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Accueil du site > Actualités > Médias > Elections italiennes : la fabrication du consentement

Elections italiennes : la fabrication du consentement

Le Mouvement cinq étoiles repère du populisme, à dire vrai on aurait pu entendre terrorisme au lieu de populisme, tellement le matraquage aura résonné systématiquement, mais heureusement, la langue de bois a parfois du mal a se déguiser complètement en mauvaise foi. On n'a pas osé aller jusque là. 

Quoique : invité en Allemagne, le président italien Giorgio Napolitano a annulé une rencontre prévue avec le dirigeant du SPD allemand Peer Steinbrück à Berlin après que le candidat social-démocrate aux élections de septembre s’est dit “horrifié par la victoire des deux clowns”, Silvio Berlusconi et Beppe Grillo. Napolitano a répondu aux sarcasmes Allemands par un "respectez-nous" qui valait son pesant d'or.

Le traitement par les médias du résultat des élections législatives italiennes aura été un nouvel exemple de ce que Noam Chomsky appelle la "fabrique du consentement", ou comment produire de l'opinion.

Alors que le résultat surprise aurait pu être l'occasion d'un approfondissement des causes de la marée montante du Mouvement Cinq étoiles, nous n'aurons entendu que sarcasmes et perfidie. Le terme de populiste aura régné en maître des lieux sur tous les médias. En gros tout ce qui est qualifié de populiste, tout ce qui transgresse l'ordre établi devient subitement insignifiant. Tout ce qui est extrême est insignifiant, alors le fait de pourfendre le paysage politique aux ordres de la finance ( ce que fait Grillo) doit être considéré comment étant une agression démocratique, une pure démagogie. Beppe Grillo est donc resté dans les médias cantonné dans son rôle de Coluche italien, de comique, de saltimbanque, de clown, de bouffon. 

Car loin de vouloir informer, nos médias sont les suppôts de l'ordre économique, consciencieusement respectueux des intérêts qui les gèrent. La douce propagande distillée systématiquement par des intérêts privés manipule le cirque politique. La démocratie est un leurre car elle obéit d'abord à l'économie, les pantins élus, présents depuis des lustres car inoffensifs ou collaborateurs patentés se pavanent à longueur d'année, de décennies auprès de leurs hôtes obéissant, payés grassement par les oligarchies industrielles et financières. En France, les Dassault, les Arnault, les Bouygues, les Lagardère, les Rotchild dirigent la manoeuvre alors que leur têtes de gondole assurent le tempo. La caste de journalistes bien-pensant, marionnettes du pouvoir économique, participent du coup d'Etat permanent en étant complices de cette confiscation démocratique.

En Italie seuls trouvent grâce aux yeux des soi-disant experts choisis dans le giron du politiquement correct le Parti de Monti, lamentablement encalminé à moins de 10%. (On se gausse : "les Italiens ont voté pour ce qu'ils avaient envie d'entendre et ont refusé la voie de la Sagesse"), à tout casser, on accepte le Parti Démocrate, sorte de social-démocratie convertie au libéralisme, convaincu du bien fondé de l'austérité Bruxelloise.

Voilà, tout ce qui transgresse l'ordre établi dérange, et devient populisme, terme tarte à la crème (sauce tomate en Italie) qui arrange bien les affaires.

Mais au fait, les populistes ne sont-ils pas les Partis au pouvoir depuis le début de la Cinquième République et nous ayant conduits au désastre que l'on sait ? Les populistes ne sont-ils pas les libéraux, les mondialistes, ces casseurs sociaux ? Les populistes ne sont-ils pas les menteurs sans vergogne, les responsables des déficits, de l'évasion fiscale, les profiteurs du déclin ? Les populistes ne sont-’ils pas les prédateurs de l'environnement, les apôtres de la croissance tous-azimuts ? Les traders déguisés en gauchos, les écolos conducteurs de 4X4 hybrides ? Les populistes ne s'appellent-ils pas Hollande,Sarkozy, Fabius, Royal, Juppé, au pouvoir depuis des lustres, rejetés mais toujours là car gardiens du temple émérites ?

Face à cette menace de la stérilisation de la pensée, à cette fabrication de la pensée unique, prenons notre plume, notre pioche, notre colt, notre barre à mines, ne laissons pas tomber notre pouvoir de nuisance qui est l'autre face de notre liberté. 

Stéphane Hessel qui vient de nous quitter ne nous disait pas autre chose en nous poussant à nous indigner, puis à agir en conséquence de notre propre indignation.


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4 réactions à cet article    


  • Stof Stof 2 mars 2013 12:18

    Un écolo en 4x4 hybride, ce n’est pas forcement une contradiction. Tout dépend de la consommation du véhicule et de son utilité. Parfois le 4x4 est bien utile à la campagne ; là où se trouvent beaucoup de vrais écologistes, d’ailleurs.

    J’ajouterais, que s’il existe un seul courant politique qu’on ne pourrait pas qualifier de populiste, c’est bien l’Ecologie.
    C’est le seul qui prône une réduction du train de vie, des taxes sur le superflu et la pollution. Bref, une vision rationnelle et réaliste du futur, et des solutions pour s’en sortir.
    Les autres ne parlent que de chômage, d’insécurité et d’immigration. Qui ne sont en fait que les symptômes de problèmes plus profonds.

    • BA 2 mars 2013 14:28

      Samedi 2 mars 2013 :

       

      Beppe Grillo veut renégocier la dette italienne.

       

      Beppe Grillo, leader du mouvement Cinq Etoiles (M5S), qui a réuni 25,5% des suffrages lors des législatives en Italie, veut renégocier la dette de son pays, a-t-il indiqué à « Focus ».

       

      "Si la situation financière de l’Italie ne change pas, elle quittera l’euro", estime l’ancien comique.

       

      "Nous sommes écrasés, non pas par l’euro mais par notre endettement. Quand les intérêts atteignent 100 milliards d’euros par an, on est mort. Il n’y a pas d’alternative" à une renégociation de la dette, a déclaré M. Grillo dans l’hebdomadaire allemand Focus.

       

      Il a comparé les obligations d’états avec des actions d’entreprises : "quand j’achète une action d’une société, et qu’elle fait faillite, ce n’est pas de chance. J’ai pris un risque et j’ai perdu", a-t-il ajouté.

       

      Il affirme également que la situation est si précaire en Italie que "dans six mois, on ne pourra plus payer les retraites et les salaires du service public".

       

      En Allemagne, des voix se sont déjà fait entendre dans la frange euro-sceptique de la coalition gouvernementale de la chancelière Angela Merkel, pour réclamer une sortie de l’Italie de la zone euro si un gouvernement prêt à continuer les réformes structurelles n’est pas mis en place.

       

      Rappel :

       

      La dette italienne franchit les 2.000 milliards d’euros.

       

      La dette de l’Italie a franchi en octobre pour la première fois le cap symbolique des 2.000 milliards d’euros, selon un document publié vendredi par la banque centrale italienne.

       

      La dette de l’Italie s’est établie à 2.014,693 milliards d’euros en octobre 2012, contre 1.995,143 milliards en septembre 2012, selon un supplément au bulletin mensuel statistique de la Banca d’Italia.

       

      http://lexpansion.lexpress.fr/economie/la-dette-italienne-franchit-les-2-000-milliards-d-euros_365178.html


      • tingo 2 mars 2013 18:40

        ATTENTION ! Je n’ai pas encore lu l’article ni ton commentaire, j’y reviendrai plus tard, mais je veux signaler tout de suite qu’à cet instant même, sur son blog, Grillo dénonce les fausses citations de son interview à Focus qui apparaissent dans la presse alors même que l’interview, elle, n’a même pas encore été publiée !


      • ecolittoral ecolittoral 5 mars 2013 12:56

        Populiste ! Terme utilisé par une partie des médias et une partie des journalistes...UNE partie.

        Pensez vous que les citoyens soient assez stupides pour accepter le terme « populiste » parceque « c’est ce qu’on dit à la télé » ?
        Pensez vous que les citoyens « croient » tout ce qu’on leur dit ?
        Qu’ils sont incapables d’analyse et de discernement ?
        Ce n’est pas le constat que j’en fais.
        Les citoyens écoutent mais n’en pensent pas moins. Les choses bougent en Italie et ailleurs.
        Les citoyens sont prêts à suivre. 
        Une personne suffit pour souder les mécontents ET les porteurs de solutions.
        Parcequ’ils n’ont plus grand chose à perdre.

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