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Beckham, « sale mec », RDDV : le Parisien bâcle-t-il sciemment ses articles ?

La signature de David Beckham au PSG, la fausse polémique du « sale mec » de François Hollande, la pseudo « étrange transaction immobilière » de Renaud Donnedieu de Vabres… depuis quelques semaines, le Parisien multiplie les couacs. Course au scoop ou manipulations délibérées ?

"Il a dit oui", "Le voilà",... Le 21 décembre dernier, Le Parisien et L'Equipe, deux quotidiens du groupe Amaury, annonçaient en Une de façon dithyrambique la signature de David Beckham au PSG. Deux semaines plus tard, après une dizaine de jours de commentaires en tous genres, la nouvelle est tombée : l’ancien joueur de Manchester United ne viendra pas et s’apprête à resigner au Los Angeles Galaxy. Si l’Equipe est coutumier des faux buzz (on se souvient tous du fameux « va te faire enculer, fils de pute » qui provoqua l’exclusion de Nicolas Anelka de l’équipe de France), le Parisien n’était pas, jusqu’à présent, connu pour faire de telles erreurs. Il semblerait pourtant que le journal suive les traces du quotidien sportif.

Deux semaines après la fausse venue de Beckham, c’est au tour de François Hollande de subir les approximations du Parisien. Après un déjeuner en compagnie de journalistes, le quotidien du groupe Amaury publie un article sur lequel on peut lire : "Pour Hollande, il n’y a pas de mystère : c’est bien le chef de l’Etat, ‘un président en échec’, ‘un sale mec’, qui se cache derrière les formules de l’UMP". Aussitôt, cette phrase, écrite par le rédacteur en chef du service politique Matthieu Croissandeau, provoque l’ire des snipers de la majorité, tout heureux de témoigner de leur « horreur », « dégoût » ou encore « choc » à la lecture des propos du candidat socialiste à l’encontre du chef de l’Etat.

Seulement voilà, très rapidement, les autres journalistes présents au fameux dîner, comme Sylvie Pierre-Brossolette du Point, Thomas Legrand de France Inter ou encore Alexandre Kara d’Europe 1, démentent les écrits du Parisien et relatent la scène, telle qu’elle s’est réellement déroulée, à savoir François Hollande imaginant le chef de l’Etat s’adressant aux Français : "Il va aller devant les Français et qu’est-ce qu’il va leur dire : ‘je suis un président de l’échec depuis 5 ans, je suis un sale mec…mais réélisez-moi…parce que moi je suis le seul capable de gouverner…et j’ai le courage d’affronter l’impopularité’". La nuance est de taille, le candidat socialiste n’a jamais insulté le président de la République.

Matthieu Croissandeau l’admet, lui qui a ensuite du faire un (timide) mea culpa sur le site du Parisien en admettant publiquement « Le candidat socialiste n’a donc pas officiellement traité le chef de l’Etat de ‘sale mec’" » puis en se faisant remonter les bretelles le soir même dans le Grand Journal par Jacques Attali et Jean-Michel Aphatie pour son manque de déontologie et ses approximations.

Le 5 janvier, le journal pense encore détenir un scoop en titrant sur « l’étrange transaction immobilière de Donnedieu de Vabres ». Peut-être jaloux des révélations de Mediapart sur l’affaire Karachi, le Parisien pense cette fois détenir du lourd en accusant l’ancien ministre de la culture de malversations diverses lors de l’achat d’un appartement payé comptant à Tours, trois ans après la signature des contrats d’armement avec le Pakistan.

Las, encore raté, pourrait-on dire. En effet, RDDV l’explique très doctement « 4 mois après avoir été élu député de Tours en 1997, j’ai acheté dans ma ville un appartement de 2 pièces (45 m2) pour le prix de 520 000 francs. J’ai financé cette acquisition et les travaux nécessaires par un emprunt souscrit auprès de l’Assemblée nationale pour l’intégralité du montant. C’est une agence immobilière de Tours qui m’a fait cette proposition et je ne connaissais pas la propriétaire. » Rien d’opaque et de frauduleux, donc mais tant pis, le mal est fait ! L’ancien ministre n’a pas encore eu droit à un mea culpa du quotidien et le déplore : « le mal est fait et tout le monde s’en fout , y compris ceux qui ont la charge et l’honneur de la vérité ».

Le Parisien concède une phrase de Me Pierre-François Veil, avocat de RDDV : « Mon client s’est expliqué sur l’ensemble des éléments de son patrimoine, y compris sur cet appartement, acquis grâce à un prêt souscrit auprès de l’Assemblée nationale » mais après un tel article à charge, l’intervention passe inaperçue.

« D’autres intérêts que la vérité devaient être en jeu ! » annonce, de façon sibylline, l’ancien ministre de la culture. En effet, l’excuse de l’incompétence pourrait faire long feu et on est en droit de se demander, après la polémique du « sale mec » et celle de l’appartement de Renaud Donnedieu de Vabres, à qui profite le crime. 


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1 réactions à cet article    


  • Jonathan Moadab L’Incorruptible 10 janvier 2012 13:09

    Bienvenue dans la fabrique du consentement.

    Et sur AgoraVox puisque je vois que c’est votre premier article ! 

    Le crime profite évidemment au 1% et leur cour, à personne d’autre !

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Alfie

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