Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Médias > Journalisme et médiacratie : un nouveau clergé

Journalisme et médiacratie : un nouveau clergé

 Ce qu’il est désormais convenu d’appeler "l’affaire Mélenchon" met en évidence le fonctionnement ecclésial des médias. Le rapprochement entre l’église catholique et son clergé (au moins au moyen-âge) et la sphère journalistique est à cet égard plein d’enseignement.

Le clergé, souvent inculte et très mal renseigné sur la Bible, du moins le bas clergé, était conçu comme une médiation entre le peuple et le Livre. L’église catholique voulait à tout prix avoir le monopole de la diffusion de l’information, la doctrine, pour pouvoir contrôler la foi donc la croyance. Les gueux, les serfs étaient soumis à un contrôle étroit que Foucault aurait qualifié de "biopouvoir". Pour asseoir cette domination sur les esprits, l’église règlementait fermement la diffusion de la doctrine, excommuniait, imposait une doctrine unique (toute ressemblance avec la pensée du même métal ne serait pas fortuite), contrôlait les moyens de diffusion (scriptoriums dans les monastères, lieux fermés, interdits aux laïcs), et contribuait à maintenir les masses dans l’illettrisme.

C’est effectivement à la fois le comportement et l’objectif des principaux médias aujourd’hui. Il est remarquable de constater que dans "l’affaire Mélenchon", aucun journaliste n’a pris le temps de se demander si, par hasard, le fonctionnement moderne des médias n’était pas exempt de toute critique. Absolument aucune auto-critique, aucune trace de recul sur les pratiques journalistiques, cela rappelle, évidemment le postulat d’infaillibilité du Pape lorsqu’il s’exprime ex-cathedra (c’est-à-dire en tant que docteur de la foi, en situation d’enseignement) défini solennellement en 1870.

Le journaliste est aujourd’hui frappé du même syndrome que le Pape : il est infaillible par nature quand il s’exprime "ex-cathedra", c’est-à-dire dans un journal ou un magazine. Il faut d’ailleurs rappeler que cette infaillibilité du Pape est liée à l’infaillibilité de l’église tout comme celle du journaliste est liée à celle du système médiatique homologue contemporain de l’église apostolique romaine.

 Beaucoup de termes passés dans le langage courant accréditent cette thèse : ne parle-t-on pas de la "messe du 20 heures " ? Plus encore, quelle est l’émission qui, même sur une chaîne aussi vendue aux annonceurs que TF1 , ne subit aucune coupure publicitaire ? Le JT. Cet espace reste sacré car il est l’endroit par où passe la doxa, il est le moment où se rassemblent les fidèles, il est le lieu de l’élaboration de la croyance. Quand, au moyen-âge et plus tard, l’église s’appuie sur une société autoritaire et violente, sur un "biopouvoir" pour dominer les masses, la société contemporaine, elle, s’appuie sur les médias et le marketing pour leur enlever le désir de s’informer réellement. Les "sociétés de contrôle", expression inventée par Deleuze et Guattari, sont nées en même temps que le journalisme moderne intimement lié au marketing qui le finance.

Quand aux XII° et XIII° siècle le commerce des indulgences fait florès, celui des encarts publicitaires aux XX° et XXI° siècles fait de même. Ces indulgences qui permettaient de se faire pardonner tous les péchés. Quelle différence entre le "vendeur d’espace d’un magazine" et le dominicain Johann Tetzel, qui fut chargé en 1516-1517 de vendre les indulgences au nom de l’archevêque de Mayence, et qui était intéressé à la vente par une commission de 50% promise par la Curie ? Décidément furieusement moderne ce Tetzel qui inventa selon certains historiens le slogan (publicitaire dirions-nous) : « aussitôt que l’argent tinte dans la caisse, l’âme s’envole du Purgatoire ». Il faudrait peut-être traduire de nos jours par : « Aussitôt que l’annonceur paraît, le scrupule disparaît ». Nul doute qu’aujourd’hui Tetzel enseignerait dans la même école de journalisme que celle dans laquelle l’étudiant qui voulait faire un scoop avec M. Mélenchon a appris les ficelles de sa triste besogne.

 Mais le système médiatique est en crise nous dit-on. Evidemment, il souffre de discrédit (de credere, croire). Or un système fondé sur la diffusion de la doxa, dont l’objectif est de diffuser de la croyance ne peut pas survivre à un discrédit. Nous pouvons peut-être même imaginer ce qu’il adviendra de ce système : à peu près la même chose que ce qu’il est advenu de l’église catholique des indulgences. A la fin du XV° siècle un moine augustin, germanique, décida que ce système était trop corrompu et qu’il fallait, entre autres choses, permettre au public de lire lui-même la Bible et non plus de l’abreuver de commentaires. L’église et son clergé n’étaient plus nécessaires. Cette circulation de l’information était rendue possible par les progrès de l’imprimerie qui joua un rôle comparable à celui d’internet aujourd’hui. Cet homme s’appelait Martin Luther, il réunissait des gens qui protestaient contre l’ordre établi, et que cet ordre établi appela plus tard les "protestants". Il bâtit la Réforme avec un disciple qui devint à ses côtés un des promoteurs de cette révolution.
 
 Et devinez comment s’appelait ce protestant de la première heure ? Je vous le donne en mille : Melanchthon.

Moyenne des avis sur cet article :  4.52/5   (67 votes)




Réagissez à l'article

106 réactions à cet article    


  • Algunet 5 avril 2010 14:05

    La messe est dite et bien dite ! smiley 


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 5 avril 2010 14:09

      Est ce que les medias ont defendu le stagiaire de Sciences Po ?

      non. Du coup, votre demonstration tombe un peu a plat

      surtout quand on realise que Melechon squatte les ondes dès qu’il le peut, au lieu de le créer, son média.


      • Karmatotal 5 avril 2010 15:26

         @eleusis

         Je me suis informé de la couverture médiatique (TV, radio, internet et presse écrite) de l’affaire Mélenchon. Je n’ai vu absolument aucun article d’un journaliste/ confrère faisant un début d’auto-critique des méthodes du journalisme contemporain. Mais peut-être pourriez-vous me donner de nombreuses références qui m’auraient échappées.
         Ma démonstration tombe à plat pour vous, peut-être, mais dites-moi qui finance les médias ?
        N’est-ce pas la publicité comme je le dis dans mon article ?
         Auquel cas, les journalistes ne sont -ils pas soumis à une « doxa » qui leur est imposée par leur hiérarchie ?
         Quels sont les grands propriétaires des médias en France ? Ne serait-ce pas hachette, Pinault, Bouygues et Dassault ?
         Non ? J’ai donc rêvé tout cela ?
         Ces médias ne se comportent -ils pas comme des diffuseurs d’une doxa (que je préfère pour ma part à l’expression un peu bêtasse de « pensée unique ») depuis des lustres ?

         Continuerais-je donc à rêver ?

         Par ailleurs je ne défends pas particulièrement Mélenchon dans mon article mais je pointe un fonctionnement médiatique en faisant le parallèle avec une situation historique.
         Cordialement.


      • Philou017 Philou017 5 avril 2010 15:52

        Est ce que les medias ont defendu le stagiaire de Sciences Po ?

        Bien sur et pas rien qu’un peu. De l’express au Nouvel-obs, tout le monde plaint le pauvre étudiant victime de la vindicte de Mélenchon. Ils se mettent tous immédiatement à trouver que le probleme de la prostitution est un problème politique crucial et défendent l’attitude « professionnelle » de l’étudiant.
        Un vrai plébiscite.

        Quand on pense par exemple que les affaire de « traite des femmes » absolument scandaleuses dans les réseaux de prostitutions sur notre territoire ne sont presque jamais évoquées, on voit le sérieux de ces « journalistes ». Par contre un étudiant en journalisme, c’est sacré....


      • jullien 5 avril 2010 16:14

        asinus asinus fricat
        Il s’agit d’un tout bête réflexe corporatiste, d’une manifestation d’un esprit de corps.
        Mais j’aimerais bien que quelqu’un m’explique quelque chose : comment se fait-il alors que d’après ce que l’on m’a rapporté le métier de journaliste fait rêver les jeunes gens de sorte que les écoles de journalisme croulent sous les demandes d’inscription les journalistes donnent si souvent l’impression d’être totalement incultes en dehors de leur spécialité, de raconter n’importe quoi et d’être ce qu’ils dénoncent chez les autres ?
        Je pose cette question à l’occasion de « l’affaire Mélenchon » mais il s’agit d’une remarque d’ordre général.


      • lapinblanc 5 avril 2010 16:55

        Ce n’est pas parce Mélenchon est critiquable que du coup on ne peut questionner le système mis en évidence par ce raisonnement.


      • @distance @distance 5 avril 2010 17:19


        Il s’agit d’un tout bête réflexe corporatiste, d’une manifestation d’un esprit de corps. Julien

        tout bête réflexe... ben ouais ! même sur AV ce média citoyen ça existe aussi ; suffit de voir comment des commentaires ou des articles sont plussé ou moinssé inintelligemment - « à la tête du client » comme on dit.

        bien gentil de critiquer les médias, mais si on reproduit les mêmes erreurs, quel intérêt ?

        prenez par exemple un auteur dont on sait qu’il vote tel candidat : cet auteur aura beau faire un excellent article, bien documenté, bien écrit, et pourtant la plupart des votes et des critiques pourront être négatifs, uniquement par rapport aux convictions politiques de l’auteur.

        donc comme dit l’autre, balayons devant notre porte !


      • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 5 avril 2010 20:02

        @karmatotal

        Vous vous etes informé de la couverture médiatique de l’affaire Mélenchon et vu absolument aucun article d’un journaliste/ confrère faisant un début d’auto-critique des méthodes du journalisme contemporain ?

        Moi non plus, c’est pour ca que je n ai pas dit ca, j’ai dit « Est ce que les medias ont defendu le stagiaire de Sciences Po ? non. Du coup, votre demonstration tombe un peu a plat

        le journalisme comtemporain, ca veut doublement rien dire
        1. vous estimez qu’il existe un journalisme comptemporain unique ou meme dominant
        2. vous dites implicitement qu’en d’autres temps et d’autres lieux, les journalistes faisaient mieux leur boulot

        Au sujet du journalisme comtemporain, quel est le lien au niveau des methodes et objectifs entre TF1 et Charlie Hebdo ? France Inter et la Tribune de Geneve ? Le Internatonal Herald Tribune et I-tele ? Le Monde DIplo et Minute ? La Croix et Paris Match ?
        La diversité existe, c’est la force d’un pays democratique come la France, il n’y a pas que le Parisien et l’Equipe.

        Au sujet du »les journalistes font pas leur boulot", relisez les romans naturalistes du XIXeme siecle, comme Bel Ami ou la Curee, et vous verrez qu’à l’epoque, les journaux etaient aussi manipulés par les interets partisants et le sensationalisme.


      • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 5 avril 2010 20:09

        2eme point , au sujet des proprietaires des medias, vous citez Hachette, Pinault, Bouygues et Dassault .

        Hachette ce n’est pas une personne. Vous vouliez peut etre dire Lagardere. Et si vous pensez que « Elle » fait l’opinion publique .... quand à Paris Match, ne lui donnons pas plus d’importance qu il en a.

        Pinault : 1 seul magazine, le Point

        Bouygues : TF1, oui et alors ? En 1994, TF1 soutenait Balladur, pourtant c ’est Chirac qui a été elu. Quand à TF1, son audience est RIDICULE à coté de msn ou facebook.

        Dassault : no comment. Qui lit le Figaro ?

        Du coup vous ne citez meme pas Amaury (independant, editeur du parisien et de l’Equipe), Ouest France, (1er quotidien francais), Nextradio TV (BFM TV, Radio BFM, RMC etc), Roularta (le groupe Belge qui exploite l’Express, L’Expansion, l’Etudiant) . Pourquoi les ignorez vous ?


      • Karmatotal 5 avril 2010 21:11


         Je vous remercie pour vos références . Vous oubliez celle qui me semble la meilleure : Lousteau dans les Illusions Perdues de Balzac, tome 2 Un grand homme de province à Paris et son célèbre dialogue dans les jardins de l’observatoire avec Lucien Chardon dit de Rubempré. Cependant, aussi bien Lousteau que Georges Duroy sont des images de la corruption du journalisme.
         Le cas de G. Duroy d’ailleurs est plutôt lié à un comportement de gigolo : le roman décrit essentiellement son ascension par les femmes, le journalisme n’est qu’en toile de fond.
        J’essaie de dire autre chose dans ma contribution : un fonctionnement clérical, une doxa presque unique (ce qui est exactement l’inverse de la situation décrite dans les romans que vous me citez : chaque journaliste étant tour à tour libéral, républicain, monarchiste etc. au gré des journaux pour lesquels il travaille).
         Ces références sont intéressantes culturellement mais hors sujet par rapport à la situation que j’observe.


      • Leviathan Leviathan 6 avril 2010 08:51

        Les journalistes ont-ils fait le même brouhaha lorsque Xavier Bertrand a humilié publiquement un journaliste sur LCP, il y a quelques semaines ?... absolument pas...

        Rappelez-vous :
        http://www.dailymotion.com/video/xbzvaq_clash-xavier-bertrand_news


      • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 6 avril 2010 09:27

        repondez moi sur la partie du paysage mediatique que vous ignorez, tels que les journaux les plus lus en France (le Parisien, Ouest France) ou ceux de niche qui expriment des opinions (la Croix) et vous verrez que la reference à la presse du XIXeme siecle est pertinente., d’une part, et que les soit disant pouvoirs de TF1 et autres ne peuvent rien contre la volonte populaire.


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 6 avril 2010 22:37

        @ Eleusis :


         Vous êtes un mystère. Je ne sais quelle thèse vous défendez, mais vous ne l’aidez pas. Si un commentaire aussi anodin fait tomber un solde des votes négatif de 16, c’est que vous êtes discrédité. À tort ou a raison, je ne sais pas. mais il semble qu’on pense de vous ce que je pense des médias... pourquoi ne pas changer de pseudo ? Comme les médias ont intérêt non pas a critiquer les blogues, mais à s’en emparer. Rue 89 marque la voie.


        Pierre JC Allard



        Pierre JC Allard

      • bob 5 avril 2010 14:16

        Bonjour ètes-vous bien sur que votre article critique les journalistes ?

        N’est-il pas un de ces brûlots anti-catho qui pulullent ces derniers temps dans les médias à l’instar des pseudo-articles dénués de toute imagination et d’originalité mais qui semblent bien payer. Par contre, chacun pourra voir l’aspect parfaitement neutre et salvateur du protestantisme ( comme si un seul protestantisme existait) qui met justement fin à « l’inique pouvoir de l’église ».

        Pour en revenir à la réalité :

        Martin Luther, pour transmettre ses idées, s’est appuyé sur les nobles allemands qui ont vu une bonne occasion de saisir les biens de l’église pour leur propre intérêt. Drôle de conception de la pauvreté souhaitée par le Christ et revendiquée par le moine protestant. De plus, qu’a gagné le tiers état ( car c’est de lui dont vous avez fait mention dans votre article) : ben ...rien.

        A cela s’ajoute la croisade anti-catholique qui a essaimé du nord de l’Allemagne jusqu’à Rome en pillant et en convertissant par la force tout ce qui se trouvait devant eux : curieuse manière de trancher radicalement avec les principes de l’église.

        Enfin, pillage en règle de Rome ainsi qu’humiliation du pape et de ses ouailles par des mercenaires : voilà qui augure de franches retrouvailles dans le futur.

        Pour les anglicans : rejet de l’Eglise par le roi pour grimper sa favorite et la faire reine ( avec l’espoir d’avoir un fils...sans succès). harcèlement puis persécution des catholiques ( qui va se généraliser dans la moitié de l’Europe). Dans certains pays, le catholicisme sera interdit jusqu’au 19e siècle : AUCUN PAYS N’AURA PROMULGUE SUR UN TEMPS AUSSI IMPORTANT UNE TELLE LOI.
        Emploi de huguenots pour piller les biens catholiques ( clergés et croyants compris).

        En guise de conclusion, je vous invite à réviser votre hisoire plutôt que de baver sur une organisation religieuse que vous méconnaissez.

        PS : Pourquoi un tel titre au regard de la teneur de votre article ???


        • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 5 avril 2010 14:27

          +1, Bob. Demonstration claire et nette.


        • FRIDA FRIDA 5 avril 2010 15:12

          L’exemple de l’eglise est plus parlant pour les gens. Mais cela dit, c’est l’endoctrinement, l’absence de remise en cause, et surtout l’arrogance de détenir la vérité, parce que les journalistes sont des prétendus professionnels de l’info, neutres et objectifs, il sont là pour éclairer le peuple, voire le guider.

          Que se soit l’église catholique, les protestants ou les islamistes, c’est toujours le même fonctionnement on ne discute plus on adhère à une profession de foi.


        • Karmatotal 5 avril 2010 15:15


           Vous faites une lecture très myope de la Réforme. Bien entendu, le politique est important (comme dans toute organisation qui vise à diffuser et contrôler l’information). En ce qui concerne l’histoire de la réforme et de l’humanisme, il se trouve, qu’en tant que professeur, c’est une de mes (modestes) recherches puisque j’ai été amené à m’y interesser de très près pour enseigner d’une part l’humanisme (avec Erasme) et la position de l’Abbaye de Port-Royal (les propositions de Jansénius) avec, entre les deux, les guerres de religion.

           Je ne suis par ailleurs ni protestant, ni catholique, ce qui ne m’empêche pas de m’intéresser à l’histoire de ces religions que je trouve passionnante (l’histoire). je ne suis d’ailleurs ni anti-catholique, ni anti-protestant, et ne souhaite nulement raviver une guerre de religion sur Agora-Vox. Ma position est celle, sur ce point, de Régis Debray.

           Votre question en PS m’incite à penser que vous n’avez pas compris mon article, pour l’interpréter comme un « brulot anti-catho » il faut effectivement l’avoir lu très sommairement. Je vous invite donc cordialement à relire précisément mon article.


        • bob 5 avril 2010 15:45

          @ Karmatotal,

          Monsieur, madame ?

          Votre commentaire sur mes connaissances en histoire de la réforme n’apporte rien ni en précision à votre article ni en réponse à mon propos. Je reste néanmoins surpris qu’après une étude que j’espère holistique et détaillée de cette période et de ces évènements, il restera autre chose qu’une stigmatisation de l’église catholique et partant de là de l’ensemble des catholiques ( en critiquant la structure même de leur organisation).

          Je reste désolé que vous fassiez un parallèle aussi impertinent entre le comportement partial des journalistes et une structure mondiale et millénaire qui, si elle a pu faire des erreurs dans le passé, a surtout élevé les pays d’Europe vers la culture que nous connaissons. A ce jour, peu de religion ou de philosophie ont eu un impact aussi remarquable en dépit des modes contemporaines qui occultent le passé pour le remplacer par des constructions arbitraires, fausses et souvent motivées par un instinct pécunier.

          En ce qui concerne vos propos sur votre statut de non-anti-catholique, vos propos tendent à démontrer le contraire et c’est d’ailleurs la raison qui m’a poussé à rétablir quelques faits ( qui ne sont pas opposés à vos propos sur le comportement latitudinaire des journalistes).

          Enfin, merci pour votre diagnostic psychanalytique de ce que j’aurais compris : je ne vous interpelle que sur les arguments les plus faibles de votre démonstration. Il est seulement regrettable que ceux-ci occultent le point que vous considérez comme le plus important.


        • Jicé Jicé 5 avril 2010 16:14

          Dans l’histoire religieuse, mon curseur s’est arrêté à certaines croisades et en particulier celle que l’on appelle « des albigeois » ; où l’Inquisition catholique a fait ses premières armes, avant de connaître l’efficacité que l’on sait et sa maturité assassine dans le Nouveau Monde... Même croisade où un prélat, toujours catho a eu ces mots mémorables pour justifier la razzia et le génocide à Béziers « Tuez-les tous ! Dieu reconnaîtra les siens »
          A chaque fois le clergé catho et ses plus hautes autorités se sont mis au service des puissants (seigneurs du Nord ou conquistadors) et ont soumis la parole et la pensée des populations autochtones...

          Quant à la comparaison de la médiacratie avec un nouveau clergé : elle est bienvenue, merci à l’auteur !


        • lapinblanc 5 avril 2010 17:00

          On peut aussi souligner sans prendre partie que l’église Catholique est aussi une des seule qu’on peut ouvertement critiquer ...


        • Karmatotal 5 avril 2010 18:24

           Nous pourrions discuter à l’envie de la transsubstantation du dogme apostolique romain, de la constubstantion de Luther et la nature purement symbolique de la Cène par Zwingli (qu’à ce propos Luther appela « sacramentaire » en interdisant son culte) qui inspira indirectement Calvin.
           Nous pourrions discuter sans fin de qui a eu raison ou tort dans la réforme et dans les atrocités qui ont suivi ? Les protestants se livrant au pillage et aux meurtres, aux viols des catholiques, ou les catholiques faisant rôtir les « huguenots » (d’un mot allemand « eidgenossen » qui signifie conférés), torturant les protestants pour leur arracher une conversion ? Pour ma part ni les uns ni les autres. Votre intransigeance et votre susceptibilité catholique me fait d’ailleurs un peu frémir, et je suis persuadés que vous partagez cette agressivité avec des protestants, mais connaissant beaucoup de catholiques (plus que de protestants en fait) je peux affirmer que la majorité n’est pas comme vous, heureusement.

          Nous pourrions donc parler de beaucoup de sujets religieux qui seraient néanmoins tout à fait hors sujet car mon article établi le paralèlle entre la réforme et « le sacerdoce universel » puisque vous êtes versé dans l’histoire religieuse (ce dont je vous félicite) qui suppose que l’information, la doxa, ne procède plus d’un clergé mais de chacun : retour à la lecture de la bible par chacun et non plus par l’intermédiaire d’un clergé médiateur. Ce parallèle m’a semblé intéressant pour expliquer l’état actuel des médias. Vous avez lu une déclaration de guerre au catholicisme, je ne peux que vous enjoindre à relire à tête reposée mon article.

           Je ne répondrai plus à des messages relevant de ce qu’il faut bien appeler un certain (et fâcheux) fanatisme religieux.


        • bob 5 avril 2010 20:13

          @ JC :

          Réduire le catholicisme à la croisade des albigeois ( dans son aspect le plus rebutant ) prouve un manque de connaissance historique. Wikipedia est votre ami, servez-vous en pour vous documenter et ne pas sortir n’importe quoi.

          @ Karmatotal :

          Ben voyons, lorsque vous ètes incapable d’opposer des arguments solides, vous agonisez votre interlocuteur en le qualifiant de fanatique, d’intansigeant et de susceptible.
          Voilà qui est surprenant de la part d’un professeur, j’ose croire que vos cours sont plus élaborés que les démonstrations faméliques et à l’emporte pièce que vous nous avez asséné.


        • Karmatotal 5 avril 2010 21:46

          @ Bob :

           1) Oui je suis bien sûr que mon article critique le journalisme (en tant qu’institution quasi cléricale et non pas simplement en tant que diffuseur d’informations ou en tant qu’institution corrompue). C’est moi qui l’ait écrit, j’en suis donc certain. Vous avez voulu y voir une attaque de votre foi, c’est une vision totalement déformée.

          2) Je me demande vraiment si vous avez lu ma contribution jusqu’au bout.
          Qu’ai-je écrit qui vous mette dans une fureur pareille ?
           Que le bas clergé au XIV ° siècle était inculte pour la plupart ? C’est un fait historique, il suffit d’ouvrir un livre d’histoire un peu documenté.
           Que les indulgences était un commerce très lucratif ? Renseignez-vous, s’il vous plaît .
           Que les indulgences permettaient prétendûment de gagner des années de purgatoire et que cette pratique était monnaie courante (si j’ose m’exprimer ainsi) dans l’église catholique aux XII°, XIII° et surtout XIV° siècles ? Vous contestez cela ?
           Que Luther entreprend sa réforme à cause d’abord du commerce des indulgences ? C’est pourtant un fait connu.
           Que le clergé catholique est un médiateur de la parole de Dieu et que le Vatican fixe l’orthodoxie ? Vous ne le savez pas ?
           Que j’ai inventé la personne de Johan Tetzel ? Là aussi renseignez-vous : il a existé, c’est attesté, et il est même un peu à l’origine des 95 thèses de Luther placardées sur la cathédrale.
           Que le pape est infaillible quand il s’exprime ex-cathedra ? Encore une fois informez-vous sur le concile de Vatican Ier qui définit l’infiallibilité du pape qui procède de celle de l’église (ce n’est pas moi qui ai inventé ce concile qui s’est déroulé du 8/12/1869 au 20/10/1870).
          Que trois Papes ont existé simultanément au XIV ° siècle, chacun s’arrogeant le droit de prêcher la vraie foi ?
           Que la réforme, au départ, voulait lutter contre le monopole du Vatican concernant la doctrine doctrine (on dirait aujourd’hui « pensée unique ») par le « sacerdoce universel » ?
           
           Quand vous aurez trouvé les références historiques montrant que ce que j’ai écrit est faux vous voudrez bien les communiquer à tous les historiens de la planète : ils seront sans doute très intéressés.
           Pour le reste, je le dis et le redis, j’ai rapproché deux situations historiques qui me semblent assez similaires quoique dans deux domaines différents, mais pas tant que cela finalement puisqu’elles concernent la croyance et son rapport avec l’enseignement et la médiation. Ce n’était pas un article sur la religion catholique versus protestante comme la plupart des autres contributeurs l’ont bien compris.
           Salutations.


        • JackFrat 5 avril 2010 21:49

          Effectivement, on se demande comment qualifier l’auteur de cet article : ignorant ou génie ?
          - génie pour recycler tous les poncifs les plus éculés sur le Moyen-Âge et le catholicisme,
          - ignorance de cette période, du fonctionnement de l’Eglise catholique, et de ce qu’est l’Eglise catholique.
          Un exemple, très simple : l’Eglise catholique inventa l’université, au XI°. Auparavant, les monastères, puis les écoles cathédrales assuraient l’instruction y compris vis-à-vis des plus modestes (ainsi Gerbert d’Aurillac, l’un des plus érudits de son temps, au X°, était issu d’un milieu populaire.) Bien plus tard, au XVIII°, un certain François-Marie Arouet fut l’élève des Jésuites...
           Bref, si l’objectif était de maintenir la masse dans un état d’ignorance comparable à celui ou celle qui écrivit cet article, on aurait pu faire pire (l’Education Nationale ?)
          Le Moyen-Age est une période très longue (près de mille ans) et très complexe ; certainement pas monolithique. Il est très risqué de vouloir la caricaturer à coup de slogans péremptoires comme dans cet article.
          Je passe sur le dogme de l’infaillibilité : il n’est pas inutile sans doute de rappeler que son champs se restreint très précisément aux questions de foi et de morale.
          Je cite pour finir : « l’église règlementait fermement la diffusion de la doctrine, excommuniait, imposait une doctrine unique. »
          Ce n’est plus le cas ? Encore heureux qu’une Eglise ait le contrôle de sa propre doctrine (et qu’elle reste unique !), sinon à quoi sert-elle ? Qu’elle veuille rester maîtresse chez elle n’est pas en soi une anomalie. Qu’elle eut des vélléité de l’être chez les autres est un autre débat, mais ici aussi la question est complexe et sûrement pas à sens unique.
          J’aurai la même conclusion que Bob : il est très imprudent de vouloir parler de ce qu’on ne connait pas. Il vaut mieux s’abstenir. Mais sur le fond, la démonstration, si elle n’est pas originale, n’en reste pas moins pertinente.


        • Karmatotal 5 avril 2010 22:32


           A votre interrrogation, je répondrai comme Junie à Néron : 
          « j’ose dire pourtant que je n’ai mérité
           ni cet excès d’honneur ni cette indignité. »

           Quant à l’accusation d’ignorance sur le moyen-âge j’aimerais savoir quels sont les point précis que vous réfutez et quelles sont les références dont vous comptez vous servir pour me tirer de mon ignorance sans fond.
          J’ai parlé de l’ignorance du bas clergé, du commerce des indulgences, de J Tetzel, de l’excommunication et vous me parlez de la fondation de l’université (comme si elle n’avait existé pendant l’Antiquité !), de l’église contemporaine, de « poncifs éculés » (mais sans préciser lesquels).

          Un exemple : « Je passe sur le dogme de l’infaillibilité : il n’est pas inutile sans
          doute de rappeler que son champs se restreint très précisément aux
          questions de foi et de morale. » je passe moi aussi sur ce genre de commentaire : peut-être faudrait-il vous expliquer l’expression « ex-cathedra » dans ma contribution ? Mais, suis-je bête, j’ignore le fonctionnement de l’église catholique, et pas vous ... Bref « il n’est pas inutile, sans doute, de rappeler », qu’un texte doit se lire sans oublier des mots.

          Vous dites également : « Ce n’est plus le cas ? Encore heureux qu’une Eglise ait le contrôle de sa propre doctrine (et qu’elle reste unique !), sinon à quoi sert-elle ? » Il ne s’agit pas de cela, mais du contrôle sévère sur les « hérésies » (j’oubliais : je suis un ignorant qui ne doit pas employer de tels mots, mes années passées sur les bancs de l’université ne m’ont hélas rien appris, désolé ...) et d’une certaine confiscation du débat par le clergé. Sur le contrôle de la doctrine, voilà justement le point focal lié au « sacerdoce universel » de la Réforme (ouuups ! voilà que cela me reprend !).

          « J’aurai la même conclusion que Bob » : vous étonnerai-je en disant que je m’y attendais un peu ?


        • Karmatotal 5 avril 2010 15:04


           Je ne suis pas journaliste, justement, et cela fait une grande différence. Agoravox n’est pas un media classique et je pose l’hypothèse qu’internet ressemble fort à une réforme (avec un petit « r » ) de la médiacratie qui a tendance à ressembler au clergé par son fonctionnement.

           Sur Agoravox je pose qu’il n’y a pas de « journalistes » mais uniquement des « contributeurs », donc pas de « clergé », ma parole est effectivement l’égale de la vôtre.


        • FRIDA FRIDA 5 avril 2010 15:04

          Je rejoins à 100% l’auteur, l’article est bien écrit et bien expliqué.


          • anny paule 5 avril 2010 15:47

            « Les médias doivent donner l’apparence de la diversité pour cacher une uniformité ».
            « Si vous répétez un mensonge inlassablement, les gens finiront par y croire »... Celui qui a écrit ça est un certain Goobels ! ça doit vous dire quelque chose, non !
            De la doxa à l’apparence, du mensonge érigé en croyance, il n’y a qu’un pas !
            Les médias actuels semblent l’avoir franchi !
            L’auteur l’a fort bien exprimé !


            • Jicé Jicé 5 avril 2010 16:27

              Sans remonter à Goebbels pour illustrer ça, voir sous Chavez au Venezuela, le traitement qu’ont donné les medias privés, -relayés par une bonne partie de notre presse « politiquement correcte »-, de la politique menée par le comandante... Ce n’est plus de l’engagement en faveur de l’oposition, c’est de la rage !!! De celle qui aurait pu déboucher sur le pire...


            • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 5 avril 2010 20:16

              pas la peine d’arriver a des propos violents puisque vous avez la solution : le pouvoir des medias reside dans la capacité des consommateurs que nous sommes à dire oyui ou non .

              Seul probleme en France : quand les medias sont en faillite ou largement dans le rouge , l’Etat juge que l’argent des contribuables est pour pour compenser.

              Donc la conlusion est evidente : privatisation de France Television, suppression de la redevance TV (une taxe temporaire, lol), liquidation des NMPP.


            • Philou017 Philou017 5 avril 2010 17:30

              En Chine le pouvoir à peur d’internet, comme dans tous les pays sous dictature ou « autoritaires ».

              Comme ici en France. Comme c’est bizarre...


            • Ungh Ungh 5 avril 2010 19:14

              Rien de bizarre Mr Philou017, les deux formations se sont jumelées.


            • anty 5 avril 2010 16:40

              Un comparaison pas très pertinente de la part l’auteur du texte
              comparer le journalisme et le clergé moyenâgeux pour expliquer les frasques d’un certain melonchon qui mélange la réalité et ses désirs dictatoriaux et moralistes envers un pauvre
              étudient journaliste...

              Rien à dire dans cette histoire sinon que le camarade melonchon qui naguère trouvait très bien la conquête de la chine du territoire thibétain s’est de nouveau riduculisé
              super


              • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 5 avril 2010 16:45

                Excellent.


                • Philou017 Philou017 5 avril 2010 17:29

                  Mélenchon a proposé que le président de la télé publique soit élu. Qu’en pensez-vous ?


                • Philou017 Philou017 5 avril 2010 18:20

                  La chine à peur de la démocratie lorsque les démocraties combattent les idéologies anti démocratiques qui utilisent la liberté
                  Mais ce qu’on appelle les démocraties (cad surtout les pays occidentaux) utilisent la démocratie et la liberté pour avancer leurs pions et leurs objectifs stratégiques. La démocratie a souvent servi de pretexte à des visées interventionnistes et nombre d’ingérences. Les faits montrent que les puissances occidentales installent des regimes à l’apparence démocratique, mais en fait corrompus et à la botte des intérêts occidentaux. L’Afrique en est un excellent exemple.

                  (la laicité fait le lit des religions)

                  Je ne vois pas en quoi.

                  Un président de chaine élu ???
                  Par qui et pourquoi faire ?

                  Pour mettre en place un programme et des objectifs en matiere d’audiovisuel public. Je suis sur qu’il y aurait plus de participation qu’aux régionales.

                  Doit on élire les recteurs, les magistrats, le facteur du coin ???
                  Pas forcément. Mais on pourrait voter sur la politique de l’enseignement, la politique judiciaire, etc... c’est ce que vous appelez plus haut la démocratie.

                  Démagogie

                  Je ne vois aucune démagogie là-dedans, au contraire, du bon sens, d’autant que c’est les télé-spectateurs qui payent directement la télé.


                • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 6 avril 2010 22:51

                  @ Philou :

                   
                  J’ai proposé une solution plus complexe, mais dont je suis certain que tôt ou tard elle prévaudra. Comme de nouveaux moyens de faire triompher la justice remplaceront ceux que proposent la Gauche et qui sont totalement désuets dans une économie tertiaire.



                  Pierre JC Allard



                • lapinblanc 5 avril 2010 16:51

                  On peu aussi se questionner sur ce qu’a envi d’entendre le téléspectateur qui a force d’être infantilisé gobe tout sans trop réagir
                  C’est aussi réconfortant de ne pas trop penser, d’avoir une vison mono lytique, ça évite l’incertitude et empêche le doute.
                  Comme ça tout le monde est content !
                  Bébé a bien mangé sa bouillie et tout le monde fait coucouche panier !


                  • joelim joelim 5 avril 2010 16:57
                    Petit lexique de la religion médiatique...
                    micro : encensoir
                    micro-cravate : croix-pendentif
                    oreillette : coiffe de nonne
                    caméra : habit religieux
                    plateau-télé : église
                    éléments de langage : préceptes de la foi
                    présentateur : bas clergé
                    journaliste : haut clergé
                    patron de média : évêque
                    président : pape
                    plateau de concert pour John Yaliday : cathédrale

                     smiley

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès