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Accueil du site > Actualités > Médias > Al-Jazira : la tentation populiste et démagogique

Al-Jazira : la tentation populiste et démagogique

La chaîne de télévision Al-Jazira (l’île, la péninsule, en arabe) apparaît d’emblée comme un média d’exception à cause de sa liberté de ton, fait inhabituel au Moyen-Orient où dominent encore des régimes théocratiques rétrogrades. Quelques mois après sa création en 1996, par la seule volonté de l’émir du Qatar, Hamad Ben Khalifa Al-Thani, elle est devenue un média international incontournable. Elle a été révolutionnaire dans la mesure où elle a changé radicalement le flux de l’information. Pour la première fois dans l’histoire, ce n’est plus l’Occident qui en est la source et le diffuseur, mais c’est le tiers-monde.

Tout ou presque a été dit, avec souvent un enthousiasme compréhensible, sur le succès extraordinaire de cette CNN arabe. Mais rares sont les écrits qui ont évoqué, avec un regard distancié, les courants idéologiques qui influencent, qui se disputent et, parfois même, déterminent sa ligne éditoriale et sa politique rédactionnelle.

Le nationalisme arabe, le panarabisme, le baâthisme...

Tous ces concepts disent une seule et même réalité : celle d’un courant idéologique qui a fait de l’ethnie, de la langue et de la culture arabes son fer de lance. Son influence dans les pays dits arabes est majeure ; que ce soit au niveau de l’école, des médias, de l’intelligentsia...

Al-Jazira n’a pas échappé à son emprise. Elle s’y exprime par l’usage de l’arabe littéraire, une langue en principe unificatrice. Mais le hic, c’est que peu d’Arabes la maîtrisent. Car elle n’a aucune assise sociologique. Pour en comprendre toutes les subtilités, il faut donc aller à l’école. De fait, elle est comparable au latin, qui, de langue liturgique, devient, au fur et à mesure, grâce à un soutien pour le moins massif de la part des États, celle de l’école et des médias. Même s’il y a, ces derniers temps, une tendance progressive à employer, surtout lors des débats télévisés, le dialecte égyptien, qui devient par voie de conséquence la lingua franca des Arabes.

Dans ces conditions, l’arabe littéraire employé par Al-Jazira peut être considéré, à certains égards, comme une barrière linguistique pour les masses arabes en majorité analphabètes. Selon les estimations les plus sérieuses, il n’y aurait que 30 millions d’Arabes qui suivent quotidiennement les affaires du monde au travers d’Al-Jazira, ce qui est une petite minorité au regard de leur nombre qui dépasse les 200 millions d’âmes.

Il reste que les images et leur pouvoir d’évocation ont facilement permis à Al-Jazira de faire passer son message. Le plus simplement du monde. Il n’est pas rare de voir des musulmans non-arabes regarder systématiquement cette chaîne, même s’ils ne comprennent pas le discours.

Consciente de cette réalité, et pour toucher le maximum de téléspectateurs en inscrivant les événements du monde dans une perspective arabe, Al-Jazira commence sérieusement à penser à lancer une autre chaîne. En anglais cette fois-ci. Aux dernières nouvelles, elle va être lancée incessamment. Son site Internet fonctionne depuis plusieurs mois déjà.

Pour marquer davantage son panarabisme, et certainement pour susciter l’adhésion du maximum des téléspectateurs arabes, Al-Jazira a tenu à varier l’origine nationale de son personnel. Ses journalistes, qui étaient déjà des figures familières pour leurs concitoyens, car ils ont derrière eux plusieurs années d’expérience dans leurs chaînes nationales respectives, viennent d’une quinzaine d’États arabes. Presque tous les pays arabe disposent d’un journaliste-ambassadeur dans l’entreprise médiatique d’Al-Jazira, pourrait-on dire. Cependant, la part de lion revient aux pays les plus importants, la Syrie, le Liban, l’Egypte, l’Irak...

La priorité donnée aux questions arabes est aussi un fait saillant de l’arabisme d’Al-Jazira. Si leur traitement n’est pas toujours original, Al-Jazira ne s’embarrasse pas, de temps en temps, pour briser les tabous que les médias nationaux n’oseraient même pas évoquer, et a fortiori traiter : la situation de la femme, les crimes d’honneur, la question des droits de l’homme, les opposants des régimes arabes... Avec une remarque : plus le pays est loin de la péninsule arabique, plus Al-Jazira prend de libertés à traiter des sujets le concernant. La chaîne ne ménage jamais, à titre d’exemple, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie...

Un simple coup d’œil sur le site Internet d’Al-Jazira suffit à mesurer l’influence de l’idéologie du nationalisme arabe sur les contenus de la chaîne. En témoigne la terminologie employée pour désigner les aires géographiques de sa diffusion. L ‘Afrique du Nord et le Moyen-Orient sont appelés "al-watan al-âarabi ", la patrie arabe, qui est, comme beaucoup de gens le savent, une construction plus théorique que réelle. Néanmoins, dans la dernière version du site, on n’a pas gardé cette dénomination ; on lui a substitué un adjectif on ne peut plus significatif, " âarabi " (arabe).

Il est à rappeler que cette nation arabe, perçue à tort comme un bloc monolithique, est loin d’être aussi homogène. Dans pratiquement tous les pays dits arabes, il y a de fortes minorités ou parfois même des majorités non arabes. Le cas du Maroc est éloquent à cet égard. Voilà un pays majoritairement berbère, mais qui fait partie de ce monde arabe. Pire, des pays africains, qui ne sont pas du tout arabes, se voient qualifiés arbitrairement d’arabes : la Somalie, Djibouti...

Qui dit arabisme, dit aussi les gouvernements qui l’ont adopté comme idéologie d’État. Pratiquement tous les pays arabes sont concernés peu ou prou. L’Irak de Saddam, qui a appliqué une forme d’arabisme poussée à l’extrême, a des sympathisants de taille au sein d’Al-Jazira. Mohamed Jasim Al-Ali, l’ex-directeur de la chaîne, a été poussé à la porte à cause de ses liens pour le moins douteux avec l’ex-dictateur irakien Saddam. Selon le journal panarabe Al-Sharq Al-Awsat, celui-ci l’aurait corrompu des années durant afin qu’il lui réserve un traitement de faveur.

Dans une rencontre avec la presse à Doha, Mohamed Jasim Al-Ali ne s’en est même pas caché. " Aucun média, affirma-t-il, ne peut subsister sans un soutien financier. Sinon, il ne peut tout simplement pas exister. Mais se pose la question : est-ce que cette aide influe sur la ligne éditoriale de la chaîne ? ". Il n’a pas bien évidemment répondu. Pour cela, il suffit juste de regarder Al-Jazira.

La chaîne arabophone américaine, Al-Hurra, a diffusé avec un malin plaisir, il y a quelques mois, un documentaire montrant, images à l’appui, que les rapports entre l’ex-directeur de la chaîne qatarie et le fils de Saddam, Oday, étaient plus qu’amicaux. De là, on peut facilement expliquer l’attitude négative d’Al-Jazira vis-à-vis de l’intervention américaine en Irak et sa célérité à diffuser les messages vidéo et audio de Saddam en cavale.

Des journalistes vedettes d’Al-Jazira sont des panarabistes connus. C’est le cas de Fayçal Al-Qassim, journaliste syrien et animateur de l’émission à succès, " À contre-courant". Malgré son passage, qui a duré sept ans, à la prestigieuse BBC, et un capital culturel important - il est titulaire d’un Phd en littérature anglaise -, l’objectivité lui fait souvent défaut. Il use et abuse, sans jamais se remettre en question, ne serait-ce qu’un moment, d’une rhétorique nationaliste surannée.

Ses prises de position sont souvent d’un ethnocentrisme et d’une démagogie qui frisent le ridicule. Ses talk-shows sont des suites infinies de cacophonies, de surenchères, de propos racistes et xénophobes. " Pour une fois, nous avons la chance de pouvoir parler, alors nous hurlons ! " , confie-t-il à Sara Daniel, une journaliste au Nouvel observateur. Son professionnalisme est très discutable. Il a été celui qui a annoncé en plein milieu de son émission que les Juifs, qui travaillaient dans les deux tours de New York, ne s’étaient pas rendus le jour des attentats à leur travail. Tout cela sur la foi d’un obscur journal iranien.

Même quand il se veut un tantinet rigoureux, ses débats sont, si je reprends l’expression du grand sociologique français, Pierre Bourdieu, vraiment faux ou faussement vrais. Les face-à-face qu’il a organisés entre les libéraux arabes et les islamistes en sont la preuve. Son parti pris pour ces derniers est plus que patent. L’intellectuel progressiste tunisien Afif Al-Akhdar et le grand islamologue algérien Mohamed Arkoun en ont d’ailleurs fait les frais.

Au lieu d’inciter ses téléspectateurs à la réflexion, Al-Jazira provoque en eux l’exaltation des sentiments les plus chauvins et les plus nationalistes. L’obscurantisme se trouve mis en relief au détriment de la pensée des Lumières, seule à même de sortir les Arabes de leur sous-développement chronique et des multiples contradictions où ils se débattent. Le fameux credo d’Al-Jazira " l’opinion et son contraire " devient plutôt un slogan creux. Al-Jazira demeure, selon Olfa Lamloum qui lui a consacré un livre, " malgré la concurrence, une chaîne à part en raison de son nationalisme arabe ". Ce n’est pas pour rien qu’on fait souvent le parallèle entre elle et Sawt Al-Âarab, une radio très célèbre lancée au début des années cinquante par la figure de proue du nationalisme arabe, l’ex-président égyptien, Jamal Abdnnaser.

Si Al-Jazira était, à ses débuts, la seule sur le champ médiatique arabe, depuis quelques temps, d’autres chaînes concurrentes ont vu le jour. La rivalité entre elles bat son plein. La course aux scoops devient féroce. Le moindre événement est bon à être diffusé, sans en peser les conséquences parfois dramatiques. C’était le cas, par exemple, lors des événements qui ont secoué Ahwaz, une région iranienne à majorité arabe.

Al-Jazira, sensible à tout ce qui est arabe, a été la première à parler de trois morts et plusieurs blessées, et à donner aux émeutes un caractère séparatiste. Elle a même laissé s’exprimer sur ses ondes une organisation inconnue jusqu’alors, le Front de libération des Arabes d’Ahwaz, dont le porte-parole n’a pas hésité à parler d’une " épuration ethnique ". Al-Jazira appelle, si je cite Bourdieu, à " la dramatisation, au double sens : elle met en scène, en images, un événement, et elle en exagère l’importance, la gravité, et le caractère dramatique et tragique ". Conscient du danger, le gouvernement iranien a réagi à brûle-pourpoint en lui interdisant de travailler, à l’avenir, en Iran.

L’autre aspect de l’arabisme d’Al-Jazira peut se vérifier dans le traitement de sujets concernant les peuples autochtones qui vivent dans cette "patrie arabe ". C’est le cas des Berbères, et surtout des Kurdes, qu’on ne ménage jamais. Selon Al-Jazira, ils ne sont ni plus ni moins que des suppôts du sionisme et des instruments de l’impérialisme occidental, tout en passant allègrement sous silence tout ce que ce peuple martyr a enduré sous les régimes baâthistes d’Irak et de Syrie. D’ailleurs, l’élection, dernièrement, d’un Kurde à la tête de l’Irak n’a nullement fait plaisir à la chaîne qatarie.

Nonobstant cet arabisme exacerbé, il reste qu’Al-Jazira est plus qu’ambiguë s’agissant d’Israël. C’est le premier média arabe à donner la parole aux responsables israéliens et, par le fait même, la chaîne participe grandement à la normalisation de leur pays. Grâce donc à cette chaîne, Israël - l’ennemi sioniste, comme les médias nationaux arabes se plaisent à le qualifier - apparaît comme un État on ne peut plus banal, voire légitime. Ce qui est synonyme d’une capitulation pour les islamistes et les nationalistes arabes, qui n’ont de cesse de le diaboliser depuis presque un demi-siècle.

Beaucoup de gens, pas très au fait des enjeux politiques au Moyen-Orient, se demandent toujours pour quelle raison le gouvernement israélien laisse Al-Jazira opérer dans les territoires palestiniens et en Israël malgré son parti pris pro-palestinien et son antisémitisme maintes fois affiché et assumé. En fait, c’est parce que cette chaîne le sert plus qu’elle ne le dessert. Passer à Al-Jazira, c’est s’inviter le plus pacifiquement du monde dans le foyer de millions d’Arabes.

Quant aux Américains, ils sont de plus en plus conscients qu’à terme, leurs intérêts seront mis en danger à cause du traitement pro-arabe et, partant, du sens ouvertement anti-américain que donne Al-Jazira aux événements. D’ailleurs, lors de leur guerre en Afghanistan, à titre d’exemple, la couverture d’Al-Jazira s’est démarquée du discours américain. Selon cette chaîne, ce n’est plus la guerre contre le terrorisme, mais une guerre contre ce qu’on appelle le terrorisme.

Dans un premier temps, les Américains ont exercé des pressions diffuses sur Al-Jazira et son mécène le Qatar. Ils ont même bombardé son siège en Afghanistan et en Irak, mais en vain. C’est alors qu’ils ont contre-attaqué en optant pour un "plan Marshall médiatique " destiné au Moyen-Orient et à l’Afrique du Nord, qui a consisté à lancer, coup sur coup, une radio, Sawa, et une chaîne de télévision, Al-Hurra, (la libre en arabe). Si la radio a gagné des parts de marché importantes, la chaîne de télévision peine vraiment à percer.

L’Islam, l’islamisme, le terrorisme...

Quoi de plus normal qu’Al-Jazira fasse des émissions sur l’Islam ? Mais qu’elle permette à Youssef Al-Qaradaoui, l’une des figures religieuses les plus controversées, d’avoir sa propre émission, nous laisse un peu sceptiques. Il faut avoir à l’esprit que le cheikh Al-Qaradaoui, que la presse surnomme l’imam cathodique, n’est pas n’importe qui. Il s’agit de l’idéologue de l’un des premiers -et le plus structuré- des mouvements de l’islam politique, les Frères musulmans égyptiens.

Ce proche de l’émir du Qatar, et dont la femme occupe des responsabilités importantes au sein d’Al-Jazira, a sa propre émission hebdomadaire, " La chariâa et la vie ", qui est du reste un énorme succès. Elle consiste à répondre en direct aux questions religieuses des téléspectateurs musulmans. Parfois, il faut le reconnaître, elle n’est pas dépourvue de piquant et de détails croustillants. Al-Qaradoui n’a pas manqué de courage, quand on sait le poids de toutes sortes de conservatismes qui pèsent sur les sociétés arabes et islamiques, en expliquant que rien ne justifie, religieusement parlant, l’interdiction de la fellation.

Pour autant, ce qui a fait sa réputation, ce sont ses fatwas par lesquelles il a appelé solennellement à tuer les Américains, civils ou militaires, car ils ont agressé l’Irak. Les décapitations et les attentats-suicides en Irak sont des actes héroïques et légitimes qu’il faut saluer. Mais le hic, c’est qu’il n’a jamais pipé mot de la base américaine d’où sont parties les attaques contre l’Irak, et qui se trouve juste à quelques mètres du siège de la chaîne d’Al-Jazira.

Aussi paradoxal que celui puisse paraître, il n’a pas hésité, lui, le tenant du jihad tous azimuts, à manifester dans la rue pour dénoncer un attentat-suicide perpétré par un Egyptien - dont le frère travaille à Al-Jazira-, après la diffusion d’un message guerrier du chef d’Al-Qaida dans le Golfe, contre une école anglaise dans la capitale qatarie, Doha.

C’est ce qui a fait dire à un écrivain arabe émirati, Rachid Abdellah, que si Al-Qaradaoui "dénonce aujourd’hui cet attentat de Doha, c’est parce qu’il a lieu non pas en Irak, mais bel et bien au Qatar, le pays de résidence du cheikh. C’est tout simplement une terrible aporie dans laquelle s’est mise Al-Qaradaoui. Ce qui le met en contradiction flagrante avec les recommandations du Coran qu’il est censé très bien connaître. "

À y réfléchir de près, la présence à Al-Jazira d’une figure religieuse aussi influente que le cheikh Al- Qaradaoui est intentionnelle. Elle sert au régime du Qatar à se prémunir contre le radicalisme islamique et ses expressions violentes. Elle peut aussi se comprendre dans la mesure où ce pays cherche certainement une caution religieuse de taille qui masquerait ses rapports plus qu’intimes avec les Américains et les Israéliens qui, comme on le sait, ne sont pas en odeur de sainteté dans tout le Moyen-Orient.

L’autre domaine, où Al-Jazira est fort connue, c’est celui de ses rapports avec Al-Qaida. D’aucuns n’hésitent pas à l’appeler la boîte à lettres de cette multinationale du terrorisme. Ben Laden et tous ses lieutenants ont fait passer leurs messages audio et vidéo par le biais de cette chaîne. On peut même dire qu’Al-Jazira en a l’exclusivité. Pire encore, le Sunday Time, le fameux journal anglais, a publié une information selon laquelle le Qatar aurait conclu avec Al-Qaida un accord secret de non-agression en échange d’importantes sommes d’argent. Ce qui n’a jamais été démenti par les officiels qataris.

Al-Jazira a aussi donné la parole à toutes les figures modérées et surtout extrêmes de l’islam politique. Le Tunisien, Rachid Al-Ghannouchi, l’Algérien Abbassi Madani, la Marocaine Nadia Yassine, les Saoudiens Hani Al-Sibaâi , Saâd Al-Faqih et Said Ben Zouâayr, le Jordanien, Abou Mohamed Al-Maqdisi, le père spirituel d’ Abou Mousâab Azzarqaoui, etc., ont trouvé dans Al-Jazira la possibilité de s’exprimer. Certains sont même allés jusqu’à soutenir, dans des termes à peine voilés, les actes de violence et de terrorisme.

Cette présence pour le moins massive des islamistes est plus que patente. La très belle journaliste d’origine algérienne Khadija Ben Qenna a surpris les téléspectateurs en se couvrant le chef du jour au lendemain. L’a-t-elle fait par conviction, ou sous une pression ? Nul ne le sait. Mais ce fait a le mérite de montrer quel genre d’ambiance règne deans les murs d’Al-Jazira.

Au plus fort de la guerre en Afghanisation, seule cette chaîne a été présente dans ce pays grâce à son journaliste, vedette espagnole d’origine syrienne, Tayssir Allouni. De retour en Espagne pour passer quelques jours de vacances, il a été arrêté le 5 septembre 2003 à Grenade. Ce qui n’a pas empêché une levée de bouclier des Arabes, qui ont crié au scandale, au complot, au racisme et au non-respect des droits de l’homme, en dépit de fortes présomptions qui pèsent sur lui. Même le président du conseil d’administration d’Al-Jazira et cousin de l’émir du Qatar, Cheikh Hamad Ben Thamer, a écrit une lettre solennelle au gouvernement espagnol pour exiger sa libération immédiate.

C’est le très célèbre juge espagnol, Baltazar Carzòn, qui a instruit son dossier. Il a trouvé, en épluchant ses appels téléphoniques, qu’il avait, pendant des années, entretenu des rapports plus qu’étroits avec un certain Imad Barakat Yarkas, alias Abou Dahdah, un personnage de haute importance dans la mouvance intégriste. C’est lui, par exemple, qui a organisé, en Espagne, une réunion à laquelle a participé Mohamed Atta, le chef des kamikazes à l’origine des attentats du 11 septembre.

Le journaliste d’Al-Jazira a été aussi en contact avec deux autres personnes importantes dans l’organigramme d’Al-Qaida, Mamoun Darkazanli, le financier de Ben Laden en Europe et son représentant en Espagne, Mohamed Ghaleb Kalaje. Selon les actes d’accusation, Tayssir Allouni, dans ses multiples déplacements un peu partout dans le monde, a servi comme porteur de valise de l’organisation de Ben Laden. S’il ne s’est jamais gêné pour exprimer ses sympathies islamistes, allant même jusqu’à regretter le régime des Taliban, il reste à prouver, lors de son procès, toutes les accusations dont l’accable la justice espagnole.

La démocratie, l’arlésienne.

Il faut rappeler qu’Al-Jazira n’a pas été créée par un pays connu pour ses mœurs démocratiques. Son lancement n’a pas forcément pour objectif de démocratiser les sociétés du Moyen-Orient. C’est pour d’autres impératifs, éminemment politiques : faire exister une petite entité, le Qatar, par rapport à un voisin hégémonique, l’Arabie Saoudite. C’est d’ailleurs un objectif qui est largement atteint. Car, maintenant, le Qatar est sorti de l’anonymat pour devenir un acteur régional on ne peut plus important.

Malgré son succès indéniable, Al-Jazira souffre d’un déficit financier endémique faute de recettes publicitaires importantes. Elle ne subsiste que grâce à l’argent qu’injecte annuellement et régulièrement le gouvernement du Qatar dans son budget. Son autonomie en prend naturellement un coup. Même si ces derniers temps on parle, ici et là, de sa privatisation dans deux ans, si, bien évidemment, on ne tourne pas casaque. Mais rien n’est moins sûr, d’autant plus que les preneurs ne se bousculent pas au portillon.

De fait, Al-Jazira est, estime Ali Nasserdine, rédacteur en chef des Cahiers de l’Orient, "un accident de parcours. Sans la volonté de l’émir du Qatar, elle n’aurait pas existé. Elle a réveillé juste l’esprit critique dans la région ". Ce qui est une bonne chose. Car comme chacun le sait, la démocratie est une culture qui s’apprend. Il faut donc espérer qu’Al-Jazira aura ouvert une petite brèche qui annoncerait une démocratisation effective des régimes du Moyen-Orient.

Ce qui ne peut se réaliser que si la chaîne a les coudées franches. Ce qui est loin d’être le cas. Il y a encore certains sujets qui sont tabous, à savoir tout ce qui touche au Qatar et à la famille régnante. Un exemple : le gouvernement qatari a déchu dernièrement plusieurs milliers de ses citoyens de leur nationalité. Mais à Al-Jazira, c’est silence radio. Ce qui est quand même bizarre, de la part d’une chaîne qui se targue de défendre les droits de l’homme.

Si on a vraiment à cœur de favoriser l’enracinement de la culture démocratique chez les Arabes, il faut impérativement qu’Al-Jazira mette au placard ses idéologies, représentées en son sein par cette alliance, somme toute naturelle, entre le nationalisme arabe et l’islamisme, et essaie d’élever le niveau de ses émissions en ouvrant ses ondes à des intellectuels arabes éclairés, qui apporteraient aux téléspectateurs des instruments à même de leur faire prendre conscience de leur situation catastrophique.

Il faut parler le langage de la vérité à son auditoire, au lieu de le caresser dans le sens du poil. À ce jour, ce n’est malheureusement pas le cas. Car Al-Jazira continue, toujours, à donner la parole à toutes sortes de démagogues populistes qui expliquent, sans le moindre scrupule, tous les malheurs des Arabes par les théories fumeuses de complot et de conspiration. Ce qui fait que les propos qui suivent de Wadah Khanfar, l’actuel directeur de la chaîne, sonnent on ne peut plus faux. " Nous ne fomentons, dit-il, aucun complot contre personne, et nous ne privilégions aucun courant par rapport à un autre, ni une pensée par rapport à une autre, ni un avis par rapport à un autre...Nous ne sommes que des journalistes qui faisons notre travail selon la déontologie de la profession. "

Au total, on ne peut qu’applaudir qu’Al-Jazira réagisse enfin aux multiples imperfections qu’on lui reproche souvent. Car elle vient d’annoncer la rédaction d’une charte d’honneur professionnelle qui vise selon aljazeera.net, le site Internet de la chaîne, "à unifier la vision et la mission qu’elle s’est fixées, afin que son message soit clair dans un cadre professionnel rigoureux ". Espérons que cela se traduira à l’écran le plus tôt possible, car nous n’avons encore rien vu !

Lahsen Oulhadj


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52 réactions à cet article    


  • Marsupilami (---.---.35.79) 7 mars 2006 12:12

    D’accord à 100 % avec vous.

    Pour plus d’informations, écoutez ce qu’en disent trois ex-terroristes islamistes repentis.


    • Lahsen Oulhadj (---.---.186.181) 7 mars 2006 15:25

      Lorsque j’ai parlé d’intellectuel musulman éclairé, je n’ai jamais pensé à la « star médiatique », Tarek Ramadan. En fait, j’ai pensé à quelqu’un que vous ne connaissez certainemet pas. Car il ne passe pas à la télévision. J’ai nommé Mohamed Arkoun.

      Quant à l’expression « intellectuel musulman », en fait je l’ai employée à dessein. Car pour avoir un peu de crédibilité vis-à-vis d’un monde musulman largment anti-occidental, je pense qu’un musulman éclairé a des chances de réussir. Et les musulmans éclairés existent bel et bien, mais malheureusement, on ne les entend jamais.

      Sinon, merci pour vous critiques.


    • citadelle (---.---.209.109) 20 avril 2006 22:39

      tes trois terroristes on etaient porter sur un plateau aux consomateurs americain. Sa en ferait rire plus d’un de voir sa« sans rire ! ».

      c’est vraiment écoeurant de voire se qu’ils arrivent a faire croire aux ricains surtout quand on sais que c’est eux méme qui on fait les attentats a leur peuples.

      guering n’aurait pas fait mieu.Je crois qu’il est temps de revenir a la realité maintenant,soyons adulte,les enfants nous regardent.

      Savez vous qu’on ne parle plus le« fvker »en amerique mais le« terrorite ».J’arrete là y’en a qui vont le croirent.

      Revenons a notre sujet,al jazzaira est la CNN du monde arabe,c’est une chaine qui montre une autre realité de se que subissent encore et toujour les peuples de la region.elle a aussi sauver pas mal de monde comme en afganitan ou les américains ne s’occupaient de savoir qui etait les talibans ou les civiles en largant des bombes partout,mais al jazzaira a payer les prix fort ,les americains leur on fait exploser leur bureau et méme en irak.pour leur faire de la concurence,les americains avaient anoncer qu’ils allaient faire un chaine en arabes ,ce qui a fait rire aussi.


    • citadelle (---.---.21.56) 22 avril 2006 03:25

      un monde musulman largement anti occidentale !!!elle est bien bonne seul celle là,chapeau le grand redacteur.

      1/Il faud arreter de parler du monde musulman qui est vaste pour parler des pays arabes

      2/comment expliquez vous que pour ces « anti-occidentale » ont envie du monde de vie a l’occidentale qui est pour beaucoup la reference de la vie moderne,un peu comme les français pour l’amerique.

      3/arretez de parler de « musulman »comme d’un seul mode de penser vous etes ridicule !!!

      4/il est de temps de decsendre de son petit nuage ou faire une cure de BD parce que sa deviend vraiment lourd


    • CC (---.---.168.74) 7 mars 2006 12:27

      L’auteur a écrit : « Si on a vraiment à cœur de favoriser l’enracinement de la culture démocratique chez les Arabes, il faut impérativement qu’Al-Jazira mette au placard ses idéologies, représentées en son sein par cette alliance, somme toue naturelle, entre le nationalisme arabe et l’islamisme, et essaye d’élever le niveau de ses émissions en ouvrant ses ondes à des intellectuels arabes éclairés qui apporteraient aux téléspectateurs des instruments à même de leur prendre conscience de leur situation catastrophique. »

      Je ne crois pas que la solution soit de tout occidentaliser de cette manière. Les intellectuels arabes « éclairés » sont eux aussi des démagogues et populistes : mais c’est nous, occidentaux, qu’ils ne cessent de flatter et de caresser dans le sens du poil.


      • Marsupilami (---.---.35.79) 7 mars 2006 12:39

        Trés juste.

        Et en plus les « intellectuels » musulmans pratiquent quasi systématiquement le double langage, comme l’analyse très bien Anne-Marie Delcambre.

        Pour vous en convaincre, écoutez aussi ce qu’en disent trois ex-terroristes islamistes repentis.


      • Scaton l’africain (---.---.1.1) 7 mars 2006 13:16

        Qu’est ce que ça veut dire intellectuel musulman ? Maintenant il faut qualifier les intellectuels par leurs origines ou par leur foi ? En plus des étoiles jaunes il faudra créer des croissants de lune verts et des croix blanches (à moins que seuls les musulmans aient besoin d’être brocardés.)

        C’est quoi cette parano. du double langage ?

        Al Jazira / CNN = même combat idéologique. Détourner l’information pour manipuler les masses.


        • Marsupilami (---.---.35.79) 7 mars 2006 13:38

          @ Scaton

          « Intellectuel musulman », ça veut dire exactement ce que ça veut dire : un intellectuel se définissant lui-même comme musulman et défendant l’islam, genre Tariq Ramadan. Ce qui n’a rien à voir avec un intellectuel issu de la culture musulmane devenue athée comme par exemple Ibn Warraq qui fait une implacable critique de l’islam.

          C’est clair ? Non ?

          A part ça, je suis d’accord avec toi pour dire que CNN et Al Jazeera bourrent les crânes de leurs téléphages (et ne parlons pas de Fox News). Mais après tout, c’est le fonction des médias de masse, non ?


        • Scaton l’africain (---.---.1.1) 7 mars 2006 16:03

          @ Marsupilani,

          Par contre je ne partage pas ton argument, pour être un intellectuel tout musulman devrait devenir athée, c’est un peu léger comme argument. Je ne connais pas réellemnt T. Ramadan mais de ce que j’ai pu lire de lui ou de ce que j’ai pu constater (la GB et les USA font appel à lui pour aborder certains aspect de l’islam) la seule chose qu’on peut lui reprocher c’est d’être le neveu du fondateur des frères musulmans. Comme on dit on choisit ses amis mais pas sa famille. Parfois j’aimerai l’entendre parler de cette contextualisation de l’islam qu’il propose plutôt que de le voir toujours se défendre des accusations sans preuve dont on l’affuble.

          On reproche aux musulmans de ne pas s’exprimer assez pour condamner les terroristes mais à vrai dire chaque fois qu’un musulman le fait il est taxé de double langage. C’est vraiment irrespectueux pour eux sachant qu’ils sont avant tout les prmières victimes du terrorisme. Par contre dès qu’un membre d’Al qaida s’exprime son message fait le tour du monde.


        • Marsupilami (---.---.183.184) 8 mars 2006 16:30

          Je n’ai pas dit ça.

          Ce que j’ai dit, c’est qu’on peut dire de Tariq Ramadan qu’il est un « intellectuel musulman » mais qu’on ne pouvait pas le dire de Ibn Warraq, qui, bien que né dans la religion musulmane, se déclare athée. Je n’ai jamais dit que pour être un intellectuel musulman il fallait être athée, vu que c’est une grosse connerie et une contradiction logique insoutenable.


        • Mohamed (---.---.164.51) 7 mars 2006 14:21

          Tariq Ramadan ? L’intellectuel (!) qui a proposé un moratoire sur la lapidation ????


          • Abdallah (---.---.173.17) 7 mars 2006 15:32

            Mohammed, je te surprends encore une fois à démontrer que tu es un très mauvais musulman.

            En réalité, la lapidation des femmes adultères est une pratique moyennageuse que l’islam (psl) a depuis ses touts débuts révoquée, c’est-à-dire AVANT-MÊME LE MOYEN-AGE CHRÉTIEN. Ce qui démontre bien que l’islam est bien une religion de paix, de tolérance et d’amour.

            D’ailleurs, comme le répète inlassablement le grand commentateur des Hadiths Ibn Warraq, Dieu est Saint et infiniment miséricordieux.

            La paix sur le monde entier et sur toi, mon frère.


          • Scaton l’africain (---.---.1.1) 7 mars 2006 16:07

            Abdallah,

            Excuse moi mais je crois que Mohamed n’est qu’un pseudo. C’est de l’ironie de la part de cet intervenant, il n’a surement jamais lu le coran ou tout autre livre saint alors ne sois pas surpris de ses réactions.


          • Mohamed (---.---.164.51) 7 mars 2006 16:17

            Mais pas du tout,Mohamed est mon vrai nom comme le tien est scaton l’africain....


          • Mohamed (---.---.164.51) 7 mars 2006 16:21

            Merci Abdallah. Grâce à tes articles, je sens que je deviens un meilleur musulman....


          • L'équipe AgoraVox Carlo Revelli 7 mars 2006 17:31

            « Mohamed »,

            Ou il faudrait plutôt que je vous appelle avec le pseudo avec lequel vous sévissiez encore il y a quelques jours, c’est à dire « Saint Cochon » ?

            Vous n’arrêtez pas d’envoyer énormément de messages à caractère raciste ou blasphematoire qui nous sont régulièrement signalés par nos lecteurs ou nous rédacteurs. Et qui sont en conséquence détruits malgré vos changements de pseudo.

            Pour éviter qu’on perde tous du temps précieux, je vous invite à débattre normalement sans besoin d’insulter ou d’injurier ceux qui ne partagent pas vos opinions.

            Je vous rappelle que votre adresse IP complète ainsi que l’intégralité de vos commentaires sont mémorisés.


          • Scaton l’africain (---.---.1.1) 7 mars 2006 17:43

            Bravo, c’est bien ce qu’il me semblait.


          • Mohamed (---.---.164.51) 9 mars 2006 10:37

            Si les commentaires de tout le monde sont mémorisés, je vais apparaître comme vachement modéré...


          • Mohamed (---.---.164.51) 9 mars 2006 10:41

            Chouette, je vais être poursuivi pour blasphème...


          • Mohamed (---.---.164.51) 9 mars 2006 10:42

            Mais pour ça, il faudra attendre que les islamistes aient pris le pouvoir en France....


            • ali amar (---.---.156.193) 23 avril 2006 16:56

              salam ailikoum Je suis un musulman ayant deux filles et un garcon simultanement de 04 mois,10ans et demi pour les filles ,12 ans pour le garcon. Je vis au canada et je voudrais leurs la akika ,je recherche des explications et des renseignements a ce propos et merci Salam alikoum oua barakatou


            • Daizy (---.---.39.25) 8 mars 2006 16:05

              Excusez moi de vous interrompre ce debat qui est plein de vide , parcequ’ un vrai debat soit constructif et logique aux yeux des autres intervenants. Je veux intervenir premierement au sujet de la chaine satellitaire Al Jazeera qui n’est qu’un moyen mediatique utilise par un lobby tres connu es la matiere comme stimulateur dans la region pour semer la haine.L’emission « a contre courant » n’invite que des extremistes qui n’ecoutent pas le langage des autres et se dechainent pour rien. Pour le second volet, je voudrai dire que l’Islam ne se limite pas a la pratique de la priere et autres comme beaucoup de gens le pensent (les 5 piliers ).L’Islam c’est le comportement du quotidien aupres des autres, sans distinction de religion, de couleur ou de pays.


              • mel712 (---.---.132.184) 8 mars 2006 18:39

                Je viens de trebucher sur l’article de Anne-Marie Delcambre. Je ne saurais croire qu’une universitaire puisse méconnaitre son domaine central à ce point, donc je ne l’accuserai pas dans cette arène là. Etant moi meme mathématicien et m’interessant de près et depuis vingt-cinq ans à l’islam et la civilisation islamique, je procèderai donc par élimination.Devant ce ramassis d’amalgames digne d’un apprenti à peine capable de lire et de raisonner,je ne trouve comme explication que le mepris que cet etre reserve à la science et la recherche, et l’avilissement que peut atteindre une conscience par haine et par obscurantisme.


                • Mohamed (---.---.164.51) 9 mars 2006 10:39

                  il est clair qu’être mathématicien fait de toi un spécialiste de l’Islam....


                • Marsupilami (---.---.161.254) 9 mars 2006 09:48

                  Il n’y a pas que des programmes islamistes sur Al Jazeera.

                  Regardez cette interessante interview d’une psychologue athée née dans la religion musulmane et les réactions outrées d’un imam.


                  • Simo (---.---.95.242) 10 mars 2006 17:24

                    Un article décevant, nulle et inutile. A le lire, on ne comprend plus le fil conducteur entre des idées disparates, démagogues et rancunières. Démo : Est-ce logique de reprocher à Aljazeera d’utiliser l’Arabe, la langue fédératrice des populations arabes ?! Est-ce sérieux de critiquer cette chaîne lorsqu’elle adopte un discours proche des aspirations des peuples arabes ?! Franchement, c’est sans commentaire... Al Jazeera est un media professionnel, sérieux et libre. C’est la conclusion de nombreux observateurs arabes et étrangers. Pour ceux qui ont un doute, sachez que la marque Al-Jazeera a été classée, lors d’une enquête internationale en 2004, la cinquième « plus influente » au monde, après Apple, Google, Ikea et Starbucks. Evidemment la réussite fait des jaloux, ce qui explique les tentatives médiocres de quelques nullards arabes ou autres qui essayent de discréditer Aljazeera.


                    • Marsupilami (---.---.160.106) 10 mars 2006 18:32

                      Quelle critique nulle !

                      Invoquer le fait que Al-Jazeera est l’une des « marques » les plus connues au monde c’est faire comme TF1 : acheter du temps de cerveau disponible pour Coca-Cola. Tes informations, tu vas les chercher sur Reebook.com ?


                    • zako (---.---.132.68) 27 mars 2006 20:24

                      Ce que vous dite sur le fait que l’Arabe Litteraire est peu maîtrisé par les masses Arabes est totalement faux. L’Arabe littéraire est la langue du Coran (livre saint de l’Islam) et de ce fait, même le simple paysan des campagnes est en mesure de la comprendre (ce sont les femmes en fait qui souffrent le plus de l’analphabétisme !). Dans les pays Arabes (et plus généralement dans les pays musulmans), tous le monde à au minimum suivi des cours dans une école coranique ou auprès d’un taleb local. Par contre ce sont les dialectes locaux qui sont plus ou moins bien compris, le dialecte marocain par exemple est totalement incompréhensible à un Yéménite... d’une manière générale ce sont les dialectes maghrébins qui sont le plus éloignés du littéraire (l’Egtyptien est également un peu particulier). En fin voilà je vais pas non plus m’étaler mais comprenez bien que l’Arabe littéraire est LA langue commune comprise par tous les Arabes (et au delà même, au Pakistan ou en Indonésie on trouve beaucoup d’arabophones).


                      • zako (---.---.132.68) 27 mars 2006 20:43

                        Autre chose, franchement s’il y en a qui ont déjà regardé les programmes de CNN ou FOX News, parfois c’est limite de la débilité ,surtout à l’époque ou elles devaient préparer psychologiquement l’opinion américaine à une intervention en Irak, avec des reportages complètement bidon sur les armes de destructions massives et les liens entre Saddam hussein et Al quaeda.


                        • aziz Alia (---.---.36.129) 31 mars 2006 18:17

                          Scaton

                          pas du tout d’accord avec vous .Ma modeste connaissance des langues,me permettant de voir et d’écouter plusieurs chaines(français ,anglais et espagnoles en plus de celles arabes) ,je crois sincèrement Q’« Al Jazeera »est l’une des chaines qui essayent d’amener l’information au télespectateur le plus objectivement possible,dans le sens ou tout un chacun peut y donner son opignon.Des terroristes de Ben Laden au néo conservateurs fanatiques de Bush.Du colon de l’extreme droite israelien aux palestiniens du Jihad et de Hamas.de l’athée le plus virulent au croyant le plus fanatique.AL Jazeera essaye toujours d’etayer ses informations par les opignons des antagonistes quels qu’ils soient .c’est cela l’information et c’est un grand mérite pour une chaine arabe.On ne peut pas dire pareil de certaines chaines de l’occident tel que TV5(qui n’est qu’un exemple parmi tant d’autres), qui pour parler de l’Islam ,réunit autour d’une table 5 ou 6 « spécialistes » occidentaux et insère parmi eux (pour paraitre« impartiale »)un inconnu « musulman » non seulement incapable de répondre aux questions pièges lancées à tour de role par les dits spécialistes mais incapable aussi d’expliquer les préceptes les plus élémentaires de cette religion. Idem quand il s’agit du problème palestinien : on voit autour de la table Mr l’ambassadeur d’Israel,4 ou 5 spécialistes français du proche orient(dont 2 ou 3 sont comme par hasard juifs) et à coté Lalia Chahid,complétement isolée et dontles interventions ,si elles ne sont pas à chaque fois interrompues par le journaliste qui dirrige le débat ,n’occupent pas plus de 5 pour cent du temps de l’émission.


                          • l’impartial (---.---.36.129) 31 mars 2006 18:48

                            Ce qui trahit le caractère raciste et haineux de certains comme Marsupilani ou « Mohamed »(qui peuvent etre la meme personne)c’est que quelque soit le sujet débatu ,inconsciement ils commencent à lancer leurs venin sur tout ce qui est musulman.On ne peut pas etre plus malhonnete.Vous ne valez pas mieux que ces fanatiques islamistes qui haient tous ceux qui ne partagent pas leur sombres idées.


                            • Hanssen (---.---.64.179) 13 avril 2006 22:07

                              Les Sionistes menent le Monde vers le chaos. Ils utilisent ces naifs d’Americains et d’Anglais pour arriver a leurs desseins. Ce qu’ils sont entrain de faire en Palestine est un genocide et ils le payeront tres tres cher tout comme tous ceux qui sont entrain de les aider.


                              • Hanssen (---.---.64.179) 13 avril 2006 22:09

                                Les Sionistes menent le Monde vers le chaos. Ils utilisent ces naifs d’Americains et d’Anglais pour arriver a leurs desseins. Ce qu’ils sont entrain de faire en Palestine est un genocide et ils le payeront tres tres cher tout comme tous ceux qui sont entrain de les aider.


                              • citadelle (---.---.156.97) 23 avril 2006 17:39

                                tu veus pas changer de discour un peu


                              • (---.---.160.169) 20 avril 2006 23:11

                                Comme toujours, ça finit par des menaces, l’arme des impuissants....

                                J’invite toutes mes connaissances à lire les commentaires des musulmans sur AgoraVox, ils sont attérés...


                                • citadelle (---.---.156.97) 23 avril 2006 17:36

                                  a parce qu’on peu voir aussi les musulmans par leur pseudo ?géniale ?mais comme vous faites ?


                                • Karl (---.---.122.111) 9 mai 2006 17:33

                                  Le Quatar n’est pas un pays du Tiers-Monde mais un petit pays extrêmement riche. Ce découpage du monde n’a plus de sens.


                                  • Zamenhof (---.---.75.177) 11 mai 2006 20:51

                                    Vive le panarabisme laïc ! (c’était mutatis mutandi les mêmes motivations que celles de ceux qui ont fait l’Europe dans les années 50). S’ils avaient réussi et perduré on n’en serait pas où on en est avec tous ces islamistes, cette balkanisation de larbins dictatoriaux et ces frustrations dans les peuples déboussolés.

                                    (Un petit détail : « populiste » du latin populus, = demos comme dans démocratie, c’est à dire peuple, comme dans « au nom du peuple français », donc etymologiquement et logiquement populisme est un concept beau noble et humaniste ; vouloir en faire un concept péjoratif est donc logiquement et humainement une entreprise louche et dévoyée)


                                    • (---.---.160.169) 11 mai 2006 21:40

                                      Le Qatar, un pays extrêment riche ??? Encore un phantasme musulman !

                                      PIB :

                                      Qatar : 21.877 millions de $ ( 0.04% du PIB mondial

                                      Luxembourg : 28.910 millions de $ ( 0.05% du PIB mondial)

                                      En résumé, le Qatar est moins riche que le Luxembourg qui luimême ne représente pas grand chose au niveau mondial...

                                      PS : j’oubliais...

                                      PIB, par an et par habitant

                                      Qatar : 28.919 $

                                      Luxembourg : 69.929 $

                                      Les Luxembougeois sont deux fois et demi plus riches que les Qataris.....

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