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La presse stresse à deux vitesses…

Un certain nombre de penseurs estimaient, en leur temps, que la presse était marquée par une forme de division du travail de l’information économique. La presse économique, puisqu’elle informe les cadres et dirigeants d’entreprise, doit refléter fidèlement l’environnement dans lequel les affaires se déroulent. De son côté, la presse "grand public" a pour fonction de transmettre des messages visant à s’assurer que le bon peuple continue à croire dans les vertus de l’idéologie dominante. Le traitement rédactionnel de la crise en cours illustre à merveille cette dichotomie.

Prenons l’exemple des stress tests menés par la Commission européenne et destinés à mesurer la solidité financière des banques européennes. Tandis que la presse "mainstream" relayait les cocoricos de la Commission, les journaux spécialisés en matière d’analyse économique manifestaient leur scepticisme devant ce que le Wall Street Journal qualifiait de "comfort tests" tant les critères retenus pour évaluer les banques européennes étaient conçus pour faire réussir les géants bancaires du Vieux continent. Une semaine plus tard, la presse économique (en l’occurrence, le Financial Times du 3 septembre 2010) révélait que les grandes compagnies de Grande-Bretagne et d’Europe continentale évitaient de traiter avec des banques italiennes, espagnoles et mêmes allemandes dans la mesure où de sérieux doutes subsistaient quant à leur santé financière.

La Libre Belgique titrait, le lundi 6 septembre 2010, sur le fait que la Grèce voyait le bout du tunnel. Et, pour ce faire, relayait l’analyse éclairée et, bien entendu, impartiale du ministre grec des Finances. Le même jour, le Financial Times se montrait des plus sceptiques quant à l’évolution de l’économie grecque. En effet, les taux d’intérêt auxquels les PIGS (Portugal, Irlande, Grèce, Espagne) font aujourd’hui face sont calculés en référence au taux portant sur les obligations allemandes, pays réputé le plus stable financièrement d’Europe et bénéficiant, à ce titre, d’un taux d’intérêt plancher. Et l’on constate que le taux d’intérêt sur les obligations allemandes (maturité : 10 ans) était, le vendredi 3 septembre 2010, de 2,3%. Le taux d’intérêt des obligations grecques était supérieur de 9,4% au taux allemand. Si le taux d’intérêt des obligations allemandes devait remonter dans un avenir proche (à 2,3%, il est ridiculement bas), la Grèce pourrait faire défaut sur sa dette.

En 1934, le cinéaste juif allemand, Robert Siodnak, s’exilait (et pour cause) en France et y tournait un film censé rendre le moral à un pays en proie à une certaine morosité. Son titre ? "La crise est finie".


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1 réactions à cet article    


  • xavier dupret xavier dupret 8 octobre 2010 22:02

    VRAIMENT RIEN CHAROGNARDS

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