Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Médias > Complet manque d’enquête : L’effroyable montage

Complet manque d’enquête : L’effroyable montage

Que vaut l’information sur Internet ? Rien, ou pas grand chose, selon Thomas Horeau et Régis Mathé, auteurs d’un reportage surréaliste diffusé en fin d’année dernière dans Complément d’enquête sur France 2. Un reportage qui avait pour but de ramener les brebis égarées de l’Internet sur le droit chemin cathodique. Effet inverse garanti !

Au delà de l’exemple précis que je donne dans cet article, c’est une attitude plus générale des médias traditionnels vis-à-vis d’Internet qui est questionnée.

Derrière l’agressivité et la haine, il y a souvent une souffrance, une peur, une fébrilité. De nombreux journalistes, dans leurs reportages, font montre depuis plusieurs années d’une attitude très négative, faite de méfiance, de suspicion, presque de haine, lorsqu’ils traitent d’Internet. Des échanges qui s’y déroulent, des informations qu’on y trouve. Est-ce à dire qu’Internet les mette en danger, les inquiète, leur inflige une souffrance ?

Un certain nombre d’entre eux entretiennent un mauvais rapport au Net, d’abord parce qu’ils y perçoivent une concurrence à leur travail, jugée inacceptable, une source de critiques aussi, auxquelles ils ont bien du mal à se faire. Ensuite, tout simplement, parce qu’ils ne semblent pas bien connaître l’objet de leur courroux ; ils développent alors la peur classique que l’on éprouve devant l’étranger, l’inconnu, ce qu’on ne comprend pas, et qui nous dépasse, et met à mal les cadres figés de notre monde. Alors on attaque, on se défend, on mord, on montre les crocs.

Cette attitude désastreuse a pu être constatée, de manière particulièrement claire et caricaturale, dans un reportage abracadabrantesque de l’émission Complément d’enquête sur France 2, le 1er décembre 2008. D’aucuns auront dû se pincer pour croire ce qu’ils voyaient, tant ce reportage semblait avoir été fait par des hommes d’un autre temps, d’un autre siècle. Internet y était présenté comme le mal, le lieu de toutes les perditions en matière d’information, du moins lorsqu’il est le terrain de jeu, libre et sans contrainte, des amateurs, non encadrés par les professionnels des médias.

Biaisé d’entrée. Le reportage, signé Thomas Horeau et Régis Mathé, était intitulé "La vérité est ailleurs" et présenté ainsi sur le site de France 2 : "Ils ne font plus confiance aux médias traditionnels. Désormais ils s’informent uniquement sur Internet. Sites d’infos indépendants, débats citoyens, échanges de vidéos, mais aussi rumeurs, mensonges et films truqués ; pourquoi le web est-il devenu leur unique référence ?" D’emblée on remarque un présupposé : les aficionados d’Internet auraient rompu avec les médias traditionnels, ils ne s’informeraient plus que sur le seul média Internet. Et ils seraient de ce fait en grand danger, car soumis aux fausses informations, qui pullulent sur Internet, tandis que les médias traditionnels en sont, eux, comme chacun sait, exempts.


Crescendo. La construction du reportage parle d’elle-même. C’est un passage en revue de différents sites : d’abord Hoaxbuster, qui déniche les fausses rumeurs du Net, pour rétablir la vérité. Le ton est déjà donné : Internet est le royaume de la rumeur et du faux. Attention danger. Puis, le site ReOpen911, qui recense des informations sur les attentats du 11-Septembre et milite pour la réouverture d’une enquête indépendante, et que le reportage présente, en gros, comme ce qui se fait de pire sur Internet en matière de propagation de fausses informations. On est là au coeur de la Rumeur, presque dans l’antre de la folie... La séquence qui traite de ce site est d’ailleurs introduite par une accumulation d’informations, plus risibles et ridicules les unes que les autres : "Nicolas Sarkozy et Carla Bruni chantent en duo à l’Elysée... la preuve en image de visiteurs venus d’un autre monde..."

Puis vient le tour d’AgoraVox, "autoproclamé le média citoyen" (on continue dans le registre de l’imposture), où l’on ne trouverait que "très peu d’info, et beaucoup, beaucoup de commentaires". Si le site ne propose, en effet, que peu d’informations inédites, il est faux de dire qu’il ne contient que peu d’informations ; il en regorge. Même dans une analyse, une critique, un point de vue, l’auteur se base en général sur des informations (souvent sourcées) ; en outre, il peut en effet participer aux commentaires de son article, pour éclaircir certains points et débattre, ce que Thomas Horeau et Régis Mathé ne peuvent pas faire suite à leur reportage ; heureusement pour eux, tant ils se feraient vraisemblablement incendier.

Combat d’arrière-garde. Ensuite, la raison d’être d’AgoraVox serait, nous dit-on, qu’un nombre croissant d’internautes ne se fient plus aux journalistes - jugés "paresseux et suivistes" et soumis à "une censure qui ne dit pas son nom" - et ne se fieraient "plus qu’à la toile pour s’informer". Dans cette curieuse assertion, le journaliste semble oublier que tous les médias sont aujourd’hui sur Internet, que nombre d’individus regardent la télévision, écoutent la radio et lisent la presse traditionnelle sur la toile, sans plus passer par les canaux anciens. La distinction rigide entre médias traditionnels et Internet est donc absolument désuète aujourd’hui et vient créer un antagonisme qui n’existe pas en réalité, ou qui est largement exagéré. Internet met simplement tous les médias, professionnels ou non, au même niveau, les rend sujets à la critique et à l’enrichissement de chacun, ce que les mauvais journalistes continuent de vivre comme un scandale et une souffrance, au lieu de comprendre que c’est au contraire une chance pour eux, comme l’a montré le journaliste de la Silicon Valley Dan Gillmor, dès juillet 2004, dans son livre We the media - et dont la célèbre devise est : "Mes lecteurs en savent plus que moi" (alors coopérons !).

Silences coupables. Le reportage nous présente l’un des rédacteurs d’AgoraVox, Manuel Atreide (appelé ici simplement "Manuel"), pour nous dire que lui, ce qu’il n’aime pas, ce sont les journalistes qui ne paient pas leur place à l’opéra (sans préciser pourquoi) et que ce qu’il aime, c’est de ne pas avoir un rédacteur en chef qui lui dit sur quoi écrire. Un peu court comme description... lorsque l’on sait que l’équipe de France 2 a passé 2h30 en sa compagnie ! En effet, invité le 6 décembre dernier des Immédiatiques sur France Culture, pour parler de son expérience de rédacteur sur AgoraVox, Manuel Atreide n’a pas manqué de se plaindre du montage - d’une minute - que les journalistes de Complément d’enquête ont fait de son interview... longue de 2h30. Avait-on intérêt à taire les motivations du "journaliste citoyen" pour faire apparaître sa démarche comme puérile, relevant du simple caprice ?

Le critique littéraire Pierre Assouline, qui débattait avec Manuel Atreide, a jugé que celui-ci était "tombé sur un mauvais journaliste" : "Votre type de France 2, il était pas bon, et c’est pas parce que vous êtes tombé sur quelqu’un d’approximatif et qui était pas un très bon journaliste qu’il faut en faire une règle".


Certes, pas de généralité ; même si, lorsque l’on traite d’Internet, les reportages équilibrés se font rares. Un récent reportage d’Envoyé spécial (France 2) sur Facebook a ainsi, à son tour, défrayé la chronique, prenant le parti de mettre l’accent sur tous les dangers potentiels du célèbre réseau social, et en passant sous silence ses aspects positifs. De très nombreux internautes ont vivement réagi à ce reportage, décortiquant notamment ses approximations, au point que France 2, ébranlée par ce tollé, leur a proposé de faire eux-mêmes un reportage sur le sujet, que la chaîne a promis de diffuser sur son site Internet.

Mensonges par omission. Des approximations, il y en a, et pas qu’un peu, dans le reportage de Complément d’enquête. Ainsi, on laisse penser que, sur AgoraVox, les articles passent en ligne selon la seule volonté des internautes qui votent "sous pseudonyme" (ce qui est le cas de certains, mais pas de tous). Le choix du plus grand nombre, d’une marée d’anonymes... laisse-t-on penser. Sans autre préalable. C’est tout simplement omettre l’ensemble du processus de modération, dont les étapes sont pourtant décrites sur le site, et dont on peut imaginer que Carlo Revelli, le fondateur d’AgoraVox, a parlé aux reporters venus l’interroger. Le reportage veut laisser entendre que tout peut passer en ligne, et qu’aucun filtre n’existe. Faux. Au lieu de s’intéresser aux inévitables imperfections d’un système en constante évolution, on fait croire que le système de filtrage n’existe tout simplement pas. On parle d’information "sans contrôle"... Et on préfère mettre l’accent sur une déclaration faite manifestement en off par Carlo Revelli, où il dit en blaguant craindre "l’horrible montage" que les "horribles journalistes" feront de son interview... Il s’agit de faire passer les internautes pour des paranoïaques, qui craindraient sans raison les montages des vertueux journalistes : en revenant, dans un instant, sur le cas de ReOpen911, on verra que cette crainte est malheureusement plus que justifiée. Notons encore que le reportage affirme que la "une" d’AgoraVox résulte du choix des internautes, alors qu’elle relève, jusqu’ici, de celui de la rédaction. On n’en est plus à une approximation près...

La rumeur de Val. Le reportage traite enfin de sites d’information indépendants, mais animés par des journalistes professionnels : Rue 89 et Mediapart. Le salut de l’information sur Internet ? Comme s’il fallait choisir entre les uns et les autres... Mais on peut même en douter, puisque Thomas Horeau et Régis Mathé, entre la présentation de ces deux sites, donnent la parole, sans réserve apparente, à Philippe Val, qui ne dirige pourtant aucun site, mais un journal papier, Charlie Hebdo, et qui vient nous dire que l’information crédible sur Internet, "c’est juste une bonne blague dans le royaume du n’importe quoi" (l’homme est connu depuis janvier 2001 pour sa position farouchement "internetophobe" [1], qui explique sans doute son intervention dans ce reportage au parti pris assez explicite). Pour illustrer sa brillante idée, Philippe Val lance face caméra : "Y a jamais eu d’avions sur les Twin Towers, et en plus y avait pas de juifs dedans et c’est les Américains qui ont envoyé les avions, mais tout ça doit tenir ensemble. Mais sur Internet, ça tient, ça touche un peu les murs, mais ça tient". L’humanité la plus élémentaire aurait sans doute voulu que ces propos incohérents soient coupés au montage... tant ils ridiculisent leur auteur.

Selon Philippe Val, ces propos existent sur Internet ; on aimerait lui demander où. La première idée qu’il lance n’est soutenue par personne, si ce n’est par quelques illuminés qui se comptent sur les doigts de la main. La deuxième est une rumeur que celui-là même que l’on présente comme le pape du complotisme, Thierry Meyssan, a démontée dans son livre L’Effroyable imposture... dès 2002 ! Sur Wikipédia, on peut lire : "L’historien Pierre Rigoulot écrit dans son livre L’Antiaméricanisme : « Meyssan n’hésite même pas à relancer les plus odieuses rumeurs sur la responsabilité du Mossad car "les juifs avaient été prévenus et étaient peu nombreux dans le bâtiment" ». Ce livre a été condamné en diffamation par jugement de la 17e chambre du TGI de Paris, le 13 avril 2005, Pierre Rigoulot ayant inventé de toutes pièces cette fausse citation de Thierry Meyssan alors même que celui-ci réfute cette thèse dans L’Effroyable imposture" (voir aussi ce débat sur LCI, le 21 mars 2002, à partir de 8min30). Val est aujourd’hui l’un des seuls à continuer à donner vie à cette rumeur, enterrée depuis longtemps, au moins en France.
 
De précieuses images. Arrêtons-nous justement, un instant, sur la séquence du reportage consacrée à ReOpen911 (que l’association a "débunkée" en vidéo, et que l’éditeur Arno Mansouri a aussi décryptée longuement sur le Réseau Voltaire). Nous avons la chance de disposer de la quasi intégralité de l’interview, que les personnes interrogées ont eu la bonne idée de filmer. Et le décalage entre ce film de 53 minutes et les 2 minutes sélectionnées par les journalistes de France 2 est saisissant. Ce qui est extraordinaire, c’est que la voix off du reportage introduit la séquence en disant : "Une défiance jusqu’à l’excès, jusqu’à l’obsession du complot. Ce jour-là, ils acceptent de nous recevoir, mais en filmant l’entretien. Ils se méfient des journalistes, de leurs questions et de leurs montages..." Et, alors qu’on s’attendrait à un montage irréprochable, fidèle, honnête, compte tenu de la dénonciation qui précède d’une défiance injustifiée, le reportage va nous présenter le montage le plus malhonnête qui soit, le plus à charge, le plus biaisé, le plus mensonger même. A noter que c’est la deuxième fois, avec le passage de Carlo Revelli, que le journaliste ironise sur la crainte injustifiée de ses interlocuteurs vis-à-vis de son futur montage... ce qui ne va pas l’empêcher de commettre son méfait. C’est ce qu’on appelle le culot.


A bas la complexité ! Ici, Thomas Horeau et Régis Mathé veulent faire passer un message simple, "sans ambiguité" : les "jeunes militants" qu’ils mettent en scène sont des "révisionnistes", qui "nient le 11-Septembre" ; on n’en fait parler qu’un seul, censé représenter tous les autres, et censé être aligné sur les premières déclarations maladroites de Jean-Marie Bigard. En regardant l’interview dans son entièreté, on est sidéré d’une telle manipulation. On y entend des gens réfléchis, qui ne pensent pas tous exactement la même chose ; l’un dit qu’il ne croit pas à la thèse de Thierry Meyssan du missile sur le Pentagone, qu’il adhère plutôt à l’idée d’un crash de Boeing, même si des questions subsistent. Un autre dit qu’il serait prêt à admettre qu’il se trompe, qu’il fait fausse route, qu’il en serait même heureux si on le lui montrait, mais qu’il souhaite un dialogue à base d’arguments, et pas d’insultes. Impensable d’intégrer de tels passages dans le montage final...

On remarque que le journaliste pose des questions souvent fermées, qui veulent simplifier le débat, comme s’il était à la recherche de la petite phrase définitive qui lui permettra de cataloguer une fois pour toutes ses interlocuteurs. Mais de manière sans doute assez désespérante pour lui, les personnes interviewées demeurent prudentes et appellent toujours à complexifier les problèmes. L’un dira à la fin que le point commun de tous les membres de son association, c’est qu’à un moment dans leur vie, ils ont eu la chance d’avoir du temps pour s’informer et prendre du recul ; Thomas Horeau et Régis Mathé n’avaient manifestement pas de temps à perdre dans la réalisation de leur reportage. Ils avaient une idée préconçue à faire valoir, une thèse, et n’ont pas démordu de leur projet ; au lieu que l’expérience ne les pousse à construire un angle à leur reportage, c’est l’angle, décidé manifestement en amont, qui a plié l’expérience pour qu’elle s’en accomode. Un journaliste devrait être ouvert à l’expérience, à l’imprévu, être réellement disposé à s’enrichir des rencontres qu’il fait, et non pas vouloir de manière forcée imposer ses préjugés. 

Un joli roman. Au final, ce reportage de Complément d’enquête nous a-t-il proposé de l’information ? Cette denrée si rare sur Internet, à ce qu’on nous dit ? J’ai posé la question à Manuel Atreide. Voici sa réponse : "Le reportage est habilement fait. C’est plaisant, c’est rythmé mais ce n’est pas de l’info. C’est une histoire scénarisée, construite, pour laquelle on assemble des bouts d’interviews pour aller dans le sens qu’on veut donner. L’information, c’est raconter une histoire ou donner des faits pour que les gens se fassent leur propre idée ? Il n’y a rien à redire au reportage en lui-même, en ce qui me concerne, pas de déformation de mes propos. Mais c’est tout le montage que j’analyse comme problématique. Et je peux le faire puisque je sais ce qui a été dit, au moins en partie. C’est cela qui m’inquiète au fond. Thomas Horeau a fait un joli roman video. Pas de l’info. Selon moi !

Ce reportage est un comble : il dénonce la désinformation sur Internet, et pratique lui-même la désinformation. Il pointe la paranoïa des internautes, inquiets des montages malhonnêtes des journalistes, et (pour mieux leur donner raison ?) pratique le pire montage qui soit. Un reportage à diffuser assurément dans toutes les écoles de journalisme... comme contre-exemple à ne surtout jamais suivre !

Vigilants. Si Internet (sous-entendu : l’Internet amateur) diffuse inévitablement du faux (on se demande par quel miracle il en serait autrement), les médias traditionnels (c’est une autre évidence à rappeler) en sont aussi les vecteurs. L’article d’Ignacio Ramonet, "Médias en crise", publié en janvier 2005 dans Le Monde diplomatique, est une bonne piqûre de rappel, qui rappelle justement quelques-uns des plus retentissants bidonnages médiatiques aux Etats-Unis et en Europe, ou de simples erreurs, qui ont largement participé à remettre en cause la crédibilité des médias installés. Il rappelle aussi comment ces médias se sont parfois transformés, notamment en temps de guerre, en véritables organes de propagande et d’intoxication. Internet, qui n’est ni le média idéal ni le média du mal, aura eu au moins le mérite de mettre en lumière certains des mensonges ou des simples erreurs propagés dans les grands médias.

L’un des derniers exemples en date est la révélation, dans la blogosphère, qu’une vidéo-buzz, censée montrer les ravages causés par les bombes israéliennes sur des civils palestiniens début janvier à Gaza, datait en réalité du 23 septembre 2005 et faisait suite à l’explosion accidentelle d’un camion contenant des roquettes du Hamas dans un camp de réfugiés à Jabalya. Ce qui n’empêcha pas le 13h de France 2 de l’utiliser dans un de ses reportages, lundi 5 janvier, avant de s’excuser le lendemain de l’erreur.


Note :

[1] Philippe Val, éditorial de Charlie Hebdo du 17 janvier 2001, cité par ACRIMED : "A part ceux qui ne l’utilisent (Internet) que pour bander, gagner en bourse et échanger du courrier électronique, qui est prêt à dépenser de l’argent à fonds perdus pour avoir son petit site personnel ? Des tarés, des maniaques, des fanatiques, des mégalomanes, des paranoïaques, des nazis, des délateurs, qui trouvent là un moyen de diffuser mondialement leurs délires, leurs haines, ou leurs obsessions. Internet, c’est la Kommandantur du monde ultra-libéral. C’est là où, sans preuve, anonymement, sous pseudonyme, on diffame, on fait naître des rumeurs, on dénonce sans aucun contrôle et en toute impunité. Vivre sous l’Occupation devait être un cauchemar. On pouvait se faire arrêter à tout moment sur dénonciation d’un voisin qui avait envoyé une lettre anonyme à la Gestapo. Internet offre à tous les collabos de la planète la jouissance impunie de faire payer aux autres leur impuissance et leur médiocrité. C’est la réalité inespérée d’un rêve pour toutes les dictatures de l’avenir."

Annexe :

Il n’est pas inintéressant de mettre ces propos en rapport avec ceux tenus par Caroline Fourest sur France Culture le 30 janvier 2009. Dans les deux cas, on a affaire à des personnalités qui supportent mal certaines dérives facilitées par Internet, et qui - là est leur dérive propre - tendent à faire de comportements certes répréhensibles mais minoritaires le comportement-type de l’internaute moyen.


Fourest s’en prenait, dans sa chronique, à un phénomène "en vogue sur Internet" : "la haine des médias, du système médiatique, qui semble devoir jouer le même rôle que la haine du lobby judéo-maçonnique ou que la focalisation sur l’immigration, celui du bouc-émissaire". Selon cette pensée, "les médias seraient tous un peu sionistes, manipulateurs et vendus au pouvoir". Cette "pensée complotiste", qui règne selon Fourest sur Internet, se caractérise par "l’absence délibérée de discernement et de raisonnement : le réflexe, l’amalgame et le préjugé remplacent l’analyse". On remarque ici qu’à une pensée simpliste (tous les médias nous manipulent), on en oppose une autre du même acabit (la foule des internautes est dangereusement paranoïaque).

Fourest en vient à justifier "l’allergie" d’un certain nombre de journalistes "à la pensée bouc-émissaire en vogue sur Internet". En effet, quoi que feraient les journalistes, ils seraient immanquablement critiqués. Et la fondatrice de la revue ProChoix, dont l’objet, rappelons-le, est la défense des libertés individuelles, de rêver tout haut à quelques freins à la liberté d’expression : "Autant l’avouer, il y a des moments où l’on se prend à regretter le temps où il fallait au moins prendre sa plume, rédiger une lettre, payer un timbre et aller à la Poste pour vous donner des leçons...". Le parallèle avec les nostalgiques du suffrage censitaire serait ici tentant... De la même manière que le peuple, sous le règne du suffrage universel, vote parfois mal (la dernière fois c’était en 2005, paraît-il...), il commente aussi parfois bêtement sur les forums. Est-ce une raison pour le lui interdire ?

Selon l’analyste de France Culture, "l’internaute possède sur le journaliste un avantage qui ne sert pas forcément le débat public : en un clic anonyme, le moindre redresseur de torts peut mentir, tronquer et insulter sans avoir à se justifier." On pourrait dire exactement la même chose (à la question de l’anonymat près) des journalistes ; le reportage de Complément d’enquête l’a illustré : des journalistes peuvent mentir (au moins par omission), tronquer, insulter (l’air de rien), sans avoir à se justifier. Caroline Fourest, en opposition frontale avec la conception de Dan Gillmor, semble regretter la prise de parole du plus grand nombre sur Internet et l’ascendant qu’avait autrefois sur lui la classe journalistique.

La journaliste dit ensuite son malaise face aux innombrables commentaires sur Internet, qui auraient jusqu’au redoutable pouvoir de nous faire perdre "tout courage de penser ; car "les redresseurs de torts" (les gens qui postent des commentaires) "sont les meilleurs chiens de garde de la pensée unique et molle. Si vous les écoutez tous, vous ne direz plus rien sur rien." Mais qui a dit qu’il fallait les écouter tous ? Par ailleurs, les "chiens de garde" n’existent-ils pas aussi parmi les journalistes ? Serge Halimi, auteur des Nouveaux chiens de garde, avait pourtant fait le boulot sur cette question... Déjà oublié ? Les "chiens de garde" sont partout, y compris en chacun de nous. Pas sûr cependant que "les meilleurs" d’entre eux (les plus puissants et efficaces) soient les commentateurs du web...

Rejetant finalement la tentation de haïr l’interactivité et l’outil web en lui-même (ouf...), Caroline Fourest reconnaît que les "miracles" existent parfois : "des commentaires constructifs, qui vous signalent une erreur ou vous mettent sur une piste et contribuent à ouvrir votre horizon de journaliste". Enfin un peu de positif... "Le propre du journaliste, proclame-t-elle, c’est d’avoir le cuir assez épais pour discerner le commentaire imbécile de l’alerte utile". On pourrait dire que c’est le propre de tout internaute, journaliste ou non, qui écrit sur Internet.

Conclusion : "[Internet] n’est qu’un média. Il n’existe aucun grand ordonnateur, nous sommes tous responsables de ce que nous en faisons". On le voit in fine, avec ces toutes dernières paroles modérées, qui tranchent avec l’attaque initiale : Caroline Fourest n’a rien contre Internet et la libre expression qu’il permet ; elle est seulement atterrée par la bêtise qui y règne parfois, et qui est la bêtise humaine (rien de neuf sous le soleil...), seulement plus visible qu’à l’époque du courrier des lecteurs. Une visibilité accrue qui lui fait grossir le phénomène et minimiser, à l’inverse, les manifestations de l’intelligence (collective ou non), qu’elle va jusqu’à qualifier de "miracles".

Face à Internet, Fourest verrait donc simplement le verre à moitié vide, quand d’autres le verraient à moitié plein... Quant à Philippe Val, un brin plus extrémiste, ses propos suggèrent qu’il n’a pas trouvé la moindre trace de liquide au fond du verre. Aurait-il tout bu ?

Moyenne des avis sur cet article :  4.77/5   (124 votes)




Réagissez à l'article

79 réactions à cet article    


  • abdelkader17 11 février 2009 10:25

    Que vaut l’information officielle rien ou pas grand chose.
    La principale activité des journalistes des médias dominants, c’est de nous informer sur la désinformation.


    • snowballing snowballing 12 février 2009 12:24

      Lieu commun éculé, si facilement populaire içi... C’est sûr que c’est tellement mieux Alter Info, le Réseau Voltaire, Alex Jones & CO.... Merci d’avoir déplier ce post pour le lire.


    • Onegus onegus 15 février 2009 15:15

      Travail brillant et salutaire, à faire rougir plus d’un plumitif encarté... Merci à Taïké Eilée pour sa rigueur, son éthique et sa recherche permanente de la plus grande justesse, qui traduisent une profonde humanité.

      TE construit avec ses articles sur les médias une belle chronique du changement d’ère que nous connaissons en ce moment, à travers le changement de paradigme qu’Internet génère dans la diffusion et l’accès à l’information. Ce changement doit pousser les journalistiques à revenir à leur fondamentaux : indépendance et rigueur méthodologique autant que morale ; fondamentaux que Taïké Eilée privilégie avant tout dans ses travaux.

      Cher Taïké, dans un monde parfait vous seriez étudié au CFJ ! smiley




    • Alpo47 Alpo47 11 février 2009 11:13

      " Les chiens aboient, la caravane passe".
      Il est sur qu’aujourd’hui, le "chercheur d’informations", doit faire preuve d’esprit critique et de bon sens pour analyser, trier, réfléchir. Et c’est bien ainsi.
      Et, en même temps, devant la grande faiblesse, (il suffit de se rappeler la grande indigence des journalistes intervieweurs du président..), des médias traditionnels, leur dépendance aux politiques ou aux lobbies, cette émission est réellement une tentative désespérée...
      Internet, offre une variété d’information, des échanges , analyses ... que n’offrent plus depuis longtemps les médias traditionnels.


      • Alpo47 Alpo47 11 février 2009 14:34

        Et à l’appui de cette indigence de l’information des médias traditionnels, il faut revenir sur une"technique" généralisée, notamment par la radio et la télévision : La "radio-trottoir" .
        Plus de mise en perspective, d’analyse psychologique ou sociologique, de fonds ... uniquement les commentaires de la voisine d’en face, du passant sur le trottoir... Ca, c’est de la vraie info, pour nos grand médias et journalistes pro...
        Faut il préciser que parmi des dizaines d’enregistrements, ne passeront à l ’antenne que ceux qui vont dans le sens du message à envoyer ?

        De la même manière, la surabondance des sondages qui nous disent "ce que pense la majorité", donc, ce que nous devrions penser aussi, du moins si nous ne voulons pas nous marginaliser.

        Il n’y a plus vraiment d’information objective, relatant les faits, recherchant les causes réelles, soumettant à l’analyse critique ...
        Ah, si, sur INTERNET, dont AgoraVox, souvent.


      • snowballing snowballing 12 février 2009 12:28

        Pour venir chercher de l’info objective sur Agoravox, il faut vraiment être désespéré... La seule chose qui m’intéresse içi, c’est de pouvoir lire des opinions et des interprétations contraires aux miennes afin de me remettre en question si besoin est.


      • Philou017 Philou017 11 février 2009 11:21

        Cette affaire est absolument pitoyable. Je ne prendrais pas les mêmes précautions que l’auteur, que je félicite pour son excellent article.

        Celui-ci montre que la désinformation a été prémédité, préparée, mise en oeuvre sciemment. Quand on fait un montage d’interviews à ce point caricatural et orienté, il s’agit bien d’une désinformation volontaire.

        C’est là que l’on voit le vrai visage des médias. Ceux-ci sont composés de journalistes conformistes, opportunistes, bien conscients des limites à ne pas dépasser dans la critique, bien plus commentateurs que reporters. Ils ont des opinions globalement conformes à l’idéologie des pouvoirs politiques et financiers : mondialistes, pro-libéraux, pro-européens, pro-croissance, etc . Ils sont choisis pour leur bagout et leur capacité à commenter l’actualité sans jamais la remettre profondément en cause.

        On voit ici qu’il y a aussi des exécuteurs de basses Œuvres. Des gens qui , bons techniciens, sont aussi capables de produire un reportage sur commande (de la rédaction ?) comme ici, en foulant au pied non seulement leur déontologie, mais leur honneur.

        Ceci est le résultat tres précis de la soumission totale des grands médias au monde de la finance. Cela donne des médias qui visent à donner une information superficielle, conforme et aseptisée, tout en étant soumis à la dictature de l’audimat et de la rentabilité immédiate.

        On comprend que les gens qui y sont n’aiment guère internet, car celui-ci leur rappelle constamment leur insignifiance et leurs compromissions.


        • abdelkader17 11 février 2009 16:10

          Pratique obligatoire d’auto censure, mise en concurrence du personnel precarité du métier.
          ,concentration médiatique en les mains de quelques puissances financières, mainmise du pouvoir Sarkozyste et de ses amis sur la presse.
          ca limite fortement les ardeurs des plus courageux.


        • patviro1 11 février 2009 19:08

          et Mitterand il etait pasmanipulateur lui ????
          tjrs sarko....c est le seul qui se bouge le cul pour essayer de faire avancer ce pays de VEAUX
          CE PAYS EST INGOUVERNABLE
          car pourri par toutes sortes de mafias
          enseignants,sncf,syndicats sud cgt fsu
          qui sont apeine qq milliers et qui emmerdentdesmillions de francais
          la france avec sonpeuple jamais content et tjrs plus va droit dans le mur


        • Philou017 Philou017 11 février 2009 22:12

          Il ne s’agit pas du premier ratage de duquesne et de son équipe :

          	

          	
          	 Escroquerie de Benoît Duquesne Séverine Lebrun et Alexis Orand avec Complément d’enquête sur une communauté noire criminalisée et qui a failli être aussi antisémite !
          lesogres.info/article.php3

           BENOIT DUQUESNE :Un journaliste ? Non, un propagandiste !
          anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/article-25119190.html

          Benoit Duquesne attise le feu
          Hier, dans mon insomnie post-pencak-silat, je suis tombé sur une émission de France 2. Une émission d’investigation ou une émission de propagande, c’est selon. Un « Droit de savoir » à la sauce service public avec des phrases choc et toujours ces mêmes imbéciles qu’on interviewe pour parler de la banlieue. Sauf que là, la différence était de taille, on a voulu ethniciser les problèmes sociaux des quartiers populaires et du coup rendre ces parties de notre territoire impopulaires. Des journalistes, n’ayant de journaliste que l’appellation, sont partis encore et comme d’habitude faire peur à la ménagère de moins de cinquante ans en lui montrant les ghettos de « blacks » qui sévissent dans les quartiers et vont fondre sur les villes (ghettos) de riches tels que Neuilly. On nous a loué le paisible de Neuilly qui ne compte que 3% de logements sociaux et ensuite on nous a dépeint le ghetto français de Torcy comme une cité hébergeant des gangs organisés. Le rap en fond musical, c’est d’ailleurs le seul prétexte de diffusion de ce style musical sur le service publique.
          kessy007.blogspace.fr/692818/Benoit-Duquesne-attise-le-feu/

          A noter :
          Duquesne avait été nommé diresteur de la rédaction d’Europe 1 par ... Jean Pierre Elkabach, journaliste modele...Il avait donc été impliqué dans le scandale sur Pacal Sevran. Avant d’être viré...

          Mais duquesne dérange ...même ses confreres :

          le journaliste Benoît Duquesne dérange
          Directeur de la rédaction d’Europe 1, la radio de Lagardère, mais également toujours patron de l’émission « Compléments d’enquête » sur France 2, Benoît Duquesne est de plus en plus contesté dans les couloirs de France Télévision. Sa double casquette semble poser quelques problèmes. Depuis que leur patron est devenu un employé de Lagardère, les journalistes de l’émission d’investigation de la Deux ont vu leur liberté d’action singulièrement limitée, se plaignent-ils. Impossible par exemple de consacrer une enquête aux dérives boursières dans les grands groupes. Le sujet impliquerait de s’intéresser à l’affaire des délits d’initiés d’EADS, dans laquelle les principaux dirigeants du groupe Lagardère sont impliqués


          Orienté Duquesne ? ce reportage sur l’Islam est mitonné aux petits oignons :
          www.topchretien.com/topinfo/view/11824/television-complement-denquete-le-malaise-face-lislam.html

          Un vrai néo-conservateur...



        • bluerider bluerider 14 février 2009 11:10

          @philou17 le charentais (?)

          je ne pense pas que cette désinformation soit savamment construite. Il y a tout simplement le fait encore TENACE, que parmi les paleo-journalistes qui nous entourent encore, AUCUN ne peut se faire psychologiquement à l’idée que la vie de 2972 personnes a été instrumentée par des inconnus pour faire porter le chapeau à une chambre occulte arabo-musulmane prête à mettre le monde à feu et à sang pour le conquérir !

          Pourtant le terrorisme "sous fausse bannière" est de plus en plus documenté gràce à reopen911 et à Daniele Gänser, mais ce n’est pas encore assez apparemment.

          Pourtant Roosevelt a laissé faire Pearl Harbor (DAYS OF DECEIT, Robert Stinnett, déc 1999 http://en.wikipedia.org/wiki/Day_of_Deceit / le commandement de Pearl Harbor a été écarté des circuits de diffusion des messages stratégiques -comme le 11/9- , la flottte japonaise était suivie H24 -comme les pirates depuis l’Europe, l’Arabie Saoudite, et sur le sol US- , la hiérarchie sur place était bousculée -comme lors du 11/9- etc... ) et le nombre de victimes est à peu près... LE MEME !


        • jakback jakback 11 février 2009 12:27

          Le journaliste est un homme comme un autre, il sent bien que son métier tel qui le conçoit agonise, alors il joue la carte de presse, son dernier atout, cette carte qui depuis la libération, il a au fil du temps traîné dans la boue, pour servir les puissants, afin de ramasser les miettes, l’illusion d’être lui aussi important, puis la télévision renforçât considérablement ses convictions, il était l’initié, le passeur, le gourou, le troisième pouvoir, du haut de sa tour d’ivoire, il regardait le peuple, masse grouillante, qu’il tenait dans sa main, pensait-il.
          Il vécu lui aussi, sans doute mieux que l’ensemble de ses lecteurs/téléspectateurs, ses trente glorieuses, puis arriva, le web, qu’il snoba , dédaigneux, imbu de lui même et de sa caste.
          Patatras, sa suffisance ajoutée a sa lâcheté l’aveugla, lorsqu’il prit conscience de sa monumentale erreur, le mal était fait, la masse grouillante pouvait faire sans lui, pauvre marionnette, phagocyté par les décideurs.
          Alors, il entrprit dans un sursaut de survie, de discrédité, internet et le monde qui l’utilise, pathétique pour l’ensemble d’une profession, ou les plus avertis, les plus retords, bref les plus dangereux pour une infio citoyenne s’empressent de créer avec l’appui des maitres du monde ( l’argent coûte cher) des webinfos, afin de garder leurs prébendes, continuer de servir leurs mécènes, nous désinformés, nous culpabilisés, comme au bon vieux temps de la presse papier.


          • Radix Radix 11 février 2009 12:35

            Bonjour

            J’aime beaucoup cette phrase de Caroline Fourest : "Autant l’avouer, il y a des moments où l’on se prend à regretter le temps où il fallait au moins prendre sa plume, rédiger une lettre, payer un timbre et aller à la Poste pour vous donner des leçons...".

            Ah le bon temps où les critiques étaient obligées de passer par le journaliste visé par celle-ci pour être validées où... plus généralement misent à la poubelle !

            Ne passaient dans le courrier des lecteurs que les remarques anodines, très rarement les remises en cause d’un article. Parfois un droit de réponse minuscule avait droit de citée au fin fond des pages sportives...

            Quelle époque bénie !

            Radix


            • Marsupilami Marsupilami 11 février 2009 12:38

               @ Taïké Eilée

              Très bon billet comme d’hab. Ces pauvres journalistes professionnels sentent le sol se dérober sous leurs pieds et ils paniquent. C’est à la fois arrogant et pitoyable, d’autant que la plupart des auto-proclamés journaleux, même avec carte de presse, ne valent pas mieux que des bloggueurs de base (je connais bien ce milieu !). N’empêche qu’on aura toujours besoin de vrais journalistes pour faire de vraies enquêtes, ce qui va devenir de plus en plus difficile vue la crise que traverse la presse...


              • alberto alberto 11 février 2009 13:56

                Marsu : j’ai essayé de plusser ton commentaire, mais ça n’a pas marché ! Aurais-je perdu mon plussage ?

                A+ : alberto.


              • Mouche-zélée 11 février 2009 16:00

                Marsu

                Très d’accord avec vous.
                Pour ce qui est des enquêtes la fenêtre de tir est de plus en plus étroite :

                - Le juge d’instruction est soumis à l’exécutif (plus d’enquêtes judiciaires = pas de fuites) .

                - Le secret défense ou le terrorisme permettent de cacher des informations en toute légalité, nous l’avons vu avec l’affaire Elf et les frégattes. (voir Eva Joly)

                - La presse nationale est dans les mains de 6 grands groupes de presse uniquemment ...


              • worf worf 11 février 2009 12:56

                excellent article, tout y a été dit comme dans les commentaires !


                • goc goc 11 février 2009 13:07

                  Ce que ces journaleux n’ont pas compris (ou refusent de comprendre), c’est que justement la grande force d’internet, c’est d’avoir tous les types d’informations et donc d’obliger les internautes a faire le tri

                  par exemple, je n’ai jamais lu autant de commentaires reclamant de l’auteur qu’il cite ses sources, et donc cela prouve qu’internet a eduqué les internautes et leura appris a etre mefiant

                  Aussi on peut comprendre la peur panique de ces journaleux si nous commençons a exiger de leur part qu’ils citent leurs sources et qu’au final on s’apperçoive qu’ils bidonnent la moitié de leurs reportages


                  • herve33 11 février 2009 13:30

                    Bravo , pour cet article , qui nous montre que les journalistes pour survivre à la vague internet , vont devoir faire preuve de transparence et de d’indépendance et aussi d’originalité . 

                    Nombre de journalistes utilisent le Web qui n’est qu’un outil de plus , mais en aucun cas ne remplacera l’investigation .

                    Le plus bel exemple de la faillite des médias traditionnels est celui de ne pas avoir vu venir la crise financière et économique qui est apparu au grand jour en septembre 2008 . Or sur le web , n’importe quel internaute est capable de savoir au moins 1 an à l’avance que cette crise est systémique , rien à voir avec les cycles économique du capitalisme .

                    D’or et déjà , on nous fait croire à une sortie de crise en 2010 ou 2011 , rien n’est plus faux . Nous sortirons de la crise avec un monde différent , mais une chose est certaine , le capitalisme tel qu’on l’a connu ne reviendra jamais , ce ne sont pas les replatrages , rustines à coups de centaines milliards qui changeront quelquechose . C’est le système lui même qui est à revoir , et revoir la notion même de richesse selon leur impact social et écologique . Sans cela point de salut .






                    • bluerider bluerider 14 février 2009 11:40

                      et ce désastre systémique a été acceléré par les évenements du 11/9 : Les neo-cons ont reculé l’écheance de l’effondrement financier américain, mais ce faisant ils ont creusé l’abysse de son lit. La crise d’internet est une sorte de prémice avant l’heure, appliquée à une fausse économie virtuelle, qui aurait dû nous avertir qu’ensuite la finance montrerait les limites de sa virtualité, puis l’économie réelle.... mais la nature humaine en décide autrement, y compris chacun de nous en consommateur qui a besoin de rêver, et de signer des prêts indécents même en dépit de la raison, vantés à l’époque par Nicolas Sarkosy... 

                      On ne peut pas mener pendant 8 ans une nation sous économie de guerre, sans contreparties venues des états en guerre eux-mêmes, comme l’Europe l’a fait avec le plan Marshall adopté en bon ordre entre pays qui résonnent de la même façon. La guerre ne produit rien comme le blé ou la manufacture.... elle ne produit que le néant des victimes, le chaos des déplacés, la ruine des actifs immobiliers ou industriels. Comment vendre de la richesse à l’Irak dont le ventre mou des classes moyennes a fui à l’étranger, avec la haine d’Oncle Sam en plus ?....

                      Aucunes contreparties au Moyen-Orient (à part peut-être l’or noir, mais là encore à quel prix pour le contribuable américain / Halliburton, Blackwater etc...). Si le Moyen Orient s’est développé à sa manière (et dans un bain de sang permanent dû à nos interventions là bàs pour l’or noir) depuis que l’Europe a émergé du siècle des lumières, c’est aussi que le Moyen Orient ne souhaite pas notre modèle de développement, mais bien un autre modèle, à un autre rythme, avec une grille de valeurs différente. L’or noir a crée des poches de richesse plaquées sur la tradition musulmane sans aucunes conséquences économiques, si ce n’est creuser un fossé abyssal entre les have et les have-not (voir les saoudiens quand ils viennent à Genève l’été...) .

                      La crise systémique creuse son lit dans les sables saoudiens, irakiens, afghans, et israéliens. ce ne sont pas les projets fous de marina au Quatar ou la marina du cèdre au Liban qui peuvent inverser un processus non accepté par les peuples du Moyen Orient. Ni une piste de ski sous radôme en plein désert. 

                      Il faudrait un journaliste fort (Chossudovsky ?) pour développer ces liens, qui au niveau financier doivent permettre d’y voir plus clair au niveau économique et social, pour ne pas parler du politique qui est à la ramasse depuis la dernière guerre mondiale au Moyen Orient.


                    • Τυφῶν בעל Perkele winkiesman 11 février 2009 13:37

                      tl ; dr

                      Je n’ai pas une très bonne opinion des "journalistes" de Rance 2, mais si votre description du reportage est quelque peu fidèle, alors, pour une fois, je dois dire qu’ils ont fait du bon boulot.

                      Typhon


                      • alberto alberto 11 février 2009 13:53

                        A l’auteur : bien d’accord avec toi !

                        Les échanges d’infos sur internet emmerdent tellement journalistes et politiciens qu’on peut les voir tous les jours déverser leur purin sur les blogs !

                        De plus en plus de seconds couteaux de la politique ne perdent pas une occasion d’insinuer "on réfléchi à réguler...", il va falloir faire qqchose..." etc.

                        J’attends qu’on nous sorte deux ou trois affaires de pédophilie bien sordides pour accuser en bloc tout ce qui s’échange sur internet et nous sortir dans la foulée quelques décrets bien liberticides pour fermer la gueule de leurs claviers à tous ces empêcheurs de penser librement tout haut !

                        Ceci dit, les quelques vrais journalistes qui travaillent sur les grands médias ont de plus en plus de mal à faire correctement leur boulot, vu les pressions dont ils sont l’objet. Anisi, pas plus tard que ce soir voici ce qu’un ami (j’en ai encore !) m’adresse :

                        A faire circuler... Areva tente d’empêcher la diffusion d’un documentaire :
                        "le scandale de la France contaminée" par le nucléaire
                        (Pièces à conviction, mercredi 11 février à 20h35 sur France 3).

                        Bien à vous tous.



                        • K K 11 février 2009 13:55

                          Reconnaissons aussi que, si le trait est tres force, il y a aussi du vrai dans ce que disent les journalistes. Des articles sans sources, il y en a eu. Heureusement, si on regarde bien, ils sont en "tribune libre". Et si on regarde mieux encore, on voit aussi a la television des affirmations sans sources credibles et des "bidonnages" (ah cette interview de Castro par PPDA, quel chef d’oeuvre de montage !).

                          Il y a aussi sur Agoravox beaucoup de commentaires. Et tous ne fournissent pas leurs sources (on attend toujours les 100 000 victimes a Gaza annoncees par furio, ou plutot, non on ne les attend plus et c’est tant mieux). Mais en general, en lisant l’article et les corrections ou complements apportes par les commentaires serieux, et il y en a beaucoup, on apprend enormement de choses. Les commentaires sont un plus car contrairement aux "experts" que nous exhibe la television selon ses besoins, ces commentaires viennent parfois de temoins proches ou de responsables ou de professionnels.

                          Le montage des interviews par l’emission televisee sont aussi malhonnetes que maladroits. On sent effectivement le reflexe coorporatiste de journaliste cherchant a justifier son emploi.


                          • Lapa Lapa 11 février 2009 15:13

                            j’émettrai un bémol cependant. je trouve que sur AV il y a encore trop d’articles d’opinions et de ressenti qui ne sont pas en tribune libre. 
                            je reste persuadé que beaucoup d’auteurs cochent la case "article se basant sur des faits" même si leur blabla consiste à balancer les derniers ragots à la mode depuis leur prisme politique.
                            En ce sens, si on veut qu’AV ne devienne pas qu’un site de commentaires (partisan) de l’actualité, genre un tableau d’affichage de blog, il conviendrait d’essayer un traitement plus objectif de tout article hors tribune libre. Ce qui nécessite à mon avis encore des efforts de la part de certains auteurs.

                            Globalement d’accord avec l’article cependant. La télé a peur d’internet.


                          • Philou017 Philou017 11 février 2009 16:52

                            Je ne pense pas qu’il soit possible ni souhaitable d’essayer d’empêcher la subjectivité des commantaires. Par contre, il serait bon d’encourager les rédacteurs à appliquer une approche plus neutre dans leurs articles (moi y compris). Ca ne peut qu’être bénéfique.
                            Pourquoi pas une case "article sourcé et étayé"à cocher par les modérateurs ?


                          • K K 11 février 2009 18:06

                            La limitation des commentaires peut en effet rendre le site moins spontane et surtout risque d eliminer les temoins de premiere main (ceux qui ont assiste a l’evenement decrit par l information). Ce n’est pas ce que je souhaite. Mais simplement si les commmentateurs evitaient de poster n’importe quoi sans source, ce serait beaucoup mieux.
                            L’exemple que je citais etait repete plusieurs fois par jour sur tous les articles. Cette forme de trollisme a tendance a tuer aussi les sites participatifs. Le pire est que ces personnes ne s’en rendent pas compte.


                          • John Lloyds John Lloyds 11 février 2009 14:03

                            La presse officielle est à l’agonie, ses tirs groupés sur le soi-disant amateurisme du net (souvent plus fouillé que les enquêtes orientées du petit écran) ne sont que le dernier sursaut du cadavre. le gouvernement devrait réunir tous les titres des journaux en un seul, la "Pravda", ça serait plus facile pour lui.

                            Ils en sont à faire du porte à porte, hier j’ai un représentant qui a sonné à ma porte en voulant me vendre un abonnement au Dauphiné libéré. Quand je lui ai dit que même gratuit je n’en voudrais pas, il a voulu en savoir plus. En lui expliquant, Il semblait toutefois être conscient d’être le chainon d’une vaste propagande organisée. A leur décharge, je crois que la plus grande partie des employés des médias subissent en toute conscience par pure souci alimentaire.


                            • bluerider bluerider 14 février 2009 12:04

                              +1000

                              le paleo journalisme est mort. Il me faudrait plusieurs vies pour lire sur le net tout ce qui m’intéresse... alors acheter du papier... et polluer la planète en détruisant ses arbres en plus.... terminé pour ma part. (sauf dans le train où la 3G en TGV.... ben c’est pas gagné !!!). Solution : s’imprimer avant de partir ses articles à lire, sur papier recyclé de préférence.

                              L’association ReOpen911 doit soutenir Aymeric CHAUPRADE. En réaffirmant ici que l’ association est PRETE A DEBATTRE en public des arguments développés dans les travaux des chercheurs et journalistes indépendants américains dont elle relaie les contenus traduits en français. Ce débat aurait dû avoir lieu depuis longtemps, avec TOUT MEDIA DIGNE DE CE NOM qui saura respecter le temps de parole des uns et des autres, notamment pour présenter clairement les travaux de ces Américains et Européens aussi comme Von Bülow, Chiesa, Elsässer, Ahmed, Viesniewsky ou Gänser. Par ailleurs ce débat devra être filmé en une seule fois sans coupure, histoire d’éviter les effets de montage ou de simplification/amalgame auxquels reOpen a été habituée, comme ce fut si souvent le cas jusqu’à récemment : NOUVELOBS de Florence Aubenas, COMPLEMENT D’ENQUETE de benoit Dusquesne, RUE89 de et de etc…

                              Tenez-bon M. Chauprade, demandez à faire valoir vos droits devant les prud’hommes, demandez à votre employeur une lettre motivée pour votre licenciement. Demandez à votre employeur des preuves des arguments qu’il avance pour vous licencier. Demandez que votre employeur apporte la preuve de son jugement des paragraphes de votre livre qu’il incrimine et cite comme cause de votre licenciement. Qu’enfin en place publique, on juge sur pièce et sur le fond, et non pas de façon arbitraire sur fond de démonisation ou de chasse aux sorcières…

                              Le 11/9 est en passe de devenir le porte drapeau d’une nouvelle façon de concevoir la Politique même. Internet a été crée par des militaires dans les années Reagan - Thatcher, montrons que cet outil est en passe de révolutionner la manière de faire de la politique, de débattre des idées, et qu’il permet de mettre en place des structures d’action aptes à maintenir la démocratie dans sa libre expression, la justice dans ses régles, et la paix dans son universalité.

                               




                            • l'homme pressé l’homme pressé 11 février 2009 14:18

                              @l’auteur
                              Je n’ai pas vu le reportage incriminé, mais dans le compte-rendu (à charge) que voous en faites, je relève une description d’Avox et de ses rédacteurs plutôt conforme à la réalité :

                              - un processus de validation pas bien clair, puisqu’il n’est pas rare que des rédacteurs se plaignent d’avoir été refoulés à la modération ou d’y être restés en attente pendant bien longtemps, alors que certains publient un article par jour...

                              - ’très peu d’info, et beaucoup, beaucoup de commentaires’, Ca, c’est parfaitement exact

                              Ils ne font plus confiance aux médias traditionnels. Désormais ils s’informent uniquement sur Internet. Sites d’infos indépendants, débats citoyens, échanges de vidéos, mais aussi rumeurs, mensonges et films truqués ; pourquoi le web est-il devenu leur unique référence ?" Ca aussi c’est plutôt exact, et ils sont nombreux ici à le revendiquer.

                              Et pour terminer, vous écrivez : "Un certain nombre d’entre eux entretiennent un mauvais rapport au Net, d’abord parce qu’ils y perçoivent une concurrence à leur travail, jugée inacceptable, une source de critiques aussi, auxquelles ils ont bien du mal à se faire. Ensuite, tout simplement, parce qu’ils ne semblent pas bien connaître l’objet de leur courroux ; ils développent alors la peur classique que l’on éprouve devant l’étranger, l’inconnu, ce qu’on ne comprend pas, et qui nous dépasse, et met à mal les cadres figés de notre monde. Alors on attaque, on se défend, on mord, on montre les crocs."
                              A partir du fait avéré (les journalistes entretiennent un mauvais rapport au Net), vous tirez des conclusions entièrement à charge ; ce qui est bien sûr votre droit, mais :
                              1- vous renoncez implicitement à l’impartialité de votre propos... et de ceux qui suivent.
                              2- vous présentez les journalistes comme des imbéciles, incapables de comprendre ce qu’est le Net et ce que valent ou ne valent pas les informations qui s’y trouvent. Compréhension qui serait, par contre, à la portée du premier journaliste-citoyen venu. Croyez-vous sérieusement que ça tienne debout ?

                              Il suffit de lire les commentaires déjà formulés ci-dessus (veuillez m’excuser de n’en citer aucun : c’est pour éviter de vexer quiconque et de créer la polémique) pour s’apercevoir que sur Avox on considère très majoritairement les journalistes comme des incapables, incompétents et vendus au(x) pouvoir(s). En cela,
                              le reportage que vous relatez semble bien fidèle à la réalité AVoxienne...

                              On peut même ajouter que d’aucuns parmi les rédacteurs s’entêtent à ne pas vouloir comprendre que s’ils considèrent que les journalistes ’encartés’ font du mauvais travail, ça ne dédouane pas ces rédacteurs eux-mêmes d’un travail journalistique irréprochable, bien au contraire.

                              Ces réserves faites, je ne défends pour autant pas le reportage (que je n’ai pas vu, j’insiste) de ces journalistes professionnels. (Je me doute bien que cette seconde réserve ne suffira pas à m’éviter les commentaires négatifs ; c’est pas grave !)

                              Cordialement


                              • Mouche-zélée 11 février 2009 15:54

                                l’homme pressé

                                Personne sur terre n’est impartial à moins de se prendre pour dieu .
                                Nous sommes tous le produit du ça, du moi, et du sur-moi .

                                L’impatialité est irréalisable même avec toute l’indépendance et tous les pouvoirs du monde à disposition .
                                Que les internautes croisent les informations et aillent les chercher d’eux même est une bonne chose .

                                Donnez à manger à quelqu’un, il mangera une fois.
                                Apprenez-lui à chasser, il mangera toute sa vie .

                                Comme dans toute chasse il faut de l’expérience et de la stratégie pour réussir "proprement".
                                Je préfère des chasseurs d’information à une étable de veaux qui mangent leurs granulés industriels  smiley


                              • Taïké Eilée Taïké Eilée 11 février 2009 17:12

                                @ l’homme pressé : j’ai pris bien soin dans l’article de ne pas parler des journalistes en bloc, pour ne pas tomber justement dans le travers de ces journalistes qui parlent des internautes... en bloc. Dans l’extrait que vous citez, je dis : "un certain nombre d’entre eux". A aucun moment je ne dis : "les journalistes" (dans leur ensemble).

                                Ensuite, il est vrai que sur AgoraVox les commentateurs sont souvent très critiques vis-à-vis des journalistes, mais je ne pense pas qu’il y ait de rejet complet ; certains bons journalistes sont parfois salués tout de même.

                                Et s’ils sont tellement critiqués, c’est que les journalistes professionnels demeurent des références que l’on écoute et dont on attend qu’ils soient à la hauteur de leur mission fondamentale : on les titille donc parfois, pour leur bien et le nôtre... et celui de la démocratie.

                                Qu’il y ait aussi des critiques abusives et quasi systématiques de la part de certains, c’est aussi une réalité, qui peut en effet lasser ceux qui en sont victimes... A chacun donc de se responsabiliser, pour critiquer à bon escient (côté internautes) et pour ne pas faire d’allergie générale à Internet dès la première critique un peu basse (côté journalistes).


                              • Mouche-zélée 11 février 2009 18:01

                                @ L’auteur

                                Exact, il arrive même que les journalistes donnent une base d’article et que l’internaute tente de compléter avec des liens actifs et un complément d’information  smiley
                                Nous ne détestons pas les journalistes, ils nous donnent des pistes et l’avis de "spécialistes", c’est déjà pas mal .


                              • Philou017 Philou017 11 février 2009 19:29

                                "Qu’il y ait aussi des critiques abusives et quasi systématiques de la part de certains, c’est aussi une réalité, qui peut en effet lasser ceux qui en sont victimes.."
                                Je suis lassé aussi des accusations, rumeurs, désinformations propagés systématiquement par l’ensemble des médias sur le 11 Septembre. J’estime, apres des années d’observation, qu’il n’y a rien à tirer de ce Barnum où la cooptation et la compromission regnent en maitres.
                                Il n’y a plus de vrais journalistes dans ces institutions. Les derniers se sont fait virer comme
                                Richard Labévière de RFI ou le directeur de France 24. Le tout dans un silence assourdissant de la-dite presse. Le même silence a présidé à la nomination de la femme du ministre Kouchner, Christine Ockrent, à la t^ete de l’audiovisuel Français. Ces silences en disent plus que de longs discours.

                                Les vrais journalistes sont aujourd’hui indépendants, comme Eric Robert ou Anne Nivat.


                              • l'homme pressé l’homme pressé 12 février 2009 11:07

                                @l’auteur
                                Vous avez raison, j’ai péché par précipitation et généralisé un peu hâtivement en vous résumant sous le formule "les journalistes". J’en fais amende honorable.

                                Ceci dit, cela n’enlève pas grand-chose à mon propos (du moins la suite) sur le rejet quasi-systématique des journalistes de profession, constatable quasiment tous les jours sur Agoravox. Mais je reconnais aussi (contre-exemple, encore une fois) que les commentaires de ce fil sont remarquables par leur modération, même s’il y a encore quelques anathèmes faciles ici ou là.

                                Le point de vue que je tiens surtout à mettre en valeur, c’est que la médiocrité de certains journalistes pro n’excuse en rien celle des journalistes amateurs. On ne peut se prévaloir des fautes des autres pour excuser celles qu’on commet, bien au contraire !

                                Ce point de vue, ai-je besoin de le dire, ne vous vise évidemment pas.
                                Cordialement


                              • Philou017 Philou017 12 février 2009 11:34

                                Il s’agit bien de Denis Robert, évidemment. Merci de la rectification.


                              • bluerider bluerider 14 février 2009 12:17

                                On peut dire EXACTEMENT la même chose du journalisme professionnel. Votre débat ne fait pas avancer le sujet, désolé. Suffit d’appuyer sur les boutons "marchands de canon", ou Kouchner / Ockrent (personne n’y voit rien à redire dans TOUS les médias officiels ), ou encore de ressortir les "affaires", celles dont RSF ne parle pas : Labévière, Denis Robert, Bruno Guigues, Coq/Deniau rien que pour 2008 etc...


                              • Colure Colure 11 février 2009 14:18

                                Ce qui échappent aux médias et à l’intelligencia officiel agace, effraie ! Tant mieux et je suis d’autant plus heureux qu’internet existe (encore) aujourd’hui ...

                                Merci pour cet excellent article ! Edifiant !

                                Signé : un cyber-paranoïaque xénophobe et raciste anonyme smiley On est vraiment bête, nous, le petit peuple..


                                • Vilain petit canard Vilain petit canard 11 février 2009 14:34

                                  Excellent article, clair et sourcé. Même si ce reportage de F2 n’est pas entièrement critiquable, il sent quand même la réaction de classe. On croirait entendre un membre du Comité des Forges parler des syndicats et de leur rôle délétère sur les pauvres ouvriers, et défendre le syndicat maison.

                                  Je trouve ridicule de parle "d’Internet", en bloc comme ça, comme si "Internet" était un truc unique et monolithique, un genre de nouveau journal. Il y a de tout sur Internet, comme il y a de tout dans la presse. On parle toujours de "défendre la presse écrite", mais on oublie de dire que cette presse écrite, elle inclut aussi Entrevue, Choc, Voici !, Public et Ici Paris (simples exemples de presse écrite d’actualité). Alors pourquoi mettre tout ce qui passe par Internet dans un grand sac et fatalement faire des amalgames ?

                                  Peut-être que quand les grands actionnaires de cette fameuse presse écrite auront mis davantage de billes dans "Internet", leurs journalistes seront plus mesurés dans leurs propos ????


                                  • Vilain petit canard Vilain petit canard 12 février 2009 12:04

                                    A la réflexion, non, ce n’est pas une histoire d’actionnaires. 

                                    Tout système de pouvoir génère des relais de pouvoir, et les journalistes, bien qu’ils s’en défendent, font partie de ces relais, au même titre que les enseignants ou les intellectuels. A partir de cette place (objective), chaque acteur met en place sa propre stratégie de vie (subjective), en tenant compte de ses objectifs personnels. Ces objectifs (fournir au public une information validée, par exemple) peuvent ne pas tenir compte subjectivement du rôle de relais, mais ne l’annulent pas. . 

                                    Plus l’acteur est inconscient de son rôle de relais du modèle dominant, plus son rôle de relais est efficace. En effet, ce rôle consiste justement à ne jamais parler de ce qui est à proprement parler impensable et indicible, à savoir justement la mise en perspective et donc la contestation du modèle dominant. Le discours soumis, c’est de présenter ce qui est imposé comme naturel et donc par nature, inconstestable.

                                    Conclusion : quand un acteur du système clame qu’il est absolument libre, c’est justement là qu’il faut se méfier. Quand il braille que c’est comme ça, et qu’on ne peut pas faire autrement, il faut encore plus se méfier...


                                  • Vilain petit canard Vilain petit canard 12 février 2009 12:18

                                    ... et quand il se débat en attaquant vigoureusement ceux qui pourraient le concurrencer, c’est qu’il tient à sa place de relais du pouvoir.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Taïké Eilée

Taïké Eilée
Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès