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Et si Eric Naulleau avait raison ?

On n’a plus besoin de présenter Eric Naulleau, chroniqueur de Laurent Ruquier dans son émission "On n’est pas couché" et les fameux "clashs" qui lui sont associés, le dernier en date étant avec Françis Lalanne, chanteur et candidat aux européennes. Il n’est pas question ici de juger le chroniqueur mais plutôt l’idée qu’il a exprimée, à savoir pour résumer : la critique n’est plus la bienvenue.

Dès à présent il est bon de rappeler que cet article n’est consacré qu’à la place de la critique et de la polémique et qu’il n’est pas question de juger les polémistes qui peuvent être approuvés, critiqués, voire même insultés.
 
Les nombreux incidents de plateau, que ce soit à la télévision ou à la radio, concernant des chroniqueurs donnant leur avis sur une œuvre, peuvent nous amener à nous poser la question : est-il bon, de nos jours, de critiquer le travail de tel artiste ou de tel homme/femme politique ? L’exemple d’Eric Naulleau au début de cet article n’est pas pris par hasard car beaucoup de domaines ont été abordés dans l’émission de Laurent Ruquier : politique, littérature, chanson, films...
 
Mais le sujet de cet article n’est absolument pas de juger Eric Naulleau mais bel et bien de se poser la question de ce qu’est devenue la critique à la télévision. On le sait, aujourd’hui, toute promotion d’un livre, d’un film ou d’un album passe obligatoirement par les médias traditionnels, notamment la télévision qui est devenue incontournable.
 
Au fond, qu’est devenue la promotion : un simple passage de plateau en plateau en étant un complément humain d’une bande annonce ? Nous ne devrions pas oublier le but premier de la promotion : présenter un produit au consommateur et le vendre. Mais qu’est ce vendre ? C’est présenter des arguments au consommateur pour le convaincre d’acheter mais qui dit arguments dit aussi débat. 
 
La critique est ce qui peut arriver de mieux dans une démocratie dans tous les domaines : elle oblige à apporter des arguments, tel des scientifiques apportant des preuves par leurs recherches des théories qu’ils émettent, des entreprises à améliorer leurs produits ou des politiques à enrichir les lois. De même, depuis la maternelle jusqu’à la fin de nos études, nous sommes notés par nos professeurs qui émettent des remarques dans le but de nous perfectionner nous-mêmes par la suite.
 
Alors dans ce cas, pourquoi les réactions sont-elles aussi vives lorsqu’une célébrité est critiquée sur un plateau de télévision ou à la radio ? Pourquoi un polémiste obtient-il l’étiquette de flingueur professionnel ?
 
Peut-être est-ce dû à un possible constat : l’apparition d’une nouvelle religion. Désormais, nous n’allons plus à l’église pour écouter le sermon, nous allons aux concerts écouter notre star préférée. Il n’y a plus de prière le soir mais désormais le dernier CD à la mode dans nos écouteurs, le dernier DVD sorti sur nos télévisions. Les stars ont presque pris la place de Dieu si l’on veut pousser jusqu’à l’hyperbole.
 
Par les insultes sans arguments sur les forums, la méchanceté gratuite, ne sommes-nous pas devenus les acteurs de nouvelles croisades meurtrières pour défendre nos saintes idoles par le sang, les nouveaux inquisiteurs de chroniqueurs soupconnés de sorcellerie pour avoir attaqué une œuvre ?
par Siggy54 lundi 11 mai 2009 - 52 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Sébastien (xxx.xxx.xxx.130) 11 mai 2009 09:31
    Sébastien

    Tres bon article. En effet, les artistes qui viennent sur un plateau vont "faire leur promo". Et faire sa promo signifie ne recevoir aucune critique.

    Il est impossible qu’une oeuvre soit aimee par tout le monde et certains artistes devraient avoir l’humilite de le reconnaitre et d’accepter la critique. Cela ne remet pas en cause leur creation et c’est simplement l’expression d’un point de vue divergent.

    Apres, le critique a quand meme son importance et si la critique est positive, il est aussi important de ne pas blesser une personne. De la meme maniere que l’artiste doit comprendre que son oeuvre n’est pas appreciee par tout le monde, le critique doit aussi savoir que son opinion n’engage que lui et qu’une oeuvre n’est pas forcement de la merde parce qu’il ne l’a pas aimee.

  • Par Henri François (xxx.xxx.xxx.132) 11 mai 2009 11:30

    "On n’est pas couché " une foire d’empoigne qui frise les bas étages la plupart du temps et qui se mêle bien trop souvent de "la présentation ou promotion" d’oeuvrettes littéraires pour midinnettes.
    Alors là, pardonnez-moi, où sont donc "Apostrophes" d’antan ?
    Naulleau ou pas, Zemour, Ruquier et consorts et toutes ces émissions de bla-bla qui ont envahi les petits écrans quotidiens afin de vanter les produits ou la personnalité de l’un ou l’autre, toutes ces tribunes et ces débats à l’eau de rose, ces interviewes aux questions (et réponses) alambiquées mais surtout ineptes, ces retraités de la télé de papa qui se sont travestis en critiques littéraires, cinématographiques, sportifs ou culinaires, pourraient très bien être remplacés par de simples affiches sur papier peint placardées sur les murs des cités ou des spots publicitaires payants diffusés sur les chaînes... privées.
    Mon Dieu combien Bernard Pivot et ses invités me manquent....

  • Par morice (xxx.xxx.xxx.7) 11 mai 2009 11:32
    morice

    Nauleau ne peut avoir raison : il participe à sa propre autopromotion davantage qu’à argumenter véritablement....


    "Désormais, nous n’allons plus à l’église pour écouter le sermon, nous allons aux concerts écouter notre star préférée. 

    vous peut-être en effet, à venir défendre l’indéfendable... pourquoi voulez-vous vous en remettre à des effigies ? Vous ne savez plus LIRE à ce point ?
  • Par bluebeer (xxx.xxx.xxx.246) 11 mai 2009 19:21
    bluebeer

    Plus le temps passe, plus je deviens un vieux con. Ou plutôt vieillit ma connerie.

    Il me semble que hier encore je compulsais en ricanant Charlie Hebdo et Hara Kiri, tout abimé à ma délectation d’articles et de rubriques vachardes, de photomontages scandaleusement vulgaires, d’humour délibérément trash (je parle d’y a longtemps). Je le faisais de bon cœur parce que j’avais le sentiment que derrière la férocité et l’iniquité des plumes des auteurs, il y avait un authentique souci égalitaire, une réelle contestation libertaire, une utopie sincère. C’était mal de lire Hara Kiri et Charlie Hebdo, d’ailleurs régulièrement interdits de publication. On choquait autour de soi. Il fallait assumer, même si on ne risquait plus le bûcher.

    Mais là, non, je ne m’y retrouve pas. Naulleau, Zemmour, Ruquier, Fogiel, Truc, Machin, et Chose, c’est pas la même soupe. Tous ces gens sont au service de l’audimat. On les paye pour être impertinents. En fait, on les payait pour être impertinents. Maintenant on les paye pour être vulgaires et arrogants, brutaux, sardoniques, cruels, iniques, cyniques. Leur boulot : étriller l’invité, sauf si elle est jolie. Dans ce cas, être salace suffit. Du sang, des tripes, du sperme !

    Je le jure, je n’ai rien contre une belle baston. Mais avec des principes. Un contre un, mano a mano. Les embuscades, les lynchages, les gauntlets, les jeux du cirque, c’est pas mon truc. Naulleau et Zemmour confortablement retranchés dans leur nid de mitrailleuse, arrosant tour à tour leur victime sacrificielle piégée sous le spot, en croquant des pistaches et en adressant des effets de manche à la foule des supporters, ça me fout les glandes. C’est pas de la critique, c’est pas de la justice, c’est du spectacle naze. Ca me rappelle le temps pourri du bahut ou deux trois connards redoublants martyrisaient impunément les gros, les binoclards, les dents de lapin et les profs fragiles. Encore et toujours accompagnés des rires veules et complices de ceux qui les redoutaient. Et ici, il me semble que ce sont les même ficelles, le même public voyeur et goguenard. Des frustrés de la vraie vie qui s’identifient à des faux durs qui ne prennent aucun vrai risque, ni physique, ni intellectuel.

    Un petit mot pour terminer avec l’épisode Lalane. Lalane me saoule. Ses textes dégoulinent, et son look bonapartistosoixantehuitard me crispe. N’empêche qu’il y a quelques fractions de siècle, il s’était fait piéger par une émission de caméra cachée. Il était au resto en compagnie de potes, et on lui a envoyé une fausse sdf (« clochard » à l’époque) l’importuner à sa table. Et qu’a fait l’abruti ? Il l’a invitée à bouffer avec eux.

    Naulleau et Zemmour, ils auraient appelé la sécurité, c’est sûr. Ils sont où zorro et robin des bois ? C’est pour ça que je regarde plus la télé. Sauf sur agora vox.



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