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Accueil du site > Actualités > Médias > Jean-Luc Mélenchon face à l’arrogance des stars du journalisme

Jean-Luc Mélenchon face à l’arrogance des stars du journalisme

Dans cette note, je reviens sur une polémique qui a agité le monde médiatique pendant tout le mois d’octobre : la fameuse « affaire Mélenchon » — ou « affaire Pujadas », selon le point de vue —, déclenchée suite à la diffusion d’un extrait du nouveau film de Pierre Carles, intitulé "Fin de concession", sorti cette semaine dans les salles. Son point de départ ? Une courte vidéo où l’on voit Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de Gauche, visionner et commenter une interview de deux minutes trente grâcieusement accordée à Xavier Mathieu, délégué syndical CGT de l’usine Continental de Clairoix, par David Pujadas, présentateur vedette du 20 heures de France 2, dans son J.T. du 21 avril 2009. Je ne vais pas trop m’attarder sur le contenu de ce grand moment de journalisme, car d’autres l’ont déjà décortiqué avec beaucoup de pertinence... J’en dis toutefois quelques mots, avant de me pencher sur la polémique proprement dite, et surtout sur la façon l’a relayée une majorité de journalistes.

Une interview proprement scandaleuse

Le 21 avril 2009, dans un accès de colère, les ouvriers licenciés par Continental s’en prennent aux bureaux de la sous-préfecture de Compiègne, où ils commettent des dégradations matérielles. David Pujadas, soucieux de comprendre les motifs de cet acte désespéré, choisit alors de donner la parole à Xavier Mathieu, dès l’ouverture de son journal télévisé. Il lui laisse ainsi la possibilité de s’expliquer, lui posant des questions cruciales, destinées à éclairer au mieux les téléspectateurs : « Bonsoir Xavier Mathieu, vous êtes le délégué CGT de Continental à Clairoix. On comprend bien sûr votre désarroi mais est-ce que ça ne va pas trop loin ? Est-ce que vous regrettez ces violences ? ». Peu satisfait, visiblement, de la réponse donnée par le leader syndical, qui affirme ne rien regretter, il réitère, mais sous la forme d’une semi-affirmation (exempte de tout mépris) : « Pour vous la fin justifie les moyens ? ». Puis, n’ayant toujours pas obtenu les regrets et aveux tant attendus, il se décide à en remettre une troisième couche : « Xavier Mathieu, on entend votre colère, mais est-ce que vous lancez un appel au calme ce soir ? ». C’est sur la réponse (toujours aussi peu satisfaisante) à cette ultime tentative que s’achève l’interview. Devant un tel spectacle, on est amené à se poser la question suivante : s’agit-il d’une interview, ou bien d’un interrogatoire ? En effet, chacune des interventions du présentateur de France 2 n’a d’autre but que de sommer Xavier Mathieu de culpabiliser, d’exprimer des remords, bref de se désolidariser de ses camarades de lutte...

Bien avant que le film de Pierre Carles ne la remette sur le devant de la scène médiatique, cette interview avait suscité de vives critiques, à l’image de celles d’Henri Maler et Mathias Reymond, publiées le 4 mai 2009 sur le site d’Acrimed. Dans un article consacré au traitement télévisuelo-journalistique des « violences » des salariés, ils donnaient à lire une transcription de l’interview, accompagnée de ces commentaires, acerbes mais justifiés : « David Pujadas, plutôt que d’interroger les salariés sur les motifs de leur colère, les somme de s’expliquer sur leur "violence". (...)  Un regret ? Que David Pujadas ne demande pas plus souvent au patronat si la fin justifie les moyens, et s’il déplore sa violence ». Revenant sur le sujet suite au déclenchement de la polémique, la rédaction d’Arrêt sur images arrive à ce constat : « A plusieurs reprises, dans cette interview, Pujadas laisse transparaître dans ses questions sa condamnation implicite de l’action des ouvriers » (09/10/10). Il n’est donc pas très étonnant de voir Jean-Luc Mélenchon s’emporter contre David Pujadas lorsque Pierre Carles et son équipe lui montrent les images de cette interview :

Extrait du film "Fin de concession".
 
 
Un Pujadas consternant de mauvaise foi...

Suite à de nombreuses réactions de journalistes outrés, Nicolas Poincaré a jugé bon d’inviter les deux protagonistes de la « polémique » — créée de toutes pièces par les médias — à s’exprimer dans son émission du 11 octobre sur France Info, donnant d’abord la parole à Jean-Luc Mélenchon, puis à David Pujadas. Après les explications du premier, qui explique et déclare assumer ses propos, le journaliste vedette de France 2 vient « répondre à ces attaques », pour alimenter ce que Nicolas Poincaré qualifie de « bras de fer » entre l’homme politique et le journaliste, histoire de rendre les choses un peu plus juteuses. Les explications de Pujadas, pour qui il y a de la « confusion » et de la « provocation » chez Mélenchon, méritent d’être reproduites en entier :

« Si vous voulez c’est là qu’il est quand même un peu à côté de la plaque, Jean-Luc Mélenchon, il a pas dû bien voir ou il a pas dû bien comprendre, parce que ce jour-là on fait huit minutes sur le social (...) et on choisit
, ce qui est une chose assez rareil y a quand même peu de journaux qui l’ont faitde recevoir en direct, de donner une exposition donc de deux minutes trente, en ouverture du journal, non pas à Bernard Thibault ou à François Chérèque, non pas au patron d’une confédération, mais à Xavier Mathieu, qui est donc le leader syndical des Continental. Il a deux minutes trente en direct ! Ce jour-là, on n’a pas donné deux minutes trente au sous-préfet dont le bureau... dont le mobilier avait été en partie dévastés, on n’a pas donné deux minutes trente au patron de l’usine, on l’a donné à Xavier Mathieu (...), et il a eu beaucoup de temps pour s’exprimer ce soir. Alors les questions, c’est des questions de base, c’est école de journalisme numéro un (...). Il n’y avait évidemment aucune agressivité, et encore une fois il a bénéficié d’une exposition assez exceptionnelle (...). Donc je pense qu’il y a un contresens même de Jean-Luc Mélenchon, qui est un peu étrange ». Et lorsque Nicolas Poincaré lui demande s’il est allé revoir le journal en question, l’intéressé s’empresse de répondre : « Bien sûr, bien sûr, j’ai revu le journal du coup ce week-end, et honnêtement enfin c’est un journal, alors, pour le coup très social ».

Un journal très social, effectivement... Car à défaut de permettre aux téléspectateurs de saisir les motifs du désespoir des ouvriers licenciés par Continental, il aura tout de même permis à Xavier Mathieu d’obtenir son « portrait en dernière page de Libé » ! Tout de même, excusez du peu ! Sur la pitoyable défense du journaliste de France 2, qui renonce visiblement à toute remise en question, j’incite à consulter la "Supplique pour être interrogé par David Pujadas" rédigée par Henri Maler d’Acrimed, qui désamorce avec ironie chacun des arguments avancés par le journaliste : « Merci, Monsieur Pujadas. Si nous ne le savions déjà, nous sommes désormais informés des « questions de base » que l’on apprend à formuler dans les écoles de journalisme ».

Et le fond dans tout ça ?

Mais ce n’est pas tout, car David Pujadas a plus d’un tour dans son sac ! Selon lui — et il est loin d’être le seul à avancer cet argument pour couper court à toute discussion sur le fond — « on voit bien que Jean-Luc Mélenchon se fait un peu de pub aussi sur notre dos ». Mais qui a fait tout un foin autour de l’extrait du film de Pierre Carles ? Est-ce Mélenchon, ou bien les journalistes qui se sont mis à pousser des grands cris d’effarouchement, après en avoir diffusé des extraits savamment tronqués ? Est-ce Mélenchon, ou bien la direction de France Télévisions, qui s’est même fendue d’un communiqué pour défendre son présentateur vedette ? [Elle ne prend visiblement pas le soin de faire pour tous ses journalistes, car le syndicat SNJ-CGT l’a aussitôt accusée de faire preuve d’une indignation « à géométries variables »...] Il serait temps que cessent de se multiplier, chez les médiacrates, les affirmations un peu faciles du genre « Mélenchon ne sait plus quoi faire pour se rendre intéressant », car dans les faits ce sont eux qui déclenchent les « buzz » et nourrissent les « polémiques », ce sont eux qui ont décrété que « pour taper sur Jean-Luc Mélenchon, tous les moyens sont bons » (et c’est un journaliste de Marianne qui le dit !), ce sont eux qui choisissent de n’évoquer que les petites phrases — en les dénaturant totalement — au détriment des idées (et c’est un autre journaliste de Marianne qui le dit !). Ce qui importe dans l’extrait du film de Pierre Carles, ce ne sont pas les mots « salaud » et « laquais » prononcés par Mélenchon, car il s’agit là d’une réaction tout à fait normale de la part d’un téléspectateur qui, visionnant cette interview, comprend ce qui se joue alors sur le plateau télé : Pujadas, du haut de son piédestal médiatique, somme l’ouvrier Xavier Mathieu de s’excuser pour les violences commises. Ce qui aurait mérité d’être davantage médiatisé, c’est l’analyse de ce mécanisme, développée dans la suite de la vidéo. Est-ce le rôle d’un présentateur du journal télévisé que de se comporter en procureur ? Ce type de comportement est-il admissible sur une chaîne publique ? Pas un journaliste n’a profité de l’opportunité que représentait ce « buzz » pour soulever l’une ou l’autre de ces questions. Et pour cause : admettre que l’on puisse critiquer impunément Pujadas, c’est ouvrir la porte à d’autres critiques... et peut-être même des critiques concernant son propre travail !

En fait, tous ces procédés visent à nier le fait qu’il existe un réel problème dans la façon dont les médias dominants sélectionnent et présentent les informations... Et un problème de fond, car, n’en déplaise à Guy Carlier, ce n’est pas la durée de l’interview qui pose problème, mais l’angle d’attaque choisi par David Pujadas pour la mener, les intentions du journaliste. C’est d’ailleurs ce qu’a confirmé par la suite Xavier Mathieu, en allant jusqu’à reprendre à son compte les mots de Mélenchon. Et pour en convaincre définitivement le brillant chroniqueur d’Europe 1, quoi de mieux qu’une petite citation de notre David Pujadas national, interviewant Bernard Thibault de la CGT au soir d’une journée de manifestation plutôt réussie ? « Avec cette culture du blocage, ne craignez-vous pas d’être la risée de l’Europe ? ». Non, décidément, il faudrait être diablement mal intentionné pour voir dans cette question la moindre teneur idéologique ! Avouons-le : c’était véritablement la première des questions qui s’imposait ! Le reste après tout... Eh bien j’en profite au passage pour signaler à M. Pujadas qu’un chercheur américain y a répondu dans le journal britannique "The Guardian", bien que cela n’ait pas été jugé digne d’être mentionné dans le J.T. de France 2 : « Les Français se battent pour l’avenir de l’Europe et c’est un exemple ». J’emprunte la conclusion de ce paragraphe à Alexis Corbière, conseiller de Paris, et membre du Bureau national du Parti de Gauche : « Et vous, M. Pujadas, avec une telle question, ne craignez vous pas d’être la risée de votre profession ? ». Malheureusement, la réponse est non...

Contexte, où es-tu ?

Comme je le disais, ce que les médiacrates ont mis en avant, c’est la réaction du téléspectateur Mélenchon, et pas l’analyse politique qui lui succède, évidemment bien moins croustillante, bien moins vendeuse que les fameuses insultes. Heureusement pour nous, de courageux journalistes veillent au grain, prêts à intervenir sur moults plateaux télévisés, pour que triomphent toujours à la fin la morale et la vertu : de tels écarts de langage ne sauraient rester impunis ! Cette fois, c’est Canal+ qui s’est dévouée pour organiser le tribunal médiatique de la bienséance, et flinguer Mélenchon en bonne et dû forme... Et on peut dire qu’ils ont mis le paquet ! Sur le plateau du "Grand Journal" — vous savez, cette émission totalement dépolitisée de la quatrième chaîne, qui se donne des airs impertinents... mais n’a pas son pareil pour lécher les bottes des puissants — Michel Denisot s’est offert le luxe d’accueillir, en plus de son équipe de choc, trois des plus grandes stars de l’information : Arlette Chabot pour France 2, Laurence Ferrari pour TF1, et Anne-Sophie Lapix pour Canal+. La crème de la crème, que du bon ! Alors que leurs confrères s’étaient déjà donné un mal fou pour sortir les propos de Mélenchon de leur contexte, le "Grand Journal" les a battus à plate couture.

En plus de zapper totalement l’interview de Xavier Mathieu, donc les questions scandaleuses de David Pujadas, les extraits diffusés par l’équipe de Denisot font l’impasse totale sur le contexte : le téléspectateur n’a droit à aucun aperçu des images commentées par Mélenchon, on ne lui donne aucun élément permettant de comprendre sa réaction... Les propos tirés du film de Pierre Carles se limitent à la question de Pujadas : « Pour vous la fin justifie les moyens ? », immédiatement suivie des commentaires — eux aussi tronqués — de Jean-Luc Mélenchon  : « Salaud va... (...) Larbin... Arrête, ça me dégoûte ». Le téléspectateur du « fortin du pouvoir de l’audiovisuel » ne sait ni à qui s’adresse la question de Pujadas, ni dans quel cadre s’insérait l’interview. Il ne faut pas non plus compter sur la fine équipe du Grand Journal pour témoigner de la qualité des questions posées par leur « confrère » de France 2, dont une transcription est donnée plus haut.

 

Cette photo des trois stars est tirée du blog de Michel Soudais.

 

L’extrait vidéo a aussitôt été suivi d’une pluie de réflexions frisant l’injure. Le comportement de Jean-Luc Mélenchon, totalement gratuit, serait « absolument navrant, consternant » aux yeux d’Arlette Chabot, brandissant de façon théâtrale la dédicace qui lui a été adressée — non sans un certain humour — par le président du Parti de Gauche :

 http://www.politis.fr/local/cache-vignettes/L465xH307/Dedicace-217ac.jpg

Il est écrit : « ça vous concerne évidemment ! » - Source : ibidem.

Laurence Ferrari prend ensuite le relais, en insinuant que Jean-Luc Mélenchon se contente d’insultes parce qu’il n’a ni idées ni programme : « Encore une fois, où sont les arguments politiques et quels sont les programmes ? Moi je dis les téléspectateurs sont pas dupes, et quand il faudra juger, ça ne sera pas sur des insultes, ça sera sur des programmes et des idées ». J’ai vu l’émission, mais je ne m’en rappelle plus en détail, et elle a disparu depuis dans le cimetière de la V.O.D. canalplussienne, où elle mérite d’ailleurs de rester jusqu’à la fin des temps. Je ne suis donc en mesure de commenter précisément que les quelques extraits préservés par Arrêt sur images (cf. le lien ci-dessous), mais tout le reste était du même tonneau. Si l’on cherche des traces de cette mémorable émission, où trois stars des médias et la bande à Denisot ont tiré à boulets rouges sur Mélenchon pendant quinze bonnes minutes... eh bien on ne trouve rien du tout : visiblement, aucun journaliste n’a été indigné, ni par son procédé, ni par son contenu. Heureusement que Sébastien Rochat d’Arrêt sur images est là pour relever le niveau, puisqu’il a publié un article intitulé "Denisot organise le procès de Montebourg et Mélenchon", avec le sous-titre "à coup de pièces tronquées", dont voici un petit extrait : « Ce vendredi 15 octobre, les trois invitées n’étaient pas venues par esprit de corporatisme, vraiment pas, mais simplement pour défendre la veuve et l’orphelin (la première chaîne et le présentateur du 20 heures de France 2) face à des voyous multirécidivistes de la provocation sans fondement. (...) Pourquoi Montebourg a-t-il traité TF1 de chaîne délinquante ? Quelle mouche a piqué Mélenchon pour qu’il s’en prenne à Pujadas ? Les téléspectateurs de Canal+ n’en sauront rien. Le Grand Journal de Canal+ s’est d’ailleurs fait une spécialité de ces procès d’absents, avec pièces d’instruction tronquées » (sont alors cités les exemples récents de Didier Porte et Ségolène Royal). En complément de cet article, il est également possible de lire un compte-rendu de l’émission sur le blog de Jean-Philippe Veytizoux, hébergé par Mediapart, ainsi que cette récente tribune de Daniel Schneiderman, publiée dans "Libération".

La réplique de Mélenchon ne s’est pas faite attendre, puisqu’il a répondu d’assez savoureuse façon aux invectives sur son blog : « Les quarante secondes à propos de Pujadas déchainent une hystérie pitoyable des gros bonnets des médias. C’est à peine croyable. En même temps, à la base, techniciens, cadreurs, pigistes, cdd, intermittents du spectacle, maquilleuses, personnel de sécurité, administratifs, en nombre croissant expriment leur sympathie et renseignent nos militants. J’avais dit que nous ferons la révolution citoyenne dans les médias. J’estime que nous avons commencé à en réunir une condition de base : faire craquer la banquise de la résignation des petits, augmenter leur confiance en eux et stimuler leur détestation des chefs arrogants et méprisants qui les dominent et les humilient. (...) Le pire c’était cette perruche de Laurence Ferrari pérorant que je n’ai "ni idée, ni programme" et donc que je voulais juste qu’on parle de moi. Mais c’est elle qui en parlait ! Et qui aurait osé lui dire, sur ce plateau de fruits de mer, que, précisément, le livre que je viens de publier en est un, à sa façon, et que de toutes façons j’en ai déjà écrit dix autres, des livres, et quelques milliers de pages de blog ! On me dira d’accord mais il n’y avait aucune page à colorier dedans. Je le reconnais. Et ce n’est pas écrit en corps 92 comme sur un prompteur. Tout s’explique ! ». Mais bien entendu, de tout ceci — comme de tout ce qu’a pu dire et écrire Mélenchon à propos des médias — les journalistes ne retiennent que ce qui les arrange... C’est-à-dire qu’ils évacuent le fond, pour ne garder que le croustillant ! C’est pratique, ça évite tout risque de remise en question !

Renaud Revel, combien de divisions ?

Puisqu’il est question de croustillant, il m’est impossible de passer sous silence l’infâme billet que Renaud Revel, rédacteur en chef de l’Express, a posté sur son blog le 11 octobre, sous le titre (un tantinet provocateur) "Jean-Luc qui ?". En voici quelques morceaux choisis. Selon lui, Jean-Luc Mélenchon « a fait de la provocation un outil de marketing ». Ce « gugus » est « un homme politique virtuel », un « pur produit du petit écran », il est « celui que le médias (sic) devraient tout simplement boycotter ». car « cet huluberlu (sic), qui ne représente, peu ou prou, que lui-même, est partout », prêt à « arpenter les plateaux de télés et les studios de radios, au premier claquement de doigt, sans discontinuer : pourfendeur d’une télévision vendue aux puissances de l’argent, ayatollah patenté aux sentences définitives et sans nuances, executeur de journalistes, une profession dont il a fait une cible et qu’il abhorre ». Mais « quelle audience aurait-il sans ses numéros d’aboyeur que les médias sont bien stupides d’accueillir en tendant la joue ? ». Et puis « que serait (...) Mélenchon sans la télé ?  ». Eh bien «  rien : un obscur militant venu du PS représentant d’un courant politique confidentiel, plongé dans la pénombre, sans audience ni assise électorale ». La conclusion de ce pamphlet mérite d’être citée en entier : 

« Je ne vois pas pourquoi l’on s’obstine à convier un homme politique, dont le discours se résume à un chapelet d’oukases et d’invectives. Mélenchon, qui n‘existe que par la grâce de ceux qui ont la bêtise de l’inviter, est tout ce qui rend la politique détestable : un nauséeux mélange de poujadisme rampant et de démagogie poisseuse. Les journalistes, qui ne cessent de se plaindre de l’appauvrissement du discours politique à la télévision et de la difficulté qu’ils ont à monter des débats de bonne tenue, s’honoreraient à faire un sérieux tri ».

Heureusement qu’il se trouve encore dans notre pays de vaillants journalistes comme M. Revel, toujours prêts à prendre la plume dès qu’il s’agit de relever le niveau du débat. Sa colère est juste, il y en a marre de toutes ces invectives qui polluent l’espace médiatique ! Pour commencer à faire le ménage, je suggère que l’on cesse de se focaliser sur les dites invectives au détriment des idées, notamment dans les émissions (et pourquoi pas les blogs) qui se prétendent politiques, puis que l’on arrête de publier des textes qui les condamnent mais en sont remplis. Car franchement, si l’on retire les « oukases » et les « invectives » du texte de M. Revel, qu’en reste-t-il ? En dehors d’un appel au boycott pur et simple de Mélenchon, pas grand chose... Je me propose d’examiner un à un les arguments invoqués par le rédacteur en chef de l’Express, pour en mesurer la pertinence et la validité. Premièrement, c’est aux journalistes qu’il critique tant que Mélenchon doit son exposition médiatique et donc sa notoriété. Faut-il déduire de cette leçon du professeur Revel que tout homme politique qui se respecte devrait se prosterner face aux médias, pour leur témoigner son immense gratitude ? Faut-il également en conclure que la popularité de Mélenchon ne repose que sur le fait que sa tronche passe régulièrement à la télévision, sans que les idées qu’il défend n’aient aucun rôle à jouer dans tout cela ? Décidément, M. Revel, vous prenez vraiment les gens pour des abrutis... Et votre deuxième argument ne fait que confirmer cette impression, puisque selon vous Jean-Luc Mélenchon « ne représente, peu ou prou, que lui-même ». Quel mépris ! Quelle arrogance ! Quelle suffisance ! Figurez-vous, M. Revel, que Jean-Luc Mélenchon a été élu député européen en juin 2009, avec 8,16% des suffrages exprimés dans sa circonscription, soit 214.079 voix, qu’il se trouve à la tête d’un parti politique qui compte plus de 7.000 militants, qu’il est l’un des principaux initiateurs du Front de Gauche, lequel a obtenu entre 6 et 7% des voix lors des dernières élections, et qu’il représente un énorme espoir pour nombre de nos concitoyens qui n’ont jamais rien attendu — ou n’attendent plus rien — du Parti dit « socialiste ».

Et vous M. Revel ? D’où tirez vous votre légitimité à vous exprimer, qui semble bien plus grande que celle de Mélenchon ? Puisque vous proposez des méthodes dignes de staliniens pour en finir avec lui, j’ose poser cette question provocatrice : « Renaud Revel, combien de divisions ? » Qui êtes-vous, ou plutôt pour qui vous prenez-vous, pour vous ériger de la sorte en donneur de leçon ? Vous illustrez parfaitement le problème posé par ces médiacrates qui se croient tout-puissants, qui se sentent investis de la mission de définir la norme, alors qu’ils ne représentent qu’eux-mêmes et n’ont de comptes à rendre à personne. Mais ce qui est amusant avec vous, c’est que vous ne faites décidément pas le poids pour arriver à la hauteur de vos ambitions. La preuve, c’est que — contrairement à l’obscur Mélenchon qui doit tout aux médias et ne représente de toute façon que lui-même — personne ne sait qui vous êtes, ce dont témoignent les réactions de bon nombre d’internautes (souvent outrés par vos propos) sur votre blog : la moitié d’entre eux vous confond avec un autre Revel, celui qui se prénomme Eric et travaille pour la chaîne LCI. Même Acrimed est tombé dans le panneau : j’ai dû les avertir pour que le tir soit rectifié. Tout ceci prête plutôt à sourire quand on relit le titre du billet assassin du rédacteur en chef de l’Express... Renaud qui déjà ?

Quand Noël Mamère s’emmêle... 

Avant de conclure ce billet, je tiens à signaler la lamentable réaction de Noël Mamère, qui m’a franchement bien déçu sur ce coup. En voici des extraits, rapportés par le site "Télé 2 Semaines" : « C’est trop facile de s’en prendre à un journaliste, de s’inventer des boucs émissaires. (...) Cela participe d’une politique qui rejette les élites et transforme la presse en responsable de tous les problèmes. (...) L’invective n’est pas une politique. Jean-Luc Mélenchon s’enfonce ainsi dans la spirale de la démagogie et du popularisme ». Noël Mamère donne tout bonnement l’impression de ne pas savoir ni de qui il parle — Mélenchon, ancien sénateur, député européen, auteur d’une dizaine de livres, fustiger les élites ? c’est une blague ? — ni même de quoi il est question... Du moins j’ose l’espérer ! Car comment peut-on se prétendre de gauche et ne pas voir le problème posé par la façon dont David Pujadas a interviewé Xavier Mathieu dans son journal télévisé ?

Oui, la presse n’est pas « responsable de tous les problèmes », c’est une évidence que de le dire. En revanche, il est clair que certains journalistes ne se contentent pas d’informer les citoyens en toute objectivité — la sacro-sainte mission dont ils aiment tant se prétendre investis, lorsqu’ils cherchent à mettre en valeur leur profession — et orientent considérablement le traitement de l’information, que ce soit par leurs questions ou leurs choix éditoriaux. On est à même de se poser des question sur la légitimité de ces véritables médiacrates, qui n’ont bien souvent aucun contradicteurs face à eux, et n’ont de comptes à rendre à personne : ni à leurs auditeurs, ni à leurs téléspectateurs, ni à leurs lecteurs. Quand un journaliste fait de la propagande, que ce soit dans un sens ou dans un autre, quand ses convictions influencent notoirement la façon dont il présente une information, il est tout à fait salutaire de le signaler et de le dénoncer. Il ne s’agit pas de « s’inventer des boucs émissaires », mais de regarder les choses en face et de pointer du doigt de véritables dysfonctionnements du système médiatique.

Les propos tenus par Alain m’inquiètent...

Bien que personne ne s’en soit offusqué, Alain Minc a sous-entendu que David Pujadas était une lopette, devant tout plein de caméras, sur le plateau de l’émission "Salut les Terriens". En effet, suite à une intervention musclée de Xavier Mathieu, il s’est exclamé : « Je suis capable d’élever la voix autant que vous. Si vous croyez que vous m’impressionnez, je suis pas Pujadas hein... » (voir cet extrait vidéo, aux alentours de 5’30). Ayant été très choqué par cette attaque en règle, vraisemblablement homophobe — et peut-être même antisémite : il faudrait demander une expertise à Philippe Val ou Bruno Roger-Petit — de l’un des fleurons du journalisme français, je me tourne vers la direction de France Télévisions, dans l’espoir qu’elle condamne immédiatement et sans réserve les propos tenus par le conseiller de Nicolas Sarkozy. Bon, trêve d’humour, il est temps de revenir à des considérations un peu plus sérieuses...

Le journalisme est malade, oui mais de quoi ? Le diagnostic du bon docteur Pujadas... 

Je laisse le mot de la fin à David Pujadas, via son intervention dans l’abject documentaire "Huit journalistes en colère", diffusé sur Arte le 9 février 2010. Je l’avais vu dès sa première diffusion et son contenu m’avait fait bouillir de rage, du début à la fin : 
 

Oh et puis non ! Venant tout juste d’écouter l’émission "Là bas si j’y suis" du 26 octobre 2010, dans laquelle Daniel Mermet recevait le président du Parti de Gauche, je change d’avis. Finalement, le dernier mot, je le laisse à Jean-Luc Mélenchon, qui pose un tout autre diagnostic :

« Une démocratie — et qui plus est une République surtout ne peut pas bien fonctionner si ses deux piliers fondamentaux ne sont pas solides. Le premier, c’est l’éducation, qui forme à l’esprit critique, à la connaissance qui permet d’être en phase avec le monde dans lequel on vit, et donc de l’apprécier, de le connaître et de dire quel est l’intérêt général. Et le deuxième c’est l’appareil médiatique, parce que c’est lui qui donne l’information, qui illustre le réel, le monte, le met en scène, et donc permet normalement au peuple souverain de se tenir informé régulièrement pour donner son avis. Donc un appareil d’information qui est aussi bestialement partisan qu’il l’est aujourd’hui dans ses élites pose un problème gigantesque à la démocratie. C’est pas les points de vue, je veux dire qu’il y ait des libéraux, c’est normal, qu’il y ait des gens de centre-droit, bien sûr. Mais ce qui ne va pas c’est qu’ils soient tous de centre-droit, et tous libéraux, et tous en train de répéter le catéchisme du matin au soir, à quelques exceptions héroïques qui le payent chèrement ».

Liens à consulter :

Vous pouvez retrouver cet article et d’autres sur mon blog personnel : http://leblogdumexicain.over-blog.com/


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89 réactions à cet article    


  • voxagora voxagora 4 novembre 2010 11:29

    Bon rappel, merci.

    Quant à votre déception concernant N. Mamère,
    elle vient peut-être de ce que vous avez oublié qu’il a été
    journaliste de télévision présentant le 20H
    avant de devenir (exclusivement ?) un politique.


    • lemexicain lemexicain 4 novembre 2010 15:33

      De rien ! Je savais que Noël Mamère avait un passé de journaliste, mais j’ai préféré condamner les propos tenus par l’homme de gauche plutôt que de saisir la perche du corporatisme, car dans ce cas précis ce n’est pas le réflexe de l’ancien présentateur de J.T. qui me dérange le plus, c’est le positionnement de l’homme politique.


    • antennerelais 4 novembre 2010 12:18

      Petite anecdote, parmi des centaines d’autres « Pujadasseries » :

      Hier au 20H de France 2, Pujadas ne consacra que 25 pauvres secondes aux révélations du Canard enchaîné sur l’espionnage de journalistes supervisé par Sarkozy en personne.

      Pour clore cette « brève » concédée à l’info capitale du jour, Pujadas eut cette phrase :

      « Voila qui nous amène à la politique »

      (suivit un sujet sur les déclarations de Fillon disant qu’il était prêt à continuer sa tâche de 1er ministre)

      Comme si les révélations du Canard n’étaient pas éminemment politiques !

      Cette petite phrase de Pujadas rabaissait de fait l’info du Canard à un bas niveau de type fait divers voire ragots.

      Mais un fait divers véritable, par exemple l’enlèvement d’une jeune autrichienne enfermée des années dans une cave, donna lieu dans le même JT d’hier à 4 minutes et 6 secondes ! (sous prétexte que la fille venait de sortir un bouquin), y compris avec chronique plateau larmoyante du journaliste maison suivant les affaires judiciaires !

      Sans compter dans ce JT, le « dossier du jour » sur les forêts françaises (5 minutes) (il y eut aussi un sujet sur une fille qui venait d’accoucher à l’âge de 10 ans)...

      Ce 20H de Pujadas, sensé être un journal d’information, se rapproche sans cesse davantage d’un magazine bas de gamme pour décérébrés.


      • antennerelais 4 novembre 2010 12:23

        J’oubliais de citer cette analyse classique d’un fragment de JT de Pujadas :

        Nouveau « bain de foule » sarkozyen factice au 20H de France 2 !


      • BOBW BOBW 4 novembre 2010 20:00

        @ antennerelais : trés juste pour un journaliste (avec un salaire de de 12000 € /mois )d’ une télévision publique ( dont la redevance payée par les contribuables) est régulièrement en augmentation !!


      • Jicé Jicé 5 novembre 2010 00:06

        « Pujadasseries », excellent ; voilà un mot qui devrait connaître un bel avenir !


      • iris 4 novembre 2010 12:40

        oui mais la majorité regarde la télé tfi1-la 2-la 3-direct 8-etc...
        et ils votent...


        • Nicolas5 4 novembre 2010 12:48
          Excellent article, bien argumenté, merci.

          Jean-Luc Mélenchon est un homme courageux, il a été un honnête ministre délégué à l’enseignement professionnel, défendant bec et ongles un budget insuffisant, un des rares qui ne marchait pas sur la tête à l’Éducation Nationale. Il s’est souvent opposé à Jack Lang, son ministre de tutelle et à Lionel Jospin le premier ministre d’alors, auteur de la fameuse loi d’orientation mettant « l’élève au centre », « acteur de sa propre orientation ».

          Le propre des gens vraiment intelligents, c’est qu’ils s’attirent souvent la haine des cons. Je pense aussi à la chanson de Guy Béart (j’adore le citer pour emmerder les cons !) « La Vérité » : « Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté... »

          • CORDIER 24 novembre 2010 11:54

            Il me semble que beaucoup de personnes se laissent hypnotiser par JL Mélenchon.
            Ce type est un imposteur ; le voilà sénateur et député européen avec un cumul annuel d’indemnités supérieur à 200 000 € et il veut nous faire croire qu’il défend les déshérités.
            A mourir de rire si ce n’était le mépris qu’il affiche vis à vis de qui ne partage pas son point de vue.
            Mélenchon, c’est TARTUFFE. Il palpe les indemnités de député euopéen, alors qu’il n’y met pratiquement jamais les pieds, tel Rachida Dati.
            En tout cas, ce type est nauséabond et avec sa tendance style Allègre à considérer que lui seul a raison, il me dégoûte de la gauche.
            C’est un doctrinaire, autoritaire. Ma vision de la gauche est bien lointaine de la sienne. Quand parle-t’il de créer de la richesse ? Que sait-il du travail, de l’entreprise ?
            Qu’il commence par donner plus de 60 % de ses revenus et indemnités à des nécessiteux et après, on pourra discuter. Pour moi, c’est gauche caviar et compagnie, celle-là même qu’il dénonce. La générosité, vous connaissez, monsieur l’imposteur ? 


          • lemexicain lemexicain 24 novembre 2010 13:05

            @ CORDIER :

            Je ne suis pas en mesure de répondre à tous les commentaires, en particulier à ceux qui sont hors-sujet comme le vôtre (mon article porte sur les médias, pas sur l’intégrité de Jean-Luc Mélenchon), mais je ne peux pas laisser dire n’importe quoi sans réagir.

            « le voilà sénateur et député européen avec un cumul annuel d’indemnités supérieur à 200 000 €. (...) Qu’il commence par donner plus de 60 % de ses revenus et indemnités à des nécessiteux et après, on pourra discuter »
            .

            Mélenchon ne cumule pas de mandats. Il n’est plus sénateur depuis qu’il siège au Parlement européen. En tant que député européen, il touche 7.000 euros brut par mois, et je sais de source sûre qu’il en reverse plus de la moitié à son parti politique. En revanche, je ne suis pas aussi bien renseigné que vous sur ses dons à des associations caritatives et sur l’argent qu’il donne aux SDF dans la rue, donc je ne peux rien en dire. D’ailleurs, vous feriez peut-être mieux de faire pareil.

            « Il palpe les indemnités de député euopéen, alors qu’il n’y met pratiquement jamais les pieds »

            Sur quoi repose cette assertion ? Mélenchon manque très peu de séances au Parlement européen, et lorsque ça arrive il justifie ses absences sur son blog. En outre il est d’ailleurs le seul à ma connaissance à publier des compte-rendus précis et détaillés de chacun des textes votés, et à expliquer le choix de son vote (pour, contre ou abstention), en présentant ses arguments aux lecteurs de son blog. Connaissez-vous d’autres députés européens qui prennent leur rôle autant à cœur et se donnent la peine d’informer les électeurs de ce qui se passe au Parlement europeén ? Moi pas.

            Voici un lien vers le compte-rendu de la session plénière du 10-11 novembre 2010, pour que tout le monde puisse en juger : http://www.jean-luc-melenchon.com/en-seance-au-parlement-europeen/10-11-novembre-2010/


          • Harfang Harfang 4 novembre 2010 13:20

            J’avoue que je connaissais peu Mélenchon jusqu’à une date récente. Le « buzz » en lui même mis à part, ce que j’ai pu lire sur l’individu me le rend éminemment sympathique. Et ce que j’ai eu l’occasion de lire de son programme (que soit-disant il n’a pas) me le rend d’autant plus sympathique. Comme quoi tout espoir n’est peut être pas perdu ?


            • Traroth Traroth 4 novembre 2010 13:40

              Oui, mais vous ne comprenez pas le principe de la liberté de la presse : la presse est libre de nous informer. Ou pas. C’est ça la liberté !

              Le devoir d’informer, ça, on n’en parle jamais...


              • Pyrathome pyralene 4 novembre 2010 14:16

                Article complet et pertinent !!

                Mélenchon représente le seul et unique espoir de la gauche, LA VRAIE !!.....
                il va falloir désormais compter avec ce brillant esprit !! je rêve que d’une chose, qu’il fasse exploser le PS et ses tartuffes qui osent encore se réclamer de la gauche, afin de ramener à lui la totalité des électeurs trompés et usurpés....


                • Joel Spiggott Joel Spiggott 4 novembre 2010 20:49

                  Je suis entièrement de votre avis. Dehors les Strauss-Kahn, Valls, Hollande, Royal, Dray, Fabius, Aubry, etc... !


                • micmousse micmousse 4 novembre 2010 14:39

                  Mélenchon représente l’espoir de la vrai gauche et je rappelle que le Front de Gauche ( PCF , PG , GU) fait appel aussi à toutes les volontés pour créer le programme populaire partagé : non seulement chaque parti a un programme mais ils vont être synthétisés en un seul pour que chacun puisse se faire son opinion et voter en faveur de son contenu et non sur la gueule de ceux qui se présentent ou sur le choix des journalistes

                  1

                  • Unghmar Gunnarson Unghmar Gunnarson 4 novembre 2010 14:53

                    Très bon article. Rien à rajouter.

                    Le deuxième tour des prochaines élections ne sera pas forcément un DSK-Sarkozy.


                    • robin 4 novembre 2010 15:47

                      Ne criez pas trop vite victoire, il ne faut jamais sous-estimer les réflexes moutonniers de nos concitoyens qui ont permis à cette mafia de se maintenir depuis si longtemps.


                    • Unghmar Gunnarson Unghmar Gunnarson 4 novembre 2010 16:25

                       Loin de moi l’idée de crier victoire trop vite, mais je pense que vous faîtes fausse route quand aux citoyens moutons. Le fiasco de la campagne de vaccination A H1N1, le soutien aux grèves qui viennent d’avoir lieu, la cote de popularité de notre chef éclairé et d’autres petits détails me permettent d’espérer que ce n’est pas le cas.


                    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 4 novembre 2010 15:01

                      Bonjour et beau travail,

                      en effet, quand on voit ce qu’on écoute, on a envie très souvent d’en ddécoudre avec les médias laquais du pouvoir central. Jean Luc Mélenchon a ce courage de dire tout haut ce qu’une grande majorité de français digère mal tous les soirs, à l’heure du repas au 20h. D’ailleurs, la révolution, les grèves et les manifestations sont le trop plein qui déborde dans la rue, vase de Soisson d’injustices, de déni de réalité, de concerts de langue de bois, de séances de lèche bottes, ect, que les français cumulent quotidiennement sans droit de réponse.

                      Cet homme est de la trempe de nos grands politiciens, chanteurs rebelles et humoristes du siècle dernier, absents aujourd’hui, et pas de ceux qui donne leurs voix pour faire la publicité des puissants groupes de grande distribution. Dans son programme de campagne, il devrait inclure Christophe Alévèque, Didier Porte, Stéphane Guillon, et Dieudoné comme ministre ou conseillers d’État...


                      • Jaime Horta Jaime Horta 4 novembre 2010 15:32

                        Mélenchon c’est comme tout les autres à gauche, à part son petit numéro de claquettes, très concrètement, sont programme une fois au pouvoir n’a absolument aucun mystère.

                        Cela consiste uniquement à augmenter tout les impôts, directs ou indirect, ensuite avec cette argent saupoudrer à perte tout les collectivismes qui font son fond de commerce pour s’assurer sa réélection.

                        Absolument rien de nouveau.

                        Peu importe que cela produise de l’inflation, du chômage, de la précarité, de l’exclusion.

                        On dira toujours que c’est la faute de la droite et des capitalistes.


                        • robin 4 novembre 2010 15:40

                          Vous préférez sans doute vous faire pressurer indéfiniment par la mafia financière mondialisée, c’est tellement mieux.....lol ?


                        • robin 4 novembre 2010 15:45

                          Allez expliquer ça aux millions de propriétaires américains qui se sont faits foutre à la rue par des banquiers qui fabriquent à la chaîne des faux papiers d’hypothèques grâce aux merveilleux chaos mortifère engendré par l’idéologie néolibérale mondialiste, vous allez vous tailler un franc succès !


                        • lemexicain lemexicain 4 novembre 2010 15:56

                          Mon article porte sur la façon dont les stars du journalisme biaisent au quotidien le traitement des informations pour influencer l’opinion, leur fâcheuse tendance à se croire intouchables et irréprochables, et l’insupportable attitude corporatiste qu’ils adoptent dès qu’une star appartenant à leur milieu est mise en cause. Bien que Mélenchon soit au cœur de la polémique que j’utilise pour mettre en lumière ces phénomènes (et il s’agit malheureusement d’un exemple parmi tant d’autres), je ne vois pas du tout l’intérêt de votre commentaire. Si je puis me permettre, celui-ci consiste d’ailleurs en un grotesque amas de clichés sortis tout droits (au mieux) du grenier de l’UMP. Vous avez oublié de mentionner les chars russes.


                        • Unghmar Gunnarson Unghmar Gunnarson 4 novembre 2010 16:12

                          "Mélenchon c’est comme tout les autres à gauche, à part son petit numéro de claquettes, très concrètement, sont programme une fois au pouvoir n’a absolument aucun mystère.Cela consiste uniquement à augmenter tout les impôts, directs ou indirect, ensuite avec cette argent saupoudrer à perte tout les collectivismes qui font son fond de commerce pour s’assurer sa réélection.« 

                          Alors, premièrement, le programme du Front de Gauche est ( entre autre ) d’en finir avec le régime présidentiel par le biais d’une constituante pour passer sous régime parlementaire. Expliquez moi comment assurer sa ré-élection en tant que président quand on a supprimé le poste ?

                           »Absolument rien de nouveau.« 

                          Absolument méconnaissance du sujet avec en prime un raccourcis Front de Gauche = communistes = U.R.S.S., Staline tout ça. Oh mon Dieu, le retour des rouges !

                           »Peu importe que cela produise de l’inflation, du chômage, de la précarité, de l’exclusion.« 

                          Parce que la situation est idyllique ? Sans parler de la R.G.P.P. et des milliers d’emplois non recensés sur cette carte ... Et pitié, pas le coup de »c’est la faute de la crise« .

                           »On dira toujours que c’est la faute de la droite et des capitalistes.« 

                           La droite a produit des choses, et parmi les plus admirables auxquelles elle a participé, à mon avis, le programme du C.N.R. La droite actuelle, si vous la désignez par l’U.M.P. n’a rien à voir avec des ces valeurs, ou même le »Gaullisme", tout comme le P.S. n’a rien à voir avec la gauche. Ils alternant depuis 40 ans et oui, il est temps de sortir de ça.
                           Quand au capitalisme, ce n’est quasiment plus qu’une génération d’héritiers qui, depuis belle lurette, ne produisent plus rien et parasitent l’espace public à coup d’optimisations fiscales. Croyez vous vraiment que le capitalisme n’y est pour rien dans le marasme mondial qui a court actuellement et dont la deuxième vague se profile à l’horizon ?


                        • Jaime Horta Jaime Horta 4 novembre 2010 16:24

                          Mélenchon depuis quelques temps est boosté par tout les médias et par ces mêmes journalistes qui sont tous pratiquement du même bord que lui.

                          Apparemment tout ces journalistes ont misé sur Mélenchon afin de redonner quelques couleurs à la gauche décrépie, et lui permettre quelque part d’exister autrement que par les discours creux d’une Martine Aubry qui les enfoncera encore d’avantage.

                          Pour moi le numéro de claquettes de Mélenchon j’y crois pas plus que ça.

                          Mélenchon c’est le système, il en fait parti intégrante, et son numéro de divertissement n’est là que pour servir le système en donnant l’impression aux français qu’il existe une réelle opposition et un débat démocratique.

                          Grâce à Mélenchon vous avez tous l’impression qu’il se passe quelque chose, alors qu’en réalité il ne se passe absolument rien.

                          C’est exactement comme pour le FN, ou les deux partis uniques qui se partagent le pouvoir on compris depuis longtemps qu’ils avaient besoin de Front National pour être élus.

                          Mélenchon c’est exactement pareil, dans le rôle du chien de berger, comme ça les moutons sont bien gardés.


                        • robin 4 novembre 2010 16:37

                          Vous nous dites :

                          Mélenchon depuis quelques temps est boosté par tout les médias et par ces mêmes journalistes qui sont tous pratiquement du même bord que lui.

                          Apparemment tout ces journalistes ont misé sur Mélenchon afin de redonner quelques couleurs à la gauche décrépie, et lui permettre quelque part d’exister autrement que par les discours creux d’une Martine Aubry qui les enfoncera encore d’avantage.

                          Pour moi le numéro de claquettes de Mélenchon j’y crois pas plus que ça.

                          Mélenchon c’est le système, il en fait parti intégrante, et son numéro de divertissement n’est là que pour servir le système en donnant l’impression aux français qu’il existe une réelle opposition et un débat démocratique.

                          Grâce à Mélenchon vous avez tous l’impression qu’il se passe quelque chose, alors qu’en réalité il ne se passe absolument rien.

                          C’est exactement comme pour le FN, ou les deux partis uniques qui se partagent le pouvoir on compris depuis longtemps qu’ils avaient besoin de Front National pour être élus.

                          Mélenchon c’est exactement pareil, dans le rôle du chien de berger, comme ça les moutons sont bien gardés.
                           -------------------------------------------------------------
                          Comme dis l’autre la critique est facile mais l’action l’est moins  : vous vous apportez quoi de nouveau hormis un propos de café du commerce ?



                        • Jaime Horta Jaime Horta 4 novembre 2010 16:41

                          @ Unghmar Gunnarson

                          A partir du moment où vous avez une politique sociale de gauche, qui sous prétexte de partage des richesses, pressurise toutes les couches de la société, car bien entendu votre argent ou le mien en rapport avec la masse, rapportent infiniment plus que celui du capitalisme, vous ne faites que de renforcer le pouvoir de ce dernier.

                          Là raison en est que la pression fiscale fait en sorte de placer les grands groupes capitalistes en position de monopole, dans la mesure où l’on a détruit la libre concurrence et que la fiscalité est toujours à l’avantage du capitalisme, car ce qu’il perd d’un côté en matière de fiscalité, il le récupère de l’autre en trustant l’économie, car il dispose toujours de moyens d’investissement que d’autre n’ont pas.

                          Lorsque l’on va au bout de la logique, et si l’on veut réellement éliminer ce type d’effet pervers, on s’aperçoit inévitablement qu’il faut abolir toute forme de propriété privée.

                          Entre les deux, on ne peut que produire chômage, inflation, inégalités etc.... Car plus vous redistribuez de richesses et moins vous en produisez, et c’est ainsi que vous mettez le capitalisme en position de monopole, puisque vous lui attribuez l’exclusivité de toute la production et de la distribution.


                        • Jaime Horta Jaime Horta 4 novembre 2010 16:47

                          Comme dis l’autre la critique est facile mais l’action l’est moins : vous vous apportez quoi de nouveau hormis un propos de café du commerce ?

                          C’est l’hôpital que se fout de la charité !

                          Le café du commerce c’est chez Mélenchon que ça ce passe. Il met le faux nez du révolutionnaire, et vous vous applaudissez.

                          Je vous rassure, il ne se passe strictement rien avec Mélenchon, ni avec les autres d’ailleurs.

                          La chanson je la connais par cœur, d’ailleurs c’est toujours la même depuis 40 ans.

                          Les révolutionnaires en peau de lapin comme Mélenchon c’est un peu trop gros pour être vrai, et faut vraiment être le perdreau de l’année pour y croire.


                        • Unghmar Gunnarson Unghmar Gunnarson 4 novembre 2010 17:53

                          @ Jaime Horta

                           Merci de votre réponse. Mais je pense que vous confondez théorie socialiste et programme de monsieur Mélenchon qui ne peut pas se résumer à « partage des richesses ».


                        • at974 at974 4 novembre 2010 18:10

                          Vous écrivez :« Grâce à X vous avez tous l’impression qu’il se passe quelque chose, alors qu’en réalité il ne se passe absolument rien. »

                          Question, ; si vous remplacez le nom que vous avez cité par ’au hasard) SARKOZY en 2007, que se passe-t-il ?
                          Révélation ??

                          Bonne soirée

                        • Emmanuel Aguéra LeManu 4 novembre 2010 21:09

                          Jaime, stp, lâche un peu le trolley et essaye donc la psychanalyse...


                        • sisyphe sisyphe 5 novembre 2010 10:16

                          Par Jaime Horta (xxx.xxx.xxx.209) 4 novembre 16:24

                          Mélenchon depuis quelques temps est boosté par tout les médias et par ces mêmes journalistes qui sont tous pratiquement du même bord que lui.


                           smiley smiley 

                          Le pauvre jaime horta n’a même plus assez de cerveau disponible pour voir la réalité autrement qu’à travers ses lunettes tf1-coca-cola ! 

                          Allez, jaime, à la tienne ! 

                           smiley 




                        • sisyphe sisyphe 5 novembre 2010 10:19

                          l’ineffable jaime horta 


                          . Car plus vous redistribuez de richesses et moins vous en produisez, 

                          Vous nous expliquez ce superbe oxymore ? 
                           smiley 

                        • xbrossard 5 novembre 2010 10:43

                          @jaime horta


                          « Lorsque l’on va au bout de la logique, et si l’on veut réellement éliminer ce type d’effet pervers, on s’aperçoit inévitablement qu’il faut abolir toute forme de propriété privée. »

                          voit pas le rapport...à moins que vous ne vouliez encore nous faire peur avec les rouges sanguinaires qui veulent vous prendre vos maisons...

                          en quoi la suppression de la propriété privée sur mon téléviseur (qui deviendra donc partagé par tous) est-il obligatoire pour relancer l’économie ? n’est ce pas plutôt que vous voulez caricaturer vos adversaires comme le font tout ceux qui n’ont pas d’argument, en amalgamant ?

                          je le dit et le redit (et Marx aussi d’ailleurs, si vous l’aviez lu) : Marx préconise l’abolition de la propriété privé des moyens de production, et pas d’autres choses


                        • robin 4 novembre 2010 15:39

                          Ca n’est pas pour rien qu’on parle de la « GRAND MESSE DU 20 heures ».

                          La médiacratie est un des plus hauts clergés de la religion matérialiste mondialiste dont le dieu est le pognon et remettre en cause ce clergé est un blasphème terrible que les sectataire de cette religion se font un devoir de condamner en procès d’inquisitions publics.

                          Un certain Jean L’évangéliste appelait cette mafia nauséabonde « Babylone la grande » : un excellent résumé en somme.


                          • Jaime Horta Jaime Horta 4 novembre 2010 17:24

                            Mélanchon est un calculateur, un opportuniste.

                            Mélenchon prépare le terrain pour le PS en vu des élections de 2012.

                            Lorsque que le PS sera bien placé, ils nous présenterons leur packaging avec Mélenchon dans le chapeau pour un poste ministériel pour ceux qui ont adoré son numéro de claquette.

                            Et si le PS gagne ont aura bien évidemment une bonne vieille sociale démocratie à la papa, double menton compris, croissance molle, chômage de masse, et les flics continuerons à contrôler les noirs et les arabes.

                            Le chômage de masse ça fait parti du système socialiste, et pour que ça marche il faut une France hyper fliquée, et au même temps hyper inefficace, car autrement ça pourrait ce voir que nous ne sommes pas vraiment dans une démocratie tel qu’on l’entend.


                          • Pyrathome pyralene 4 novembre 2010 17:49

                            Mélenchon fait peur à tes amis du FHaine, pluto Popu....
                            c’est bon signe alors !! on s’en réjouit d’avance  !!!  smiley


                          • Jaime Horta Jaime Horta 4 novembre 2010 18:13

                            Mélenchon fait peur à tes amis du FHaine, pluto Popu....

                            On n’a jamais vu un clown faire peur à qui que ce soit, et Mélenchon ne fait absolument peur à personne, il fait seulement rire.

                            Il y a très peu de temps on lui a même appris l’existence du diner du « Siècle » qu’il semblait totalement ignorer, ou même ce qui est le plus probable, faisait semblant d’ignorer.

                            Quand il aura fini d’aboyer il rentrera bien gentiment à la niche.


                          • sisyphe sisyphe 5 novembre 2010 10:22

                            Par Popu (xxx.xxx.xxx.109) 4 novembre 20:29

                            Je ne suis pas au Fhaine,(...) 

                            Par contre, je trouve indéniablement plus de valeur à Marine qu’à

                             smiley smiley 

                            Pas du FHaine, mais sympathisant ; entre bas du Front, on se reconnait, pas vrai, popu ? 



                          • Jean_R Jean_R 7 novembre 2010 20:06

                            C’est moi ou vous voulez vraiment vous donner un style avec vous tournures de phrase ?

                            Vos figures de style sentent la naphtaline (et un peu le Yoda aussi) tandis que vos idées empestent bien plus encore.

                            ... « Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant 

                            Populiste ! Populiste Populiste ! mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien. »

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