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Accueil du site > Actualités > Médias > Jusqu’où doit aller la liberté de la presse ?

Jusqu’où doit aller la liberté de la presse ?

La publication par une revue scandinave de caricatures du fondateur de l’Islam contribue à consacrer l’unité du monde musulman et à susciter de nouvelles haines orientales à l’égard de l’Occident. Cet évènement met en cause le comportement des médias dans le monde. « Jusqu’où trop loin » peut aller la liberté de la presse ? Y a-t-il dans ce domaine des droits et des devoirs ?

La publication, par un périodique danois, de caricatures qui ont mis quatre mois - le temps pour d’habiles zélateurs de créer, en y provoquant le feu des âmes croyantes, une nouvelle unité du monde musulman en assurant une très large diffusion de dessins qu’ils considérait sacrilèges - pose une nouvelle et grave question : jusqu’où la liberté peut-elle aller, quand il s’agit des religions, qui constituent la poudrière du XXIe siècle ? On a constaté que lorsque la presse, française ou autre, s’est gaussée d’un certain nombre de préceptes ou d’articles de foi du christianisme, ou de la personnalité du Pape, cela n’a fait de vagues que dans les milieux les plus pieux. Tant qu’on s’est moqué du judaïsme, ou qu’on l’a agressé de la manière la plus basse, en dépit des lois antiracistes, cela a peu fait bouger les foules. Si dans tous les cas, l’indignation a été, vraisemblablement, réelle - au moins dans certains milieux - les conséquences de ces agressions, limitées aux effets d’un feu de paille, n’ont menacé à aucun moment l’équilibre entre les nations Dans cette affaire, dont les effets se répercutent à travers l’univers musulman, les médias britanniques, avec flegme, ont seulement remarqué que certes, la liberté de la presse est un principe inviolable, mais que ceux qui l’alimentent devraient faire preuve de bon sens. Au passage, on a rendu hommage, dans ces commentaires, au « cran » manifesté par la presse française, en craignant toutefois qu’elle n’ait fait preuve de « témérité  ». Dans ce pays, dont la constitution est non écrite, on agit depuis des siècles en n’obéissant pas plus à la morale ou à la raison qu’aux textes réglementaires. J’ai eu la chance d’avoir pour « gourou » dans ce métier un des meilleurs journalistes britanniques d’Europe, titulaire in partibus d’un prix Pulitzer, pour la façon dont le chef de bureau d’Associated press à Berlin et son équipe avaient couvert, de 1932 à 1939, la descente aux enfers de l’Allemagne. Dans les années qui avaient suivi la seconde Guerre mondiale, il m’avait affirmé : « Puisque vous voulez par-dessus tout devenir un reporter international, il serait bon pour vous de savoir que sur 100% de ce que vous aurez appris, vous ne pourrez - dans la plupart des cas - en reproduire que 50%, pour des raisons morales ou d’opportunité, ou en raison de directives patronales, ou pour ne pas enfreindre les lois sur la diffamation. Je pense qu’il serait bon de remettre les pendules à l’heure après avoir entendu, ici et là, d’éloquentes déclarations de principe. Il paraît nécessaire de le faire sans trahir les gens de ma profession, qui défendent nos confrères victimes des conséquences de ces évènements. Il se trouve que, par hasard, avant ces évènements, j’avais entendu sur un émetteur de la chaîne de radiodiffusion chrétienne un entretien auquel participaient quelques rédacteurs ou directeurs de médias catholiques. Ils avaient insisté sur le besoin d’attirer le lecteur et de lui plaire par des sujets sortant de l’ordinaire, tout en affirmant ses convictions religieuses. Venant de cette catégorie de médias, on ne pouvait ni s’en étonner, ni critiquer le sentiment que le « panel » exprimait.

J’avais lu également, avec intérêt, dans la rubrique "média" de notre agence citoyenne, un commentaire de Judith Ambert qui, évoquant la perte de prestige, selon elle, du journalisme, citait le rapport de Jean Marie Charon, en juillet 1999, sur la déontologie de l’information. Selon ce rapport, les reproches envers les journalistes seraient multiples : « l’atteinte à la vie privée et à la présomption d’innocence, la multiplicité des inexactitudes, l’exposition du public à la violence, la recherche du spectaculaire, l’irresponsabilité, et le refus de discuter. Ces reproches mettent en évidence le manque de crédibilité des médias  ».

Que nous ne soyons pas populaires auprès de tous nos lecteurs, que l’opinion se méfie de nous, tout en enviant la liberté dont nous prétendons jouir, qu’on nous vouent aujourd’hui aux gémonies pour crimes sacrilèges, il n’en demeure pas moins que la « rigueur » devra demeurer la règle fondamentale de notre métier, en dépit de l’acrimonie et de la férocité des jugements et des appels à la mort lancés dans les rues d’Orient, semblables à ceux de l’ Inquisition chrétienne, des disciples de Torquemada qui brûlaient indistinctement « suppôts du démon » et leurs livres, au cours de ce qu’ils appelaient « auto da fe », « actes de foi », en psalmodiant la toute-puissance du Très-Haut. Preuve supplémentaire de la lenteur avec laquelle évolue l’esprit humain. Ma spécialité d’agencier international m’avait incité à la rigueur de ma « production » et à l’obligation d’inspirer confiance. Ce fut ma préoccupation dominante pendant tout le temps où j’ai été membre de cette agence, et chef de ses bureaux à l’étranger. Ce fut, et c’est encore, la règle absolue de quelque deux milliers de confrères qui participent en son sein à cette mission quotidienne. Ces règles sont simples. En plaisantant, nous disons même parfois qu’elles sont monacales. Comme c’est le cas pour beaucoup d’autres journalistes ou reporters, nos articles ou dépêches sont rarement signés d’un nom entier. Trois initiales suffisent à nous faire reconnaître par nos pairs, qui nous utilisent. Ainsi les agenciers, en particulier, travaillent, écrivent dans l’anonymat, lequel est rompu seulement lorsque les médias qui sont les clients des grandes agences de presse internationales l’exigent, pour donner plus « de présence » à la copie qu’ils vont publier, ou pour donner l’impression que leurs organes locaux sont assez puissants pour entretenir des « spéciaux » à l’étranger. Quoi qu’il en soit, nous n’avons pas à être animés par le désir de plaire et de faire du "racolage" parmi les centaines de millions de lecteurs potentiels qu’une agence de presse peut avoir. Ce serait absurde. Bien que nous soyons "encartés", en application d’une loi de 1947, nous ne sommes pas des "gourgandines", nous ne devrions pas nous comporter comme telles.

Notre seul devoir est d’être au service de l’information, c’est-à-dire des faits et évènements de toutes natures qui se produisent, à tous moments, dans tous les pays où l’on se trouve en poste, en qualité d’envoyés spéciaux ou de correspondants de guerre. Ces obligations sont sans équivoque :

Signaler l’évènement, en être le témoin, le décrire, l’expliquer et le mettre en situation avec un strict souci d’honnêteté, d’objectivité, d’exactitude et de rapidité. En fait, répondre aux questions qui forment la colonne vertébrale de notre métier :

Qui, quoi, où, pourquoi, comment ?

Le commentaire n’est pas du ressort d’un reporter lambda mais d’un éditorialiste ou d’un rédacteur en chef, militant. Le militantisme n’est pas l’objectif de notre métier, sauf quand il s’agit de collaborer - volontairement - à des organes représentatifs d’une politique, d’un parti, d’une philosophie ou d’une religion.

Le cas est plus clair pour les agences de presse qui sont en quelque sorte des fournisseurs grossistes d’une information brute à transmettre en permanence à tous les médias qui sont leurs clients.

Dans tous les cas - le journaliste n’est pas, et ne doit pas être, un accusateur, ni un policier, ni un juge, ni un pasteur ou un prêtre, et certainement pas frère prêcheur. Seulement un témoin de son temps, et de l’histoire immédiate du monde. Il doit s’inspirer de l’art de l’entomologiste maniant sa loupe avec froideur, avec le sang-froid d’un homme de science.

Il faut exercer cet art avec clarté, précision, exactitude, en étant à tout moment disponible, et sans passion, dans le respect d’autrui et de ses convictions métaphysiques.

Ces règles devraient s’appliquer - dans toutes les langues - aussi bien avec Gutenberg que sans lui. Elles doivent s’imposer aussi bien à l’audiovisuel qu’à la presse écrite quotidienne ou périodique, et naturellement, et avec encore plus de rigueur - en raison de l’instantanéité introduite dans le métier par la télématique - à la « presse cybernétique » diffusée à travers Internet à la vitesse de la lumière.

Une fois lancée dans l’espace, une information n’est plus rattrapable.

© Bertrand C. Bellaigue (Paris février 2006)


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34 réactions à cet article    


  • andre (---.---.38.140) 6 février 2006 12:24

    Dans une société démocratique et laique, nul dogme religieux ne peut s’imposer. c’est d’ailleurs par cette liberté que chacun d’entre nous peut (s’il le souhaite) pratiquer sa religion. On peut donc en déduire que la presse peut parler de tout meme de la religion.


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 9 février 2006 11:45

      Touit dépend de la forme insultante ou non de cette parole ou dessin ; une caricature qui assimile tous les musulmans aux terroristes islamiques est fausse et donc injurieuse ; de plus elle fait nécessairement le jeu de ces derniers.

      Critiquer n’est pas insulter les gens que l’on critique, je suppose que vous-même (et je le souhaite pour vous et votre entourage) vous savez faire la différence...Alors mettez-vous à la place d’un musulman que l’on traite de terroriste (à travers un symbole de sa foi) sans aucune raison de le faire..L’islamisme terroriste et anti-démocratique se nourrit de l’islamophobie insultante.

      Le rasoir philosophique

      Liberté d’expression et islamophobie


    • Philippe (---.---.131.193) 6 février 2006 12:26

      http://fr.wikiquote.org/wiki/Martin_Niem%C3%B6ller Dachau (1942) Quand ils sont venus chercher les communistes, Je n’ai rien dit, Je n’étais pas communiste.

      Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, Je n’ai rien dit, Je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.

      Quand ils sont venus chercher les juifs, Je n’ai rien dit, Je n’étais pas juif.

      Quand ils sont venus chercher les catholiques, Je n’ai rien dit, Je n’étais pas catholique.

      Puis ils sont venus me chercher. Et il ne restait personne pour dire quelque chose.

      Allemand : Als die Nazis die Kommunisten holten, habe ich geschwiegen ; ich war ja kein Kommunist.

      Als sie die Sozialdemokraten einsperrten, habe ich geschwiegen ; ich war ja kein Sozialdemokrat.

      Als sie die Gewerkschafter holten, habe ich nicht protestiert ; ich war ja kein Gewerkschafter.

      Als sie die Juden holten, habe ich nicht protestiert ; ich war ja kein Jude.

      Als sie mich holten, gab es keinen mehr, der protestierte.

      On pourrait rajouter : quand ils sont venus chercher les journalistes, Je n’ai rien dit.


      • Bertrand C. Bellaigue Bertrand C. Bellaigue 6 février 2006 12:49

        La liberté de la presse.

        La liberte de la presse ( ou de l’information ) consiste à défendre toutes les libertés, toutes les philosophies, toutes les religions et opinions politique ou peuples contre leurs oppresseurs, la main surle coeur.

        Ce qui ne veut pas dire qu’on soit en droit d’insulter chacune d’elles , la main sur le coeur !

        Il me semble donc que votre interprétation - ou votre citation, que je connaissais - ( le texte est magnifique ) soit dû a un contre-sens dans votre interprétation.

        Bien à vous

        Bertrand C. Bellaigue


        • (---.---.162.15) 8 février 2006 00:37
            La liberte de la presse ( ou de l’information ) consiste à défendre toutes les libertés, toutes les philosophies, toutes les religions et opinions politique ou peuples contre leurs oppresseurs, la main sur le coeur.

          Ah quelle calamité que la « liberté de la presse » vue par un catho !

          La liberte de la presse (ou de l’information) permet d’ataquer toutes les libertés, toutes les philosophies, toutes les religions et opinions politique ou peuples avec tous leurs oppresseurs qui n’ont pas la main sur le coeur.

          Il y a des limites certes, mais même les connards et les hurluberlus peuvent s’exprimer. Il y a surtout cette limite, déjà citée mais qui n’est pas encore comprise par tous :

          La liberté d’expression vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels, il n’est pas de "société démocratique. Cour Européenne des Droits de l’Homme, 21 janvier 1999, n°29183/95, Fressoz et Roire c. France.

          Donc, s’il vous plait, cessez de nous raconter des salades, la liberté d’expression en Europe permet de heurter, de choquer et d’inquiéter, il vous faut l’admettre.

          D’ailleurs c’est presque le propre de la caricature que d’utiliser l’outrance. J’ouvre au hasard « L’année du canard » (enchaîné) et je tombe sur une illustration qui illustre parfaitement ce que je viens de dire (Canard Enchainé du 27/7/2005, dessin par Cardon, excellent caricaturiste).

          C’est une maman qui se promène dans une rue avec une poussette et un petit gamin à la main. On voit le gamin essayer de lâcher la main de sa mère pour attraper un paquet qui fait « tic tac » et se trouve sur le long d’une maison. La maman dit « Touche pas ! C’est une bombe posée par papa ! ». Légende au dessus : « Corse : des bombes à la portée des enfants »

          Imaginez le scandale que ça a fait. Tous les corses se sont sentis insultés par ce dessin qui considère que tous les pères corses sont des terroristes. Des drapeaux français ont été incendiés, un boycott général a été installé, des manifestations ont dégénéré et des bâtiments ont été incendiés !

          Je caricature ? Oui et j’ai le droit, comme je peux caricaturer la connerie d’un catholique - ou pas - qui voudrait que tout le monde soit gentil à la façon de son Dieu !

          Am.


        • Betrand C. Bellaigue (---.---.102.41) 8 février 2006 01:06

          Sorry.. Décisions.... ( Naturellement avec un « s » !!) BCB


        • andre (---.---.38.140) 6 février 2006 13:47

          mon cher Bertrand, On peut créer une image sur autre chose que du papier, par exemple dans l’imaginaire de tout individu. Les musulmans sont responsables de l’image qu’ils donnent du prophete Mahomet et du Coran aux non musulmans. Une image peut etre virtuelle ou abstraite il me semble. alors avant d’avoir la main sur le coeur...


          • (---.---.162.15) 8 février 2006 09:11
              Over and out BCB

            Au contraire, je trouve que la remarque d’André est très pertinente et en plein dans le sujet. En particulier les caricatures danoises peuvent être considérées comme le reflet de Mahomet chez les terroristes islamiques dans les miroirs que tendent les dessinateurs danois.

            Am.


          • Bertrand C. Bellaigue Bertrand C. Bellaigue 6 février 2006 19:27

            Over and out BCB


            • gaiaol (---.---.215.93) 7 février 2006 21:08

              Quand ils sont venus chercher les communistes, Je n’ai rien dit, Je n’étais pas communiste.

              Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, Je n’ai rien dit, Je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.

              Quand ils sont venus chercher les juifs, Je n’ai rien dit, Je n’étais pas juif.

              Quand ils sont venus chercher les catholiques, Je n’ai rien dit, Je n’étais pas catholique.

              Puis ils sont venus me chercher. Et il ne restait personne pour dire quelque chose.

              Allemand : Als die Nazis die Kommunisten holten, habe ich geschwiegen ; ich war ja kein Kommunist.

              Als sie die Sozialdemokraten einsperrten, habe ich geschwiegen ; ich war ja kein Sozialdemokrat.

              Als sie die Gewerkschafter holten, habe ich nicht protestiert ; ich war ja kein Gewerkschafter.

              Als sie die Juden holten, habe ich nicht protestiert ; ich war ja kein Jude.

              Als sie mich holten, gab es keinen mehr, der protestierte.

              On pourrait rajouter : quand ils sont venus chercher les Musulmans, Je n’ai rien dit.

              Merci Bertrand d’avoir distingué la grossière substitution


              • (---.---.162.15) 8 février 2006 09:14

                « Quand ils sont venus chercher les caricaturistes, je n’ai rien dit. »

                Qui est vraiment violent ? Le caricaturiste danois ou l’incendiaire de l’ambassade du Danemark ?


              • gaiaol (---.---.215.93) 7 février 2006 21:08

                Quand ils sont venus chercher les communistes, Je n’ai rien dit, Je n’étais pas communiste.

                Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, Je n’ai rien dit, Je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.

                Quand ils sont venus chercher les juifs, Je n’ai rien dit, Je n’étais pas juif.

                Quand ils sont venus chercher les catholiques, Je n’ai rien dit, Je n’étais pas catholique.

                Puis ils sont venus me chercher. Et il ne restait personne pour dire quelque chose.

                Allemand : Als die Nazis die Kommunisten holten, habe ich geschwiegen ; ich war ja kein Kommunist.

                Als sie die Sozialdemokraten einsperrten, habe ich geschwiegen ; ich war ja kein Sozialdemokrat.

                Als sie die Gewerkschafter holten, habe ich nicht protestiert ; ich war ja kein Gewerkschafter.

                Als sie die Juden holten, habe ich nicht protestiert ; ich war ja kein Jude.

                Als sie mich holten, gab es keinen mehr, der protestierte.

                On pourrait rajouter : quand ils sont venus chercher les Musulmans, Je n’ai rien dit.

                Merci Bertrand d’avoir distingué la grossière substitution de Philippe


                • gaiaol (---.---.215.93) 7 février 2006 21:14

                  Bernard (Dans tous les cas - le journaliste n’est pas, et ne doit pas être, un accusateur, ni un policier, ni un juge, ni un pasteur ou un prêtre, et certainement pas frère prêcheur. Seulement un témoin de son temps, et de l’histoire immédiate du monde. Il doit s’inspirer de l’art de l’entomologiste maniant sa loupe avec froideur, avec le sang-froid d’un homme de science.

                  Il faut exercer cet art avec clarté, précision, exactitude, en étant à tout moment disponible, et sans passion, dans le respect d’autrui et de ses convictions métaphysiques.)

                  Mais ce n’est encore le cas que pour un pourcentage de plus en plus réduit de journalistes. Comment en est-on arrivé à la situation d’aujourd’hui qui voit des journalistes emblemed, accompagner le soldat et reproduire SA guerre, vue à travers le pare brise d’un tank ?


                • florian (---.---.93.233) 7 février 2006 21:14

                  mardi 7 février 2006, 18h25 Caricatures : des associations musulmanes déboutées contre « Charlie Hebdo »

                  PARIS (AP) - Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris a débouté mardi pour vice de forme cinq organisations musulmanes qui demandaient la saisie de l’hebdomadaire satirique « Charlie-Hebdo », lequel reprend les caricatures du prophète Mahomet publiées par un quotidien danois en septembre.

                  « C’est une bonne nouvelle pour nous tous. Charlie va paraître comme d’habitude » mercredi, s’est réjoui Philippe Val, le directeur de publication, qui a fait état de « mesures de protection assez sérieuses » à la suite de cette volonté de publication.

                  La « Une » du numéro de mercredi, tiré à 160.000 exemplaires, montre une silhouette de Mahomet, « la tête dans ses mains, qui a l’air accablé ». Sous le titre « Mahomet débordé par les intégristes », le prophète soupire : « c’est dur d’être aimé par des cons », a déclaré à l’issue de l’audience Philippe Val.

                  Sans que le fond ne soit examiné, le Conseil français du culte musulman (CFCM), la Grande Mosquée de Paris, la Mosquée de Lyon, la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF) et l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) ont été déboutés pour n’avoir pas assigné dans les formes l’hebdomadaire.

                  En effet, l’assignation aurait dû notamment être notifiée au parquet avant le début de l’audience. Ce non-respect des textes entraîne automatiquement la nullité de l’assignation.

                  A l’audience, où assistaient dessinateurs et journalistes de « Charlie-Hebdo », dont Wolinski ou Luz, les avocats des organisations ont demandé au juge d’infléchir, au regard des circonstances d’urgence, le formalisme de la procédure.

                  Elles estimaient que publier à nouveau ces caricatures était une attaque injurieuse à l’égard des musulmans. « On aurait aimé une volonté d’apaisement », a regretté Fouad Alaoui, secrétaire général de l’UOIF et vice-président du CFCM qui a soutenu que « Charlie-Hebdo veut mettre de l’huile sur le feu ».

                  Lundi, le CFCM a appelé les médias français « à la raison » et les musulmans à « ne pas succomber à la provocation » dans l’affaire des caricatures du prophète Mahomet, qui ont provoqué des violences dans certains pays.

                  « On ne peut pas insulter une religion qu’elle quelle soit. Défendre la dignité de sa religion, ce n’est pas aller dans le radicalisme », s’est justifié M. Alaoui. Vendredi, le CFCM décidera s’il engage des poursuites pénales contre les journaux français qui ont publié les caricatures danoises.

                  « La démocratie est alimentée par la liberté d’expression. La critique de la religion est légitime dans un Etat de droit et elle doit le rester », avait déclaré avant l’audience Philippe Val. « Il est rare de demander l’interdiction d’un journal avant de l’avoir vu », s’est étonné Me Richard Malka, l’avocat de l’hebdomadaire. AP


                  • Betrand C. Bellaigue (---.---.102.41) 8 février 2006 00:58

                    Il me semble que l’auteur de cette réaction a oublié de signer sa profession de foi. Over and out BCB


                    • Betrand C. Bellaigue (---.---.102.41) 8 février 2006 01:01

                      Les decicions de justice ne doivent pas faire l’objet de commentaire/ BCB


                      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 8 février 2006 01:50

                        Il n’est pas interdit de commenter favorablement une décision de justice.

                        L’article 434-25 du Code pénal sanctionne seulement « Le fait de chercher à jeter le discrédit, publiquement par actes, paroles, écrits ou images de toute nature, sur un acte ou une décision juridictionnelle, dans des conditions de nature à porter atteinte à l’autorité de la justice ou à son indépendance. »

                        Ce qui est interdit est donc de jeter le discrédit « dans des conditions de nature à porter atteinte à l’autorité de la justice ou à son indépendance ».

                        Il est précisé à l’alinéa suivant que ces dispositions « ne s’appliquent pas aux commentaires techniques ni aux actes, paroles, écrits ou images de toute nature tendant à la réformation, la cassation ou la révision d’une décision. »

                        Réjouissons-nous donc de pouvoir ce matin acheter et lire un numéro « historique » de Charlie-Hebdo (excellent investissement pour les collectionneurs).


                        • Vincent (---.---.32.6) 8 février 2006 03:10

                          Tant qu’à faire, je suis pour une TOTALE liberté d’expression !

                          L’iran organise cette semaine un concours de caricatures : Tout est permis ! Bravo ! Je viens de voir quelques caricatures en lignes , quel délire ! concours ouvert aux etrangers.

                          Que l’on ressorte toutes les caricatures des années 30 pour DEFENDRE LA LIBERTE D’EXPRESSION ! mais si cela déplait à certains.

                          Que l’on ressorte toutes publications & libres censurés ! au nom de LA LIBERTE D’EXPRESSION.

                          Que l’on ressorte de l’ombre ces journalistes, artistes, humoristiques lynchés par ces mêmes journaleux qui clament aujourd’hui la liberté d’expression.

                          Bon, je vous laisse, je dois terminer ma caricature + l’ envoyer ce journal iranien, maybe , the french will win.

                          Vincent


                          • Senatus populusque (Courouve) Courouve 19 février 2006 00:22

                            Mieux vaut s’affronter à coups de caricatures que de se taper sur la gueule.

                            C’est toute la différence entre la civilisation et la barbarie.


                          • andre (---.---.38.140) 8 février 2006 09:16

                            Il ne ne faut pas confondre insulte et critique. Enfin, pour ceux qui ne veulent rien voir arriver, qu’est ce qu’on veut nous imposer, une restriction de la liberté d’expression !!! Si on cede la dessus, toute critique demain du Coran sera perçu comme une insulte pour un musulman parce qu’on aura osé remmettre en cause la parole de Dieu, ce qui est interdit par le Coran, comme la représentaion du prophète...


                            • Bertrand C. Bellaigue Bertrand C. Bellaigue 8 février 2006 14:16

                              Il y a aussi un autre danger : Si au nom de la liberté de la presse on doit aussi, au nom de la laicité, désacraliser l’individu - quelque soit sa croyance ou son incroyance - il arrivera un jour (ela s’st déjà produit )que l’on puisse - si on ne le fait pas déjà en quelque endroit - exterminer les hommes « comme on déboise ».

                              « Quelqu’un » dans ce forum rappelait à juste titre les caricatures de années trente. La presse de droite etait lbre également. On saitoù ces immonices ont conduit : au Vel d’Hiv puis a Drancy puis dans les camps d’extermination vers lesquels au moins 75 000 personnes, femmes, homme et enfants on été emportés dans des wagons bestiaux .

                              Bertrand C. Bellaigue


                              • Candide (---.---.221.5) 8 février 2006 14:36

                                Je crois que c’est moins les caricatures que la défaite de la France face à l’Allemagne (munich la position des pacifistes en faveur de l’allemagne nazi etc) et la collaboration active du gouvernement de Vichy qui a entrainé les déportations et la mise en route vers les camps de mort....

                                Il est d’ailleurs piquant de voir que l’on se préoccupe plus de quelques caricatures en France sur un type mort il y a 1400 ans que d’une personne à Téhéran qui affirme qui veut exterminer un peuple (pour l’instant même si il a cité d’autres pays alentour )avec une bombe atomique.


                              • (---.---.38.140) 8 février 2006 14:40

                                il ne doit y avoir aucun tabou dans une démocratie. C’est justement quand il y a des tabous, qu’il y a danger pour l’humanité...(nazisme, écologie, communisme...)


                              • Bertrand C. Bellaigue Bertrand C. Bellaigue 8 février 2006 15:40

                                Pour Candide ( ou Gringoire)

                                You missed the point. Vous êtes passé à côté du sujet. Je ne parlais pas du « type d’il y a1400 ans » comme vous dites mais des pauvres gens, politiques ou privés ou refugiés en France, que des hebdo comme « Candide » ou « Gringoire » et d’autres, représentaient avec des nez crochus et le type oriental.Cela coincidait avec l’avènement au pouvoir du « Front Populaire. » Leurs immondices, aprouvées par un bonne partie de la population, a conduit au moins 75 000 personnes, hommes, femmes et enfants dans les camps d’extermination nazis. Un officier de la wermacht à Paris à l’époque de Bousquet et du Vel d’Hiv est cité comme ayant dit « On ne leur en demande pas tant.. »

                                BCB


                                • (---.---.102.41) 8 février 2006 20:47

                                  « You missed the point. Vous êtes passé à côté du sujet. Je ne parlais pas du »type d’il y a1400 ans« comme vous dites mais des pauvres gens, politiques ou privés ou refugiés en France, que des hebdo comme »Candide« ou »Gringoire« et d’autres, représentaient avec des nez crochus et le type oriental.Cela coincidait avec l’avènement au pouvoir du »Front Populaire.« Leurs immondices, aprouvées par un bonne partie de la population, a conduit au moins 75 000 personnes, hommes, femmes et enfants dans les camps d’extermination nazis. Un officier de la wermacht à Paris à l’époque de Bousquet et du Vel d’Hiv est cité comme ayant dit »On ne leur en demande pas tant.."

                                  Gardez vos insultes Mr. Je crois que nous n’avons pas les mêmes références philosophiques. Voltaire semble étranger à votre culture. Avant de me prêter des sentiments qui sont à l’opposée des miens peut-être aurait-il été plus sage de lire mes messages ?

                                  Je n’ai pas besoin non plus de cours sur l’antisémitisme dans les années 30, je suis assez bien informé sur le sujet. Je dis simplement que vous devriez vous servir de vos connaissances sur le passé pour voir où vous pouvez trouvé le même type de caricature(parfois inchangée) . D’ailleurs, une lecture attentive de mes post précédent vous aurez évité ces grossiers anathèmes.

                                  Pouvez me citer les rapports de préfet affirmant que la population française approuve les déportations ? ou même un livre d’histoire écrit par un historien sur la question ?

                                  Le malentendu est dissipé. Pouvez vous réagir à mes doutes exposés dans la question ci-dessus.


                                • mowglii (---.---.153.33) 8 février 2006 16:07

                                  Bertrand, oui je comprends , vous preferez vivre sous la chariah, là où au moins, il n’ ya plus de manques de respect, plus de caricatures, et la liberté est bien baillonée , aucun risques de choquer qui que ce soit .

                                  enfin .... sauf si on est juif ou chretien, là , les caricatures de rabbins cannibales sont normales voire encouragées. et qui sait, ce ne sont meme peut-etre pas des caricatures, ils sont peut-etre vraiment cannibales ces rabbins ?? !!

                                  allons, allons Bertrand, où sont les bruits de bottes, les tribuns menaçant d’autres etats, où sont les apprentis nazis , sinon en Iran, chez les talibans, al quaida etc ??


                                  • dadi (---.---.36.63) 8 février 2006 22:31

                                    je vous remercie Mr Bertrand pour votre analyse objective et raisonnable de cette affaire qui ne sert que les personnes avides , sourds à tout discours même lorqu’il provient d’une personne d’experience qui a vécu sur le terrain ; Ces personnes qui blablatent pour ne rien dire sinon affirmer la limite de leur vision, ne savent meme pas ce qu’est la vie car ils la vivent à travers la télé , les médias et suivent comme des mountons de panurge ! merci à votre intelligence qui reléve un peu le niveau de l’esprit humain . les insultes sont le signe d’une impuissance


                                    • Bertrand C. Bellaigue Bertrand C. Bellaigue 8 février 2006 22:57

                                      Merci, ami anonyme pour votre intervention. BCB


                                    • (---.---.38.140) 10 février 2006 08:44

                                      Après la défaite de 1940, en France, la presse libre a été interdite...donc si on commence à vouloir restreintre la liberté d’expression...


                                      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 19 février 2006 00:19

                                        En 1940, la presse a été censurée après la défaite.

                                        En 2006, la presse va-t-elle accepter la censure avant la défaite ??


                                      • (---.---.152.138) 11 février 2006 20:39

                                        <>

                                        ==> Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer qu’il y avait insulte et injure ?

                                        <>

                                        ==> Comment admettre en effet qu’on puisse perpétrer de pareils actes au nom de sa foi !


                                        • Gary Gaignon (---.---.235.64) 19 février 2006 00:01

                                          La censure des caricaturistes, chez nous en Occident, de leurs dessins d’humour aussi éditoriaux soient-ils ?! Non, mais sans blague, êtes-vous sérieux, les amis ?...


                                          • (---.---.206.79) 20 novembre 2006 17:17

                                            kkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkk kkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkk


                                            • (---.---.206.79) 20 novembre 2006 17:19

                                              Je vérifiais si ça marcher bien et ben je confirme : ça marche !!!! On vous à jamais dit que vous êtes mignons avec vos portrait !!!!

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