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L’orthographe dans tous ses états

Qui, aujourd’hui en France, ne se plaint pas de la baisse du niveau de l’orthographe ? En le constatant chaque jour à l’école, à l’université, sur internet et même dans la presse, on se désole pour cette nouvelle génération qui ne sait plus écrire et enchaîne faute sur faute. Il est toutefois surprenant que, devant la généralisation de ces orthographes défaillantes, on se pose si peu la question du pourquoi et que l’on bloque sur celle du comment résoudre ce qui, pour certains, prend des allures de drame national.

En préambule, il demeure important ne pas perdre de vue le rôle de l’écriture quand on parle d’orthographe.

L’écriture

Elle est très tardive dans l’histoire de l’humanité, six mille ans seulement. Elle n’est pas systématique : beaucoup de langues disparues n’ont jamais été écrites et certaines langues parlées aujourd’hui ne sont pas transcrites.

L’écriture est fondamentalement une représentation du langage parlé, un système conventionnel, codifié, apparu essentiellement pour des raisons de mémoire et de communication. Ce système n’est ni constant, ni universel. On peut en changer : en douceur comme pour la langue grecque de l’Antiquité, qui transita du linéaire B (écriture syllabique) à l’alphabet grec que nous connaissons encore aujourd’hui, ou brutalement comme la langue turque en 1928 qui muta, sur ordre de Mustapha Kemal, de l’alphabet arabe à l’alphabet latin.

Pas une valeur universelle non plus puisque les lettres ne se prononcent pas de la même manière selon les langues. Le « u » français, par exemple, se prononce [u] dans la plupart des autres langues latines (le « ou » de miaou). C’est la raison pour laquelle on a créé l’API (alphabet phonétique international) utilisé pour l’apprentissage des langues étrangères.

Il importe donc de bien séparer la langue de son écriture qui ne coule pas de source.

La forme alphabétique est une des formes d’écriture possible. On trouve aussi des systèmes syllabiques (un signe par syllabe), et des écritures sémantiques (chinoises, hiéroglyphiques, cunéiformes) qui utilisent des morphèmes, c’est-à-dire des unités porteuses de sens (homme, maison). Un même système peut bien sûr servir à plusieurs langues, mais une même langue peut être représentée par plusieurs systèmes.

Sans en être conscients, nous côtoyons chaque jour, en France, d’autres formes d’écriture importées des sciences : l’écriture chimique (H2O : «  deux atomes d’hydrogène et un atome d’oxygène » en équivalent phonographique), physique (« g » pour « force de gravitation universelle », E=mc2, etc.), ou encore, récemment, l’usage SMS qui voit naître une graphie phonéto-chiffrée (a2m1, à demain, a +, à plus tard, koi29, quoi de neuf ?).

Etat des lieux de l’orthographe

Dans le cas du français (comme celui de l’arabe ou du chinois), il est clair que le système d’écriture a pris son autonomie et a donné naissance à une langue graphique sensiblement différente de la langue parlée. Les règles de cette langue écrite n’ont cessé d’évoluer depuis la Renaissance. L’Académie française de Richelieu (1635) s’attacha à fixer l’orthographe et la prononciation. Cela ne veut pas dire que toute modification soit bannie depuis, mais l’Académie attend que l’usage soit pérennisé avant d’opérer à tout changement.

D’un commun accord, on estime aujourd’hui que l’orthographe du français est pleine de bizarreries. Les conséquences : plus de la moitié des lettres d’embauche de cadres supérieurs comportent des fautes d’orthographe. On en voit fleurir dans les messages publicitaires, pourtant relus par plusieurs responsables commerciaux, dans les articles de journaux réputés sérieux, pourtant relus par des correcteurs. La faute d’orthographe se généralise, indépendamment du niveau éducatif et social de l’auteur des textes.

Au contraire des langues qui suivent une mutation naturelle, l’écriture, en tant que code, ne peut être modifiée qu’avec un accord généralisé des intervenants. Mais il semblerait, aujourd’hui, qu’une orthographe complexe, soucieuse de l’étymologie, ne puisse se maintenir que lorsqu’elle est affaire de spécialistes. La généralisation de l’écriture montre qu’elle n’est plus assimilable par la majorité des auteurs de textes français. On peut le regretter, mais cette évolution paraît difficilement réversible.

Certains professeurs d’université en arrivent même à ne plus retenir l’orthographe comme critère de jugement.

Personne ne devrait pourtant admettre que la graphie d’un mot soit variable selon l’auteur. On s’oriente pourtant dans cette voie puisque la généralisation des fautes entraîne des pratiques anormalisées et donc individuelles. L’écriture joue alors mal son rôle de communication : il n’est qu’à constater les efforts nécessaires pour lire certains commentaires de forum. Le souci de fixer l’écriture est apparu dès l’invention de l’imprimerie, à la fin du XVe siècle : Quel qu’il soit, un message transmis qui ne respecte pas le code en usage risque fort de ne pas être compris par le destinataire. C’est bien là tout le problème.

Explications

Difficile, pour justifier le déficit d’orthographe, de prétexter l’absence de lecture : le nombre de volumes empruntés dans les bibliothèques municipales est passé de 59 millions en 1980 à 90 millions en 1996. Internet, en pleine expansion, est essentiellement lié au texte, autant pour la lecture que l’écriture. Difficile d’invoquer le niveau de scolarisation (26 % d’une génération était titulaire du baccalauréat en 1981 contre 59 % en 1994 et 64 % en 2006), le taux de scolarisation qui, à l’âge de 20 ans, est passé de 17,5 % en 1982 à 52,7 % en 2004, soit trois fois supérieur (source Insee).

La réponse est davantage à trouver dans les normes de l’écriture même du français. Marcel Cohen propose : « C’est un modèle convenu de l’écriture qui est enseigné aux enfants, mais avec la généralisation de l’écriture les écarts individuels sont inévitables et de plus en plus admis même par des pédagogues rigoristes en la matière, pourvu que l’écriture soit suffisamment claire  » (La Grande Invention de l’écriture et son évolution). Malheureusement, ces « écarts individuels » ne sont pas compatibles avec la transmission des idées.

Une autre explication est à chercher dans la part de l’éducation accordée aux règles du français. Jusqu’aux années 70 elle était prépondérante, mais l’énergie consacrée à un domaine nuit à l’acquisition d’un autre. Les éducateurs ont estimé qu’il serait plus utile de mettre l’accent sur le scientifique, l’apprentissage des langues étrangères que d’inculquer à la perfection toute la complexité du français écrit.

Sans oublier que ce caractère irrationnel de la transcription écrite nuit à la propagation de la langue en rendant, pour un étranger, le français une langue impossible à écrire sans un minimum de fautes.

Les réformes de l’orthographe

Les grands noms de la littérature française n’étaient pas avares de réformes. Ronsard écrivait : « Tu éviteras toute orthographie superflue et ne mettras aucunes lettres en tels mots si tu ne les prononces en les lisant ; au moins tu en useras le plus sobrement que tu pourras, en attendant meilleure réformation : tu é(s)criras écrire et non escripre, cieus et non cieulx. ». Voltaire transforma le « j’estois » en «  j’étais », « françois » en « français ».

Le mot « nénuphar » est intéressant et révélateur. Littré mentionne : « Nénufar ou, d’après l’usage des botanistes, Nénuphar : Scheler suppose que c’est un dérivé irrégulier de nymphaea, nom latin et grec du nénufar ; mais il faut y voir le persan noûfer, niloûfer, nénuphar ». L’académie française écrit « nénufar » jusqu’en 1935. On le trouve chez Proust : « Tel était ce nénufar, pareil aussi à quelqu’un de ces malheureux dont le tourment singulier... » (Du côté de chez Swann, chap.II). Ce mot, d’origine arabo-persane, n’aurait jamais dû comporter de ph, transcription du phi grec. Preuve, dans ce cas, que l’orthographe française complexe n’est pas une valeur sûre quant à l’étymologie du mot.

Les réformes proposées ces dernières décennies ont soulevé des tempêtes de protestations. Elles ne concernaient pourtant que quelques mots et n’avaient rien d’une révolution linguistique. Les pourfendeurs de réformes arguent que l’orthographe fait partie de l’héritage culturel. C’est un peu vite oublier que Montaigne aurait aujourd’hui une orthographe bien singulière et que Voltaire, lui-même, obtiendrait un zéro pointé à la médiatique messe annuelle de Bernard Pivot.

Solutions envisageables

Comme on procède souvent face à un problème, tournons-nous vers nos voisins proches. On constate que l’espagnol, l’italien, le serbo-croate présentent une grande transparence dans la transcription grapho-phonémique. Le hongrois possède une écriture quasi phonétique. Je vous laisse juger si les Italiens, les Espagnols, les Serbes ou les Hongrois en demeurent moins intelligents pour autant. Est-ce vraiment un inconvénient de noter « fotografie », sans référence à l’étymologie grecque, comme le font les Italiens ou les Espagnols ?

Le résultat en est que les élèves, en Italie, écrivent correctement en fin de première année de primaire. Claude Piron remarque : « Pourquoi ? Parce que l’orthographe de l’italien est simple, cohérente, alors que celle du français contient un nombre impressionnant de formes arbitraires qu’il faut mémoriser avec le mot, sans qu’on puisse se fier à la manière dont il se prononce. » La notion d’orthographe n’est même plus évoquée dans le secondaire chez les Transalpins.

De l’avis des linguistes, pour qu’une réforme de l’écriture ait des chances d’aboutir, elle doit être drastique : une réforme radicale est beaucoup plus facile qu’une réforme modérée parce qu’elle aboutit à une règle simple, où l’écriture est déterminée simplement à partir de la prononciation par la règle phonétique : "Une lettre par son, un son par lettre".

Elle doit répondre à deux exigences :

- une graphie proche de la phonétique ;

- une grande ressemblance avec ce qu’on a l’habitude de lire.

Malheureusement, ces deux conditions apparaissent contradictoires et aboutissent ainsi à une impasse qui interdit tout changement profond, pourtant indispensable, selon ces mêmes linguistes, à la résolution définitive de ce problème crucial de l’orthographe.

Il est vrai aussi que le chiffrage d’un tel projet provoquerait les frayeurs de n’importe quel gouvernement en place. Cette révolution linguistique impliquerait une phase de transcription ou réécriture, un effort gigantesque d’impression de tous les textes, une campagne d’assimilation pour les citoyens avec un minimum d’enseignement. Toutes ces conséquences entraîneraient, à n’en pas douter, un véritable électrochoc pour une société qui rechigne toujours à se transformer sous la contrainte.

Remarquons toutefois que les Turcs, en 1928, s’accommodèrent très bien de ce changement radical qu’on leur imposa et que, quelques années plus tard, toute trace d’écriture arabe avait disparu de Turquie.

Mais ne nous y trompons pas, le blocage concernant une réforme de l’écriture est essentiellement psychologique, voire politique. L’écrit est toujours plus conservateur que le parler. Son évolution se fait avec un décalage : le passé simple, par exemple, disparaîtra certainement de l’écrit, comme il a disparu de l’oral, mais il faudra attendre.

Blocage politique dans la mesure où les détenteurs d’une orthographe sans faille possèdent une compétence, d’autant plus précieuse que leur nombre diminue. Ce ne sont pas eux qui fourniront l’outil pour scier la branche sur laquelle ils sont assis.

Ces dernières années, l’informatique et internet ont considérablement modifié la donne : la forme écrite n’est plus perçue comme définitive. L’encyclopédie Wikipédia est évolutive. Les articles sont corrigés, mis à jour. On peut même les contester.

En règle générale, il est toujours possible de modifier un texte sur le net, à tout moment. L’écriture perd ainsi son statut de sacré et son attribut de trace inaltérable dans le temps.

On ne rédige pas un courrier électronique (ou un texto) qu’on pense éphémère avec le même soin qu’une lettre imprimée. Un courriel n’est d’ailleurs pas une preuve juridique. Les formules changent : le « Cher Monsieur XXX » est souvent remplacé par « Bonjour ». Les auteurs se libèrent du formalisme officiel et on peut très bien imaginer qu’ils se libéreront d’une orthographe contraignante pour la remplacer plus facilement par un système graphique, davantage axé sur une représentation du langage parlé.

Techniquement et financièrement, l’émergence d’internet est une occasion à saisir pour refondre l’écriture du français. On peut penser, en effet, que la diffusion de l’écrit se fera de moins en moins sur support papier et il est beaucoup plus aisé, et moins coûteux, de modifier un texte en ligne que de l’imprimer et le diffuser sur les circuits commerciaux. L’avenir d’une réforme profonde de l’orthographe n’est peut-être finalement pas si sombre qu’il y paraît.

Illustration  : Disque de Phaistos, énigmatique forme d’écriture à laquelle on ne peut rattacher aucune langue (haut) : Tablette sumérienne, 3500 av. J.-C. (bas)

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L'orthographe dans tous ses états

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155 réactions à cet article    


  • Morgan Stern 12 décembre 2007 10:44

    Article alarmiste ?

    J’entends souvent les « vieux » dirent qu’ils sont nuls en orthographe. Ce problème est-il donc réellement l’apanage de la nouvelle génération ? Je suis dubitatif (mais c’est parce que je suis un optimiste). Quelques chiffres pour étayer la baisse du niveau en orthographe seraient les bienvenus.

    J’ai lu dernièrement que l’Education Nationale allait bientôt enseigner l’orthographe selon les recommandations proposées en 1990.

    http://www.orthographe-recommandee.info/


    • Philippakos Philippakos 12 décembre 2007 11:57

      Une enquête qui vient d’être faite place aujourd’hui le niveau des élèves de cinquième au niveau de celui de CM2 il y a vingt ans. Dans le supérieur, les professeurs trouvent des masters bourrés de fautes et pensent qu’il y a aussi un problème d’exigence des étudiants qui n’y attachent plus trop d’importance.


    • JoëlP JoëlP 12 décembre 2007 11:14

      Excellent article. Vous résumez très bien le problème. Pas sûr que le délabrement de l’ortograf soit si grave mais il est ennuyeux et l’apprentissage de règles stupides se fait au détriment d’autres enseignements nécessaires, c’est forcé. L’exemple turc (au fait une femme grecque, avec c, est-elle plus belle qu’une femme turque sans c ?) est un bon exemple sauf qu’il devait y avoir un pourcentage assez faible de lettrés en 1928 en Turquie.

      Ceci dit, je suis d’accord avec vous qu’une réforme radicale a plus de chance qu’une réforme molle. Avec la réforme molle on finit avec les deux acceptations et encore plus de complexité. Mes deux correcteurs d’ortograf ne sont pas d’accord pour les accents circonflexes.

      Mais pour une réforme drastique, il nous faudrait un super réformateur, genre Zébulon... Cela me donne une idée... Et si Lerma qui maitrise si mal l’orthograf en parlait à son copain supersarko ? smiley


      • Martin Lucas Martin Lucas 12 décembre 2007 11:30

        Intérecan cet artikl sur une réform de l’ortograf. Mai ke fai(t) on dé liaison(s) é dé pluriel ?

        Intéressant cet article sur une réforme de l’orthographe. Mais que fait-on des liaisons et des pluriels ?

        (on remarkera ke la nouvel ortograf serait une solucion pour économisé du papié)

        (on remarquera que la nouvelle orthographe serait une solution pour économiser du papier)


        • Philippakos Philippakos 12 décembre 2007 12:04

          Intéressante remarque. Que le « s » soit la marque du pluriel me semble inévitable. La difficulté du français vient que le pluriel ne s’entend pas, d’où l’importance de l’article... Il n’est pas question non plus d’écrire en phonétique absolue, sinon ce serait déjà fait avec l’API. Toutefois, il paraît indispensable, pour une question de cohérence sociale, de se pencher sérieusement sur cette question de la réforme.


        • Krokodilo Krokodilo 12 décembre 2007 12:25

          Bonjour, Article intéressant, mais pourquoi ne suis-je pas surpris que deux informations importantes n’y figurent pas ? Si le français est effectivement une langue à mauvaise régularité phonétique (environ 55% paraît-il), plus mauvaise que l’italien et l’espagnol, pourquoi ne pas mentionner que l’anglais est bien pire que le français, avec probablement la plus faible régularité phonétique au monde ! Par ailleurs, pourquoi ne pas citer l’extrême opposé, la langue dotée de la meilleure régularité phonétique (100% , c’est-à-dire une lettre = un son, un son = une lettre), l’espéranto ? Vous rappelez, mais très brièvement, que le temps consacré au français à l’école primaire a beaucoup diminué au fil du temps, pour faire place à toutes sortes d’activités, dont l’anglais (obligatoire) qui est très perturbant pour les élèves un peu faibles en français, justement à cause de sa phonétique aberrante.

          Sur cette hypothétique profonde réforme, elle me paraît tout à fait irréaliste, d’ailleurs, vous indiquez peu d’exemples réels : comment résoudre le problème des lettres muettes ? Le pluriel par exemple, l’espagnol prononce le pluriel (naranja, naranjas) et l’italien aussi (spaghetto, spaghetti), alors que le « s » et le « x » sont muets. Proposez-vous de changer aussi la prononciation des mots ? En outre, il faudrait un nouvel alphabet : cheval, chevaux deviendraient « ŝeval » et « ŝevo » ? Une pareille réforme est impossible en démocratie, trop radicale et elle changerait trop profondément le français, pas seulement sa graphie. (Je vois à l’instant que vous avez partiellement répondu à un message sur le problème du pluriel)

          On peut aussi appliquer quelques idées de nos voisins francophones, les excellents septante, octante et nonante, plus logiques et plus efficaces pour l’apprentissage. D’ailleurs, vous mélangez le thème d’une réforme orthographique et celui de la grammaire et de la langue elle-même, pas seulement sa graphie : « Son évolution se fait avec un décalage : le passé simple, par exemple, disparaîtra certainement de l’écrit, comme il a disparu de l’oral, mais il faudra attendre. » C’est plutôt l’imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif qui sont menacés de disparition, pas le passé simple, qui est bien trop ancré dans tous les romans.

          A mon avis, il faut s’en tenir à ce qui est faisable, c’est-à-dire que les locuteurs et les enseignants appliquent réellement la réforme de 1990, alors que beaucoup d’entre eux comptent actuellement comme fautives certaines graphies autorisées, et même conseillées !


          • Philippakos Philippakos 12 décembre 2007 12:58

            Bonjour Krokodilo, Le passé simple disparaîtra de l’écrit contemporain, pas de la littérature, dans la mesure où il n’est plus utilisé à l’oral. On n’écrit pas aujourd’hui comme au XVIème siècle. J’ai bien précisé qu’il importait de séparer la langue de son écriture. Difficile d’agir sur une langue, plus facile sur l’écriture qui n’est qu’un système de codage de sonorités en lettres (ou signes). Les Italiens ont, sauf erreur, opéré une large réforme de l’orthographe qui a abouti à un système très cohérent. Je ne parle pas de l’anglais parce que je ne parle pas de langue mais d’orthographe, en l’occurence celle du français (le « s » final est audible en anglais d’ailleurs, pas si incohérent que ça). D’autre part, mais je peux me tromper, l’anglais ne connaît pas cette chute de l’orthographe qui semble admise concernant le français.

            Où ai-je mélangé réforme de l’orthographe et réforme de la langue française ? La langue turque n’a pas changé après la réforme de Kemal. L’expérience montre que les « réformettes » ne fonctionnent pas. Celle de 1990 n’est pas appliquée partout... quand elle n’est pas rejetée. Irréaliste, une réforme : je cite des cas où cela a fonctionné. Il suffit de lire des SMS pour réaliser qu’on change facilement de système graphique quand cela correspond à un besoin (en l’occurence la rapidité et le coût du message).


          • Morgan Stern 12 décembre 2007 13:15

            Pour l’anglais, je n’ai pas de chiffre, mais à l’époque où j’étais en Écosse (1998), la dame chez qui je logeais m’a dit que le niveau orthographique des Anglais était catastrophique, et que très peu de personnes savaient bien écrire, même au gouvernement, ce qui posait problème. (La dame était juriste.)

            J’ai eu un aperçu de la chose en aidant un ami étudiant en architecture à taper son mémoire. Il y avait pas mal de fautes, car il écrivait souvent comme on parlait (un genre de phonétique) ce qui m’a un peu troublé au début, car je me demandais si c’était mon anglais qui était mauvais...


          • Philippakos Philippakos 12 décembre 2007 13:23

            Effectivement, les anglais ont été les premiers à utiliser la graphie 4U (for you) et, bien avant, OK (all correct). L’essentiel est de s’accorder sur le code utilisé. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise graphie en soi, excepté pour le rendu phonétique.


          • Wlad Wlad 12 décembre 2007 13:25

            « pourquoi ne pas mentionner que l’anglais est bien pire que le français, avec probablement la plus faible régularité phonétique au monde ? »

            Et ça recommence...

            Très simple, Krokodilo : parce que personne n’en a rien à foutre. Le sujet qui nous préoccupe ici consiste à améliorer l’usage de la langue française, pas à taper sur d’autres langues prétendument ardues. Ni pour se lamenter sur les complots des Atlantes de Mû, afin de recaser l’e-o au détour d’une phrase.


          • Wlad Wlad 12 décembre 2007 13:30

            Attention, Philippakos, OK a une étymologie très particulière qui ne se réduit pas à une graphie surprenante de « all correct ».

            Il vient de la Deuxième Guerre Mondiale, durant laquelle les rapports du front envoyés par les Américains intégraient souvent les pertes numériques. Comme il s’agissait d’une information récurrente, elle était placée en fin de télégramme, et l’habitude ou le besoin de faire vite aidant, la notion de « zero killed » fut abrégée en « 0k ». La façon des anglophones de prononcer le 0 « o » et non « zero » acheva la transformation. C’est pour ça que le « OK » était au début rattaché à un sentiment de félicité et de joie.


          • Hermes esperantulo 12 décembre 2007 13:41

            cher auteur, kroko pose quand même une question pertinente sur l’orthographe et la langue ou plutot l’oral de la langue, c’est que plus cet oral est en accord avec l’écrit (le cas esperanto) et plus il est facile d’avoir une bonne orthographe ou du moins d’en deduire l’orthographe d’un mot inconnue ce qui est une des difficultés de l’anglais


          • thirqual 12 décembre 2007 13:43

            En se baladant sur les forums anglais, on remarque très facilement les fautes.La première fois on doute et on empoigne son dico, ensuite on soupire comme devant un post de lerma.


          • Philippakos Philippakos 12 décembre 2007 13:46

            Alors soit, mon exemple du OK n’est pas bon. Pour se divertir un peu, je vais vous dire que beaucoup de Grecs, qui ont un peu la manie ethnocentriste de penser que tous les mots viennent de leur langue, ont une explication bien à eux du OK : cela viendrait du grec « ola kala » qui veut dire « tout est bien ». Voir aussi dans le film « mariage à la grec » l’explication du grand père pour le mot Kimono : de « chimonas » qui en grec veut dire « hiver » ... et le kimono est donc un vêtement qu’on met en hiver pour se protéger du froid. C’est de l’humour dans le film.


          • anvil mac lipton lipton 12 décembre 2007 15:55

            Encore l’espéranto ! Mais décidément, tout débat sur une langue est un prétexte à y venir !

            Je suis personnellement un « vieux con conservateur » au niveau de l’orthographe sur certains points, et partisans d’un changemetn sur d’autres. sans doute que je préfèrerais que les gens écrivent comme moi plutôt que de faire l’effort d’écrire comme les autres.

            Mais si on raisonne logiquement, même si cela me fait frémir, écrire d’une manière régulière pourrait en effet résoudre le problème de l’orthographe. A condition bien sur de se pencher sérieusement sur le problème des liaisons (par exemple le « t » final des participes présents « en écrivant au journal », encore que de nos jours, la plupart des liaisons n’étant pas la marque du pluriel ne sont plus faites)

            Il faut noter que multiplier le nombre de signes pour arriver à « un son par signe » est absurde. De nombreuse langues utilisent moins de sons différents que l’espéranto, qui a l’inconvénient sur ce point d’amalgamer des langues de natures différentes, et donc d’avoir une prononciation hétérogène necessitant plus de signes afin de répondre aux impératifs de « régularité » et de « simplicité » portés par une langue qui se veut souple, robuste et internationale.

            Réformer le français aurait un inconvénient, cependant, malgré l’immense avantage de rationnaliser l’écriture, et de permettre son apprentissage pour en faire une langue internationale facilement apprenable : il rendrait bien plus complexe la gestion des homonymes. En effet, qu’est-ce qui différencierait les mots « point » et « poing » ? « voie » et « voix » ? Le français écrit, qui avait par rapport à l’oral l’avantage de la précision, perdrait alors cet avantage. Toute réforme de l’orthographe devrait donc être faite non pas brutalement, au risque de perdre la langue elle-même, mais bien point par point. La différence avec le turc étant qu’on a changé radicalement de système d’écriture, de la graphie arabe à la graphie latine, il me semble inconcevable de pouvoir appliquer le même remède au français. Réformer les « ph » en « f », tout comme les « oi » sont devenus des « ai », et les « es » des « ê », me semble envisageable, mais faire plus que des réformes graduelles et ciblées me paraît dangereux.

            Pour finir, il est faux de parler d’une « même » langue à propos de l’oral et de l’écrit. A l’exception des langues mortes (exclusivement écrites) et de certaines langues indigènes (exclusivement orales), l’écrit et l’oral sont deux langues différentes partageant un socle commun. Il y a par exemple plus de points communs entre le portugais écrit et l’espagnol écrit qu’entre le portugais oral et l’espagnol oral. A vouloir simplifier à outrance l’orthographe « d’une langue » (du français par exemple), on risque la destruction de la version écrite de cette langue, ce qui est à l’opposé du but proposé...


          • skirlet 12 décembre 2007 16:13

            « De nombreuse langues utilisent moins de sons différents que l’espéranto, qui a l’inconvénient sur ce point d’amalgamer des langues de natures différentes, et donc d’avoir une prononciation hétérogène necessitant plus de signes afin de répondre aux impératifs de »régularité« et de »simplicité« portés par une langue qui se veut souple, robuste et internationale. »

            Quelles langues en utilisent moins ? La liste svp. En espéranto, il y a 28 sons pile poil, vous trouvez que c’est trop ?..


          • anvil mac lipton lipton 12 décembre 2007 16:17

            Je reviens pour un second commentaire. Je suis médiéviste, c’est à dire que je m’intéresse à l’histoire. Bien que mon domaine de prédilection soit l’escrime médiévale (ou à cause de cela), j’ai porté mon attention sur les manuscrits de différentes époques. L’orthographe n’était pas essentielle lorsque les premiers « romans » en langue vulgaire (comprenez le « français » de l’époque, langue d’oïl au nord...) parurent. En fait, l’essentiel était d’être compris par des personnes qui, si elles avaient leurs lettres, n’avait en général guère plus de bagage que le simple déchiffrage des sons correspondant aux lettres, et on peuit voir alors des mots ayant différentes orthographes au sein d’un même récit (probablement du aux perceptions différentes des copistes ayant effectué la transcription de telle ou telle aprtie).

            C’est avec l’évolution du nombre de livres, et de la diffusion de la lecture (de « l’alphabétisation ») au sein des classes supérieures (noblesse), puis moyennes (bourgeoisie), qu’imposer des règles est devenu « nécessaire ». En effet, il fallait faire en sorte que tous se comprennent. Mais il fallait aussi créer un « verrou » au savoir, codifier ce savoir afin de continuer à le réserver à une élite (puisque la diffusion d’ouvrages en langue vulgaire rendait caducq le rôle de frein qui était aussi celui du latin). En compliquant l’orthographe, on augmentait le temps nécessaire à l’apprentissage de la langue écrite, et on favorisait ainsi les classes « oisives » qui pouvaient se permettre de consacrer plus de temps à cet apprentissage. De fait, donc, une vraie barrière sociale se créait : ceux qui avait le temps (donc les moyens) d’apprendre une orthographe compliquée, et ceux qui n’allaient pas au dela de « leurs lettres » et qui pouvaient très bien s’en sortir en lecture, mais était incapable de s’exprimer à l’écrit.

            Ainsi, l’orthographe compliquée a été un boulet mis sciemment à « l’ascenceur social », et une réforme simplifiant réellement l’orthographe pourrait, au contraire des réformes modérées que je propose dnas mon précédent commentaire, contribuer à rééquilibrer les chances en favorisant une langue écrite plus proche de l’oral. (note : d’ailleurs, certains mots compliqués ont été délibérement allongés par l’adjonction de lettres supplémentaires par des copistes payés « au volume » et qui donc s’assuraient une rente de situation en augmentant la taille des mots, et leur complexité orthographique)

            On se retrouve donc non pas face à un débat linguistique, d’efficacité, de diffusion, mais à un choix de société :
            - préserver l’héritage du français écrit et éviter ainsi l’extinction de cette langue, et assurer que l’ascenceur social soit favorisé par des règles qui resteraient les mêmes (c’est à dire que les « nantis » n’auraient pas l’avantage de leur temps libre supplémentaire pour s’adapter à la nouvelle réforme)
            - simplifier le langage écrit en le rapprochant du langage oral afin de raccourcir le temps consacré à l’apprentissage de la langue écrite et assurer un « démarrage » de l’ascenceur social en permettant à tous d’acquérir un niveau comparable à l’écrit sans tenir compte des avantages afférant à leurs catégories sociales.

            Malgré l’apparent manichéisme de cette question, moi, je ne trouve pas une solution meilleure que l’autre (les partisans des deux pensent que l’ascenseur social serait « meilleur » dans leur pproche).

            Réformer une langue, ça impacte non seulement le temps d’apprentissage d’une langue pour les enfants, mais aussi de réapprentissage pour les adultes, et impacte également la façon de structurer sa pensée. Je pense que la difficulté à l’écrit de la langue française permet d’apprendre, en même temps que « l’orthographe », une façon de structurer sa pensée qui n’est pas la même que celle d’une langue française oralisée.

            Remarque : en Allemagne, une « réforme » de l’orthographe a permis de simplifier l’écriture de nombreux mots. Il me semble qu’une particularité liée au caractère agglutissant (?) de l’allemand était d’obteni des mots avec trois s qui se suivaient, et que la réforme supprime maintenant les s au delà de deux. C’est à ce type de réforme que je pensais dans mon premier commentaire.


          • anvil mac lipton lipton 12 décembre 2007 16:30

            Madame Skirlet : « Quelles langues en utilisent moins ? La liste svp. En espéranto, il y a 28 sons pile poil, vous trouvez que c’est trop ?.. » Je ne suis pas linguiste, je vais me contenter donc des langues que je connais :
            - l’espagnol (En español, todo lo que se escribe se pronuncia)
            - le créole Je ne connais pas la « complexité phonétiques » des langues asiatiques ou autres, mais il me semble me souvenir que dans un article que j’avais lu lorsque j’étais étudiant, des dialectes amérindiens (de l’inuit au quechua), et des langues asiatiques, combinaientt moins de 20 phonèmes. Mais n’étant pas spécialiste, et le propos n’ayant pas été de critiquer l’espéranto, mais uniquement de relever que rajouter des signes pour arriver à une concordance « son/graphie » était un procédé artificiel. Pas condamnable. Je ne voulais pas brusquer votre conviction religieuse que l’espéranto est LA langue universelle et que tout le monde doit se prosterner devant. Encore une fois, le sujet de l’article est le français, pas l’espéranto, et lorsqu’une réforme de l’orthographe espérantiste sera à l’ordre du jour, j’en parlerai (d’ailleurs, il me semble que les espérantophone eux mêmes ont des débats assez houleux sur la réforme de l’orthographe de leur langue pourtant si simple... Mais ceci est un autre débat)


          • Philippakos Philippakos 12 décembre 2007 18:15

            Je crois que le problème de l’expression est à rapprocher de celui de la langue et pas obligatoirement de celui de l’écriture. C’est l’expression qui structure la pensée et il est vrai que, dans nos cultures, la forme écrite aide beaucoup mais la structuration ne serait-il pas la même si vous aviez à préparer un exposé oral ?


          • Philippakos Philippakos 12 décembre 2007 18:26

            Voilà un commentaire fourni, pertinent et intéressant. Je ne partage pas tout, en particulier l’oubli de la langue écrite après la réforme. Je dirai plutôt plus grande difficulté à la lire, comme on peine à lire Pascal en version originale, de là à parler de disparition... disons « établissement d’une distance »mais l’essentiel de l’écrit n’est tout de même pas les écrivains des siècles passés et, au pire, on peut toujours faire des traductions comme on le fait pour Rabelais ou le Roman de Renard.


          • skirlet 12 décembre 2007 23:54

            "Je ne suis pas linguiste, je vais me contenter donc des langues que je connais :
            - l’espagnol (En español, todo lo que se escribe se pronuncia)
            - le créole"

            En espagnol, il y a des combinaisons de lettres (ch et ll), et les lettres « c » et « g » changent de prononciation en fonction des voyelles qui les suivent. Pour le nombre des phonèmes, je vous invite de les compter smiley

            http://www.babelmonde.fr/espagnol/cours/01_01_5.html

            En créole, il y a des sons nasalisés (pas évidents pour les étrangers qui n’en ont pas dans leurs langues, j’en sais quelque chise smiley ), ainsi que des combinaisons des lettres. Encore une fois, il faut compter les phonèmes :

            http://www.collectif-haiti.fr/creole.php

            En espéranto, il y en a moins smiley

            « Je ne voulais pas brusquer votre conviction religieuse que l’espéranto est LA langue universelle et que tout le monde doit se prosterner devant. »

            Monsieur Lipton, je vous prierai de m’éviter vos insultes voilées. L’espéranto n’est pas une réligion, ce n’est pas non plus la langue universelle - juste le meilleur candidat à la langue de communication internationale actuellement. Au sujet de « se prosterner » c’est vraiment une bêtise...

            « Encore une fois, le sujet de l’article est le français, pas l’espéranto »

            Je n’ai pas parlé de l’espéranto avant de lire votre commentaire, mais vu que vous en connaissez peu de choses, tout en vous permettant de véhiculer des fausses idées à son sujet, j’ai répondu.

            « d’ailleurs, il me semble que les espérantophone eux mêmes ont des débats assez houleux sur la réforme de l’orthographe de leur langue pourtant si simple... »

            Comme on dit chez nous, « il a entendu sonner les cloches, mais il ne sait pas où elles se trouvent ». Oui, il existe quelques individus qui voudraient changer l’écriture en Eo, mais c’est trop minoritaire pour y prêter attention. Le mot « houleux » est définitivement trop fort smiley En attendant, c’est une langue qui applique à 100% le principe « un son, une lettre » sans exception.


          • Hermes esperantulo 13 décembre 2007 13:19

            à lipton clone aspien

            parler du rapport oral/ecrit est quelque chose d’important dans cet article sur l’orthographe. l’anglais est une des langues ou justement ce rapport est le plus difficile, le francais l’ai un peu moins, l’italien et l’espagnol le sont encore moins dans la difficulté de rapport, l’indonésien comme l’esperanto sont des langues ayant le rapport entre l’écrit et l’oral maximum.

            pourquoi parler de ce rapport, en pratique il s’avère que des bases de l’apprentissage de l’écrit sont beaucoup due par la connaissance de l’oral, donc plus l’oral est proche de l’écrit et plus ce dernier est facile à apprendre. et en pratique par certaines études il se trouve que la maitrise de l’écrit anglais est plus difficille ( ou longue à maitriser) que celle du francais, qui est plus difficille que celle de l’italien, qui est plus difficille que l’esperanto ou l’indonésien du fait du rapport plus ou moins difficille entre l’oral et l’écrit.

            Dans la dyslexie, justement ce rapport de difficulté joue énormément, on retrouve plus de dyslexies en Angleterre ou pays anglo saxons qu’en Italie du fait de la plus grande difficulté du rapport oral/ecrit dans la langue anglaise.

            et justement ce rapport en france est débatue dans la simplification de l’orthographe, bien il n’est pas le seul débat mais en est une composante.

            alors au sujet de l’esperanto qui n’a été qu’un exemple parmi d’autres, le transformer en sujet de propagande, vous y allez un peut fort, surtout par la suite en en parlant avec de mauvais arguments pour dire ensuite que ce n’est pas le sujet.

            a connerie quand tu nous tiens


          • cl 17 avril 2008 00:03

            Il est possible (ou non) qu’on n’en ait rien à f... mais ce qui est intéressant, c’est de remarquer que l’anglais est, en ce qui concerne l’orthographe, l’exemple même de ce qu’il ne faut pas faire, à savoir ne pas la réformer. Or, l’orthographe de l’anglais a été fixée très tôt, et n’a, à ma connaissance, pas été modifiée (à l’exception notable de l’anglo-américain pour certains mots centre/center, catalogue/catalog, through/thru).

            C’est justement cette absence de réforme qui a amené à cette quasi absence de correspondance claire entre l’oral et l’écrit.

            Voulons-nous la même chose pour la langue française ?


          • Internaute Internaute 12 décembre 2007 12:26

            Votre position est typique du laxisme qui prévaut dans l’enseignement depuis une trentaine d’années. En gros vous nous dites, puisque les gens ne savent pas écrire, adaptons l’orhtographe. C’est la même logique qui veut qu’on donne le bac à 80% des élèves, quitte à enseigner le programme de seconde, de première et de terminale pendant les années d’universités. C’est le laminage par le bas.

            Le français est ce qu’il est et les élèves d’aujourd’hui ne sont pas plus idiots ni moins travailleurs que ceux d’hier. Les raisons du problème sont dans le corps enseignant qui a abandonné les méthodes ayant fait leur preuves pour sombrer dans la pédagogie et les lubies 68ardes.

            « D’un commun accord, on estime aujourd’hui que l’orthographe du français est pleine de bizarreries. Les conséquences : plus de la moitié des lettres d’embauche de cadres supérieurs comportent des fautes d’orthographe. » Sortez-moi du « commun » car vous vous trompez, ce ne sont pas les bizarreries de notre langue qui en sont la cause mais l’inefficacité des maîtres d’école.

            « La réponse est davantage à trouver dans les normes de l’écriture même du français. Marcel Cohen propose :» Là encore, même réponse qu’au paragraphe précédent.

            Si vous voulez que vos petits enfants apprennent à lire et à écrire achetez leur la méthode Boscher - La journée des touts petits. Malgré 1.000.000 d’heures de réunions pédagogiques, l’Education Nationale n’a jamais rien sorti de mieux.


            • Philippakos Philippakos 12 décembre 2007 13:17

              L’orthographe s’adapte, qu’on le veuille ou pas. Lisez un texte du XVIIème siècle dans sa version originale pour en être convaincu. Elle le fait avec lenteur mais les modifications de l’Académie sont régulières. Je dois avouer ne pas connaître la méthode Boscher mais fais partie d’une génération (14 ans en 68) pour qui l’orthographe était un des piliers de l’éducation mais avec un niveau de première langue pitoyable après sept ans de cours (il a fallu rattraper ensuite). Dans les classes de latin, mes professeurs se plaignaient de la chute du niveau par rapport à leur jeunesse. Tout ça pour dire que l’enseignement change en fonction des besoins en compétence. Mon père ne sait pas ce qu’est un système de calcul en base 2 (fondement de l’informatique). Maintenant, parlez à un étranger qui apprend le français des bizarreries de la langue française et expliquez-lui pourquoi on écrit « charrue » et « chariot ». Mon exemple du « nénuphar » est assez explicite je crois.


            • Halman Halman 12 décembre 2007 14:44

              Entre s’adapter et accepter tout et n’importe quoi il y a un monde.


            • 5A3N5D 12 décembre 2007 16:41

              «  »« Les raisons du problème sont dans le corps enseignant qui a abandonné les méthodes ayant fait leur preuves pour sombrer dans la pédagogie et les lubies 68ardes. »«  »

              Vous avez l’air d’être bien renseigné. Le malheur veut que les enseignants sont tenus d’appliquer les « Programmes et instructions officielles » qui dégringolent du ministère par la voie hiérarchique.


            • seespan 12 décembre 2007 17:50

              « L’orthographe s’adapte, qu’on le veuille ou pas. Lisez un texte du XVIIème siècle dans sa version originale pour en être convaincu »

              Les livres publiés avec « apporbafion du roy »


            • cl 18 avril 2008 23:31

              par Halman "Entre s’adapter et accepter tout et n’importe quoi il y a un monde."

              Très certainement. Pourriez-vous donner des exemples "d’adptations" et "d’acceptations de tout et n’importe quoi" ? Ce qui vous semblerait faisable et ce qui ne le serait pas.


            • janequin 12 décembre 2007 12:45

              écrirons nous bientôt cuiços à la place de cuissots et cuisseaux ?

              Ah, Mérimée doit se retourner dans sa tombe !


              • cl 17 avril 2008 00:29

                Ou grand-père au lieu de grand’père ? poète au lieu de poëte (1935) ?

                Ou rythme au lieu de rhythme ? "les enfants" au lieu de "les enfans" ? receu au lieu de reçu ?

                "escole" au lieu de "école" ? même au lieu de "mesme" ?

                "colère" au lieu de "cholere" ? "iamais" au lieu de "jamais" ? "travers" au lieu de "trauers" ?

                "souterrain" au lieu de "sousterrain" ou "soubterrain" ? "celui" au lieu de "celuy" ?

                http://portail.atilf.fr/cgi-bin/dico1look.pl?strippedhw=celuy&dicoid=ACAD1694&headword=&dicoid=ACAD1694

                Ce n’est pas Mérimée qui doit se retourner dans sa tombe, mais plutôt (ou plustôt ?) Voltaire ou Ronsard.

                Que serait l’orthographe actuelle sans tous ces réformateurs qui y ont introduit les accents et les trémas, les cédilles, les j et u/v, les apostrophes, ? Qu’ils soient grandement remerciés de ne s’être pas complus dans l’immobilisme dont nous faisons hélas preuve.


              • MagicBuster 12 décembre 2007 13:29

                Origine du « OK »

                Vient probablement de la guerre Sécession, pour le décompte des morts après les bataille

                0 kill => 0K => OK

                http://www.medsyn.fr/perso/g.perrin/cyberdoc/plus/ok.htm

                Tout ça pour dire que les langues évoluent, qu’on le veuille ou non, au rythme des besoins ...


                • Yvance77 12 décembre 2007 13:30

                  Bonjour,

                  Que voila un article sympa

                  A peluche


                  • Hermes esperantulo 12 décembre 2007 13:30

                    Encore un bon article zuuuut, bon j’avoue je vais faire un peu hors sujet.

                    On parle souvent du sacré de l’orthographe, ce fameux reproche « améliore ton orthographe », ce reproche à son utilité quand on a déjà dans son texte un bon argumentaire, cela permet de donner une « beauté » supplémentaire au texte, une apparence de maîtrise supplémentaire.

                    Mais souvent ce que j’ai constaté (je ne sais pas pour vous), c’est l’abus de ce reproche dans le cas ou justement l’argumentaire n’est pas recevable, pour dire « soigne ton orthographe avant d’être intelligent ».

                    Donc je préfère une tête bien faite (la réflexion), avant une tête bien pleine ( le part cœur de l’orthographe). bien sur si on peut aussi avoir une belle orthographe c’est mieux.


                    • Philippakos Philippakos 12 décembre 2007 13:55

                      Merci Esperantulo. De votre part je m’attendais à bien pire. J’ai bien saisi aussi la pique au sujet de l’argumentaire mais j’ai tout de même bien précisé dans l’article que le manque d’orthographe amenait presque inévitablement un problème de compréhension de la part du récepteur. C’est ça le gros problème, pas l’argumentaire mais la façon de l’exposer. J’attends maintenant Skirlet (sans « y ») la plus virulente d’entre vous(lol)(c’est une femme si j’ai bien tout compris).


                    • Hermes esperantulo 12 décembre 2007 14:14

                      « Merci Esperantulo. De votre part je m’attendais à bien pire. »

                      De rien par moment je fais plus d’effort surtout quand un commentaire se tient bien

                      « J’ai bien saisi aussi la pique au sujet de l’argumentaire »

                      Si vous saviez toutes les conneries que j’ai pu lire malgré une belle orthographe, alors vous voyez pour moi l’essentiel c’est l’argument irreprochable et dans mon metier c’est ce que l’on nous demande en priorité.

                      « mais j’ai tout de même bien précisé dans l’article que le manque d’orthographe amenait presque inévitablement un problème de compréhension de la part du récepteur. »

                      « Presque inevitablement », pas si sur ; dans mon experience on peut avoir une belle orthographe avec un texte incomprehensible, c’est plutot sur la syntaxe que cela se joue

                      « C’est ça le gros problème, pas l’argumentaire mais la façon de l’exposer. »

                      Oui donc la syntaxe, et surtout l’ordre des idées

                      « J’attends maintenant Skirlet (sans »y« ) la plus virulente d’entre vous(lol)(c’est une femme si j’ai bien tout compris). »

                      Et oui c’est une femme

                      Bien a vous


                    • skirlet 12 décembre 2007 16:07

                      « J’attends maintenant Skirlet (sans »y« ) »

                      Maréchal, me voilà... euh, je suis là, et sans le « y », comme promis smiley

                      « la plus virulente d’entre vous »

                      Merci, comme le dit M. Sylvestre smiley

                      « (lol) »

                      « mdr » en français smiley

                      "c’est une femme si j’ai bien tout compris

                      Oui, là c’est bien compris.

                      Mais bon, plus près du corps, comme le disait Ostap Bender. Un complément d’information sur le français à l’école, du dossier publié dans le « Nouvel Obs » en septembre.

                      « Entre 1956 et 1969, on comptait 15 heures du français par semaine. En 1969, plus que 10. En 1990, les maîtres ses sont vu allouer une enveloppe globale - entre 9h30 et 13h30 - pour traiter à la fois le frnaçais, l’histoire, la géographie et l’éducation civique. Aujourd’hui, cette fourchette est tombée entre 9 et 10 heures. Pourquoi ce écrêtage progressif ? D’abord, parce que, selon les auteurs des programmes, les élèves sont supposés »faire« du français dans toutes les matières (la fameuse »transversalité). Ensuite, parce qu’il a bien fallu caser l’anglais, l’éducation artistique ou l’éducation civique, introduits à l’école pour créer le fameux « bain culturel » cher à Jack Lang.

                      (...)

                      « En réduisant le temps d’apprentissage systématique de l’écriture, des règles de grammaire, des familles de mots... les élèves apprennent moins bien et moins vite le français », juge Anne-Marie Chartier (...)."

                      Je ne vais pas recopier ici tout le dossier (très intéressant d’ailleurs).

                      Il est vrai que le français est l’une des langues pas vraiment « phonétiques ». En fait, il est plus facile de donner les exemples des langues plus régulières du point de vue phonétique qu’inversement. Il est vrai qu’un petit Indonésien n’a pas autant de difficultés qu’un petit Français, Anglais ou même Russe, bien que la langue de ce dernier est bien plus phonétique que l’anglais ou le français... Pourtant, la solution proposée de tout reformer drastiquement ne suscite pas mon adhésion. Si certaines choses méritent d’être simplifiées (je n’éprouve pas un respect quasi religieux envers une langue et je pense que certaines bizarreries, on peut très bien s’en passer), la reforme profonde me paraît difficilement réalisable et je doute que le résultat puisse être probant.

                      "Elle doit répondre à deux exigences :

                      - une graphie proche de la phonétique ;

                      - une grande ressemblance avec ce qu’on a l’habitude de lire."

                      Prenons les mots qui s’ecrivent différemment et qui sonnent pareil : « saint, ceint, sein, sain »... Comment les reconnaître, une fois l’écriture « phonétisée » ? Que faire avec des lettres muettes qui donnent aussi plein d’indications ?

                      En fait, l’article ne propose pas quelque chose de concret comme reforme. Il faudrait peut-être voir des projets existants et éventiellement en proposer un de plus (l’auteur, attelez-vous à cette tache ? smiley ) pour émettre un jugement sur le sujet. Je ne pense pas que le langage sms présente une solution.

                      En attendant, il n’y a pas de miracle : si on réduit les heures d’une langue, pas la peine de s’étonner que le niveau baisse.


                    • Wlad Wlad 12 décembre 2007 16:12

                      Salut esperantulo !

                      Tu as raison en rappelant que le contenu est aussi important que le contenant. Mais le respect des règles n’est pas juste cosmétique, comme en témoigne l’exemple des homonymes !

                      D’autre part, la « tête bien faite » que tu mets en avant n’a-t-elle pas par définition les capacités pour synthétiser les règles d’écriture, lui permettant ainsi les mêmes résultats que la tête bien pleine, avec un temps de traitement inférieur ? (gnaaaaaaaa, crise geek en approche smiley ).


                    • Philippakos Philippakos 12 décembre 2007 16:49

                      Je ne comprends pas bien pourquoi tout le monde semble faire une fixation sur les homonymes. En entendant « le train sur la voie 4 », avez-vous pensé qu’il s’agissait de la voix soprano ? Un mot est inséparable de son contexte et puisque la confusion ne se fait pas à l’oral, pourquoi voulez-vous absolument qu’elle se fasse à l’écrit. Je le répète, l’écrit n’est que la transcription de l’oral, même si, par la suite, il peut suivre son propre chemin (la littérature).


                    • Wlad Wlad 12 décembre 2007 16:55

                      Ben oui mais justement, on parle aussi de littérature...

                      « La voi de la dérézon atiré notre éro » : cela signifie-t-il que le héros a envie de suivre la voie de la déraison, ou que la voix de la déraison le prive de sa volonté ?

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