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Colère de Mélenchon, les révélations du journaliste

"Avec moi vous parlez de choses sérieuses, vous parlez de politique et vos sujets de merde vous allez les faire avec des gens qui veulent répondre à la merde. C’est fini, tu fermes ta petite bouche, tu me parles de politique. Moi je te parles de médias et de ton métier pourri. Si tout ce que tu trouves à faire c’est de me répondre ça, tu vas faire ton interview plus loin. Ok ?"
 
Pas content, Jean-Luc Mélenchon. Et pas très fair-play avec son interlocuteur, Félix Briaud. Cet étudiant en deuxième année de journalisme (à Sciences-po où il est boursier et non un fils de la petite bourgeoisie comme le prétend son contradicteur), se souviendra de cette interview avec le leader du Parti de gauche. Elle fait le buzz en ce moment. Un premier fait d’arme pour le jeune journaliste.
 


Il n’a pas fallu 24 heures pour que cet échange musclé fasse le buzz sur le net. Postée sur Dailymotion le 29 mars en soirée, la vidéo dépasse allègrement les 31 000 visites sur la plateforme de partage.
 
Pourtant tout avait bien commencé, ce 19 mars, à l’avant-veille du deuxième tour des élections régionales.
 
La scène se déroule dans le XIIème arrondissement de Paris, place des Grands vins de France. Jean-Luc Mélenchon mène campagne avec des membres de son parti devant une cantine interprofessionnelle lorsque Félix Briaud arrive, se présente caméra sur l’épaule et micro en main, pour lui poser quelques questions relatives à cette campagne qui se termine.
 
L’entretien, cordial, se déroule sans incident jusqu’au moment où Jean-Luc Mélenchon s’énerve, Félix Briaud le journaliste explique : « Cette scène clôt cinq minutes d’interview où je lui ai notamment posé des questions sur les listes d’union avec le PS et le reste de la gauche ainsi que sur l’abstention  ».
 
Bref des questions on ne peut plus politiques. Mais soudain, le leader du Parti de gauche évoque la une du Parisien à propos d’un sondage favorable à la réouverture des maisons closes, sondage qui intéresse une majorité de Français, clients comme prostituées (ce qui fait pas mal d’électeurs), mais visiblement pas Jean-Luc Mélenchon.

C’est pourtant lui qui insiste pour commenter cette une du Parisien. Il accuse le quotidien d’avoir publié ce titre racoleur deux jours après le premier tour. C’est inexact. Le Parisien a publié ce sondage le 18 mars. Quatre jours après le premier tour, le sujet de l’abstention, abondamment traité, n’est plus d’actualité.
 
«  Jean-Luc Mélenchon semble regretter le fait que le Parisien choisissait ce titre et moi j’essayais de défendre le choix du Parisien qui a voulu s’adresser à ses lecteurs et pour qui c’est un choix éditorial. J’imagine que le Parisien n’a pas pu passer à côté de l’abstention au lendemain de l’élection » nous confie Félix Briaud.
 
A partir de là l’incompréhension s’installe, l’échange devient discourtois et carrément insultant envers le jeune journaliste qui garde pourtant son sang froid. « Je ne déteste pas Jean-Luc Mélenchon, explique ce dernier qui ne regrette pas de lui avoir posé ces questions et d’avoir relancé l’homme politique au point de le pousser derrière ses retranchements : « Cette réaction vient après trois mois de campagne fatigante », estime Félix Briaud.
 
Pas question cependant de publier cette vidéo le 19 mars, deux jours avant le second tour des régionales. Inutile d’en rajouter après une campagne qualifiée d’ordurière. Alors pourquoi la publier maintenant ?
 
Parce que, explique Félix Briaud : « je trouvais inquiétant qu’un homme public manque de respect envers une personne, qu’elle soit journaliste ou non. Quand on est un homme politique cela pose des questions. S’il s’était excusé je n’aurais pas publié cette vidéo. Ce n’est pas une vengeance, mais je considère que c’est une personnalité publique qui a une responsabilité.  »
 
Il poursuit : « il y a un aspect intéressant dans cet échange, c’est que contrairement à ce que pense Jean-Luc Mélenchon pour qui je n’éprouve pas d’antipathie particulière, les jeunes journalistes ne représentent pas l’aristocratie française, ce sont des gens assez précaires. Après mes études je ne sais pas si j’aurais du travail. »

A peine mise en ligne sur les différents sites d’information, les commentaires sont allés bon train sur l’apathie de l’étudiant devant la colère de Jean-Luc Mélenchon.
 
Peu ont souligné le professionnalisme du jeune homme qui relance sans cesse l’homme politique et s’efforce de ne pas aller sur son terrain. « Par rapport aux gens qui disent que je n’ai pas de répartie il faut savoir qu’il fallait que je gère mon cadre, que je tienne mon micro et que je réfléchisse à mes questions. Cela interroge sur la manière dont travaillent les chaines d’infos en continu avec des journalistes chargés de produire des sujets en des temps records. On peut se poser la question de la richesse de la l’info. »
 
Grand seigneur l’étudiant souligne néanmoins que « dans cette vidéo Mélenchon dit des choses pertinentes sur le système médiatique ».

Dès la mise en ligne de ces images la presse s’est emparée du sujet. Le buzz était lancé, à la grande surprise de l’étudiant qui prend ici sa première leçon de réalité virtuelle.

 


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Les réactions les plus appréciées

  • Par John Lloyds (---.---.---.122) 30 mars 2010 18:32
    John Lloyds

    Mais c’est quoi cette insistance sur le fait que ce journaliste est boursier et en situation de précarité ? Qu’est-ce qu’on en a à foutre des petits problèmes matériels de cet apprenti sorcier du micro ? Moi aussi mon aîné est étudiant et il rame. Il veut jouer dans la cour des grands en interviewant un monstre de gauche, ça c’est de la vraie école, alors qu’il vienne pas chialer.

    Je peux pas blairer l’UMPS et connexes, mais le père Mélenchon, on peut pas lui donner tort sur ce coup. Ces enfoirés de journalistes qui essayent leurs petits coups tordus pour ramener un petit poisson à la maison, ils m’emmerdent grave. Des millions de français crèvent la dalle, et l’autre essaye ses petites sournoiseries lourdingues à pécher dans la maison close dont tout le monde se tape, hormis les marins en rut qui reviennent de 3 mois de mer.

    Apparament il ne rame pas assez, l’étudiant boursier en journalisme, on devrait l’y envoyer, tiens, en maison close, qu’il fasse le tapin pour payer ses études, à racoler 12h/jour, il finirait peut-être par les poser, les bonnes questions.

  • Par Serpico (---.---.---.124) 30 mars 2010 18:11
    Serpico

    Melenchon a pointé la connerie qui consiste à parler de putes au lieu de la situation du pays et ce merdeux lui en remet une couche.

    Il a parfaitement raison de l’envoyer chier. Bien fait pour sa gueule.

    PS : et il n’a pas dit que c’était un bougeois. réécoutez le truc.

  • Par François51 (---.---.---.108) 30 mars 2010 18:04
    François51

    pendant qu’on parle de « pute », de burqua, ou d’autre resto halal, on parle pas d’autres chose.
    Propros assez sévère, mais pourtant on peut comprendre. Melenchon a raison de recadrer un peu cet étudiant en journalisme. ça va peut être le faire réfléchir qui sait. ..

  • Par Cassino (---.---.---.173) 30 mars 2010 18:14
    Cassino

    Félix Briaud, peut être un futur éditocrate ? Mélenchon ne fait ici qu’anticiper, étudiants boursiers ou fils à papa se lançant dans le journalisme, ce seront plus tard les chiens de garde de la pensée unique, ces rétrécisseurs de la pensée et du libre arbitre, pour mieux nous abrutir et nous rendre serviles.

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