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Accueil du site > Actualités > Médias > La peur des écrans I : les mythes

La peur des écrans I : les mythes

Les réjouissances de nombreux individus face à ce qui est considéré comme le succès de la semaine sans écran devrait inévitablement nous pousser à nous interroger sur la raison qui fait que, décennie après décennie, l’écran, vu comme symbole de la technologie moderne, reste désigné comme une origine fondamentale des maux de notre société, là où, ailleurs, il est aussi banal qu’un aspirateur ou un robinet.

La télé magique

Leurs détracteurs considèrent les écrans comme des objets spéciaux, qui auraient pour propriété d’exercer sur les individus, en particulier sur les plus vulnérables d’entre eux, les enfants, un pouvoir d’attraction et de fascination tels que rien ne saurait être à même de les en éloigner, à part un sevrage forcé, similaire à celui par lequel les drogués se séparent de leurs addictions. Il serait donc dangereux de banaliser l’écran, de la même façon qu’il serait dangereux de laisser en vente libre une drogue dure.

La violence des images

De nombreux commentateurs n’hésitent pas à répéter sans cesse que les écrans propagent quasi-exclusivement des images de violence, et que c’est donc là leur principale fonction pour leurs utilisateurs. Ce fait est le plus fréquemment expliqué à nouveau par des caractères intrinsèques à ce type de scènes : par leur rythme, leurs mouvements, elles auraient un effet spécifique sur le cerveau humain et agiraient comme une drogue. Cette addiction, en se développant, pousserait ensuite les téléspectateurs à augmenter la puissance de leur consommation, et donc à passer eux-mêmes à l’acte dans la réalité, ce qui constituerait le principal danger de l’écran pour la société.

Les pulsions refoulées

Une autre explication serait que cette violence ferait écho à des pulsions instinctives présentes en chaque individu, et aurait pour effet de les développer, puis de les libérer. La théorie serait donc que nous sommes tous naturellement plus ou moins violents, et que nous nous devons de nous réprimer, notamment par la morale et donc une censure de nos écrans.

Mysticisme et réalité

Toutes ces explications ont un point commun : elles se bornent à tenter d’expliquer un phénomène, la violence ou les problèmes liés à un excès de temps passé devant un écran, par des propriétés intrinsèques d’un objet, qu’il s’agisse de l’écran, des images ou du spectateur, dont la véritable compréhension scientifique est repoussée à jamais, et constitue en définitive un mystère.

Il n’est à partir de là nécessaire que d’avoir un peu de rigueur intellectuelle, de désir de comprendre et de connaissance de l’histoire des idées erronées pour se rendre compte du fait que ces explications ne peuvent en aucun cas être satisfaisantes, et se rattachent en fait à des idées mystiques, obscurantistes, empêchant la perception du réel.

La mécanique du désir

Le désir pour quelque chose ou quelqu’un est un phénomène purement lié à la perception de l’individu qui le ressent. Il est en réalité impossible qu’un objet crée un désir chez quelqu’un, comme si cela était de sa seule initiative ; il ne devient objet de désir que parce que ses propriétés répondent à quelque chose qui se trouve déjà en l’individu.

Chercher à expliquer l’attractivité de l’écran par lui-même ou par les images qu’il diffuse est donc insuffisant ; il faut également se demander à quoi répondent chez l’humain ces propriétés pour qu’elles puissent créer un désir.

Mais c’est également une erreur de conclure de ce raisonnement qu’un objet est objet du désir parce que ses propriétés répondent directement à une pulsion fondamentale, qui serait intrinsèque, naturelle, biologique.

En effet, par opposition aux animaux, il y a autant de moyens de satisfaire les besoins humains que d’humains sur terre, et un individu qui n’a jamais vécu en société ne peut que mourir de ne pas savoir y répondre. Le lien entre les besoins humains et les objets de désir relève donc de la culture et non de la nature, ils sont acquis non innés. L’attraction de certains humains vers des images violentes ne peut donc en aucun cas vouloir dire qu’il existe une pulsion naturelle de l’homme vers la violence, pas plus que l’attrait pour l’écran ne peut être expliqué de façon biologique.

Conclusion

L’expérience humaine suffit à montrer que l’explication de l’attraction comme du rejet pour les écrans ne peut se contenter d’une étude de ces objets, ou de ce qu’ils diffusent, ou de la nature de ceux qui les observent, et que cela ne peut mener qu’à des erreurs qui sont la plupart du temps, comme nous le verrons, très néfastes ; mais que tous ces éléments doivent être replacés au sein du tout que forme la société humaine.

La prochaine partie de cet article examinera comment nous pouvons percevoir la réalité du point de vue des télévores.


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11 réactions à cet article    


  • jerome 28 juillet 2008 12:45

    Bon , vous avez commis votre articulet ridicule de mésinformation et vous etes satisfait ...

    Vous avez peut etre entdu parler de l ’ addiction , sous ses diverses formes ??
    Vous avez peut etre lu des études sur le phénomène enfant/écran ?
    Vous avez peut etre des enfants ?
    Vous supposez etre vous meme très intelligent ???

    Hé bien vous avez tout mauvais mon pauvre ... et en plus vous vous déclarez " communiste " !!!

    Comment des crétins comme vous peuvent encore sévir sur AV , je me le demande ...
    Et si mon pseudo vous dérange , je suis pret à vous communiquer mes coordonnées personnelles , tellement vous faite preuve de ... j ’ ose pas le dire ... !


    • french_car 30 juillet 2008 17:05

      Pensez-vous qu’il soit constructif que d’insulter l’auteur ?
      Essayeez au moins de lui porter la contradiction !


    • jerome 28 juillet 2008 13:20

      Proche du parti communiste français ??? et vous vous affichez Coréen du Sud ???


      Comprend pas trop , là ... ou vous etes un traitre à votre nation , ou vous etes un troll , dans les deux cas vous etes pour moi un fieffé salopard , et je reste courtois !


      • french_car 30 juillet 2008 17:07

        Réaction symptomatique du mode de lecture du commentateur moyen !
        Où avez-vous lu que l’auteur était coréen du sud ???
        Quant aux insultes point besoin d’en souligner l’extrême constructivité.
        Décidément ce site est déprimant.


      • GreenGarden GreenGarden 28 juillet 2008 15:15

        Article mal construit et mal documenté, fondé sur des affirmations gratuites et des préjugés appartenant à l’auteur.

        G.


        • GreenGarden GreenGarden 30 juillet 2008 00:00

          Cet "article" n’ayant pas attiré les foules mais plutot les foudres de quelques uns (avec un scoring de 73% de NON), il semble que nous n’aurons pas droit à un "La peur des écrans n°2".

          G.


          • french_car 30 juillet 2008 17:09

            Jardin Verdâtre : c’est mal connaître l’auteur que de penser qu’il capitulera devant vos babillages de comptoir.


          • GreenGarden GreenGarden 31 juillet 2008 17:58

            @French_Cave

            Certes, mon commentaire n’est pas plus que du babillage de comptoir, et il est d’aussi haute volée que « l’article » d’HappySchmurts ; « article » tout juste acceptable en dernière page d’une feuille de chou, comme Metro ou 20 Minutes, coincé entre un Sudoku et la carte météo.

            G.


            • french_car 1er août 2008 09:56

              @Jardin Verdatre : comme disait Pierre Dac ce n’est pas parce-que vous n’avez rien à dire que vous êtes obligé de nous le faire savoir.


            • GreenGarden GreenGarden 1er août 2008 18:13

              @French_Cave

              comme disait Michel Audiard, "Quand on mettra les cons sur orbite, t’as pas fini de tourner."

              A bon entendeur...

              G.


              • Jacques Brodeur Jacques Brodeur 3 août 2008 23:46

                Harry Peng écrit que « les réjouissances face au succès de la semaine sans écran le pousse à s’interroger sur la raison qui fait que l’écran reste désigné comme une origine des maux de notre société, alors qu’il est aussi banal qu’un aspirateur ou un robinet. » Quelle est la différence entre un aspirateur et un écran de télé ? Le premier a été conçu pour nettoyer les planchers et avaler la poussière, le deuxième est un appareil qui sert à attirer des cerveaux humains et à les garder attentifs. Pourquoi ? Pour leur faire avaler des messages publicitaires, tous conçus pour faire désirer des choses plus ou moins inutiles. La télé existe pour vendre du temps de cerveau à des annonceurs. Pire, les émissions servent à RENDRE les cerveaux disponibles et à contourner le sens critique des spectateurs. Harry Peng pense qu’il ne faut pas avoir peur des écrans. Les enfants de Strasbourg qui ont gardé leurs écrans fermés durant 10 jours se sont préparés et ont vaincu la peur que certains ressentaient à la pensée de fermer les écrans.

                Le DÉFI 10 jours pour voir autrement est un arrêt concerté, préparé et volontaire de consommation de petit écran. Les organisateurs n’ont pas peur de la télé, mais ils aiment les enfants plus que les écrans. Ils connaissent aussi l’emprise sur les enfants de ceux qui contrôlent les contenus. Mais ils refusent de laisser faire.

                Harry a raison de croire que la télé fait peur. Il a été scientifiquement démontré que les personnes qui regardent beaucoup de téléviolence perçoivent le monde comme plus dangereux qu’il ne l’est en réalité. La violence projetée à l’écran est un ingrédient accrocheur puissant et les enfants souffrent de la surexposition, comme tout adulte souffre d’avoir trop mangé de gras, de sucre et de sel. Au cours du dernier quart de siècle, les télédiffuseurs ont augmenté les doses de violence sans égard à la santé des enfants et des ados. Les dommages sont profonds, durables et cela est documenté dans des centaines d’études. Il est donc parfaitement sain que notre société incite les enfants et les parents à contrôler le robinet télévisuel. Ce qui fait peur, c’est que des adultes soi-disant « avertis » ne voient pas d’inconvénients à laisser des agences de marketing manipuler des enfants à des fins commerciales.

                Harry a le droit d’admirer le pouvoir de Goliath sur des millions d’enfants comme d’autres ont le droit de préparer des milliers de petits David à la victoire contre Goliath. Souhaitons avec Nadine Moreno, qu’un jour pas si lointain, toutes les écoles de France aident (j’ai bien dit aider et non obliger) les enfants à relever le DÉFI « 10 jours pour voir autrement » et à se libérer, pour un moment, de l’emprise des médias sur leur vie. Goliath et HarryPeng, je vous souhaite de répéter l’exploit vécu par les enfants deStrasbourg avec votre propre famille. Et venez nous donner des nouvelles !

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