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Accueil du site > Actualités > Médias > L’information en France ? Tu la répètes ou tu la quittes...

L’information en France ? Tu la répètes ou tu la quittes...

 On le savait déjà : chaque année la France dégringole un peu plus dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans Frontières, et en huit ans elle est passée de la 10ème place (2002) à la 44ème place (2010). Un récent sondage effectué dans leurs rangs permet de révéler la conscience des journalistes sur cette dégradation de leurs conditions de travail, même si certains paradoxes dans leurs réponses suggèrent l'existence d'un certain climat de peur en leur sein, probablement dû aux différentes évictions de journalistes importants. A-t-on voulu faire des exemples pour soumettre l'ensemble des journalistes ? Et est-ce que tout ça a marché ? C'est ce qu'on va essayer de voir ici...

A l'occasion des Assises du journalisme, assemblée qui se tenait à Poitiers du 8 au 10 Novembre, un sondage CSA révèle que 85% des 513 journalistes interrogés répondent être plutôt heureux voire plus d'exercer leur métier, mais que 53% d'entre eux pensent que leurs conditions de travail ne sont pas satisfaisantes (http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jtv9dVgGz_vuPKa11QXa4Xx7tORw?docId=CNG.5d92fcff6f7468a19d3f0513f138928e.5a1). Étrange paradoxe... Car comment peuvent-ils être heureux d'exercer leur métier dans des conditions dégradées ? Et d'ailleurs comment s'effectue cette dégradation des conditions de leur travail ? Est-ce là l'expression de la conscience de la perte de la liberté de la presse dénoncée par Reporters sans Frontières ?

Autres chiffres issus du même sondage : pour 76% des journalistes leur métier évolue négativement (contre 63% en 2007 au dernier sondage de ce type), 62% considèrent que la liberté de la presse s'est détériorée ces dernières années (dont 73% des moins de 29 ans), et un peu plus de la moitié considère que les sujets liés à la politique ne sont pas traités correctement et que les partis politiques n'ont pas les mêmes conditions pour exprimer leurs opinions.

Alors d'où vient cette réponse exprimant un bonheur majoritaire, quasiment soviétique (85%), d'être un journaliste français ? Elle vient peut-être d'une raison toute simple : la peur. La peur d'être éliminé du métier, de re-dégringoler pigiste si un seul d'entre eux a le malheur de s'écarter de la « ligne éditoriale » actuelle, et de donner un avis un peu trop large ou un peu trop personnel sur un sujet donné. On va voir que pour comprendre la méthode mise en place il faut souvent aller chercher parmi les médias étrangers.

Les points de vue étrangers.

C'est bien souvent en fouillant sur les sites des journaux étrangers que l'on en apprend le plus sur la France, par une prise de recul et l'obtention d'un avis extérieur, et la situation de notre presse ne fait pas exception.

En juin 2009, la Télévision Suisse Romande (TSR) diffuse un documentaire sur l'influence de Nicolas Sarkozy sur les médias français, intitulé « Sarkozy le vampire des médias ». On y accuse le nouveau président de la France d'être un « Roi-Soleil » médiatique, de faire régner la terreur dans les rédactions en sanctionnant les journalistes qui feraient preuves de trop d'autonomie, d'organiser des démonstrations médiatiques à la sécurisation presque paranoïaque empêchant les journalistes de poser des questions ou de retranscrire un fait sous un angle différent de celui imposé, de faire jouer ses services de renseignements pour identifier les informateurs des journalistes, etc, etc... Le présentateur de l'émission, Jean-Philippe Ceppi, commence d'ailleurs son reportage en rappelant les liens que Nicolas Sarkozy entretient avec les patrons des médias français et leurs conséquences sur les journalistes qui se trouvent affiliés à ces grands groupes de presse : « Il ne fait pas bon être journaliste par les temps qui courent dans les rédactions françaises. Mises à pied, sanctions, auto-censure,le climat que fait régner l'omni-président dans les rédactions vaut à la France un triste record européen : le pays où les interventions policières et judiciaires contre les journalistes ont été les plus nombreuses ». Tout un programme...

Dans ce reportage, on voit les difficultés rencontrées par les journalistes suisses pour obtenir une accréditation leur permettant de couvrir le déplacement présidentiel de leur point de vue objectif, les peurs ressenties par les journalistes français à l'idée d'annoncer le départ de Cécilia Sarkozy du domicile conjugal, la publication des photos d'elle et de son amant étant qualifiée de « crime de lèse-majesté  ». On y voit également le remplacement du président de Radio France, car désireux de préserver la liberté d’expression il refusera de brider l'humoriste Stéphane Guillon. On y voit enfin la mise ne place de la nomination directe du président de France Télévisions par le Président de la République lui-même, permettant alors un éventuel contrôle de l'information diffusée sur les chaînes du service public, comme le déplore David Pujadas.

Nicolas Sarkozy étant également très proche de Martin Bouygues, propriétaire de TF1, et de Arnaud Lagardère (actionnaire à 20% du groupe Canal Plus) il a désormais une influence directe ou indirecte sur la quasi-totalité des chaînes fournissant de l'information en France (TF1, France 2, France3, Canal +, France 5, I-Tele, LCI).

Et Nicolas Sarkozy n'aime pas les journalistes qui lui résistent ou qui pourraient donner une mauvaise image de lui. En 2009 lorsque Patrice Machuret, journaliste politique à France 3 couvrant les déplacements présidentiels, publie un livre intitulé « l'enfant terrible » dans lequel il révèle que le président consulte secrètement un « gourou » qui lui envoie des « ondes positives », il est traité par Nicolas Sarkozy de « crétin » et de « honte de la profession ». Cette information sur les consultations de Nicolas Sarkozy auprès d'un gourou est-elle avérée ? Qui est ce gourou ? En tout cas l'information n'est pas démentie, et aucun autre journaliste ne semble vouloir y mettre le nez...

Et cette toute puissance médiatique, cette trop forte influence de la présidence sur les médias, s'est ressentie très tôt parmi la population française, bien avant la diffusion de ce reportage.

Déjà, en 2008, les chiffres étaient alarmants

Déjà en 2008, l'association « le cercle des 5C » avait réalisé une étude alarmante sur l'estime de la population envers l'indépendance des journalistes. Sur le site www.journaliste.com ( http://www.journalisme.com/content/view/464/71/ ) on peut encore trouver les chiffres de l'enquête réalisée sur un millier de personnes, et dont les résultats étaient alors édifiants.

A la question portant sur l'indépendance des journalistes vis-à-vis des « entreprises qui sont propriétaires des médias », 73% les estimaient « pas très indépendants » voire « pas du tout indépendants », montrant là toute la conscience populaire du poids que pouvaient déjà avoir les groupes financiers désormais propriétaires des journaux sur la qualité de l'information. On pourra citer notamment le licenciement en 2006 de Alain Genestar, directeur de la publication de Paris Match pendant 20 ans, qui fut poussé vers la porte après avoir publié en une des photos de Cécilia Sarkozy et de son amant, et ce dans un magazine possédé par un Arnaud Lagardère qui n'est autre qu'un ami personnel de Nicolas Sarkozy. Alain Genestar déclarera plus tard à la TSR avoir servi d'exemple ayant consisté à montrer aux autres journalistes que la possibilité d'une éviction n’épargnait pas les plus grands noms (Reportage « Sarkozy le vampire des médias  »)

Dans cette même enquête et concernant l'indépendance des journalistes vis-à-vis des politiques, 72% des interrogés les estimaient « pas très indépendants » ou moins. Déjà la connaissance du « off », c'est-à-dire de toutes les relations qui peuvent exister hors antenne ou dans les rédactions entre journalistes et politiques était bien présentes dans les esprits. Il est vrai que la connivence politico-médiatique n'était plus aussi bien camouflée qu'à l'époque où, en 1994, Pierre Carles tentait par son reportage « Pas vu, pas pris » de dénoncer les ententes hors antenne entre les patrons de presse et les hommes politiques importants, ainsi que le silence approbatif du quasi-ensemble de la classe journalistique environnante. Désormais le « off » existe beaucoup moins, tout simplement car la connivence est visible au grand jour entre le pouvoir et les patrons des grands groupes financiers (Bolloré, Lagardère, Bouygues...).

Cette défiance n'était pas pour autant conjoncturelle car 44% des gens interrogés considéraient que devant l'émergence de l'information sur internet les grands médias n'avaient rien changé de leur façon d'informer, révélant un ancrage plus ancien de la mauvaise qualité perçue de cette information, et laissant planer là le spectre d'une défiance de plus longue date. Sur le même thème, seulement 54% des gens soit à peine plus de la moitié du panel considéraient que l'information distillée par les journalistes était « de meilleure qualité que celle générée par les institutions publiques ».

Le tableau de l'information des grands médias était alors clair : elle n'était composée pour l'opinion que du recopiage des messages officiels du pouvoir politique et des grands groupes financiers. Un copier-coller de dépêches AFP, dans le meilleur des cas, formant une « ligne éditoriale » semble-t-il présidentielle.

Quelques victimes de la « ligne éditoriale »

Et elle est bien longue ces dernières années, la liste des victimes qui ont osé s'écarter de cette « ligne éditoriale ». On peut ou non apprécier leurs œuvres respectives, mais de célèbres journalistes ont disparu de nos antennes et des colonnes de nos journaux, comme sous l'effet d'une purification rampante destinée à imposer une vision unique de l'information. Il y eut également des émissions qui en firent les frais.

D'abord « Arrêt sur Images », l'émission de Daniel Schneidermann qui analysait et décryptait les médias et donc la dégringolade de la France dans les classements mondiaux de la liberté de la presse. Schneidermann sera licencié de France 5 pour faute grave le 1er Juillet 2007, comme le rappelle un article du site acrimed.org ( http://www.acrimed.org/article2664.html
), pour avoir « tenu des propos inadmissibles », pour avoir « laissé entendre que l'arrêt de l'émission était lié à des pressions politiques », et pour globalement avoir tenu « de graves accusations mettant en cause l'indépendance de la direction du groupe France Télévisions ». Dans ce même article écrit par Henri Maler, la direction de la chaîne est alors qualifiée de « petite oligarchie cooptée aux commandes de l'audiovisuel public ». Précédemment il avait été licencié du journal « Le Monde » pour avoir estimé que la direction du journal ne répondait pas aux accusations du livre « la face cachée du Monde » de Pierre Péan et Philippe Cohen, livre dénonçant l'intégration cachée du grand quotidien dans les réseaux de pouvoir français.

Ensuite une autre disparition d'émission : « Ripostes » de Serge Moati. Émission politique du dimanche soir, elle avait pour atout de présenter équitablement toutes les tendances politiques de l'extrême-droite à l'extrême-gauche. Mais c'est peut-être le fait que son présentateur, pourtant un ancien conseiller de François Mitterand, ait une certaine tendance a laisser parler les partis extrêmes qui provoquera l'arrêt de l'émission en 2007. Relégué dans une émission de cinéma, Serge Moati ne pourra plus donner la parole à tout le monde.

Des chroniqueurs de presse viennent ensuite. Une victime parmi tant d'autres : Siné. En 2008, il écrit dans « Charlie Hebdo » : « Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !  » Coupable de liberté d'expression, il fut accusé d'antisémitisme et renvoyé de « Charlie Hebdo ». A tort, car le journal sera condamné le 30 novembre 2010 à 40.000 euros d'amende pour rupture abusive de contrat, le Tribunal de Grande Instance de Paris reconnaissant le droit à la satire et considérant qu'il « ne peut être prétendu que les termes de la chronique de Siné sont antisémites ».

Des journalistes, ensuite. Robert Ménard, ancien patron de Reporters sans Frontières, grand défenseur de la liberté d'expression ce qui l'a amené a donner la parole à des gens comme Alain Soral, Dieudonné, Eric Zemmour ou Thierry Meyssan (que personnellement je ne cautionnerais pas pour l'ensemble de leur œuvre mais qui ont néanmoins tout à fait droit à la parole). Cette tendance à favoriser la pluralité des opinions lui vaudra des attaques de moralité étranges, et il fut notamment accusé de cautionner le recours à la torture (Rue89, 2007) ou de tenir des propos homophobes (février 2010). En tant que fondateur de Reporters sans Frontières, il est aussi à l'origine du constat alarmant de la disparition progressive de la liberté de la presse dans notre pays. Début 2011, lorsqu'il demande dans un livre intitulé « Vive Le Pen » à ce que le Front National ait son droit à la parole, il subit de vive critique qui provoqueront son licenciement de RTL en juin 2011. Il s'était pourtant expliqué clairement, en vain : « Je ne voterai pas Front National mais je pense que ce parti, qui doit être considéré comme républicain aussi longtemps qu'il ne sera pas interdit, doit bénéficier du droit à la liberté d'expression. Je dirais la même chose du Front de Gauche ou de la Ligue Communiste Révolutionnaire. Défendre la liberté d'expression n'est pas défendre l'extrême droite.  »

Des chroniqueurs télévisé, aussi. Zemmour et Naulleau font eux aussi partie des victimes, éliminés à la rentrée pour être remplacés par deux journalistes féminines peut-être plus consensuelles à l'orée de la campagne présidentielle. Par qui a été réclamée leur éviction ? On ne le saura probablement jamais : ces deux-là ont lynché tellement de monde sur le plateau d' « On est pas couché » qu'il sera très difficile de remonter aux sources...

Des présentateurs de journaux télévisés, de plus. Patrick Poivre d'Arvor fut le présentateur du 20 heures de TF1 durant 21 ans, et il en fut débarqué pour des raisons obscures. L'homme, qui n'est pas un ange et qui a été accusé de différentes affaires au cours de sa carrière (interview truquée, plagiat...), déclarera en juillet 2008 sur Europe 1 : « mon éviction n'est pas journalistique », laissant planer le doute d'une intervention présidentielle concernant son remplacement par Laurence Ferrari à la tête du journal le plus regardé de France. Il est vrai que PPDA, traditionnellement attaché aux interviews présidentielles, avait comparé Nicolas Sarkozy en juin 2007 à un « petit garçon en train de rentrer dans la cour des grands », ce qui avait évidemment déplu.

Des journalistes du net, eux-aussi. Les journalistes de Rue89 furent attaqués en justice pour avoir sorti des informations confidentielles sur l'interview présidentielle effectuée sur France 3 le 3 juin 2008. On y voyait la préparation de l'interview du président et la façon dont il imposait le rapport de force avec les journalistes, et dont il imposait les sujets de l'interview. On le voyait aussi reconnaître son intervention directe sur des « mises au placard » de journalistes, ici semble-t-il pour protester contre l'éviction d'un journaliste. France 3 se vit alors obligé de porter plainte contre deux journalistes du site Rue89 et contre leurs informateurs. Devant l'ampleur de l'affaire, cette plainte sera retirée quelques jours plus tard.

Les humoristes aussi sont touchés. Stéphane Guillon et Didier Porte, licenciés de France Inter à l'été 2010, ont fait les frais de leur irrévérence. Didier Porte publiera d'ailleurs à se propos « Insupportable ! Chronique d'un licenciement bien mérité » et Stéphane Guillon « On m'a demandé de vous virer ».

Le président de Radio France, Jean-Paul Cluzel, poussé vers la sortie car laissant trop de liberté d'expression aux humoristes irrévérencieux envers le pouvoir, et également d'après «  le Canard Enchaîné » ayant déplu à Nicolas Sarkozy lorsqu'il a posé nu dans un calendrier d'Act-Up en faveur de la lutte contre le SIDA.

Parmi les patrons de presse on peut citer Alain Genestar, directeur de la publication de Paris Match pendant 20 ans, déjà mentionné plus haut pour avoir été écarté de son poste après la publication des photos de Cécilia Sarkozy et de son amant. Il y a également Laurent Joffrin, directeur de « Libération », qui même s'il ne fut pas évincé fut plus ou moins sermonné en conférence de presse pour avoir parlé de « monarchie élective », sous les rires de ses confrères journalistes. Pourquoi ces méthodes ? C'est également dans le reportage de la TSR de 2009 sur notre paysage médiatique qu'on en apprend la raison profonde, au fil des différents témoignages proposés : la volonté du pouvoir serait de créer une « presse de révérence ». L'expression vient d'un commentaire effectué par Jean-Michel Thénard, journaliste au « Canard Enchaîné » : « Cette conférence de presse était en effet assez symptomatique des rapports compliqués entre la presse et le pouvoir en France. On a une presse qui est moins une presse d'investigation qu'une presse de révérence. Si un confrère pose une bonne question qui ne plaît pas au monarque personne ne va le soutenir. Si le monarque tape sur le confrère, les gens vont sourire. C'est une sorte de théâtre de la cruauté télévisuelle car ça donne le spectacle d'un Nicolas Sarkozy qui lui a parfaitement compris le système et donc se joue des journalistes.[...] Si les journalistes présents faisaient corps et obligeaient le monarque à répondre aux questions, l'ambiance serait tout à fait différente. »

Une « presse de révérence »... Qui se plie à l'information qu'on lui donne et qui ne cherche plus à s'opposer... C'est cette étrange unité de ton qu'il convient d'examiner, notamment par l'examen du traitement médiatique de l'affaire de l'incendie de Charlie Hebdo et son absence de point de vue divergeant.

Le traitement médiatique de l'incendie de « Charlie Hebdo »

Dans la nuit du 1er au 2 Novembre 2011 les locaux de l'hebdomadaire satirique « Charlie Hebdo » étaient incendiés par un cocktail molotov. Cette semaine-là, le magazine était rebaptisé « Charia Hebdo » et mettait en couverture une caricature du prophète Mahomet, à des fins de provocation car cela est interdit par l'Islam et considéré comme une offense dans de nombreux pays musulmans. Quelques jours avant le site internet de cette publication était victime d'un piratage informatique remplaçant sa page d’accueil par une photo de la Mecque et des versets du Coran. Ce piratage informatique a été revendiqué par un groupe de hackers turcs nommé « Akincilar », et ce pour lutter contre « les publications qui attaquent [leurs] croyances et [leurs] valeurs et qui proposent des contenus pornographiques et satanistes. » Ce groupe de hackers nie néanmoins toute implication dans l'attaque incendiaire de « Charlie Hebdo ».

Alors qui a jeté ce cocktail molotov ? Normalement l'objectivité journalistique devrait faire dire aux journalistes une phrase du genre : « on ne sait pas, personne n'a revendiqué quoi que ce soit ». Ou bien « Rien ne prouve que les incendiaires soient musulmans. » Pourtant ces mises en garde ont été rarement faites par les journalistes. Les sujets, à la télévision et dans les articles de presse, faisaient systématiquement le rapprochement entre l'attaque informatique, la couverture du magazine et l'incendie, désignant alors plus ou moins implicitement des musulmans comme étant responsables de cette attaque, et comptant sur notre « temps de cerveau disponible » pour faire les amalgames désirés. Hier encore, Jeudi 10 Novembre, un article du Nouvel Observateur titrait « Charlie Hebdo : quand la religion sert de munitions aux cons ». ( http://leplus.nouvelobs.com/contribution/212529 ;charlie-hebdo-quand-la-religion-sert-de-munitions-aux-cons.html ). Et le même jour la mosquée de Montbéliard a été incendiée, probablement en représailles de ces événements de « Charlie Hebdo » dont ne connaît pas formellement les auteurs. Des centaines de messages d'indignation ont été posté sur Facebook par des musulmans, et de leur côté des salafistes manifestent devant l'ambassade de France au Caire en faisant toujours plus monter la pression entre communautés sur la base de faits mis en avant de façon douteuse.

Pourtant la plupart des déclarations des politiques étaient prudentes : François Fillon, Martine Aubry, François Hollande, Cécile Duflot, Jean-Luc Mélenchon condamnaient la violence de l'acte sans faire de lien avec une quelconque religion ou une quelconque communauté ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Charia_Hebdo ).

D'autres étaient déjà plus ambiguës, ne faisant qu'implicitement le lien entre l'incendie et les musulmans, parlant d'« attentat » ou de « terrorisme », notions qui sont depuis des années associées par les médias à l'extrémisme d'une partie de la religion musulmane. Après l'incendie Claude Géant déclarait qu'il fallait pour tous les français « se sentir solidaires » contre l'« attentat » de « Charlie Hebdo » (source : Europe1). De même Jean-François Copé parlait d'« attentat contre un journal » et d'« amalgames entre religion et politique » (source : Le Figaro). Marine Le Pen parlait quant à elle de nouvelle forme de « terrorisme » (Source : Le Figaro). Frédéric Mitterrand faisait le lien entre « les intimidations dont a fait l'objet « Charlie Hebdo » ces derniers jours et l'attaque de sa rédaction » (Source : Le Figaro). Déclarations à propos desquelles Bernard Maris, journaliste à « Charlie Hebdo », déclarera dans Le Monde : « Il ne faut pas avoir peur d'être soutenu par des cons. » ( http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2011/11/02/heberge-par-liberation-l-equipe-de-charlie-hebdo-se-remet-au-travail_1597556_3236.html ).

Ce sont donc bien les médias qui créent délibérément cette association entre l'incendie et les musulmans et qui la propagent, pas les principaux responsables politiques, ou en tout cas pas publiquement.

Dans le traitement journalistique de l'actualité dans les grands médias télévisés l'objectivité a disparue. Une info est dictée sous un angle précis, et tout les journalistes répètent sans en changer une ligne, tous rendus bien dociles par des licenciements répétitifs qui ont évincés de grands noms du journalisme et qui pourraient bien les toucher à leur tour. Aucun ne va essayer de s'écarter de la version officielle, de peur de perdre rapidement son poste et de redevenir pigiste en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Alors que sur ce sujet précis de l'incendie du magazine il y avait pourtant matière à polémique et à un débat :

  • A qui profite le crime ? Certainement pas aux musulmans. Même dans l'hypothèse ou les incendiaires seraient adepte de l'Islam il s'agirait probablement d'un acte isolé en aucun cas représentatif d'une communauté religieuse. Riss, directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, mettait pourtant en garde dès les premières heures d'interview contre un événement du type de l'« incendie du Reichstag ». « Dans ce numéro, il y a un article sur les catholiques intégristes aussi. […] Cela peut être l'extrême-droite, des fanatiques... » déclare-t-il dans les colonnes de www.lemonde.fr ( http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2011/11/02/heberge-par-liberation-l-equipe-de-charlie-hebdo-se-remet-au-travail_1597556_3236.html ). Alors pourquoi les journalistes ne suivent-ils pas la piste de l'extrémisme catholique, à l'heure où ils agissent à visage découvert contre la pièce de Romeo Castellucci (dont le côté provoquant est également largement discutable) ? Mystère... Il semblerait qu'il faille montrer du doigt les musulmans et communiquer abusivement sur l'extrémisme d'une partie d'entre eux.

  • La couverture de « Charlie Hebdo » fait référence à la prise de pouvoir de partis islamistes adeptes de la Charia, en Tunisie notamment, et là aussi les grands médias télévisés aiment à nous le rappeler. Mais pourquoi ces journaux ne précisent-ils pas que depuis des semaines ils nous présentent des révolutions arabes idéalisées, et que la montée en puissance de ces partis islamistes n'a que trop peu été couverte par leurs journaux ? Pourquoi cette volonté soudaine de nous montrer le diable là où il y a quelques semaines on nous montrait une bénéfique libération ?

  • Les réactions musulmanes sont montrées du doigt lorsque des groupements s'insurgent contre des caricatures du prophète Mahomet, et on invoque alors leurs revendications comme étant une attaque à la liberté d'expression. C'est la seconde fois que « Charlie Hebdo » publie des caricatures de Mahomet avec la même réaction épidermique de certains musulmans mais que se passerait-il si « Charlie Hebdo » mettait en une des caricatures du Talmud, et de ses fameux passages racistes ou autorisant la pédophilie ? D'ailleurs pourquoi « Charlie Hebdo » ne le fait-il pas ? Le magazine a-t-il d'ailleurs seulement le droit de le faire au nom de la liberté d'expression à la française qui est en vigueur aujourd'hui ? Compte tenu des réactions obtenues suite à la diffusion récente d'« un Œil sur la Planète » sur le sujet de la Palestine, je doute que ces publications se feraient dans un silence complet ou une hilarité complice. Il semblerait que l'humour ne doive concerner que certaines religions et pas d'autres, et qu'on ne cherche l'intégrisme que là où ça nous arrange.

Le traitement de cet affaire est donc orienté et basé sur des accusations vagues qui ne font que monter les communautés les unes contre les autres. L'information est désormais unique, normalisée, et gare à celui qui s'écartera de la ligne éditoriale.

Dans notre pays la liberté de la presse disparaît peu à peu, le classement de Reporters sans Frontières l'atteste. Mais il ne sert à rien de rechercher d'éventuelles menaces exercées directement sur les journalistes : elles n'existent pas. Le journaliste a le droit aujourd'hui de publier l'article qu'il veut, mais en étant tout à fait conscient qu'il sera peut-être écarté demain, mis sur un banc de touche pour s'être éloigné de la « ligne éditoriale » comme l'on été de plus grands noms du journalisme avant lui. Il s'agit probablement de techniques d'intimidation dont le but recherché est clair : que chaque journaliste s'autocensure de lui-même, s'il ne veut pas se retrouver à la rue, banni de l'antenne ou des colonnes des grands journaux.

Et c'est peut-être ça qui explique ce paradoxe du sondage dans lequel une majorité de journalistes se disent contents d'exercer leur métier alors qu'on les bâillonne de plus en plus : chacun se dit « qu'est-ce qui va m'arriver demain si je commence à critiquer mon métier, ou à montrer du doigt les problèmes que je vis au quotidien ? ». Ce paradoxe est ce que dans les études de marché on appelle la différence entre le désir réel et le désir exprimé : on pense une chose mais on en exprime une autre car on se sent obligé de correspondre à une influence, une mode, une idéologie, ou bien tout simplement parce qu'on a peur de dire tout haut ce que l'on pense.

http://mathieu.zeugma.over-blog.com/

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Liberté de la presse
Source : RSF (Reporter sans frontières) 2002-2010

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49 réactions à cet article    


  • Caveman Caveman 12 novembre 2011 13:31

    A propos du sondage, ce n’est pas un paradoxe, mais cela tient au fait que les journalistes gagnent bien leur vie et même si on leur demande de passer des infos en boucle tels des perroquets, le salaire et la notoriété fait le reste.

    C’est donc l’argent et le vedettariat qui les tient par la barbichette et la grande majorité est satisfaite pour ces raisons, elle est par conséquent prête à diffuser n’importe quelle info sans esprit critique, sans vérification, et sans état d’âme apparemment . Les rares qui osent critiquer ce système sont d’emblée sur sièges éjectables.

    ET cela ne s’applique pas seulement aux journalistes, malheureusement !


    • kot begemot kot begemot 13 novembre 2011 11:50

      oui, c’est comme c’était en URSS...


    • un_espoir 13 novembre 2011 16:21

      Bien dit Caveman, nous sommes en phase, donc exit ces pseudo journaliste qui ne font pas leur métier dans les règles de l’art et dans l’éthique de leur métier.

      Place désormais aux vrais journalistes, ceux qui nous révèle la vérité au travers d’Internet et des réseaux sociaux, grâce à eux nous sommes au courant de la vérité et même si certains d’entres eux ne nous parraissent pas cautionnés par nos pensées, ils ont le mérite d’exister et se battre pour nous aider, hommage à eux...

      Mais ceci ne suffit pas, à nous de prendre le relai de ces informations pour les rendre publiques et de descendre dans la rue le cas échéant pour notre liberté d’être écouté...


    • Hijack Hijack 12 novembre 2011 15:54

      Hum ! ... quand je lis ça : ... «  ou Thierry Meyssan (que personnellement je ne cautionnerais pas pour l’ensemble de leur œuvre mais qui ont néanmoins tout à fait ... »


      Pas besoin de continuer plus loin quand je lis ce genre de trucs ...En effet, pourquoi se croire être obligé de dire qu’on ne cautionne pas Meyssan (Dieudo ou autres ...)... qui jusqu’à preuve du contraire a tjrs eu plusieurs trains d’avance ... 

      Petit et dernier exemple que j’ai sous la main :

      Le Général bouchard ademt que les informateurs de l’Otan en Libye étaient des journalistes 
      C’est la première fois qu’un responsable de l’OTAN admet que des journalistes étrangers présents en Libye étaient des agents de l’Alliance atlantique. Peu avant la chute de Tripoli, Thierry Meyssan avait fait scandale en affirmant que la plupart des journalistes occidentaux hébergés à l’hôtel Rixos étaient des agents de l’OTAN. Il avait notamment mis en cause les équipes d’AP, BBC, CNN et Fox.

      « Thierry Meyssan décrypte les mécanismes du “journalisme de guerre“ » (vidéo),Mécanopolis, 8 août 2011.

        ______________

      Mais que l’auteur se rassure, il ne risque rien ... à penser qu’après tout, Meyssan ... a peut être (ou sûrement) raison !!!


      Bref, impossible donc d’aller plus loin ... de pareilles foutaises nous donnent d’ores et déjà l’ambiance de l’article.


      • Zeugma 12 novembre 2011 19:26

        Vous focalisez sur Meyssan parmi tous ceux que j’ai cité, qui ont comme nous tous le droit à la parole. Je ne confirme ni n’infirme ce qu’il écrit mais comme n’importe quelle source d’information je n’irai pas me prosterner aveuglement devant tout ce qu’il raconte. Je préfère me faire une idée par moi-même en comparant plusieurs sources plutôt que de verser dans une idolâtrie binaire qui prendrait les médias alternatifs pour une source unique de vérité indubitable. Je ne quitterai pas les mirages de nos JT d’information pour devenir le mouton de quelqu’un d’autre.


      • babaro babaro 13 novembre 2011 00:20

        @Hijack

        Un autre exemple qui vous a échappé :

        "Alors pourquoi les journalistes ne suivent-ils pas la piste de l’extrémisme catholique, à l’heure où ils agissent à visage découvert contre la pièce de Romeo Castellucci (dont le côté provoquant est également largement discutable) ? Mystère... Il semblerait qu’il faille montrer du doigt les musulmans et communiquer abusivement sur l’extrémisme d’une partie d’entre eux."

        @l’auteur

        c’est pas joli ça de dénoncer.
        Mais maintenant que vous le dites ça parait évident. Dire que certains malveillants ont pu penser à une autre communauté religieuse. Ouf la vérité est rétablie.
        Vite une union de toute les religions pour combattre l’hydre fascistocatholicoapostolique (=mondiaticovaticane). Elle bouge encore...... Il parait même que les Rotschilds sont à sa botte, obligés qu’ils sont (à l’insu de leur plein gré) de leur fournir de l’argent !! si c’est pas abuser quand même !
        Je vous donne le lien en exclusivité, c’est du lourd !
        http://dailynuts-news.over-blog.com/article-les-rothschild-et-le-vatican-88116443.html
        Le premier chapitre vous ouvre enfin les yeux. Heureusement que ce genre de site existe.


      • babaro babaro 13 novembre 2011 00:29

        Le deuxième chapitre (du lien) est pas mal non plu. Dire qu’on a failli passer à coté de cette info capitale. Merci a l’auteur d’abonder dans ce sens. Du coup l’ensemble de l’article prend une saveur (ou une odeur ?) particulière.

        Attention à la porcelaine !


      • Hijack Hijack 13 novembre 2011 02:12

        @ Zeugma,

        Je ne focalise pas sur Meyssan ...mais par les temps qui courent, ceux qui ont le courage, l’honnêteté, la compétence de nous apporter l’info telle qu’elle est ... sont à mes yeux à placer en premier.
        Meyssan donc le premier ... comme l’exemple que je te donnais.

        Le tutoiement est de mise dans un forum....

        Tu ne crois quand même pas que je me prosterne devant tout ce que dit Meyssan ... on me sort ce faux argument quand on n’a rien à dire.

        Je n’ai pas lu tout ton article, car sur Google et par hasard je suis tombé sur cette phrase que j’ai cité de ton article ... je n’ai rien lu d’autre. Cette phrase, telle que tu l’as écrite ... veut tout dire et donc nul besoin d’aller plus loin ... car tu es trop éloigné de la réalité.

        Imagine que je cite par exemple « De Gaulle », Jesus Christ, Hertzl, Kennedy, Hitler, ou Netanyahu ... je ne me vois pas en train de te dire ... en plus de la citation que je ne cautionne pas celui-ci ou celui-là !!!
        Si je le fais, c’est que je me défends de quelque chose que je crains ...mais pourtant personne ne m’a accusé.

        Bref. De plus, tu mélanges Meyssan, Soral, Dieudo que tu peux placer sur le même plan politique ... mais tu ajoutes Zemmour !!! ... faut aller chercher loin quand même !!! Pourquoi pas Christine Boutin ???

        Je me fais me idées de moi même ... et souvent elles rejoignent celles de Meyssan concernant uniquement la géostratégie politique.
        Je ne suis pas le seul.
        Pareil avec Soral, sauf qu’avec ce dernier j’ai quelques désaccords ...

        Dieudo, c’est autre chose ... je reconnais que bcp ne peuvent le suivre ...

        Zemmour ... ne dit politiquement que ce qu’on attend qu’il dise ... cela étant, je suis d’accord avec lui sur ses positions sur le féminisme ... positions que Soral avait écrit 10/15 auparavant. Pourtant je n’ai lu ni Zemmour, ni Soral, ni Meyssan ... (à part interviews et quelques articles) ... j’oubliais, j’ai pris la peine de lire le dernier Soral (Excellent ... que je conseille) ... et là pareil, nous pensons pareil ... mais il dit les choses, avec plus de talent que moi.


      • Hijack Hijack 13 novembre 2011 02:13

        @ babaro,

        Comme je lui ai répondu plus bas, je n’ai pas lu du tout l’article ... juste la phrase en question.


      • Hijack Hijack 13 novembre 2011 02:14

        Comme je lui ai répondu plus haut ...


      • Rensk Rensk 13 novembre 2011 14:15

        Tu as totalement raison de prendre des infos partout et de te faire ta propre idée...

        Dans presque le même cas que Meyssan (F) j’aime aussi passer souvent chez notre journaliste du pays... qui a due devenir « indépendante » car personne ne veut l’engagée... Silvia Cattori http://www.silviacattori.net/


      • Rensk Rensk 13 novembre 2011 14:25

        Faire gaffe avec ce que vous donnez comme lien...

        Mais si j’ai raison (j’ai pas de preuve) alors qui est derrière tout ça ?

        Depuis cette phrase je n’ai que pu fermer l’onglet !!!


      • Rensk Rensk 13 novembre 2011 14:27

        Désolé mais je voulais répondre a Par babaro (xxx.xxx.xxx.79) 13 novembre 00:20... Ne sait pourquoi je suis « tombé ici » smiley


      • Rensk Rensk 13 novembre 2011 14:35

        Hemmm « chef »...

        Attention il a été gentil avec vous car il n’a pas copié toute la phrase qui montre bel et bien votre irrespect... pas que de lui mais pour le droit de parler librement !!!

        Vous prenez ce droit de « haut », vous le « laissez » aux autres alors que c’est un droit FONDAMENTAL en démocratie, des droit de l’homme aussi.


      • Hiromi Hanzo 13 novembre 2011 23:49

        Vu le traitement du conflit libyen dans la presse, on constate qu’elle a pleinement servi d’instrument de propagande pour l’OTAN.


        Parmi les « grands » médias, seul le Nouvel Obs a craqué, et laissé entrevoir une bribe de vérité à propos de cette déstabilisation colonialiste maquillée en guerre « humanitaire » !

        http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20110914.OBS0339/video-le-tripoli-merveilleux-de-l-otan.html

        « L’idéal, c’est que la presse soit organisée avec une telle finesse qu’elle soit en quelque sorte un piano sur lequel puisse jouer le gouvernement » Joseph Goebbels

      • xray 12 novembre 2011 16:34

         

        La MANIPULATION : 

        Avec l’imaginaire, on fait ce que l’on veut. 

        (À trop bien voir l’imaginaire, on ne distingue plus le palpable.) 



        Menteur comme un journaliste 
        http://n-importelequelqu-onenfinisse.hautetfort.com/archive/2010/05/03/menteur-comme-un-journaliste.html 




        • Durand 12 novembre 2011 17:24

          Après la parution du livre « LE CAUCHEMAR MEDIATIQUE » de Daniel Schneidermann, voici que paraît « L’INQUISITION MEDIATIQUE ». Un ouvrage signé Francis Puyalte, ex-grand reporter au Figaro. 

           
           Y sont révélés de grands et faux scandales basés sur les délires des médias se copiant les uns les autres, s’accrochant trop souvent à des lanceurs habituels de scoops, des malfaisants. Honte à eux qui font fi de la déontologie du métier, trop souvent motivés qu’ils sont par la volonté de nuire à tel ou tel qui n’a pas l’heur de leur plaire !

          Au nombre de ses révélations, Puyalte relate l’affaire Kamal (pédophilie niçoise infondée) et la manière dont a été bâtie et propagée cet autre scandale que fut l’affaire des Irlandais de Vincennes (*), la base du scandale des Ecoutes de l’Elysée.

          Liberté de la presse, oui ! Mais liberté de calomnier, de diffamer, non ! Un jour, verra-t-on enfin sanctionner plus sévèrement les auteurs de ces ignominies ? C’est vivement à souhaiter !

          « L’INQUISITION MEDIATIQUE » est édité par Dualpha - actuellement référencé sur Google - diffusé par Librest et Libre-diffusion.fr

          (*) : La véritable histoire des Irlandais de Vincennes (ou plus précisément L’affaire de gendarmes parisiens à Vincennes) est narrée par un témoin direct de sa naissance et de ses développements : le major Robert Durand (http://www.le-gendarme-durand-denonce.fr ou Google : Le gendarme Durand dénonce).







          • cti41 cti41 13 novembre 2011 13:20

            Et revoilà Durand le revenchard avec ses états d’âme. Muté dans « l’intérêt du service » en 1983 certainement pour bons et loyaux services ? Un monsieur qui n’hésite pas à passer par dessus l’autorité de la chose jugée. C’est vrai qu’il s’est sérieusement étranglé lorsque son pire ennemi J. Michel BEAU a reçu la Légion d’Honneur, lui qui se donne du « Major honoraire » je me demande bien à qel titre il bénéficierait de l’honorariat.


          • TyRex TyRex 12 novembre 2011 17:42

            « A qui profite le crime ? »
            400 000 exemplaires vendus au nom de la liberté d’expression alors que moins de 60 000 exemplaires sont vendus en moyenne (666 % d’augmentation !)...
            Publicité gratuite.

            Liberté d’expression pour Charlie Hebdo mais pas pour Siné !

            C’est indécent de stupidité cette histoire.


            • garisamui garisamui 13 novembre 2011 09:47

              @ tyrex

              Charlie Hebdo de la bouche de Charb lui même :

              c’est 75 000 exemplaires imprimés
              c’est 45 000 vendus, en moyenne chaque mois

              sauf pour l’affaire « charia hebdo » c’est passé à 200 000 exemplaires !

               Ne faites pas comme les journaleux français , citez des VRAIS chiffres.


            • soubise 12 novembre 2011 18:34

              Tout ça ,nous le savions avant l’article ,que du réchauffé, c’est pourquoi la presse écrite s’effondre et le JT est déserté de plus en plus, à force de déverser les infos creuses de l’AFP appartenant à ces messieurs qui nous gouvernent.
              Heureusement qu’il y a encore quelques bons journalistes qui prennent des risques comme Meyssan justement et de bons sites sur la toile comme A V.
              Un bémol toutefois sur RSF qui à touché pendant des années des dollars US pas propres, je ne sais pas si la pratique perdure.
              L’auteur à le mérite de nous remettre en mémoire ce que l’on ne risque pas d’oublier.


              • Zeugma 12 novembre 2011 19:27

                Votre critique est juste. Effectivement il s’agit ici d’une synthèse non exhaustive des différents dérapages des années passées, que j’ai essayé de compléter avec le sondage récent effectué sur les journalistes et le traitement médiatique plutôt partial de l’incendie de Charlie Hebdo.


              • tomatoketchup 12 novembre 2011 19:10

                ,les trois plus grande agence de presse que son reuters et associes,associated press ,et l’afp s’entendent à merveilles et ne font qu’appliquer la politique dictées par les puissants de se monde,
                donc toute l’actualitée mondiale est imposée, reste le national et là
                notre pouvoir s’en occupe .
                La presse française n’a jamais été indépendante, et elle le sera de moins en moins.


                  • Rensk Rensk 13 novembre 2011 14:04

                    Tiens, je me suis un peu « perdu » en lisant TOUT ton premier lien...

                    Il a oublié de dire que nous avons voté pour un nouveau droit populaire en 2003 soit l’*initiative populaire générale* http://www.swissinfo.ch/fre/Vers_un_nouveau_droit_populaire.html?cid=537508

                    Mais en 2008...
                    Le Conseil fédéral est également d’avis que la loi réglementant la procédure applicable à l’initiative populaire générale ne constitue pas une solution praticable.
                    http://www.bj.admin.ch/bj/fr/home/dokumentation/medieninformationen/2008/re f_2008-04-16.html

                    Nous avons re-voté et abandonné ce nouveau droit... smiley


                  • R-sistons R-sistons 12 novembre 2011 20:15

                    Un article qui fait du bien ! Et « exhaustif ». Et c’est une journaliste qui le dit, attachée à la neutralité, à la diversité, au pluralisme, à la liberté de l’information. Je vais relayer sur mon blog contre la désinformation, cordialement et bravo, eva

                    NB : Il faudrait peut-être tenter de savoir pourquoi ces changements ? Dus seulement au petit Poucet ? Vraiment ? Ou un groupe impose-t-il une Pensée unique au service de l’Empire militaro-financier ? Suivez mon regard... Notre pays est occupé ! Mon analyse est insensée ? Elle a été reprise par le très influent Liesi (Bulletin trimestriel).. Alors ? On va plus loin ?


                    • hacheii 12 novembre 2011 21:21

                      L’émission de Schneidermann était une honteuse émission de désinformation, il est bon qu’elle ait été supprimée.
                      .
                      Serge Moati n’a jamais invité d’extrémistes dans ses émissions, si vous voulez sous-entendre que le FN serait un parti extrémiste, ce qu’il n’est pas, c’est VOUS les gens de gauche qui traitez d’extrémiste toutes les personnes qui ne sont pas d’accord avec vous.
                       ;
                       C EST VOUS LES GENS DE GAUCHE QUI ETES LES EXTREMISTES
                       ;
                      Vous amalgamez, comme de bon extrémistes que vous êtes, car Sarkozy a peut-être commis quelques excès ou abus de pouvoir, c’est bien possible, mais il a aussi remis à leur place un tas de journalistes DE GAUCHE qui n’ont aucun respect, qui se croient tout permis, et qui sont justement qualifié de :«   France Télévisions  « petite oligarchie cooptée aux commandes de l’audiovisuel public ». ne dîtes pas non, Marine Le Pen le dit sans arrêt. Dernièrement ces journalistes ont saboté le voyage de Marine aux USA en téléphonant aux hommes spolitiques qu’elles voulaient rencontrer pour les dissuader de la rencontrer, en utilisant les méthodes habituelles de tous les extrémistes : mensonges, médisances, diffamations , calomnies ...... Ces méthodes sont-elles dignes de gens qui se disent journalistes ?


                      • Redj Redj 13 novembre 2011 02:13

                        Aaaaaahhhhhhhh, si Marine le dit, alors hacheii le dit aussi, et en plus ces vilains journalistes ont saboté le voyage de Marine Le Pen aux USA ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnn...


                        MDR !!

                        Tant de bêtise pffffffffffffffffffffffff !

                      • Rensk Rensk 13 novembre 2011 12:59

                        N’empêche... ce sont les journalistes étrangers qui le disent et l’imprime...

                        Il est vrai que je m’informe régulièrement dans au moins 5 pays tous les jours


                      • apopi apopi 12 novembre 2011 22:34

                         Sous la 5° pseudo République l’immense majorité de la presse a toujours été aux ordres du pouvoir avec des pressions plus ou moins fortes selon le caractère du monarque. Il est vrai que sous le règne fors peu éclairé de notre Badinguet II cela atteint des sommets.

                         Tout ce qui est excessif est insignifiant disait Talleyrand.


                        • ykpaiha ykpaiha 12 novembre 2011 23:26

                          J’aime bien moi les journaux télévisés :

                          Des envoyés spéciaux sur le front des intempéries.
                          Des journalistes d’invesyigation sur les danger de la route et ses bouchons.
                          Des délégués internationaux sur le réchaufement de la planete
                          Des responsables politiques qui donne dans la compation
                          Des spécialistes financiers qui ne parlent que le grec

                          Et surtout surtout des informateurs avisés pour nous faire acheter toutes les nouveautés que tonton Jacob importe a grand frais de Chine oi des Zuhaisses..

                          Le tout parsemé des radios trottoirs toujours tres objectifs, puisque c’est des gens comme moi !

                          Pour le reste je passe a internet, mais c’est accessoire.


                          • kot begemot kot begemot 13 novembre 2011 11:57

                            ca fait rêver tout ça, dommage que j’ n’aie pas de TVmachine à laver la servelle


                          • Blé 13 novembre 2011 06:53

                            Un homme averti en vaut deux dit-on. Nous savons, nous lectorat de la classe moyenne et modeste, depuis belle lurette que les journaux appartiennent aux puissances financières et industrielles, ils n’ont donc aucune bonne raison de dénoncer des problème comme le « Médiator », les produits dérivés financiers qui alimentent la dette, etc..., etc..., etc...

                            Mais que tous ces braves gens ne s’attendent pas à de la compassion quand il y a un journaliste mal traité, cela dure depuis des dizaines d’années, leurs privilèges sur le plan des impôts expliquent en parti le manque de respect et de professionnalisme vis à vis des lecteurs et lectrices.

                            Les valeurs du capitalisme dans toutes leurs splendeurs traversent et travaillent à fond la bulle médiatique (tous média confondus).


                            • Eddie Constantine Eddie Constantine 13 novembre 2011 08:17

                              Et moi je suis ravi !

                              De l’arrivée des podcats, bien sûr, qui permettent de faire SA chaine de radio !
                              La télé : quelques polars, seasons, etc... Ah oui, j’oubliais le foot. Le vrai beauf quoi...
                              A part ça, les journalistes de la presse écrite se plaignent de ne pas être lus ? Je les plains. Bientôt leur journaux vont déposer le bilan et ce ne sera que justice.
                              Il reste internet ? Oui, heureusement...

                              • garisamui garisamui 13 novembre 2011 10:14

                                Pour l’essentiel les journaleux d’aujourd’hui sont installés confortablement à de bons salaires et en plus des avantages déductibles de l’impôt sur le revenu , avec souvent une sécurité d’emploi relative ; cette petite carte de journaliste est bien pratique en somme.
                                Leur but n’est plus l’information reconnue et plusieurs fois recoupée, mais l’art et la manière de rester bien pépère sans avoir à déplaire.
                                Profil fonctionnaire carriériste.
                                Avant, le courage intellectuel et physique, l’audace, la rectitude morale déontologique étaient des vertus courantes chez une grande partie des journalistes, maintenant mentir, tricher, plagier, bidonner telles sont les mamelles d’une grande partie des journaleux mass merdiatiques ; nous sommes loin des reporters de la guerre du Vietnam.

                                Rien qu’a repenser aux 2 pieds nickelés il n’y a pas si longtemps dont on nous a rebattu les oreilles ............................et Bhl etc etc.........au secours..................


                                  • hopeless 13 novembre 2011 18:31

                                    J’avais « raté » cet excellent article, merci de l’avoir remis en avant. 


                                  • maddle maddle 13 novembre 2011 11:23

                                    @ l auteur


                                    Vous oubliez l’ essentiel. D’ ou vient l’ info mondiale Globalisée , la source des journaux du monde entier copier coller en temps réel ,machinalement ,sans verification ?

                                    Reuters
                                    AFP (agence france press)
                                    AP (associated press)

                                    A qui appartiennent ces agence ? je ris d avance...

                                    Je vous laisse le soin de découvrir ce que l’ on sait déjà , par instinct . Dommage que vous n en parliez pas dans votre article !

                                    • maddle maddle 13 novembre 2011 11:52

                                      Tiens ! je lis à l instant le parcours de Mario Monti, nouveau dirigeant Italien !


                                      Depuis 2010, il est aussi président de la section Europe à la Commission Trilatérale. Il est également membre du comité de direction du groupe Bilderberg.

                                      Decidemment ! Nous sommes cernés !

                                    • LeMerleBlanc LeMerleBlanc 13 novembre 2011 11:48

                                      D’où l’importance d’un site comme Agoravox...

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