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Affaire Bettencourt, double Miss... d’une France à l’autre

Du rebond familial de l’Affaire Bettencourt à l’élection d’une Miss « Nationale « ou « France », deux événements se suivant de peu, quelque chose de plus profond semble « parler » , selon la formule de François Mitterrand jadis en temps de guerre. Le nerf de celles qui nous occupent garde le bruit sonnant et trébuchant de l’Argent et de l’héritage. Alors que la sentence de « populisme » tombe à volonté sur toute personne osant marquer encore son attachement à notre pays, ces faits renvoyant à bien des travers de la France nous invitent à élargir la réflexion.
 
Rassemblant chaque année entre 7 et 9 millions de téléspectateurs (selon Médiamétrie) ce rituel des Miss dépasse donc en audience toutes les émissions politiques, jusqu’aux interventions présidentielles. Pareillement, depuis de longs mois, la dite « Affaire » Bettencourt voyant une famille se déchirer en place publique essentiellement pour des raisons financières, les épisodes faisant toutes les premières de « couv » et reléguant bien d’autres thématiques au second plan, là aussi, cette chronique porte quelque chose de plus largement signifiant. La famille, la Nation, le « travail » de l’argent prétendu blanchi dans des paradis fiscaux ou gagné au profit de l’audimat Endémolien… que de valeurs agitées recouvrant la France dans sa Mémoire autant que dans toute sa mauvaise conscience.
 
La fille aînée de l’Eglise gouvernée par un Président qui eut l’audace pour certains, le courage pour d’autres, de rappeler l’importance égale du Pasteur ou Curé en liaison avec l’Instituteur, pays marqué d’un rapport coupable à l’argent, tous ces éléments restent ainsi sous-jacents et constitutifs de toute cette double actualité prolongée.
 
Cette première « élection-scission » de Miss suite à un « divorce » s’appuyant sur le constat de valeurs « bafouées » selon Madame De Fontenay, ou simplement de « conceptions différentes » selon Endémol, cela occasionne assurément une couverture de presse inégalée jusqu’alors. Cet héritage que l’on se dispute avant l’heure fatale de la disparition des ancêtres ou fondateurs, représente assez parfaitement notre société éprouvant actuellement un mépris avéré pour les anciens (outre les réunions hypocrites autour de la tombe du Général…). La "modernité" en question, et tant de valeurs essentielles jetées à la poubelle de "l’évolution"...
 
Chacun garde en mémoire le conflit passé relatif à ce que notre Michel Sardou national aura su alors incarner dans sa chanson « Les deux écoles ». Il y avait un peu de cela durant le week end des élections de Miss. Sur TF1, la « supériorité » de l’Argent n’aura pas été sans s’auto-promouvoir comme gage de qualité et de succès garanti, voire, obligé. Hélas pour eux, notamment sur Internet, l’élue « tradition » qu’est Miss Nationale l’emporte finalement, dans la préférence citoyenne. En effet, Barbara Morel, Miss nationale, est donnée majoritaire sur bien des sites, dont celui de BFM-TV (67% contre 37% à Laury Thilleman, Miss France) et les sites de Paris Match, Voici et Direct8. Il reste que cette préférence ne semble pas être reconnue au grand jour. Quelque chose que l’on dit tout haut, mais juste chez soi. Comme pour les campagnes politiques actuelles, la candidate « Tradi » devrait donc sa victoire symbolique surtout à son chemin ouvert par les nouvelles technologies numériques. La tradition comme avenir ? !
 
Dans l’Affaire Bettencourt, outre les exigences économiques et financières (garantir la permanence et avenir de l’Oréal), la surprise est toute aussi palpable au sein de la classe médiatique, celle de voir se clore en partie ce long feuilleton dans une dimension finalement toute familiale, plus intime. Une mère et une fille vivant à Neuilly, l’une en face de l’autre, vont oser à nouveau traverser la rue l’une vers l’autre ! L’Affaire est plus vaste et plus complexe, cet aspect est bien réel. Les fonctions réitérées ou nouvelles du gendre et de la fille de Madame Bettencourt, ne sont pas sans parallèle avec un renouvellement de contrat. D’une certaine façon, la famille se prolonge dans le travail, et tout en restant sur le territoire "national".

Il y aura eu « les deux écoles », celle des tierces personnes étrangères à la famille, et puis, la Mère que l’on aura tenté de « tuer » un peu selon l’adage Freudien. Sans parler vraiment de Mère Patrie, quelque chose de cet ordre vient réunir Madame de Fontenay et Madame Bettencourt, et pas seulement le calendrier.

Il y avait aussi chez elles du David et Goliath, un peu de Jeanne d’Arc seule contre tous, dans ces deux combats parallèles. Le symbole d’une petite France au niveau de son territoire, mais qui sait encore s’adresser au Monde et y être écoutée ? 
 
Assurément, on aura tenté de dépouiller pareillement « Geneviève » de son héritage fondateur des Miss. Osant se prévaloir d’une santé mentale peu fiable comme on pousse l’ancêtre à l’hospice (même de luxe) pour régner avant l’heure, on aura tenté le pire avec madame Bettencourt. Bien sûr, le parallèle entre ces deux affaires est audacieux par certains aspects. Les deux gardent ou retrouvent leur place, voire, leur histoire, un peu celle de notre pays à travers elle ? Les anciens à respecter. 

Outre le jeunisme ambiant n’ayant pas été sans parasiter le débat sur les retraites et sur la dépendance, la prétention à se couper du passé (« réac ») au travers de quelques sauveurs ou modèles éphémères médiatisés, ce travers là demeure. Entre nos deux élections de Miss, aussi un conflit intergénérationnel, un rapport de force dans l’image, la négation des fondateurs. Aprés avoir encore et toujours "tué le Père" qui n’est déjà plus, de la dame des Miss à celle de l’Oréal, la Mère à présent ?
 
Même si les moyens techniques paraissaient presque dérisoires pour l’élection de Miss Nationale retransmise sur BFM-TV, cet événement aura eu lieu. La gène manifestement éprouvée s’agissant de la dénomination toute « Nationale » n’a échappée à personne. La France du « je t’aime moi non plus ». Même si le Service télévisuel Public n’a pas souhaité ou osé programmer l’événement de fait autofinancé par Geneviève de Fontenay (à hauteur de plus de 30000 euros), la démarche de celle-ci n’était pas sans s’apparenter à une œuvre de salut ou moralité (un vilain mot ? !) publics. Les premiers, les derniers...

Etre du coté du plus fort et du plus riche, user de l’autre pour se faire ou se refaire et jeter le kleenex, nier ceux qui nous ont fait dans l’ingratitude revendiquée ? Toute la soirée de Miss Endémol semblait souvent s’écrire ainsi. Réjouissons nous, personne n’aura évoqué la santé mentale possiblement défaillante de Geneviève de Fontenay ! Le manque de reconnaissance sombre parfois dans l’Absurde. La Cantatrice déjà chauve de Eugène Ionesco en perdrait presque sa perruque !
 
Sur TF1, certains visages ne devant leur "célébrité" (pseudo « journaliste » etc) qu’à celle qu’ils appelèrent « Geneviève » le temps de se trouver une place au soleil audimaniaque, ces visages là, incarnaient une absence certaine de toute éthique, dans l’attrait de l’argent à tout prix. Là aussi, d’un événement à l’autre, un même fil conducteur. La Crise morale et économique en modèle réduit, celle des 12 millions de pauvres de France et de tous les vendeurs du temple sur-argentés. Celle des TPE ou PME ne recevant aucun soutien, face aux grands groupes se préservant entre puissants de tous les risques. 
 
Alors que de nombreuses enquêtes prédisent un score record du Front « National » en 2012, sans prêter quelque voisinage idéologique que ce soit à Madame de Fontenay, il reste que notre pays ne s’aime plus vraiment, notamment pour trahir certaines valeurs qui l’ont fait.
 
De « Nationale 7 » à « Douce France » de Trenet, jusque toutes ces notions évoquées, celle du Travail et pas seulement de l’Argent, celle de la famille et des parents, cette actualité parle fort. Gardons que Geneviève de Fontenay pense qu’il y aurait "une Justice immanente"... Elle précise par la même que « Miss France ne touche qu’un petit salaire et sera corvéable à merci ». Tel serait le cas de gens toujours plus nombreux,même des travailleurs-SDF.
 
Gardons nous de brader notre pays et de vendre son âme au royaume des faussaires et de l’Argent Roi.
 
Des liaisons dangereuses possibles entre certains faits... ?

Une part de réponse serait apportée... en 2012. A suivre...
 
Guillaume Boucard

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2 réactions à cet article    


  • loco 9 décembre 2010 01:12

     Miss Fontenay ou miss Endemol, pourquoi pas Vache qui rit et Vache Grosjean... ? Et c’est là que vous placez « l’identité nationale » ? C’est par ce genre d’ânerie que l’on se sent Français ? Et presque, à vous entendre, plus ou moins petit neveu d’une vedette de l’appropriation comme cette « madame l’oréal ». 

     Ainsi c’est fait, on est, selon vous, passé de Liberté, Égalité, Fraternité à « Je le vaux bien ».

     Je ne suis pas certain que cela mérite encore un drapeau.

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