assurance partant de rien de devenir prospère de par la simple couleur de peau de ses habitants, couleur de peau induisant ipso-facto une « intelligence supérieure », alors Cuba, l’Argentine,(l’Irlande des années 70 !) la Roumanie, la Bulgarie, L’Albanie, et nombre des ex-républiques de l’ancien Union Soviétique ne seraient pas ce qu’elles sont...Quant à la Russie après l’implosion du communisme elle aurait du selon cette « logique » se retrouver au niveau des States ou du Japon (pays non-blanc)

                      Il y a dans cette affaire sur laquelle je ne m’étendrai pas davantage,en même teps qu’une obstination de Mugabé, une volonté de PUNIR le peuple du Zimbabwé, coupable aux yeux des financiers traditionneles des lobbies blancs d’Afrique noire, de soutenir dans une très forte proportion son président.

                      Je ne vais certainement pas pleurer sur ces quelques fermiers blancs qui se sont vus déposséder de terres qu’ils occupaient depuis la colonisation, en vertu de la loi du plus fort. Je ne vais pas pleurer non plus sur ceux d’entre eux qui se sont fait botter les fesses et voir même lyncher à Harrare, alors que je me trouvais pour affaires à l’époque dans ce pays.Bien que de la même couleur qu’eux, je n’ai pas été inquiété ce jours-là...Curieux tout de même ! Les crétins qui déversent leur haine à longueur de journée et à l’occasion des sujets sur l’Afrique seraient mieux avisés d’approfondir leurs connaissances sur kla question des rapports entre nous et les noirs en Afrique, maintenant et encore plus du temps de la colonisation.


                      • tal 17 août 2007 20:11

                        @koudou

                        vous dites en substances :

                        « Ce racisme là [...] existe encore d’une partie de la population blanche dans les pays d’Afrique. Il existe aussi chez de nombreux Noirs vis-à-vis des Blancs,[...] il est exacerbé mais caché chez les Asiatiques vis-à-vis des Noirs... » *******

                        Tout ça ne veut strictement rien dire de plus, que la connerie est la chose la mieux partagée parmi les humains. Mais ça on le sait depuis la nuit des temps.

                        Vous auriez pu ajouter à votre énumération que ce racisme exoste et est aussi bien réel parmi les noirs.Un Sénégalais accepterait bien difficilement d’épouser une Congolaise et vis-versa, de même qu’un Ethiopienne n’épousera pratiquement jamais un camerounais, un Zaïrois, un Guinéen ou que sais-je ? Pire un Sénégalais peul ne se mésaliera que très exceptionnellement avec un sénégalais(e)d’origine Bambara.

                        Ce n’est certainement pas vous qui allez me contredire sur ce point...Un juif Ashkénase ne prendra pour parti que très rarement un juive Séfarade. Qu’est-ce que ça prouve tout ça ?!...Rien en dehors du fait que le préjugé fait partie de la nature humaine et, est tenace. *********

                        Maintenant concernant le « racisme » des Asiatiques à

                        l’égard des noirs,vous dites :

                        « ...(chose réelle bien qu’on ne le sache souvent pas dans les pays occidentaux) » *****

                        Pourquoi voudriez-vous que ces derniers aiment plus particulièrement les noirs, alors qu’ils sont réputés « détester les blancs plus que tout » selon la formule d’un célèbre romancier aglo-saxon...Du reste si les Asiatiques s’aimaient entre eux, tout en détestant les blancs et les noirs, il n’y aurait que demi-mal, mais hélas le Cambodge et le génocide opéré par les Khmers rouges contre leur propre peuple sont là pour nous rappeler que les Jaunes n’aiment pas non plus les Jaunes.Ceci vaut aussi pour les noirs avec le génocide Tutsi, et pour les blancs avec la Shoah !

                        Pourquoi vous les noirs, voulez vous tant que les autres vous aiment, alors qu’ils se détestent réciproquement, et entre eux ? C’est ce que je ne parviens pas a comprendre. A mon très humble et, très modeste avis, c’est l’Homme qui n’aime pas l’Homme.

                        C’est pour moi aussi simple que ça Salutations à tous.


                        • Act 18 août 2007 02:57

                          Tal,

                          Vous êtes tellement vrai mais si désabusé que j’en ai mal. Pourquoi n’insistez-vous pas sur l’ignorance des hommes qui nous fait nous détester les uns les autres ?

                          L’Afrique est le terrain par excellence de l’obscurantisme encouragé par le désir de piller ses ressources naturelles, même si le reste du monde n’en est point dépourvu. La campagne actuelle antichinoise en est une belle illustration. A chaque fois, l’ignorance est le levier qu’actionne sadiquement les maîtres (princes) du monde avec des résultats éloquents même sur Agoravox.

                          Merci Masuyer pour votre hommage. Venant de vous, c’est un plaisir que je savoure allègrement.


                          • koudou 18 août 2007 18:50

                            Je ne suis pas déçu !

                            Agora Vox est bien un nid de racistes dont les haines irrépressibles et aussi compulsives que celles des pédophiles s’épanouissent à l’ombre de l’anonymat confortable mais pas si impunissable qu’il veulent bien le croire ...

                            Non, je ne suis pas déçu, parce qu’il y a aussi sur Agora Vox des personnes qui savent lire et qui savent réfléchir. Et merci à elles, les commentaires racistes à mon article des autres sont tellement caricaturales que ces personnes capables de réflexion se reconnaîtrons plus que facilement.

                            Merci aussi à ceux qui ont apporté un élément raisonné complémentaire et un éclairage un peu différent, comme Makan, qui a remarqué ce que les autres n’ont pas remarqué, à Masuyer qui a une conclusion pleine de bon sens, a tal qui apporte des éclairages complémentaires permettant de mieux saisir la complexité de la situation. Juste un point à tal à propos de l’intervention (exacte) sur le racisme des asiatiques : culturellement, le noir est détesté plus que le blanc par les chinois quoique prétende un blanc anglosaxon. J’insite sur ce point, car c’est une clef très importante de compréhension pour améliorer la compréhension du pillage des ressources naturelles de l’Afrique par les chinois. Ce n’est bien entendu pas la seule clef, et pas la plus importante. Mais c’est tout de même un aspect important.

                            GREGOUNAI : j’ai rencontré du racisme au ZImbabwe. Il est discret, mais quand il affleure, il n’est pas plus beau qu’ailleurs. Je vais vous donner ce que je considère comme un indice : au Bulawayo Golf Club (dont je suis membre honoraire), il n’y a pas un seul membre noir, même si le soir, on trouve pas mal de personalités noires au bar du Club-House invitées par des blancs. A Harare, je ne connais que deux blancs membres du Borrowdale Brooke Golf Club (le club le plus fermé du pays). Par contre, ce que j’ai constaté, c’est la gentillesse générale et l’absence totale d’agressivité des habitants au Zimbabwe, qu’ils soient noirs ou blancs, ce qui fait que ce pays en proie à des difficultés plus que graves est un des pays où on se sent le plus en sécurité au monde, y compris les pays occidentaux !

                            Enfin, en guise de conclusion à mon commentaire (mais pas à la discussion), j’ai l’impression qu’une nouvelle fois sur ce sujet, parmi ceux qui disent quelque chose de contructif, il y a une forte proportion de personnes qui ont un niveau d’information ou de réflexion un peu plus élevé que la simple lecture des articles sur le web, et/ou ayant été dans le pays.

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