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Accueil du site > Actualités > Médias > AFP : le jour d’après

AFP : le jour d’après

Samedi, l’Agence France Presse dirigée par Emmanuel Hoog, a commis l’une des plus grossières erreurs de son histoire. Sinon la plus grossière. Car non, Martin Bouygues, le célèbre patron directeur d’un des plus grands groupes industriels français, ami personnel de Nicolas Sarkozy, n’est pas mort. Contrairement à ce qu’a annoncé l’Agence. Quête du scoop ou simple bourde d’un journaliste qui a publié trop vite ? Dans tous les cas l’opprobre sur une institution.

Martin Bouygues n’est pas mort, merci pour lui

Samedi après-midi, le ciel s’est abattu sur la tête de la direction de l’Agence France Presse. La faute à une dépêche malheureuse annonçant par erreur la mort de Martin Bouygues, industriel de 55 ans, patron du grand groupe industriel du même nom. L’histoire d’un imbroglio. Au départ, la (fausse) information arrive au siège de l’AFP, à Paris. Le bureau de Rennes est immédiatement contacté car Martin Bouygues serait mort dans l’ouest de la France, dans l’Orne. Les journalistes de l'antenne interrogent alors rapidement le maire d’une petite commune proche de là où l’industriel serait décédé. L’édile, Michel Julien, confirme alors que « monsieur Martin » est effectivement mort. Il n’en a pas fallu plus. Dans la foulée, le bureau de Rennes envoie sa dépêche au siège, qui la publie sans plus de cérémonie.

Quelques minutes plus tard, la nouvelle – la vraie – tombe, Martin Bouygues est toujours de ce monde : l’AFP s’est trompée. « Veuillez ne pas tenir compte de toute la série de dépêches concernant l’annonce par erreur du décès de Martin Bouygues  », peut-on lire dans la note adressée aux clients de l’agence. Venant d’une telle institution, c’est une véritable humiliation. La directrice de l’information de l’AFP, Michèle Léridon, parle d’une « débâcle  », d’une « erreur énorme  » : l’agence « se couvre de cendres  ». « C’est une erreur très grave qui, je l’espère, ne remet pas en cause la fiabilité de l’AFP dans l’absolu. Un certain nombre de verrous ont sauté, une absence de réflexion collective, une précipitation inacceptable  », ajoutera-t-elle ensuite.

L’AFP d'Emmanuel Hoog dérape, la chaine médiatique s’écroule

Manifestement, la direction de l’information mesure la portée de la chose. Certes l’erreur est humaine, mais celle-ci aurait pu être évitée si les règles élémentaires du recoupement d’informations avaient été respectées. Et de rappeler publiquement quelques principes qui ont fait la réputation de l’agence : « la fiabilité est la valeur numéro un à l’AFP. Elle doit toujours primer sur la rapidité  » ; « l’annonce de la mort d’une personnalité quelle qu’elle soit doit faire l’objet d’une attention toute particulière, avec des sources pleinement autorisées  » ; « le travail d’agencier est un travail d’équipe  ». 

Car une défaillance de l’AFP conduit, comme ce fut le cas samedi, à une réaction en chaîne : les autres médias s’empressant de reprendre sans vérifier les informations produites par l’agence. C’est tout le modèle actuel du journalisme qui se trouve donc remis en question. Amplement suffisant donc pour qu’Emmanuel Hoog, président de l’AFP, monte lui-même au front pour présenter ses plus plates excuses, et en premier lieu à l’intéressé. Cela pourrait néanmoins, et logiquement, constituer une tache indélébile sur ses états de service alors qu'il serait candidat pour remplacer Rémi Pflimlin à la tête de France Télévisions. Renouvelé depuis quelques mois à la tête de l'Agence, peut être serait-il plus inspiré de s'atteler à la tâche plutôt que de lorgner ailleurs. Bien plus qu'une simple boulette, le hiatus du week-end dernier à mis le doigt sur une faille structurelle de l'AFP : son empressement chronique, sa course au scoop, sa soumission sans nuance et sans discernement aux impératifs d'un monde de plus en plus frénétique. Hoog, en tant que président de l'institution, est directement responsable. 

Les médias déjà épinglés pour leur couverture des attentats de janvier

Après les 15 mises en garde et 21 mises en demeure formulées par le CSA en réponse aux manquements de certains médias dans leur couverture des attentats de janvier dernier, force est de constater que la profession vit des heures difficiles. Ces organes de presse ont failli, indique l’Autorité de régulation, dans le « respect de la dignité de la personne humaine », et ce particulièrement durant la prise d’otage de l’hypermarché cacher. Dans l’œil du cyclone, BFMTV, Euronews, TF1, LCI, France Inter, France 24 et RFI. 

Or ces derniers, à la différence de l’AFP d’ailleurs, n’ont pas eu l’élégance de reconnaître leurs torts. Ils ont plutôt envoyé une lettre au CSA, faisant part de leur incompréhension vis-à-vis de cette décision. « Dans quelle autre grande démocratie reproche-t-on aux médias audiovisuels de rendre compte des faits en temps réel ?  », s’interrogent-ils. Ces derniers avaient pourtant divulgué des informations sur les otages cachés dans l'hypermarché, que le forcené aurait pu entendre. Notons au passage que Marie-Christine de Saragosse, cheffe de France Médias Monde (groupe auquel appartiennent France 24 et RFI) est également candidate officieuse pour la direction de France Télévisions. Mais pourquoi diable ces hommes et femmes qui ont déjà fort à faire pour réformer les médias dont ils ont la charge cherchent-ils à s'enfuir ailleurs ? A l'heure d'un choix audiovisuel crucial, il s'agirait de ne pas faire d'erreur pour l’Autorité de régulation.


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9 réactions à cet article    


  • doctorix doctorix 5 mars 2015 15:36

    Si au moins ils avaient annoncé que le 11/9 était un inside job, l’erreur eut été pardonnable.

    Et l’Histoire leur aurait donné raison.
    Mais ce n’est que partie remise : Martin Bouygues finira bien par mourir, et le 11/9 reconnu comme tel...

    • Spartacus Spartacus 5 mars 2015 16:58

      Bof l’ AFP est une succursale du PCF.90% de journalistes rouges et gauchistes....
      - Le traitement éditorial en faveur de François Hollande face à Nicolas Sarkozy fut un simple exemple.
      - Le pro-palestinisme et l’anti-israélisme est le dogme.
      - La Russophobie asserbée comme sur Agoravox
      - Le soutien au Parti Communiste (et aux FARC, et à Chavez, et à Ahmadinejad…) et tout les autocrates de la terre

      Photos truquées, photos piratées, l’AFP condamné de multiples fois pour parodie d’information… Et pourtant, personne n’en a parlé !

      Subventionné avec nos impôts, ne crache jamais dans la soupe de l’état qui la nourrit !
      http://www.les4verites-diffusion.fr/politique/305-le-livre-noir-de-l-afp.html


      • leypanou 5 mars 2015 17:56

        @Spartacus
        Si vous n’avez pas encore consulté un psychologue et/ou un psychiatre, il est grand temps non ?


      • Spartacus Spartacus 6 mars 2015 08:38

        @leypanou
        Il y a même un livre noir de l’AFP qui expose en détail le tri des infos, le passé troskiste ou extreme gauche des principaux dirigeants du haut en bas.

        Informez vous.

      • rocla+ rocla+ 5 mars 2015 18:36

        L’AFP (Agence France Presse) est sans doute le plus méconnu des médias français, et le plus puissant. On estime que 80% de l’information fraîche en France provient de l’AFP, et qu’elle est en situation de monopole depuis sa création, en 1944. C’est aussi l’une des trois plus importantes agences de presse dans le monde (avec AP et Reuters), qui compte environ 3000 collaborateurs dans le monde entier. Tout cela serait parfait si son engagement statutaire de neutralité et de pluralisme était réel, or l’AFP est une agence partisane, qui censure sciemment ce qui ne convient pas à sa ligne, et qui met en avant ce qui va dans son sens, tant en politique intérieure qu’à l’international. Ce secret de polichinelle est bien connu de la plupart des journalistes honnêtes, il reste inconnu pour les autres. Sachant que la plupart des Français ignorent le rôle central de l’AFP, tandis qu’on leur parle sans arrêt de la multiplication des médias et de l’information. Or si l’AFP ne remplit pas ses missions de service public, et les trahit, alors 80% de l’information fraîche en France s’en trouve biaisée. C’est ce que ce livre noir de l’AFP permet d’établir très clairement, et surtout factuellement, au moment de l’ouverture d’une mission parlementaire sur l’AFP, de septembre 2013 à mars 2014. Comme pour les livres noirs de la gauche, de l’islam, de l’Union Européenne et de l’écologie, l’auteur regroupe des centaines de sources permettant d’être irréprochable dans son approche factuelle, journalistique et historique.




        • ClaiClau ClaiClau 5 mars 2015 19:44

          Je n’ai pas la connaissance suffisante du secteur de l’audiovisuel pour apprécier les candidats à la présidence de France Télévisions. En revanche, je trouverais choquant que la présidente de France Médias Monde soit nommée à la tête de France Télévisions alors que pendant son mandat chez FMM deux reporters de RFI ont été violemment assassinés. Ce serait la preuve qu’aujourd’hui il n’y a pas de sanction lorsqu’on a des défaillances professionnelles dans le secteur public et à haut niveau (dans le privé, on est sanctionné pour beaucoup moins que cela…) au contraire… Cela prêterait également à soulever, dans ce contexte précis, la question du pourquoi et si c’est pour raison d’Etat en lien avec la tragédie de cet ignoble assassinat à Kidal le 2 novembre 2013 : même si ce n’est pas le cas, on le pensera... même tout bas. Si Marie-Christine Saragosse en tant que personne n’est pour rien dans ce drame en tant que responsable de FMM on peut lui poser légitimement des questions comme celle de savoir quelles ont été les consignes de sécurité supplémentaires que RFI a prises dès le 29 octobre 2013, jour de l’arrivée à Kidal de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon et jour de la libération des otages d’AREVA pour laquelle les dernières tractations ont eu lieu à Kidal le matin du 29 octobre 2013 ? Certes, la mission avait été validée par RFI alors qu’on savait déjà tous avant leur départ que le reportage était dangereux car en zone de guerre où l’Etat Français est impliqué. Mais ils ne sont pas morts à cause de balles perdues… Ils sont morts parce qu’ils étaient français et journalistes ! Dès le 29 octobre 2013, moi profane de l’information et de la politique, j’ai tout de suite pris conscience que Claude Verlon et Ghislaine Dupont étaient en grand danger car ils étaient devenus, dans ce nouveau contexte politique et de guerre contre le terrorisme, des otages potentiels « fraîchement » débarqués à Kidal… Depuis ce drame, Marie-Christine Saragosse a donné des directives et, désormais, avant de valider les ordres de mission des reporters pour des zones de conflit, les rédactions des trois entités du groupe France Médias Monde ont pour consigne de ne plus prendre aucun risque et de s’assurer systématiquement que les conditions et le contexte des reportages sont suffisamment sécurisés. Mais trop tard pour Claude Verlon et Ghislaine Dupont qui n’auront pas eu la chance ou plutôt toutes les conditions pour pouvoir revenir de ce reportage à Kidal…


          • njama njama 5 mars 2015 20:39

            L’AFP est à la presse, ce que l’ORTF était à la V°république, une Agence Française de Propagande.


            • fred.foyn Le p’tit Charles 6 mars 2015 08:37

              Martin Bouygues..est un voyou qui gagne des milliards sur le dos des travailleurs...l’EPR en construction est de 3 milliards passé à 15 a cause de son fameux ciment à trous...mais il est toujours à l’air libre..pas en prison..c’est comme ça en France avec les voyous...ils sont protégés par la mafia-politique qui touche les enveloppes... !


              • zygzornifle zygzornifle 6 mars 2015 08:56

                Sarko avait commencé a se frotter les yeux a l’oignon .....

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PaulA


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