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Accueil du site > Actualités > Médias > La presse est-elle toujours libre ?

La presse est-elle toujours libre ?

Le 3 mai est la journée mondiale de la liberté de la presse, l’occasion de revenir sur le sujet.

« D’évidence en France, la situation se dégrade », explique Elsa Vidal, responsable du bureau Europe pour Reporters sans frontières. En effet, contrairement à ce que l’on pourrait croire, la France ne se situe parmi les pays où la presse est la plus libre... Des puissances financières, comme politiques, font de plus en plus pression. Les journalistes sont de plus en plus contrôlés. « La presse en France ne doit pas déranger. Et une liberté qui ne dérange pas, n’en est pas une », continue-t-elle.

Qu’en est-il de cette liberté dans le monde ? N’y a-t-il qu’en France que cela est le cas ? D’évidence non. La France se trouve à la 35e place du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans Frontières. A la même place que la Bulgarie, l’Australie et le Mali. Derrière elle se trouve l’Italie. « Mais au moment de l’établissement de ce classement, Berlusconi était encore au pouvoir  », précise-t-elle, laissant sous-entendre que l’année prochaine, elle devrait être mieux classée. La Corée du Nord et le Turkménistan ferment la marche.

 

Une liberté bafouée

Le Turkménistan. Elle décide de s’arrêter quelques instants sur ce pays post-soviétique qui ne possède qu’un seul type de presse : une presse étatique. Il n’y a pas d’autres titres de presse, tout est contrôlé par le président. « Nos correspondants sont des clandestins, nous ne connaissons pas leur véritable identité, c’est trop dangereux pour eux », explique Elsa Vidal.

L’URSS a laissé ses traces et les pays de l’ère post-soviétique ne font pas partie des pays où la presse est la plus libre. En Russie, par exemple, la situation est très paradoxale.

Vladimir Poutine, président de Russie, scande haut et fort qu’il y a dans son pays un très grand nombre de journaux. « Or ce n’est pas le nombre de journaux qui montre la liberté de la presse  », soutient Elsa Vidal, reconnaissant par là même qu’il y a effectivement beaucoup de titres en Russie. Mais voilà, de l’autre côté du miroir tout n’est pas tout rose. Les journalistes indépendants doivent faire face « à des pressions administratives croissantes et à de très lourdes amendes qui peuvent entraîner la fermeture de leur titre ». Or, en Russie on n’est pas libre d’habiter où l’on veut, il faut des autorisations. Ainsi, le journaliste qui est dans le collimateur de l’Etat, ne pourra plus exercer là où il habite du fait de la fermeture de son titre, mais ne pourra pas non plus déménager... Mais cela est un moindre mal quand on voit ce qui est arrivé à la journaliste Anna Politkovskaïa. Sa mort est la 21e sous le gouvernement Poutine.

Elle vient cependant de recevoir posthume le prix mondial de la liberté de la presse Unesco-Guillermo Cano pour son combat pour la vérité sur le conflit en Tchétchénie et sur Vladimir Poutine, qu’elle ne portait pas vraiment dans son cœur. Cette journaliste s’est servie de sa liberté jusqu’au bout, car, comme le résume Elsa Vidal : « la liberté n’est pas statique, mais le résultat de polémiques et de conflits sans force  ».


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17 réactions à cet article    


  • finael finael 7 mai 2007 11:46

    Mais que veut dire « libre » ?

    Nous l’avons bien vu au moment des « radios libres » et autres médias : Effacement du pouvoir politique au profit (dans les deux sens) du pouvoir économique.

    Est-ce cela la liberté ?

    Etant donné les coûts considérables pour développer un médium « libre », il est facile de deviner ce que signifie « liberté de la presse » (ou des médias). Aux USA 5 groupes contrôlent la totalité des médias nationaux, tous sont liés à des intérêts pétroliers, chimiques, armuriers, ...

    Alors n’envisager la « liberté » que sous la forme de l’indépendance - supposée - par rapport au pouvoir politique me paraît extrèmement réducteur !


    • Mysticlolly Mysticlolly 8 mai 2007 10:50

      « Des puissances financières, comme politiques, font de plus en plus pression. »

      L’auteur n’envisage donc pas l’indépendance de la presse d’un seul point de vue politique mais souligne que celle-ci peut recevoir des pressions de groupes financiers et du pouvoir politique en place smiley


    • finael finael 8 mai 2007 17:36

      @ mysticlolly

      (Décidémment le logiciel d’AV est assez capricieux quand il s’agit de répondre à des commentaires).

      C’est la seule phrase de l’article qui évoque les puissances financières, la quasi-totalité traitant des pressions politiques ainsi que le montrent les exemples (Turkménistan, Russie).

      Il me semble plutôt que l’expression « liberté de la presse » désigne la possibilité d’exprimer une diversité d’opinions. Or toute opinion (y compris celle-ci) est subjective.

      Même en prenant l’hypothèse d’un médium « indépendant », celui-ci tendra à refléter l’opinion de sa rédaction et à passer sous silence les faits ou opinions contraires.

      Il s’agit donc bien de l’expression d’opinions diverses et parfois (souvent) contradictoires. C’est cela qui est extrêmement difficile à réaliser, quel que soit le type de pouvoir.

      Et là on passe à un point de vue beaucoup plus général : celui de l’existence de véritables contre-pouvoirs dans TOUS les domaines de la société.


    • Theoclide 9 mai 2007 11:27

       smileyEn tout cas.. paradoxalement... la presse est plus libre que les journalistes.... Allez faire un tour sur ce site et regardez ce qui s’es réellement passée lors de la détention de Florence Aubenas. Elle est revenue sur ses dires le 3 mai dernier justement...

      http://www.leblogmedias.com/archive/2007/05/03/florence-aubenas-irak-otage-roumains.html ;-)


    • aurelien 7 mai 2007 12:03

      D’après Reporters Sans Frontières :

      La France est passée de la 11e place en 2002 (arrivée au pouvoir de l’UMP) à la 35e place en 2006 dans le classement mondial de la liberté de la presse.

      classement RSF 2002

      classement RSF 2006


      • Forest Ent Forest Ent 7 mai 2007 12:21

        La presse française est tout à fait libre. Mais elle n’est pas du tout indépendante. Voir par là :

        http://forestent.free.fr/

        Il eût été bon que le PS s’en souciât quand il était au pouvoir et avant la dernière semaine de campagne.


        • aurelien 7 mai 2007 12:35

          Je nuancerais : elle est tout à fait « libre » de promouvoir les intérêts (et l’idéologie) de ses financeurs...


        • IP115 8 mai 2007 19:52

          "La presse française est tout à fait libre. Mais elle n’est pas du tout indépendante.

          Je suis tout à fait d’accord avec toi (encore). Contrairement à d’autre pays, en France personne ne peut t’empêcher de faire un journal et de le vendre à qui tu veux.

          Je n’en sais rien (pas plus que vous d’ailleurs) mais cela m’étonnerait que des Arnaud Lagardère (qui n’a même pas le temps de suivre ce qui se passe chez Airbus), des bouygues ou autres se fassent soumettre les unes avant diffusion. Et je n’ai JAMAIS lu ou entendu un journaliste se plaindre directement de pression (même s’il peut y avoir des mots déplacés de temps à autre).

          Certes, un journal est un produit commercial (c’est malheureusement comme ça), alors un patron de presse qui est aussi un chef d’entreprise peut choisir une ligne commerciale ou une autre mais pas certainement pas obliger un journaliste à dire le contraire de ce qu’il pense. Il me semble, par ailleurs qu’il y a suffisamment de journalistes intègres et de personnalités indépendantes pour le dénoncer si c’était le cas.

          De toutes les façons si RSS et/ou les journalistes ne se sentent pas vraiment pas libres de dire ce qu’ils veulent, qui les empêchent de se regrouper pour créer un journal complètement « indépendant » ? On ne peut pas avoir l’argent des financiers pour financer un journal et en même temps se plaindre que le journal appartienne à ce financer ...


        • aurelien 7 mai 2007 14:39

          Quelqu’un connaît-il le nombre de votes blancs ou nuls et leur part dans le scrutin pour les élections présidentielles françaises ?


          • aurelien 8 mai 2007 11:15

            Encore un chiffre dans les médias n’ont pas parlé...

            4,2% de votes blancs ou nuls !

            Plus grand que l’écart entre les deux candidats


          • aurelien 8 mai 2007 11:17

            Je ne croyais pas si bien dire, le 23 avril, en disant que voter blanc c’était voter Sarkozy.


          • ExSam 7 mai 2007 23:52

            Article rappelant une évidence de plus en plus partagée, si l’on observe la défiance grandissante des lecteurs devant la presse et la possession, dénoncée par l’auteur, de médias en nombre de plus en plus important, dans des mains de moins en moins nombreuses.

            Si l’on observe, également, la selection et la mise en avant d’un candidat pour l’élection présidentielle de 2007, évidemment « volée », qui m’inspire ce commentaire en forme de résumé : Medias 1 Démocratie 0

            On lira l’éclairant article de P. Rimbert dans le Monde Diplomatique de ce mois, sur les sociétés de rédacteurs, contruites dans les années 60 et évidemment détruites par les pouvoirs peu après. Elle constituaient, dans le droit fil des ordonnances de 1944, une ouverture sur une presse libre, démocratique, qui contrarie nécessairement le global market qui nous emprisonne lentement mais sûrement.

            http://www.monde-diplomatique.fr/2007/05/


            • chmoll chmoll 8 mai 2007 10:36

              meu si qu’vos bidules vont ètres libre

              parait qu’on a elkhabach ach’ter plusieurs laisse,et des boites de cirages

              mé ké ki peut bien faire avec ça ?,


              • 1jour 8 mai 2007 11:13

                Que nous reste-t-il (à part internet mais pour combien de temps ?) ? le Canard, Marianne... je ne supporte plus « le Monde » et personnellement je ne me suis jamais reconnu dans Libé et ne sais pas où en est à l’heure actuelle ce journal.

                Je pense qu’on serait nombreux, centristes et gens de gauche, à être prêts à payer même cher des journaux ou des hebdos complétement indépendants qui équilibreraient leur comptes sans publicité. Je pense qu’il y à des places à prendre en ce moment. On ne veut plus de ces faux journalistes qui connaissant leurs patrons s’autocensurent en permanence.


                • chmoll chmoll 8 mai 2007 19:14

                  dernière nouvelle, on n’a aperçu elkhabach,prom’ner les cleps a sarko habillé en soubrette

                  si si avec sarko tout est possible


                  • Liberté planétaire Liberté planétaire 11 mai 2007 12:10

                    Il est bon de rappeler que la censure existe officiellement à Monaco et comme les habitant de ce refuge pour milliardaire y sont en quelque sorte habitués, ça ne choque finalement personne. Moi, en revanche, ça me choque toujours.

                    En règle générale, comme pratiquement aucune publication n’est imprimée en Principauté de Monaco, l’interdiction de paraître ne peut s’appliquer. La coutume consiste généralement à « racheter » tous les exemplaires de journaux ou magazines qui contiendraient des propos « désobligeants » envers les membres de la famille princière.

                    Car il faut le dire clairement, la censure monégasque ne vise qu’à protéger l’image des Grimaldi et plus particulièrement celle du prince souverain.

                    La censure a récemment frappé de façon plus sournoise à l’encontre d’un autre type de média : internet. Un petit plaisantin s’est amusé à monter un site satirique brocardant sur un ton humoristique une brochette des personnages politiques les plus caractéristiques, voire les plus pittoresques, en les représentant tous affublés d’un nez rouge de clown. Rien de méchant vu de l’extérieur. Mais il faut croire que ça n’a pas plus à tout le monde et comme règne à Monaco un monopole des télécommunication, le site a été « blacklisté » pour être (théoriquement) inaccessible. En pratique, il est toujours accessible, même depuis Monaco, en passant par un proxy.

                    C’est juste pour dire que ce n’est pas la peine de montrer du doigt le Turkménistan, la Chine ou la Russie. Commençons par regarder à l’intérieur même de l’Europe dite « moderne » et « occidentale ». Avant de regarder la paille qu’il y a dans l’oeil du voisin, il faudrait d’abord enlever la poutre qu’on a dans son propre oeil. Monaco, minuscule enclave indépendante dans le sud-est de la France demeure un exemple où règne la censure et où les gens qui veulent dire « certaines vérités » sont obligés de se cacher, au risque d’avoir de sérieux ennnuis. Car, vous ne le savez peut-être pas, mais à Monaco, le crime de lèse-majesté existe toujours. Au XXIe siècle, ça fait sourire.

                    Ça n’a pas fait rire quelqu’un qui, il y a quelques années, s’est retrouvé en prison ferme pour avoir traité le prince (le précédent, Rainier III) de clown.

                    Pourtant Monaco est un pays paradoxal puisqu’on y trouve facilement Charlie Hebdo, le Canard Enchaîné. A l’heure d’Internet, pas facile de tout contrôler...

                    Pour ceux qui n’auraient pas vu le site « interdit », voici :

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Julie Schneider

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