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Journalisme citoyen et cinquième pouvoir

L’Internet est parfois appelé la toile. Et s’il est aussi dit virtuel, il faut bien reconnaître qu’il s’agit de tout un monde où chacun peut venir et vivre en toute liberté. Sans les contraintes des pouvoirs établis ou évidents. Que ceux-ci soient financier ou juridique. Avec Internet, le citoyen a toute sa place et peut donner son avis sur l’actualité. Jusqu’à la donner lui-même. Mais, face à ce mouvement récent, certains professionnels du journalisme crient au scandale et au danger. Ce qui est appelé le journalisme citoyen ne serait-il pas que du journalisme amateur déguisé ? Intelligente interrogation ou accusation de mauvaise foi ? Si le journalisme citoyen appelle à devenir le cinquième pouvoir, il s’agirait là d’une véritable chance pour la démocratie et non d’un plaisir malsain ou vicieux. Sous certaines conditions tout de même.

Du journalisme au journalisme citoyen


Un journaliste est un professionnel. Le journalisme est un métier. N’est pas journaliste qui veut. Est journaliste celui qui est payé pour écrire des articles qui portent sur l’actualité. Pour être journaliste, il est possible de suivre une formation encadrée qui amène à cette profession. En général, le mot d’ordre pour la presse est d’être neutre. En effet, un journaliste doit rapporter l’information (d’où le terme de reporter) telle qu’elle est, de la façon la plus simple possible et sans donner son avis. Le lecteur lit un article pour connaître les faits et non pour connaître l’avis de l’auteur de l’article sur le sujet qu’il a composé. Ce devoir du journalisme est de plus en plus contesté aujourd’hui. Le monde actuel se plaint de la corruption des médias. Le public lit la presse tout en la soupçonnant de corruption. Le fait que les plus importants groupes financiers soient propriétaires des principaux médias, et tiennent même entre leurs mains la vie de la presse, fait gronder l’opinion.

Les médias ne sont plus seulement accusés de donner une opinion sur l’actualité, mais tout simplement de fabriquer cette dernière. Ainsi, le public pense selon l’opinion que lui dictent les journaux puisqu’ils fabriquent eux-mêmes l’information. Même les médias ne doutent plus de leur corruption puisqu’ils parlent eux-mêmes de ce sujet et semblent parfois s’en plaindre. Ainsi, le lecteur trouvera toujours un journal qui parlera de people-isation ou de corruption chez certains confrères, mais jamais pour eux-mêmes. Or, si chacun se plaint du confrère, alors c’est que tout le monde se prête au jeu de ce qu’il se plaint. Le résultat est simple : aucun média n’est crédible. Mais, loin d’être un problème, cette accusation devient un atout. Elle devient un sujet d’actualité. La presse parle de la crise de la presse, les médias de la corruption des médias. Et au lieu d’être un suicide collectif, le monde de l’information renaît de ses cendres. Le lecteur achète le journal parce qu’il s’intéresse à ce sujet et que les journalistes, qui sont seuls à pouvoir en parler en ont fait l’actualité. Ainsi, pour lire un article sur la corruption de la presse, il faut acheter un article de presse. Résultat : la presse est gagnante.

Cependant, à l’aube du troisième millénaire, le temps du papier est révolu. En effet, celui-ci, autrefois si prestigieux, est délaissé par la population qui vit avec son temps. Et l’information ne s’achète plus dans un kiosque, mais se consulte en ligne. Le moyen de diffusion est simple. Tous les médias s’y sont mis. Il s’agit d’Internet. Monde de demain, mais déjà d’aujourd’hui. Monde virtuel et pourtant tellement présent. Autant le papier laisse paraître une certaine classe, autant ce réseau informatique est un moyen utile dont le constat de l’utilisation régulière, fréquente, incontournable et nécessaire s’impose à chacun. Tout passe désormais par Internet : c’est une évidence ! Le lecteur est un homme qui ne peut vivre sans celui-ci. Et s’il lit l’information sur la toile, il voit aussi que cette dernière lui permet l’inimaginable. Ainsi, le lecteur peut devenir auteur. Ainsi, le lecteur mécontent peut corriger l’actualité. Lui aussi peut se prendre pour un journaliste et diffuser ses articles. En les mettant en ligne, il est clair que tout le monde peut les voir. Ainsi, le lecteur prend autant de place qu’un journaliste dans le monde de l’actualité. Le lecteur n’est plus seulement un client, il peut même devenir un adversaire.

Différence entre journalisme amateur et journalisme citoyen

Une question s‘impose : pourquoi écrire ? Pourquoi accomplir à son tour le travail de journaliste ? Il est évident qu’il y a assez de professionnels pour ne pas se mêler soi-même de l’information. Celui qui tient un blog sur l’actualité ne fait-il pas preuve ainsi d’égoïsme ? D’ego mal maîtrisé ? La reconnaissance à tout prix. Peu importe les moyens, seule compte la fin. L’internaute n’aurait donc qu’un but : connaître à son tour la reconnaissance, voire le succès. L’internaute redeviendrait un enfant qui rêve de gloire et fuit l’affrontement de la réalité que lui impose la vie. L’internaute écrirait à son tour alors que des journalistes sont au chômage ou que des pigistes peinent à boucler leurs fins de mois, ce qui prouve bien que la presse n’a pas besoin de lui. En même temps, puisque l’internet lui donne la possibilité de se lancer dans cette aventure de l’information, pourquoi ne la saisirait-il pas ?

Le journalisme que peut développer l’internaute serait donc du journalisme amateur. En effet, l’internaute se rendrait chaque matin à son travail et le soir en rentrant, ou quelquefois sur son poste de travail dans la journée, il écrirait quelques articles sur l’actualité. Chômeur ou employé, chacun peut ainsi, par l’intermédiaire de la toile, se prêter au jeu du journalisme, être un journaliste amateur. La vie infligerait ainsi à l’Homme le travail pénible auquel il doit se plier au quotidien pour subvenir à ses besoins, mais lui permettrait avec le web de s’épanouir dans une passion : le journalisme. Jusqu’à être plus que passionné, mais véritablement amateur.

Cependant, l’amateurisme journalistique représenterait tout de même quelques problèmes, voire même quelques dangers. En effet, celui qui est amateur est en général celui qui aspire à devenir professionnel ou qui n’y est pas parvenu. Ainsi, un sportif commence sa carrière en amateur et vise à intégrer l’élite où il espère faire carrière. Un journaliste amateur, lui, semblerait être un simple passionné, qui fait partager sa passion dans le but de vivre sa passion. Or, si le journaliste amateur n’est pas défendu d’inventer un nouveau genre, en l’occurrence le journalisme amateur, il semble évident que celui-ci comporte quelques incohérences. En effet, l’information n’est pas faite pour qu’un passionné couche sa plume sur du papier ou pose ses doigts sur un clavier afin de parler d’elle.

Non, l’information a pour objet d’informer le public parce que celui-ci veut connaître la réalité du monde dans lequel il vit. C’est pourquoi le journalisme est une profession. L’information est l’œuvre de professionnels. Elle doit être contrôlée. Il n’est pas possible qu’il soit raconté n’importe quoi au public. D’ailleurs, l’informateur ne raconte pas, mais rapporte. Il rapporte des faits. De la manière la plus simple possible. Le reporter doit s’en tenir au fait. Et c’est ainsi que le lecteur juge. C’est pourquoi la presse se veut être neutre. Elle ne doit influencer le jugement du lecteur, mais lui permettre de se faire une opinion. Le lecteur pense grâce à la presse.

L’existence de la presse libre et neutre manifeste l’existence de la démocratie. La presse est un pilier de la démocratie. C’est pourquoi elle doit être le quatrième pouvoir. Ainsi, parce qu’elle a la mission de veiller au respect de l’existence de la démocratie, la presse s’est spécialisée dans une catégorie particulière : le journalisme d’investigation. Cette fois, le reporter a pour mission de rapporter la vérité au cours d’une longue enquête. Il doit étudier longuement et sérieusement le dossier parce qu’il en va du maintiens de la démocratie. Le journaliste d’investigation a pour mission l’existence de la démocratie. C’est sa raison d’enquêter.

Malgré cela, malgré toutes ses raisons qui doivent être pour les concernés une véritable maxime, le journalisme, qu’il soit d’investigation ou non, n’est pas à l’abri de manipulations des plus forts. Il suffit d’avoir les moyens financiers pour créer un journal ou en racheter un et ainsi, la manipulation de l’opinion peut être faite. La presse et le journalisme ne sont pas à l’abri de la corruption. Et si le journalisme est corrompu, alors le citoyen doit réagir parce que la démocratie est menacée et que si la démocratie est menacée, c’est sa propre existence qui est en danger. De fait, le citoyen n’existe que dans un régime républicain démocratique. Cela s’est révélé définitivement au cours du siècle dernier. Mais, déjà dans l’Histoire, le Citoyen participait à la vie politique. Par exemple au temps des cités. Et, au cours du temps et par le développement de la réflexion philosophique, le citoyen s’est retrouvé comme une preuve de la démocratie.

En particulier depuis la Révolution française où le citoyen contre le sujet. Le premier est libre parce qu’égal des autres citoyens devant la loi tandis que le second est soumis au Roi. Seule une nation citoyenne est démocrate parce que la démocratie, c’est le respect de tous les citoyens. Un régime totalitaire ne peut être une nation citoyenne car tous ses résidents ne jouissent pas des mêmes droits et n’ont pas les mêmes devoirs. La citoyenneté, c’est le respect de l’autre. Pour le maintiens de la paix, les citoyens oeuvrent pour la démocratie. Celle-ci passe par la liberté de la presse. Et cette dernière est accusée d’être corrompue aujourd’hui. Une presse corrompue par des forces malsaines est le mouvement d’une démocratie en danger. Le citoyen se doit de réagir. Un citoyen est engagé. Il a des devoirs civiques et moraux. La presse est un pouvoir que le citoyen se doit de contrôler. Avec Internet, ce contrôle est possible. Le citoyen doit s’en servir. C’est la naissance du journalisme citoyen. Si le journalisme amateur relève du plaisir, le journalisme citoyen relève du devoir.

Du journalisme d’investigation au journalisme citoyen

Il existe déjà un genre de journalisme qui a pour but la vérité parce que la démocratie dépend de celle-ci. C’est le journalisme d’investigation. Celui-ci a révélé de grandes enquêtes comme l’Histoire nous le montre. Cependant, comme déjà souligné précédemment, le problème de ce journalisme, c’est que comme toute profession, il est dirigé. Et le directeur peut être corrompu à corrompre le genre. C’est le danger de toutes professions. Peu importe les maximes et les valeurs. Celles-ci peuvent être balayées par le simple vécu de la réalité. L’Homme ne cède pas parfois à la tentation. Dans le cas de la presse, il en va de l’existence de la démocratie. Les libertés de paroles et d’opinions passent par la liberté de la presse. Si le citoyen a des droits grâce au régime démocratique, il a des devoirs envers lui. La démocratie est vécue par le citoyen. Elle ne peut être que défendue par lui. Le citoyen doit donc pour cela contrôler le quatrième pouvoir. Le citoyen doit exercer son pouvoir sur la presse dans une fin démocratique.

C’est le cinquième pouvoir, qui est appelé le journalisme citoyen. En effet, le citoyen écrit à son tour. Il rivalise ainsi avec le journalisme professionnel. Mais, à la différence du journalisme professionnel, il n’écrit pas seulement pour informer. Mais, dans le but de faire pression sur la presse et de rétablir la vérité au cas où cette dernière manquerait à son devoir. Le journaliste citoyen se doit donc d’être au mieux interrogateur, au pire de donner son opinion. Le journaliste citoyen ne peut rester neutre car dans ce cas, il serait inutile puisque la maxime de neutralité relève du journalisme professionnel. Il doit marquer sa différence. Le journaliste citoyen doit pousser le lecteur à réfléchir plus encore que ne le fait un journaliste. Mais, à la différence de la presse professionnelle, son arme n’est pas la neutralité.

Cependant, donner son opinion ou interpeller par son texte ne revient pas non plus à être démagogique. En effet, le journaliste citoyen est un citoyen qui accomplit volontairement un devoir de citoyenneté. Il œuvre ainsi pour la démocratie et l’une de ses maximes est de repousser l’extrémisme qui est de la corruption. Il ne faut pas oublier que la base del’engagement du journaliste citoyen est le combat contre la corruption. Le journaliste citoyen est donc un démocrate qui lutte contre la corruption. C’est un citoyen engagé. Il est appelé journaliste citoyen. Ce n’est pas sa profession. C’est un devoir auquel il obéit volontairement. C’est pourquoi il ne peut prétendre au titre de journaliste. Il y a une différence entre un journaliste et un journaliste citoyen. Le premier est un professionnel qui a pour objectif d’informer tandis que le second est un volontaire (bénévole) qui accomplit un devoir de citoyenneté. Il n’est donc ni amateur, ni professionnel, mais volontaire d’une mission citoyenne.

Du volontaire particulier à la mission collective

Avec Internet, tout le monde peut mettre ses écrits en ligne. Il suffit de créer un blog ou un site pour cela. Seulement, pour que la mission réussisse, il faut que les articles soient lus par le plus grand nombre. Sinon, l’écrit et la réflexion resteront vains et le journalisme citoyen ne pourra vivre. A quoi bon écrire si ce n’est pas pour être lu ? Comment interpeller le public si des millions de citoyens qui ont la même mission se dispersent sur la toile ? L’éparpillement est un danger pour ce genre de journalisme étant donné que le monde du web est infini. Pour être lu, les journalistes citoyens ne doivent pas rester enfermés dans leurs blogs respectifs, mais écrire dans un journal qui aura autant d’audimat qu’un journal professionnel. Il s’agit d’un journal citoyen. Le journaliste citoyen doit écrire sur un journal citoyen. Ainsi, le journalisme citoyen développe un véritable sens. Chacun écrit avec sa liberté, mais le public se rend sur le même site au lieu de chercher pendant des heures un blog qui lui convienne. Le journal est le centre du journalisme citoyen. C’est ainsi que ce dernier devient un véritable pouvoir : le cinquième, derrière la presse et devant Internet. Le Monde ne peut plus se passer du journalisme citoyen. Et les citoyens se découvrent une nouvelle possibilité d’action.

De plus, ce qui fait la différence entre un journal ordinaire et un journal citoyen, c’est que le premier peut obéir à une ligne politique, excluant l’adversaire de toute intervention, tandis que le second regroupe en son sein toute la diversité la plus absolue, qui est d’ailleurs le principe même de la démocratie. Ainsi, le journal citoyen ne peut être corrompu puisque tout citoyen, quelque soit ses opinions, peut intervenir. Et c’est cette diversité qui ressort et qui interpelle le lecteur et lui permet de juger. Ainsi, de se faire sa propre opinion. Grâce à la diversité des journalistes citoyens qui interviennent, le journal citoyen permet de penser de façon objective.

Le journaliste citoyen, comme le journalisme citoyen, est un garant de la démocratie. Cette dernière redevient l’œuvre du citoyen.

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Les réactions les plus appréciées

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    Par Ma non troppo... (xxx.xxx.xxx.151) 1er février 2007 14:42

    "Je serais profondément choqué et peiné que le journalisme citoyen en vienne à remplacer purement le journalisme classique et tout ce que j’espère du premier, c’est qu’il relance la vocation d’investigation du journaliste, qui est actuellement moribonde."

    Le problème du journalisme professionnel est un problème d’INDEPENDANCE réelle. De nous jours, les patrons de la presse font partie des grands réseaux d’influence. Par exemple, le Siècle en France. On peut lire dans Stratégies d’avril 2005 :

    http://www.strategies.fr/archives/1...

    Réseaux 14-Le pouvoir à la table du Siècle Ultrasélectif, le Siècle rassemble la quintessence du pouvoir politique, économique et médiatique. La discrétion de ses membres est à la hauteur de son influence. Un mercredi par mois, place de la Concorde à Paris, la fine fleur de la communication et des médias pénètre discrètement dans les salons de l’Automobile club de France. Ce n’est pas l’amour des voitures qui rassemble Maurice Lévy (Publicis), Alain de Pouzilhac (Havas), Serge July (Libération) ou Patrick Poivre d’Arvor (TF1), mais un dîner en compagnie de Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn, Thierry Breton, Claude Bébéar ou Nicole Notat. Tous sont membres du Siècle, le plus prestigieux des cercles de décideurs hexagonaux.

    (...)

    Les ministres membres se comptent sur les deux mains, de Jean-Pierre Raffarin à François Fillon. Les barons du Parti socialiste aussi, comme Lionel Jospin ou Laurent Fabius. Le milieu des affaires n’est pas en reste, avec la quasi-totalité des grands patrons, de Louis Schweitzer (Renault) à Michel Pébereau (BNP Paribas). Sans oublier la plupart des dirigeants de la presse et de l’édition, d’Odile Jacob à Jean-Marie Colombani, en passant par Claude Imbert et Laurent Joffrin.

    (...)

    Mais n’entre pas qui veut. La sélection est rude. « On ne choisit pas le Siècle, c’est lui qui vous choisit ! », souligne Étienne Lacour. Présidé en 2005 par Renaud Denoix de Saint-Marc, vice-président du Conseil d’État, le conseil d’administration compte une quinzaine de personnalités comme Denis Jeambar (L’Express), Anne-Marie Couderc (Hachette Filipacchi Médias), Marc Tessier (France Télévisions) et même Nicole Notat (Vigeo). Triées sur le volet, les recrues gardent le statut d’invités pendant au moins un an avant de devenir membres. David Pujadas (France 2), Emmanuel Chain, Édouard de Rothschild ou Jean-François Copé ont, depuis peu, décroché le sésame.

    (...)

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    Par Ma non troppo... (xxx.xxx.xxx.151) 1er février 2007 14:36

    Bonjour,

    Il me semble qu’il fait relativiser des affirmations comme : "Avec Internet, le citoyen a toute sa place et peut donner son avis sur l’actualité."

    Tout le monde peut ouvrir un blog, mais les moteurs de recherche dont le rôle est essentiel ne traitent pas tous les sites, pas plus que tous les articles, de la même façon.

    Par exemple, Yahoo Actualités ! reprend des articles d’Agoravox. Mais une recherche sur Yahoo ! Actualités, TOUS SITES CONFONDUS, ne permet pas de retrouver les articles d’Agoravox qui n’ont pas été directement repris par Yahoo ! Actualités. Ce n’est pas très normal, mais cela n’a rien d’exceptionnel.

    D’ailleurs, les grands sites d’information sur la Toile semblent être aussi encadrés et brieffés que les agences de presse papier, seule la méthode varie. Prenez l’article mis à la une d’Agoravox hier :

    http://www.agoravox.fr/article.php3...

    "La réforme de la Justice, grande absente de la campagne présidentielle"

    et que Yahoo ! Actualités n’a pas repris. Un commentaire fait remarquer :

    " On a manifestement dit aux médias de se taire

    par Ken (IP:xxx.x04.219.141) le 1er février 2007 à 13H18

    Il paraît évident qu’on a dit aux médias que l’affaire était close et qu’il fallait regarder ailleurs. Constatant que cet article n’a pas été repris hier par Yahoo ! Actualités, j’ai été voir leur rubrique Outreau qui s’appelle à présent " Réforme de la justice " :

    http://fr.news.yahoo.com/outreau.html

    Elle est VIDE, EMPTY...

    En revanche, la rubrique Justice de Yahoo ! Actualités diffuse bien la pub de l’USM avec le "Pacte" proposé par les juges aux candidats aux présidentielles :

    http://fr.news.yahoo.com/31012007/2...

    mercredi 31 janvier 2007, 12h46

    Reuters

    L’USM propose un "pacte pour la justice" aux candidats

    PARIS (Reuters) - L’Union syndicale de la magistrature (USM, majoritaire) propose aux candidats à la présidentielle un "pacte pour la justice" qui prévoirait le doublement du budget des tribunaux en cinq ans et une pause dans les réformes... "

    (fin du commentaire)

    Comment peut-on trouver une rubrique "Réforme de la Justice" vide dans Yahoo ! Actualités, alors qu’en ce moment même les lois Clément, approuvées en première lecture mi-décembre par l’Assemblée Nationale, passent en première lecture devant le Sénat ?

    Pourtant, le dossier est assez épais. Il suffit d’aller voir sur les sites de l’Assemblée Nationale et du Sénat. C’est que l’ "ouverture" des médias, même sur la Toile, a des limites.

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    Par jps (xxx.xxx.xxx.14) 1er février 2007 14:38

    L’UMP procède à leurs propres reportages sur sarkozy par la société ETC (Etudes, techniques et communication) qui appartient à l’UMP. Ils jouent sur le mode gagnant-gagnant. Cela évite des frais aux journaux, télévisions et radios et sarkozy est assuré d’être toujours présenté à son avantage. Sarkozy a même organisé le retour de Cécilia, son épouse, au domicile conjugal. Son photographe a pris soin de prendre les clichés à distance afin de faire croire qu’il s’agissait de photos volées par un paparazzi... (Frédéric Charpier, « Nicolas Sarkozy. Enquête sur un homme de pouvoir », Editions Presses de la Cité, 304 pages)

    Sarkozy s’est constitué un réseau d’amis parmi les patrons de télés, journaux et autres médias. Martin Bouygues, (le parrain du fils de sarkozy) patron de TF1, dont le journal télévisé est regardé par 8 millions de personnes ; Robert Hersant, propriétaire du Figaro et de 30% de la presse française ; Arnaud Lagardère, qui détient notamment Paris Match, le Journal du dimanche, Elle et de nombreux quotidiens régionaux ; Jean-Pierre Elkabbach, patron d’Europe 1, Bernard Arnault, propriétaire de la Tribune, Edouard de Rothschild qui a acheté Libération, Jean-Marie Colombani, le patron du Monde, proche du ministre de l’Intérieur depuis la campagne Balladur en 1995. Il n’y en a qu’un, qui résiste et il lui fait beaucoup de mal. C’est grâce à lui que nous avons pu avoir les informations sur la police-politique de sarkozy je veux citer LE « Canard enchaîné ». Sarkozy est également l’ami de Michel Denisot (directeur général adjoint de Canal+) et Marc-Olivier Fogiel . Même le service public n’est pas en reste : Sarkozy a été invité 3 fois par drucker, le seul à avoir été, également, invité trois fois à l’émission Cent minutes pour convaincre d’Arlette Chabot. Cette imbrication intime des sphères économiques, médiatiques et politiques se justifie par l’intérêt commun que revêtirait l’élection de sarkozy, en considération de ses propositions fiscales très avantageuses pour ces privilégiés.

    Apparemment cela ne saurait suffire car sarkozy éprouve le besoin d’utiliser des pressions et menaces : empêcher la publication d’un livre de Valérie Domain sur Cécilia, faire licencier M. Genestar, patron de la rédaction de Paris Match, en raison d’un article parlant de la vie privée de sarkozy, menacer Michel Field, avant une émission animée par, lui disant : " Si tu m’emmerdes trop, je dis ton salaire à l’antenne. De plus, il s’attache à « Faire virer le patron d’un grand journal qui a commis un crime de lèse-majesté, intervenir pour faire nommer une copine dans telle radio, empêcher la nomination d’un directeur de la rédaction qui ne vous plaît pas, s’inviter à la principale télé quand on veut, à l’heure qu’on veut, sous la forme qu’on veut, faire le vide en détruisant ou en éliminant tous ses concurrents, se promener entouré d’une cour et d’une garde personnelle, transformer de nombreux journalistes en serviteurs, mobiliser en sa faveur toutes les puissances d’argent, stigmatiser et agresser systématiquement les contradicteurs... ! » (Jean-François Kahn dans e-Marianne).

    Nous comprenons mieux pourquoi les médias sont très laudateurs à l’égard de sarkozy alors qu’ils sont très critiques à l’encontre de Ségolène. La quasi-totalité des journalistes, éditorialistes sont inféodées à la pensée unique sarkozienne. Aucun média n’ose le contredire et soulever les très nombreux mensonges de sarkozy.(voir la catégorie sarkozy menteur sur ce blog) Leurs informations ne sont que partiales et partielles. Les erreurs de sarkozy sont cachées, parfois diffusés furtivement, sans trop insister ou enrobées d’arguments atténuant, etc..

    Il en fut ainsi lorsque sarkozy attribua à Mitterrand la réplique " vous n’avez pas le monopole du coeur " alors qu’elle a été prononcée par Valérie-Giscard d’Estaing, lorsqu’il clama"Le travail émancipe, le travail rend libre" rappelant douloureusement « Arbeit macht frei », lorsque sarkozy fit de l’ingérence pro-américaine, le 13 décembre 2006, en soutenant l’indépendance de Taiwan, lorsqu’il commenta l’arrestation de Prokhorov soupçonné de proxénétisme, par ces mots : "C’est un homme qui veut plaire" ?

    Personne ne fait état de la stratégie d’évitement de sarkozy, après avoir tenté de porter le discrédit sur Ségolène au sujet de l’ISF, sarkozy s’était engagé à détailler son patrimoine Pourtant à ce jour, nulle révélation de cette nature. Je me répète :Ce silence me parait révélateur !!!

    Tous les moyens sont bons avec l’UMP pour verrouiller la communication, y compris les plus abjects ou les plus illégaux. Sarkozy a pratiqué le spam (courriel envoyés à des dizaines de milliers d’internautes) alors que la CNIL stipule que « la prospection politique opérée par courrier électronique ne peut concerner que des personnes qui y ont consenti ». Il est également omniprésent sur le net. L’UMP a acheté un certain nombre de mots clés des adversaires. A la conférence web 3 de Loïck le Meur (désormais Sarkozyste) l’intervention de Sarkozy n’a pas été appréciée et a été qualifiée de récupération politique par les bloggeurs. Dernière trouvaille les sarkozystes se font passer pour des "socialistes anonymes" déçus de Ségolène.

    Sarkozy monopolise désormais les moyens de communication, il a quasiment tout verrouillé. Les affaires des RG vont être vite étouffées.... A moins que le Canard enchaînés fasse encore des siennes !

    Pour conclure, il est recommandé de lire le livre à charge (écrit par plusieurs journalistes parisiens sous le pseudonyme de Victor Noir) intitulé « Nicolas Sarkozy ou le destin de Brutus » vendu à plus de 25 000 exemplaires et réédité en livre de poche, et de regardez http://poly-tics.over-blog.com/

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    Par charmord (xxx.xxx.xxx.13) 1er février 2007 11:26

    Ce que vous dites est vrai. D’ailleurs, il y a tant de différence entre le journalisme citoyen et le journalisme classique qu’il est permis de se demander si le ce terme de "journalisme citoyen" est très pertinent.

    Le rapprochement entre ces termes tend à indiquer qu’ils sont en concurrence alors que je crois qu’ils peuvent et doivent coexister.

    Je serais profondément choqué et peiné que le journalisme citoyen en vienne à remplacer purement le journalisme classique et tout ce que j’espère du premier, c’est qu’il relance la vocation d’investigation du journaliste, qui est actuellement moribonde.

    Ceci ne m’empêche pas de penser que si elle reste cette fabrique à fantasme qu’elle est devenue et dans laquelle elle se complaît visiblement, la grande presse est vouée à être abandonée par un nombre croissant de personnes.

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