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Accueil du site > Actualités > Médias > 2011 : La liberté de la presse en question

2011 : La liberté de la presse en question

La presse française s'est déjà ridiculisée dans un passé récent. En n'acceptant pas le risque que représente une presse vraiment libre, les dirigeants politiques français montrent leur manque de courage et de franchise.

Illustration :

L’affaire DSK met singulièrement en lumière l’attitude de la presse française vis-à-vis de la vie privée des personnalités politiques. Pour illustrer ce propos, laissons les journalistes s’étriper sur le cas DSK, et revenons plutôt sur la vie privée des deux candidats à l’élection présidentielle de 2007. Nous avions alors deux personnalités, M. Sarkozy et Mme Royal, qui postulaient au poste suprême de la République Française, et qui, parallèlement, se préparaient à se séparer de leur conjoint de longue date. En avril 2007, des soupçons concernant quelque chose de bizarre dans le couple Sarkozy ont été relevés par la presse étrangère. On peut retrouver certains ressentis de cette époque  à la page Cécilia Attias de Wikipedia dont est tiré le texte et les références de journaux étrangers suivants :

« Lors du premier tour de l'élection présidentielle de 2007, elle vote en compagnie de son mari et de ses deux filles, mettant fin à plusieurs semaines d'invisibilité médiatique qui avait alimenté diverses rumeurs. Cependant le 26 avril 2007, soit dix jours avant le second tour de l'élection présidentielle, divers journaux étrangers13 reprennent l'information d'une nouvelle séparation du couple Cécilia et Nicolas Sarkozy14. La presse française reste largement muette15. Au-delà du respect de la vie privée voulu par la loi, ces mêmes journaux pointent du doigt le manque d'indépendance des journaux français soupçonnés de faiblesse vis-à-vis du pouvoir14. Dès lors elle ne fait aucune apparition durant la campagne du second tour de l'élection présidentielle, elle n'apparaît plus au QG de campagne de Nicolas Sarkozy où elle a pourtant son bureau et elle ne vote pas non plus aux côtés de celui-ci comme lors du premier tour. Selon un article du Journal du dimanche qui n'a pas pu paraître, elle n'a pas voté au second tour16. Elle fait une réapparition remarquée le soir de l'élection vers 23 h en accompagnant son mari, qui vient d'être élu, place de la Concorde où l'Union pour un mouvement populaire (UMP) fête sa victoire à l'élection présidentielle.

·  L'information a été publiée en Angleterre (The Independent), en Italie (La Repubblica), en Turquie (Sabah), aux États-Unis (The New York Times). Interrogé par le New York Times sur la séparation éventuelle du couple, Franck Louvrier a répondu par courriel qu'il s'agissait d'une affaire privée (The New York Times, 27 avril 2007).

· a et b « Cherchez la femme : the mystery of Mme Sarkozy » [archive] in The Independent, Londres, repris et traduit dans « Le mystère Cécilia » [archive] in le Courrier international.

·  Voir cependant « Paris Match, Cécilia et les rumeurs » [archive], Daniel Schneidermann, Libération, 20 avril 2007.

·  « Lagardère aurait censuré un scoop sur Cécilia Sarkozy » [archive], Le Nouvel Observateur, 13 mai 2007

·   « Meet the wife : Sarko's secret weapon » [archive], The Times, 1er avril 2007 »

Le journal “The Independent” soulignait alors : “A source within M. Sarkozy's party, the Union pour un Mouvement Populaire (UMP), told The Independent that it was now "generally known" that there had been a further rift in what had once seemed to be a perfect, power marriage. But the source suggested that the rift might once again be temporary. In almost any other democratic country, a split between the presidential front-runner and his wife in mid-campaign would be explosive, headline news. But not in France. »

Traduction : Une source du parti présidentiel (UMP) a déclaré au « The Independent » qu’il était désormais connu qu’il y avait de nouveau une fêlure dans ce qui pouvait apparaître un mariage parfait et solide. Mais cette source suggérait que cette fêlure pouvait n’être que temporaire. Dans n’importe quel pays démocratique, une séparation entre le favori d’une élection présidentielle et sa femme en pleine campagne pouvait être sujet explosif, qui aurait fait la une des journaux. Mais pas en France ».

Heureusement qu’il y a des journalistes et des journaux étrangers pour savoir ce qui se passe en France ! Pourquoi les journaux français n’on-t-ils pas parlé de cette séparation ? Les Sarkozy étaient alors probablement en train d’entamer les procédures officielles de divorce, puisqu’il a été prononcé en automne 2007. Connaissant les délais de divorce en France, il est évident que la procédure était déjà engagée, et qu’elle a été cachée aux français. A moins que le président Sarkozy ait pu, par son statut, avoir le privilège de divorcer plus rapidement que le français moyen, auquel cas il n’était peut-être pas encore en instance de divorce. Cette hypothèse allant à l’encontre de l’égalité de traitement administratif qu’on est en droit d’attendre en France, on gardera donc l’hypothèse que le couple Sarkozy était donc en instance de divorce en pleine élection présidentielle. Comme le disait très bien Daniel Schneidermann dans son article dans  « Libération », il ne s’agir plus là de protection de vie privée. En effet, Cécilia Sarkozy avait un rôle politique auprès de son mari, il ne s’agissait pas d’une femme au foyer. Elle l’influençait, le conseillait. Elle participait donc à la vie politique française. Son action auprès de son mari, faisait donc d’elle un personnage public. Son absence dans la dernière phase des élections était « connue de tous », selon l’article de « The Independent ». Pourquoi les français n’ont-ils pas été mis au courant ? Où était donc le devoir d’information des journalistes, ce fameux devoir qu’ils ressortent dès qu’on les attaque sur la publication de détails sordides après de faits divers sanglants, lors desquels on est moins regardant sur les la protection de la vie privée ? Ne s’agissait-il pas d’une information de toute première importance ? Le candidat aurait-il été si pénalisé s’il avait clairement dit les choses, lui qui était le champion du discours vrai et clair ? Grâce à mai 68 qu’il a tant dénoncé, il a pu être élu en étant divorcé et remarié. Avant mai 68, cela n’aurait même pas pu être envisagé. En 2007, il aurait tout à fait pu se présenter aux élections alors qu’il était en instance de divorce, les français qui le soutenaient n’auraient sans doute pas varié dans leur intention de vote. Les cas de divorces étant quotidiens, les électeurs auraient très bien pu faire la part des choses entre un évènement de vie privée, et le choix d’un Président de la République.

Le même raisonnement s’applique à l’autre candidat, Mme Royal. Pendant toute la campagne, l’électeur non averti pouvait tout de même percevoir que quelque chose clochait entre la candidate et le parti socialiste. « Le Canard Enchaîné » avait même décrit cet étonnant état de fait, mais personne ne comprenait pourquoi le parti et la candidate jouaient deux partitions différentes, alors qu’à l’évidence cela ne servait pas la cause du parti socialiste. Dès les élections passées on a appris que le couple Hollande-Royal se séparait ! Encore une fois, comment se fait-il que les choses n’aient pas été dites, alors qu’à l’évidence, pour les journalistes politiques qui suivaient la campagne de la candidate, il était évident que les relations entre le couple Hollande-Royal n’étaient pas celles qu’ils leur connaissaient ? Supposons une seconde que Mme Royal ait été élue, que ce serait-il passé lors du jour d’investiture ? M. Hollande se serait-il présenté à ses côtés, bien embêté, ou alors auraient-ils annoncé leur séparation ? Drôle de façon de démarrer un quinquennat ! Encore une fois, les journalistes, les protagonistes et le parti on prit les électeurs pour des imbéciles, en imaginant que l’annonce d’une séparation aurait un effet désastreux dans les intentions de vote. Mais les électeurs se fichent de la vie privée des politiques, tant qu’ils restent dans la légalité !

Le parti reprenait un risque en jouant DSK favori en sachant que l’équipe Sarkozy n‘attendait que sa victoire aux primaires du parti socialiste pour lui envoyer des exocets dans la figure. Cette ligne était suicidaire pour le parti. Pourquoi compter sur un candidat qui était si vulnérable aux attaques ? Décidemment, ce parti a le chic pour se tirer des balles dans les pieds.

Il serait bon que les journalistes nous informent plus précisément que les candidats en lice, pour que les électeurs votent sans avoir le sentiment d’être manipulés et grugés. Il est vrai cependant qu’ils ne sont pas dans un pays où il est si facile d’écrire, car rappelons que selon le classement annuel de la liberté de la presse de « Reporters sans frontière » la France est 44e sur 178 pays, moins bien classée que la Namibie (21e), le Ghana (26e), le Chili (33e) ou l’Espagne (39e). Le commentaire de RESF pour l’année 2010 est : « Plusieurs pays démocratiques où Reporters sans frontières avait signalé un certain nombre de problèmes ne connaissent aucune progression. Il s’agit, en premier lieu, de la France et de l’Italie où incidents et faits marquants ont jalonné l’année en cours, confirmant leur incapacité à renverser la tendance : violation de la protection des sources, concentration des médias, mépris et même impatience du pouvoir politique envers les journalistes et leur travail, convocations de journalistes devant la justice. ».

Pourquoi ne parle-t-on pas plus de la difficulté d’avoir une presse libre en France ? Pourquoi ne parle-t-on pas des menaces que subissent les journalistes lorsqu’il veulent parler franchement des conjoints de personnalités politiques, ou bien des choses plus ou moins légales que ces candidats auraient faites ? Pourquoi ne parle-ton pas plus de tous les journalistes mis à l’écart pour avoir écrit des lignes qui ont déplu au pouvoir ?

Il serait temps de changer la manière dont l’information circule en France, car notre presse se ridiculise à vue d’œil. Les français en ont relativement conscience, l’affaire DSK ne va qu’amplifier leur ressenti, mais c’est notre image de démocratie à l’étranger qui en pâtira encore plus. La démocratie implique un risque que les dirigeants politiques français et leurs partis ne sont manifestement pas près à prendre. Ce n’est pas tout d’être des chantres du parler clair, être clair est encore mieux. Aujourd’hui, on est encore loin d’une attitude adulte et responsable de nos « élites »….


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10 réactions à cet article    


  • Orphée aux enfer 21 mai 2011 07:01

    La démocratie ce n’est pas le populisme graveleux.

    La démocratie c’est le respect des lois, et le respect des représentants de celle-ci, sauf dans le cas d’affaires relevants de l’illégalité.

    Vous ne faites rien que propager un climat malsain et populiste, les USA il est vrai ont des leçon à nous donner sur l’égalité (ironie) et la démocratie.

    L’élu ou homme politique investi, est représentant, je peux concevoir que dans un esprit simple la connection ne se fasse pas, entre le fait qu’insulter ou ne pas respecter un minimun nos politique c’est aussi ne pas respecter le peuple lui même.

    insulter le représentant c’est insulter le représenté.

    Et en cela notre presse ne fait que de suivre son devoir quant elle estime qu’elle se doit de se soumettre aux lois de notre pays. A ce que je sache la presse n’est pas encore élue et n’est pas dotée de pouvoir judiciaire et le droit de la presse n’est pas un droit plus fondamental que le respect de la dignité humaine.


    • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 21 mai 2011 10:27

      « La démocratie c’est le respect des lois »

      La démocratie, c’est le respect des lois adoptées dans le respect de la Constitution (bloc de constitutionnalité).


    • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 21 mai 2011 09:54

      Liberté d’expression : le Conseil constitutionnel censure une disposition de la loi sur la liberté de la presse de 1881 !!

      Décision n° 2011-131 QPC du 20 mai 2011

      « Le Conseil a jugé que, par son caractère général et absolu, cette interdiction [de rapporter la preuve du fait diffamatoire remontant à plus de dix ans, art. 35, 5e al.] porte à la liberté d’expression une atteinte qui n’est pas proportionnée au but poursuivi. Dès lors, elle méconnaît l’article 11 de la Déclaration de 1789 qui garantit la liberté d’expression. Le Conseil constitutionnel a donc déclaré la disposition contestée contraire à la Constitution. »


      • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 21 mai 2011 09:59

        4. Considérant que l’article 35 de la loi du 29 juillet 1881 susvisée définit les cas dans lesquels une personne poursuivie pour diffamation peut s’exonérer de toute responsabilité en établissant la preuve du fait diffamatoire ; que les alinéas 3 à 6 de cet article disposent en particulier que la vérité des faits diffamatoires peut toujours être prouvée sauf lorsque l’imputation concerne la vie privée de la personne et lorsqu’elle se réfère à des faits qui remontent à plus de dix années ou à un fait constituant une infraction amnistiée ou prescrite, ou qui a donné lieu à une condamnation effacée par la réhabilitation ou la révision ;

        5. Considérant qu’en interdisant de rapporter la preuve des faits diffamatoires lorsque l’imputation se réfère à des faits qui remontent à plus de dix ans, le cinquième alinéa de l’article 35 a pour objet d’éviter que la liberté d’expression ne conduise à rappeler des faits anciens portant atteinte à l’honneur et à la considération des personnes qu’elles visent ; que la restriction à la liberté d’expression qui en résulte poursuit un objectif d’intérêt général de recherche de la paix sociale ;

        6. Considérant, toutefois, que cette interdiction vise sans distinction, dès lors qu’ils se réfèrent à des faits qui remontent à plus de dix ans, tous les propos ou écrits résultant de travaux historiques ou scientifiques ainsi que les imputations se référant à des événements dont le rappel ou le commentaire s’inscrivent dans un débat public d’intérêt général ; que, par son caractère général et absolu, cette interdiction porte à la liberté d’expression une atteinte qui n’est pas proportionnée au but poursuivi ; qu’ainsi, elle méconnaît l’article 11 de la Déclaration de 1789 ;


      • Scual 21 mai 2011 15:05

        Désolé mais la situation actuelle est justement due à la liberté de la presse et non pas à l’absence de cette liberté.

        Vu que la presse est libre, on l’a laissé faire pendant des années. On a laissé des personnes mouillées jusqu’au cou dans l’industrie, militaire bien souvent, et dans le politique créer des conglomérats et posséder quasiment tout les titres. On les a laissé a faire de la publicité le cœur de leur activité. On les a laissé alimenter leurs journaux en journalistes sans courage, sans contrats décents, sans moyens et sans pouvoir. On les a laisser mettre en place la danse des directeurs soumis à leur idéologie unique. On les a laissé mettre en place leur propagande appuyant leurs candidats devenant leurs hommes politiques à la tête de ce qui est devenu leur France et du coup leur presse est devenue notre propagande nationale.

        Taire des histoires de cul, même si ça va jusqu’au viol est normal pour eux si ça nuit à leurs intérêts... mais bon c’est rien à comparer des magouilles politiques et industrielles qu’ils cachent par centaines...

        Ne rien dire n’est absolument pas du à une quelconque règle de droit comme le sous-entend cet article ou au manque de courage des journalistes. C’est un choix fait par les journaux, et ce choix leur est permis par leur liberté. Si un journaliste avait voulu enquêter là-dessus son patron lui aurait interdit et n’aurait pas apprécié son courage et sa liberté journalistique... mais ce genre de personnes sont soit déjà au chômage ou dans de sombres sites internet inconnus, ou alors ils baissent les yeux et s’auto-controllent depuis longtemps pour conserver leur emploi.

        Le problème c’est donc pas la liberté de la presse, c’est au contraire qu’il faut encadrer et règlementer tout ça vigoureusement pour que chacun retrouve sa place et puisse faire son travail et son devoir d’informer correctement sans pression des publicitaires, des patrons, des directeurs, de leurs amis politiques et industriels etc... bref remettre la liberté d’expression des journalistes, leur devoir d’information et notre droit à une information de qualité au centre de cette activité, et ne surtout pas accorder encore plus de libertés aux industriels qui possèdent ces journaux.

        La liberté de la presse, c’est pas la liberté d’expression et c’est même l’inverse, c’est le pouvoir de contrôler l’information pour les groupes de presse.

        Il est temps d’arrêter de défendre la liberté de la presse comme si c’était le graal d’une démocratie... c’est tellement encré en nous qu’on ose à peine y remettre en cause. Pourtant quand on le fait on comprend beaucoup de chose. N’ayons pas peur des mots et disons le clairement sans avoir honte ou baisser les yeux, nous sommes des démocrates, nous sommes pour la liberté d’expression et le droit à l’information DONC nous sommes contre la liberté de la presse. Non il n’y a pas de contradiction dans cette phrase. Non ce n’est pas une manipulation destinée à faire avancer des idées rouge-brunes. On a laissé faire comme en économie et ça a foiré comme en économie. Alors si l’autorégulation et la confiance ne marche pas, il faut encadrer et règlementer.

        A bas la liberté de la presse.


        • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 21 mai 2011 19:42

          Point de vue original, qui fait réfléchir.

          La liberté de la presse est une liberté dérivée des libertés fondamentales d’opinion et de communication :

          « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. » Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, article 10, proposé par Louis de Castellane (1758-1837, emprisonné sous la Terreur) et Jean-Baptiste Gobel (1727 - mort guillotiné le 13 avril 1794).
           
          « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. » Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, article 11, proposé par le duc Louis-Alexandre de La Rochefoucauld d’Enville (1743 - tué le 4 septembre 1792 par des volontaires qui faisaient la chasse aux aristocrates).

          Le mot « presse » ne figure pas dans l’ensemble du bloc de constitutionnalité. Par ailleurs la loi de juillet 1881 dite par raccourci « loi sur la liberté de la presse » concerne également les livres et les affiches.

          Lorsque le pouvoir médiatique dénonce chaque semaine de prétendus « dérapages » et exerce la police de la parole, on peut effectivement dire que la liberté de la presse est devenue le contraire de la liberté d’expression.

          http://laconnaissanceouverteetsesdetracteurs.blogspot.com/2009/03/liberte-dexpression-et-politiquement.html


        • Pie 3,14 21 mai 2011 23:26

          Il suffit simplement de savoir qui contrôle le média et qu’elle est la marge de manoeuvre de ceux qui s’expriment dans ce média.
          J’ai ainsi arrêté de lire le JDD lorsqu’il est devenu évident que le propriétaire (Arnaud Lagardère, le « frère » de Sarkozy) avait imposé une ligne pro-Sarkozy grossière.


        • Scual 21 mai 2011 23:15

          Le cas Zemmour est effectivement un cas d’école.

          Zemmour a effectivement dit une énorme connerie raciste, le genre de trucs qui vous font mériter un renvoi quand vous êtes journaliste et sensé ne pas raconter n’importe quoi. La base lui ayant servi pour affirmer ça aurait très bien pu faire dire à un autre idiot, « les flics sont des racistes puisqu’ils arrêtent majoritairement des noirs et des arabes, c’est un fait ». D’ailleurs on peut remplacer noirs et arabes par pauvres et ça marche aussi etc...

          L’utilisation de « c’est un fait » non pas pour un vrai fait, mais pour son interprétation personnelle est le vrai problème. Bien sur, des tas de gens pensent la même chose... mais ils ne sont pas payés pour recouper des informations, eux. Bref c’est de l’incompétence journalistique caractérisée. Et encore je suis sympa de lui laisser le bénéfice du doute sur la manière dont il aurait eu ce genre de chiffres « factuels » dans un pays où on ne peut pas compter les minorités... Donc même sans autre interprétation, la fiabilité de sa ou de ses sources est discutable.

          Donc un renvoi parce qu’il est incompétent est tout à fait normal, mais une condamnation pour « mauvaise opinion », c’ est quelque chose qui dépasse de très très loin les limites de ce qui est sensé être une démocratie.

          Ce pays marche sur la tête en condamnant les gens pour ce qu’ils pensent avant de leur demander leur avis aux élections. Faudrait savoir. On pourrait résumer ça à « Je te demande ton avis, mais tu dois dire ce que je t’ordonnes. » N’importe quoi...

          Au final il est condamné injustement. Il est victimisé alors qu’il est l’agresseur. Il garde son travail alors qu’il est incompétent et enfin la justice est pointée du doigt alors qu’elle ne fait que respecter les lois écrites justement par les amis UMP de Zemmour, qui le soutiennent chaleureusement en pointant du doigt la justice.

          Décidément, y a un truc qui tourne pas rond.


          • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 21 mai 2011 23:32

            Les critiques de Zemmour ne comprennent pas la différence entre deux formulations :

            Celle de Zemmour : « la plupart des trafiquants sont noirs ou arabes »

            et celle qu’on lui atrribue : « la plupart des noirs et des arabes sont des trafiquants ».

            Pour faire comprendre cette différence à ceux qui ne sont pas familiers avec la logique élémentaire, un exemple :

            Dire que la plupart des 62 000 personnes emprisonnées sont des hommes (exact, 96 %) ne signifie pas que la plupart des hommes sont en prison.

            Trop souvent, l’indignation est dépourvue de compréhension.

            http://laconnaissanceouverteetsesdetracteurs.blogspot.com/2009/03/liberte-dexpression-et-politiquement.html


          • Scual 22 mai 2011 14:46

            Ben perso c’est pas ça que j’ai compris.

            J’ai compris que ceux qui se faisaient attraper étaient noirs ou arabe. C’est sa défense, et ses témoins sont tous dans la police et la justice.

            Il y a une différence entre « tout les trafiquants » et « tout ceux qui se font attraper ».

            J’ai moi même eu une jeunesse agitée et connu pas mal de gens peu fréquentables et dans tout les milieux. Je peut vous assurer qu’entre les délinquants réels et ceux qui finissent par se faire attraper, le quotas n’est pas le même disons que 80% de ceux qui s’en sortent sont les blancs des classes moyennes et 80% de ceux qui se font chopper sont les bronzés.

            Je n’exagère pas du tout, mais je suis bien conscient que mon exemple ne fait pas la règle... et je ne suis pas journaliste, moi. En tout cas c’est bien une interprétation que Zemmour présente comme un fait. Le fait c’est pas que « la plupart des trafiquants sont noirs ou arabes », c’est que la plupart des trafiquants arrêtés sont noirs ou arabe.« 

            Ça peut aussi être interprété comme une police raciste et sans vouloir crier au loup, le policier raciste est aussi encré dans nos clichés que l’arabe trafiquant. Une couche très importante de la population sait et à connu dans sa vie de tout les jour ce genre d’injustice, qu’elle lui soit favorable ou défavorable. Ça participe aussi à la xénophobie, les passants voyant une arrestation se disent »tu vois ! encore des arabes« ... En tout cas moi, en tant que non-journaliste qui aurait bien du mal à enquêter correctement pour avancer ce que je pense comme »un fait« contrairement à Zemmour, c’est bien »la police raciste« que j’aurais pensé être l’interprétation correcte. Je l’ai vu de mes propres yeux de trop nombreuses fois.

            Il est toutefois possible et au fond logique, qu’une faible majorité soit quand même noire ou arabe à cause de leur situation sociale, mais de là à dire la »plupart des trafiquants", à part un racisme basique couplé à une méconnaissance totale de la société je vois pas trop. A moins peut-être d’avoir cru aux imbécilités colportées par les Zemmour de la télé et le matraquage raciste de journaux sensés être crédibles, je ne vois pas comment on peut penser ça si on connait un tout petit peu la France d’en bas et du milieu. Y a une dizaine d’années, un tiers des jeunes fumaient des pétards régulièrement et un sur 5 parmi eux vendait du cannabis pour leur amis, ça ferait déjà la quasi totalité des jeunes noirs et arabes du pays réunis ! et encore je ne parle pas des drogues de synthèse pour lesquelles à part la cocaine, c’est très majoritairement des blancs qui trempent là dedans.

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