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L’orthographe dans tous ses états

Qui, aujourd’hui en France, ne se plaint pas de la baisse du niveau de l’orthographe ? En le constatant chaque jour à l’école, à l’université, sur internet et même dans la presse, on se désole pour cette nouvelle génération qui ne sait plus écrire et enchaîne faute sur faute. Il est toutefois surprenant que, devant la généralisation de ces orthographes défaillantes, on se pose si peu la question du pourquoi et que l’on bloque sur celle du comment résoudre ce qui, pour certains, prend des allures de drame national.

En préambule, il demeure important ne pas perdre de vue le rôle de l’écriture quand on parle d’orthographe.

L’écriture

Elle est très tardive dans l’histoire de l’humanité, six mille ans seulement. Elle n’est pas systématique : beaucoup de langues disparues n’ont jamais été écrites et certaines langues parlées aujourd’hui ne sont pas transcrites.

L’écriture est fondamentalement une représentation du langage parlé, un système conventionnel, codifié, apparu essentiellement pour des raisons de mémoire et de communication. Ce système n’est ni constant, ni universel. On peut en changer : en douceur comme pour la langue grecque de l’Antiquité, qui transita du linéaire B (écriture syllabique) à l’alphabet grec que nous connaissons encore aujourd’hui, ou brutalement comme la langue turque en 1928 qui muta, sur ordre de Mustapha Kemal, de l’alphabet arabe à l’alphabet latin.

Pas une valeur universelle non plus puisque les lettres ne se prononcent pas de la même manière selon les langues. Le « u » français, par exemple, se prononce [u] dans la plupart des autres langues latines (le « ou » de miaou). C’est la raison pour laquelle on a créé l’API (alphabet phonétique international) utilisé pour l’apprentissage des langues étrangères.

Il importe donc de bien séparer la langue de son écriture qui ne coule pas de source.

La forme alphabétique est une des formes d’écriture possible. On trouve aussi des systèmes syllabiques (un signe par syllabe), et des écritures sémantiques (chinoises, hiéroglyphiques, cunéiformes) qui utilisent des morphèmes, c’est-à-dire des unités porteuses de sens (homme, maison). Un même système peut bien sûr servir à plusieurs langues, mais une même langue peut être représentée par plusieurs systèmes.

Sans en être conscients, nous côtoyons chaque jour, en France, d’autres formes d’écriture importées des sciences : l’écriture chimique (H2O : «  deux atomes d’hydrogène et un atome d’oxygène » en équivalent phonographique), physique (« g » pour « force de gravitation universelle », E=mc2, etc.), ou encore, récemment, l’usage SMS qui voit naître une graphie phonéto-chiffrée (a2m1, à demain, a +, à plus tard, koi29, quoi de neuf ?).

Etat des lieux de l’orthographe

Dans le cas du français (comme celui de l’arabe ou du chinois), il est clair que le système d’écriture a pris son autonomie et a donné naissance à une langue graphique sensiblement différente de la langue parlée. Les règles de cette langue écrite n’ont cessé d’évoluer depuis la Renaissance. L’Académie française de Richelieu (1635) s’attacha à fixer l’orthographe et la prononciation. Cela ne veut pas dire que toute modification soit bannie depuis, mais l’Académie attend que l’usage soit pérennisé avant d’opérer à tout changement.

D’un commun accord, on estime aujourd’hui que l’orthographe du français est pleine de bizarreries. Les conséquences : plus de la moitié des lettres d’embauche de cadres supérieurs comportent des fautes d’orthographe. On en voit fleurir dans les messages publicitaires, pourtant relus par plusieurs responsables commerciaux, dans les articles de journaux réputés sérieux, pourtant relus par des correcteurs. La faute d’orthographe se généralise, indépendamment du niveau éducatif et social de l’auteur des textes.

Au contraire des langues qui suivent une mutation naturelle, l’écriture, en tant que code, ne peut être modifiée qu’avec un accord généralisé des intervenants. Mais il semblerait, aujourd’hui, qu’une orthographe complexe, soucieuse de l’étymologie, ne puisse se maintenir que lorsqu’elle est affaire de spécialistes. La généralisation de l’écriture montre qu’elle n’est plus assimilable par la majorité des auteurs de textes français. On peut le regretter, mais cette évolution paraît difficilement réversible.

Certains professeurs d’université en arrivent même à ne plus retenir l’orthographe comme critère de jugement.

Personne ne devrait pourtant admettre que la graphie d’un mot soit variable selon l’auteur. On s’oriente pourtant dans cette voie puisque la généralisation des fautes entraîne des pratiques anormalisées et donc individuelles. L’écriture joue alors mal son rôle de communication : il n’est qu’à constater les efforts nécessaires pour lire certains commentaires de forum. Le souci de fixer l’écriture est apparu dès l’invention de l’imprimerie, à la fin du XVe siècle : Quel qu’il soit, un message transmis qui ne respecte pas le code en usage risque fort de ne pas être compris par le destinataire. C’est bien là tout le problème.

Explications

Difficile, pour justifier le déficit d’orthographe, de prétexter l’absence de lecture : le nombre de volumes empruntés dans les bibliothèques municipales est passé de 59 millions en 1980 à 90 millions en 1996. Internet, en pleine expansion, est essentiellement lié au texte, autant pour la lecture que l’écriture. Difficile d’invoquer le niveau de scolarisation (26 % d’une génération était titulaire du baccalauréat en 1981 contre 59 % en 1994 et 64 % en 2006), le taux de scolarisation qui, à l’âge de 20 ans, est passé de 17,5 % en 1982 à 52,7 % en 2004, soit trois fois supérieur (source Insee).

La réponse est davantage à trouver dans les normes de l’écriture même du français. Marcel Cohen propose : « C’est un modèle convenu de l’écriture qui est enseigné aux enfants, mais avec la généralisation de l’écriture les écarts individuels sont inévitables et de plus en plus admis même par des pédagogues rigoristes en la matière, pourvu que l’écriture soit suffisamment claire  » (La Grande Invention de l’écriture et son évolution). Malheureusement, ces « écarts individuels » ne sont pas compatibles avec la transmission des idées.

Une autre explication est à chercher dans la part de l’éducation accordée aux règles du français. Jusqu’aux années 70 elle était prépondérante, mais l’énergie consacrée à un domaine nuit à l’acquisition d’un autre. Les éducateurs ont estimé qu’il serait plus utile de mettre l’accent sur le scientifique, l’apprentissage des langues étrangères que d’inculquer à la perfection toute la complexité du français écrit.

Sans oublier que ce caractère irrationnel de la transcription écrite nuit à la propagation de la langue en rendant, pour un étranger, le français une langue impossible à écrire sans un minimum de fautes.

Les réformes de l’orthographe

Les grands noms de la littérature française n’étaient pas avares de réformes. Ronsard écrivait : « Tu éviteras toute orthographie superflue et ne mettras aucunes lettres en tels mots si tu ne les prononces en les lisant ; au moins tu en useras le plus sobrement que tu pourras, en attendant meilleure réformation : tu é(s)criras écrire et non escripre, cieus et non cieulx. ». Voltaire transforma le « j’estois » en «  j’étais », « françois » en « français ».

Le mot « nénuphar » est intéressant et révélateur. Littré mentionne : « Nénufar ou, d’après l’usage des botanistes, Nénuphar : Scheler suppose que c’est un dérivé irrégulier de nymphaea, nom latin et grec du nénufar ; mais il faut y voir le persan noûfer, niloûfer, nénuphar ». L’académie française écrit « nénufar » jusqu’en 1935. On le trouve chez Proust : « Tel était ce nénufar, pareil aussi à quelqu’un de ces malheureux dont le tourment singulier... » (Du côté de chez Swann, chap.II). Ce mot, d’origine arabo-persane, n’aurait jamais dû comporter de ph, transcription du phi grec. Preuve, dans ce cas, que l’orthographe française complexe n’est pas une valeur sûre quant à l’étymologie du mot.

Les réformes proposées ces dernières décennies ont soulevé des tempêtes de protestations. Elles ne concernaient pourtant que quelques mots et n’avaient rien d’une révolution linguistique. Les pourfendeurs de réformes arguent que l’orthographe fait partie de l’héritage culturel. C’est un peu vite oublier que Montaigne aurait aujourd’hui une orthographe bien singulière et que Voltaire, lui-même, obtiendrait un zéro pointé à la médiatique messe annuelle de Bernard Pivot.

Solutions envisageables

Comme on procède souvent face à un problème, tournons-nous vers nos voisins proches. On constate que l’espagnol, l’italien, le serbo-croate présentent une grande transparence dans la transcription grapho-phonémique. Le hongrois possède une écriture quasi phonétique. Je vous laisse juger si les Italiens, les Espagnols, les Serbes ou les Hongrois en demeurent moins intelligents pour autant. Est-ce vraiment un inconvénient de noter « fotografie », sans référence à l’étymologie grecque, comme le font les Italiens ou les Espagnols ?

Le résultat en est que les élèves, en Italie, écrivent correctement en fin de première année de primaire. Claude Piron remarque : « Pourquoi ? Parce que l’orthographe de l’italien est simple, cohérente, alors que celle du français contient un nombre impressionnant de formes arbitraires qu’il faut mémoriser avec le mot, sans qu’on puisse se fier à la manière dont il se prononce. » La notion d’orthographe n’est même plus évoquée dans le secondaire chez les Transalpins.

De l’avis des linguistes, pour qu’une réforme de l’écriture ait des chances d’aboutir, elle doit être drastique : une réforme radicale est beaucoup plus facile qu’une réforme modérée parce qu’elle aboutit à une règle simple, où l’écriture est déterminée simplement à partir de la prononciation par la règle phonétique : "Une lettre par son, un son par lettre".

Elle doit répondre à deux exigences :

- une graphie proche de la phonétique ;

- une grande ressemblance avec ce qu’on a l’habitude de lire.

Malheureusement, ces deux conditions apparaissent contradictoires et aboutissent ainsi à une impasse qui interdit tout changement profond, pourtant indispensable, selon ces mêmes linguistes, à la résolution définitive de ce problème crucial de l’orthographe.

Il est vrai aussi que le chiffrage d’un tel projet provoquerait les frayeurs de n’importe quel gouvernement en place. Cette révolution linguistique impliquerait une phase de transcription ou réécriture, un effort gigantesque d’impression de tous les textes, une campagne d’assimilation pour les citoyens avec un minimum d’enseignement. Toutes ces conséquences entraîneraient, à n’en pas douter, un véritable électrochoc pour une société qui rechigne toujours à se transformer sous la contrainte.

Remarquons toutefois que les Turcs, en 1928, s’accommodèrent très bien de ce changement radical qu’on leur imposa et que, quelques années plus tard, toute trace d’écriture arabe avait disparu de Turquie.

Mais ne nous y trompons pas, le blocage concernant une réforme de l’écriture est essentiellement psychologique, voire politique. L’écrit est toujours plus conservateur que le parler. Son évolution se fait avec un décalage : le passé simple, par exemple, disparaîtra certainement de l’écrit, comme il a disparu de l’oral, mais il faudra attendre.

Blocage politique dans la mesure où les détenteurs d’une orthographe sans faille possèdent une compétence, d’autant plus précieuse que leur nombre diminue. Ce ne sont pas eux qui fourniront l’outil pour scier la branche sur laquelle ils sont assis.

Ces dernières années, l’informatique et internet ont considérablement modifié la donne : la forme écrite n’est plus perçue comme définitive. L’encyclopédie Wikipédia est évolutive. Les articles sont corrigés, mis à jour. On peut même les contester.

En règle générale, il est toujours possible de modifier un texte sur le net, à tout moment. L’écriture perd ainsi son statut de sacré et son attribut de trace inaltérable dans le temps.

On ne rédige pas un courrier électronique (ou un texto) qu’on pense éphémère avec le même soin qu’une lettre imprimée. Un courriel n’est d’ailleurs pas une preuve juridique. Les formules changent : le « Cher Monsieur XXX » est souvent remplacé par « Bonjour ». Les auteurs se libèrent du formalisme officiel et on peut très bien imaginer qu’ils se libéreront d’une orthographe contraignante pour la remplacer plus facilement par un système graphique, davantage axé sur une représentation du langage parlé.

Techniquement et financièrement, l’émergence d’internet est une occasion à saisir pour refondre l’écriture du français. On peut penser, en effet, que la diffusion de l’écrit se fera de moins en moins sur support papier et il est beaucoup plus aisé, et moins coûteux, de modifier un texte en ligne que de l’imprimer et le diffuser sur les circuits commerciaux. L’avenir d’une réforme profonde de l’orthographe n’est peut-être finalement pas si sombre qu’il y paraît.

Illustration  : Disque de Phaistos, énigmatique forme d’écriture à laquelle on ne peut rattacher aucune langue (haut) : Tablette sumérienne, 3500 av. J.-C. (bas)

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L'orthographe dans tous ses états
par Philippakos (son site) mercredi 12 décembre 2007 - 158 réactions
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  • Par lipton (xxx.xxx.xxx.50) 12 décembre 2007 16:17
    anvil mac lipton

    Je reviens pour un second commentaire. Je suis médiéviste, c’est à dire que je m’intéresse à l’histoire. Bien que mon domaine de prédilection soit l’escrime médiévale (ou à cause de cela), j’ai porté mon attention sur les manuscrits de différentes époques. L’orthographe n’était pas essentielle lorsque les premiers "romans" en langue vulgaire (comprenez le "français" de l’époque, langue d’oïl au nord...) parurent. En fait, l’essentiel était d’être compris par des personnes qui, si elles avaient leurs lettres, n’avait en général guère plus de bagage que le simple déchiffrage des sons correspondant aux lettres, et on peuit voir alors des mots ayant différentes orthographes au sein d’un même récit (probablement du aux perceptions différentes des copistes ayant effectué la transcription de telle ou telle aprtie).

    C’est avec l’évolution du nombre de livres, et de la diffusion de la lecture (de "l’alphabétisation") au sein des classes supérieures (noblesse), puis moyennes (bourgeoisie), qu’imposer des règles est devenu "nécessaire". En effet, il fallait faire en sorte que tous se comprennent. Mais il fallait aussi créer un "verrou" au savoir, codifier ce savoir afin de continuer à le réserver à une élite (puisque la diffusion d’ouvrages en langue vulgaire rendait caducq le rôle de frein qui était aussi celui du latin). En compliquant l’orthographe, on augmentait le temps nécessaire à l’apprentissage de la langue écrite, et on favorisait ainsi les classes "oisives" qui pouvaient se permettre de consacrer plus de temps à cet apprentissage. De fait, donc, une vraie barrière sociale se créait : ceux qui avait le temps (donc les moyens) d’apprendre une orthographe compliquée, et ceux qui n’allaient pas au dela de "leurs lettres" et qui pouvaient très bien s’en sortir en lecture, mais était incapable de s’exprimer à l’écrit.

    Ainsi, l’orthographe compliquée a été un boulet mis sciemment à "l’ascenceur social", et une réforme simplifiant réellement l’orthographe pourrait, au contraire des réformes modérées que je propose dnas mon précédent commentaire, contribuer à rééquilibrer les chances en favorisant une langue écrite plus proche de l’oral. (note : d’ailleurs, certains mots compliqués ont été délibérement allongés par l’adjonction de lettres supplémentaires par des copistes payés "au volume" et qui donc s’assuraient une rente de situation en augmentant la taille des mots, et leur complexité orthographique)

    On se retrouve donc non pas face à un débat linguistique, d’efficacité, de diffusion, mais à un choix de société :
     préserver l’héritage du français écrit et éviter ainsi l’extinction de cette langue, et assurer que l’ascenceur social soit favorisé par des règles qui resteraient les mêmes (c’est à dire que les "nantis" n’auraient pas l’avantage de leur temps libre supplémentaire pour s’adapter à la nouvelle réforme)
     simplifier le langage écrit en le rapprochant du langage oral afin de raccourcir le temps consacré à l’apprentissage de la langue écrite et assurer un "démarrage" de l’ascenceur social en permettant à tous d’acquérir un niveau comparable à l’écrit sans tenir compte des avantages afférant à leurs catégories sociales.

    Malgré l’apparent manichéisme de cette question, moi, je ne trouve pas une solution meilleure que l’autre (les partisans des deux pensent que l’ascenseur social serait "meilleur" dans leur pproche).

    Réformer une langue, ça impacte non seulement le temps d’apprentissage d’une langue pour les enfants, mais aussi de réapprentissage pour les adultes, et impacte également la façon de structurer sa pensée. Je pense que la difficulté à l’écrit de la langue française permet d’apprendre, en même temps que "l’orthographe", une façon de structurer sa pensée qui n’est pas la même que celle d’une langue française oralisée.

    Remarque : en Allemagne, une "réforme" de l’orthographe a permis de simplifier l’écriture de nombreux mots. Il me semble qu’une particularité liée au caractère agglutissant (?) de l’allemand était d’obteni des mots avec trois s qui se suivaient, et que la réforme supprime maintenant les s au delà de deux. C’est à ce type de réforme que je pensais dans mon premier commentaire.

  • Par Philippakos (xxx.xxx.xxx.32) 12 décembre 2007 11:57
    Philippakos

    Une enquête qui vient d’être faite place aujourd’hui le niveau des élèves de cinquième au niveau de celui de CM2 il y a vingt ans. Dans le supérieur, les professeurs trouvent des masters bourrés de fautes et pensent qu’il y a aussi un problème d’exigence des étudiants qui n’y attachent plus trop d’importance.

  • Par Philippakos (xxx.xxx.xxx.32) 12 décembre 2007 14:08
    Philippakos

    Je vais vous faire un aveu. Ce n’est pas par pure modestie que je n’ai pas parlé du grec moderne. Je suis chaque jour confronté à ce problème d’orthographe avec les sons "i" comme vous le signalez, mais aussi "è" (e, ai), avec par exemple le "paidi" (enfant) qui a donné malencontreusement en français pédiatrie (et pas paidiatrie) et le pedion (la plaine, le champ). Quand aux esprits et leur suppression, je m’en félicite chaque jour, mais beaucoup de personnes agées ou cultivées les regrettent, rapport à l’étymologie.

  • Par Philippakos (xxx.xxx.xxx.32) 12 décembre 2007 13:17
    Philippakos

    L’orthographe s’adapte, qu’on le veuille ou pas. Lisez un texte du XVIIème siècle dans sa version originale pour en être convaincu. Elle le fait avec lenteur mais les modifications de l’Académie sont régulières. Je dois avouer ne pas connaître la méthode Boscher mais fais partie d’une génération (14 ans en 68) pour qui l’orthographe était un des piliers de l’éducation mais avec un niveau de première langue pitoyable après sept ans de cours (il a fallu rattraper ensuite). Dans les classes de latin, mes professeurs se plaignaient de la chute du niveau par rapport à leur jeunesse. Tout ça pour dire que l’enseignement change en fonction des besoins en compétence. Mon père ne sait pas ce qu’est un système de calcul en base 2 (fondement de l’informatique). Maintenant, parlez à un étranger qui apprend le français des bizarreries de la langue française et expliquez-lui pourquoi on écrit "charrue" et "chariot". Mon exemple du "nénuphar" est assez explicite je crois.

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