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Accueil du site > Actualités > Médias > Comment on fabrique une fausse insolvabilité

Comment on fabrique une fausse insolvabilité

La France est-elle en train de suivre la Grèce, le Portugal et l’Irlande parmi les pays incapables de boucler leurs fins de mois ?
 
On aurait pu le croire à lire ce titre de 20 Minutes :
 
L’Etat n’arrive pas à boucler les fiches de paie de ses fonctionnaires.
 
Les nouvelles alarmistes circulant vite, ont peut lire le même article en particulier sur Yahoo :
 
http://fr.news.yahoo.com/82/20101125/tbs-l-etat-cherche-les-moyens-de-payer-s-2c03cd1.html
 
De quoi améliorer l’image de la France et renforcer son crédit ... A se demander qui lance de tels bobards et pourquoi.
 
Car il s’agit bien d’un pur bobard, comme on peut le voir en cliquant sur la source dont l’article est tiré.
 
Cette source est constituée par un communiqué de la Commission des Finances du Sénat que nous reproduisons in extenso. Le lecteur verra que cette source ne fait état d’aucune difficulté de trésorerie, mais seulement du mécontentement de ladite commission des Finances, qui a tardé à valider un décret d’avances. Un simple mouvement d’humeur politique, donc. Voici le texte du communiqué :
 
LA COMMISSION DES FINANCES S’INQUIETE
DU DERAPAGE DES DEPENSES DE PERSONNEL DE L’ETAT
 
Présidée par Jean Arthuis (UC, Mayenne), la commission des finances a décidé, sur la proposition de Philippe Marini (UMP, Oise), rapporteur général, d’émettre un avis favorable, assorti de fortes réserves, sur le projet de décret d’avance qui lui a été transmis en application de l’article 13 de la loi organique du 1er août 2001 relative aux lois de finances (LOLF).
 
Ce projet procède à l’ouverture en urgence de 1,39 milliard d’euros d’autorisations d’engagement et de 1,14 milliard d’euros en crédits de paiement, dont 930 millions d’euros seront destinés à couvrir des dépenses de personnel. Ces ouvertures, qui sont compensées par des annulations à due concurrence et ne dégradent donc pas le solde budgétaire, sont indispensables à la liquidation des paies de décembre au bénéfice des agents de huit ministères différents, dont les ministères chargés de l’éducation nationale, de la défense, de l’intérieur et du budget.
 
La commission des finances observe que ces besoins urgents résultent de départs en retraite inférieurs aux anticipations, mais aussi de surcoûts associés à des mesures catégorielles dont la multiplicité conduit à douter de la consistance réelle des efforts de maîtrise de la masse salariale de l’État.
 
La commission relève enfin que ce projet de décret atteste, à l’instar des précédents, la persistance très préoccupante de sous-budgétisations en loi de finances initiale, malgré ses avertissements répétés.

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11 réactions à cet article    


  • Yvance77 27 novembre 2010 10:10

    Salut,

    L’interrogation que j’avais face à cette nouvelle hier est la suivante :

    Pourquoi cette annonce énamant d’abord du Sénat n’a t’elle pas été reprise par les journalistes (enfin si on peut appeller Pujadas un journaliste) ?

    Réponse QCM :

    1) On veut sans doute protéger ce qui vont dépenser les brousouffes avant Noel ?

    2) Par pudeur ?

    3) Elle n’a aucune importance

    4) Les journaleux ne savent pas lire

    5) Le sénat quoi que c’est que ça ?

    6) Pipole 1er n’a rien dit donc c’est pas vrai

    A vous de choisir la plus adaptée (sachant que toutes peuvent être valables)


    • JL JL 27 novembre 2010 10:14

      J’avais entendu cette info dans un journal radiodiffusé matinal, mais a semble-t-il été mise en sourdine par la suite. Je crois que ce genre d’infos sont lancées comme des rumeurs : ça en a l’apparence mais ce sont de vraies infos. L’avantage de les lancer comme des rumeurs c’est d’en faire des pétards mouillés.

      Il me parait clair que nous sommes en guerre économique, et que cette guerre est atypique : l’ennemi est partout et nulle part vu qu’il s’agit d’une guerre de classes au niveau mondial. Mais à l’instar des vraies guerres, l’info y est stratégique, les rumeurs aussi.

      Wait & see, mais il y a fort à parier que la France va très bientôt être obligée de se soumettre au joug de la rigueur. Autrement dit, la prévision des ordures qui nous disaient qu’avec l’euro les salaires européens convergeraient, va bientôt se réaliser : ils vont converger vers le bas.

      Ces ordure au pouvoir appliquent une stratégie claire qui se résume àà ces mots attribués à Napoléon : quand on s’est trompé, il faut persister jusqu’à avoir raison. Des shaddocks, en somme.


      • JL JL 27 novembre 2010 10:24

        A cette info (?) il convient d’ajouiter cette autre : « Le salaire des fonctionnaires européens va être augmenté de 4% ».


      • minusabens 27 novembre 2010 21:57

        Ben voyons !

        Effectivement, avec cette babiole nous ne dépasserons pas les 152 milliards de déficit prévus par la seconde loi de finances rectificative pour 2010. Ce n’est pas du tout un problème de solvabilité non ! A peine une question de liquidités !

        L’état n’a tout simplement plus un rond sur l’exercice 2010 et ce depuis septembre.

        Il s’agit ici d’une « avance » demandée dans le cadre de l’article 13 de la loi organique de finances du 1er août 2001. Que dit‐il ce bel article ?
         En voici les 2 premiers alinéas :
        «  En cas d’urgence, des décrets d’avance pris sur avis du Conseil d’Etat et après avis des commissions de l’Assemblée nationale et du Sénat chargées des finances peuvent ouvrir des crédits supplémentaires sans affecter l’équilibre budgétaire défini par la dernière loi de finances.
        A cette fin, les décrets d’avance procèdent à l’annulation de crédits ou constatent des recettes supplémentaires. Le montant cumulé des crédits ainsi ouverts ne peut excéder 1 % des crédits ouverts par la loi de finances de l’année.« 

        C’est donc dans le cadre du projet de loi de finances rectificative 2010, déposé le 17 novembre 2010, que seront retirés les fonds de certains ministères et misisons pour payer, en décembre, les salaires des personnels des 8 ministères évoqués.

        Permettez‐moi de compléter votre information : voici un extrait du décret portant ouverture et
        annulation de crédits à titre d’avance :

        « Afin de ne pas affecter l’équilibre budgétaire défini en loi de finances, ce décret procède à
        l’annulation de 1 386,6 M€ en AE (autorisations d’Engagement) et 1 144,6 M€ en CP (crédits de paiement) sur le budget général.

        Les ouvertures brutes de 930,7 M€ sur les dépenses de personnel de huit ministères sont
        partiellement gagées par des annulations de 131,0 M€ sur les dépenses de personnel de ces mêmes ministères et de 39,7 M€ sur les dépenses de personnel d’autres ministères.

        Pour ce qui concerne le ministère de la défense, l’ouverture nette au titre du financement des dépenses de personnel est intégralement gagée(231,5 M€) par une annulation à due concurrence sur les crédits des programmes 146 « Équipement des forces », 178 « Préparation et emploi des forces » et 212 « Soutien à la politique de la défense » de la mission « Défense ».

        L’ouverture en AE au titre du financement des opérations immobilières du ministère de la justice est intégralement gagée sur le programme 107 « Administration pénitentiaire » de la mission « Justice ».

        De même, l’ouverture en AE au titre du financement de la troisième tranche de travaux du ministère de la santé est intégralement gagée par une annulation à due concurrence sur les crédits du. » Fin de citation
         
        Cette sous‐estimation permanente des besoins budgétaires des ministères, faiblesse récursive soulignée par la Commission du Sénat, conduit aujourd’hui, comme elle conduisit le 14 septembre pour 1,431 milliards €, à recourir à la procédure d’avance . A cette première occasion de 2010, le rapport de l’Assemblée Nationale constatait, lui aussi, une progression inquiétante de ce recours et une augmentation grandissante des enveloppes concernées depuis 2005 qu’elle attribuait en septembre aux opérations en Afghanistan.

        Vous le constatez l’extrait du décret permet d’affirmer que l’équilibre dont vous parlez est obtenu non pas par l’excédent de certains budgets mais par des annulations et transferts. Il faut dépouiller Pierre pour habiller Paul et faire attendre le paiement des fournisseurs.

        Il n’est donc pas inexact de mettre la solvabilité de l’état en question ou pour le moins de s’en inquiéter sérieusement. Si dans le cadre d’une loi de finances rectificative le 14 septembre, puis le 20 novembre, l’état doit recourir à l’avance c’est qu’il n’est pas en mesure de faire face à ses obligations dans le cadre du besoin de financement qu’il avait prévu et qu’il ne souhaite pas grâce au ixième projet la loi de finances rectificative 2010 de novembre, pour des raisons propres aux réactions des marchés financiers, recourir à l’emprunt par l’émission de nouvelles obligations ou bons du Trésor. Voilà qui doit nous préoccuper.

        Le déficit prévu pour 2011 est de 96 milliards € le besoin de financement de l’état prévu 189 milliards, dont 186 seront couverts par l’émission d’obligations assimilables du trésor (OAT) pour autant que la garantie de l’état bénéficie encore quelque confiance auprès des plus de 70% de non‐résidents, c’est‐à‐dire de capitaux étrangers qui financent notre dette globale.

        Ne parlez donc pas de la « solvabilité » de l’état comme d’un élément inébranlable, elle vacille très sérieusement ! Le patrimoine de l’état n’est absolument plus en mesure de faire face à sa dette.
        Si demain 50% des détenteurs d’OAT et de bons du Trésor (BTAN et BTF) exigent le rachat de leurs titres, la France est en faillite. C’est donc bien d’une insolvabilité déguisée en avance dont il s’agit et non d’une « fausse insolvabilité » comme vous le claironnez.

        Vous devriez fouiller davantage vos sujets avant de vous lancer dans la chasse aux bobards sur internet ou dans les médias. Cela vous éviterait d’émettre des affirmations rassurantes qui dissimulent un état très préoccupant des finances publiques. Votre connaissance du sujet loi de finances, budget, déficit et dette de l’état, ne dépasse pas l’épaisseur du vernis et semble bien fragile. Interrogez les spécialistes financiers de Marine Le Pen que vous soutenez il vous épargneront sans doute de jouer les auriges et de fracasser votre char dès le premier tournant.


        • Catherine Segurane Catherine Segurane 27 novembre 2010 23:03

          Soyez moins donneur de leçons.

          Vos propres citations montrent qu’il n’y a eu que des transferts, les crédits rajoutés ici étant prélevés ailleurs.


        • minusabens 28 novembre 2010 03:50

          Il ne s’agit pas de donner des lecons mais de rétablir des faits que vous déformez avec un titre tapageur.
          S’il s’etait agi d’excédents sur des budgets le financement eut été assuré. Hélas en l’espèce des budgets ont été supprimés et les missions prévues également. Ce deux fois depuis le 14 septembre. Ce qui signifie clairement que l’état a épuisé l’ensemble des financements prévus et donc atteint le déficit record de 152 milliards € au 14 septembre ! Trésorerie Zéro !

          Cela signifie aussi qu’un certain nombre de fournisseurs vont voir le paiement de leurs factures retardé, Vous n’imaginez pas les conséquences sur la trésorerie des entreprises concernées et sur leur plan de production et leur marges. 

          Vous êtes absolument incompétente et vous la ramenez pour faire la lecon aux médias qui parlent de difficultés de paiement ! Ce que vous tranformez en fausse insolvabilité ! Ce n’est pas gonflé c’est irresponsable ! 
          Vous ne distinguez même pas entre solvabilité et difficultés de paiement ! Enfin bref ! Vous patinez dans la choucroute avec un texte mal bâti et des arguments lamentables puisés d’un communiqué succin que vous n’avez pas vérifié. 

          Vous devriez plutôt faire de la dentelle de la tapisserie de la patisserie mais pas du journalisme économique c’est pas votre tasse de thé. lady ! Les Echos et La Tribune ne vous engageront pas sur des références pareilles. 


        • Catherine Segurane Catherine Segurane 29 novembre 2010 06:59

          Hier, au Grand Jury, Laurent Wauquier a parlé de ce décret d’avance et l’a présenté comme une banale mesure technique d’ajustement de fin d’année.


          C’est vous qui êtes irresponsables en sonnant le tocsin a tort et à travers.

          Figurez vous que les marchés financiers en rêvent, de pouvoir fabriquer médiatiquement de fausses insolvabilités pour pouvoir avoir le beurre et l’argent du beurre : des taux d’intérêts énormes pour leurs obligations, joint à l’absence de risque réel d’impayé.

          Le problème, avec des irresponsables comme vous, c’est qu’une fausse difficulté de trésorerie peut en engendrer de vraies, par exemple en faisant monter les taux d’intérêt.

          La charge de la dette, c’est principalement les taux d’intérêt.



        • Daniel Roux Daniel Roux 27 novembre 2010 22:54

          Il y a les rumeurs qui s’étalent et des faits avérés qu’on étouffent.

          Le principal scandale du sauvetage des banques française par Sarkozy ne fait guère les gros titres alors que les conséquences sont immenses.

          Profitant de la dérégulation de la finance, les banques ont spéculé sans vergogne sans que leurs actionnaires ne se préoccupent des conséquences de cette spéculation. Lors de l’éclatement de la bulle immobilière, elles ont perdu des milliards d’Euro et certaines auraient dû faire faillite.

          Sarkozy a choisi de sauver certaines banques de la faillite pour éviter que les riches actionnaires perdent leur capital et que les gros créanciers multimillionnaires de ces banques ne perdent leur créances. Près de 60 milliards d’euro d’argent public ont été empruntés sur les marchés financiers par l’état français pour racheter aux banques leurs créances douteuses à un cours proche de leur valeur d’origine alors que leur valeur réelle était pratiquement nulle.

          Cette dette devra être remboursée non pas par les banques mais par les contribuables à qui la dette a été illégitimement transférée par simple décision de Sarkozy. Les banques se sont servis de l’argent obtenu de l’état pour spéculer contre la dette souveraine de la Grèce, puis du Portugal, de l’Irlande, de l’Espagne et bientôt de la France.

          Sarkozy ne restera plus longtemps Président mais la dette des citoyens envers les créanciers protégés par les politiques qu’ils financent, restera.

          Cela s’est passé ainsi dans tous l’empire américain, dont l’Union Européenne.


            • Croa Croa 28 novembre 2010 00:11

              Catherine vous ne savez pas lire les journaux. L’information véritable leur échappe parfois mais il faut savoir la saisir car elle est fugace ou carrément cachée entre les lignes. smiley

              Je pense, comme Minusabens, que l’état du trésor public est vraiment préoccupant.


              • Cantalou 28 novembre 2010 16:03

                Je l’ai appris après réception de MAP du LEAP/E2020 auquel tout le monde peut s’abonner gratuitement : 
                LEAP lance MAP « pour renouveler notre stock d’avenirs probables »

                Mais j’avais déjà fait suivre l’information. 

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