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Accueil du site > Actualités > Médias > Haro sur le bouc-émissariat

Haro sur le bouc-émissariat

Coupat fera peut-être plus de prison que Falcone, coupable condamné dans l’affaire des trente six millions de francs de commissions sur des ventes d’armes illégales vers la guérilla Angolaise.


 

Ce dernier, premier et dernier nommé parmi tant d’autres, comme ce nom issu de la mafia russe, mais citoyen israélien qui a été candidat à la mairie de Jérusalem avant de fuir, ces membres du gouvernement français, le frère d’un ancien président, le fils de l’ancien ministre de l’intérieur, des journalistes intermédiaires communiquant sur les liens occultes qui les unit tous, et des filles tombées des nues au matin d’une coucherie quelconque, jusqu’au feu vert tacite du bras droit de Pasquoi.

J’ai intentionnellement trafiqué son nom afin qu’il ne se reconnaisse pas, et cette orthographe limite nettement le nombre des résultats sur le moteur de recherche qui d’ailleurs ne corrige même pas la faute. j’ajouterai, pour pimenter ma défense en cas de besoin, que je ne décris pas précisément le « propre » bras du ministre de l’intérieur de l’époque, qui fit le signe de sa main pour lancer l’opération, ni nommément l’un des meilleurs de ses nombreux collaborateurs impliqués.

Ce gouvernement s’est servi de la première affaire, montée de toute pièce dans la précipitation, et, ayant rempli son objectif précis, soit, mobiliser l’attention des médias jusqu’à la condamnation du second, et a ainsi pu procéder à la libération du premier le lendemain même de l’enterrement de la seconde. C’est passé comme dans du beurre. Cette première affaire vide, a complètement masqué la seconde, devenue quasiment transparente sur les médias officiels, et même sur le « net-oyé »...

« Pour, au milieu d’un aplat blanc tout frais et pur, cacher une grosse tâche noire, on peut toujours touiller longuement les deux, en focalisant, calculant et se persuadant qu’il restera blanc, il n’en demeure pas moins que l’ensemble même bien mélangé, restera gris, comme l’ambiance actuelle. Et pour mieux arriver à cacher la présence du noir, il faut absolument ne pas laisser la moindre portion de blanc originel sous peine de trahir le stratagème et le contaminer sur l’ensemble de sa surface. »

S’il n’y a aucun lien entre ces deux affaires, il y a peu de rapport entre la gravité de chacune, à savoir : peut-être mille articles pour l’une concernant neuf inconnus dont un leader ( qui mérite d’être connu pour ses propos resituant le terrorisme...), et peut-être dix fois moins pour l’autre, impliquant pourtant quarante deux noms de voyous de haut vol et complices. Pourtant, vous allez comprendre ce qui lie ces deux affaires de façon, je reconnais, très très élastique, mais avant, je dois vous inciter à vous placer, comme observateur à mes cotés, en retrait du ciseau qui le coupat...ce lien ! ( Imparfait du passé simple que je suis ! )

Mais d’abord, un coup d’oeil sur le contexte tendu de l’actualité : si l’on soustrait l’ensemble des participations et des provocations entièrement imputables et à l’initiative des policiers qui agissent toujours sous ordre, ces derniers temps, il ne reste pas lourd en pourcentage de faits divers purement citoyens. Par « pas lourd », j’entends par là, cinquante / cinquante. Pour rétablir l’équilibre entre les actions vidéos reconnues d’attitudes ruineuses envers l’image des Autorités, qui balancent des pierres de ballast du haut d’un talus SNCF sur un cordon de manifestants pacifiques à Strasbourg, qui terrorisent une fin de manifestation étudiante de lycéens sur les pelouses des Invalides à Paris, et est surprise en flagrant délit de protection de groupes de casseurs issus des fourgons policiers, il s’avère indispensable à ces Autorités de laisser filtrer une colère d’ordre purement civile. Or, n’est ce pas encore un gendarme qui a été suspendu lors d’une fuite des services surveillance des bus Ratp... Et ça marche, une seule vidéo rétablit cet équilibre, en témoignant et justifiant d’un seul jet l’utilité des seconds sur la sécurité des premiers, et en démettant de ses fonctions un membre des forces de l’ordre comme exemple, la police est blanchie et la violence est civile. A noter d’ailleurs que ces nombreux documents qui ont fleuri sur le net, ont subi le ciseau sur le paf officiel.

La tension actuelle visible est palpable chez les représentants de l’ordre, n’est pas sans nous rappeler ces vidéos terribles repiquées des services de surveillance US et Russes, diffusées par le Paf des soirs d’été dans cette émission de la une, ces poursuites façons « Blues Brothers ». Si tout ceci nous vient avec encore quelques années de retard, c’est qu’on n’a pas encore tout vu, et le bouc-émissariat du " terrorisme " est l’argument qui justifie l’arrestation terrifiante dont révèle ce témoignage.

« Chaque mot est, comme une carte dans un jeu, plus ou moins actif. Le plus rare et le plus lourd est en fait, le meilleur atout. Sa valeur est sa rareté et en vulgariser l’usage sous entend forcément qu’il s’agit de contre façons, comme cette « pandémie » qui a fait moins de cent morts, la dérive concerne pleinement la qualification erronée qui plane sur le discours officiel. La tension actuelle est néanmoins relative au mauvais usage extrémiste de ces mots peu communs, distribués à tout va comme le fait la semeuse, et dont le climat social en devient la récolte. »

La France actuelle est divisée en deux types de polices. L’une tournée vers les méthodes US et dirigées essentiellement vers les banlieues et en cas de besoin Tarnac, Floriac ou cette petite école du Gers, avec caméras vidéo façon côte Somalienne, et l’autre, la tendance milice russe, aux méthodes façon « pays de l’Est », qui sévit sur la côte d’Azur et accessoirement, dans les quartiers chics parisiens, MAIS, une seule des deux est offerte à la médiatisation. Sans que l’on puisse savoir s’il s’agit d’une enquête de l’une, de l’autre, ou de la collaboration des deux polices concernées, les affaires de chacune ne se mélangent pas. Ainsi, dans la précipitation et l’accumulation des affaires relevant de ce « terrorisme civil », il n’est pas impossible que la première fasse appel à la seconde, dépassant ainsi les limites du terrain de chacune, et cela se traduit par des bavures malheureusement médiatisées.

La méthode est la même, dans l’affaire Colonna, qui couvre, dans le même esprit que cité plus haut, un demi milliard d’euros de Cocaïne en provenance du Maroc et déposée en une vingtaine de rotations hélicoptères vers Beziers. Cette dernière affaire, impliquant un haut fonctionnaire corse et le directeur de la flotte hélicoptère de Salon de Provence, disparait dans les faits divers dès le lendemain sur les journaux imprimés, et dans les oubliettes de la toile. Pourquoi ? Ces deux polices tiennent à la fois un bout de l’élastique, mais la presse tient le ciseau avec lequel est coupé l’élastique. Vous avez compris maintenant l’intérêt d’être en retrait, y compris des médias officiels...La police sous l’oeil des médias officiels attire à elle tous les regards pendant que les autres affaires disparaissent dans l’ombre.

Ce serait aller trop vite de conclure que la drogue, arrivant en silence par le sud, réapparait, à grand bruit dans le nord. Pourtant, dans toutes les affaires pénales quotidiennes des palais de justice concernant les banlieues, vingt sept quartiers dont quinze autour de Paris, font plus parler d’eux que quarante deux voyous de haut vol au palais de justice de Paris pendant trois mois.

Mais dans l’immédiat, à mi chemin entre le pays producteur et la banlieue, la matière n’est encore qu’une épaisse mélasse de pollen pur naturelle, souvent déjà coupée jusqu’à 9O %, avec des produits totalement légaux, tels, plâtre, crépi, ciment, mazout, acide, verre pilé, etc...c’est à dire, matières qui n’apportent aucune plus value dans le mélange, bien au contraire, et sont encore assemblées dans des ballots étanches, rien de plus. Qualité = zéro !

C’est l’interdit législatif qui pèse dessus qui est déterminant dans la valeur annoncée, et non sa matière ( « propre » allais-je dire ) sale, et à part sa réintroduction dans le circuit, cet amalgame vaut ZERO. Même si la prise est retentissante, bien qu’elle ne représente peut-être, qu’un trentième de la totalité de ce qui entre sur le territoire, et qu’elle est interceptée à grand bruit ( pendant vingt quatre heures ) sur le territoire, la matière ne vaut que le risque que prennent ceux qui la convoyent, et nullement le montant annoncé en fin de parcours dans le nord, après la dissémination. Cette matière, a juste traversé la plus proche frontière européenne ouverte de l’Espagne, derrière laquelle elle est en partie légalisée, ou au moins dépénalisée à petite dose, et ne vaut, encore à ce stade, que l’équivalent du prix du vin ou du Boursin de là où elle est partie, les côtes marocaines. DONC, confirmer, encore dans le sud, son prix à terme sur le marché illégal du nord, est prématuré. C’est un peu comme imaginer qu’un atelier clandestin chinois puisse être condamné à payer quatre vingt mille dollars d’amende par fausse montre Rolex...Même à mi chemin sur le territoire turc ou israélien, la cargaison ne vaut encore que cent balles pièce, et en offrant un joli lot ou la plus belle de toutes au douanier isolé, il est encore peut-être possible de reprendre sa route tranquillement.

Cette technique consistant à annoncer au jt de vingt heures, un prix exorbitant pour une cargaison qui entre entière dans le coffre Citroën C5 sans faire flancher ses suspensions, sur un média qui couvre des millions de foyers de par le monde entier via le satellite, est purement folie. N’est ce pas un appel direct à candidature, une invitation au trafic ? Diffuser le montant global de la longue transaction alors qu’elle n’a pas encore atteint son but, ni fait l’objet d’aucun contrat écrit prouvant sa valeur exacte, n’est il pas dérisoire ? N’est ce pas jouer le jeu des trafiquants, les inciter à poursuivre leur affaire, annoncer victorieusement ce chiffre mirobolant de près de trente millions d’euros ne consiste-t-il pas en une culpabilisation déguisée, déjà prononcée envers les derniers malheureux maillons de cette chaine que sont les consommateurs ? N’est ce pas tendre la perche à travers les continents à créer de toute pièce, avec rien, un nouveau réseau de cette contrebande parallèle ?

 

Alors que la vraie marchandise, absolument pure, suit les convois diplomatiques ou militaires discrets et tranquilles, jouissant d’une entrée des artistes dérobée derrière les portiques de détecteurs douaniers, alors qu’elle n’apparait jamais sur le marché et que même la meilleure qualité peut changer de main sans ne jamais faire entrer aucun versement d’aucune monnaie, puiqu’elle peut être tout simplement échangée contre un séjour gratuit pour un service rendu, pour une nuit d’hôtel contre une dose, par exemple...Alors que l’animatrice du jt de 2Oh de la une annonce tranquillement que l’usage de cocaïne à titre récréatif est toléré et non poursuivi dans son milieu, c’est à dire, les quartiers chics, le traitement est bien différent quand il est destiné aux banlieues.

 

En résumé, cet outil que sont les médias officiels, participent pleinement :

 

_A couper le bout de l’élastique, permettant aux élites célèbres prises le nez enfariné et la main dans le sachet, de disparaître sans poursuites et ainsi focaliser les regards sur ceux qui, à l’autre bout, vont se faire cingler les doigts.

_A lancer ces appels vers les pays producteurs qui organisent ce trafic et ces réseaux pour venger l’Afrique envers la politique de nos gouvernants, en embuscade derrière ces médias et ces polices structurées, et ruiner notre jeunesse de poisons divers et avariés.

 

_A perpétuer le mal dont souffrent les jeunes africains parasités par nos politiques coloniales désastreuses, et l’aider à retomber sur la jeunesse française culpabilisée avant terme.

 

Avant de chercher comment lutter contre les dealers, les contrebandiers, les convoyeurs, et les producteurs par des renforts de polices passoires, il faut que cessent nos médias de propager ce mensonge grotesque : X tonnes de merde infâme interceptées où que ce soit..valent zéro centimes d’euros. Point.

 

 

 

Il m’a fallu une bonne demi nuit pour visionner ces dix vidéos de vingt minutes et plus... j’étais parti pour un faire un commentaire, mais tout cela m’a inspiré le présent article.

 

Ce film montre comment les milices liées à des partis confessionnels ont infiltré les forces armées et la police. Et constitué de véritables escadrons de la mort, arrêtant et liquidant systématiquement la confession concurrente. http://www.pltv.fr/films/irak/irakvf.html
 

Ce film relate de la conscience africaine : africain, afrique, arnaque, chirac, colonialisme, colonies, corruption, dirigeants, francafrique, france, mitterrand, pasqua, pillage, racisme, regimes, reseau, ressources, totalitaires, verschave [...] http://www.survie-media.info/ l’Ong qui dénonce et agit.

 

Développements de techniques et principes de manipulation de la propagande.

 

http://www.actualite-francaise.com/depeches/budget-communication-gouvernement-augmenter-292-pourcent,433.html Comment l’Etat a les moyens d’acheter les médias affaiblis.

 

Produits de la légalisation : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coffee-shops-neerlandais-le-double-55970

 

Politique chinoise sur le tabac, prohibition ? NON, Obligation... ! http://www.aujourdhuilachine.com/actualites-chine-dans-un-comte-du-hubei-les-autorites-renoncent-a-obliger-a-fumer-11047.asp?1=1

 

Survol dans le neuf trois : http://www.metrofrance.com/MTE_CP/communitypack/profile/Jerome_Pierrat?blog_id=298

 

Et pour clore, une citation de Charles De Gaulle

 

« Si les policiers n’étaient pas bêtes, ils ne seraient pas des policiers. "


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13 réactions à cet article    


  • Rough 1er juin 2009 09:42

    charabia inconpréhensible....faut y aller mollo avec la chimie récréative ! Ca finit par embrouiller les neurones...


    • Gabriel Gabriel 1er juin 2009 15:22

      Hou ! Je ne sais pas ou il se fournit, mais à mon avis ca doit être de la bonne !


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 1er juin 2009 19:22

      Rough, qui veut dire « dure » comme la drogue...

      « Ca finit par embrouiller les neurones... » tout juste ! vendre du poison comme je le décris, mélangé avec en plus de vieux stocks de médocs recyclés en vrac, et plus cher que le caviar, la truffe, et la coupe du meilleur Champagne...C’est l’embrouille totale !


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 1er juin 2009 19:40

      « Hou ! Je ne sais pas ou il se fournit, mais à mon avis ça doit être de la bonne  ! », ange Gabriel,

      pour acquérir conscience totale d’un sujet sans mettre le nez dedans, il faut faire preuve d’un recul suffisant pour à la fois avoir une vision d’ensemble, et sans perdre de vue le détail qui cloche... !


    • Gabriel Gabriel 2 juin 2009 13:57

      Entièrement d’accord avec vous très cher ! Je dirais même plus, que pour une introspection  saine et  cohérente il faut avoir la capacité à se situer en dehors du temps et de l’espace du phénomène à analyser afin d’éviter toute interférence suggestive. Plus communément, prendre de la hauteur et non s’éparpiller Brother !.......

      Célestement votre 


    • Bulgroz 1er juin 2009 15:34

      Cet article est totalement abscons.

      « X tonnes de merde infâme interceptées où que ce soit..valent zéro centimes d’euros.  »

      C’est censé vouloir dire quoi ?

      Je suggère à l’auteur(e) un sérieux nettoyage du cerveau,


      • Lisa SION 2 Lisa SION 2 1er juin 2009 19:31

        « X tonnes de merde infâme interceptées où que ce soit..valent zéro centimes d’euros.  » C’est censé vouloir dire quoi ? C’est censé ( comme censeur ) dire que tant que tu n’as pas pris en main ton colis, il est censé ne rien te coûter. Sa valeur est égale au risque que prennent les producteurs convoyeurs, c’est à dire...O pour personne. Bulgroz, si tu as des lumières sur ce sujet complexe, n’hésite pas à intervenir. Mais, saches quand même que des moyens militaires top niveau sont déployés à grand frais annuellement en vain...La passoire laisse encore passer plus de 9O % de drogue !


      • eugène wermelinger eugène wermelinger 1er juin 2009 17:19

        Je pense que l’auteur a voulu nous faire toucher du doigt les « manoeuvres de diversions » toujours là pour masquer d’autres réalités moins montrables. Vu juste ? 


        • colza 1er juin 2009 18:13

          Je pense la même chose, c’est un peu dur à lire, mais parfaitement clair.
          Ca me fait penser à l’adage « le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt ».
          Pas flatteur pour nous.


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 1er juin 2009 19:16

          Tout à fait Eugène et Colza, défaire les ficelles qui lient les acteurs publics et privés de cette embrouille complète où sont montrés du doigt la masse des petits consommateurs coupables, par une élite qui s’empiffe en toute impunité, n’est pas simple et j’ai peut-être un peu resserré le noeud...
          Merci pour votre équilibre.
           


          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 1er juin 2009 19:42
            Le paradis n’est pas de cette terre : menaces réelles et imaginaires du recyclage de l’argent de la drogueDuvan OCAMPO (CIL 2004)Introduction

            Le trafic de drogues et le blanchiment d’argent constituent des menaces majeures pour le fonctionnement de l’économie mondialisée. Qu’il s’agisse des pays producteurs de drogue, dont l’économie est essentiellement agricole, des grands pays consommateurs où l’essentiel des profits du crime organisé s’accumule, des paradis fiscaux qui recyclent l’argent « sale » ou de petits Etats placés sur les routes d’acheminement du trafic, le phénomène touche tous les Etats de la planète.

            Il s’agit donc d’un problème aux dimensions économiques, sociales et politiques. Il engage les pouvoirs publics à rechercher des solutions immédiates pour freiner l’avancée d’un phénomène global, mais dont les ramifications locales défient la souveraineté et l’autorité des Etats. Il convient de s’intéresser aux méthodes employées par les Etats pour détecter l’argent en question, son origine, sa destination et ses effets destabilisateurs sur le système financier. Compte tenu de la dimension transnationale du problème, une coopération qui intègre autant les Etats que les organismes internationaux et les acteurs privés s’impose.

            Après le 11 septembre 2001, les pouvoirs publics ont été alertés par le danger posé par le financement du terrorisme, parfois en collusion avec le profit des activités criminelles. Cependant, compte tenu du cadre restreint de l’étude, la référence au terrorisme ne sera que marginale, pour deux motifs. Le premier est que cela détournerait la recherche de son but principal, qui est de comprendre le fonctionnement des réseaux de blanchiment et de tenter de proposer des réponses concrètes afin de les combattre. Le second est que, étant donné que le terrorisme est financé le plus souvent par de l’argent blanchi produit des activités criminelles, il n’en est pas moins vrai que le but principal du blanchiment reste le profit économique pur et simple.

            Dans cette étude, nous avons choisi de nous concentrer sur le trafic des stupéfiants, suffisamment large et complexe en lui-même pour pouvoir aborder tous les stades du processus de blanchiment. Bien que de nombreux travaux aient été écrits sur le sujet, la systématisation que sera faite par l’étude quant à l’impact de l’économie de la drogue et les modalités de blanchiment revêt une grande importance pour la compréhension des matières étudiées. En outre, elle vise à combler des lacunes théoriques quant à la compréhension des liens entre la criminalité organisée et le blanchiment, leurs dimensions globales et locales.

            Bien qu’il n’y ait pas de chiffrages précis sur les montants d’argent en circulation tirés du trafic des drogues, son poids est certainement considérable. L’ONU estime que le commerce mondial de la drogue génère des profits de l’ordre de 400 milliards de dollars US par an, soit environ 8% du commerce mondial*. L’économie du blanchiment, toutes origines confondues, serait de l’ordre de 1 000 milliards de dollars par an, soit de 2 à 5% du PIB mondial, selon le FMI.** Ces estimations grossières ne reflètent pas la dimension réelle du blanchiment par rapport à l’ensemble de l’économie mondiale. Le caractère intrinsèquement souterrain de l’économie criminelle rend improbable toute vérification empirique des montants en jeu.

            L’hypothèse que nous avançons est que l’argent du crime profite à de nombreux acteurs de la finance globale, même à ceux qui se placent à la tête de la croisade mondiale pour le combattre, et qui n’ont pas de réel intérêt à le faire. Ils se contentent le plus souvent de la formulation de normes de vague application ou des coups d’éclats médiatiques pour afficher leur appartenance au camp de la « transparence » face à une criminalité organisée qui monte en puissance et qui « corrompt » le système financier tout entier.

            Pourquoi, sinon, avoir attendu si longtemps (les premières mesures contre le blanchiment au sens propre datent de la fin des années 1980) alors que la criminalité organisée est un phénomène aussi vieux que le commerce et que, sous sa forme moderne (« mafia »), elle dégrade depuis le dix-neuvième siècle les systèmes économiques et politiques du monde occidental autant que des pays en développement ? La réponse à cette question tient à ce qui est perçu couramment comme un coût d’opportunité à engager des procédures de transparence, alors que maints Etats et territoires font figure de cavalier seul, profitant au mieux de leur régulation financière laxiste pour attirer des capitaux de toutes origines. En d’autres termes, le principal obstacle dans la lutte contre le blanchiment est purement politique et non pas technique, au contraire de ce que les banquiers et les gouvernements ont longtemps soutenu.

            Certes, des difficultés techniques subsistent, mais l’entrave majeure est l’absence de volonté réelle de la part de ces acteurs de se priver d’une ressource financière importante, dont les externalités négatives continuent d’être sous-estimées. Les gains d’efficacité économique et de sécurité pour la collectivité d’une régulation plus ferme ne semblent pas émouvoir les décideurs publiques, soumis à des contraintes politiques et administratives, ainsi qu’à l’influence de groupes financiers multinationaux qui profitent amplement des services offerts par les centres offshore. Les hésitations des membres du GAFI vis-à-vis de certains paradis des affaires, et l’absence d’un partenariat avec le secteur privé pour dégager des mesures d’application concrète, en témoignent.

            Par ailleurs, les disparités en termes de régulation du secret bancaire et l’absence constatée de volonté politique font craindre un repli derrière des arguments classiques de souveraineté pour justifier du manque de coopération face à un danger qui est global, mais dont les conséquences sont ressenties de façon très différente par les pays.

            Cette étude portera sur trois aspects fondamentaux : 1. les incidences économiques du trafic des stupéfiants et les stratégies mises en place pour le contrecarrer ; 2. comprendre comment agissent les blanchisseurs et identifier jusqu’à quel point les réponses données par les pouvoirs publics ont contribué à endiguer la progression de leur activité ; et 3. la recherche d’une politique publique optimale associant des acteurs publics et privés par la mise en commun de leur expertise et de leurs moyens.

            Ainsi, nous nous interrogerons premièrement sur les enjeux économiques du trafic des stupéfiants, les modalités d’action des organisations criminelles, aussi bien que les avantages et inconvénients des stratégies répressives pour faire face à un phénomène de plus en plus mondialisé, qui échappe fréquemment à l’action des organes de police. Ensuite, nous décrirons les méthodes employées par les blanchisseurs, pour tenter de comprendre leur fonctionnement, et ainsi dégager des éléments objectifs de réponse qui permettront de maîtriser les distorsions financières causées par l’insertion des profits d’origine illégale dans les structures de l’économie légale. Enfin, conscients que ces menaces ne peuvent être maîtrisées qu’en faisant appel aux règles mêmes dela mondialisation, telles que la coopération en temps réel entre les services de police et de justice, certaines préconisations seront faites dans le but de définir des stratégies à court et long terme pour réussir à lutter effectivement contre les flux financiers illégaux.

            * ONU, Rapport mondial sur le développement humain, 1999
            ** Thierry FRANCQ et Alain DAMAIS, « Comment fonctionnent les centres offshore ? », Problèmes économiques, N° 2.674, 19 juillet 2000, p.2


            © Ecole nationale d’administration -

            • Lisa SION 2 Lisa SION 2 13 juin 2009 18:36

              Oui, j’avais oublié de citer mes sources.

              Drogue - Des stars chez les Stups
              Le Point, 11 février 2005
              Alors que débute une campagne de prévention sur le cannabis montrant la réalité de cette drogue présentée, à tord, comme « moderne », Jean-Michel Décugis, Christophe Labbé et Olivia Recasens, révèlent le scandale qui entourent les stars qui sniffent en toute impunité alors qu’elles s’affichent comme modèles pour la jeunesse.

              Mais je n’ai pas corrigé la fote ...

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