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Accueil du site > Actualités > Médias > Comment la présidentielle révolutionne le média Internet

Comment la présidentielle révolutionne le média Internet

C’est généralement le contraire que l’on entend : le Web est en train de révolutionner l’élection présidentielle française, l’élection se jouera sur le Net. Ou la dernière : Internet aura en 2007 l’influence qu’ont eu les Guignols en 2002. Ce que je vois surtout, c’est un paysage bouleversé, souvent renversé, une profusion d’initiatives médiatiques individuelles et des polémiques qui naissent sur Internet, et des documents, passés à la trappe des médias, qui ressurgissent sur la toile.

Dernier en date, le fameux "coming out" politique d’Alain Duhamel : ce "scoop" serait resté dans l’ombre des médias traditionnels si la fameuse vidéo où l’éditorialiste explique qu’il votera François Bayrou n’avait pas été repérée par un blogueur dix jours après avoir été postée sur Dailymotion (voir la vidéo ici sur quelcandidat.com).
Dailymotion, justement. Ce clone français du géant YouTube est en train de s’imposer depuis le début de la campagne comme LA "télévision" de la présidentielle. C’est sur Dailymotion qu’ont surgi la plupart des documents vidéo qui ont agité la campagne. C’est encore sur cette plate-forme entièrement dédiée au contenu généré par l’utilisateur que l’on peut voir ou revoir les débats télévisés de la veille.
C’est aussi sur Internet que surgissent, spontanément, depuis quelques mois, de nouvelles chaînes de "télé" : La télé libre du reporter John-Paul Lepers, ancien de TF1 et Canal+. "IPol", le magazine de la présidentielle, par des anciens de Canal+ également. Et puis il y a les "little is big". Les amateurs d’hier élevés au rang de médias de demain : Nicolas Voisin, chômeur talentueux, crée avec trois sous et un pote le "Politic Show", programme vidéo phare de la couverture de la campagne électorale sur le Net. En quelques mois, ce "journaliste citoyen" a bouleversé, plutôt en bien, les codes du journalisme télé et de l’interview.
Enfin, quand le publicitaire star Jacques Séguéla décide de l’ouvrir, que fait-il ? Il crée sa télé sur Internet.

Evénement médiatique majeur, où la frustration du citoyen en mal d’expression face aux médias est la plus forte (on se souvient du séisme du "non" au référendum), l’élection présidentielle est en train de faire émerger brutalement un phénomène en gestation. La prise de parole spontanée n’a jamais été aussi abondante. Vous voulez devenir média ? Tentez votre chance sur Dailymotion. Ou sur Agoravox. Ou, depuis quelques jours, sur quelcandidat.com qui ouvre la marche en France du média collaboratif.

Entre Dan Gilmor "vous êtes le média" et Time Magazine "L’homme de l’année : vous", il y a eu deux ans. Le temps de la validation d’une prise de pouvoir : celle de l’utilisateur sur les médias. Une prise de la Bastille. L’implosion du quatrième pouvoir, qui ne disparaît pas mais doit désormais faire avec l’autre.
Et il n’a pas le choix, car c’est toute son économie qui est remise en cause.
Le cinquième pouvoir, ce n’est pas Internet, comme l’explique Thierry Crouzet dans son livre éponyme, le cinquième pouvoir c’est "vous". Et Internet est son vaisseau. Plus qu’un média, ce "vous" qui s’active via Internet façonne non seulement le paysage de l’information, mais bouleverse également les rapports sociaux et économiques. On n’a pas fini de philosopher sur la question. La psychanalyse a exploré l’esprit humain. Il nous faudra un nouveau Freud ou Jung pour décrypter ce nouveau "ça".


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11 réactions à cet article    


  • Jean-Charles DUBOC (---.---.102.41) 16 février 2007 12:55

    Vous écrivez : « Le cinquième pouvoir, ce n’est pas Internet, comme l’explique Thierry Crouzet dans son livre éponyme, le cinquième pouvoir c’est « vous ». Et Internet est son vaisseau. »

    Vous avez parfaitement raison, Internet c’est le citoyen enfin libéré de la tutelle des médias classiques avec la possibilité pour chacun de développer sa créativité et de proposer de nouvelles solutions pour développer un réseau social harmonieux.

    Internet est, effectivement, un vaisseau qui permet de naviguer librement dans le monde de l’information...

    Et, à titre d’exemple, je vous propose, un projet de GRANDS VOILIERS pour les jeunes, dénommé EUROCLIPPERS, et disponible sur :

    http://euroclippers.typepad.fr/

    Bonne lecture et bonne découverte.

    Jean-Charles DUBOC


    • Bruno (---.---.109.53) 16 février 2007 14:11

      he dumachin

      tu me saoule a poster ta pub dans les coms de sujet qui n’ont rien a voir avec ta poubelle flottante

      (Je suis fan de voile mais la ca commence a bien faire)


    • Bruno (---.---.109.53) 16 février 2007 16:42

      Comme dirait mon copain Sarko : « Le Royalist, ou l’equipage l’aime, ou on le balance en mer » smiley


    • autrenet (---.---.139.160) 16 février 2007 14:54

      Le mot révolutione est un peu exagéré.

      C’est un média parmis d’autre. C’est sur que ici il prend plus d’importance mais ce n’est pas le seul !

      Internet n’est pas un média nouveau : il existe depuis plus de 10 ans.


      • Jean-Charles DUBOC (---.---.102.41) 16 février 2007 14:59

        Bruno,

        Tu es libre de ne pas apprécier mon projet, mais ton commentaire est totalement hors sujet.

        Merci de parler de l’influence d’Internet, et des nouvelles possibilités qui sont offertes aux citoyens, et de donner des exemples, mêmes personnels, si tu en as envie.

        C’est ce que j’ai fait.

        Et j’en profite pour te conseiller une étude de PSYCHIATRIE que tu peux consulter sur :

        http://euroclippers.typepad.fr/mon_weblog/2007/01/navigations_thr.html

        Car Internet, c’est aussi cela : mettre à disposition du public des études qui restent normalement dans la confidentialité et qui peuvent être rendues publics, justement au moment d’une présidentielle. ..

        Et c’est le thème de l’article...

        jcd


        • Forest Ent Forest Ent 16 février 2007 22:41

          Ce que je vois, c’est qu’agoravox a bien changé depuis que l’on est plus ou moins officiellement en campagne électorale.

          Spams. Articles de propagande. Trolls politiques.

          D’une certaine manière, c’est valorisant. Cela montre que nous étions devenus un enjeu de pouvoir parmi d’autres.

          D’un autre côté, cela présage d’un internet futur que les politiciens et le pognon vont tenter de contrôler avec leurs gros sabots, comme ils l’ont fait des autres médias.

          La liberté sur le net devra se mériter durement.


          • Forest Ent Forest Ent 17 février 2007 12:02

            Démarche honorable. Bien évidemment, je visais plutôt ici le procédé de l’UMP consistant à se pointer à 20 pendant une heure pour noyer toute discussion sous un flot de propagande. Contrairement à l’UDF, l’UMP semble avoir une vision très domestiquée du net, bien dans la lignée des lois qu’elle a fait passer ces dernières années. Je suis d’ailleurs reconnaissant à M. Bayrou d’avoir enfin dénoncé l’emprise des industries sur les médias. Sa démarche sur ce point est visiblement sincère.


          • JL (---.---.73.200) 18 février 2007 00:49

            OG : «  » Je suis étonné d’observer la propagande de certains rédacteurs ou leur ralliement à un nouveau candidat. De mon côté, comme je respecte ce site, je ne publie plus d’articles sur François Bayrou jusqu’au premier tour. Les citoyens-internautes (je préfère à pronétaires) n’ont pas à être pris pour des imbéciles. «  »

            Mr AB qui respectez ce site, si vous respectez le citoyen-internaute que je suis, pouvez vous m’expliquer vos propos surprenants ?

            En quoi la publication d’un article sur F. Bayrou ce serait prendre les citoyens-internautes pour de imbéciles ?

            Quid de la publication d’un article sur S. Royal, ou N. Sarkozy ?

            Merci d’éclairer ma lanterne.


            • Jean-Claude Morand Jean-Claude Morand - Cyberstrat 18 février 2007 14:03

              J’aime bien internet, je suis tombé dedans en 1987, j’en fais ma passion, j’ai écris de livre sur le sujet, et mon métier est largement influencé par les technologies sous jacentes à ce terme.

              Vous estimez que la « frustration du citoyen en mal d’expression face aux médias est la plus forte (on se souvient du séisme du « non » au référendum), l’élection présidentielle est en train de faire émerger brutalement un phénomène en gestation. La prise de parole spontanée n’a jamais été aussi abondante. » Certes, les blogs et les sites web sont en constantes évolution....et ferment souvent aussi vite. Je reste un fervent avocat des évaluations collaboratives, des approches prônées par Joël de Rosnay (Les Pronetaires) ou de Xavier Contesse (les transfoacteurs) et je prêche journellement ces théories.

              De là à mettre Internet au centre de toutes les démarches sociologique, élection présidentielle incluse, il y un pas que je ne franchi pas encore. Sur les allées des autoroutes de l’information on se retrouve presque toujours les mêmes. Les « geeks » de ce mouvement oubliant la masse qui continue encore (et heureusement) à refaire le monde au café du commerce. Lors d’une conférence récente, une personne dans l’audience me demandait « mais en fait ce média (je parlais des capacités d’évaluation collaborative d’Expedia) n’est-il pas toujours réservé à une certaine classe ? »

              Oui, car pour être un citoyen participatif sur un blog, il faut être en mesure de synthétiser ces idées, de les transcrire sous forme d’un billet sans avoir peur du ridicule face à ces fautes de grammaires ou d’orthographe. Il faut avoir le courage d’exprimer publiquement ces idées et de plus en plus souvent la force psychologique de supporter les réactions anonymes de lecteurs d’autant plus agressifs qu’ils sont éloignés de celui qui a exprimé une idée sur la toile. Bref il faut savoir manipuler une souris et avoir le PC qui permette de connecter. N’oublions pas qu’il reste encore 50% de nos compatriotes qui ne sont pas encore équipés. Quant aux privilégiés, comment utilisent-ils leur souris... pour blogger sur Skyblog ou lire AgoraVox ?


              • Céline Ertalif Céline Ertalif 18 février 2007 22:17

                L’auteur de l’article n’a pas tort de souligner qu’il y a une recherche de place publique, et que les Présidentielles rendent cet aspect des choses particulièrement sensible.

                Quand Jean-Claude Morand écrit, « Il faut avoir le courage d’exprimer publiquement ces idées et de plus en plus souvent la force psychologique de supporter les réactions anonymes de lecteurs d’autant plus agressifs qu’ils sont éloignés de celui qui a exprimé une idée sur la toile. Bref il faut savoir manipuler une souris et avoir le PC qui permette de connecter »... je crois qu’il dit encore l’essentiel. Il faudrait nuancer en soulignant le rôle des pseudo et avatars. Mais le plus important est bien dans cette capacité à s’exprimer, à faire face à l’agressivité, et à argumenter. L’intérêt politique fondamental de cette aventure est dans cet apprentissage de la manipulation du discours public, il ne s’agit pas que de la souris.


              • Forest Ent Forest Ent 20 février 2007 23:08

                En tout cas, ce genre d’information peut laisser craindre une dérive inquiétante :

                http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39367199,00.htm

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