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Internet, bête noire de la presse écrite ?

La presse écrite serait-elle en train de crouler sous le poids des nouvelles technologies de l’information ? 

La lecture des journaux prendrait-elle la direction du cimetière ? Selon, Steve Ballmer, PDG de Microsoft : 

D'ici 10 ans, plus aucun média ne sera consommé autrement que sur internet

En effet, internet permet de créer un nombre de supports nouveaux en nombre quasi-illimité. Une rupture s'est opérée : Pour la première fois depuis que la grande presse généraliste a été créée au milieu du 19ème siècle, elle n'est plus et ne sera probablement plus jamais le vecteur privilégié des annonceurs. Ce sont les conditions de production d'une information de qualité et surtout de masse qui se trouvent brutalement remises en cause, voire même détruites. 

De grands journaux régionaux qui vendaient de 200 à 300 000 exemplaires sont déjà morts depuis quelque temps ou se sont mis à l'heure du numérique en développant des éditions en ligne et les plus grands journaux des Etats-Unis comme le New-York Times ou encore le Los Angeles Times sont dans des difficultés telles que l'on puisse imaginer qu'ils soient obligés de fermer à terme. Ces machines à produire de l'information sont centrales : si elles n’ont plus les conditions de financement et donc de production de l'information, nous ferons face à unappauvrissement inévitable de l'information à laquelle nous pouvons avoir accès. Le monde dans lequel nous vivons est en train de changer.

Si nous sommes dans une société où l'information devient une denrée rare, nous pouvons dire qu'il s'y génèrera un certain optimisme, optimisme qui du point de vue démocratique peut-être opéré. Pourquoi optimisme ? Optimisme car selon moi, les sociétés continueront à avoir besoin de l'information. De plus, toutes les personnes étant dans des situations de responsabilité sociale en auront besoin et la demanderont certainement. Nous risquons de nous retrouver dans un monde où cette information sera rare et donc chère, ou du moins plus chère qu'elle ne l'est déjà. Si nous voulons un journalisme qui continue à avoir une certaine légitimité, il devra inévitablement être de bien meilleure qualité qu'il ne l'est aujourd'hui. Quand une information est diffusée dans Le Monde ou Le Figaro, titres exerçant une fonction de « Label de qualité », elle sera diffusée partout ailleurs. Si elle devient réservée à des gens qui payent très cher, elle sera diffusée beaucoup moins largement, le pouvoir de l'information serait donc considérablement diminué et un problème de vie démocratique se poserait alors. Problème auquel nous nous trouvons indirectement confrontés, au point où aux Etats-Unis, certains hommes politiques et responsables se demandent pourquoi ne pas faire de la presse un service public.

En ce qui concerne la presse française, les responsables de journaux semblent aujourd'hui très peu réactifs. Ils ne veulent pas croire ce qu'ils savent, ni remettre en cause ce qu'ils ont appris depuis toujours. Ils veulent continuer plus encore à exercer leur métier comme avant, agissant comme de véritables conservateurs de la presse traditionnelle


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8 réactions à cet article    


  • Scual 12 mars 2012 14:31

    Sauf que pour la presse francophone au hasard, à part trois ou quatre journaux, la presse écrite est quasi exclusivement inutile, manipulatrice, mensongère, propagandiste, partisane, aux ordres et d’extrêmement mauvaise qualité. Même les rares choses intéressantes qu’elle se retrouve obligée de dire viennent en réalité de leur révélation par... les sites internet alternatifs et les réseaux sociaux et blogs qui du coup cela les empêche de se taire.

    Les journaux de qualité ne disparaitront jamais car il y aura toujours des gens pour s’abonner, moi y compris... tout le reste peut bien bruler, ça ne fera qu’améliorer la l’information.


    • Ruut Ruut 12 mars 2012 17:25

      La presse écrite ne survivra que si elle devient précise, complète et indépendante.
      Pour l’instant a part ressasser ce que nous savons déjà, elle analyse peut l’actualité et ne nous donne ni les cause ni les conséquences possibles.

      Souvent elle n’est qu’un amas de pub inintéressante.


      • mixx 12 mars 2012 17:28

        Ne nous faîtes pas rire, en France, il n’y a plus de presse sérieuse et nous manipulent. Cela fait bien longtemps qu’il n’y a plus de vrai journaliste en France. Ils peuvent bien disparaître cela ne sera pas une grosse perte : surtout le figaro qui est 100% sark.....


        • apopi apopi 12 mars 2012 18:36

           « Quand une information est diffusée dans le Monde ou le Figaro, titres exerçant une fonction de label de qualité ». 


           Tout est dit ou presque, sûr qu’avec de tels défenseurs de la liberté d’expression la presse papier est sauvée...au pays des Bisounours tout au moins.

          • Marc Bruxman 12 mars 2012 19:50

            Le marché de l’écrit est géré par des littéraires et les faire évoluer vers les nouvelles technologies est parfois très dur. Ainsi au Monde, le service numérique et le service papier collaborent très peu. Cela n’est pas un cas isolé.

            J’ai assisté à des dizaines de réunion ou les mecs disaient « mais le papier ca ne va pas mourir » alors qu’ils avaient la preuve que si sous les yeux.

            Concernant l’information on assiste effectivement à une segmentation entre le « bulk » gratuit et le premium payant (et très cher). La presse traditionelle a mal gérée ce virage car en baissant ses couts elle rapproche la qualité de ses publications du bulk. Mais comme les couts ne suivent pas, la spirale est infernale. Cela dit, cela ira mieux pour eux lorsqu’ils se seront débarassés du papier. Les couts de l’impression en France sont démesurés à cause du syndicat du livre. Il leur restera à apprendre à faire du web et à le faire avec des couts relativement faibles. C’est une révolution culturelle.

            Le premium c’est autre chose. Des lettres d’information qui coutent parfois plusieurs milliers d’euros par an et qui ne font pas d’effort pour se faire connaitre. (Autre que le bouche à oreille). C’est généralement très ciblé sur un métier et l’information qui s’y trouve aune vrai valeur. (Traduire : un pro du secteur payera sans sourcillier pour l’avoir). Cela dit ces lettres ont toujours existées. Et elles sont à l’abri du piratage car celui qui a payé cher pour les lire ne va pas les mettre gratutiement en ligne.


            • viva 12 mars 2012 20:34

              La presse se vend de moins en moins parce qu’elle n’informe plus correctement pire elle ment à l’unissons, il faut que être un peu couillons pour dépenser encore de l’argent pour acheter un Journal, seule la presse très spécialisé peut survivre dans ces conditions. Ou alors la presse d’état avec des journalistes libre et fonctionnarisés et encore il faudra un vrai recrutement indépendant et que ce soit les meilleurs et non plus lèche bottes qui fassent carrière.


              @l’auteur le monde ne représente plus rien, il n’est plus la référence qu’il a été. Le figaro est un journal d’opinion, il n’a jamais été u référence 

              • Traroth Traroth 13 mars 2012 11:24

                En même temps, si Ballmer était un visionnaire, ça se saurait...

                Ce qu’il dit porte bien plus loin que la presse écrite, dont on voit bien qu’elle a entamé sa migration vers le numérique.

                Personnellement, j’ai du mal à imaginer que dans 10 ans, la télé se soit fondue dans l’internet. Ce qui ne veut pas dire que ça n’arrivera pas, simplement que dans le paysage actuel, rien ne permet de le laisser présager. Les sites de vidéos en ligne type Youtube correspondent à un besoin assez différent


                • Al West 14 mars 2012 12:22

                  Le Monde a été achevé avec le départ de Fottorino qu’on a tout simplement dégagé comme une grosse merde, pardon pour le vocabulaire, en 2010.

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