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La vérité sur Guy André Kieffer : le temps presse !

Cela fait quatre ans que le journaliste Guy André Kieffer a disparu à Abidjan. En France, sa famille lutte pour que l’on n’oublie pas cet enlèvement et une soirée spéciale lui sera consacrée au théâtre de la Croix-Rousse le 30 mai prochain.

 

par Daniel Dubois de SurfTV.fr

Guy André Kieffer est un journaliste reconnu comme l’un des meilleurs spécialistes de l’Afrique et des réseaux d’affaires qui s’y sont constitués. Disparu sur le parking d’un supermarché d’Abidjan à l’issue d’un guet-apens, il n’est jamais réapparu depuis la date du 16 avril 2004.

"Guy André se sentait surveillé"
A propos du traitement de cette affaire par les autorités françaises, son frère Bernard fait le lien avec l’affaire Borrel à Djibouti. "Dans les deux cas, il s’agit de personnalités ’fouineuses’, dans les deux cas ils ont disparu de manière mystérieuse et pour l’un comme pour l’autre on a fait courir toutes sortes de rumeurs". Mais dans les deux cas aussi "nous avons la chance d’avoir un juge d’instruction particulièrement pugnace et qui ne s’en laisse pas compter". "Guy André se sentait surveillé ; il venait d’effectuer une mission pour le président Gbagbo qui voulait savoir ce qui n’allait pas dans la filière du cacao... après un passage en France, il est retourné à Abidjan pour enquêter pour son compte" (GAK travaillait pour différents journaux dont la lettre du continent Ndlr).

La Françafrique au cœur du dossier
C’est le magistrat parisien Patrick Ramaël qui étudie le dossier de l’affaire Kieffer, le même qui instruit l’affaire Ben Barka et qui tout récemment a "énervé" les autorités en mettant en examen des hautes personnalités du pouvoir marocain. Mystérieusement, ses moyens d’action se sont restreints depuis quelques mois : les policiers affectés à son enquête ont subitement trouvé d’autres occupations plus importantes et il a dû faire appel à des gendarmes. Mais le juge est un "courageux" et la famille a calculé que, depuis qu’il a l’affaire en main, il a passé plusieurs mois dans la capitale de la Côte-d’Ivoire pour étudier le dossier en direct, quelquefois avec une protection de l’ambassade très "légère".

Des éléments nouveaux
Selon toute vraisemblance, Guy André Kieffer, qui venait de terminer un travail d’investigation, aurait mis à jour un vaste réseau de corruption, peut-être lié à la filière du cacao. Selon le site internet Rue 89, "un commando de militaires, proches de la présidence ivoirienne, composés de membres des services de renseignement", serait alors intervenu en lui tendant un piège. "Si le rôle des uns et des autres reste flou, leurs identités sont connues".
C’est au domicile de Michel Legré, beau-frère de Simone Gbagbo (la femme du président de la République), qu’on aurait retrouvé l’ordinateur portable de GAK. Plusieurs membres des services de sécurité ont avoué : l’un, qui s’était réfugié à Paris après avoir tenté un coup d’Etat est toujours emprisonné en France alors que Michel Legré a été libéré.

Nicolas Sarkozy a reçu la famille, mais les intérêts de la France sont très importants en Côte-d’Ivoire
Nicolas Sarkozy s’est engagé auprès de la famille à ce que l’affaire Kieffer ne soit pas oubliée. Mais depuis l’épisode marocain à propos de l’affaire Ben Barka, les relations avec le juge se sont quelque peu refroidies. D’autant que la France a des intérêts très importants en Côte-d’Ivoire et que son ami "Bolloré" (le propriétaire des yachts et autres avions de ses vacances) est l’un des principaux investisseurs du port d’Abidjan.
Dernier élément mis à jour par l’instruction : deux haut fonctionnaires, Nathalie Delapalme, conseillère Afrique de plusieurs anciens ministres des Affaires étrangères et Bruno Joubert, ancien directeur de la stratégie de la DGSE (actuel responsable Afrique du président) n’avaient jamais dit, alors qu’ils ont rencontré la famille, qu’ils étaient présents à Abidjan le 16 avril 2004, jour de l’enlèvement de Guy André Kieffer. "Lorsqu’on lui a demandé ce qu’elle faisait là-bas, Mme Delapalme s’est emportée et nous a dit que cela ne nous concernait pas", indique Bernard Kieffer.

Une association lyonnaise organisera, en lien avec le club de la Presse et Reporters sans frontières une grande soirée le 30 mai au théâtre de la Croix-Rousse. En l’honneur de Guy André Kieffer, parce que pour lui comme pour d’autres (Fred Nerac disparu en Irak par exemple), le temps presse !

www.LYonenFrance.com


Cliquer sur l’image pour voir l’interview de Bernard Kieffer.


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1 réactions à cet article    


  • Soleil2B Soleil2B 23 avril 2008 13:46

    Vous voyez bien, pour intêresser et mobiliser faut s’appeller Betencourt !

    - Pauvre Kieffer !

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