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Accueil du site > Actualités > Médias > Information = désinformation

Information = désinformation

« Trop d’information tue l’information. » On entend souvent cette critique au sujet d’internet, notamment dans les médias traditionnels. Les blogs et autres sites citoyens engendreraient de la confusion plus qu’autre chose.

C’est oublier que nous disposons d’outils de plus en plus performants pour sélectionner et recouper les informations qui nous intéressent. Oui, il y a pléthore d’informations mais nous les trions en aval alors que les médias les trient en amont, au nom d’une charte éditoriale, d’une éthique ou, plus prosaïquement, d’un intérêt financier.

L’absence de tri a priori n’est pas un handicap pour le citoyen mais au contraire, en théorie tout au moins, une garantie qu’il peut se forger lui-même ses propres opinions.

Si donc trop d’information ne tue plus l’information, on peut se demander, en revanche, si s’informer présente un quelconque intérêt. Par s’informer, j’entends lire la presse, écouter la radio ou suivre les journaux télévisés. En d’autres mots, la consommation de nouvelles, outre à nous divertir, nous sert-elle à quelque chose ? Ne risque-t-elle-même pas de nous desservir ?

Telle est en tous cas mon opinion et celle de Nassim Nicholas Taleb qui argumente cette idée au fil de The Back Swan. Je voudrais reprendre certains de ses arguments tout en les mixant avec les miens.

  1. Taleb commence par expliquer que depuis qu’il ne s’informe plus, il a trouvé le temps lire des dizaines de livres supplémentaires chaque année. Renoncer à s’informer permet de mieux se cultiver. Mais l’information, en plus de nous divertir, ne nous donne-t-elle pas la culture du présent ? Taleb démontre le contraire. Il affirme même que « reading the newspaper actually decrease your knowledge of the world ».
  2. Je n’ai jamais lu les journaux et j’ai eu la télé jusqu’à ce que je déménage à Londres en 2000. Je ne me suis pas alors senti pour autant coupé du monde, je me suis simplement détaché d’un certain bruit de fond. J’ai constaté que les nouvelles saillantes, celles qui façonnent notre conscience collective, m’arrivaient tout de même. Je n’ai pas manqué le 9/11 ni le tsunami asiatique, même si j’ai peut-être reçu l’information en léger différé.
  3. Se couper totalement de l’information est impossible car nous baignons dans l’information. Comme nous pouvons nous informer par osmose, je ne vois pas pourquoi j’y consacrerais une partie de mon temps de conscience.
  4. En temps que connecteur, je suis informé avant tout par les membres de mon réseau. J’en reviens à la forme d’information traditionnelle. Je croise un ami et il me dit « tiens, tu sais... » Ça marche très bien et d’autant mieux à l’âge d’internet.
  5. J’en reviens aux arguments de fond de Taleb. En se référant à de nombreuses études neurologiques, il montre que nous cherchons toujours une explication aux événements. Par exemple, il paraît que l’assassinat de l’archiduc Ferdinand provoqua la Première Guerre mondiale. Les journalistes tombent toujours dans ce piège. Ils racontent donc des histoires qui n’ont souvent aucun rapport avec la complexité des faits. Si leurs histoires peuvent nous divertir, elles ne nous apprennent rien sur le monde.
  6. Ainsi les journalistes, dès qu’ils découvrent un fait, tentent de l’interpréter quitte à, une heure plus tard, proposer une nouvelle interprétation. Les news ne sont qu’une succession continuelle de supputations.
  7. Les journalistes donnent la parole à des experts, presque toujours les mêmes, qui, en fait, ne défendent que leur point de vue et qui, à leur tour, livrent des interprétations. Le recours aux experts est un moyen d’imposer au public une vision de la réalité comme s’il n’existait qu’une réalité. Taleb dénonce l’essentialisme platonicien duquel nous sommes incapables de nous extraire. Les informations tentent de décrire une réalité en soi qui n’existe pas.
  8. Par-dessus tout, en réduisant la complexité, en catégorisant, les journalistes refusent d’admettre le hasard. Ils le nient systématiquement en inventant des causalités. Il suffit de les voir commenter les fluctuations boursières. Tous les médias ne cherchent qu’à dissimuler l’aspect profondément aléatoire de notre monde. Ils nous désinforment. Pire, ils ne nous préparent pas aux black swans, ces surgissements de l’imprévisible.
  9. Taleb, qui travailla longtemps dans la finance, explique que les chauffeurs de taxi sont aussi capables de prévoir l’avenir que n’importe quel analyste. Les journalistes se complaisent pourtant à nous parler d’un demain dont ils n’ont pas idée. Pour ma part, je préfère lire de bons auteurs de science-fiction.
  10. Par goût pour les anecdotes et les drames, les journalistes s’intéressent toujours à ce qui se voit. Taleb donne un exemple qui m’a frappé. Les attentats du 9/11 ont causé 2 500 victimes aux États-Unis. Tout a été dit à leur sujet et au sujet de la détresse de leurs familles. Pendant ce temps, beaucoup d’autres Américains, effrayés de prendre l’avion, se déplacèrent en voiture. Dans les trois mois qui suivirent, les services de sécurité routière enregistrèrent 1 000 morts supplémentaires. On peut ainsi projeter que, dans le monde, les attentats provoquèrent plus de victimes indirectes que directes mais les médias n’en parlèrent pas.
  11. Ce qui brille attire l’attention mais l’essentiel, ce dont ne parlent pas les médias, se passe ailleurs. Problème : quand on consacre son temps à se préoccuper de ce qui brille, on n’a pas le temps de s’intéresser au reste. Taleb parle longuement des « évidences silencieuses ».
  12. Les recoupements entre les informations diffusées par les médias sont si importants que plus nous les consultons moins nous apprenons de choses, dit Taleb. J’ai été pris dans ce piège lors de la présidentielle 2007. Taleb explique que, pour un investisseur, il n’y a rien de pire que de lire comme les autres car on agit alors comme eux... mais trop tard.
  13. Comme tout le monde consulte les mêmes informations, ou plutôt désinformations, tout le monde dispose du même arsenal pour évaluer la réalité et y agir. Outre de se faire une mauvaise idée du monde, par exemple exagérer les problèmes sécuritaires, les gens ainsi à égalité n’ont aucun avantage concurrentiel sur leurs semblables.
  14. Celui qui ne s’informe pas mais, au contraire, se cultive valorise ses différences plutôt que ses similitudes. Je préfère discuter avec quelqu’un qui ne sait pas les mêmes choses que moi. Au minimum, nous nous apprenons de petites choses. Combien de soirées entre amis sont d’une tristesse épouvantable parce que tous lisent les mêmes journaux et regardent les mêmes séries TV ?

Cette liste pourrait s’étendre presque infiniment. Taleb ne cesse de donner des raisons, souvent mathématiques, pour ne plus s’informer mais préférer se cultiver.

Pour lui, aligner des faits et les lier par des histoires ne nous aide en rien. Il n’y a pas de « pourquoi » mais juste des « comment » et pour les découvrir il faut, comme les scientifiques, se livrer à des expérimentations. Se cultiver serait l’art de partager des expériences.

PS : The Back Swan est dans la liste des best-sellers du New York Time. Vous imaginez en France un tel succès pour un livre de mathématicien ? Je crois que nous sommes en train de perdre tout goût pour la science.


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17 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 31 août 2007 12:43

    « L’information » est un concept flou. Ce que l’on trouve dans la plupart des médias, c’est de la pub. La pub est un mensonge intentionnel destiné à faire passer un point de vue. Il faut un énorme sens critique pour les consulter sans être désinformé. Le pire et de loin est la télé, qui non seulement ment sur le fond, mais agit par la forme. La disparition des chaines télés serait la meilleure chose qui pourrait arriver à l’info et à la culture. Pour s’informer au mieux, il faut avant tout du sens critique, et aujourd’hui un mélange sites officiels/blogs.

    Les médias mentent avant tout par omission. Comme Guignol-Président, ils noient le public sous un flot incessant d’infos secondaires sans signification.

    L’économie me semble un bon exemple. On a plein d’infos partout sur les faits au jour le jour. Et personne n’aurait vu venir ni la bulle internet, ni la bulle immobilière ?

    Des infos factuelles sur les médias dans « la forêt des médias » :

    http://forestent.free.fr/

    Balancez vos télés.


    • Mohammed MADJOUR Mohammed 31 août 2007 16:41

      @ L’auteur

      Dans la vie « L’INFORMATION » représente tout et conditionne tout ! Mais comme L’INFORMATION est ENERGIE elle est bien entendu affectée du signe (+) ou du signe (-) selon ...Elle peut être même neutre selon les circonstance !

      Oui l’information agit sur l’individu récepteur, elle l’impressionne et le fait agir selon la valeur absorbée et selon la capacité d’analyse de ce récepteur !

      Dois-je donc rappeler qu’il n’existe pas d’information gratuite et encore moins d’information innocente ! L’intérêt individuel, du groupe ou d’une nation est toujours pris en compte !

      J’ai rappelé le concept de « L’INFORMATION » dans la synthèse que j’ai intitulé « RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET EPISTEMOLOGIE ».

      Mais les paperasses françaises qui s’évertuent depuis longtemps dans l’art de la DESINFORMATION au point d’étouffer d’égoïsme refusent de publier ! C’est déjà là une information en plus...

      Pour terminer et comme j’ai dit au début que l’information représentait tout dans la vie, je voudrait préciser que le « CAPITAL INFORMATION » individuel ou national inclut la culture qui est une sorte de réserve, un patrimoine en stock qui facilite l’analyse d’un apport informationnel autrement dit la synthèse rapide et efficace de tous les faits divers et toute sorte de tra la la quotidien :

      Un individu cultivé est donc apte à l’analyse et n’a besoin que d’un minimum d’information pour embrasser facilement la situation du moment et même qu’il est capable de prévoir... De l’individu à la Nation, il faut simplement sommer et vous aurez toutes les qualifications du Tiers Machin, du Sous développé jusqu’aux Nations intelligentes ! Quand la réserve culturelle est pauvre ou inadéquate l’information absorbée agit plus facilement et plus efficacement d’où l’alignement des « individus » et même des « Nations » et même des « Continents » sur les longueurs d’onde ô combien envoûtantes répandues généreusement et non stop sur l’ensemble de biosphère !

      Au point où en est la qualité des paperasses écrites bridées par les intérêts financiers de la Grande Piraterie Mondiale on peut oublier jusqu’à leur existence sans pour autant craindre une quelconque perte d’information...Je dirai même qu’il vaudrait mieux s’en passer pour nous éviter la pollution du cerveau !

      MOHAMMED.


      • PtitLudo PtitLudo 31 août 2007 17:52

        A ce sujet, le livre de Paul Moreira, « Les nouvelles censures » est également très intéressant.


        • Eric Mainville Eric Mainville 31 août 2007 21:11

          C’est assez révolutionnaire comme approche et pourtant c’est tellement vrai. Aujourd’hui on devrait arrêter de parler de « réel » mais plutôt de lutte pour l’interprétation du réel. Et dans cette lutte les médias ne sont que des instruments. Des instruments de falsification, comme tu le suggères.

          Renoncer à s’informer, pourquoi pas ? Bon, je vais commencer par ne plus lire Le Point !

          Non, plus sérieusement, chacun doit se confectionner une échelle de valeur, hiérarchiser les informations. Ce qui est important, ce n’est pas ce que les médias décrète comme tel. Les vacances d’untel à Wolffeboro n’ont aucune raison d’occuper tant de place. Et je dirais même les infos liées au président de la république française n’ont aucune raison d’occuper tant de place. Qui pourrait me citer le nom d’un président de la république des années 1920-30 ? Donc, dans 75 ans personne ne se souviendra de l’actuel locataire de l’Elysée. Sénèque, si tu nous entends, sache qu’ils n’ont pas changé !


          • La Taverne des Poètes 31 août 2007 22:27

            Notre monde entretient la confusion volontaire entre l’information et l’actualité. S’informer, c’est aussi se cultiver, s’enrichir de l’expérience des générations qui nous ont précédés, apprendre des autres et de la vie. La quintessence de l’information réside dans l’inactuel ; elle survit au temps. Et l’information, la vraie, la seule qui vaille d’être gardée, n’est pas factuelle, n’est pas « sensationnelle », n’est pas « brûlante ». Elle est sensible, esthétique, reliante. La véritable information est celle que l’on partage...

            Ceci était une information.


            • Senatus populusque (Courouve) Courouve 1er septembre 2007 10:48

              Et aussi la confusion entre information et connaissance.


            • Céline Ertalif Céline Ertalif 1er septembre 2007 01:07

              Celui qui ne s’informe pas mais, au contraire, se cultive valorise ses différences plutôt que ses similitudes. Oui, mais la culture fait bien l’objet d’un apprentissage. Pas évident de dénouer cette affaire.

              Je me rappelle un jour, il s’agissait d’un débat sur la mise en place de la formation des élus locaux en 1995, alors que j’essayais de souligner les dangers des conférences pontifiantes si nombreuses et si désastreuses dans ce milieu des élus locaux, j’ai entendu un universitaire me contrer en disant qu’il ne voyait pas bien la différence entre formation et information. Pas facile de répondre à cet argument-là.

              En fait, il y avait conflit d’intérêts. L’universitaire avait une compétence discutable pour préparer les élus municipaux à leurs responsabilités, mais il avait la puissance, l’aura, conférée par son statut d’universitaire et la capacité à tenir un discours théorique peu contestable devant un grand nombre de personnes. Les interventions du type conférence installaient leur image de prof de fac, et constituaient une activité annexe. Les rares formateurs potentiels avaient des préoccupations radicalement différentes : comment constituer une offre de formation cohérente en phase avec les besoins avérés ou non de ce public particulier ? Personne n’avait d’expérience, et la suite a montré que la formation des élus est une activité difficilement gérable parce que personne ne peut organiser une activité qui fonctionne 18 mois à 2 ans sur un cycle de 6 ans (durée du mandat).

              Donc pour revenir au problème de l’information et de la culture, je l’ai un peu déplacé en glissant sur l’opposition entre formation et information. Je pense qu’on reste bien dans la même problématique. Alors oui, il y a bien une question de rapport à l’expérience et à des expérimentations comme le dit Thierry Crouzet à la fin de son article. Mais il y a autre chose que je qualifierais d’intimité.

              Un étudiant peut se cultiver dans un amphithéâtre de 1000 auditeurs. S’il a les bases, pas de problème, il intègre. On sait cependant les dégâts de la méthode magistrale du premier cycle universitaire... Pour l’information, c’est pareil : on entend ce qu’on est capable d’écouter !

              La question du rythme a aussi son importance : j’aime le calme et la sérénité de France-culture, j’écoute pourtant plus souvent France-Inter, et je ne peux pas supporter l’agitation des Europe1, NRJ et autres... Mais, je sais bien que je ne peux partager avec personne l’écoute de France-culture dans la voiture : rythme insupportable, effet soporifique très rapide chez mon co-voituré...

              Il me semble qu’on ne passe dans la formation ou dans la culture qu’avec une certaine intimité. Ce n’est pas forcément une question de nombre, mais bien de proximité avec le texte, le discours ou le thème. Il faut que les conditions de proximité soient suffisantes, et celles-ci dépendent naturellement de l’âge, du nombre, de l’ambiance, et du bagage culturel que chacun de nous trimballe. Difficile, par exemple, de se brancher une heure sur l’Ecole des Annales si on n’a jamais lu ni entendu parler de Braudel.

              On ne voit pas assez, à mon avis, ce qui se joue avec le déploiement d’internet dans cette affaire : le sens vient par de nouvelles distanciations et de nouvelles proximités entre les individus. Pour le porno comme pour les blogs ou les forums citoyens. Cela met forcément en cause le rapport de pouvoir dans la diffusion d’information et l’on découvre que la propagande est partout (cela aurait fait un titre plus juste que information=désinformation).

              Je veux dire que l’information intéressante ici sur Agoravox est celle qui introduit l’expérience personnelle des auteurs dans les articles. C’est ce regard cultivé sur une facette de la vie publique que des citoyens de divers horizons peuvent apporter parce que cela échappe à la culture des journalistes professionnels. J’ai eu plus d’une fois l’impression que C Revelli faisait fausse route avec ses tentatives de faire du journalisme d’investigation avec des non-professionnels, et ce sentiment ne se dissipe pas.

              Les trésors restent enfouis parce qu’ils sont là où on ne les cherche pas. Je ne résiste à la tentation de citer un de auteurs remarquables qui s’est fait une place récemment sur Agoravox : Philippakos. Il illustre parfaitement mon propos, il nous produit d’excellents articles que seul Agoravox est capable de produire parce qu’un type inconnu nous introduit dans ses différences, dans une perception du monde construite et étrangère aux similitudes.

              L’information est bien souvent truffée d’autres choses que de ce qu’elle dit explicitement. Les médias sont critiqués à cause de cela, la publicité, l’argent, la propagande sont partout. Sur internet, dans les blogs et sur les forums, on dénonce ainsi l’ego des puissants. Je trouve particulièrement intéressant que l’on voit poindre aussi une réflexion sur l’ego en général au travers des motivations à s’exprimer sur un blog ou des interrogations sur le sens des trolls. On peut espérer que la conscience, l’expérience et l’appartenance à une civilisation très large seront davantage liés dans notre compréhension du monde et nous ferons sortir du pauvre manichéïsme qui réduit notre perception politique à la morale. Ce qui est suicidaire pour une démocratie.


              • Céline Ertalif Céline Ertalif 1er septembre 2007 01:11

                (juste pour corriger le dernier paragraphe)

                On peut espérer que la conscience, l’expérience et l’appartenance à une civilisation très large seront davantage liées dans notre compréhension du monde et nous feront sortir du pauvre manichéïsme qui réduit notre perception politique à la morale. Ce qui est suicidaire pour une démocratie.


              • Senatus populusque (Courouve) Courouve 1er septembre 2007 10:46

                « la culture fait bien l’objet d’un apprentissage. »

                Disons plutôt que le savoir résulte d’une étude.


              • Nix 1er septembre 2007 09:58

                Article intéressant, mais je ne pense pas que ce soit totalement juste.

                La principale erreur est de considérer que ce sont des IA qui regardent le journal télévisé. Nous ne pensons pas tous la même chose devant un fait, ni ne lui accordons pile l’importance que lui donnent les médias. Je connais beaucoup de gens qui en regardant le JT disent « mais ils vont nous montrer ça encore longtemps ? Il vont encore caser en 30 secondes qu’il y a eu un attentat qui a fait 200 morts au moyen-orient ».

                Ensuite, concernant la fin de l’article, ce n’est pas ennuyeux de parler avec des gens qui ont regardé la même série TV. Rien que sur la question « quel est ton personnage préféré et pourquoi ? » je me suis fait surprendre et ais surpris beaucoup. Sans compter que lorsque l’on explique à quelqu’un un livre qu’il n’a pas lu, la discutions ne peut aller que dans un sens, on devient la source d’information tant diabolisée dans l’article, ça se mort la queue.


                • Christoff_M Christoff_M 3 septembre 2007 05:53

                  c’est le but non avoué d’internet utilisé par des manipulateurs, multiplier les sites, les références, les blogs en permettant une confusion générale, à tout et n’importe quoi de s’exprimer ce qui fait qu’on noie le poisson sans donner vraiment d’information...

                  multitude de liens ne veut pas dire information et quantité n’a jamais rimé avec qualité...


                  • dup 3 septembre 2007 08:20

                    le lien a ne pas manquer

                    http://www.syti.net/JTContents.html


                    • Bigre Bigre 3 septembre 2007 08:43

                      pour mon confort, est-ce possible de donner un peu plus d’informations que la simple adresse URL, dire ce qu’on trouve ua bout du lien, résumer en 3 mots .... MERCI


                    • stephanemot stephanemot 3 septembre 2007 10:13

                      Thierry,

                      J’avais suggéré cette réponse à une question sur la différence entre information et intelligence (désolé pour la langue - autotraduction express*) :

                      => L’intelligence est la capacité à appréhender (ex votre environnement, d’autres personnes, des situations...), à comprendre et à donner du sens au-delà de vos sens (ce que vous voyez, touchez, sentez, entendez...).

                      NB : l’intelligence n’est pas quelque chose d’absolu. Vous pouvez être très intelligent dans certaines situations et totalement stupide dans d’autres. Il n’existe pas une forme unique d’intelligence et le calcul du QI est une hérésie : on ne peut résumer l’intelligence à une unique dimension.

                      => une information est un message qu’une entité (ex individu, réseau, groupe, machine...) reçoit d’autres entités ou de son environnement (ex il pleut).

                      NB : le format de l’information est très important. Une information peut être perçue différemment par son émetteur, son récepteur ou une tierce entité, elle peut être altérée pendant le transfert et éditée à tout moment. Par exemple : cette chaise est bleue mais le daltonien recevra une autre information, ou je dis quelque chose, vous entendez autre chose.

                      => L’information peut être rendue intelligible pour un destinataire précis. J’appellerai cela une « outformation intelligente ».

                      Nombreux sont ceux qui considèrent la capacité à mémoriser beaucoup d’information comme un signe d’intelligence - les personnes les plus brillantes que je connais ont au contraire l’art de rendre simples des choses complexes - la simplicité n’est pas toujours synonyme de stupidité mais souvent la clef de l’intelligibilité, de l’appréhensibilité.

                      Dans une vie antérieure, mon job était de fournir de l’intelligence à des décideurs, de les convaincre de regarder au-delà de l’information qu’ils demandaient. J’ai industrialisé l’information autant que je le pouvais en gardant à l’esprit la nécessité de changer régulièrement les formats et d’adapter l’ensemble à un environnement disruptif. Les managers qui s’en tiennent à quelques indicateurs tendent à louper les grandes ruptures dans le marché. La pédagogie était également utile pour promouvoir le « human networking » (clef de différenciation et source de véritable intelligence) au sein de l’organisation.

                      Alors que l’« Intelligence » (NB : comme en Anglais, à prendre également au sens Intelligence Economique) était considérée comme de la collecte d’information dans un environnement hostile, la « strategic intelligence » devint un moyen d’évoluer sereinement avec un temps d’avance sur la concurrence.

                      Le public est tellement saturé d’information qu’il ne peut pas voir l’intelligence quand il tombe dessus par hasard. L’internet est un royaume d’information / désinformation où il peut facilement être dupé. Nous assistons à une prise de conscience de ce phénomène et à l’émergence d’un besoin pour une authentique intelligence.

                      Malheureusement, prévaut celui qui communique le mieux, pas nécessairement le plus pertinent.

                      * en VO, cf lien :


                      • dup 3 septembre 2007 10:26

                        oui , bien sûr . Il y a des gens qui parlent mieux que moi , c’est pourquoi je me suis abstenu d’introduire ce site bien documenté. Il révèle ce qui devrait être une évidence pour chacun ,à savoir que les médias , dans leur grande majorité font de l’info spectacle. C’est agréable à regarder , ça froisse personne ,mais c’est du vent . A leur décharge il faut bien invoquer l’esprit procédurier qui guette chaque journaliste qui ose dire autre chose que « la pluie , ça mouille « . Nous somme dans un monde d’infos totalement troquées ,édulcorées ,nous baignons dans un sommeil profond. Bienheureux sont les curieux qui vont sur le net .Ils sortent de l’infantilisme auquel les medias nous ont habitués. On y trouve aussi des rumeurs et des erreurs ,mais vu qu’on peut pas faire de l’argent avec , la corruption y est moindre. En grattant un peu on trouve des documents bien troublants

                        http://www.youtube.com/results?search_query=disinformation%20medias&search=Search

                        http://www.youtube.com/results?search_query=medias+mensonges

                        http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Nouveaux_Chiens_de_garde

                        http://fr.search.yahoo.com/search?p=mediamensonges&fr=yfp-t-501&ei=UTF-8&rd=r1

                        impossible de donner ,même un petite partie ,mais ça incite à la lecture prudente des journaux ou tv. Se documenter est un long travail que personne fera à votre place


                        • Bérenger 3 septembre 2007 11:13

                          Je crois qu’on n’est jamais informé que sur ce qui nous intéresse, selon les sources qu’on se choisit en fonction de sa propre sensibilité, de ce qu’on a d’abord envie d’entendre, qu’il s’agisse des blogs, des médias parallèles, alternatifs ou de ceux que l’on qualifiera d’officiels.

                          Je sais des braves gens qui, à longueur de matinée, écoutent leurs semblables réagir « à chaud » sur l’actualité par le truchement de la ligne surtaxée de RMC INFO et du bagou lénifiant de son animateur-journaliste-vedette. Cette radio, ils n’en décrocheraient pour rien au monde car elle est la seule à dire tout haut ce que « tout le monde » pense. Cette radio sévit dans beaucoup de bistrots et de petits commerces. Elle se veut le reflet de l’opinion de la « France d’en bas » sur tout ce qui fâche, sépare, fédère les braves gens, cimente ou détruit leur petit monde. En fait elle n’informe pas, elle fabrique des parts de marché à partir d’une matière pas chère et rentable, l’opinion populaire. Si cette radio informait réellement, dans le sens le plus pointu, le plus documenté, le plus froidement objectif du terme, l’écouterait-on ? Je ne le pense pas, parce que d’après moi, la plupart de nos semblables se foutent de savoir ce qui se passe vraiment dans le monde qui les entoure. Seul les intéresse ce qui touche à leur petite vie, et ce dans quoi ils peuvent trouver matière à projection de leur narcissisme. Pourquoi voulez-vous qu’on s’étende des heures sur la voiture piégée qui a tué deux cents personnes à Tikrit, quand le téléspectateur préfère qu’on lui parle des vacances de son idole du moment dans un coin perdu du New Hampshire ?

                          A part quelques vieux croûtons liquéfiés du bulbe, personne n’est encore dupe aujourd’hui de la validité de l’info dispensée au JT, n’importe lequel. Sachant quel est le niveau de collusion entre les intervenants, les chaînes qui les emploient et les pouvoirs en place, c’est en connaissance de cause, en toute conscience qu’on se laisse vendre du non-évènement trafiqué, frelaté, mis en scène et complaisant. A ce stade-là, on ne peut même plus parler de propagande idéologique. C’est de la caricature pure et dure, qui a plus à voir avec la série des « Gendarmes » qu’avec le bourrage de crânes. L’ubiquité de tel président jogger, ses attitudes d’acteur calculées comme pour séduire un public plutôt que des administrés ; l’accent mis sur le caractère bon enfant du sport et des sportifs, cette camaraderie de façade dans une sorte de vaste cour de récréation où on se balance des vannes avec l’accent et où on se tape les endosses en s’efforçant de ne pas avoir l’air de trop se prendre au sérieux ; les pauvres qu’on nous montre sous des traits néandertaliens, comme jadis les cirques montraient des négresses callypiges, et qu’on nous présente qui comme une faune parasitaire qui comme des exemples de rédemption (parce qu’ils « acceptent » des stages, « font des formations », « veulent s’en sortir ») ; ces micro-trottoirs où les gens du commun ont des allures si communes, c’est à dire si ordinairement moches, et qui ne semblent capables que de proférer lieux communs et banalités sur les choses communes et banales qui composent l’ordinaire des micro-trottoirs, comme pour pour nous incliner à faire la comparaison entre eux et les people, cette élite médiocrasse éternellement jeune et désinvolte, avec ses filles à la plastique irréprochable et ses minets aux silhouettes élancées. Voyez comme vous êtes, regardez ce qu’ils sont.

                          Et je m’en tiens là aux exemples les plus significatifs.

                          Alors oui, s’abstraire de ce monceau d’ordures pour lire des essais, des romans, voir des spectacles dont on ne nous matraque pas les promos, tâter soi-même du réel en le parcourant à pied, tenter d’y comprendre quelque chose avec le recul que confère l’exil, géographique ou intérieur. Faire abstraction de ce qui est dit, commenté, expliqué de source officielle. Car au fond on n’est jamais informé. Apprendre en léger différé qu’il s’est passé quelque chose de terrible à New York un 11 septembre 2001 n’implique pas que l’on sache ce qu’il en est du pourquoi du comment du 11 septembre 2001, comme de l’explosion d’AZF à Toulouse dix jours après. Je sais qu’il s’est passé ceci, mais je ne saurai sans doute jamais pourquoi cela s’est passé. Je ne suis donc jamais véritablement informé. Et le serais-je, cela me donnerait-il davantage de prise sur ces évènements ?

                          C’est là que s’exprime un conflit entre stoïcisme et indifférence. On peut se dire qu’on s’en fout, que le monde peut tourner sans nous, qu’on ne peut rien y faire, que c’est comme ça, que les gens sont ceci ou cela. Et se replier sur soi, son propre quotidien, là ou on est. Dont on ne sait rien de plus, là encore, sur quoi on n’est pas plus informé. Car la presse locale, à part les accidents de la route, les fêtes patronales, l’Etat-Civil, les petites gloires autochtones du sport et de l’art, que nous dit-elle de ce qu’on aimerait apprendre des questions d’intérêt général tels que le pourquoi du choix de telle compagnie plutôt que de telle autre, fait par une municipalité pour ce qui concerne la distribution de l’eau ou le ramassage des ordures ? Et des implications de pareils choix en termes de coût pour la collectivité ? Pourquoi la ville voisine a t-elle choisi de se doter d’une régie municipale autonome, et pourquoi la nôtre a préféré se joindre à une communauté de communes favorable à des options disons libérales ? Et quand bien même cette presse locale remplirait-elle le rôle que nous aimerions lui voir tenir, qu’est-ce que ça changerait à l’augmentation annuelle de la TEOM ou de l’abonnement forcé à la compagnie des eaux choisie par le conseil municipal de la ville, du village où on est ?

                          Rien, puisqu’on est désespérément seul à râler dans son coin.

                          J’ai le sentiment que cette solitude que nous pouvons ressentir devant les évènements ici ou là bas, et la sensation de flou écoeuré que l’on peut retirer à côtoyer l’information sont deux phénomènes liés. Que je sois informé ou désinformé, c’est toujours en vain. Quoi qu’il se passe, que cela me passionne, me fascine, m’indispose ou m’indigne, je suis seul avec ça. S’il peut y avoir échange autour de ce semblant de fragment de réel supposé, ce sera pour meubler, comme on parle de la pluie et du beau temps. Cela n’est porteur d’aucun projet, ne saurait suffire à fédérer autour d’une action. On en parle pour se dire quelque chose mais ça ne va pas plus loin, et on passe bien vite du stoïcisme à l’indifférence.


                          • Philippakos Philippakos 3 septembre 2007 14:50

                            Article qui m’a beaucoup intéressé mais sur lequel je ferai toutefois une remarque. N’est-il pas difficile de séparer information et culture ? Vous dites en résumant : en se désinformant on se cultive davantage. Deux exemples :« inondation au Bangledesh ». C’est un événement qui n’a aucune conséquence sur nous et sur notre vie (à moins de vivre dans ces régions, vous aviez compris). Pour nous, l’événement n’existe que parce qu’il fait le titre du journal. Encore faut-il alors savoir où se situe le Bangladesh (on le montre sur une carte, le plus souvent), que c’est un pays récent, résultat de la sission du Pakistan, etc..., c’est de la culture, difficile à séparer de l’information en elle-même. Deuxième exemple : « Lao Ping (je viens de l’inventer) expose à Pékin ». Sans l’information, il n’y a aucune chance que l’on puisse savoir qu’il existe en Chine un peintre nommé Lao Ping, qu’il expose et donc sans l’information aucune chance de voir ses toiles. La culture rejoint ici l’information. Où la dérive se situe est de savoir pourquoi avoir choisi Lao Ping plutôt que l’un des 10 000 (chiffre cité au hasard) autres peintres chinois ? Parce qu’il est connu en Chine et peut-être en dehors et que son succès est, en grande partie, lié au fait qu’on en ait parlé dans les média, justement. Le serpent se mord la queue(on en parle parce qu’il est connu et il est connu parce qu’on en parle). Et là se situe la formidable puissance médiatique à laquelle nul ne peut échapper : le fait que l’événement (qui peut être culturel) ne doive son existance qu’au simple fait d’être diffusé... tout simplement parce qu’on ne peut pas parcourir seul le monde comme un satellite et intégrer tout ce qui s’y passe. Oui, le monde est peut-être petit, mais trop grand pour qu’un individu puisse l’appréhender dans sa réalité, sans avoir recours à des intermédiaires et donc au filtre des média. D’autre part, la culture c’est la connaissance commune. Vous pouvez parler de Lao Ping à des connaissances qui auront, eux aussi, vu ses toiles. Vous donnerez votre avis, vous échangerez des commentaires. Lao Ping entrera dans « la culture » liée à l’information de cette exposition de Pékin. On ne peut pas voir les 15000 films qui sortent dans le monde chaque année... se trouvant ainsi forcé d’opérer une sélection. Sur quels critères ? En recueillant l’avis des autres, des critiques, en s’intéressant aux films dont on parle dans les milieux où on évolue, bref en s’informant. Impossible aujourd’hui de juger de culturel sans que ce jugement soit biaisé par l’information qui s’y rapporte.

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