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Accueil du site > Actualités > Médias > Frédéric Taddeï défend la liberté d’expression

Frédéric Taddeï défend la liberté d’expression

 

Le mot n'est pas prononcé une seule fois, pourtant il s'agit bien d'un débat sur la liberté d'expression.

Le point de vue de Patrick Cohen est parfaitement emblématique du raisonnement majoritaire dans les rédactions. Il considère qu'il sait ce qui est vrai ou faux et qu'il a la responsabilité de propager le vrai et de taire le faux. Il n'a pas les moyens matériels de vérifier solidement la validité de ce découpage, qui ne tient que par l'habitude et par le milieu dans lequel il évolue, où presque tout le monde pense de la même manière.

Celui qui pense autrement soit se tait soit finit par disparaitre : partir, être placardisé, licensié, ridiculisé, censuré et dans quelques cas menacé ou poursuivi, je pense à Guillaume Dasquié ou Denis Robert par exemple.

Dans son école de journalisme on lui a expliqué à quel point il était un personnage important, on lui a dit qu'il était un rouage essentiel de la démocratie moderne, et c'est pour cela qu'il se sent investi d'une responsabilité : celle de dire ce qui est vrai, ce qui est, selon lui, objectif. Ce rôle le place d'emblée au dessus de la mêlée (la mêlée c'est vous, c'est nous), qu'il doit éclairer... D'une certaine façon, il incarne les Lumières, lui et sa profession.

Dans l'angle mort de cette stimulation égoïque, les budgets qui permettent d'enquêter, sur de longues périodes, et donc de gratter sous le vernis, de découvrir les rouages cachés de nos sociétés, sont en diminution constante et réduits à peau de chagrin. Il faut une journée pour tourner une "enquête" en suivant une bridage de police à la poursuite de petits délinquants, il faut des mois pour accumuler les preuves et les témoignages qui révèlent la corruption des élites. Plus aucun média de masse ne se donne les moyens d'effectuer ce travail. Le rythme imposé dans les rédactions est trop rapide, un sujet succède à un autre, on n'a que quelques heures, parfois moins, pour rassembler les informations... comment faire en quelques heures ?

Heureusement, des synthèses diffusées par des cabinets de relations publiques (voir à ce sujet "La sombre histoire des relations publiques" de Valentine Gay et Ariel Wizman), souvent relayées par les agences de presse considérées d'emblée comme fiables (pas besoin de vérifier l'information) se chargent de fournir le matériel informationnel de base. La majorité des journalistes ne vérifient plus eux-mêmes les informations qu'il retransmettent, car ils la reçoivent d'autres journalistes, qui eux-même la reçoivent d'autres journalistes... et l'on a perd ainsi de vue le premier rapporteur, dont l'intention n'était pas toujours la "recherche de la vérité". Souvent, aligner des informations factuelles choisies, tandis que d'autres sont ignorées, suffit largement à dessiner le paysage que l'on souhaite.



Ce que comprennent tous les journalistes qui fouillent un peu plus en profondeur (je pense par exemple à Paul Moreira), c'est que ce discours unique transmet une "version de la réalité" voulue et promue par le pouvoir. Le pouvoir est incarné par une classe dirigeante où se mêlent aujourd'hui de façon indissoluble les intérêts économiques et les sièges politiques. Cette oligarchie, que John Perkins appelle "corporatocratie", que Noam Chomsky nomme "classe dirigeante" possède l'intégralité des grands médias. Elle y place naturellement ses affidés à leurs têtes, où ceux-ci constituent leurs équipes, en intégrant ceux qui portent sans remise en question apparente la voix de la vérité objective. Les écoles de journalisme se chargent de former ces esprits brillants, qui demeureront brillants aussi longtemps qu'ils ne remettront pas en question, par la pensée ou par l'enquête, par le travail ou l'investigation, la validité de la vision officielle du monde. Cette forme nouvelle de propagande est transmise par des individus que personne n'a en apparence contraint ou influencé. Ils font leurs choix éditoriaux en toute liberté, pas de téléphone rouge, aucune pression du pouvoir. C'est un milieu qui s'auto-reproduit par cooptation et par résonance. Le pouvoir n'a pas besoin d'y toucher. Le seul fait de posséder les organes de presse et les écoles de journalisme est suffisant.

 


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92 réactions à cet article    


  • Duke77 Duke77 18 mars 2013 10:30

    Ce sujet du comment fonctionne la propagande dans les pays développés est crucial pour convaincre les incrédules qu’on se fait manipuler et qu’il y a véritablement complot contre les peuples. Le neveu de Freud, Edward Bernays a beaucoup fait avancer « les relations publiques » qui permettent à une élite « bien née » de manipuler les autres. Googlez « propaganda »+« ed bernays ».


    P.S. : Freud était déjà un tordu qui a bien réussi et reste une référence. Son neveu,
    encore un brave homme qui a vécu longtemps pour apporter sa crotte à l’édifice. Les humains pourris sont-ils les seuls à pouvoir réussir dans ce bas monde ?

    • agent orange agent orange 18 mars 2013 16:33

      Désolé pour cet intermède « people », mais il est bon de souligner que l’arrière petit fils de Freud et petit neveu de Bernays, Matthews Freud (le gourou et génie des relations publiques) est considéré comme l’une des personne les plus influente en Grande Bretagne.
      Cerise sur le gâteau, il est marié à Elisabeth Murdoch (the most powerful blonde, selon les tabloïds), la fille du patriarche Ruppert dont l’empire et l’emprise s’étend sur les cinq continents.
      Le frère d’Elizabeth, James Murdoch était considéré le Most Powerful Man in Britain... C’était avant le scandale des écoutes téléphoniques en 2011. James Murdoch est marié à Kathryn Hufschmid, dont le frère Eric est bien connu des « truthers ».
      Bref, tout ce monde là vit en vase clos et décident de ce que les masses entendent, lisent, regardent, consomment... (Outre Manche il sont connus sous l’appellation de Chipping Norton Set)


    • jeanpiètre jeanpiètre 18 mars 2013 10:36

      la réussite est la récompense de la compromission 


      • robin 18 mars 2013 10:46

        Vous êtes indulgent à la place de compromission c’est carrément lâcheté et saloperie que je mettrais


      • Ricquet Ricquet 18 mars 2013 13:18

        C’est tout le mérite de Taddeï que de gérer la bienséance et de se maintenir dans l’espace d’expression qui lui est donné sur l’antenne publique avec le souci de le pérenniser. 

        Il a bien du mérite...
        ça fait du bien un peu de pluralité, même si c’est tardif.

        Quand a Cohen, désolé, je ne crois pas que l’on puisse être aveugle à ce point et que donc, c’est un vassal de la théocratie médiatique dominante, qui sait très bien ce qu’il fait : de la propagande...

      • Fanny 18 mars 2013 19:36

        Réponse à Ricquet : Je ne crois pas que P.Cohen soit cynique ou malhonnête. Il croit sans doute que ce qu’il dit est la vérité. Il est le produit d’un système post 1968 (Daniel Cohn Bendit emblématique et toujours à l’ouvrage) dans lequel il a réussi, et dont il est foncièrement solidaire. Le lavage de cerveau opéré par nos grands médias depuis plus de 10 ans a bien fonctionné sur certains qui conjuguent adhésion au système et intérêt personnel. Le matraquage quotidien selon les clichés : Europe+ Euro = paix (mais qui n’a de cesse de mener des guerres néo-coloniales … aux autres : Libye, Afghanistan, Irak (sauf la France), Serbie …), Homme = macho violent à rééduquer, Français de souche = raciste moisi, Juif = victime absolue, Arabe = islamiste potentiel, néo-libéralisme mondialiste = seule option indépassable jusqu’à la fin des temps, critique des USA et du matérialisme fondé sur l’argent = fasciste, critique de la finance = antisémite, antisioniste = antisémite qui refuse de prendre en compte la « complexité » du problème palestinien, Chavez = diable, Poutine = dictateur, Ahmadinejad = super diable, Chine = on s’écrase car elle détient de la dette et il ne faudrait pas qu’elle se mette à vendre trop de dollars … En résumé, tout écart par rapport aux positions et aux intérêts des USA (eux-mêmes solidaires des intérêts israéliens avec qui ils partagent l’idéologie de la conquête sur les indigènes – Indiens, Palestiniens - et une certaine lecture de la Bible) est jugé dangereux et n’a pas sa place dans les grands médias (avec l’inconvénient que les intérêts de l’Europe ne sont pas a priori identiques à ceux des USA sur tous les sujets, mais passons sur ce détail). La France est un peu dans la situation de la Pologne du temps du pacte de Varsovie : alignement exigé d’un pays de culture catholique sur une idéologie qui lui est étrangère. Nos oligarques et leurs serviteurs sont dans le rôle des communistes polonais, version soft. Cette « soviétisation soft » de l’Europe aurait pu se poursuivre encore longtemps n’eut été la crise, et la France avec son histoire millénaire. Des craquements sourds se font entendre. La chape de plomb commence à se soulever. Les choses vont sans doute bouger dans la décennie qui vient, espérons que ce ne soit pas pour le pire (signé : un gaulliste néandertalien).

         


      • Claire29 Claire29 18 mars 2013 10:57
        Il serait grand temps de rappeler l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme à tous les P.Cohen qui se croient autorisés de donner ou de refuser la parole dans leurs émissions de façon arbitraire et sectaire,qui privilégient le politiquement correct,la pensée unique,qui censurent...

        Article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme :
        Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.

        Ce sont les mêmes qui donnent des leçons à la Terre entière sur les Droits de l’Homme et dénoncent les pays qui ne les respectent pas !
        Le point de vue de P.Cohen qui présente une émission sur une radio du service public en dit long sur l’état des médias en France où règnent l’omerta, la désinformation,la manipulation de l’opinion publique !

        • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 18 mars 2013 13:00

          « La liberté d’expression vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels, il n’est pas de « société démocratique » ». Cour Européenne des Droits de l’Homme, 21 janvier 1999, n°29183/95, Fressoz et Roire c. France.


        • robin 18 mars 2013 11:22

          le lobby qui n’existe pas s’acharnant en ce moment comme jamais sur le trublion Taddéi, ses jours sont comptés.


          • robin 18 mars 2013 15:41

            Mais c’est toujours mieux que ceux qui n’invitent jamais les « pestiférés ».


          • citoyenrené citoyenrené 18 mars 2013 11:33

            bon rappel et bonne question, la liberté d’expression dans les médias étant censé être un contre pouvoir,

            P.Cohen s’est démasqué en 5 mn, il n’est pas plus à blâmer que ses collègues, simplement son discours est emblématique du pouvoir de la doxa dominante, de la Police de la Pensée qui régit les dociles médias, devenues simples courroies de transmission du pouvoir, des intérêts dominants, vous le rappelez et développez très bien

            d’une part ce lessivage à sens unique des têtes, d’autres part le silence sur d’autres sujets, par exemple sur l’exil fiscal de cahuzac, ce qui est pour un ministre du budget assez raide,
            quand l’authentification de sa voix est parue ce week-end, france info pendant une heure au moins a plongé avec délectation dans le cycle habituel sport - météo - pub - terreur & violence - pub - sport - météo
            en cela, le potentiel d’Agoravox est assez formidable...de là à rattraper et devancer les audiences de tf1, labération, rtl...mais bon, tant que l’audience progresse, le signal est positif


            • PASDUPE 18 mars 2013 11:38

              Pour moi aujourd’hui le journalisme n’est plus. Il est devenu une gigantesque escroquerie.

              Je le résumerai ainsi :

              « Radio Paris ment, Radio Paris ment... Radio Paris est allemand. »

              Remettez-le dans le contexte actuel et vous conviendrez qu’il n’est plus trop question d’information mais de propagande.

              Rares sont les exceptions.

              Le Net reste le seul endroit à échapper à cette main-mise de la désinfo calibrée.

              Pour mon bien, j’ai coupé radio et télé et ne lis plus la presse. Je n’y trouve jamais ni les bonnes questions et encore moins les bonnes réponses. Jamais !

              La presse à la pluralité moribonde, à l’européïsme certain, aujourd’hui je m’en protège peut-être pour ne pas devenir dingue ? tant il y a dichotomie entre elle et moi.

               


              • lebreton 18 mars 2013 17:22

                @pasdupe

                je vous rejoint dans vos propos et ve vais faire se reproche a la gauche de hollande c’est de se laisser manger insulter par une presse qui ne mérite meme pas son nom ,la gauche laisse aller la propagande comme en 36 avec des effets dévastateurs quelle verra au prochaines élections j’avais des doutes sur la capacité de gérer de hollande ,me suis je trompé je voudrai le croire ,pour le moment c’est le flou (bordel) et pourtant la gauche a gagné toutes les élections ,d’aucuns diront que nos élus se foutent de notre gueule ou attendent que ça vire au vinaigre ! de toute façon hollande avec le mali c’est le summum de la connerie !


              • PASDUPE 18 mars 2013 18:01

                @Lebreton

                Merci à vous d’être en accord avec moi.

                Pour le reste de votre commentaire, vous commettez une grossière erreur quand vous parler de la gauche de Hollande. Elle n’existe pas.

                Le problème plus largement est de considérer que le clivage gauche/droite représente encore quelque chose alors qu’il n’en est rien. Aujourd’hui ce n’est plus en ces termes que la politique doit être vue. Ils obéïssent tous à Bruxelles parce qu’ils ont voulu qu’il en soit ainsi.

                Ils (gauche et droite) ont remis les clés de la maison France au NOM.

                C’est ce que les journalistes ne vous disent pas. C’est pourtant la seule chose à savoir car elle nous fait entrevoir alors les problèmes majeurs qui se posent à ce pays de façon radicalement différente.

                La vraie question est : est-on pour la nation ou pour l’empire ?

                Si nous sommes pour la Nation, gens de gauche et de droite doivent lutter ensemble.

                Il ne peut en être autrement. Comme je l’ai déjà dit sur un autre article il y a quelques temps : on ne demandait pas aux résistants si ils étaient de gauche ou de droite alors qu’il s’agissait de libérer la France. On prenait tout le monde. Il y a des priorités qui nous font mettre nos divergences dans notre poche pour un moment. C’est ce que les Français n’ont hélas pas encore compris grâce à l’habile propagande des journaleux. Voilà pourquoi mon premier commentaire.


              • Fifi Brind_acier Pilou Camomille 18 mars 2013 19:05

                Je vais vous confier un secret, ne le répétez pas !

                Les vraies enquêtes qui ont duré des mois et parfois des années, les vrais documents qui dérangent, ne sont ni dans les médias, ni sur Internet.
                Elles sont dans les librairies.

                Vous ne trouverez pas leurs textes sur Internet, car il sont protégés par des droits d’auteur pour 30 ans. Pour les curieux, je donne quelques pistes :

                * Tous les livres de Pierre Hillard
                * Ceux de François Xavier Vershave
                * « La Stratégie du choc » de Naomi Klein
                * « Les Evangélistes du marché » de Keith Dixon
                * Tous les livres de Jean Montaldo
                * Toutes les enquêtes de Sophie Coignard
                * « Une imposture française » (sur BHL) par Nicolas Beau et Olivier Toscer.
                * « Argent public, fortunes privées » Olivier Toscer ( Éviter la FNAC, comme son propriétaire est karchérisé dans le bouquin, il n’est plus en vente à la FNAC)
                * « Circus politicus » de Deloire et Dubois. et encore bien d’autres....

                Arrêtez de croire que vous trouvez tout sur le Net, écumez les librairies, fermez vos écrans et lisez !


              • PASDUPE 18 mars 2013 19:33

                @ Pilou Camomille

                 

                Vous avez raison, les livres.

                Mais ils ne vont pas aux gens et les gens ne vont pas aux livres.

                L’immense majorité d’entre-eux attendent qu’on leur fournisse l’information.

                Même la Toile demande une démarche volontaire que beaucoup n’ont pas encore.


              • PASDUPE 18 mars 2013 19:40

                @ Re Pilou Camomille,

                Merci pour toutes ces références.


              • Yanleroc Yanleroc 18 mars 2013 11:45

                @ Robin


                Des émissions du « genre de celle de Taddeï », il n’ y en a pas d’autre que je sache. 
                N’ est-il pas le plus subversif du Paf ? (au moins selon ses propres dires)

                Je suis surpris d’ ailleurs qu’ il ait pu reconduire son émission cette année, j’avais peur qu’il ne disparaisse.
                A moins bien sûr que participant au grand spectacle du service public, il ne joue le rôle de soupape de sécurité.

                C’est pour Agoravox que je m’ interroge, combien de temps pourra t-on encore s’y exprimer librement ?
                A moins bien sûr que participant....etc

                Avez nous pensé à d’autre alternatives ?...




                • robin 18 mars 2013 15:43

                  A part Agoravox comme tout est tenu par le lobby qui n’existe pas les marges de manoeuvre pour la liberté d’expression sont quasi nulles.


                • ggo56 18 mars 2013 11:48

                  Patrick Cohen, c’est le pédant qui dit a un auditeur le matin « monsieur, ce n’est pas la question que vous aviez prévu de poser, désole, vous êtes coupé... » Et ce n’est pas arrivé qu’une fois...Le soir ce n’est pas mieux avec le tel. sonne.Vive la radio d’état, quel qu’il soit !


                  • nilasse nilasse 18 mars 2013 11:49

                    de toute façon,il suffit de regarder un pujadas pour voir qu’il n’y a aucune difference avec un jt de système totalitaire. certes il n’y a pas de missile balistique en fond d’écran et le présentateur n’est pas habillé en treillis et lisant des notes,mais fondamentalement,nos médias n’ont rien a envier a ceux de pays dictatoriaux. « nous avons la vérité,la sainte parole officielle,croyez sur parole ce qu’on vous dit ». la pravda sauce libérale en somme.


                    • Simple citoyenne Simple citoyenne 18 mars 2013 11:52

                      Bonjour à vous auteur ; j’ai été choquée de l’attitude dictatoriale de Patrick Cohen, le Monsieur Moi-JE de l’émission ; qui en plus de placardiser ou de ridiculiser comme vous le décrivez très bien dans votre article, psychiatrise les gens, qui, Ô ! Grand dieu ! Osent, se poser des questions. Je suis restée interrogative quant à l’attitude de monsieur Moi-JE, qui hurlait presque du fond du cœur, grand NON à l’affirmation de l’animatrice « mais on a le droit de penser c’qu’on veut etc. … » Monsieur Moi-JE devrait sérieusement s’interroger sur son propre comportement.

                      Bravo pour votre article. 


                      • Surya Surya 18 mars 2013 12:08

                        Personnellement je trouve que le problème est super compliqué. Frédéric Taddei a, sur le principe, entièrement raison de ne vouloir aucune liste noire, aucune personne qu’il refuse d’inviter « parce qu’il ne l’aime pas », et je trouve également qu’il a raison lorsqu’il souhaite montrer, en tant qu’animateur de débat sur le service public, sa complète neutralité. Il est là pour animer, pas pour juger ou censurer. Tant qu’il invite sur son plateau à la fois une personne jugée subversive, mais aussi le contradicteur de cette personne, il n’y a rien à redire, le débat sera équilibré.
                        Jusque là, tout va bien...

                        Cependant, Taddéi le dit lui même, il n’invitera jamais personne dont les opinions sont « interdites par la loi ». Et c’est là, à mon avis, que ça ne colle plus : c’est quoi, une opinion « interdite par la loi » ?? D’abord, si la liberté d’expression et d’opinion est garantie par la déclaration des droits de l’homme, il ne devrait pas y avoir d’opinions « interdites par la loi ». C’est contradictoire. Autrement dit, l’Etat nous somme de penser ceci plutôt que cela, et finalement cet Etat ne fait rien d’autre que ce que Patrick Cohen fait lui même : refuser certaines opinions qu’il juge subversives, et refuser de les diffuser en donnant la parole à ceux qui les défendent.

                        Deuxièmement, si demain ce même état est dirigé par des gens un peu bizarres qui décident qu’il est autorisé par la loi de penser que les chambres à gaz n’ont jamais existé, que la pédophilie n’est pas un crime, que certaines races sont supérieures à d’autres, ou que sais-je... dans ce cas, Frédéric Taddéi va-t-il inviter sur son plateau les défenseurs de ces idées ? Sous prétexte qu’il ne fait rien de répréhensible, et que par conséquent il n’y aura jamais de plaintes sur « Ce Soir ou Jamais », puisque c’est autorisé par la loi ? Jusqu’où peut aller la neutralité ? Peut-on réellement blâmer Patrick Cohen ? N’a-t-il pas un peu raison aussi de vouloir être fidèle à ses propres convictions ? De ne pas vouloir cautionner, si toutefois donner la parole à quelqu’un, c’est cautionner sa pensée, des opinions qu’il juge dangereuses ?

                        Je trouve que dans ce court débat hyper intéressant, Frédéric Taddéi a raison sur le principe, mais il ne va pas assez loin lorsqu’il annonce tout à fait naturellement que les opinions qui sont exprimées sur son plateau sont « autorisées par la loi ». Il semble de plus se cacher un peu derrière cela pour sa conscience. « Tout ce qui n’est pas interdit est autorisé », dit-il.

                        En bref, j’approuve l’attitude de Taddéi, mais d’un autre côté je me demande jusqu’où sa neutralité pourrait aller si demain les opinions interdites devenaient autorisées. Continuerait-il à inviter tout le monde qui n’enfreint pas la loi, devenant de ce fait un bon petit soldat du service public, ou serait-il heurté au point qu’il déciderait de résister et prendre parti ?

                        D’une certaine façon, je trouve donc Patrick Cohen plus libre que Frédéric Taddéi. Même si l’on est en désaccord complet avec lui, ce qui est tout à fait compréhensible, je pense que son attitude est tout à fait défendable. Certes il ne fait pas preuve de neutralité, certes il n’est pas un défenseur de la liberté d’expression universelle, mais il a décidé de militer, et non juste d’animer, après tout c’est son droit, son opinion est autorisée par la loi, et de toute façon l’Etat, qui autorise ou interdit certaines opinions, n’est pas plus neutre que lui.

                        Autrement dit, quand c’est l’Etat qui interdit un truc, tout va bien, quand c’est un journaliste qui refuse d’inviter sur son plateau telle ou telle personne, tout d’un coup ça ne va plus, c’est une atteinte scandaleuse à la liberté d’expression ?


                        • nilasse nilasse 18 mars 2013 12:21

                          « interdites par la loi ». Et c’est là, à mon avis, que ça ne colle plus : c’est quoi, une opinion « interdite par la loi » ?? »


                          il ne parlait pas des opinions,mais de leur expression sur son plateau. l’appel au meurtre est interdit par la loi,les menaces,la diffamation,le racisme,etc..............

                        • bobbygre bobbygre 18 mars 2013 12:21

                          Je pense que TaddeI est intelligent. Il dit ce qu’il peut se permettre de dire en tant que fonctionnaire. Il dit clairement que la seule chose qui le limite dans le choix de ses invités, c’est le respect de la loi. Il ne dit pas et ne laisse jamais entendre qu’en tant que citoyen, il approuve ses mêmes lois.

                          « Autrement dit, quand c’est l’Etat qui interdit un truc, tout va bien, » Non, Taddei ne dit jamais ça et personne ne sait ce qu’il pense sur la question sauf lui et ses proches ; bref, c’est un vrai journaliste : il n’a meme pas laissé transparaitre son opinion à ce sujet. D’ailleurs, il ne donne aucune opinion.


                        • Surya Surya 18 mars 2013 12:35

                          Ce n’est en effet pas le fait de penser qui est interdit par l’Etat, mais de l’exprimer sur un plateau. Je ne vois pas où se situe notre désaccord sur ce point.
                          Un Etat ne pourra jamais empêcher quiconque de penser que les appels au meurtre sont une bonne chose par exemple. Il pourra juste empêcher les gens de l’exprimer. Je n’ai pas dis autre chose.

                          Mais imaginez que demain l’Etat décide qu’il n’est plus répréhensible de venir dire sur un plateau des trucs comme des appels au meurtre, ou autres ?

                          Vous l’avez compris, je me demande si Frédéric Taddéi, ou un autre journaliste, pas forcément lui, invitera ces personnes là, sachant que leur discours n’est PLUS interdit par la loi. Restera-t-il un journaliste neutre ? C’est cela, ma question, et pas autre chose.

                          Je le sais bien que Taddéi est un excellent journaliste, je l’apprécie moi même beaucoup, mais je trouve qu’il ne pousse pas ici la réflexion assez loin, sur ce que la neutralité peut impliquer.
                          Mon attitude n’est pas de critiquer les compétences de Taddéi, mais de me poser des questions sur le bien fondé de vouloir à tout prix être, et rester, neutre.
                          Sa neutralité lui est imposée, elle n’est pas choisie.

                          J’espère que j’arrive à me faire comprendre...

                          Parfois je me demande si j’y arrive quand je lis des commentaires comme :

                          « Autrement dit, quand c’est l’Etat qui interdit un truc, tout va bien, » Non, Taddei ne dit jamais ça
                          Il me semblait pourtant clair que c’est moi qui dit cela, pas Taddéi... smiley

                        • Surya Surya 18 mars 2013 12:49

                          Ca y est, les moinssages commencent à pleuvoir... smiley Je me demande si je vais battre aujourd’hui mon précédent record (mais je dirai pas combien). smiley

                          Dites, les moinsseurs, je croyais pourtant que la liberté d’expression était garantie par la déclaration des droits de l’homme... smiley

                          Mon opinion n’est pas appréciée, je suis moinsée, et ça s’arrête là. Je préfère que l’on me réponde avec des mots, des arguments, c’est tellement plus intéressant, et cela enrichit le débat.

                          Je crois qu’Agoravox devrait décider, comme l’a fait Rue89, d’arrêter ce système infantilisant et, excusez moi de le dire comme je le pense, stupide, des moinssages.

                          Cela n’apporte strictement rien au site.


                        • tesla_droid84 18 mars 2013 15:20

                          Surya, les moinssages ont un interet, il marque un désaccord de la communauté avec votre commentaire, ce dernier restant visible aux yeux de tous au meme niveau que les commentaires ayant des commentaires positifs. C’est donc ça la démocratie


                        • agent orange agent orange 18 mars 2013 16:46

                          Surya

                          En accord avec votre dernier message. Ce système de vote est infantilisant.
                          Il donne un « instantané à un moment donné » et n’est pas vraiment représentatif de l’ensemble de la communauté d’agoravox.


                        • bobbygre bobbygre 18 mars 2013 16:48

                          D’abord pardon si j’ai mal interpreté vos propos, pas toujours évident de bien se comprendre sur un forum.
                          Je pense mieux comprendre ce que vous vouliez dire.

                          Je vous cite :
                          « Deuxièmement, si demain ce même état est dirigé par des gens un peu bizarres qui décident qu’il est autorisé par la loi de penser que les chambres à gaz n’ont jamais existé, que la pédophilie n’est pas un crime, que certaines races sont supérieures à d’autres, ou que sais-je... dans ce cas, Frédéric Taddéi va-t-il inviter sur son plateau les défenseurs de ces idées ? Sous prétexte qu’il ne fait rien de répréhensible, et que par conséquent il n’y aura jamais de plaintes sur « Ce Soir ou Jamais », puisque c’est autorisé par la loi ? Jusqu’où peut aller la neutralité ? Peut-on réellement blâmer Patrick Cohen ? N’a-t-il pas un peu raison aussi de vouloir être fidèle à ses propres convictions ? De ne pas vouloir cautionner, si toutefois donner la parole à quelqu’un, c’est cautionner sa pensée, des opinions qu’il juge dangereuses ? »


                          Je comprends ce que vous dites mais justement, c’est ce qu’illustre Tadeï ; on ne demande pas aux journalistes de nous exposer ces convictions ; on ne lui demande pas non plus de cautionner tout ce qu’il nous montre à voir ou à entendre. On ne lui demande pas de faire le filtre. Le filtre, ce sont les citoyens qui doivent le faire dans une démocratie. Un journaliste est un relais d’informations.
                          Les limites de la neutralité, les seules qui existent, mais elles sont puissantes, c’est bien sur la subjectivité de chacun. Mais c’est censé être ça, le sacerdoce du journaliste. Ne jamais, jamais laisser transparaitre son opinion, son point de vue malgré la propension naturelle (inconsciente) de tout un chacun de le faire en toutes occasions.

                          Et comme dit plus haut, si demain l’appel aux meurtres devient légal, alors c’est le devoir du journaliste de le reporter. Et ca sera le devoir du citoyen de se révolter contre ce procédé et de prendre les mesures qui s’imposeront.
                          Ce n’est pas au journaliste de dire ce qui est mal et tel un torero de jouer avec l’indignation de la foule. Il doit montrer et c’est aux citoyens de décider de s’en indigner... ou pas.

                          Cohen infantilise les citoyens qu’il considère comme des imbéciles prêts à se faire manipuler par le premier venu et il se considère donc dans son droit de les manipuler (en triant les informations qui arrive au public) à son tour , mais rien à voir car c’est pour les ramener dans le droit chemin...


                        • Raphaël 18 mars 2013 17:03

                          Merci pour votre message, qui est intéressant et donne envie de débattre.

                          Pour moi, la complexité que cette question revêt pour vous tient au fait que nous mélangeons souvent deux choses : donner la parole à quelqu’un et approuver son point de vue. Or les deux choses sont bien différentes.

                          Vous connaissez la phrase de Voltaire : « Je déteste vos idées, mais je suis prêt à mourir pour votre droit de les exprimer ». La liberté d’expression pour les idées avec lesquelles on est d’accord, c’est facile. Et ça n’est pas la liberté d’expression, à l’évidence. La vraie liberté d’expression c’est celle que l’on reconnait à ses adversaires, aux idées que l’on aime pas, par définition !

                          C’est ce que Taddeï défend, tout en se soumettant aux lois françaises qui interdisent de tenir certains propos, à commencer par dire que les camps nazis n’ont pas existé. Taddeï ne dit pas ce qu’il pense de cette loi, il dit qu’il s’y soumet.

                          Je suis d’accord avec vous, l’Etat ne me semble pas plus légitime qu’un journaliste pour dicter ce qui est vrai ou faux, ce que l’on a le droit de dire ou non. La France n’est pas du tout un pays exemplaire sur ce point. Donc oui, pour moi il faudrait sans l’ombre d’un doute abolir toutes ces lois qui dictent l’Histoire. Et cela pour plusieurs raisons :
                          1/ La liberté d’expression est un droit qui doit être sacré, car il est un pivot de toutes nos libertés
                          2/ Il est plus efficace et plus sain de contredire une théorie, avec des arguments, que d’interdire son expression
                          3/ Cette interdiction renforce la sensation de victimisation, donne une aura, un crédit : si l’on me muselle c’est bien qu’il y a quelque chose à cacher. Et surtout, on sait bien que réprimer et refouler une expression, qu’elle soit individuelle ou collective, ne suffit pas à la faire disparaitre. Cela suffit à la cacher, et à la laisser proliférer dans l’ombre, dans l’inconscience (collective ou individuelle). Si l’on veut lutter contre des idées, le SEUL moyen est de le faire par la conscience, c’est à dire en apportant les ingrédients qui vont aider à comprendre. Ce n’est pas facile mais c’est la seule façon de faire. Sans oublier que derrière les pensées des uns et des autres se nichent leurs émotions, qui sont irrationnelles, et qui déterminent secrètement les pensées. Il ne faut pas non plus se masquer cela... On pourrait continuer ainsi de plonger vers la cause, et ce serait intéressant, mais un peu trop loin du sujet de départ peut-être...
                          En résumé, autoriser toutes les expression, mais informer et contre-informer honnêtement est à mon avis une sortie par le haut, une attitude digne. Cacher, interdire me semble une solution de facilité, aux effets immédiats cosmétiques mais contre-productive en réalité, une solution lâche ou manipulatrice tout simplement.

                          Je suis d’accord avec Noam Chomsky qui dit que la seule restriction à la liberté d’expression admise devrait être la situation (ou équivalent) où un individu tient une arme dans sa main, pointée vers une potentielle victime. Il est interdit de lui dire « tire ». A part cela...


                        • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 18 mars 2013 17:19

                          Voltaire n’a jamais écrit la phrase citée, mais seulement :

                          « J’aimais l’auteur du livre de l’Esprit [Helvétius]. Cet homme valait mieux que tous ses ennemis ensemble ; mais je n’ai jamais approuvé ni les erreurs de son livre, ni les vérités triviales qu’il débite avec emphase. J’ai pris son parti hautement, quand des hommes absurdes l’ont condamné pour ces vérités mêmes. »
                          Voltaire, Questions sur l’Encyclopédie, article « Homme ». Passage déformé en 1906 dans The Friends of Voltaire, livre de Evelyn Beatrice Hall écrivant sous le pseudonyme de S. G. Tallentyre, et résumant ainsi la position de Voltaire : « I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it », ce qui nous est revenu en français. En 1935, elle déclara « I did not intend to imply that Voltaire used these words verbatim, and should be much surprised if they are found in any of his works » (« Je n’ai pas eu l’intention de suggérer que Voltaire avait utilisé exactement ces mots, et serais extrêmement suprise qu’ils se trouvassent dans ses œuvres ») Paul F. Boller Jr. et John George, They never said it : a book of fake quotes, misquotes, & misleading attributions, Oxford University Press, New-York, 1989, page 125.

                          Sur le fond :

                          La vérité ou la qualité des propos tenus ne sont pas davantage le critère du droit à la parole que l’innocence du mis en examen n’est le critère du droit à un avocat ET à un jugement en contradictoire. C’est d’ailleurs ce qui permet l’expression des invraisemblables croyances religieuses apparues il y a 2 000 ans chez des peuples primitifs. On n’invoque jamais l’horreur du crime pour supprimer ou limiter ces droits de la défense et le droit non seulement à un procès en bonne et due forme, mais aussi à un appel et à un recours en cassation. Dans le domaine médiatico-politico-intellectuel, il suffit que des propos soient déclarés « inacceptables » par une caste qui trépigne son indignation, pour que toute argumentation soit abandonnée.


                        • Surya Surya 18 mars 2013 19:07

                          tesla droid 84, comme vous vous en doutez certainement, je ne suis pas d’accord smiley

                          Pour montrer mon désaccord avec vous, je viens vous répondre, je ne vous moinsse pas. Le moinssage est pour moi le signe que la personne n’a pas d’arguments à avancer, et n’a pas la volonté démocratique de débattre.

                          Mais je parle des moinssages, le système de plussage, c’est pareil : il m’est arrivé qu’un de mes commentaires se retrouve dans la top liste de ceux les plus appréciés. Cinq minutes à peine après avoir été catapultée là haut, je me retrouve avec une avalanche de plussages (impossible d’en avoir autant en si peu de temps, normalement !) qui me font penser qu’on me plusse parce que mon commentaire est supposé être plus intéressant que les autres. Je suis donc tout autant pour l’arrêt des plussages que l’arrêt des moinssages sur les coms sur un site comme Agoravox qui se veut un espace de liberté d’expression. Le plussage et le moinssage, c’est juger une opinion. Or la liberté d’expression doit permettre à tous de s’exprimer librement sans jugement. Etre contredits, oui, mais avec des arguments.

                          Bobbygre, ce que vous dîtes est tout à fait juste, je voudrais juste faire remarquer qu’un journaliste de journal télévisé ne sera jamais neutre de toute façon , car il choisira de traiter tel sujet plutôt que tel autre dans son édition, d’accorder à tel sujet cinq minutes et à un autre vingt-cinq, que certains sujets passeront à la trappe, et puis écoutez les commentaires des reportages, très souvent, c’est tout sauf neutre.

                          Sauf que personne ne l’admet ouvertement comme l’a fait Cohen. Tout le monde fait comme si… Sauf que leur manipulation est faite de façon tellement subtile qu’on ne s’en rend même pas compte.

                          Cohen s’est attiré les foudres de la « communauté » peut être à juste titre, peut-être n’est-il pas un bon journaliste au niveau de sa neutralité, le reste je ne sais pas vu que je n’ai jamais écouté son émission, mais au moins il a eu le courage de le dire ouvertement, de dire que vues ses opinions, il n’invitera jamais telle ou telle personne. En fait, il paye un peu sa sincérité alors que bien d’autres font peut être exactement pareil et se gardent bien de le dire.

                          D’autres, qui n’inviteront pas non plus ces mêmes personnes, se garderont bien de le dire...

                          Autre chose, si l’appel au meutre devient légal dans un pays, ne serait-ce pas parce que la population de ce pays serait prête à accepter ce genre de propos ? Je ne sais pas, je me pose juste la question. Car les représentants de cet Etat auront eu toutes les chances d’avoir été élus démocratiquement. Si tel est le cas, je ne crois pas que qui que ce soit trouverait à redire en entendant un invité lancer des appels au meutre à la télé. Le travail du journaliste sera peut-être encore de rester neutre en pareilles circonstances, mais alors quel bon terme que « sacerdoce » !! Qu’est-ce que ça doit être pesant parfois, non ? C’est pour cela que je parle de liberté.

                          Alors, si vraiment un journaliste se doit, en toutes circonstances, d’être absolument neutre, alors Taddéi est en effet un exemple en matière de journalisme.

                          Merci de vos réponses et bonne soirée. smiley Je dois déconnecter et je tâcherai d’avoir le temps de repasser demain.


                        • Fanny 18 mars 2013 21:05

                          Réponse à Surya : Si j’ai bien compris votre propos, vous dites que P.Cohen serait « plus libre » que F.Taddei car il juge selon sa conscience. Cela le mettrait à l’abri d’être un bon soldat médiatique dans un régime fasciste. Soit.

                          En disant cela, vous supposez que F.Taddei n’a pas de conscience, sa seule référence étant la loi, et pourrait donc raconter des horreurs dans le cadre d’un régime fasciste. Votre supposition est arbitraire, car F.Taddei a sans aucun doute une conscience, et vous (nous) ignorez son éthique. Supposition non seulement arbitraire, mais très probablement fausse.

                          Tout être humain a deux instances de censure : la loi et sa conscience. Dans le cadre du régime démocratique dans lequel nous vivons, c’est évidemment F.Taddei qui est le plus libre, car sa conscience tolère l’expression d’idées opposées aux siennes, ce que n’admet pas, ou de façon plus restrictive P.Cohen. 


                        • vfcc 18 mars 2013 21:52

                          N’oubliez pas que « l’état » représente le peuple.
                          (Même si l’on peut penser que ce n’est pas le cas dans la démocratie française ou autre pays francophone, mais c’est un autre sujet).

                          Quand Mr Frédéric Taddei dit qu’il respecte les lois et qu’il interdirait d’antenne une personne ne la respectant pas, c’est ce que l’on doit d’attendre de n’importe quel citoyen français.


                        • bobbygre bobbygre 18 mars 2013 22:51

                          Je me permet de réagir juste à l’un de vos propos :

                          « il a eu le courage de le dire ouvertement, de dire que vues ses opinions, il n’invitera jamais telle ou telle personne. »

                          Le problème, c’est qu’il condamne ceux qui les invitent, ceux qui ont une opinion contraire à lui. Et qu’il s’inscrit dans une mouvance de journalistes qui opèrent aujourd’hui à une véritable censure des idées et à qui il arrive régulièrement de lancer de véritables fatwas journalistiques.

                          Personne ne peut lui reprocher d’avoir des opinions mais parallèlement à ça, il se pose en parangon de journaliste, qui dans l’imaginaire occidental libéral est une sorte de gardien de la neutralité, une sorte d’arbitre de la démocratie, ce qu’il n’est évidemment pas.

                          Du reste, le commentaire précédent est parfaitement juste. Un journaliste est AUSSI un citoyen et un être humain. Et si ses devoirs de citoyen, ou sa conscience, son sens de la justice ce que vous voulez, entre en contradiction avec son devoir de journaliste qui est de reporter tout fait tout opinion sans discrimination alors c’est sa conscience qui doit primer. Que ce soit l’état qui opprime, le peuple qui déraille ou bien le principal actionnaire qui est impliqué dans de sombres affaires, le journaliste doit enquêter sur tout ce qui a de l’intérêt pour informer le peuple et ne doit jamais se laisser censure, ni se laisser aller à cette idée méprisante de vouloir éclairer le peuple, de se prendre pour la liberté guidant le peuple, cet hybris typique de journaliste... Sinon, la fragile démocratie est foutue...

                          Mais de toute façon, ces débats sont vains, ces gens sont d’une autre époque ; une autre information est en train d’émerger et la démocratie trouvera une autre voie.


                        • Surya Surya 19 mars 2013 10:05

                          Bonjour, Raphael, ce ne sont pas les lois qui dictent l’histoire. L’histoire est basée sur des archives, des documents, et les récits des témoins, et elle est retranscrite par les historiens. On oublie trop souvent de prendre en compte les témoins, alors que ce sont eux qui ont vécu les événements.
                          Il m’est arrivé de discuter avec plusieurs survivants du régime de Pol Pot, qui m’ont affirmé avoir été contredits dans certaines de leurs affirmations par... des journalistes ou historiens occidentaux qui refusaient de les croire, croyaient savoir mieux qu’eux, on se demande bien comment alors qu’ils n’y étaient même pas. Le témoin est trop souvent considéré comme peu important dans la conservation de la mémoire historique, voire méprisé. « Oui, mais c’est juste un témoin, son propos n’est que le sien » entend-on parfois. Selon moi, le témoin est primordial.

                          Interlude...

                          Fanny, je n’ai pas dis que Taddéi n’avait pas de conscience, je ne l’ai même pas supposé, mais je dis, attention : peut on continuer à rester neutre en toutes circonstances ? C’est à dire si les lois changent ? Peut on, et DOIT on rester neutre ?

                          Même un animateur n’intervenant en aucune circonstances dans le débat pourrait très bien empiéter sur la neutralité : facile, il lui suffirait par exemple de donner plus la parole à l’un qu’à l’autre, ou bien ne pas sermonner untel qui coupe sans cesse la parole à bidule, tout en sermonnant ensuite bidule (du genre : laissez le finir) s’il coupe la parole à untel...

                          Une petite page de publicités...

                          vfcc, bonjour, je suis d’accord avec ce que vous dites, et c’est justement parce que l’état représente le peuple que je pense que si un jour l’état autorisait certaines opinions aujourd’hui interdites, c’est parce qu’ AU PREALABLE, le peuple dans sa majorité aurait déjà faites siennes ces opinions, et aurait donc élu des représentants en accord avec eux. L’état ne ferait donc qu’officialiser l’opinion dominante de la majorité. Ces opinions ne choqueraient donc plus grand monde, et de ce fait, un journaliste aurait même plutôt intérêt à rester neutre s’il tient à garder son poste et pas se retrouver au chômage...

                          Mire de l’ORTF...

                          Bonjour bobbygre, tout à fait d’accord avec vous sur le fait que Cohen n’a pas à juger les choix des autres. Je n’avais pas pris en compte ce paramètre. Qu’il défende son point de vue en tant que journaliste, il a tout à fait le droit d’avoir ce point de vue là, mais sans critiquer le point de vue de Taddéi.
                          Je pensais, et pense toujours, que les deux attitudes, celle de Cohen et celle de Taddéi, sont toutes les deux parfaitement recevables. L’un à choisi de vivre en fonction de ses opinions, et leur être fidèle, quitte à ce que cela empiète sur ses régles de conduite de journaliste, appelons le donc mauvais journaliste si on veut, mais c’est son choix. L’autre préfère la complète neutralité, ce qui est mille fois plus journalistique en effet, mais comme vous dites, l’oblige à se mettre complètement en veilleuse lui même.

                          Personnellement, je trouve qu’aucune des deux attitudes n’est en effet meilleure que l’autre, et donc aucune n’est condamnable.


                        • pens4sy pensesy 18 mars 2013 12:15

                          L’émission de Taddei a déjà considérablement rétrécie puisqu’elle était programmée quotidiennement - sauf le vendredi et les week-ends - de 2006 a 2011 pour devenir hebdommadaire depuis. Sa durée totale de diffusion est ainsi passée de 5 heures vingt minutes a 3 heures 20 minutes. Aujourd’hui déménagée sur France 2, l’émission ne dure plus que 2 heures.

                          L’avantage de cette émission, en dehors du fait qu’elle soit en directe, tient dans le fait que Taddei essaie d’inviter quelques personnalités non conventionnelles aux yeux des mérdias mainstream. L’émission étant elle même diffusée sur un média contrôlé par le pouvoir en place, on peut comprendre les acrobaties auxquelles doit se livrer le présentateur et le désir des valets du pouvoir de restreindre le temps alloué a cette émission non conforme.

                          Ainsi, à coté des experts patentés que Taddei est « obligé » d’inviter, d’autres voix sont venues se faire entendre qui ont quelque chose à dire et qui sont bâillonnées sur les autres plateaux.

                          Je n’ai plus la télé mais je continue à regarder « ce soir ou jamais » sur l’internet.


                          • mortelune mortelune 18 mars 2013 12:51

                            Patrick Cohen n’a jamais lu la constitution française et si un jour il l’a entre les mains il s’en servira sans doute à une autre usage qui lui donnera l’occasion de tirer la chasse d’eau.

                            Ils sont nombreux à penser comme lui, dans les merdias mais aussi en plus au lieu, c’est là tous le danger puisque leurs pensées s’approchent inexorablement des pensées totalitaires des régimes dictatoriaux. Sous un sourire hypocrite, il cache sa haine profonde envers le monde libre et plus généralement envers tous ceux qui ne sont pas d’accord avec lui. 
                            Vive la liberté d’expression ! Que ceux qui ne la supportent pas se crèvent les tympans en même temps que les yeux, si ça peut les soulager.



                            • Ricquet Ricquet 18 mars 2013 13:42

                              @mortelune : Je vois que tu es très remontée.

                              Ma foi, ce n’est pas sans me déplaire ! smiley
                              Faut bien reconnaître qu’il y a de quoi être excédé par ce florilège de mépris qu’exposent les ploucs sur le paf.

                              Conclusion : Félicitations, monsieur Taddéï, car vous ne vous laissez pas embarquer par la pensée perverse et unifiante (ou uni-fiente) qui n’est autre que du mépris à la raison.
                              J’imagine que vous aussi, vous devez être excédé par les contraintes qui sont les vôtres. 
                              (ne jamais franchir la ligne rouge et vous y parvenez)
                              Bravo.

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