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Accueil du site > Actualités > Médias > Journalisme : quid de la diversité ?

Journalisme : quid de la diversité ?

Voilà qui devrait faire couler l’encre. L’AJP et le Centre d’étude de l’opinion de l’Université de Liège (CLEO) ont réalisé conjointement une enquête portant sur la diversité du microcosme journalistique. Et les conclusions auxquelles ils parviennent apportent quelques enseignements dont il serait dommage de se passer. Menée en octobre 2012 auprès des journalistes professionnels belges francophones, cette étude ne peut se prévaloir que d’un taux de réponse de 27 %. Faible, certes, mais suffisamment significatif pour se révéler digne d’intérêt.

La profession se compose d’une grande majorité d’hommes (sept sur dix journalistes), mais se féminise toutefois lentement. La presse écrite, largement masculine, tranche quelque peu avec la télévision, au visage davantage féminin. On constate de fortes disparités dans la répartition des postes à responsabilités, occupés à 25 % seulement par des femmes. Le secteur compte encore très peu d’étrangers : 94 % de Belges, les autres éléments étant surtout originaires de France ou d’Italie. La plupart des journalistes (68 %), et a fortiori les plus jeunes d’entre eux, ont suivi un cursus universitaire. C’est à la radio publique et dans les périodiques que l’on compte le plus de ces diplômés. À cet égard, la télévision locale et l’agence photo se trouvent tous deux en queue de peloton. Plus généralement, les chiffres démontrent assez clairement qu’un diplôme du supérieur s’avère désormais indispensable, ou presque, pour intégrer une rédaction.

S’il y a peu de journalistes de moins de 30 ans (13 %), la tranche 41-50 ans comporte par contre environ 30 % du total des effectifs. Pour les plus de 60 ans, on retombe à 12 %. Les plus jeunes émanent parfois d’un milieu socioéconomique défavorisé. Car si la profession ne compte que 10 % de salariés jugeant leurs conditions de vie « pauvres » ou « modestes », ils sont proportionnellement plus nombreux parmi les moins de 40 ans. Plus éclairant encore : un quart des journalistes prétendent être originaires d’un milieu défavorisé. Enfin, aux antipodes, 35 % d’entre eux peuvent être considérés comme « aisés ».

 

Engagés et majoritairement de gauche

Voilà qui devrait faire bondir la droite de l’échiquier politique wallon : les journalistes votent en moyenne majoritairement à gauche. Et, surprise, c’est Ecolo qui tire son épingle du jeu – 46 % des voix de préférence, contre seulement 21 % pour le MR et 15 % pour le PS. Mais l’on se doit cependant de nuancer ce constat. Il s’agit en effet avant tout d’un choix par défaut, susceptible d’évoluer dans un avenir proche. Sans compter que les différents responsables s’avèrent quant à eux légèrement plus à droite. Mais l’enquête révèle surtout que le positionnement des journalistes varie considérablement selon les organes de presse : les effectifs du privé, télévision comme radio, se trouvent ainsi bien plus sensibles aux idées du MR que ceux qui officient ailleurs, et particulièrement dans le public et les agences. La presse écrite, dans son ensemble, s’inscrit dans la moyenne.

Le volet confessionnel apporte également son lot d’enseignements. La plupart des journalistes se définissent comme non religieux, à savoir laïcs ou sans appartenance. Un bon tiers d’entre eux se déclarent toutefois catholiques. Les autres religions ou convictions philosophiques ne récoltent tout au plus que des miettes, ce qui témoigne explicitement d’une certaine uniformité spirituelle. Engagés, sensibles à différentes causes, les journalistes sont près de 75 % à faire partie d’au moins une association.

On notera par ailleurs des divergences significatives quant à l’intérêt porté aux autres cultures. On passe en effet de 37 % pour la télévision locale à 67 % pour la radio publique, contre 45 % pour les quotidiens et 58 % pour les hebdomadaires. Les télévisions publique et privée présentent des chiffres très proches de la moyenne, qui s’établit à 49 %.


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1 réactions à cet article    


  • sirocco sirocco 9 mai 2013 13:49

    Elles sont bien jolies vos statistiques mais s’il y a un point que tout le monde peut constater et dont vous ne parlez pas, c’est que nos journalistes pratiquent quasiment tous l’enfumage et la manipulation de l’information dans un seul sens.

    Le sujet qui illustre au mieux ce phénomène actuellement est bien sûr celui de la Syrie. Tous les « grands » merdias proposent la même version de la situation : celle que propagent les USA et Israël. Pas un pour évoquer ne serait-ce qu’une fois la version contradictoire, pas un pour suggérer, même timidement, que l’histoire de l’emploi des gaz toxiques, par exemple, ressemble à une grossière mise en scène.

    Nos journalistes sont surtout très obéissants (ou fervents adeptes de l’auto-censure). Ce sont des serpillères.

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