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France Inter coupe la Rue des entrepreneurs

Silence radio. Samedi 1er mai, les 2,5 à 3 millions d’auditeurs fidèles de Rue des entrepreneurs, sur France Inter, n’ont pu entendre comme chaque semaine les voix de Didier Adès et de Dominique Dambert.
 
Les deux journalistes, fondateurs et animateurs de cette émission phare du service public, ont été licenciés. Motif : harcèlement moral. Un mauvais prétexte.
 
Il a fallu attendre février 2010, après 28 ans de diffusion hebdomadaire, pour que la direction s’aperçoive que ces deux spécialistes du monde du travail et de l’entreprise étaient de redoutables tyrans...
 
A la tête de Radio France on n’a pas voulu rencontrer les deux intéressés et l’on ne souhaite pas commenter cette affaire. Quant aux usagers ils n’ont eu droit qu’à des explications succinctes.
 
Une émission socio-économique qui disparaît le jour de la fête du travail... Le 1er avril étant passé depuis un mois, ce n’était pas une blague. Mais c’est bigrement symbolique.
 
Le vendredi 30 avril au soir, la veille de la diffusion habituelle de Rue des entrepreneurs, Adès et Dambert sont priés de déguerpir. La direction de Radio France, que j’ai essayé de contacter, renvoie à son communiqué : « La Direction de Radio France confirme le licenciement de Didier Adès et Dominique Dambert, présentateurs de l’émission « Rue des Entrepreneurs », le samedi sur France Inter. La Direction de Radio France ne fera aucun commentaire sur cette mesure de licenciement. »
 
Les faits sont simples, en apparence : en décembre 2009 la nouvelle assistante de l’émission se plaint d’être harcelée par les deux journalistes. A peine arrivée dans l’équipe elle tombe en arrêt maladie. En décembre. Puis en janvierEn février, suite à un avertissement, la direction monte un dossier contenant, selon elle, les preuves que ces histoires de harcèlement (qui sont du ressort du pénal, donc très graves) ne sont pas nouvelles.
 
Les pièces à conviction ? Des lettres accusatrices. « Certains signataires de ces lettres s’en mordent les doigts aujourd’hui », remarque Dominique Dambert. 
 
« C’est hallucinant, certaines lettres, datées des 17, 18 et 19 février 2010, évoquent des faits qui se seraient déroulés il y a des mois, voire cinq ou dix ans », s’étonne Pierre-Louis Castelli.
 
Ce journaliste sportif bien connu des familiers de France Inter est délégué syndical au Syndicat National des Journalistes (SNJ) qui a pris la défense des deux animateurs. Il se déclare « consterné par cette affaire » et « stupéfait que des gens de ce niveau soient licenciés ». C’est que les compétences et le professionnalisme de ces deux fondateurs et animateurs sont reconnus et récompensés depuis longtemps.
 

"On les a lourdés et on s’est préoccupé de l’antenne ensuite"

Le lundi 3 mai, trois jours après leur spectaculaire licenciement, la page Rue des entrepreneurs n’existait déjà plus sur le site de Radio France. Disparue, ainsi que les archives, de la liste des émissions programmées. Comme si elle n’avait jamais existé. Les deux animateurs expliquaient la situation à leurs auditeurs déboussolés qui n’ont d’ailleurs pas chômé pendant le week end du 1er mai puisqu’ils leur ont adressé 2500 courriels de soutien. « On les a lourdé et on s’est préoccupé de l’antenne ensuite » constate, un brin amer, Pierre-Louis Castelli.
 
Dans le Monde du 6 avril, Michel Berry, directeur de l’Ecole de Paris du management, initiateur d’une pétition pour maintenir l’émission, écrit que Rue des entrepreneurs « traite avec une rare intelligence des sujets aussi importants que la vie des PME et des grandes entreprises, les effets des innovations, les causes des crises et les remèdes envisagés, les approvisionnements en matières premières, les promesses du social business, etc. Elle aborde ces sujets avec une signature originale ».
 
Et d’énoncer ses vertus : « approche pédagogique, ouverture d’esprit, style paisible, avec une musique qui invite à se poser, grande liberté dans le choix des sujets et une distance par rapport aux enjeux institutionnels ou économiques qui conduisent si souvent à la langue de bois ou, au contraire, aux délices de la dénonciation, un art à traiter de sujets actuels sans se coller à l’actualité des exploits ou des scandales du moment, peu de vedettes sont invitées mais des acteurs qui apportent des idées et des faits nouveaux par rapport à ce qu’on lit à longueur de pages ».
 
Michel Berry rappelle enfin que « les derniers états généraux de l’industrie, lancés par le président de la République, ont recommandé une meilleure communication sur l’industrie pour que les enjeux dont elle est porteuse soient mieux connus de la population. On n’a donc pas le droit de dilapider les acquis de Rue des Entrepreneurs, et c’est au contraire à étendre encore son audience qu’il faudrait œuvrer. »
 

"On sentait le truc venir depuis le mois de septembre"

"Deux tiers des entreprises ne savent pas quoi faire des seniors, affirme Dominique Dambert qui connaît bien le sujet. A Radio France ils se sont dits qu’il y avait deux vieux cons dont il fallait se défaire... » Des vieux cons ? Pour Pierre-Louis Castelli, « cette explication n’est pas impossible, ça a dû peser dans la balance, même si la direction s’en défend »...
 
Revenons en juillet 2009. Didier Adès fête ses 65 ans. Il ne souhaite pas prendre sa retraite et préfère continuer à animer l’émission avec Dominique Dambert (61 ans). C’est son droit. Comme le stipule la loi, "dès 60 ans, un salarié qui aura une carrière complète pourra rester chez le même employeur et cumuler sa retraite avec son revenu. Par ailleurs, s’il décide de ne pas liquider ses droits à la retraite et de continuer à travailler, il aura 5% de retraite en plus par année supplémentaire."
 
Bizarrement, à la rentrée, France Inter change la formule de Rue des entrepreneurs. Un signe annonciateur ? « On sentait le truc venir depuis le mois de septembre », commente Dominique Dambert. On nous a amputé l’émission d’un quart d’heure" [pour placer Brigitte Jeanperrin qui a récupéré le 1er mai l’intégralité de la tranche horaire pour animer le "Carrefour de l’économie". Ndr].
 
Depuis septembre le duo attend une nouvelle collaboratrice qu’il obtient finalement en décembre. Cette chargée de production, Ralitsa Frison-Roche, « était auparavant une représentante permanente de la CGC", rappelle Emmanuel Berretta dans le Point.
 
Un syndicat, précise le journaliste, qui « ne pèse plus assez lourd pour être représentatif à Radio France. Il fut balayé lors des dernières élections. Si bien que Ralitsa Frison-Roche a dû être recasée par la DRH. Elle rejoint l’émission début décembre et, très vite, ne s’y sent pas à son aise. "Ralitsa Frison-Roche a d’énormes dispositions pour les langues, car elle en parle six, précise Didier Adès, mais pas l’anglais, ce qui est assez fâcheux, car la presse économique de référence est anglo-saxonne […] Depuis 3 ou 4 ans, la direction des ressources humaines de France Inter nous affecte des chargés de production qui ne conviennent pas à notre type d’émission.
 
Nous sommes victimes d’erreurs de casting. Nous avons signalé à plusieurs reprises ce problème. Une émission économique n’est pas une émission de variétés, et réciproquement. Chacune requiert des compétences distinctes." »
 

"Rue des entrepreneurs s’est complexifiée avec le temps"

Le 2 mai, juste après la parution de ce papier paru dans le Point, la Confédération Générale des Cadres (CGC) rétorque sur son blog "que Ralitsa Frison-Roche a auparavant travaillé en tant que traductrice et interprète - elle parle effectivement 6 langues - accompagnant des délégations et des VIP étrangers auprès d’hommes politiques, élus et universitaires français…Ralitsa est parfaitement capable de lire des articles de presse, de même que des livres en anglais même si elle ne s’exprime pas avec autant d’aisance que dans d’autres langues..."
 
Ce post, non signé, n’est suivi d’aucun commentaire. Il ne contredit pas vraiment les propos de Didier Adès.
 
Pour sa collègue, Rue des entrepreneurs « est une émission qui s’est complexifiée avec le temps, au même rythme que se sont complexifiés l’économie et le monde de l’entreprise. Nous avons eu plus de cent collaborateurs en 27 ans. Certains d’entre eux ont été mis en situation d’échec et se sont retrouvés face à leur frustration. Donc c’est nous qui nous tapons le boulot. Le DRH a reconnu que cette collaboratrice n’avait pas le profil idéal. Mais personne ne veut travailler avec vous, nous a-t-on dit."
 
Et ils ont commencé à monter un dossier préalable au licenciement. Du 17 au 19 février la direction a rassemblé des lettres de témoignages contre nous disant que nous n’étions pas convenables avec nos collaborateurs.
 
Pour Pierre-Louis Castelli, les deux journalistes « sont très rigoureux. Ils ne sont pas simples. Ils disent leur fait aux gens. C’est la vieille école et c’est sûr que refaire le vendredi soir à 18 h une émission entière qui doit passer le lendemain matin ça dépasse certains. »
 
Pour Télérama qui précise (sans citer ses sources) qu’en« interne on les appelait les Thénardier, le duo qui proposait pourtant une émission d’une rare qualité, ne s’entendait pas. D’ailleurs il ne s’en cachait pas. Leurs désaccords créaient un insupportable malaise dans leur équipe ».
 
« Dans le monde de la presse, relativise Dominique Dambert, on se parle vivement et puis une fois que le coup de bourre est passé on va prendre un verre et on s’explique calmement... des conflits dans l’entreprise il y en a beaucoup, partout. Mais à un moment il y a quelqu’un qui décide d’en faire une affaire. »
 

Pour Val ce sont deux professionnels compétents qui font une émission irréprochable

Le 16 avril les deux journalistes passent en conseil de discipline, une procédure exceptionnelle qui semble ici démesurée. En plus de vingt ans ils n’avaient jamais reçu un avertissement, pas une lettre de la direction. Pour Pierre-Louis Castelli, c’est « un procédé lamentable et honteux. Je l’ai dit. Cela figure dans les procès verbaux ».
 
Maintenant une commission arbitrale doit décider. On ignore quand. Il s’agit d’une "instance dirigée par un président nommé d’un commun accord par le collège employeur/direction et le collège employés. Elle est composée de journalistes. Ils connaissent donc la réalité du métier", souligne Dominique Dambert qui précise que "lors de cette commission, les syndicats sont unanimes pour les défendre, elle et son collègue, mais que Jean-Luc Hees quant à lui a déjà tranché pour un licenciement."
 
Pierre-Louis Castelli se montre fataliste : « Vous savez, la voix de la direction est prépondérante, ils ne seront pas réintégrés. Maintenant c’est les prudhommes. Et ils gagneront. »
 
Pourquoi ce gâchis ? Pourquoi ce mépris de l’auditeur ? Pourquoi supprimer une émission de qualité ? Pour la remplacer par quoi ? Quel avenir pour un service public radiophonique de qualité ?

Depuis le début de ce conflit, en décembre, jusqu’au licenciement, le 30 avril, le patron de Radio France, Jean-Luc Hees, ni celui de France Inter, Philippe Val, n’ont souhaité rencontrer les deux animateurs.
 
"Nous avons voulu dialoguer et obtenir la rupture amiable du contrat », précise Dominique Dambert. En vain. « Il semble, selon Le Point, que le dossier, en raison de son caractère explosif, ait été traité directement par Patrice Papet, DRH de la Maison ronde. »
 
Philippe Val, dans un entretien accordé à Martine Delahaye et Stéphane Lauer, dans le Monde du 19 avril dernier, a pourtant loué le travail des deux animateurs.
 
A la question « Pourquoi avoir enclenché une procédure disciplinaire à l’encontre des deux animateurs de l’émission "Rue des entrepreneurs" ? » il répond : « Ce sont deux professionnels compétents, passionnés, qui font une émission irréprochable sur le plan éditorial. Je n’ai pas de problème avec eux. Il s’agit d’une question disciplinaire qui concerne la direction des ressources humaines, cela date d’avant mon arrivée et la procédure est en cours. »
 
« C’est Ponce Pilate, ironise Dominique Dambert. Il ne va perdre son temps [on se souvient qu’en décembre 2009 Val avait supprimé sans ménagement la chronique matinale de Simon Tivol en prétextant cette excuse donnée dans le Monde du 7 janvier 2010 : « J’ai été débordé et je n’ai pas eu le temps de les prévenir ». Ndr].
 
Et l’animatrice de conclure : « Il ne reçoit pas beaucoup de monde parmi les anciens, il paraît que c’est de la timidité »...
 
 

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37 réactions à cet article    


  • wesson wesson 12 mai 2010 11:15

    Bonjour Vilistia,

    une « lycéenne » qui écoute les émissions économiques de France Inter, France Culture et France Musique, on se demande si vous ne débarquez pas de la planète Zorg !

    Alors que ma compagne regarde en boucle tout Walt Disney, et a tourne les talons avant que je n’ai terminé ma première phrase sur un sujet économique ou politique ....

    ça laisse rêveur ...


  • morice morice 12 mai 2010 10:17

    Ça commence.... et à part ça, ikl n’y aurait pas de reprise en mains ??? Mon oeil. Le prétexte est ridicule. Donc sarkozien.


    • matthius matthius 12 mai 2010 18:33

      Le harcelement moral n’est pas anodin. Les questions des journalistes de « Rue des Entrepreneurs » etaient sarkoziennes. L’entrepeneur aime en effet etre dans la tendance actuelle. Certes ceux qui repondaient etaient bien choisis. Mais l’objectif des deux journalistes n’est pas de creer une societe meilleure car on entend souvent parler de productivite, de competitivite. Quand on entend parler de bien-etre du salarie ca n’est pas pour en discuter avec le salarie mais avec les gerants. Les gerants sont-ils tous proches du salarie actuellement ? Le probleme ne vient-il pas d’un systeme trop hierarchise ? On ne parlait pas de cela car cela deplait au pouvoir.


    • robespierre55 robespierre55 13 mai 2010 06:01

      @calmos

      M. lechat, vous n’avez pas tort, Sarcozzien est un peu réducteur.

      Con, définirait mieux la perspective globale.


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 12 mai 2010 10:21

      " Michel Berry rappelle enfin que « les derniers états généraux de l’industrie, lancés par le président de la République, ont recommandé une meilleure communication sur l’industrie pour que les enjeux dont elle est porteuse soient mieux connus de la population. On n’a donc pas le droit de dilapider les acquis de Rue des Entrepreneurs, et c’est au contraire à étendre encore son audience qu’il faudrait œuvrer. » une meilleure communication, c’est radio sarko, formule « Carrefour de l’économie ». A la porte les vieux cons, ça fera des économies et plus qu’un feu au carrefour, le rouge !


      • nellie 12 mai 2010 10:31

        Euh...ben c’était quand même une émission de propagande tendance neo-libérale décomplexée, non ? (Peut-être que je me trompe, car je ne l’écoutais plus depuis longtemps...) Dans ce cas tant mieux qu’elle disparaisse, sauf que si c’est pour la remplacer par Madame Jeanperrin, c’est bien pire ! 


        • sylvie 12 mai 2010 17:36

          Désolée Nellie mais à mon avis , (fan de cette émission) c’était très bien équilibré au contraire, c’est ici que j’ai entendu l’ex pdg de Generalli dire ( vers 2007) que "nous allions droit dans le mur ....
          si cette émission disparaissait j’en serait très triste.
          Mais bon il y a une logique


        • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 12 mai 2010 23:48

          Un émission de droite néolibérale qui vantait l’argent facile, l’évasion fiscale, et qui traitait « la main d’oeuvre »(sic) de bonne à rien. Baisser les coûts de la masse salariale pour favoriser la rémunération des actionnaires, tel était le dogme de « La Rue des Entrepreneurs ».

          Ce n’est certainement pas Sarkozy qui est à l’origine de la suppression de cet organe de propagande du Medef.

          Bon débarras quand même.


        • drlapiano 12 mai 2010 10:35

          Triste disparition d’une émission qui montrait semaine après semaine que le cœur du capitalisme, de la liberté, ce sont les entrepreneur.
          Et quelles voix !
          Chez eux on pouvait entendre Pascal Salin ...
          Sans oublier cette émission monument entièrement consacrée à François Michelin.

          Radio France est dirigé par J.L. Hesse qui commençait sa retraite tranquillement sur Radio Classique, et par le ridicule Philippe Val et sa petite feuille de chou ... comment conduire, tourné vers l’avenir, un « service public » avec un pré-retraité et un branquignol ?

          Peut-être va-t-on confier une émission sur l’entreprise à Oncle Bernard, l’économiste officiel de la maison ... ou à Daniel Mermet ... sa conscience altermondialiste !


          • crazycaze 12 mai 2010 23:02

            Tout d’abord merci à l’auteur d’avoir lever la burqa sur un licenciement médiatique non médiatisé... Même si on ne peut trancher pour l’une ou l’autre des versions, au moins on sait quels sont les arguments des uns et des autres.

            D’accord avec le message précédent pour ce qui est de Bernard Maris, qui est un brillant économiste, prof à Paris VII (fallait écouter ses échanges avec Philippe Chalmin, prof d’histoire économique à paris-dauphine sur I-télé...).

            Quant à Daniel Mermet, il a permis aux sans voix de pouvoir se faire entendre, de faire connaître des sons de cloche divergents avec les standards de la bien-pensance de la bonne gouvernance...

            Que vous ne les appréciez pas, soit... mais une question me taraude... quels seraient donc leurs homologues qui auraient grâce à vos yeux ?? Ne répondez pas trop vite... un écrit est si vite mal interprété...


          • rocla (haddock) rocla (haddock) 12 mai 2010 10:36

            Le camembert a encore augmenté .


            • K K 12 mai 2010 10:43

              A la tête de Radio France on n’a pas voulu rencontré (rencontrer)


              adressé 2500 courriels de soutient (soutien serait mieux, non ?)


              A part cela, bon article d’opinion. En fait, pour juger réellement, il faudra attendre. Si le duo a réellement harcelé cette stagiaire (la faire partir car elle n’est pas celle qu’ils souhaitaient), la sanction est normale, même si par ailleurs ils sont irréprochables au niveau de la partie technique de leur métier. Le harcèlement engage la responsabilité de l’employeur. Si il ne réagit pas, c’est lui qui sera jugé responsable.
              C’est dommage car cette émission est souvent passionnante. 




              • frugeky 12 mai 2010 11:16

                Le droit du travail c’est dépassé ! Ca limite la compététivité. C’est ce qu’on entendait régulièrement sur rue des entrepreneurs. Ben voilà...
                C’est sûr qu’avec Jeanperrin ça m’étonnerais qu’ils fassent remonter l’audience de cette tranche que je n’écoutais plus que par accident.
                La direction de la maison ronde fait enfin plaisir à son actionnaire qui va pouvoir y caser quelques mal-logés.


                • apopi apopi 12 mai 2010 11:52

                   C’est vrai que Rue des Entrepreneurs était un dangereux repaire d’ultra gauchistes.
                   Bienvenue citoyens sur the « New ORTF », allez tous en coeur : à ça ira, ça ira...


                  • jako jako 12 mai 2010 12:40

                    J’attends avec anxiété la fin de D Mermet aussi, heureusement il a son blog et ses réunions.


                    • tvargentine.com lerma 12 mai 2010 12:43

                      Il faut arrêter avec cet anti-sarkozysme primaire qui n’apporte aucunes idées ou contre projet de société.

                      Ici,vous aviez une emission hasbeen qu’aucun entrepreneurs dans ce pays n’écoutaient !

                      « la vie des PME et des grandes entreprises
                       »

                      Il y a bien longtemps dans ce pays que « les grandes entreprises ne créent plus d’emplois en france,alors si en + (plus) il faut leur faire de la propagande pour mieux justifier les délocalisations.....

                       »les promesses du social business" comme si le business des fonds vautours étaient compatibles avec le social !

                      Expliquez nous pourquoi ces forces réactionnaires délocalisent leurs productions dans une dictature chinoise qui interdit les syndicats libres,la liberté d’expression et de la presse et les libertés individuelles,sans parler du travail forcé

                      Ne pleurez pas sur ce 2 cons,qui partiront avec un gros chèques sur le dos du contribuable

                      http://www.tvargentine.com


                      • Vipère Vipère 12 mai 2010 16:23

                        Bonjour Lerma

                        Totalement en phase avec vos écrits et de souligner que ces deux journalistes-mandarins ne sont pas propriétaires de leur job et donc éjectables comme tout salarié du privé et dont le licenciement ne fait pas la une des médias pour autant. 

                        Deux poids, deux mesures, selon que l’on appartient à la classe des privilégiés à ou de la cohorte de salariés ordinaires. 

                        Du sang neuf. Au diable les ronrons soporifiques, verbeux et redondants du binome !

                        S’abstenir de verser dans la dramaturgie que veut susciter l’auteur autour d’un licenciement de nantis.


                      • ZEN ZEN 12 mai 2010 12:52

                        Tout à fait , Lerma
                        Sarko est plein de projets (à géométrie variable), avec ses six cerveaux smiley
                        On sent que vous n’avez plus le moral... smiley
                        Reprenez-vous ! smiley
                        C’est vrai que les fonds vautours n’ont rien à voir avec l’oeuvre de l’abbé Pierre... :-=


                        • rocla (haddock) rocla (haddock) 12 mai 2010 13:38

                          En France c’ est pas des entrepreneurs qu ’ils veulent , ce qu ’ils veulent c’ est qu’ on leur envoie le pognon .


                          • Proudhon Proudhon 12 mai 2010 14:17

                            En France ce que veulent les entrepreneurs, c’est prendre tout le pognon àceux qui le font vivre, ses ouvriers et employés et bien-sà»r avoir des subventions et autres diminutions de charges de l’ Etat qu’ils exècrent que quand ca les arrangent. En fait ils profitent de la sueur de leurs ouvriers et employés, réduisent leurs salaires au maximum et en plus leur prennent l’argent de l’Etat, donc de ces mêmes employés et ouvriers. Car l’argent que l’Etat donne aux entrepreneurs, le manque àgagner est payé par le contribuable dont une très large part revient aux ouvriers et employés, les plus nombreux. Qui sont les baisés ???????????????
                            Entrepreneurs, une nouvelle race de profiteurs.


                          • oncle archibald 12 mai 2010 16:01

                            Proudhon ce que vous venez d’écrire est très con, excusez moi, mais je ne trouve pas d’autre mot ... Les entreprises ne sont pas toutes cotées au CAC 40, il y a des petits employeurs qui rament 60 heures par semaine et souvent bien plus encore pour obtenir moins que ce qu’ils auraient s’ils faisaient autant de boulot en qualité de salariés .. Avec en plus le risque de tout perdre et de se retrouver sans boulot et sans indemnités de chomage .. Il y a des petits employeurs qui vendent leur patrimoine pour payer des indemnités de licenciement lorsque par manque de commande ils sont obligés de licencier une partie de leur personnel, souvent présent dans l’entreprise depuis plusieurs decennies ... 


                          • Proudhon Proudhon 12 mai 2010 16:43

                            @archibalde

                            Le seul problème avec des gens comme vous c’est que vous parlez comme les gens du CAC 40. Vous avez la même idéologie. Vous êtes de petits entrepreneurs et vous croyez des gros bourgeois. En fait même si vous vous en défendez, vous avez la même mentalité qu’eux. Je n’ai entendu qu’une seule fois de la part d’un petit patron qu’il fallait pendre EA Sellière. Et pourtant il avait parfaitement raison, il faut en finir avec cette racaille en col blanc.
                            Mais je ne crois pas que les petits entrepreneurs nous y aideront.


                          • Massaliote 12 mai 2010 14:10

                            L’économie, soyons sérieux ! Vous savez bien que le bon peuple ne doit même pas savoir ce que c’est.

                            Tss, tss, z’avez tous raté la seule info importante, sur Novopress : Voyage d’Etat : Carla Bruni confie les dessous de sa vie sexuelle à Michelle Obama .

                            Pour une fois, je suis d’accord avec Momo, quand on touche le fond (de culotte) c’est sarkozien. Pour le fond de pension, ça sera encore plus sarkozien. smiley


                            • Clouz0 Clouz0 12 mai 2010 15:15

                              Olivier Bailly,


                              Ici on s’offusque d’une censure régnant sur France Inter.
                              A très juste titre, si il s’agit d’une censure.

                              Mais on ne s’offusque pas de l’éviction de 3 auteurs, Léon, Philippe Renève et le Furtif, sans que la direction n’ait donné la moindre explication.
                              Mon post qui questionne vient lui-même d’être censuré par 3 fois.

                              Il est donc normal qu’Agoravox se pose en justicier des médias et qu’il ne s’applique aucune des règles qui sont si facilement reprochées aux autres organes de presse, non citoyens ?
                              Pourriez-vous me donner votre opinion ?


                              • Yohan Yohan 13 mai 2010 00:00

                                Salut inspecteur ClouzO

                                C’est bien connu, hurler à la censure pour ses amis et louer ses vertus pour ses ennemis. Ceux qui ici hurlent à la chasse aux sorcières sont à quelques exceptions près les mêmes qui ont applaudi aux évictions des trois auteurs d’Avox. Ils ne sont pas à une contradiction près les démocrates autoproclamés


                              • K K 13 mai 2010 09:52

                                Voous m’apprenez l’éviction de Léon, furtif et Renève. J’appréciais leurs interventions décalées et leurs articles (rares ces derniers temps). Je suis très déçu.


                              • Yohan Yohan 12 mai 2010 17:17

                                Article intéressant.
                                Il faut distinguer la pertinence et la qualité de cette émission, qui ne sont pas contestables et la manière de ces messieurs dans leur relation à leurs subordonnés. Ce n’est pas parce qu’on est bon dans son boult qu’on peut tout se permettre. Au fond, si la direction de France Inter agit de la sorte, c’est peut-être aussi que ces journalistes, forts de leur poids, ont fini par perdre le sens des devoirs. En un mot, en droit du travail ; des conduites réitérées de nature à créer des contentieux préjudiciables à la bonne marche de l’entreprise peuvent permettre de justifier un licenciement pour faute. Quant à connaître les dessous réels de cette affaire...
                                C’est dommage de voir disparaître une telle émission, mais j’ai cru comprendre que ce n’était pas leur qualité professionnelle qui était mise en cause ici.


                                • Le péripate Le péripate 12 mai 2010 18:11

                                  Je suis tout de même un peu rêveur sur le profil professionnel de l’assistante : six langues et même pas assez d’anglais pour lire la presse.....
                                  Particulier...


                                • avocatdudiable avocatdudiable 27 juin 2010 11:31

                                  Parce que t’y crois toi que la direction se faisait des soucis pour la nouvelle employée CGC ? Je crois plutôt qu’ils s’en sont servi comme prétexte pour virer des vieux et remplacer par des jeunes moins chers, plus dociles et plus in.


                                • furio furio 12 mai 2010 18:40

                                  val est une fiente sioniste ! Il est à espérer que le nouveau gouvernement renverra ce sinistre clown là où il devrait être.. dans... les poubelles de l’histoire.


                                  • yvesduc 12 mai 2010 21:18
                                    J’ai découvert ça samedi matin.

                                    Sidérant.

                                    Le grand virage néo-conservateur est amorcé à Radio France, sous la houlette de Hess et Val, les hommes du président de la République (et je ne mets pas de majuscule à président exprès).

                                    • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 13 mai 2010 00:00

                                      « Rue des entrepreneurs » était un cheval de Troie des néoconservateurs. Que cette émission tombe pour une affaire de harcèlement moral, c’est plutôt moral.


                                    • yvesduc 13 mai 2010 09:19

                                      Hum, il y a méprise. RDE apportait un supplément d’âme qui disparaît déjà petit-à-petit dans les nouveaux programmes de FI. Et le supplément d’âme, c’est ce qui distingue le public du privé –plus pour longtemps j’ai l’impression.


                                    • ZEMBLA 12 mai 2010 21:58

                                      Bon débarras


                                      • martien martien 13 mai 2010 10:18

                                        Bonjour,
                                        merci pour votre article.

                                        Je n’écoutais pas spécialement cette radio, n’ayant pas forcément la culture nécessaire pour bien comprendre les tenants et les aboutissants des sujets abordés.Ni le niveau, FranceDenBas oblige smiley
                                        Cependant lorsqu’il m’arrivait de le faire, ça m’obligeait à une un effort d’écoute. Déjà, rien que pour ça, c’était bien. Après, que j’adhère ou pas, que je sois d’accord ou non, bref , le choix existait. Libre à moi de changer d’activité, de radio, de râler de contester.
                                        L’atmosphère « studieuse », (voire feutrée), changeait des autres stations bruyantes même lorsqu’elles sont intéressantes. Que les animateurs soient des tyrans, des anges ou ce qu’ils veulent, personnellement, je m’en tamponne le coquillard, après tout, ils sont aussi humains que nous et comme tels, ils sont sans doute régis par les mêmes réflexes de survie, les mêmes besoins de reconnaissances etc, etc.
                                        S’il n’y avait que des émissions comme celle-ci, je me battrai contre.
                                        Nous sommes (étions ?) dans un monde multiple, avec des possibilités d’expressions toutes aussi multiples, avec des choix multiples, et tout un tas de choses parmi lesquelles tout un chacun peux trouver de quoi se satisfaire. Moi, le foot, le tennis, la coupe des nations de je ne sais pas quoi, ou le quinté quinté plus c’est pas mon truc. Je râle tout le temps contre quand ça apparait (envahit !!). Pour autant, je zappe et change d’univers, sinon j’éteins. Pas grave.
                                        Depuis quelques années ce choix (je cultive ma paranoïa) se restreint, et à lire beaucoup de commentaires convergeant, dans la cybersphère, j’ai l’impression d’une offensive (toute en douceur, sur la durée, 2 pas en avant 1 pas en arrière, on propose si manif, en enlève et on le remettra dans dans quelques temps) contre la culture et, donc, la possibilité de réfléchir au monde que nous nous faisons. (téléguidés ? induits ?). 1ç !’ pas mort. J’ai lu ce bouquin au siècle derniers (déjà...) et sans prétendre que c’est arrivé, et bien c’est arrivé mais pas sous la forme trop littéraire de ce roman. Prenons le temps d’essayer de s’observer soi-même déjà, de se voir dans nos quotidien respectifs, de comprendre ce qui nous fait réagir. Bon, pour blaguer, il y a une crise assez « veugra » (je crois) en Grèce. Nous, regardons/réagissons (dans nos foyer, hein, faut pas exagérer c’est pas chez nous) ;je suis convaincu que si ça se passait durant un grand championnat de sport national pour la qualification de la Grèce à une Grande Finale, et ben, les grecques seraient moins dehors pour défendre leurs bout de gras. Idem pour pour la France, essayons de toucher au foot-ball....non non non je blague, posez les couteaux...(inconcevable, y dit n’importe quoi ce mec ! c’est pas pareil, faut pas tout mélanger, ça a rien à voir, faut bien qu’on s’détende. Véridique, une expérience « discutatoire » smiley avec mes collègues de boulot : j’ai falli finir brûlé sur un bûcher, et maintenant je suis pestiféré et expulsé des apéros.
                                        Je me souvient d’une manifestation monstre (place de la République) lorsqu’il était question, dans les années 80/90, de supprimer Skyrock (la Super Radio).
                                        Il n’y a pas eu le quart de ce monde pour défendre la sécurité sociale, ou la déstructuration du système hospitalier (Projet Hopital 2000). Ben oui hein, y a d’l’abus, fo bien réduire le trou d’la Sécu’ ! Ils l’ont dit à la télé.
                                        Bon pour en revenir au début, le nivellement de la société passe par tout un tas de micro nivellement, on supprime, içi une émission chiante (selon certain), on la remplace par de la distraction, on enlève un commentateur (tyran ?) là, (je ne défends pas, hein !), on le remplace par une...heu...jolie animatrice (un peu bimbo ? (hou le macho !)), on uniformise un peu le « PAF » là, du gris içi, un peu comme on le fait pour le fromage (light). Tout cela fermente en « tofu mental », autour duquel les compartifs qualitatifs seront du genre (entendu pour de vrai) : Mac Do c’est meilleur que QuickBurger, ça a plus de goût ! Braco c’est mieux que la Nouvelle Star, mais je préfère les reportages comme Pékin express, on y apprends pleins de choses...
                                        S’il n’y avait que la radio ou à la télé, mais ça arase sec au cinéma (non, j’ai pas vu les chtis, ni camping, ni diamond bloods, ni aucun des succès qui font que les choses avancent-grave j’veux dire, ni morgan freeman en Mandela dans « invictus », ni Dussolier en Staline dans une execution ordinaire,pour comprendre l’histoire récente de notre monde (faut pas oublier-grave parceque c’etait pas bien j’veux dire..) Novlangue ? 1984))
                                        J’ai su qu’il manquait un étage au Colisée dans « Gladiator ».
                                        Je conviens que mon post est de bric et de broc, ratisse large, parce que je ne crois pas qu’on puisse isoler les évènements les uns de autres.

                                        Alors une émission, pourvu qu’elle ait été de qualité,même si elle en désaccord avec mes convictions, si elle disparait pour des raisons fumeuses, je dis que la braderie continue.

                                        J’attends d’écouter la « ranpplassentte » smiley smiley

                                        Si voulez une émission drôle, tapez 1 sur le clavier de votre téléphone
                                        Pour une émission drôle avec un peu de sujets sérieux tapez 2
                                        et pour une émission entièrement musicale avec des prix et des réductions sur vos prochains achats de jeux videos tapez 3,4, 5.... smiley smiley smiley

                                        Enfin, bon ce que j’en dis...
                                        des liens pour ce que ça interesse :

                                        http://www.alalettre.com/orwell-oeuvres-1984.php
                                        http://www.avignonleoff.com/programmation/2008/spectacles/0/1984-big_brother_vous_regarde_1083/lieu/funambule_le-_117/

                                        Paranoïa quand tu nous tient...

                                        Bien cordialement ;
                                        Martien


                                        • A. Spohr A. Spohr 13 mai 2010 15:55

                                          Excellent article. Là, on voit l’utilité d’un média citoyen libre qui appelle des plumes authentiques à approfondir à loisir . En toute clarté .Merci.


                                          • MrBlue 13 mai 2010 16:06

                                            Le ver est dans la pomme...

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