Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Médias > Ces gens qui gouvernent nos médias

Ces gens qui gouvernent nos médias

De Lévi-Strauss à Sarkozy sans oublier le footballeur intellectuel Lilian Thuram, l'homme qui nie l'existence des races, il est patent que l’espèce humaine évolue. Enfin, disons plutôt qu’elle s’adapte.

Les exemples des dernières semaines, de Eric Zemmour à John Galliano en passant par l’umpiste Chantal Brunel sont des éléments révélateurs de l’évolution de notre espèce. Mais je dérape déjà… Quelle espèce ? Leurs réflexions sont de l’ordre du racisme, de la bêtise humaine, de la logique pure, selon sous quel angle nous les décodons.

Prenons le premier, l’ineffable Eric Zemmour, grand pourfendeur de célébrités venues à leur insu sans le savoir, juste pour se faire voir et pourfendre. Il dit des choses simples, logiques, marquées du bon sens. Par contre son attitude, son physique et son ton rendent ses propos agressifs, parfois vulgaires, souvent excessifs. Mais où est l’excès ? Dans la fameuse histoire des immigrés reconnaissables physiquement qui se retrouvent en général et en grand nombre dans les prisons et les tribunaux, où se trompe-t-il ? J’ai travaillé au Ministère de la Justice (Education Surveillée puis PJJ) de 1973 à 1997, je ne peux que corroborer ses dires sur cette période de ma carrière professionnelle. C’est un constat, c’est une réalité, cela plait ou dérange, mais c’est ainsi !

Par contre si nous allons sur les causes de cette situation alors nous pouvons simplement dire que ce sont les échecs successifs (et volontaires ?) des gouvernements français qui en ont la responsabilité. Des banlieues dortoir, des cités pour immigrés (y compris pour ces amis les Harkis que nous avons lamentablement trahis) installées en dehors des villes, nos gouvernements successifs depuis plus de 40 ans ont tout essayé pour marginaliser ceux qui dérangent. Et qu’est-ce qui dérange le plus un tenancier de bistrot qu’un vieux « shibani » qui passe la matinée assis à la terrasse avec pour seule consommation un café. Et ces centres-villes provençaux insalubres et attribués à ces immigrés et qui, d’un coup, sont devenus des lieux d’investissement pour le tourisme et le commerce. On a exfiltré ces immigrés dans de beaux immeubles neufs en périphérie, le touriste hollandais ou anglais n’attend pas, il arrive (en masse), il achète (à tout va), il consomme parfois nos produits (mais bon, il est éducable, enfin espérons).

Sur la seconde partie de sa remarque qui consiste à valider le choix par un employeur d’avoir ses propres critères pour l’embauche, nous ne sommes plus sur l’échec de l’intégration, nous sommes sur l’hypocrisie pure et simple. Et si moi, je souhaite avoir comme chauffeur une femme jeune, blonde, et experte en karaté ? De quel droit peut-on m’interdire mon choix ? Et qui peut me l’interdire ? Par contre mes critères vont être automatiquement suspectés :

-pourquoi jeune ? Jeune = sans expérience, donc mon choix n’est pas normal, manifestement je veux une nana que je peux « sauter » !

-pourquoi blonde ? Blonde = de race blanche, donc manifestement je ne veux pas d’une négresse !

-pourquoi experte en karaté ? Jeune+blonde+experte en karaté, manifestement je fantasme sur une membre du gouvernement Sarkozy, je favorise.

Alors je dois modifier mon annonce et mentionner « chauffeuse expérimentée, sportive et d’origine indifférente », tout en sachant que si elle est trop petite elle aura du mal à voir au dessus du tableau de bord, que si elle est championne de billard elle saura manier la queue, et que si elle est d’origine indifférente … eh voilà, je me bloque … ai-je le droit de commenter sur ce sujet en France ?

Finalement j’ai pris un chauffeur de sexe masculin, enfin présumé, de taille moyenne, et avec une casquette. J’ai enfin pu choisir librement mon chauffeur !

Prenons le second, John Galliano. Il a illuminé de sa folie créatrice les 15 dernières années de la mode. Et maintenant prenons cette dernière phrase que je viens d’écrire « illuminé de sa folie créatrice », probablement cette phrase a choqué peu d’entre ceux qui viennent de la lire, et ils l’ont validée. Mais ! Mais ! J’ai utilisé trois mots, successifs, qui définissent l’individu : mi-fou, mi-homme. Et maintenant la presse bien-pensante le crucifie car cet illuminé, ce fou créateur, l’est aussi dans la vie civile.

Pire il délire, il est antisémite, anti-boudin, alcoolique, bref il est devenu infréquentable dans notre bonne vieille France pétainiste ! Et même la nouvelle égérie de Dior, Nathalie Portman, l’exécute ! A mort Galliano. Madame Portman a probablement oublié comment elle a obtenu son rôle dans son premier vrai film, Léon, quels ont été les critères qui ont fait qu’elle a été choisie. Si elle avait été mon chauffeur, à savoir blonde, chauffeur et karatéka, aurait-elle eu ce rôle ? Et comment a-t-elle gagné ce rôle en face de Fatoumata Diarra et de Salima Ben Khelfallah ?

Il y a plus grave dans l’anti-Gallianisme : et si nous nous demandions ce que cache une telle haine contre ce bonhomme ? J’ai pu lire sur Agoravox que c’était une fiotte, une lopette ; bref des insultes qui pour moi ne sont ni plus graves ni moins graves que celles qu’il a proférées. Bien entendu ces insultes ont été supprimées du website, il reste seulement celles proférées par le coupable, John Galliano. Car ne nous y trompons pas, ne nous y trompons plus, John Galliano n’a pas été jugé, il est simplement suspect, en phase d’être mis en examen, éventuellement à terme présumé coupable (si il reconnait les faits) mais il est aussi et déjà coupable … Attendons que la justice se prononce et ne copions pas les méthodes de l’avocat qui nous sert de président et qui condamne les gens bien avant toute existence de poursuite judiciaire. Car pour le moment nous jugeons un individu (un être humain) en dehors de toute justice et sur la simple vue d’une vidéo prise à son insu, sans son consentement et manifestement quand il avait du mal à articuler. Aucun tribunal décent ne peut retenir une telle vidéo, d’autant plus que ce film a fait l’objet d’un marchandage financier. Attendons donc de savoir le nom de l’auteur de la vidéo et combien il en a tiré… cela peut être particulièrement instructif !

Prenons le troisième, la députée Chantal Brunel. Elle nous sort une belle « Lepennerie », une de ces choses qui, il y a 40 ans, ne choquaient personne. J’avais, dans les années 1973-1975 un collègue Educateur au Ministère de la Justice qui parlait du bateau à soupapes pour renvoyer les arabes. Et il ne manquait pas de préciser que la seule particularité de ce bateau était que les soupapes étaient sous la coque, qu’il suffisait donc de les ouvrir arrivé en pleine mer. A cette époque nous acceptions ce type de réflexion (de racisme ?). Nous parlions de « travail d’arabe » pour un travail mal fait, de « pingouins et de caraï » pour désigner les espagnols et les portugais, de bougnoules pour les arabes qui travaillaient sur les chantiers.

Madame Brunel est de cette génération, avec bien évidemment un Q.I. un peu plus juste (disons bien loin de celui de Sharon Stone) qui fait qu’après avoir sorti tout bonnement une phrase bien française (bien de chez nous aurait dit l’ex-pétainiste Jean Nohain) elle s’est crue obligée de rectifier « je ne parlais pas du même bateau » ! Curieusement la presse n’a pas remarqué ! Madame Brunel n’a pas compris que cela est aussi une énorme opportunité pour les chantiers navals de Marseille et de La Ciotat, ces hauts lieux du travail au ralenti entre deux grèves. Et si nous faisions de nouveau des galères avec des arabes aux commandes et des rames pour les noirs ? Il est vrai que Cecil B. de Mille est mort donc les péplums sont devenus un peu désuets, mais imaginons, laissons nous rêver, avec aux drums (Tam-Tam pour les francophones) l’actuel président du G-vain. Quand même … cela aurait de la gueule, voir de nouveau partir des galères du port de Toulon au lieu du porte-avions Charles de Gaulle en mission humanitaire lybienne, et surtout de voir notre excellent président aux commandes, juché sur son petit tabouret !


Moyenne des avis sur cet article :  3.13/5   (15 votes)




Réagissez à l'article

11 réactions à cet article    


  • Ann O’Nymous 29 mars 2011 09:45

    Rien compris à cet article. C’est sûrement de ma faute...


    • ja.poirier 29 mars 2011 09:54

      hummmm y dit quoi cet article ????


      • philouie 29 mars 2011 13:38

        que le discours raciste devrait être banalisé.

        philouie


      • Gérard Luçon Gerard Lucon 29 mars 2011 18:54

        - sur ce que je veux transmettre, probablement manque-t-il un décodeur, je vais compléter dès que j’aurai un peu de temps sur la façon dont même Agoravox se fait bouffer par l’actualité et le superficiel et oublie que tout sujet doit avoir une continuité ... BHL se souvient-il de Sakhiné ?
        -sur le commentaire disant que le discours raciste devrait être banalisé, je pense simplement qu’il devrait être autorisé ! Vous croyez que c’est en interdisant aux racistes de dire qu’ils le sont que vous aurez moins de racistes ?


      • philouie 29 mars 2011 19:52

        « Vous croyez que c’est en interdisant aux racistes de dire qu’ils le sont que vous aurez moins de racistes ? »

        Il se trouve qu’il y a de nombreux exemples historiques qui montrent que la parole raciste précède le crime raciste. L’interdiction de la parole raciste vise a empécher la mise en acte du racisme.

        D’autre part, il faut comprendre que tous les êtres humains sont racistes, ça fait partie des bas instincts. Des bas instincts que l’on combat dans un but social, dans un but civilisationnel. Libérer la parole raciste, revient à laisser libre court à un instinct nuisible à notre humanité.

        Le racisme se combat par l’éducation, par la rencontre avec l’autre mais aussi par l’interdiction de son expression. Interdiction qui exprime clairement, collectivement, que le racisme c’est mal.

        Vous pouvez ne pas être d’accord.
        Vous pouvez estimer que les pogromes, les camps d’extermination ne sont qu’anecdotes, mais vous devez aussi comprendre que la voie que vous défendez est la voie de la mort.

        philouie


      • Gérard Luçon Gerard Lucon 30 mars 2011 04:24

        Laisser aux individus le « droit » de dire qu’ils sont racistes est une chose qui releve de la liberte d’expression, chose qui est un droit fondamental.
        Accepter « l’expression » du racisme en est une autre, car vous sous-entendez dans cette locution les actes de racisme, comme par exemple la discrimination (positive ou negative)


      • Yvance77 29 mars 2011 10:26

        Buna Ziua smiley

        Concernant EZ il faut aller plus loin il me semble.

        Primo ce que vous ne mentionnez pas, c’est qu’à l’origine investir et habiter dans ces banlieues étaient la panacée. Que ce soit l’ouvrier spécialisé, le petit cadre de banque, ou le retraité SNCF, tous voulaient habiter ces zones dites nouvelles. Ce fût le sommet de la réussite et, il était de bon ton de fuir les centres-villes pour venir en à la périphérie des grandes agglomérations.

        C’est, peu à peu, que les changements se sont opérés.

        Tout d’abord, les bourgeois ne voulaient plus partager le même ascenseur que les manants. Ils partirent vers des zones pavillonnaires. Puis, la cassure s’est créée et là, les blancs ne désiraient plus vivre avec de plus en plus d’étrangers ou de Français issus d’origine étrangère.

        Et n’ayons pas peur de nommer « chat un chat », il s’agissait surtout des personnes d’Afrique du Nord et noire.
        La raison fondamentale est simple : il y en avait de plus en plus et, à un moment donné, ce qui était d’abord exotique fût pour finir dérangeant, puis cela devint carrément exaspérant et, l’on vécu une période de rejet ainsi qu’ un abandon de ces endroits. Ceux-là sont pour une partie revenus vers le centre des villes.

        Et comme vous le mentionnez et je suis raccord avec vous, oui la majeure partie des gens qui ne voient le soleil qu’une heure par jour sont en majorité des arabes (ou issus de cette immigration) et des Africains.

        Tout comme Zemmour vous posez un bon constat. Les causes sont aussi connues et, il est tout aussi exact que les erreurs politiques sont directement la cause de ce que nous vivons aujourd’hui.

        Mais croire que c’est à grand coup de sabot dans la tronche que l’on règlera cela est tout aussi illusoire. C’est tout un système qu’il faut repenser. Car ce qui hier ne touchait que ces gens (des banlieues) et auquel il suffisait de détourner les yeux, touche désormais bien d’autres couches sociales et y compris les nantis d’avant-hier.

        Petit à petit, on se dirige surement vers un soulèvement populaire.


        • Gérard Luçon Gerard Lucon 29 mars 2011 19:02

          Buna Yvance 77 ; sa stii ca am trait in blocuri cind eram copil ... je traduis et je complète :
          J’ai vécu dans des HLM une grande partie de mon enfance, au milieu des ritals, des pingouins, des portos, qui étaient mes copains de cage d’escalier. Quand les pieds-noirs sont arrivés mes grands-parents m’avaient interdit de fréquenter ces gens là (les rapatriés). Comme mon père travaillait sur les chantiers j’allais avec lui tous les jeudis et pasait mon temps avec les bougnoules.
          Ritals, bougnoules, portos, pingouins, j’ai appris à vivre avec eux, parfois comme eux, à entrer chez eux, et eux ont appris à entrer chez mes parents.
          Mais je maintiens, qu’on lache la grappe aux gens qui disent ce qu’ils pensent même si « c’est pas bien » et qu’on arrête ce terrorisme bobo-crétin qui voudrait que désormais on en arrive à interdire les vannes de Coluche et Desproges. 


        • enréfléchissant 29 mars 2011 12:30

          Comment les modo peuvent-ils laisser passer des articles si confus...


          • jakback jakback 29 mars 2011 17:17

            Liberté je crie ton nom, uniquement lorsqu’il s’agit de la mienne. Osez utiliser enréflléchissant comme avatar est d’un comique de salle de garde.


          • TSS 30 mars 2011 10:07

            @l’auteur

            Remettez vos archives à jour ,il a belle lurette qu’il n’y a plus de chantier naval à La Ciotat... !!

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès