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Accueil du site > Actualités > International > Zimbabwe : l’inévitable réélection du dictateur Robert (...)

Zimbabwe : l’inévitable réélection du dictateur Robert Mugabe

Il est des pays où la démocratie est avérée et vérifiée, comme en Europe ou en Amérique du Nord. D’autres où elle est hésitante, discutable, du moins maladroite comme en Russie. Et puis d’autres qui sont clairement en dehors de tout processus électoral sincère. Comme le Zimbabwe.

Samedi 29 mars 2008, le Zimbabwe organise une élection présidentielle et des élections législatives, sénatoriales et municipales. Une première issue d’un amendement constitutionnel de 2007 visant à rassembler toutes les élections le même jour et pour un mandat de cinq ans.

Dans la course

Qui sont les candidats pour cette élection présidentielle ?

Le président sortant Robert Mugabe (ZANU-PF), le leader de l’opposition (dirigeant le MDC), Morgan Tsvangirai, l’ancien ministre des Finances Simba Makoni devenu dissident, et Langton Toungana, inconnu dans la classe politique.

Quatre candidats, et 5,9 millions d’électeurs.

Soit deux de moins que le 11 mars 2002. Et aucune candidate contrairement à 2002 avec la candidature d’Elizabeth Madrangure.

Pour les autres élections, la parité politique au Zimbabwe a encore beaucoup de chemin à faire. Pour les élections législatives, seulement 99 femmes se présentent sur 730 candidats (le 31 mars 2005, 57 sur 273) et pour les élections sénatoriales, 63 candidates sur un total de 195 (le 26 novembre 2005, 45 sur 132).

Le Parlement sortant est le suivant :

1. Députés élus : 78 sièges pour la ZANU-PF et 41 pour le MDC (39,5%).
2. Sénateurs élus : 43 sièges pour la ZANU-PF et 7 pour le MDC (20,3%).

D’autres parlementaires sont nommés par le gouvernement (vieille pratique à l’époque de la surreprésentation des Blancs et du passage progressif du pouvoir aux Noirs). Cette ‘tradition’ a permis de renforcer la majorité de Mugabe, notamment pour d’éventuelles réformes constitutionnelles.

Sincérité du processus mise en doute

La loi électorale s’est améliorée pour rendre plus rigoureuses les opérations électorales et Robert Mugabe a même mis en place une procédure internationale pour se dédouaner d’éventuelles fraudes, où l’Angola joue un rôle prédominant.

130 techniciens étrangers africains seront présents pour valider l’organisation des élections et seront dirigés par le ministre angolais de la Jeunesse et des Sports (José Marcos Barrica).

Mais les observateurs occidentaux ont été interdits de se rendre au Zimbabwe pour témoigner de la bonne tenue de ces élections sous prétexte que les Occidentaux ne seraient pas objectifs ni neutres car ils ont diabolisé Mugabe parce qu’il s’en est pris aux intérêts des fermiers blancs.

Les États-Unis ont par exemple estimé le 25 mars 2008 que le processus électoral n’était ni libre ni équitable.

L’organisation Human Right Watch a protesté le 26 mars 2008 contre de « sérieux vices de forme électoraux et violations des droits de l’Homme par le gouvernement [zimbabwéen] qui sabotent tout espoir sérieux d’élections libres et justes » affirmant que « la police n’est toujours pas neutre et toujours partisane, ce qui est très préoccupant ».

Des représentants de la société civile zimbabwéenne ont été victimes de pression.

A priori, on peut donc légitiment croire qu’aucun enjeu politique ne sera de mise pour cette élection, tant la réélection de Robert Mugabe paraît aujourd’hui acquise.

Lors de son meeting le 24 mars 2008 à Bulawayo, Mugabe a clairement évoqué sa prochaine victoire électorale et le 23 mars 2008, à Harare (la capitale), il a même déclaré que l’opposition n’exercerait jamais le pouvoir de son vivant : « Cela n’arrivera pas tant que nous serons vivants, nous tous qui avons organisé le combat pour la libération. ».

Cependant, Tsvangirai a demandé le 24 mars à Harare de résister aux pressions : « On ne va rien céder lors du scrutin. Quand vous aurez voté, il faudra rester dans les bureaux de vote, il faudra défendre votre choix, ainsi nous célébrerons notre victoire. »

Cette semaine à Nyanga, Mugabe a pourtant traité ses rivaux de menteurs : « Vous n’arrêtez pas de mentir sur le fait que les élections sont truquées. (...) Ce sont des mensonges empruntés à leurs maîtres, parce que ces derniers disent que les élections ne seront ni libres ni équitables. Ce ne sont que de satanés menteurs, des menteurs démoniaques » et a mis en garde le MDC contre des manifestions en cas d’échec électoral en évoquant le précédent du Kenya qui a fait 1 500 morts : « Ne vous risquez même pas à essayer ! Essayez et vous allez voir ce que vous allez voir ».

Mais qui est donc Mugabe ?

Il a 84 ans. Au pouvoir depuis plus de vingt-sept ans : il a été Premier ministre du Zimbabwe du 18 avril 1980 (lors de l’indépendance reconnue de la communauté internationale) à 1987 puis président du Zimbabwe depuis 1987. Il sollicite ce samedi son sixième mandat.

Il a été, avec Joshua Nkomo, l’un des pères de l’indépendance du Zimbabwe, ancienne colonie britannique sous le nom de Rhodésie principalement.

Converti au maoïsme, chef de guérilla, en prison pendant dix ans de 1964 à 1974, Mugabe était un partisan de la méthode violente contre le régime de l’époque où les Blancs avaient pris un pouvoir disproportionné.

Il ne faisait pas partie de ces dirigeants politiques noirs qui, à l’instar d’Abel Muzorewa et de Canaan Banana, ont négocié pendant les années 1970 la fin de la domination blanche avec Ian Smith, l’homme fort de la Rhodésie (Premier ministre pendant quinze ans).

Il devint Premier ministre du nouvel État après la victoire de son parti aux élections du 4 mars 1980 en obtenant 57 sièges sur 100.

Il commença à gouverner avec beaucoup d’espoirs, notamment en fondant sa politique sur une union entre les deux ethnies Shonas et Ndébélés. Une union qui se cassa vite sous la pression des Shonas (dont il fait partie), ce qui entraîna le pays dans une guerre civile contre Nkomo (issu des Ndébélés). Mugabe eut des accords de coopération avec la Corée du Nord pour l’instruction de son armée à cette époque.

Cette guerre civile se termina en 1987 en même temps que la fin de la surreprésentation des parlementaires blancs (20 sur 100 sièges).

Mugabe supprima alors le poste de Premier ministre et se fit président avec de grands pouvoirs.

Après sa réélection de 1990, Mugabe voulu imposer le système communiste de parti unique, mais la chute du Mur de Berlin fit constitutionnellement échouer cette tentative.

Cependant, le régime n’eut plus d’opposant de facto.

En mars 1996, Mugabe fut réélu sans difficulté avec 92,7 % contre 4,8 % à l’ancien Premier ministre (son prédécesseur en 1979) Abel Muzorewa qui se retira sous la pression juste avant l’élection (mais son nom était déjà indiqué sur les bulletins de vote).

Alors qu’en 1980, il avait rassuré les fermiers blancs (qui produisaient 80 % du PIB du pays) en excluant toute expropriation forcée des terres, il décida de mettre en œuvre une réforme agraire très brutale dans un pays agricole initialement plein de ressources.

Hélas pour lui, le référendum du 13 février 2000 rejeta son projet constitutionnel (54,7 % de non), mais cela ne l’empêcha de mettre en pratique sa réforme agraire. Son parti ZANU-PF a failli perdre d’ailleurs les élections législatives du 25 juin 2000 avec seulement 62 sièges contre 57 pour le MDC de Tsvangirai, principal parti d’opposition (avec 47,0 %).

En mars 2002, malgré de nombreuses fraudes constatées par des observateurs, Mugabe parvint laborieusement à être réélu avec seulement 56 % contre 42 % à Tsvangirai qui représentait alors une figure alternative crédible.

En mars 2005, Mugabe renforça la fraude pour largement battre aux élections législatives le MDC dont le dirigeant fut par la suite incarcéré à l’occasion de manifestations interdites par le pouvoir (avant, Tsvangirai avait même failli être condamné à mort pour haute trahison, mais il fut finalement relaxé en 2004).

Pour compléter le portrait et se donner une idée du personnage (finalement assez banal parmi les dictateurs de ce monde), quelques faits supplémentaires :

1. Robert Mugabe reconnut lui-même l’emploi de la torture (Le Monde du 9 mars 2002).
2. Il a rencontré plusieurs fois le président iranien Ahmadinejad, à Téhéran le 20 novembre 2006, où il fut accueilli en héros pour mettre fin au système hégémonique du monde, et à New York le 25 septembre 2007 pour créer une « coalition pour la paix » contre George W. Bush.
3. Il entretient de très bonnes relations avec la Corée du Nord et Cuba.
4. Il a refusé l’extradition de Mengistu Haïlé Mariam, le sanguinaire Negus rouge qui dirigea l’Éthiopie de 1977 à 1991, condamné à la réclusion à perpétuité par contumace le 28 décembre 2006, jugé coupable de génocide et réfugié au Zimbabwe.

Situation catastrophique du pays

Rappelons aussi que le Zimbabwe (ex-Rhodésie) a connu les mêmes turpitudes qu’en Afrique du Sud, un régime ségrégationniste avec une minorité blanche qui avait le double pouvoir, politique et économique, puis économique après l’indépendance.

À partir de 2000, la « réforme agraire accélérée » pour exproprier les quatre mille fermiers blancs propriétaires de la plupart des terres fertiles a été brutale et menée par des milices présidentielles, cassant la prospérité pourtant établie du pays considéré comme le grenier à grains de l’Afrique.

Pénuries et répression semblent être les nouvelles devises du Zimbabwe.

La situation du pays aujourd’hui est en effet catastrophique :

1. On n’y trouve plus ni essence ni savon ni dentifrice ni huile ni farine ni ligne téléphonique... Les hôpitaux, les écoles et les autres services publics sont en état d’abandon.
2. 67 % des morts sont dues au sida (250 morts par jour).
3. L’espérance de vie est de 34 ans pour les femmes et de 37 ans pour les hommes.
4. En 2007, l’inflation aurait été à 66 000 voire de 150 000 % selon le FMI.
5. Le chômage touche 80 % de la population.
6. 4 des 12 millions de Zimbabwéens dépendent de l’aide alimentaire distribuée par le parti de Mugabe qui réduit ainsi les oppositions dans les campagnes.
7. Les bidonvilles d’Harare ont été détruits en 2005 pour éviter toute révolte des ‘petites gens’.
8. En huit ans, le nombre d’enseignants a chuté de 150 000 à 70 000 (dont 25 000 en moins uniquement pour 2007) en raison de la répression et de la torture.
...

Un avenir peu radieux

Les élections du 29 mars 2008 ne changeront sans doute pas cet état calamiteux.

Les dirigeants autour de Mugabe continuent en effet de s’enrichir pendant que le pays se délite.

La vice-présidente Joyce Mujuru, qui devrait à terme lui succéder, a considéré que le Zimbabwe ne devait pas « se permettre de changer de leader comme de chemise ».

En face, l’opposant Tsvangirai du MDC est contesté pour son manque de pugnacité (il veut agir seulement dans un cadre légal) et est affaibli par des querelles internes.

En effet, le candidat indépendant Simba Makoni a réussi à obtenir l’appui tant d’une partie de la ZANU-PF (parti de Mugabe) que du MDC (parti de Tsvangirai).

Cette division favorisera évidemment Mugabe qui, de toutes façons, contrôle toutes les opérations électorales.

Faudra-t-il donc attendre la mort de ce leader pourtant historique du Zimbabwe pour permettre la renaissance de ce pays avec un potentiel autant gâché ?

L’exemple du Turkménistan a montré qu’il faudra peut-être attendre encore plus longtemps...

Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (28 mars 2008)

Autres sources : Wikipédia.

Pour aller plus loin :

Reportage photographique de Dirk-Jan Visser sur le Zimbabwe,
dans Le Monde 2 n° 214 du 22 mars 2008 (pp. 34-43).

Reportage de Pierre Haski sur Rue89.

Documents joints à cet article

Zimbabwe : l'inévitable réélection du dictateur Robert Mugabe Zimbabwe : l'inévitable réélection du dictateur Robert Mugabe

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23 réactions à cet article    


  • brieli67 30 juin 2008 12:57

    que deviennent les BREBIS NOIRES sur les rives du lac Léman ?


  • Georges Yang 28 mars 2008 14:22

    Bel article de synthese, utile pour recadrer le Zimbabwe, assez meconnu en France. Mais le probleme est que l’Afrique interesse peu le lecteur de base sur Agoravox. En dehors de la sinistre Arche de Zoe, les auteurs ecrivant sur l’Afrique ne recoltent guere plus de 10 votes ou commentaires.

     

     


    • faxtronic faxtronic 28 mars 2008 17:09

      ben c’est un bonne article. Mais c’est un sujet qui concerne les africains, et il y en a pas beaucoup sur AV


    • faxtronic faxtronic 28 mars 2008 20:20

      oui et alors, t’y peux quelque chose toi ? La france y peut kek chose. Ben non. Oui Mugabe est un dictateur stupide, ey on le savait tous deja.


    • faxtronic faxtronic 28 mars 2008 20:22

      Et la sur ce fil j’ai rien a dire de special, comme sur bon d’article que je trouve bien, mais ou je n’ai rien a dire. Ne pas commenter ne veut pas dire ne pas aimer


    • Dalziel 29 mars 2008 12:28

      Moi, j’aimais bien Ian Smith...

      Mais ce sont toujours les meilleurs qui s’en vont...


    • saint_sebastien saint_sebastien 28 mars 2008 21:07

      je suis noir, mais je considère l’expropriation des fermiers blanc totalement stupide... les natifs visiblement incapable de gérer ses actifs, ils ont été l’instrument de leur propre chute... quand à Mugabe et sa clique, ils n’en ont rien à foutre de leur pays, comme la plupart des dictateurs africains... il faut savoir que chaque fois que quelqu’un arrive au pouvoir, il privilégie sont ethnie et non l’intérêt commun, et remplie ses comptes en suisse...

      malheureusement pour mes frères au pays,ce système,entretenu par les occidentaux(et maintenant les chinois) qui reconnaissent ses raclures et les soudoient pour faire main basse sur les richesses naturels risque de durer encore longtemps...

      il n’y a pas de solution à ce drame humain, aux milliers d’enfants morts du sida ou de faim, à part s’assoir sur un tas de cadavres

       


      • Gilles Gilles 29 mars 2008 08:50

        "... les natifs visiblement incapable de gérer ses actifs, ils ont été l’instrument de leur propre chute..."

        Les plus belles et riches fermes sont devenus propriété des hommes proches du pouvoir ! La plupart des gens y travaillant ont été virés devenant encore plus pauvres qu’avant. Les étrangers renvoyés chez eux par colonnes entières

        C’est plus la gabegie politicienne qui est responable que les natifs en eux même.

        Il était nécessaire de faire une telle réforme dans un pays ou 75% des terres cultivales étaient detenues par quelques milliers de familles, souvent héritage des spoliations datant de la colonisatio et de l’êre de Ian Smith (apartheid). Mais la méthode était foireuse avec comme unique but de redistribuer les cartes de fermiers blancs vers politiciens voleurs....le peuple luo étant de toute façon perdant dans tous les cas


      • Gilles Gilles 29 mars 2008 09:00

        "malheureusement pour mes frères au pays,ce système,entretenu par les occidentaux(et maintenant les chinois)"

        Au Zimbabwe difficile pourtant d’incriminer l’Occident. Pour le passé OK mais cette crise est le résulat de la folie locale, haineuse et raciste envers le propre peuple du pays, le tout soutenue par l’Afrique du Sud en plus


      • Jacinto Lopera 29 mars 2008 07:38

        Le parlement européen se mobilise ? Se mobilise pour Ingrid, ils veulent envoyer des Avions qu’ils n’ont jamais envoyé pour sauver les enfants d’Afrique que l’Europe a laissé dans la misère après les années de DICTATURE COLONIALE ;
        130 ans de dictature coloniale en L’Algérie où est né ma grand-mère, à Constantine, ses parents ont fait partie des centaines de français qu’après la défaite de 1870 le gouvernement français y installera, entre eux beaucoup de Alsaciens qui ne voulaient pas vivre sur le régime de BISMARK.
        En Algerie, le gouvernement français va appliquer la même politique que les japonais dans la colonisation de la Corée ou les Etats-Unis dans la conquête de l’Ouest américain, on déplace ou on élimine les autochtones pour y installer les colons, résultat, un tiers de la population de l’Algérie exterminé, soit à peut près 800000 êtres humains, appelés musulmans pour les différencier des européens. (Livre : Massacre sujet d’histoire)
        Mais, je pense toujours comme Victor Hugo dans sa belle lettre, “HISTOIRE DE DEUX BANDITS”………. Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France. L’autre s’appellera l’Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m’en donner l’occasion : les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois les bandits, les peuples jamais »

        Oui, un peu d’histoire ne fait pas de mal, après je vous parlerais de La NOUVELLE CALEDONIE, de Mai 1988, et la confiscation de son INDEPENDANCE, par le gouvernement français, Miterrand-Chirac.


        • faxtronic faxtronic 29 mars 2008 09:37

          Tias toi Lopera, tu es un colon. Honte a toi !


        • Jacinto Lopera 29 mars 2008 13:05

          FAXTRONIC, tu n’a rien compris


          • faxtronic faxtronic 29 mars 2008 18:27

            je rigole.... Moi aussi ma grand mere aussi est née en algerie, et provient aussi d’Alsace apres 1870.


          • tvargentine.com lerma 29 mars 2008 16:27

            Des meurtres,des atrocités ,des exterminations en masse et de la misère générée par les élites corrompus qui pillent les ressources et imposent des régimes criminels envers leur population

            Voila la véritable afrique et de ses habitants qui en viennent à regretter le bon vieux temps des colonies et qui veulent tous venir en Europe !

            Paradoxe

             

             


            • faxtronic faxtronic 30 mars 2008 13:42

              He il semble qu’il y ait une eclairice au Zimbabwe, l’opposition se dit gagnant ! Comme au Kenya ?


              • aequopulsatpede 31 mars 2008 10:23

                Si Mugabe était entouré de Fillon, Guéant, Dati, Hortefeux etc..........on ne trouverait pas tant à redire !


                • caius 31 mars 2008 14:41

                  Nihil nove sub sole, une fois de plus un pays africain riche est ruiné par la politique de pillage d’un roi nègre.


                  • aequopulsatpede 31 mars 2008 17:22

                    Comme l’Irak...............................

                    - Mais qui les installe ces "rois nègres" ?


                  • caius 2 avril 2008 10:39

                    "Les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent", le comportement de de Mugabe et de ses pareils n’est que le reflet d’une mentalité encore trop répandue en afrique.

                    Quant à votre remarque, elle revient en somme à dire qu’après avoir voulu et obtenu l’indépendance, les africains reprochent les chefs qu’ils se sont donnés aux européens.


                  • René Déhère René Déhère 1er avril 2008 18:56

                    Je ne connais pas bien l’Afrique en général et le Zimbagwe en particulier. Mais quand même, votre raisonnement, et les faits que vous rapportez me trouble.

                    Le raisonnement a pour prémice : "il est des pays où la démocratie est avérée et vérifiée, comme en Europe ou en Amérique du Nord". Ah bon ? C’est vous qui l’avez vérifié ? Même quand Al Gore fait plus de voies que Bush et que Bush est quand même élu ? Même quand il faut que les "acteurs économiques", c’est à dire l’oligarchie financière, acceptent de dépenser des dizaines de millions de dollars pour faire élire leur candidat ? Sans espoir de retour parce que ces gens sont bien connus pour leur esprit intégre ? Même quand les dirigeants mentent pour justifier une guerre ? Même quand les gouvernements successifs en France mènent la même politique de dérégulation, de vente des entreprises nationales au privé, de baisse des impôts des plus riches, de pression sur les salaires. Vous êtes sur que cela montre une démocratie "avérée et vérifiée" ? Aux dernièrex élections municipales et cantonnales vous avez compté le nombre d’abstentionnistes et de vote blancs ou nuls ? Et les non inscrits ? Vous pensez que ces gens sont des imbéciles ? Ou ne peut-on pas imaginer qu’ils ne se sentent pas représentés, parce que, justement, la "démocratie" a quelques ratés ?

                    Mais au Zimbabwe, il n’y a pas de démocratie selon vous, la démocratie qui vous plait tant "en Europe et en Amérique du Nord". Sans doute parce que "les observateurs occidentaux", vos héros démocratiques, en fait des donneurs de leçons post coloniaux, n’ont pas étaient invités à contrôler le vote, "sous prétexte" dites vous, que le Zimbabwe ne les trouvent pas "objectifs et neutres". Mais il a raison le Zimbabwe, l’occident n’est ni objectif ni neutre, il est juste cupide ! (du moins les oligarchies qui sont aux commandes). Et puis argument décisif à vos yeux : "les états unis ont estimés le 24 mars 2008 que le processus électoral n’était ni libre ni équitable". C’est vrai qu’ils en connaissent un rayon en matière d’élection libre et équitable, ceux qui supprime les lbertés individuels par le "patriot act". Ca me rendrait le Zimbabwe plutôt sympathique !

                    Mais pourtant, ce n’est pas étonnant qu’un dictateur perde un référendum, qu’il soit "laborieusement réélu" ?

                    En fait, n’êtes vous pas en train de lui reprocher qu’il "était partisan de la méthode violente" pour l’indépendance de son pays, alors que de braves noirs étaient prêt à négocier ? Qu’il s’est converti au "maoisme", qu’il fréquente les dirigeants Cubains et Iraniens ? Vérifiez, il a peut-être même des contacts avec le Vénézuéla ! Un ami des ennemis des etats unis ne peut être qu’un dictateur, c’est bien connu !

                    Et puis il a expulsé les "fermiers blancs", ceux qui savent pas vrai ? Alors que ces pauvres gens ne savent pas ?

                    En fait, vous niez que la Rhodésie était un pays de ségrégation, d’exploitation coloniale terrifiant, où ces braves "fermiers blancs", si injustement expulsés s’en mettaient plein les poches avec le sang africain. C’était juste un problème de "surreprésentation des blancs" pas vrai ? Quasiment la démocratie quoi, à un poil près !

                    Vous connaissez peut-être le Zimbabwe, mais manifestement vous ne l’aimez pas ! Sentiment d’appartenance ?


                    • morice morice 21 avril 2008 16:11

                       Il ne sera pas réélu. Mais fomentera une guerre civile, c’est déjà parti.

                      vous auriez pu trouver meilleure référence pour dire ça :

                      Les États-Unis ont par exemple estimé le 25 mars 2008 que le processus électoral n’était ni libre ni équitable.

                      et Bush, il a été élu équitablement ?


                      • Philippe Cartero Philippe Cartero 2 août 2013 19:00

                        Entièrement PAS d’accord avec cet article

                        D’abord, pour une autre vision, allez lire ce que je viens de poster :
                        http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/presidentielle-au-zimbabwe-139244

                        Ou un bon livre pour éveiller votre esprit : Mugabe, souillure or not souillure ? Edition L’Harmattan

                        Vous écrivez : « Mugabe était un partisan de la méthode violente contre le régime de l’époque où les Blancs avaient pris un pouvoir disproportionné.
                        Il ne faisait pas partie de ces dirigeants politiques noirs qui, à l’instar d’Abel Muzorewa et de Canaan Banana, ont négocié pendant les années 1970 la fin de la domination blanche avec Ian Smith, l’homme fort de la Rhodésie (Premier ministre pendant quinze ans). 
                         »

                        C’est bien gentil de parler de « pouvoir disproportionné » !
                        Ca veut dire quoi, « disproportionné » ?
                        Je vous aide :
                        - le droit de vote interdit de facto aux Noirs
                        - le travail quasiment obligatoire par diverses lois comme (« Group Areas Act », adopté en 1950, qui définissait les zones de résidences selon la race, le « Pass Law Act » en 1952, qui instaurait le port obligatoire d’un laissez-passer pour tous les non-Blancs de plus de 16 ans, le Masters and Servants Act datant de 1901, qui instaurait des contrat s de travail d’un mois, African Labour Regulations Act, qui interdisait de quitter son employeur, etc.)
                        «  pouvoir disproportionné » encore ?
                        La guerre de libération commença en 1966. Voici quelques exploits de l’armée rhodésienne que vous avez oublié de citer :
                        - 9 août 1976, bombardement et attaque du camp de réfugiés zimbabwéens de Nyadzonia, au Mozambique. Bilan : 1 028 morts en une seule matinée !
                        - 23 novembre 1977. Attaque le plus grand camp de réfugiés au Mozambique, à Chimoio. L’aviation bombarde à tour de bras et à vue de nez. Plus de 2 000 morts, 5 000 blessés, la plupart des civils qui n’avaient rien à voir avec les guérilleros de la Zanu.
                        Vous en voulez d’autres ?
                        Oubliés aussi la torture, les empoisonnements, les villages protégés c’est-à-dire où personne n’avait le droit d’en sortir ?

                        Vous écrivez encore : « À partir de 2000, la « réforme agraire accélérée » pour exproprier les quatre mille fermiers blancs propriétaires de la plupart des terres fertiles a été brutale et menée par des milices présidentielles, cassant la prospérité pourtant établie du pays considéré comme le grenier à grains de l’Afrique. »

                        Faux. La réforme agraire a été lancée dès 1992 par Mugabe mais à l’époque Londres qui s’était engagé lors de la signature des Accords de Lancaster qui ont mis fin à la domination blanche à indemniser les fermiers blancs si leurs terres étaient reprises par l’Etat, Londres, disais-je n’a jamais sorti un penny de sa poche.
                        « réforme agraire accélérée », dites-vous, 20 ans après l’indépendance ? C’est comme si De Gaulle avait attendu 1960 pour instaurer la sécurité sociale et qu’on lui ait dit :« eh, doucement ! Pas si vite ! »
                        Quelques chiffres encore :
                        1980 : 15,5 millions d’hectares de terres agricoles commerciales exploités par près de 6 000 fermiers blancs.
                        Moyenne des surfaces par « Blancs » : 2 000 hectares !
                        Moyenne des exploitations agricoles en France en 2013 : 73 hectares.
                        Possession de la famille sud-africaine Oppenheimer (propriétaire de l’Anglo American, De Beers Investments etc) au Zimbabwe en 2001 : 140 000 hectares !
                        Pour que votre information soit complète : les plantations dans les zones dites de « terres communales » tournaient autour de 25 hectares en moyenne par famille africaine !

                        Enfin, vous achevez le tableau par : « On n’y trouve plus ni essence ni savon ni dentifrice ni huile ni farine ni ligne téléphonique... Les hôpitaux, les écoles et les autres services publics sont en état d’abandon. »
                        A qui la faute ? La banque mondiale a fait subir au Zimbabwe à partir de 1990 dix fois ce que l’Union européenne impose aujourd’hui à la Grèce.
                        Réduction de 25 % des postes dans la fonction publique
                        Réduction drastique imposée des dépenses de la santé, fin de la gratuité, diminution des salaires du personnel soignants. Résultat : plus de 40 % du personnel médical a quitté le pays depuis 1990. 1 400 médecins zimbabwéens partirent en Afrique du Sud où ils gagnaient cinq fois plus.
                        A l’époque, Morgan Tsvangirai, alors secrétaire général du syndicat ZCTU n’avait pas de mots assez durs pour dénoncer ce plan d’ajustement structurel.


                        • BAMBATHA 18 décembre 2013 23:52

                           En ne presentant que le saint Mandela l’esclavagisme ne fait que perpetuer « si moi le Blanc je te gifle sur la joue droite, toi le negre, ta seule reaction doit etre de tourner ta joue gauche pour une autre gifle. » comme ça nous les blancs on NE parlera que du bien de toi, et non que du mal comme nous l’avons fais sur KHADAFI,le faisons sur MOUGABE et autres révolutionnaires africain. L’AFRIQUE A MAINTENANT BESOIN NON PLUS DES MANDELA MAIS DES MOÏSE ((oeil pour oeil dent pour dent))


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