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Accueil du site > Actualités > Médias > L’image vérité III (fin) : la star, c’est vous

L’image vérité III (fin) : la star, c’est vous

Il semblerait que la famille soit la première source de modèles chez l’enfant, mais que, très vite, il ira chercher à l’extérieur ses figures d’influence. On note aussi que, dès la fin de l’enfance, les personnages fictifs ne sont plus des objets d’identification. Les deux domaines de prédilections des adolescents sont le monde du sport et celui de l’art, au sens large, principalement représenté par la musique et le cinéma. Selon Edgar Morin, les héros, à travers leur double nature, divine et humaine, opèrent la circulation permanente entre le monde de la projection et le monde de l’identification (E. Morin, Les Stars. Paris Seuil 1957). Il dit encore que c’est parce qu’on s’identifie au héros qu’il devient héros à nos yeux.

Comme on l’a bien compris dans les magazines « people », l’heure n’est plus aux stars drapées dans leur dignité, vissées sur un piédestal comme le furent jadis Rita Hayworth ou Greta Garbo, assimilées à une inaccessible divinité. C’est peut-être là le grand virage médiatique du XXe siècle : une distance trop grande est incompatible avec une projection du public vers son adoration. Le portrait idéalisé, peint ou retouché, n’intéresse plus personne. On le trouve figé, inexpressif. Il est devenu indispensable que le héros reste dans les limites de l’humain, avec ses faiblesses et ses défauts.

Passée la petite enfance, difficile de se prendre pour Superman ou Harry Potter. Pour se projeter, il faut donc s’identifier et la photographie devient l’outil indispensable en jouant, une fois encore, le rôle réaliste qu’on attend d’elle : le personnage existe vraiment et, de plus, il nous ressemble, mais il possède des attributs que nous n’avons pas et en cela nous l’admirons. Comme si on avait besoin de rêver, mais qu’il fallait que le rêve demeure dans les limites du raisonnable. Un rêve qui, par un très heureux concours de circonstances, aurait même des chances de se réaliser. Quoi de mieux que la photographie «  réaliste » pour rendre humains et proches ceux qui pourraient passer pour divins (les familles royales) ou trop éloignés (célébrités confinés dans des univers clos et surprotégés) ? Quoi de plus efficace que ces instantanés volés qui montrent des personnages oniriques dans une attitude peu glorieuse ou même défavorable pour anéantir la distance qui s’étend entre eux et nous ? L’image opère alors un nivellement, en insinuant au spectateur qu’il pourrait lui-même devenir le héros si...

Il est intéressant d’étudier l’attitude d’une star soudain démunie de ses pouvoirs. L’identification acquise, mais la projection du public disparue. On les reconnaît dans la rue, mais sans aucune référence à leur présent. Les auras envolées, il ne reste plus qu’une enveloppe familière dénuée de sens. Beaucoup de footballeurs célèbres tournent mal (toxicomanie, dépression), les acteurs peinent à décrocher, beaucoup de suicides chez les chanteurs. En règle général, la star supporte mal son déclin. Le public la remplace immédiatement et ne fait que précipiter la dégringolade.

La recette de la représentation réaliste est vieille comme le monde. Les religions l’ont utilisée abondamment. Jésus, auteur de miracles, et en même temps homme, si humble sur les représentations, torturé sur la croix. En même temps anéanti comme un pauvre hère, mais ressuscité au troisième jour. Bouddha, si riche, mais reniant ses privilèges pour se mêler au bas-peuple. Une image de nous-mêmes, mais avec des pouvoirs en plus. Pourquoi, dans les religions contemporaines, autant de messies, prophètes et aussi peu de Dieux représentés ? Pourquoi utilise-t-on si fréquemment l’image de l’intermédiaire à forme humaine (Jésus, Mahomet, Bouddha), si ce n’est pour enclencher le phénomène d’identification et transmettre les idéologies ? On s’égare... Toutefois la photographie a remplacé le portrait en adjoignant à la représentation un statut de preuve irréfutable indispensable à une bonne assimilation. Et il semblerait, à travers les âges, que le genre humain ait un besoin profond de s’identifier à ses héros. Toute la médiatisation contemporaine, en prenant pour témoin la photographie et le réalisme qui l’accompagne, consistera à mettre en place des modèles crédibles, adaptés à chaque tranche d’âge, capables de séduire un public de plus en plus large, demandeur et acheteur infatigable.

En cliquant sur ce lien, vous constaterez que la star, c’est vous...

http://www.ooprint.fr/voici/

Illustration : Nicole Kidman et Keith Urban "après la nuit de noce" (tabloïd italien)



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34 réactions à cet article    


  • .TALL 19 octobre 2007 10:03

    Correct, mais il ne faut pas oublier une chose essentielle : la force et la positivité morale du « message » sous-jacent incarné par la star.

    Exemple à contrario : un petit malin vient de faire un streaking lors du match de foot Belgique-Arménie. Alors, il a fait la une des médias people belges, et les interviews le présentaient même sous un jour plutôt sympa puisqu’il prétend avoir fait ça pour demander sa compagne en mariage. Pourtant la réalité d’aujourd’hui est qu’il risque de perdre son boulot et sa compagne en prime.

    Tous les détails ici.


    • Philippakos Philippakos 19 octobre 2007 10:09

      Vous voulez dire que s’il avait été une star, ça lui aurait fait sa promo. Au lieu de cela, comme quidam moyen, il a tendance à se torpiller ?


    • .TALL 19 octobre 2007 10:48

      Non Philippakos, il s’est fait connaître par un acte ridicule. Le message reste fondamental heureusement, et le temps est un bon filtre. Les Star-Ac’s s’oublient vite, Einstein est toujours là, pour prendre des extrêmes.

      Ceci dit, je partage entièrement votre vision de la partie du problème que vous évoquez dans l’article ( l’identification ).


    • .TALL 19 octobre 2007 10:54

      L’oeuvre prime sur l’artiste, DW. Ce qui compte, c’est de l’avoir faite. On ne risque plus le suicide si on admet ça. Car plus jamais personne d’autre ne sera l’auteur de cette oeuvre-là. Ils me font marrer ceux qui parlent de has been. Qu’ils réussissent ne fut-ce qu’une fois un « truc » d’abord.


    • Philippakos Philippakos 19 octobre 2007 11:13

      DW, n’est-ce pas ce que tout le monde tente de faire ? Tout est question d’oeuvre. Celui qui fait une maison, des enfants, qui cultive son champ... toujours une façon de dépasser sa disparition, de survivre à travers les autres, d’échapper à son absurdité.


    • .TALL 19 octobre 2007 11:13

      Exactement DW. Regarde Lindbergh, il n’a fait qu’un seul grand truc. Mais ce truc est de lui, et à tout jamais. Ne faire ne fut-ce qu’un seul grand truc comme ça dans une vie, peu importe le domaine, je trouve ça magique. Car quoiqu’il arrive, à mes yeux, c’est une vie qui valait la peine d’être vécue. Uniquement pour ça.


    • Philippakos Philippakos 19 octobre 2007 11:24

      Tall. Eternel problème, celui de la provocation. Dali, le grand provocateur, n’en était pas pour autant dénué d’un immense talent. Et pourtant, on pourrait dire que ses actes provocateurs étaient parfois ridicules. Le but reste qu’on parle de soi, sans rapport immédiat avec ce qu’on peut transmettre ensuite. C’est la perversion médiatique qui nous a menés là. Je crains qu’il devienne difficile d’y échapper aujourd’hui... Les artistes le savent encore mieux que les autres.


    • .TALL 19 octobre 2007 11:42

      Oui, mais ça ne dure pas ces jeux-là. Je parle au long terme. Avec Dali, le talent suivait.


    • Philippakos Philippakos 19 octobre 2007 11:06

      Difficile d’évoquer Jésus comme simple modèle pour un chrétien, je le conçois volontiers. Le narcissisme date en effet de ... Narcisse. J’ai fait un article sur le sujet dans mon blog l’année dernière :

      http://philippakos.blogspot.com/2006/10/mythologie-narcisse-limage-meurtrire.html

      Le narcissisme revient effectivement à se donner soi-même comme modèle, comme l’illustre le lien de « Voici » à la fin de l’article. Ne pas confondre, je crois, le narcissisme et la place grandissante de l’homme dans la société où il évolue. S’il est, je crois, une évolution linéaire de l’histoire de l’humanité, ce serait celle-là : la responsabilité de l’individu. Les religions (en m’excusant de revenir là-dessus) en sont le meilleur exemple. Le succés du christianisme revient à la place de l’homme maître de son sort, en opposition aux religions antiques où le « destin » ne lui laisse aucun libre arbitre : « vous qui n’êtes rien, vous êtes tout » (parole de Jésus si mes souvenirs sont exacts). Le phénomène ne fait que s’accentuer depuis... avec l’apothéose au XXème siècle.

      La médiatisation, elle, propose des modèles fictifs pour remplacer les modèles de proximités d’avant (son voisin, son frère, etc...)et les modèles religieux. Reste effectivement à savoir si la place grandissante de l’homme mène obligatoirement au narcissisme ? Le slogan de « voici » : « la star, c’est vous », représente la phase ultime de la médiatisation qui ferme la boucle en disant que vous pouvez remplacer par vous-même les modèles que vous vous donniez précédemment. Le slogan vous flatte en vous incitant à vous leurrer sur votre condition, une façon de vous survaloriser. Façon aussi de dire : vous n’avez plus besoin de modèles, ce qui entraîne bien des conséquences...


    • haddock 19 octobre 2007 10:55

      La vérité que vous faites semblant de nier et que je rétablis ici , les vraiment forts en transcendalité c ’est les Italiens , il arrivent à faires les plus belles transes de salami en sandales . Idem pour le jambon de Parme .

      Plus forts que Narcisse des eaux transparentes .


      • Céline Ertalif Céline Ertalif 19 octobre 2007 11:40

        Bonjour,

        Plus le réalisme augmente, plus la proximité s’affiche, plus le narcissisme devient fébrile. A mon avis, c’est aussi l’un des enjeux importants de la pratique du réseau internet : les distances se modifient, la création et la reconnaissance qui lui était attachée se séparent.

        Le regard des couches supérieures de la société sur la presse populaire est méprisant parce que les catégories sociales aisées et cultivées sont dans le mythe d’une fusion entre l’imaginaire et l’individualité. La personnalité s’affirme par une pensée individuelle, c’est ce que les scientifiques ont imposé contre le dogme religieux. Puis les Lumières du XVIIIème siècle en ont fait une idéologie au bénéfice des auteurs, sanctifiés comme propriétaires de leurs créations intellectuelles.

        Tout cela pourrait bien être durement secoué. L’imaginaire est collectif, assimilé par les individus, et canalisé par des règles sociales et marchandes. Nous voyons aujourd’hui une course à la reconnaissance qui produit beaucoup d’encombrement (il n’y a jamais eu autant de livres édités, en plus des blogs...) pour un modèle passé, pas loin de l’effondrement. La reconnaissance ne peut être multipliée, elle est rare par nature. L’imaginaire n’appartient pas aux individus, la création non plus. Fin d’un mythe.

        Puis-je m’amuser à travestir un paragraphe de ton excellent article, Philippakos ?

        Il est intéressant d’étudier l’attitude d’une star (créateur) soudain démunie de ses pouvoirs. L’identification acquise, mais la projection du public disparue. On les reconnait dans la rue, mais sans aucune référence à leur présent. Les auras envolées, il ne reste plus qu’une enveloppe familière dénuée de sens. Beaucoup de footballeurs (d’intellectuels) célèbres tournent mal (toxicomanie, dépression)... En règle général, la star supporte mal son déclin. Le public la remplace immédiatement et ne fait que précipiter la dégringolade.


        • Philippakos Philippakos 19 octobre 2007 11:54

          Commentaire très pertinent comme toujours, Céline. Je me laisse un peu de temps pour y répondre (le temps de liberté dont parle DW, si précieux mais qui, pour moi, n’est tout de même pas infini).


        • .TALL 19 octobre 2007 12:44

          A mes yeux, la création est surtout affaire d’invidu, Céline. Mon impression est que l’immense majorité des gens est peu créative, moutonnière et conservatrice.

          Un exemple que j’aime bien, est celui de la rangée de portes battantes dans une galerie marchande où elles sont toutes ouvrables d’une simple poussée, mais où une seule est bloquée en position ouverte. Et immanquablement, à l’heure de pointe, on les voit piétiner en file indienne pour passer cette porte-là, alors qu’il suffit d’en pousser une autre.

          Et pourquoi ne le font-ils pas ? Parce qu’ils croient que si les autres ne le font pas, c’est qu’elles sont fermées. Et ils se trompent tous ainsi les uns les autres.


        • Philippakos Philippakos 19 octobre 2007 17:59

          Internet libère la création, cela va sans dire. La donne a effectivement changé mais que faire devant le flot de création ? Il faudra donc des critères pour orienter ses choix, comme pour toutes les grosses productions (cinéma 20 000 films par an dans le monde). On ne peut pas tout voir, on ne peut pas tout lire. Il y a de bonnes chances pour qu’on en revienne donc à la personnalité du créateur, en gros à s’intéresser à celui que l’on croit connaître, celui dont on parle... et on retombe dans les mêmes impasses. Il est sûr qu’Internet est un nouveau moyen de reconnaissance. Beaucoup d’artistes ont émergé grâce à ce média ces dernières années. Les circuits ne seront peut-être plus les mêmes mais la sélection demeurera, inévitablement. L’intéressant reste la possibilité virtuelle de s’exprimer, de créer, à partir de rien, un ordinateur et un réseau, et là il y a une véritable démocratisation et même une possibilité de contourner les circuits en place, de les faire éclater, pourquoi pas ?


        • Céline Ertalif Céline Ertalif 19 octobre 2007 23:27

          Je suis d’accord avec ce que vous dites, Tall et Philippakos, mais mon propos a une portée assez différente. La création est individuelle, souvent oui. Encore que la recherche devienne de plus en plus souvent une grosse machinerie avec des équipes et des capitaux.

          C’est vrai que les circuits changent et que les individus ont plus de réactivité que les institutions. Mais je vois autre chose : la séparation de plus en plus affirmée entre la création et la reconnaissance. La fin de l’auteur en quelque sorte - et donc de ses droits. Je propose aussi par là de renoncer a un rêve, celui de l’individu propriétaire de sa pensée. Que l’individu soit créatif oui, qu’il soit propriétaire de sa création non.

          Si on regarde Agoravox, c’est quoi ? Une entreprise qui ouvre un espace démocratique. Pas d’élection, pas de contrôle, pas de processus institutionnel quelconque. La démocratie, ce n’est plus Victor Hugo et l’Assemblée Nationale. C’est un champion de surf reconverti + un héritier. Cela me rappelle irrésistiblement Chateaubriand qui disait que les rentiers étaient les seules personnes, suffisamment détachés des contingences, aptes à gérer les affaires publiques. Le créateur glorifié et starifié, c’est de la propagande libérale. La vérité reste plutôt que la création doit être protégée, et sans doute plus la création elle-même que les créateurs.

          Pour reprendre l’image de Tall, la création consiste à ouvrir la porte où l’on ne risque de trouver un photographe planqué derrière.


        • Philippakos Philippakos 20 octobre 2007 06:02

          La fin du créateur comme individu. Pourquoi pas et ce serait la conséquence de la multiplication des créateurs et de l’absence de technique dans la réalisation des oeuvres. N’importe qui peut faire du rap, un tableau monochrome, etc... Tout le monde écrit, on le constate en déposant un manuscrit chez un éditeur (1 roman sur 100 publié). Mais d’un autre côté ce serait le seul domaine où l’individu, dans le monde contemporain, serait dévalorisé.


        • La mouche du coche La mouche du coche 20 octobre 2007 08:47

          La métaphore de Tall sur les portes est extraordinairement juste. Bravo. smiley


        • .TAL.L 20 octobre 2007 09:17

          Non, Céline, ça c’est la négation de l’égo ( un de tes chevaux de bataille smiley ) mais c’est aussi injuste qu’utopique. Injuste parce que si la création apporte quelque chose aux autres, je ne vois pas pourquoi le créateur-donneur n’aurait pas droit à leur reconnaissance. On apprend à dire « merci » dès tout petit, non ? C’est la même chose.

          Enfin, même si je ne te convainc pas, ce n’est pas grave smiley car de toute façon, c’est utopique, car bien trop opposé à la nature humaine.

          La négation de l’égo, ça me rappelle le communisme radical. Je t’aurais bien vu, il a quelques temps d’ici, monter sur les barricades avec un drapeau soviétique, le protrait du Che sur ton tee-shirt, en lançant des pavés sur la tête des CRS. Note, pour les pavés, je t’aurais aidé, c’était rigolo smiley


        • Céline Ertalif Céline Ertalif 21 octobre 2007 12:47

          Non, non, je ne prône pas la négation de l’ego. Je ne prône d’ailleurs rien du tout dans cette discussion. Je m’interroge sur le lien (ou la séparation) entre création et reconnaissance.

          Ce n’est sans doute pas un problème totalement nouveau. Voir le commentaire ci-dessous : « On est réellement mort que lorsque plus personne ne parle de vous ».

          Mon point de vue n’est sans doute pas encore bien élucidé. C’est pour ça que je ne suis pas convaincante. Le problème est bien identifié : comment reconvertir le désir ou donner de la place à l’ego s’il doit un peu se retirer de là ? C’est DW qui aurait dû réagir puisque je sais que mon approche est contradictoire avec la sienne, même si nous sommes sûrement d’accord pour admettre qu’il n’y a pas de création sans protection.


        • .TAL.L 21 octobre 2007 15:49

          comment reconvertir le désir ou donner de la place à l’ego s’il doit un peu se retirer de là ?

          Oui d’accord, je vois. Vaste chantier o ù il faut trouver les bons mécanismes de carotte-bâton domaine par domaine.

          Ne t’étonnes pas de ma réaction. J’ai toujours eu un caractère créatif et je suis en plein job de création pour l’instant( cybernétique ). Et je peux te dire d’expérience que l’égo des créatifs est souvent très développé. Ce qui est assez logique d’ailleurs, car pour s’imaginer qu’on puisse avoir des idées que les autres n’ont pas, faut être mégagalo smiley. Mais si on se connaît un peu, ça devient gérable. Le tout est d’avoir la chance de survivre à sa jeunesse. Ouf.. ! smiley


        • La mouche du coche La mouche du coche 21 octobre 2007 21:10

          Céline,

          votre commentaire m’intéresse. smiley

          Je pense qu’il y a un malentendu fondamental aujourd’hui sur l’artiste. On l’imagine volontiers de façon romantique comme une personne qui crée seul son oeuvre, et dans un seuxième temps le public vient en recueillir le miel.

          À mon avis les choses ne se passent pas ainsi : POur qu’il y ait une véritable oeuvre d’art transmissible au public, il faut que le créateur ait un DÉSIR DE SÉDUIRE son public. S’il n’a pas ce désir, son travail n’est que de la masturbation incompréhensible par les autres.

          L’égo de l’artiste est donc fondamental en la matière, et surtout UN DÉSIR DE RECONNAISSANCE (dont personne ne parle parceque ce désir ne fait pas noble et qu’il peut s’assimiler à du snobisme, mais il existe)


        • La mouche du coche La mouche du coche 21 octobre 2007 21:10

          « Deuxième temps »


        • Céline Ertalif Céline Ertalif 21 octobre 2007 22:17

          Que les créatifs soient mégalo, certes. Mais ça se voit de moins en moins puisque tout le monde est de plus en plus mégalo. C’est une condition de réussite, y compris pour ceux qui ne créent rien du tout. La Mouche du Coche, tu as raison, mais l’épidémie est générale. Que les cybernéticiens nous invente une machine à trier les mégalo : les méga-lots et les mé-gaga smiley smiley


        • La mouche du coche La mouche du coche 21 octobre 2007 22:31

          Et oui, grace à internet tout le monde a droit maintenant à sa place au soleil. C’est super ! Soyons tous mégalo ! smiley (je commence dès ce soir smiley )


        • .TAL.L 21 octobre 2007 22:38

          Trop tard, faut déjà viser la taille sup’ : les gigalos.


        • grangeoisi 19 octobre 2007 12:06

          En parlant d’images : Demian West et ses nanas dites avantageuses ! Qu’il mette des mémés pour voir. smiley

          Concernant la religion, otez moi d’un doute Mahomet a-t-il été vraiment icônifié ?

          La photographie tout d’abord et le cinéma-vidéo ensuite devaient conduire tout un chacun fatalement à un rôle de vedette.Etre le sujet de l’image, pas rien tout de même !Et si peu onéreux grâce à l’évolution technique.

          On en vit aussi et plus souvent le velgum pecus le subit : le poids des mots et le choc des photos !

          Quant au reste :Vanitas vanitatum, et omnia vanitas...page 1098, petit Larousse illustré -2002 ( tiens il faudra que je le change).


          • haddock 19 octobre 2007 12:06

            Ca dépend également à quelle hauteur on met la barre au début , si par-ex on dit je veux être mondialement connu , ou célèbre pour avoir tissé la théorie de la relativité ok , c ’est pas fastoche .

            On peut très bien se réaliser dans un métier manuel , nourrir convenablement sa famille , rendre autant que possible son entourage heureux , essayer de comprendre le monde dans lequel on vit , et que cela suffise à son bonheur .

            Entendre chanter la fournée qui cuit , respirer les odeurs qui émanent et avoir réussi de jolis pains bien alvéolés est une cration artistique de tous les jours , puisqu’on mélange quelques ingrédients et suivant le talent du faiseur il y a un résultat satisfaisant ou pas . OK , c ’est éphémère , mais comme dit Pilippakos à 11h13 on échappe à son absurdité , ( bonne phrase Phil )

            Le vraiment bien serait d’ avoir la magique baguette pour ôter la misère dans le monde .


            • .TALL 19 octobre 2007 12:24

              Tout-à-fait, il y a 100 manières de se réaliser. Et ça ne se commande pas vraiment, de toute façon.


            • T.REX T.REX 19 octobre 2007 13:28

              Malheureusement, si la Star c’est Moi (enfin, vous aussi peut-être ?) les spectateursr vont commencer à se faire...à s’ennuyer.

              Si le côté humain des « vedettes » aide à l’identification, par contre, qui voudrait s’identifier au pékin de base ?

              Non, nous avons besoin de « héros » ou d’actes héroïques même s’ils sont d’un héroïsme quotidien, banal pour celui qui les commet, comme dans la chanson de David Bowie.


              • Philippakos Philippakos 21 octobre 2007 06:52

                Se considérer soi-même comme un héros ne veut pas dire que les autres vous voient comme tel. C’est bien là le problème. Et c’est sans doute la raison qui fait courir les héros après la reconnaissance des autres. Façon de se rassurer sur leur rôle.


              • La mouche du coche La mouche du coche 19 octobre 2007 22:25

                Wouahou ! je sens Demian super chaud sur ce fil ! smiley

                Ce fil est son fil. Il est inspiré comme un écrivain de la Bible. smiley Cela fait longtemps qu’il ne nous avait pas donné d’aussi beaux commentaires.

                Alors Demian, comment comptes-tu gérer ta propre immortalité et ta star-attitude sur le net où tout coule et personne ne se souviens ? Tu devais écrire un livre, tu te souviens ? smiley


                • pixel pixel 21 octobre 2007 02:26

                  Philippakos Super article et commentaires à la hauteur. Ce que je vois à la télé ou dans les magazines n’est qu’une vitrine bien achalandée où les manequins me disent comment m’habiller ,les livres comment penser, où les series et les films me montre le futur décor de mon appartement,la façon de me comporter avec mes semblables et ce qu’il faut consommer pour être conforme.Les créateurs dans ce système sont des médiums et leur narcissisme les empêche souvent de voire que tout cela les dépasse et que leur rôle individuel n’est pas eternel.


                  • L'enfoiré L’enfoiré 21 octobre 2007 19:30

                    Bonjour Philipakos,

                    J’aime beaucoup tes articles. Si je ne l’ai pas dit, c’est fait. Après la photo, voilà ce qui l’entoure.

                    Sans t’avoir consulté, mon article actuel (URL) touche au sujet. Je n’ai pas manqué à t’y greffer en épilogue.

                    Merci. smiley


                    • niko74 niko74 22 octobre 2007 00:41

                      merci pour cet article fort interressant et très bien écrit. Merci pour vos commentaires, céline. le narcissisme, la reconnaissance, un débat qui peut paraitre abstrait, mais qui a tout a fait sa place dans notre société, et tout particulièrement pour les générations nées à artir de la fin des années 60. comme le disait ce bon vieux tyler :"la television nous a appris a nous persuader qu’un jour on serait tous des millionaires des dieux du cinema ou des rock star...mais c’est faux. et lentement nous en prenons conscience." Car voici un problème, a l’heure d’internet, ou de nombreuses personnes peuvent confronter leur talent et leur créativité aux « talentueux officiels »....et que l’on constate que ce talent est parfois d’aussi haut niveau voir potentiellement meilleur, puique les « talentueux officiels » sont payés pour ça, alors que nos internautes talentueux pratiquent durant leur temps libre avec des moyens limités ... assiste-t-on pour autant à l’accession aux hautes sphères par ces nouveaux talents ? non. assiste-t-on à la banalisation des icones idolatrées, qui pourtant , on le voit bien devraient perdre de leur superbe, ce qui entrainerait une place plus importante pour une masse plus importante de créatif ? pas plus. Car par dela l’art, et c’est la que l’on réalise que les artistes médiatisés ou exposés sont utilisés à d’autres desseins que leur art lui meme, la hierarchie sociale pyramidale est maintenue à tout prix par sa tête, et ce dans tous les milieux, y compris artistiques.On s’en rend compte notamment avec la crispation de certains artistes face au telechargement libre, aors que d’autres , au contraire n’ont absolument pas peur de cette ouverture car ils croient en leur talent et savent que leur popularité ne tient pas au travail de spins doctors et de leurs maisons de disque, mais bel et bien d’une réelle sensibilité artistique qui peut les faire vivre, meme sans les richesses que leur confère les contrats juteux.. les rentiers veulent rester rentier, et les têtes d’affiches veulent rester en tête d’affiche... pour moi la vie est un art , d’ailleurs ne dit-on pas l’art de vivre ? c’est l’art majeur...les artistes qui me touchent le plus sont ceux qui sont capables de passer de la célébrité ephémère , à une vie « normale » et anonyme, tout en continuant a pratiquer leur art en passionnés. Les accros aux médias me lassent au bout d’un moment , non pas que ce qu’ils fassent soit devenu mauvais à mes yeux, mais plutot parceque leur incapacité à passer à autre chose que les feux de la rampe, les rend suspicieux à mes yeux. Car l’ego et le narcissisme leur devient néfaste, et est utilisé par les médias pour consolider ce système hierarchique obsolète qui rend certains persuadés qu’ils sont inférieurs, et d’autres en colère de savoir qu’ils pourraient être aussi fort mais que cela ne sera jamais reconnu des autres. donc création oui, protection oui...mais quand l’argument de protection devient la surprotection d’une élite de plus en plus autoprocclamée et qui met en avant ses enfants (comme on le voit de plus en plus)...au détriment d’une masse grandissante d’« amateurs » qui n’ont d’amateur que le nom car la qualité est là....j’ai envie de dire « nuance ». J’éspère en tout cas que l’internet va permettre un lissage de la reconnaissance et que le public devant de plus en plus de choix va faire dégonfler les cheville de pas mal d’artiste et de créatifs qui n’auront alors qu’ a vérifier qu’il sont prêt a dédier leur vie à leur art.....pour un salaire avec les zeros en moins...

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