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Chanteur populaire

Le dernier repère …

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C'était bien, c'était chouette

Michel Delpech a chanté son dernier refrain. Il a pris la clef des chants pour un monde plus enchanteur. L'actualité, ayant besoin d'un peu de quiétude en ce début d'année, sa disparition a mobilisé les médias, occupant ainsi de très longues minutes d'antenne, de reportages en micro-trottoirs, d'extraits de chansons et d' inévitables entretiens avec des amis célèbres du cher disparu. C'est la terrible loi des médias qui impose désormais de bien choisir la date de sa mort pour partir en beauté. Mais laissons-là ces mesquineries et examinons d'un peu plus près la trace de la chanson populaire.

La chanson scande nos vies ; elle sème des cailloux qui fixent les époques et les générations. Ces chansons qui ont marqué notre enfance et plus encore notre jeunesse, sont des repères indéfectibles qui nous reviennent en vagues de nostalgie. Même l'odieuse maladie de la mémoire ne parvient pas à les extraire de notre disque dur. Elles sont sans doute le dernier vestige qui reste alors d'un passé en miettes pour ceux qui sont atteints d'Alzheimer.

Plus encore que les vedettes de cinéma, les chanteurs populaires sont l'expression d'une époque tout autant que le marqueur de souvenirs intimes, familiers ou collectifs. La ritournelle a fait son trou : elle a influencé les manières de penser, elle a libéré les énergies, elle a bouleversé quelques idées reçues. Insidieusement, tranquillement, sans avoir l'air d'y toucher, une belle chanson peut changer la société en douceur.

C'est une étrange alchimie qu'aucune autre expression artistique ne parvient à réaliser à aussi grande échelle. La chanson est porteuse de sens derrière ses bluettes apparemment inoffensives. Sans même chercher à être subversive, elle impose inconsciemment un nouvel éclairage sur ce qu'on nomme aujourd'hui les sujets de société.

Michel Delpech, comme tant d'autres, a porté sa part. Sa chanson sur le divorce, notamment, fut un délicat détonateur pour repenser la procédure qui avait cours à l'époque. C'est presque rien et c'est énorme à la fois que de changer les opinions sans discours ni manifestation. Quelques notes, un joli refrain, un texte simple et émouvant et le tour de magie est en place. C'est du moins ce qui pouvait se réaliser en une époque où la chanson n'était pas qu'un simple objet de commerce à grande échelle.

Nous croulons sous les textes anglo-saxons ; les radios et les télévisions jouent le jeu de la grande industrie et laissent dans l'ombre de vrais perles, d'authentiques chanteurs et chanteuses populaires qui ourlent notre vie quotidienne de récits emblématiques et symptomatiques. Tout ce qui peut pousser à la réflexion, ne serait-ce que de manière homéopathique, est désormais repoussé au profit de l'immense machine à vider les cerveaux.

Curieusement, en organisant une hagiographie excessive, sans doute, pour ce gentil chanteur, nos télévisions ont démontré par l'absurde à quel point elles avaient changé, ne laissant plus de place à de braves artisans des mots et des notes. Nul expert pourtant n'est venu expliquer cette dichotomie étrange, eux qui sont si nombreux à décortiquer l'actualité en toutes occasions.

La véritable chanson populaire ne doit pas mourir. Il y a sans doute, de par la francophonie, des troubadours et des baladins qui décrivent au plus juste les travers de nos mœurs. Il serait dommage qu'ils passent leur temps à quémander une antenne, à courir après un spectacle, à batailler pour se faire une place face aux rouleaux compresseurs du libéralisme triomphant : ceux-là même qui récoltent tous les subsides de l'odieuse Sacem : machine à décourager la petite création.

Soyez curieux, prenez la peine d'aller à leur rencontre. Osez la découverte d'un chanteur, auteur compositeur ou simple interprète. Laissez-vous porter par le plaisir de la chanson, fredonnez à votre tour de belles rengaines d'aujourd'hui. Il n'y a aucune raison pour qu'aucune mélodie n'émerge de l'immense production contemporaine.

Chantez aussi, chantez en français, chantez en famille, chantez en groupe. La chanson était partie intégrante de notre identité et notre nation ne chante plus, ne dispose, hélas, à l'exception détestable de la Marseillaise, d'aucune ritournelle commune. Seules quelques grandes chansons, inscrites désormais dans un passé de plus en plus lointain, émergent encore dans nos mémoires. Michel Delpech a eu cette immense chance d'être de ceux qui ont marqué l'air du temps. Bon vent à lui : Laurette demeurera longtemps encore dans nos mémoires. Sans rancune l'ami ; ma famille vit dans le Loir & Cher !

Enchantement sien.


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24 réactions à cet article    


  • sarcastelle 7 janvier 08:33

    Le Loir-et-Cher est à prendre la fuite... Faut-il que rien de ligericus ne vous soit alienum pour que vous appréciiez un truc pareil... ! smiley


    • C'est Nabum C’est Nabum 7 janvier 12:43

      @sarcastelle

      Lisez et cherchez le sens réel de ce texte
      Nous sommes très loin de cette mièvrerie

      Ce n’était qu’une chute facile pour un texte tout autre


    • doslu doslu 7 janvier 14:31

      @C’est Nabum
      et puis et puis Marianne

      Elle est née dans le Paris 1790
      Comme une rose épanouie
      Au jardin des fleurs de lys.
      Marianne a cinq enfants
      Qu’elle élève de son mieux
      Marianne a maintenant
      Quelques rides au coin des yeux.

      Dieu ! Mais que Marianne était jolie
      Quand elle marchait dans les rues de Paris
      En chantant à pleine voix :
      « Ça ira ça ira... toute la vie. »
      Dieu ! Mais que Marianne était jolie
      Quand elle embrasait le cœur de Paris
      En criant dessus les toits :
      « Ça ira ! Ça ira ! Toute la vie. »

      Il n’y a pas si longtemps
      Que l’on se battait pour elle
      On a connu des printemps
      Qui brillaient sous son soleil.
      Marianne a cinq enfants,
      Quatre fils qu’elle a perdus
      Le cinquième à présent
      Qu’elle ne reconnaît plus.

      Dieu ! Mais que Marianne était jolie
      Quand elle marchait dans les rues de Paris
      En chantant à pleine voix :
      « Ça ira ça ira... toute la vie. »
      Dieu ! Mais que Marianne était jolie
      Quand elle embrasait le coeur de Paris
      En criant dessus les toits :
      « Ça ira ! Ça ira ! Toute la vie. »


    • C'est Nabum C’est Nabum 7 janvier 18:57

      @doslu

      C’est du bel ouvrage !


    • colere48 colere48 7 janvier 09:06

      Un vrai chanteur populaire, dans le sens le plus noble du terme !
      Paix à son âme.


      • C'est Nabum C’est Nabum 7 janvier 12:43

        @colere48

        Laissons son âme en paix et défendons la vraie et authentique chanson populaire française


      • juluch juluch 7 janvier 13:41

        reposez en paix........vos chansons sont toujours présente.....


        Merci Nabum pour cet hommage

        • C'est Nabum C’est Nabum 7 janvier 18:58

          @juluch

          C’est avant tout un hommage à la chanson française de qualité et il y a sa part


        • Intelle Intelle 7 janvier 13:52

          Très bel article qui rend hommage à Michel Delpech...Les vrais chanteurs populaires deviennent de plus en plus rares, la jeune génération étant très influencée par les anglo-saxons. Heureusement certains jeunes artistes créent des albums de reprise de chanteurs disparus pour que continuent à vivre ces chansons inoubliables.


          • C'est Nabum C’est Nabum 7 janvier 18:59

            @Intelle

            Ils ne sont pas rares, ils sont bâillonnés par les médias

            C’est bien plus grave


          • rocla+ rocla+ 7 janvier 13:58

            Le Loir-et-Cher .



            L’ ambiance des chansons de Michel n’ a pas de prix .

            • C'est Nabum C’est Nabum 7 janvier 19:00

              @rocla+

              Un univers simple et touchant


            • keiser keiser 7 janvier 14:30

              Salut Nabum

              Rien que le fait de vivre là bas serait déjà une source de rancune pour moi smiley

              Nous avons une fois un stagiaire du Berry, il ne voulait plus rentrer chez lui.
              Le pauvre, il a pleuré toutes les larmes de son corps en quittant notre région Toulousaine et j’exagère à peine .

              Bon ceci dit, je ne suis pas trop chanson populaire mais j’aimais bien Delpech, toute une époque.
              Les 45 toujours que l’on jouait à fond sur le tourne disque des parents, c’est loin tout ça .
               


              • keiser keiser 7 janvier 14:37

                @keiser

                45 tours, pardon smiley


              • C'est Nabum C’est Nabum 7 janvier 19:01

                @keiser

                Ne pensez pas que notre région est sans charme

                Nous avons la Loire et le climat n’est pas celui que vous imaginez


              • keiser keiser 8 janvier 17:32

                @C’est Nabum

                Nabum, je plaisantais et puis je suis originaire de pas très loin.
                Alors ce coin, je le connais un peu. smiley


              • L'enfoiré L’enfoiré 7 janvier 17:28

                Bonjour Nabum,


                « La chanson était partie intégrante de notre identité et notre nation ne chante plus, ne dispose, hélas, à l’exception détestable de la Marseillaise, d’aucune ritournelle commune. »
                C’est exactement ce que je voulais dire à la suite de l’article de Alinéa qui ressortait la vieille chanson « Besame mucho ».
                A part, Rocla+ confirmait mon impression. 

                • C'est Nabum C’est Nabum 7 janvier 19:02

                  @L’enfoiré

                  Une nation qui ne chante plus dans sa langue est en danger de mort


                • Antoine 8 janvier 11:22

                    Ce n’est que la constatation palpable de la médiocrité du niveau musical des français, mais, hélas, ce n’est pas nouveau...


                  • C'est Nabum C’est Nabum 8 janvier 12:48

                    @Antoine

                    L’école a une énorme part de responsabilité et les médias tout autant


                  • Attilax Attilax 9 janvier 20:27

                    Le fait que la chanson populaire disparaisse des médias (ou devienne totalement insipide) n’est pas un hasard. Tout est comme ça dans le moderne : l’art, l’architecture, la bouffe, tout. Il faut briser les spécificités des peuples pour créer un consommateur global, acculturé, sans références authentiques et surtout, surtout, sans nation. Nos cultures expriment notre histoire, nos traditions, tout ce qui fait qu’un peuple est spécial et unique. Si nous désirons tous la même chose, que nous faisons tous les mêmes choses, que nous pensons tous pareil, c’est la fin de la culture citoyenne. Il ne reste plus que le marketing globalisé... C’est ce qu’ils veulent (les oligarques mondiaux) : un seul peuple de moutons sans mémoire qui consomme et obéit sans se poser de question. Comme vous l’avez dit, une simple chanson bien écrite peut tout changer, et ça ils n’en veulent plus. Comme ils ont le contrôle médiatique à peu près total, c’est facile pour eux de tout verrouiller. heureusement, ils restent les concerts, et il est d’ailleurs troublant de constater que les groupes qui marchent le mieux en « live » sont ceux qu’on n’entend jamais à la radio... Preuve que le public est pas si con.


                    • C'est Nabum C’est Nabum 10 janvier 09:18

                      @Attilax

                      C’est le sens de ce billet et je suis totalement en phase avec vous

                      Il a été écrit pour être envoyé à une radio locale du groupe Radio France,, France Bleu Orléans, qui se vautre dans ce que nous dénonçons ici.

                      Plus je proteste contre leurs choix rédactionnels et musicaux, plus je suis proscrit des ondes. Qu’importe, ces gens sont des collaborateurs d’une dictature molle mais épouvantable néfaste

                      Résistons


                    • keiser keiser 10 janvier 13:12

                      @C’est Nabum

                      Ne t’inquiètes pas trop d’être banni du blaireau-land.

                      J’ai une bibliothèque musicale assez conséquente .
                      Celle ci s’est étoffée avec du bouche à oreille.
                      Les amis de mon fils qui m’apporte un avis plus frais .
                      Ainsi que des concerts surprise, un peu comme toi, si j’ai bien compris. smiley

                      On s’en fout des radios formatées pour vendre la dernière chanson insipide de Machin Pagny.
                      Et de son collègue obispo, générateurs de clips sentimentaux bio- dégradable.
                      Et sans parler du reste ...

                      On a pas besoin d’eux.

                       


                    • C'est Nabum C’est Nabum 10 janvier 13:53

                      @keiser

                      Ils font pourtant très mal ces prescripteurs d’opinion pré-mâchée, ils sont orgueilleux et usent de leur puissance pour détruire et nuire

                      Alors je tire à vue, je me sers de mes ondes courtes pour les dénigrer

                      J’ai mal à la pluralité et entendre (imaginer quant à moi) l’ignoble Johnny représenter l’unité nationale au travers d’une chanson me donne envie de vomir ce monde factice

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