Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Médias > Le blues du journaliste citoyen

Le blues du journaliste citoyen

Cet article est bâti autour de commentaires postés sur AgoraVox, qu'il me semble opportun de mettre en évidence, particulièrement à la veille de la commémoration des dix ans du 11-Septembre.

Nous y sommes : ce sont les dix ans du 11-Septembre. A cette occasion, j'aimerais mener une petite réflexion sur l'une des conséquences sociologiques importantes de cet événement ; ce que l'écrivain italien Roberto Quaglia a qualifié de véritable "schisme" entre "confiants" et "désenchantés". En fait, cette dichotomie a plus généralement pour cause Internet, le web alternatif, et ses sources multiples, mais le 11-Septembre fut incontestablement un moment majeur de l'histoire encore récente du Net. Voici ce qu'explique Quaglia, et que je me permets de citer longuement :

La séparation béante qui est en train de se former au sein de la société occidentale est entre ceux qui ont cessé de croire plus ou moins aveuglément aux informations concoctées par le circuit orthodoxe des médias, et ceux qui, au contraire, continuent d’y croire. C’est là un schisme important, puisqu’il conduit à deux conceptions mentales du monde extraordinairement différentes, à des années-lumière l’une de l’autre. (...)

Nous pourrons, pour le moment, appeler ces deux factions les “Confiants” et les “Désenchantés”.

Jusqu’à quelques années en arrière, nous étions tous plus ou moins “Confiants ; dans notre esprit, ce que nous racontaient les journaux TV ou la presse collait assez fidèlement à la réalité. Nous avions conscience que les informations pouvaient être partiellement manipulées ou censurées, mais nous avions une certaine foi en ceci, que le gros de l’information qui nous atteignait avait une “masse critique” de réalité et que, donc, parmi les inévitables mensonges, ils nous communiquaient quelque chose d’utile et d’important sur les faits de ce monde.

Ce système a littéralement volé en éclats avec les dix premières années d’Internet, et à cause justement d’Internet. (...)

Pendant que les Confiants continuent imperturbablement d’alimenter innocemment l’essence de leur savoir depuis le tube cathodique adoré et parfois dans les titres des journaux qui depuis des dizaines d’années leur tiennent compagnie au petit-déjeuner, les Désenchantés, eux, ont l’impression d’avoir été chassés de l’Eden de l’information “mainstream” des soi-disant vérités auxquelles ils ne parviennent plus à croire.

Pour le Confiant, la vie est plutôt simple : le processus de compréhension et de filtrage de l’information sur les événements du monde est délégué aux journaux télévisés et à sa presse préférée, ce qui lui épargne la fatigue, la perte de temps et le stress de devoir distinguer les informations importantes de celles fallacieuses ou insignifiantes.

Pour le Désenchanté, à l’inverse, les choses se compliquent. Même si Internet véhicule aujourd’hui des informations infiniment plus significatives que les vieux médias, la Toile ne contient pas que cela. À côté d’informations importantes et d’analyses brillantes, on trouve aussi sur Internet une quantité infinie de conneries. De surcroît, les informations utiles sont parfois mélangées aux conneries, et il faut une certaine habileté pour réussir à les extraire et en faire bon usage.

Et puisque le cerveau humain a une forte tendance à généraliser, nombreux sont ceux qui, de la catégorie des Désenchantés, passent à celle des Confiants inconditionnels de toutes les bizarreries qu’ils trouvent sur Internet. (...)

Il est normal que toute personne ayant perdu confiance dans l’information mainstream traverse une phase pendant laquelle elle tend à croire le contraire de ce que l’autorité traîtresse lui communique. Croire le contraire est différent de ne plus croire, et peut conduire à des erreurs grossières. Un exemple emblématique apparu dans les faits divers est celui de ce psychopathe qui a lancé une statuette sur le visage de Berlusconi. Sur Internet, une marée de Désenchantés a immédiatement rempli les forums de discussion, convaincus que tout cet épisode, pourtant bien visible sur les images télé, était une arnaque. (...)

Car de temps en temps, malheureusement, les choses arrivent vraiment comme elles nous sont rapportées. Mais durant son parcours d’émancipation, le Désenchanté est comme un enfant qui traverse sa phase du « non », et son refus de tout ce qui lui parvient de l’autorité est absolu et total. Il est humain que ce type de phénomène survienne, après tout, de la même façon que l’enfant doit franchir cette phase du « non », l’adulte Désenchanté lui aussi doit se libérer de ce nouvel « esclavage ». Car si auparavant c’était un esclave prêt à croire tout ce qu’on lui racontait, c’est maintenant un esclave porté à croire le contraire de ce qu’on lui dit. Mais c’est toujours un esclave. Esclave de l’irréalité. Le Désenchanté doit parvenir à choisir la vision de la réalité la plus plausible, la plus probable, et chaque fois, de manière critique et pondérée. Et les idées préconçues ne l’aident pas dans ce processus.

Voici encore un extrait de la seconde partie de son article :

L’univers d’Internet a donc modifié en profondeur le paradigme de la circulation de l’information. Et beaucoup de « Confiants » ont du mal à s’habituer à ce nouveau paradigme.

Avant l’Internet, les choses étaient plus faciles. Pas la peine de trop réfléchir. Les informations nous parvenaient de sources « d’autorité » comme les télévisions et la presse écrite, et même si les opinions exprimées étaient divergentes, il demeurait une certaine cohérence dans les faits relatés. S’il y avait une guerre, on disait qu’il y avait une guerre. Ou à la limite, une Mission de Paix, le synonyme hypocrite de plus en plus en vogue depuis que l’Occident a adopté la « nov-langue » d’Orwell. Pour rester informé, il suffisait alors de croire ce que l’on entendait ou lisait.

Mais depuis qu’Internet a multiplié à l’infini les « sources » d’information, on a découvert que les faits sont souvent dramatiquement différents de ce que nous en rapportaient les médias traditionnels. Cependant, sur Internet, toutes les sources ne sont pas fiables. Il y en a tout simplement trop pour qu’elles puissent toutes être dignes de foi. Croire ce qu’on entend ou ce qu’on lit ne suffit plus. Il faut réfléchir. Discerner. Extraire. En plus du travail intellectuel, cela nécessite du temps et de l’attention. Pris par les vicissitudes quotidiennes, nombreux sont ceux qui n’en ont pas suffisamment. Et pour éviter de bouleverser leurs certitudes et leurs habitudes, ils restent Confiants envers l’ancien système. À court terme, c’est indubitablement plus pratique.

Le point fondamental que je souhaiterais souligner dans ce texte qui se suffit à lui-même, c'est le piège dans lequel tombent nombre de "désenchantés", dans leur phase enfantine du "non", qui parfois s'éternise, et qui les rend tout aussi esclaves que les "confiants". Ils ne croient plus la télévision, mais ils croient d'autres sources underground. Or, Quaglia le dit, il ne s'agit plus de croire. Mais de juger, sans cesse, et recommencer, toujours, sans jamais se reposer dans le préjugé et les certitudes reposantes. Telle pourrait être la sagesse que nous proposerait Internet. Mais de toute évidence, cette conduite constitue un idéal, peu réalisable par des hommes qui restent souvent des êtres de croyance, et qui, faute de comprendre - et de prendre le temps, si long et parfois sans fin, de la connaissance -, préfèrent croire tout de suite, sur la base de quelques arguments plus ou moins solides glanés ici ou là sur le web. Devant leur télévision ou Internet, le plupart des hommes restent des "confiants" et des "esclaves" - seule l'autorité à laquelle ils se fient change. Les "désenchantés", que Quaglia appelle au discernement permanent, sont ce que j'appellerais des sceptiques - qui ont donc rejeté toute pensée dogmatique - et qui évoluent dans l'univers du vraisemblable, non du certain. La pensée sceptique est source de tolérance et de conversation, quand la pensée dogmatique ou "confiante" est source de discorde et de haine.

Le 11-Septembre fut pour beaucoup l'occasion d'un basculement, de la catégorie de "confiants" à celle... de nouveaux "confiants", lorsqu'ils adhérèrent sans broncher à quelque théorie alternative (que rien pourtant ne prouvait absolument), mais aussi, heureusement parfois, à celle de "désenchantés", dont on aura compris que c'est une position beaucoup plus difficile à tenir, et donc rare, que la première, car elle induit au fond une véritable sagesse (un exercice permanent du jugement que l'on peut voir à l'oeuvre dans les Essais de Montaigne, qui furent écrits à une époque de grands bouleversements et de remises en question, suite à la découverte du Nouveau Monde, comme nous-mêmes pouvons parfois être chamboulés par les "nouveaux mondes" dont le web nous ouvre les portes). Les "désenchantés" comprirent que la réalité était probablement plus complexe que celle que les grands médias leur livraient. Mais au-delà du 11-Septembre, et même parfois indépendamment de lui (car certains "désenchantés" peuvent être restés "confiants" sur ce sujet), c'est sur d'innombrables objets d'actualité que le gouffre se creusa entre grands médias et web, et que des interprétations variées, voire aux antipodes l'une de l'autre, virent le jour. Il n'est qu'à penser à la guerre en Libye : guerre humanitaire pour les uns, guerre impériale pour les autres.

Le web alternatif attire des individus qui ont cessé d'être "confiants", au sens traditionnel, et qui, "nouveaux confiants" ou "désenchantés", développent des visions du monde de plus en plus éloignées de celle du commun des mortels, dont la sacro-sainte télévision demeure la référence. Etre un "désenchanté" ou un "nouveau confiant" peut rendre heureux, car on se sent plus intelligent et lucide que la masse ; mais cela peut aussi rapidement rendre malheureux, car on peut se sentir isolé dans le monde réel (offline). De tels témoignages m'ont marqué, à la fois sur AgoraVox et AgoraVox TV. Sur AgoraVox, c'est précisément sous un article de Michel Collon sur la Libye qu'un fil de discussion initié par Ariane Walter révéla ce double sentiment :

M. Collon,

Le problème qui se pose est le suivant.

Sur le net et ici, sur agoravox, il y a une élite aristocratique, cette expression n’étant pas ironique, qui est au courant des réalités politiques de ce temps. De la véritable personnalité de M. Obama. Des véritables raisons de la guerre en Libye. De ce qu’était réellement la Libye de Kadhafi. Des exactions monstrueuses et dévastatrices des bourses et des banques.

Mais autour de nous, peanuts.
Le grand problème qui agite la masse des Français est de savoir s’ils vont voter UMP ou PS. Que les deux représentent les mêmes folies, ils n’en sont même pas là.
Pour eux, Obama est un brave homme qui fait ce qu’il peut et l’attaque en Libye une nécessité humanitaire.

ce sont des ignares. Aussi ignares que ceux qui n’allaient pas à l’école autrefois.
Internet joue, on ne le dira jamais assez, et de plus en plus sur facebook, même, un rôle informateur de premier plan. (...)

Votre article est très bien. mais j’en ai lu bcp, de grande qualité sur ce site. mais nous nous lisons, souvent, entre nous.
Le grand public est à l’écart de ces vérités élémentaires.
J’espère que la campagne présidentielle permettra enfin d’amener ce que nous disons entre nous aux oreilles de tous.

De nombreuses réactions vinrent appuyer ces propos, comme celle de "cogno3" :

Tout à fait, je le vois très bien dans mon entourage, sur mon lieu de travail... c’est le néant.
Et tenter de leur expliquer un minimum est un coup à passer pour une andouille parano tellement ils sont à 1000 lieues de tout cela.
Y a des fois ou j’ai envie de leur filer des baffes tous autant qu’ils sont.

Ou encore celle de "Scual" :

Effectivement la situation est catastrophique en ce qui concerne l’information.

Le pire c’est que c’est absolument pas une question de politique. Plutôt que de me faire cataloguer, je n’expose que des faits avérés en espérant qu’ils entraineront les mêmes conclusions que les miennes... tu parles !

On ne me croit pas et c’est tout. Plus j’en dis et moins je suis crédible. Tout ce que je peux dire n’est pas cru si ça n’a pas été dit précédemment à la télé. Plus c’est grave, moins le fait d’avoir été "caché" par la télé est crédible à leurs yeux et donc plus je suis "fou".

La plupart des gens pensent probablement que je serais resté coincé au stade d’ado rebelle anti-système... jamais ils n’accepteront de se remettre en question au point de se rendre compte que c’est eux qui sont retourné au stade de petits enfants qui obéissent bien et croient tout ce que disent les "grands".

"StabilobOos" répond aux deux commentaires précités et appuie le même constat : tenter de parler aux "autres", aux "confiants", de ce qu'on a appris dans le monde virtuel, c'est prendre le risque de se faire moquer, voire traiter de dingue. La mise à l'écart - tant redoutée par tout homme - n'est pas loin, et l'on en vient à cacher ce que l'on pense vraiment :

@ArianeWalter :
Je me retrouve tout à fait dans le désespoir que je lis dans votre post. Et j’apprécie particulierement que vous parliez de ce point précis.

@Cogno :
J’ai bien l’impression que vous parlez de mon quotidien...

Plus le temps passe, plus je me radicalise... disons que j’en suis à vivre en 1984, où je cache mes idées pour pas me faire embarquer par la police de la pensée, qui vous met pas (encore) en cabane, mais qui hésite pas à vous reléguer chez les débiles paranos.
Il m’est malgré tout difficile de vivre normalement parmis les zombis que j’ai de plus en plus de mal à respecter en tant qu’individu.

A quoi ca sert alors tout ce cirque ?
Au moins, je sais que je ne suis pas seul à avoir pris la pilule rouge.

Bon, c’est vrai, aujourd’hui, ma jauge d’espoir est au plus bas.... j’ai beau tapoter dessus, ca bouge pas. On verra demain. Au pire, au final, je la remplirai avec de la rage.

Même réaction chez "Bernie" :

Moi aussi, je me tais, la plupart du temps, je ne distille qu’un peu des infos que je connais, et surtout que je pense maîtriser, sous peine de regards hallucinés et mise au ban. Alors Winston de 1984 ? obligé de garder ses pensées subversives pour lui, car pour les autres, la guerre c’est la paix ?

La réaction que décrivent tous ces commentateurs est ce que la sociologue Elisabeth Noelle-Neumann a conceptualisé sous le nom de "spirale du silence". Chacun d'entre nous est doté d'une sorte de sixième sens qui lui permet, en permanence, de jauger quelle opinion est dominante autour de lui, dans son environnement : si nous nous sentons dans la majorité, nous parlons haut et fort ; si nous pensons être dans la minorité, nous avons tendance à nous taire (ce modèle est surtout valable lorsque l'on aborde des questions politiques et sociales dites "sensibles"). Internet et son anonymat permettent de contourner cette spirale du silence, mais, dans le monde physique, sa pression se fait sentir immuablement.

JPEG - 32.3 ko
« Variation sur l’incompréhension » - Emmanuel Bénard

Un autre fil de discussion intéressant a été initié par "bebol" le 25 février 2011 sur AgoraVox TV, qui exprime ce même sentiment de désespoir lorsque l'on doit discuter avec les autres de ses convictions nouvellement acquises sur le web, et que l'on constate leur inertie, leur peu d'intérêt pour les choses du monde, et ce qui sort des sentiers battus.

"Slim Gaigi" apporte cette contribution :

J’ai eu le même genre d’expérience évidemment.

Mais plutôt que de m’insurger devant cet abandon de la quête de vérité personnelle, je me suis posé la question : pourquoi est-ce si difficile pour beaucoup de gens de changer d’opinion alors même qu’ils admettent tous les présupposés censés aboutir à la conclusion ?

En fait je ne les condamne plus comme je le faisais car j’ai compris qu’ils sont avant tout des victimes du système et que par conséquent, les culpabiliser ou leur reprocher leur aveuglement est inutile voire contre productif.

Alors oui c’est rageant de se trouver confronté à un mur d’incohérence et à la réaction de l’autruche, mais c’est trop facile de dire qu’ils ne veulent pas comprendre ; comprendre est difficile, pas parce que c’est forcément complexe, mais parce que ça implique parfois de grands bouleversements internes, en terme de valeurs, d’enjeux et de vision du monde.

Changer, ça fait peur et c’est difficile. D’autant que certains changements sont diabolisés (ex : parler du 11 septembre en remettant la théorie officielle en cause et les incultes ou malhonnêtes rappliquent avec le sticker "complotiste-négationniste-antisémite" !).

Bref, il faut avoir de la patience et de la compréhension pour deux dans ces cas là ; et si ça paraît paternaliste, ça n’est pas grave, moi j’ai pu changer donc il faut se dire que c’est possible mais que ça prend du temps...

A quoi "bebol" répond :

Je désespère réellement de faire comprendre autour de moi des choses qui semblent tellement claires à mes yeux.
 
Je peux d’ailleurs dire que je suis le cas même de celui qui a cherché à ouvrir ses yeux volontairement, il y a quelques années (car je "sentais" qu’il me fallait autre chose...) et sans l’aide d’autrui autour de moi ; internet est à ce titre l’outil le plus formidable qui soit pour pouvoir découvrir tant d’autres pensées, tant d’autres compréhensions du monde que celles emballées si joliment à la télévision ou dans les journaux. Je peux donc aisément dire que tout remettre en cause, se remettre en cause n’est pas évident... Mais c’est faisable et, bien évidemment, je suis bien loin d’être un cas isolé.
 
Je continue donc à penser que, pour une grande majorité, c’est le choix de la facilité, le choix de la mollesse, le choix d’être cocoonnée plutôt que se retrouvé nue face à une réalité froide et brutale qui la guide et non une désinformation constante qui la manipulerait sournoisement, sans qu’elle n’en sache rien.

"Mahalmort" renchérit :

J’habite en Suisse et je vous rejoins dans le fait qu’il est extrêmement difficile pour les gens que de ne pas s’enfermer dans leurs certitudes, je discute avec beaucoup de personnes, jeunes, 40aine, âgées, de tout bord politique confondu et de n’importe quelle condition sociale, il faut savoir que le problème majeur de l’incompréhension à laquelle on se heurte est le manque de ces personnes de vision globale et d’en faire la synthèse la plus juste possible par manque essentiel d’élément qu’ils ignorent.

La faute principale est le facteur temps, en effet, s’informer prend du temps, et réfléchir est aujourd’hui un luxe, ma "chance" est que je suis indépendant, célibataire et que j’ai du temps pour m’informer, ce qui n’est pas le cas des gens qui ont une famille, un travail, et dont le peu de temps de loisir est consacré à autre chose que la volonté de découvrir que tout le monde (humain) qui les entoure n’est que mensonges et illusions, ils préfèrent s’adonner au sport (devant la télévision souvent), et le résultat des équipes de football locales est un sujet autrement mieux prisé que de discuter des fondements réels de nos sociétés, mais ce n’est pas nouveau ce concept du pain et des jeux. Tant que les personnes ne seront pas directement touchées par le système, elles ne se sentiront pas le besoin d’en sortir.

De plus, l’humain à horreur de la solitude en général, et donc, la plupart des gens ne veulent pas se marginaliser donc adhèrent avec conviction ou pas aux idées courantes du moment. Rare sont ceux qui disent publiquement ce qu’elles pensent etc. Je comprends parfaitement leur position puisque mon parcours personnel et affectif m’a isolé de la "masse" dont je faisais partie et donc je viens de cette même masse lobotomisée et manipulée, je peux donc comprendre les positions de ceux qui ne veulent pas en sortir, et ceux qui se sont "réveillés", pour ma part le réveil s’est fait dans la souffrance à partir du deuil de ma femme à l’âge de 23 ans, en 1995, je me suis retrouvé isolé et sans ami pendant longtemps, le net m’a appris à apprendre. Et depuis lors, je n’ai de cesse de vouloir apprendre encore et encore sur un maximum de sujets possibles et imaginables, afin de comprendre au mieux le monde dans lequel on vit.

Malheureusement grande est ma frustration lors de discussions avec mes semblables que lorsque un sujet porte sur la géopolitique, la finance et les réalités en somme de notre monde et comment le système fonctionne, de découvrir l’ignorance de la plupart de mes interlocuteurs qui se permettent de surcroit de me traiter avec mépris de paranoïaque, de complotiste, ou de doux rêveur, un comble venant de personnes ne maîtrisant pas les paramètres essentiels des sujets qu’il croient connaître parce qu’ils ont "lu la presse" ou "vu à la tv". Je n’ai pas de prétention particulière, aussi je les laisse à regret dans leur ignorance, me contentant de leur fournir quelques "clés" pour améliorer leurs connaissances si ils le souhaitent, mais j’ai aussi constaté que ces discussions provoquent l’ennui et bien vite le foot ou les blagues salaces reprennent le dessus sur le quart d’heure de "sérieux" de la soirée entre amis autour d’une table ou un repas. Décourageant certes, mais pour ma part, je ne cesserai d’apprendre et de vouloir approfondir mes connaissance que lorsque je serai mort....

Tous ces témoignages disent, en gros, la même chose, ils décrivent tous la même expérience. La fréquentation d'Internet permettrait une meilleure connaissance du monde, un meilleur décryptage de l'actualité, mais, dans la mesure où cette pratique demande du temps et un désir que tout le monde n'a pas, dans la mesure donc où elle reste - et restera - marginale, ceux qui ont l'impression de s'être éveillés par le Net ne peuvent que très difficilement partager leurs vues avec leur entourage, qui s'informe autrement et plus rapidement, et ne vit pas dans le même monde finalement. S'ils le tentent, ils s'exposent aux moqueries, voire au rejet.

Il faut noter, dans la plupart des témoignages, un léger sentiment de supériorité qui se dégage, et ce sentiment est à maîtriser si l'on ne veut pas tomber dans le dogmatisme et la catégorie peu envieuse des "nouveaux confiants", qui reproduisent les erreurs des "confiants" traditionnels, avec cette conviction toujours dangereuse que l'on est un initié, que le Net nous a permis une bonne fois pour toutes de comprendre une vérité cachée.

Comme le dit sagement "diogene" dans le fil de discussion d'AgoraVox :

Parfois, certains pensent être les seuls à "comprendre" ce qui se passe. Pour ma part je n’oserais pas trop m’avancer sur ce terrain. Je me suis toujours méfié de "ceux qui savent mieux que les autres".

En effet, prétendre tout savoir mieux que tout le monde, parce qu'on se considère comme un initié, mène vite au sectarisme, à l'intolérance, à toujours plus de radicalité. Et d'aucuns, qui, dans la vie courante, sont perçus comme des radicaux, en viennent à passer pour d'horribles conformistes, voire des "collabos", lorsqu'ils s'expriment sur des forums où des esprits sectaires et sûrs d'eux-mêmes font la loi. C'est ce qu'exprime "Jean Valjean" :

Dans la vie de tous les jours je passe pour un affreux conspirationniste anti-occidental car je remets quotidiennement en cause la propagande des médias dominants.
Et sur Agoravox (TV) parce que je ne crois pas à leur propagande aussi paranoïaque que délirante, je passe pour un Sioniste sataniste talmudique, car ici les trois quarts de gens sont disciples de Dieudo/Soral.

Bref, devant Pujadas sur TF1 comme devant Dieudo ou Soral sur AgoraTV, qu’il soit blanc ou noir, un mouton reste un mouton !

Cette dernière pique est fort juste : on peut regretter en effet que certains, qui fuient le conformisme, voire le sectarisme (dans certains cas) des grands médias, reproduisent sur des médias alternatifs ces mêmes travers. Ils fuient un conformisme pour en créer un autre. Ils dénoncent une certaine intolérance pour en exercer eux-mêmes une autre. Et le diabolisé de la télé (ici Soral ou Dieudo) devient la référence obligée devant laquelle il faut faire allégeance, sous peine d'une démolition en règle.

Ainsi, dans les grands médias, un contestataire de la version officielle du 11-Septembre sera vite traité de "négationniste", d'esprit dérangé, de criminel en puissance... mais sur le web alternatif, un défenseur de la version officielle se fera aussi maltraiter, c'est à peine s'il pourra s'exprimer. Son propos sera immédiatement "moinssé", attaqué, ridiculisé... et, selon la logique de la spirale du silence, il sera poussé à se taire (à moins d'être masochiste ou indifférent au lynchage). Notons, bien entendu, que les défenseurs de la version officielle, même s'ils sont minoritaires sur le web alternatif, n'hésitent pas non plus à "moinsser", à railler, à troller... tout propos qui leur déplaît. Bref, à la télévision ou sur Internet, c'est l'homme lui-même qui semble coupable, c'est son désir d'écraser l'autre, qui ne pense pas comme lui, qui a l'outrecuidance d'avoir un point de vue différent.

Blaise Pascal avait tout résumé dans le fragment 509 de ses Pensées : "En un mot, le moi a deux qualités : il est injuste en soi en ce qu'il se fait le centre de tout ; il est incommode aux autres en ce qu'il les veut asservir, car chaque moi est l'ennemi et voudrait être le tyran de tous les autres." Rares sont ceux qui résistent à cette passion d'asservir, à cette folie de vouloir réduire l'autre au même.

Ainsi, il n'est pas rare de remarquer qu'un article objectivement bon, mais qui défend une opinion minoritaire, est mal voté, tandis qu'un article objectivement plus faible, mais défendant une opinion majoritaire, est bien voté. Autrement dit, on valorise, non tant celui qui fait un effort pour produire un argumentaire de qualité, quitte à défendre in fine une opinion qui déplaît, que celui qui défend, même de façon rudimentaire, l'opinion que le groupe dominant veut voir partout triompher. Or, il me semble que, dans un espace qui vise à redonner du sens au débat démocratique, c'est la qualité qui devrait primer, et non la seule opinion défendue. Celui qui n'a pas la passion de dominer l'autre, mais qui aspire à faire vivre la démocratie et son débat contradictoire, devrait davantage se réjouir d'un bon article le contrariant, que d'un mauvais le confortant dans son idée.

En fait, deux logiques sont possibles, et les deux peuvent évidemment coexister sur Internet. La première est celle des sites communautaires, partisans, militants, qui défendent souvent des positions peu présentes dans les médias dominants, et qui, sur Internet, prennent leur revanche. Sur ces sites, on fait de la contre-information, on a une ligne bien précise, on cherche par tous les moyens à faire la promotion de certaines opinions, et on en combat systématiquement d'autres ; on laisse peu s'exprimer les détracteurs dans les forums, qui sont très mal venus, lorsqu'ils ne sont pas tout bonnement chassés, histoire de créer une unanimité de façade. La seconde logique est celle, beaucoup plus rare et précieuse à mes yeux, qui devrait régner sur un site citoyen et "anti-communautariste" comme AgoraVox, consistant à défendre le pluralisme et la qualité, sans qu'aucun groupe ne prétende réduire au silence ceux qu'il considère comme ses adversaires. Bien sûr, des groupes idéologiques seront, de facto, dominants, mais ils devraient avoir la sagesse de ne pas vouloir écraser les minoritaires. Débattre, se combattre, arguments à l'appui, certes, mais résister à la tentation "fascisante" (que chacun porte en soi) consistant à vouloir annihiler toute différence trop gênante.

Ce voeux est utopique, mais sans cette utopie profondément ancrée en nous, je crains que le web alternatif ne vaille plus rien. Il aura reproduit la "pensée unique" et le "terrorisme intellectuel" inhérents aux médias dominants. Le web ne vaut que s'il permet de rompre avec ces dérives anti-démocratiques. Et l'agora numérique où nous sommes ne doit jamais céder devant quelque clan que ce soit, elle doit assurer à chacun le pouvoir de s'exprimer en toute sûreté, sous la critique, mais non sous la pression. Internet est un bel outil, qui, sans la sagesse individuelle de ses utilisateurs, ne vaut rien. Internet n'a aucun pouvoir magique. Il ne vaut que si son utilisation s'accompagne d'une prise de conscience et d'une révolution intérieure en chacun de nous. A cette seule condition, Internet pourra devenir un instrument décisif dans la construction d'une démocratie réelle et vivante.


Moyenne des avis sur cet article :  4.67/5   (98 votes)




Réagissez à l'article

91 réactions à cet article    


  • Xtf17 xtf17 10 septembre 2011 12:04

    Excellent article, je trouve cette analyse synthétique très juste. Merci pour ce bon moment de lecture et de réflexion.
    L’exercice de la liberté provoque irrémédiablement un vertige. Qui peut faire peur ou bien enivrer.
    Je pense que c’est cette sensation, inconfortable car métastable (le vertige du vide, de l’exclusion, ou plutôt le face à face du zéro et de l’infini, de notre individualité face à la foule ?) que beaucoup ressentent consciemment ou non, que certains acceptent et développent, et que beaucoup fuient. Parfois les deux à la fois. La peur n’est pas honteuse. Finalement tout comme la liberté c’est aussi un sentiment humain non ?
    Mais mon choix personnel est fait : à la question « qu’est-ce que je vais faire dans ma vie ? » je répondrai « Je fais ce que je veux, je le fais bien, car c’est ce que je veux ».
    Et le sain(t) doute (pas le saindoux hein !) est un excellent moteur il me semble !


    • L'enfoiré L’enfoiré 11 septembre 2011 16:34

      Et pourquoi pas une fiction qui a trait justement avec les journalistes citoyens : « Du rififi aux forums ». L’histoire est en route. 12ème chapitre, actuellement. La suite arrive... smiley


    • Emmanuel Aguéra LeManu 12 septembre 2011 09:57

      Et le militantisme dans tout ça ? Partager, persuader est-il devenu si réducteur ? A quoi servirait d’être intimement convaincu d’une idée si l’on devait la conserver pour soi en société ?
      Avant de le goûter on est bien obligé de mettre un peu de tout dans le bouillon, et si les vérités de certains rencontrent les délires de certains autres, tant mieux.

      L’intelligence qu’on investit dans un billet ou celle qu’on en ressortira seront nécessairement empreintes du matériau duquel nous sommes déjà chacun faits. Encore plus vrai pour les interprétations. Alors lit-on une opinion pour étayer la sienne propre ? N’en trions-nous pas la substance pour l’adapter à nos à-priori personnels, ou au contraire rassemblons-nous « en toute objectivité » un faisceau d’informations, bien souvent contradictoires, pour nous forger une opinion que nous saurions évolutive et dont une prochaine information pourrait illico nous éloigner ?

      La réponse serait facile si l’homme était une machine. Mais ce n’est pas le cas
      .
      L’illusoire vœu pieu de l’objectivité n’est pas un sujet (évidemment pas dans cet article dont c’est précisément l’objet !), il en est le contexte. Un contexte. Si y aspirer est louable, la regretter est sinon coupable, du moins puéril, ou bien naïf, pour être gentil. On rêve tous d’un monde meilleur, mais faut-il fermer sa gueule et taire ses convictions au nom de la pluralité et de la conscience de la réciprocité des point-de vue (Pujadas sur TF1 Vs Dieudo sur Avox...) et du fait que l’on restera toujours le mouton de l’autre ?

      Eh ben merde, NON. Je milite et j’emmerde TF1. Et bien d’autres.


    • Emmanuel Aguéra LeManu 12 septembre 2011 09:59

      J’oubliais : merci de ce pertinent billet.


    • Mordius 10 septembre 2011 12:06

      Cela fait du bien de voir que l’on n’est pas le seul à prêcher dans le vide et être pris pour un débile. Moi cela fait des années, mais j’arrive petit à petit à faire quand même ouvrir les yeux de certaines personnes : à force de montrer que ce que j’avais dis se réalise ou se vérifie.

      Par exemple, concernant la dette du pays (dont je suis l’évolution depuis plus de vingt ans : je n’est donc pas découvert ce problème !) j’ai dans mon porte-feuille une page de l’impôt sur le revenu de 2010. Quand donc je parle des déficits de l’état français, je demande aux personnes en face de moi quel est ,selon eux, le déficit de l’état Français en 2010 (ou du moins le déficit budgété) la réponse est toujours correspondant à ce que l’on entend à la télé : soit de l’ordre de 6%, et ma question suivante est 6% de quoi, la réponse arrive difficilement soit du « PIB » quand ils s’en rappellent (de mémoire le journaliste a du dire ça !) Or ce déficit en fonction du PIB n’est que de l’enfumage : c’est comparer un déficit d’une personne par rapport à la richesse généré dans la ville où l’on habite. Le déficit qu’avait budgété l’état Français en 2010 était de 55,5% !. D’où les cris, « mais tu dis n’importe quoi ! » .......
      A ce moment là je sort la page de l’impôt sur le revenu où se trouve un tableau et un camembert, soit un bilan des recettes et des dépenses et un graphisme de la ventilation des dépenses. Et là ma phrase est : tu sais faire un calcul (de façon à le prendre pour un idiot : retour à l’envoyeur !- Donc, fait la division des dépenses sur les recettes !!!!! Là ils sont bouche baie. Mais là où sa fait le plus mal, c’est quand je leur dit qu’ils reçoivent cela toutes le années et que maintenant, ils ne pourront pas dire qu’il ne savaient pas !.
      Et souvent je peux enchainer par l’évocation de la loi Pompidou de 1973 et expliquer le pourquoi du montant la dette actuelle .....
      Conclusion : il faut faire comme les journaux, mais en plus prouver par des éléments diffusés par des organismes officiels. Comme le font les auteurs sur internet et non les journaleux des merdias : il faut donner des liens ou des éléments pour prouver ce que l’on avance !


      • xray 11 septembre 2011 03:09


        Le 9/11, un grand mensonge journalistique. 

        Le 9 11
        Une opération menée par l’armée américaine
        http://mondehypocrite501.hautetfort.com/ 



      • Croa Croa 11 septembre 2011 11:42

        Rapport à Xray (Sa réaction n’a rien à voir avec celle de Mordius)

        Le 11 semptembre (2001, importante précision oublié car il existe un 11/9/1973), est symptomatique : La désinformation semble bien partagée !

        Version officielle : Les faits sont peu contestables, mais transformé en propagande grossière par les médias (victimisation de l’Amérique, diabolisation de l’Islam avec commémorations et tout). Sociologiquement ça ne tient pas debout. -

        Version de Xray : Qui conteste carrément les faits. Techniquement ça ne tient pas debout.

        La vérité est autre. Ces attentats révèlent un niveau de haine à propos de laquelle l’Amérique aurait dûe se poser des questions. Bizarrement personne n’en parle ainsi, la vérité est-elle donc si difficile à admettre ? smiley

        La recherche de la vérité n’est pas si difficile que ça à trouver si on commence par éliminer tout ce qui ne tient pas debout !


      • L'enfoiré L’enfoiré 12 septembre 2011 10:44

        Cher Mordius,
         Les dettes, ce n’est pas grave, du moment où elles sont planifiées pour un projet créateur de bien-être ou comme effet de levier à la création d’un mieux vivre ou d’un « return on investment » positif. (Désolé pour le jargon de circonstance.).
         Si c’est à fonds perdus, alors là, on est perdant. Le PIB n’est rien s’il n’est pas accompagné du BIB (Bonheur Intérieur Brut). smiley
         


      • Mordius 10 septembre 2011 12:08

        Eu ! pardon pour les fautes d’orthographes, une relecture aurait été nécessaire !


        • Croa Croa 11 septembre 2011 17:38

          Personne n’avait rien vu !  smiley

          Tout le monde en fait ! Je te conseille Firefox+Dictionnaire Français, ce qui en laisse mais ça procure un certain confort. Ceci dit la faute postée, inutile d’encombrer le forum avec des excuses....

          On remarque que c’est toujours les intervenants opposés sur le fond qui trouvent les fautes des autres, donc pas de complexe à avoir !


        • jacques jacques 10 septembre 2011 12:42

          Pour avoir discuté autour de moi ,la réalité est un peu différente .Les gens ne sont par duaux je crois ,je ne crois pas ,il existe une autre catégorie (assez nombreuse) qui pourrait se résumer à «  » je sais qu’on m’enfume mais ce qu’ils ne savent pas c’est que je m’en fout,d’ailleur je ne vote même pas tellement que ça me passe au dessus «  ».Pour les déceler parmi ceux qui croient il faut y aller doucement,ne pas vouloir tout leur expliquer, les laisser parler ,les écouter et vous verrez qu’ils ne sont pas dupes mais contrairement à « ces choses qui nous échappent, faisons semblant d’en être l’instigateur... » eux se serait plutôt « ces choses qui nous échappent, faisons semblant d’y croire... » .
          Ce n’est pas de la lâcheté ou autre mais de la lassitude face à ceux qui ont toujours raison.


          • oncle archibald 10 septembre 2011 12:49

            « Il est démontré, disait-il, que les choses ne peuvent être autrement : car, tout étant fait pour une fin, tout est nécessairement pour la meilleure fin. Remarquez bien que les nez ont été faits pour porter des lunettes, aussi avons-nous des lunettes. Les jambes sont visiblement instituées pour être chaussées, et nous avons des chausses. Les pierres ont été formées pour être taillées, et pour en faire des châteaux, aussi monseigneur a un très beau château ; le plus grand baron de la province doit être le mieux logé ; et, les cochons étant faits pour être mangés, nous mangeons du porc toute l’année : par conséquent, ceux qui ont avancé que tout est bien ont dit une sottise ; il fallait dire que tout est au mieux. »

            Candide écoutait attentivement, et croyait innocemment ; car il trouvait Mlle Cunégonde extrêmement belle, quoiqu’il ne prît jamais la hardiesse de le lui dire. Il concluait qu’après le bonheur d’être né baron de Thunder-ten-tronckh, le second degré de bonheur était d’être Mlle Cunégonde ; le troisième, de la voir tous les jours ; et le quatrième, d’entendre maître Pangloss, le plus grand philosophe de la province, et par conséquent de toute la terre.

            Pangloss disait quelquefois à Candide : « Tous les événements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles ; car enfin, si vous n’aviez pas été chassé d’un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l’amour de Mlle Cunégonde, si vous n’aviez pas été mis à l’Inquisition, si vous n’aviez pas couru l’Amérique à pied, si vous n’aviez pas donné un bon coup d’épée au baron, si vous n’aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d’Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches.
            - Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. »


          • jacques jacques 10 septembre 2011 13:06

            Un autre point me surprend dans votre article ,c’est à propos de Dieudonné et Soral ou vous parlez d’allégeance .J’apprécie les spectacles de Dieudonné mais peu ses autres actions que je trouve brouillonnes et peu abouties ,J’ai écouté Soral que j’ai trouvé sans grand intérêt et trop binaire(mais quand même sans aucune mesure d’avec les pseudos débats du type c’est dans l’air).
            S’ils trouvent un écho sur internet c’est que leurs talents méritent mieux que la confidentialité de sites sur la toile tels que Agoravox/tv, collon ,voltaire,etc...car ces sites sont quand même peu connu et n’ont pas le trafic de sites comme 20MN ,Le Monde ,Le Post.


          • jacques jacques 10 septembre 2011 13:11

            @Par oncle archibald (xxx.xxx.xxx.178) 10 septembre 12:49--- pas mal de rameuter Voltaire ,ça ma fait plaisir de relire ce passage.

            Mais ils ne sont pas Candides mais au delà de désabusés.


          • Aafrit Aafrit 10 septembre 2011 14:17

            Je crois qu’on n’est plus dans la pensée unique (je parle d’internet bien sûr où l’on a une grande avance sur les médias main-stream). Je dirais même plus, sur internet on est dans une phase où les pro VO et autres manipulateurs auraient inflitré et investi les réseaux des gens qui ne croient pas aux VO (appelés communément les conspis) dans le but de ridiculser leurs thèses en envoyant des trucs farfelus.
            Face au poids qu’exercent les grands médias sur ces réseaux (structurés ou pas) avant même que d’autres médias fassent un contre-poids) on s’attendra, dans un futur proche, à ce qu’il y ait des schismes au sein de ces groupes (autrement dit, ces groupes de personnes ont intéret à se démarquer et à prendre leur distance) ainsi que l’apparition à des nouvelles appellations genre : conspirationniste modéré/conspirationniste extrémiste..etc, etc.

            Dans un monde pareil et avec de telles données, Schopenhaur n’oserait jamais dire :"« Toute vérité franchit trois étapes. D’abord elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence. »

            Qui sera crédible en pesant de tout son poids afin que les choses s’inversent ?
             J’aimerais bien assister à ça , le moment où les sceptiques n’épargneront aucun effort pour catégoriser les proVO d’aujourd’hui de pro VO modérés/pro VO extrémistes, il faut dire que ce sera un bon spectacle smiley




            • oncle archibald 10 septembre 2011 14:56

              .....sur internet on est dans une phase où les pro VO et autres manipulateurs auraient inflitré et investi les réseaux .....

              Vous avez tout compris au sens de cet article !! 

              Ceux qui ne pensent pas comme vous sont nécessairement des manoeuvriers à la solde des marchands de canons qui viennent en sous marin sur internet pour faire triompher les idées de leurs « maîtres » .... Et s’ils venaient simplement pour rappeler que ce que certains tiennent pour « la vérité » reste oh combien discutable et n’est pas nécessairement l’axiome fondamental dont découlent tous les théorèmes ...

            • Croa Croa 11 septembre 2011 11:53

              Le mensonge aussi peut être ridiculisé. Il faut trouver son talon d’hachille car il y en a toujours un !


            • easy easy 10 septembre 2011 16:01

              C’est une bonne chose de parler de nous. Merci de l’avoir fait.


              En ce qui me concerne, je ferais d’autres réflexions. Oui, Internet aura joué énormément, essentiellement en termes d’interactivité mondiale, en termes d’anonymat possible (donc de plus grande liberté de parole) et en termes d’immédiateté.



              Mais il s’était déjà passé des choses très fortes qui en avaient jeté les bases.

              D’abord le démocratisme absolu (et non à la grecque antique).

              Avec un pendant dans notre secteur occidental, le Républicanisme, c’est-à-dire la foi dans le dieu « Nous tous ensemble ». Doù la confiance dont vous parlez car c’est vrai, nous avions confiance en nos institutions républicaines donc

              Ensuite, quelques années après les Danton et autres Robespierre, le coup du « J’accuse » de Zola où,de manière éclatante et soudaine, un individu presque banal se constituait une voix géante par le biais d’un média et cela, pour contrer carrément une de nos institutions centrales.

              De là, chaque clampin, s’il avait soudain une raison de ne plus avoir confiance en nos institution, se voyait le bon droit de hurler sa déception (Mégaphone, micro, média...)

              Il devint de plus en plus clair qu’on n’existait que si l’on émettait une critique à haute voix.



              Puis, il y a eu la guerre du Vietnam où il s’est passé quelque chose de très singulier.
              Avant Internet donc, voilà que des photographes sont autorisés voire aidés par les Ricains pour tout filmer et tout montrer.
              Presque en temps réel, le monde entier a donc vu des images difficiles mais, c’est important à noter, elles étaient positivement commentées.
              Disons que ça donnait dans « Bonjour Paris, ici Danang, Alors voili voilo, nos soldats font du bon boulot, mais que c’est fatigant, mais que nous finirons par vaincre, mais que nous avons raison » et pendant que le journaliste commentait de cette manière positive, le spectateur voyait des images qui le troublaient. Le commentaire positif du journaliste ne suffisait pas à calmer l’angoisse qui naissait de la vision d’images violentes

              C’était comme si la télé montrait une scène où un type était torturé pendant deux heures avec les commentaires positifs et convaincus de l’équipe qui lui arrachait la peau.

              Le spectateur découvrait alors qu’il pouvait y avoir un monde entre le ressenti d’un bourreau ou d’un journaliste et le sien propre.
              Je ne sais pas comment exactement les spectateurs choqués se sont coagulés mais ils ont fini, faute de disposer d’Internet, par descendre dans la rue pour hurler tous ensemble que ces images présentées comme OK étaient à leurs yeux des horreurs.

              (Et on peut supposer que si les Anglais avaient vu les images de l’intérieur d’un navire négrier, ils auraient aboli l’esclavage bien plus tôt. C’est du reste en organisant des visites à bord de navires négriers que Wilberforce avait fait basculer des opinions. Il commentait certes négativement, mais l’aurit-il fait positivement que ça aurait pareillement dégoûté tout le monde)


              Ainsi des images dures, même si elles sont positivement commentées, interpellent les spectateurs dans leur intimité et ils y réagissent généralement négativement.


              Internet a donc surtout permis à chacun et à tout sujet, de faire des commentaires négatifs là où règnent les commentaires positifs.


              Mais il est probable que ce soient les démocratistes (qui espèrent toujours et malgré tout dans leurs institutions qui se prétendent fraternelles) qui commentent le plus négativement ce qu’ils voient.

              Nous ne sommes déçus que de nos illusions.


              • Croa Croa 11 septembre 2011 17:53

                C’est plus tout à fait vrais, les « communicants » savent prévenir ces effets et même renforcer leur propagande avec les images les plus dures : Il faut juste avoir suffisamment diabolisé le « mauvais sujet » visible sur le document.

                Evidemment si le sujet est un gosse ou une jeune femme ça ne passera quant même pas mais méfiance, ils sont fort pour nous bourrer le mou !


              • oncle archibald 10 septembre 2011 17:15

                Je lis et je relis sans cesse votre conclusion. Quelle est belle et pleine d’espoir ! 

                Lorsque j’ai adhéré à Amnesty International, il y a très très longtemps, j’a remarqué une fâcheuse tendance à traiter différemment, ne serait-ce qu’au niveau du vocabulaire, les crimes et horreurs commis par les dictatures de droite, notamment en Amérique du Sud, et ceux commis par les régimes autoritaires communistes .. Vous voyez, il m’est resté quelques reflexes, car à cette époque, disons il y a trente à quarante ans, gare à celui qui osait exprimer l’idée que ce pouvaient être des dictatures de gauche ... 

                Troublé et inquiet je m’en suis ouvert à un très bon ami, un vrai .. qui m’a demandé : comment sont les statuts d’AI ?? Te paraissent-ils bien correspondre à ce que tu cherche par tes actions au sein de cette association ? Si oui continue, car les hommes passent .. Aujourd’hui les dirigeants sont comme ci demain ils seront comme ça ...

                Il en est de même des démocraties. L’essentiel est que les statuts soient bons, et pour qui aime l’homme ils le sont .. Quelle idée plus merveilleuse que celle du suffrage universel ... La voix du dernier des indigents vaut celle du professeur de faculté .. Un homme en vaut un autre quel qu’il soit .. quelle proclamation inouie que celle des droits de l’homme ... 

                Alors oui, comme Candide, je crois que nous tenons le bon bout .. Comme lui je constate par l’expérience que la voie est pleine d’embûches et que nombreux sont ceux qui détournent à leur seul profit des statuts qui ont été faits pour que chacun ait droit à la même dignité, à l’équité, à la solidarité ... 

                Mais ces statuts restent alors que ceux qui nous dirigent passent. La population mondiale est de plus en plus alphabétisée, instruite, de plus en plus nombreux sont ceux qui ont les moyens de réfléchir par eux mêmes, Internet peut être de ce point de vue là un outil merveilleux, et je crois dur comme fer que finalement, un jour, nous pourrons dire que « tout est pour le mieux » .. 
                 

                • Yvance77 10 septembre 2011 17:18

                  Salut,

                  Vous savez les poules cela picorent toujours le mêmes graines qu’on leur jette. Elles ne penseront jamais ,qu’ailleur,s il puisse y en avoir de meilleures.

                  Pareil pour les individus et de ce que les merdias donne à bouffer. Hier je suis tombé sur Calvi et son émission de merde (y a plus d’autres qualificatifs possibles).

                  Cette conne pro US libérale de Nicole Bacharan nous récitait toute litanie bushienne au sujet du 11/09. Le clou fût atteint sur leur diatribe contre l’info sur le net. Du grand art. Une honte télévisuelle.

                  J’ai envie de me planter devant la sortie des studios de la 5, et de coller une grosse baffe dans la gueule du Calvi ensuite, tellement la rage me monte.

                  10 ans abreuvés ainsi... tu m’étonnes que les poules ensuite aient peur au moindre pet suspect.


                  • oncle archibald 10 septembre 2011 17:58

                    « Le clou fût atteint sur leur diatribe contre l’info sur le net. »

                    Peut être venaient ils de lire en avant première une info extraordinaire sous la plume d’Ariane Walter .. Figurez vous que c’est Donald Rumself qui a donné des ordres pour que les avions qui allaient détruire les tours puissent pénétrer dans l’espace aérien américain sans être inquiétés ...

                    Finalement et comme le montre bien cet article (mais l’avez vous lu ?), sur le net il y a à boire et à manger, il faut faire le tri soi même :

                    « Le point fondamental que je souhaiterais souligner dans ce texte qui se suffit à lui-même, c’est le piège dans lequel tombent nombre de »désenchantés« , dans leur phase enfantine du »non« , qui parfois s’éternise, et qui les rend tout aussi esclaves que les »confiants« . Ils ne croient plus la télévision, mais ils croient d’autres sources underground. »

                  • Ariane Walter Ariane Walter 10 septembre 2011 18:01

                    Soyez honnête, je vous prie.
                    C’est un livre de Peter dale Scott dont j’approuve évidemment les conclusions. Conclusions basées sur une connaissance de l’histoire américaine que vous ne possédez pas.


                  • Ariane Walter Ariane Walter 10 septembre 2011 18:03

                    autre correction, tonton, il n’a pas donné d’ordre pour que les avions de la chasse décollent. Nuance. Merci de me faire de la pub.


                  • oncle archibald 10 septembre 2011 18:19

                    Ariane vous n’avez pas eu la curiosité de regarder quel était le trajet des avions, ce qui vous a amené à dire deux grosses bétises :

                    La première que Donald Runsfeld a laissé pénétrer ces avions dans l’espace aérien des Etats Unis alors qu’ils s’agissait de vols intérieurs, et vous pataugez dans votre propre gadoue en inssitant lourdement : « C’est là que l’action de Rumsfeld a été capitale. Il a ouvert le ciel de son pays à ses amis-ennemis. Et là il n’y a plus de conditionnel. C’est un fait historique. » 

                    Un fait historique en effet !

                    La deuxieme c’est qu’il n’a pas lancé la chasse aux trousses de ces avions ... qui étaient sur le trajet normal de leur vol pendant disons environ 80% du trajet ... alors qu’il y avait en l’air des centaines d’autres avions .. 

                    Vous n’avez pas la moindre idée du boulot des contrôleurs aériens, ni du temps qu’il faut pour que quelqu’un décide de faire envoler la chasse et encore moins lui donne l’autorisation d’ouvrir le feu .. Si chaque avion qui n’est plus sur sa trajectoire devait être abattu dans les cinq minutes qui suivent il y aurait des carcasses d’avions partout ! 

                    Mais que vous importent ces « détails de l’histoire » puisqu’ils n’aident pas à votre « démonstration » ...

                  • Ariane Walter Ariane Walter 10 septembre 2011 18:37


                    Archibald
                    De la part de Non666 en réponse à Joletaxi

                    Oh, tu t’y connais comme moi en repassage , on dirait, dans le controle de l’espace aerien...

                    Une toute petite info, pour toi, oh grand controleur aerien.
                    l’epoque ou les radars montraient des petites boules vertes anonymes clignotant en faisant bip bip sur les ecrans est révolue.
                    Quand un avion civil eteint son transpondeur (ou qu’un avion militaire ne reponds pas correctement aux interrogations IFF) , il devient rouge vif sur les ecrans de la defense aerienne et ça, dans TOUS les pays du monde.
                    techniquement, il devient un hostile potentiel.

                    Le transpondeur ne fait pas « voir » un avion sur les radars, sinon, et bien les russes seraient des cons d’en mettre dans leurs avions avant une offensive...
                    Le tranpondeur est juste la pour tranformer un echo anonyme en echo identifié.
                    C’est un peu la carte reseau d’un ordinateur.
                    On ne peut pas avoir deux adresses MAC ou adresse IP identiques sur le meme reseau sans provoquer une anomalie.
                    On ne peut pas non plus avoir deux balises transpondeur avec le meme signal sans que cela ne soit detecté.

                    Curieusement les 4 avions impliqués dans les attentats du 11/09 sont tous passés dans des zones non couvertes au moment meme ou il eteignaient leurs transpondeurs.
                    Pour localiser ces zones , il faut etre vachement au fait des zones de couvertures .

                    Tous les pays ont des trous dans leur dispositif de defense.
                    Ce n’est pas grave tant que les approches et les zones principales et stratégiques sont couvertes et quand on a des awacs pour boucher les trous en cas de penetration.


                  • louviellas louviellas 11 septembre 2011 16:23

                    @ Ariane

                    Je suis quelqu’un de très tolérant en ce qui concerne les idées qui sont véhiculées par Internet.

                    Le fait que je sois d’accord avec tel ou tel discours n’implique pas que je vais consacrer des journées entières à faire du prosélytisme, ce qui ne signifie pas pour autant que je refuse de m’engager à titre personnel et de façon non anonyme dans des actions citoyennes, souvent au plan international, afin que tout un chacun puisse accéder librement à Internet, y puiser ce que bon lui semble et dire ce qu’il en pense, tout en prenant la parole en cas de désinformation manifeste .

                    C’est dans cette optique que je vous demande de reconsidérer ce que vous avez écrit :

                    « On ne peut pas avoir deux adresses MAC ou adresse IP identiques sur le meme reseau sans provoquer une anomalie. »

                    Si tel était le cas, HADOPI n’aurait pas inventé le délit de « négligence caractérisée ».

                    Je vous laisse le soin de lire ceci entre les lignes et dans les commentaires.

                    L’intelligence artificielle progresse à grand pas, mais, tant que la machine n’aura pas inféodé l’humain, un sentiment d’humilité devrait guider notre conduite, car nul ne possède la science infuse.

                    Apprendre, comprendre, puis partager.

                    Dans l’ordre des mots, s’il vous plait.


                  • Ariane Walter Ariane Walter 10 septembre 2011 17:59

                    je ne suis pas trop d’accord avec votre article.
                    -d’une part sur le choix du binome « confiants » et « désenchantés » ;
                    ché désenchantés ?
                    ca ne correspond absolument pas à ce que ressentent ceux qui s’informent sur le net. Il n’ya rien de plus excitant au contraire.
                    -Vous avez saisi une suite d’échanges où chacun souligne, ce qui est un fait : connaître éloigne de ceux qui ne connaissent pas.
                    mais c’est un petit moment de confidence, comme au front, quand avant de repartir à l’assaut, on se dit « mais quelle merde , c’est pas possible ! » et puis, hop ,on repart.
                    ce n’est pas du tout du désenchantement. !!

                    Vous dites aussi que les désenchantés finissent par rejeter tout ce qui leur est présenté.
                    pas du tout.
                    Pourquoi les présenter comme des « enfants » ? Vous déraillez complètement.

                    Quand vous avez écrit cet article , vous étiez mollasse.
                    il y a dans le journalisme citoyen , la même vivacité qu’il y en avait autrefois dans le fait d’être en sentinelle, en éclaireur.

                    il y a sur les sites des moinseurs. On n’y peut rien. certains appartiennent à des hasbaras. d’autres , tout simplement, ne partagent pas votre avis. Mais quand les deux peuvent s’exprimer, c’est l’essentiel.

                    Pour finir, on se sent toujours investi d’une mission humanitaire quand on a envie de faire comprendre au plus grand nombre que s’ils votent socialiste, ils ne votent pas socialiste.
                    il y a dans cette prise de parole tellement plus que ce désenchantement qui n’est qu’un soupir dans la grande respiration de la connaissance et de la communication.


                    • Taïké Eilée Taïké Eilée 10 septembre 2011 18:27

                      @ Ariane

                      La distinction « confiants » / « désenchantés » n’est pas de moi, mais de Roberto Quaglia. Cela dit, je la reprends à mon compte.

                      Ensuite, un « désenchanté » l’est vis-à-vis des médias traditionnels : ça ne veut pas dire qu’il est déprimé... Ça, c’est un second problème. Vous dites que vous n’êtes pas atteinte par le fait de ne pas être comprise lorsque vous essayez d’éveiller votre entourage. Tant mieux. Mais je cite d’autres personnes qui parlent clairement de « désespoir », de grande « frustration ». Votre expérience n’est donc malheureusement pas universelle. D’autres ont un sentiment différent.

                      Par ailleurs, je n’ai jamais écrit que les « désenchantés » rejetaient tout ce qu’on leur disait, je dis justement le contraire : le « nouveau confiant » (qui est une sous-catégorie des « désenchantés » si vous voulez) rejette tout ce que les grands médias disent et croit facilement d’autres sources alternatives ; le vrai « désenchanté », lui, que pour ma part j’appelle « sceptique », n’est justement pas dans ce rejet et cette nouvelle crédulité. Il juge, il pèse, il essaie d’estimer ce qu’il entend ou lit, en permanence, en restant le plus souvent dans l’incertitude.

                      Enfin, vous semblez trouver normal qu’un article se fasse descendre si l’opinion exprimée ne convient pas à la majorité ; moi je pense que, lorsque l’on est vraiment ouvert d’esprit, on juge la qualité de l’argumentation, pas l’opinion en premier lieu. Le débat démocratique entre honnêtes hommes (ou femmes), c’est d’être capables d’apprécier une bonne contradiction qu’on vous apporte (et j’ai dit dans l’article combien cette attitude d’esprit était inévitablement rare, mais il faut néanmoins tenter de la promouvoir).


                    • Ariane Walter Ariane Walter 10 septembre 2011 18:32

                      Je ne trouve pas normal qu’un article se fasse descendre. C’est un fait. Si vos opinions déplaisent, votre article sera moinsé quoi qu’il dise ce qui, au demeurant, n’a aucune valeur car tout le monde s’en fiche.
                      Chacun est à même de juger et de comprendre.


                    • dom y loulou dom y loulou 11 septembre 2011 01:53

                      auriez-vous l’amabilité, monsieur Eilee, de ne pas catégoriser les gens ainsi ? merci bien.


                      Ni les individus ni les tribus ne sont quantifiables ni qualifiables sauf par elles-même.

                      Le contraire nous rappelle de sinistres trains. mus par l’ignominie de temps pas si lointains.

                      Avez-vous demandé l’accord des auteurs des commentaires que vous utilisez pour illustrer votre illustre analyse ? Sorties de leur contexte c’est une pratique douteuse.

                      car si cela ne devait être le cas le respect ne serait pas exactement ce qui caractérise votre article envers des gens dont vous prétendez « faire partie », comme s’il y aviat là un groupe homogène, reconnaissable de « contestateurs » et des complets zombies, victimes à 100% des médias.

                      vous prenez les gens pour qui ? 

                      cessez de vouloir enfermer les gens dans vos conceptions svp.


                    • cevennevive cevennevive 10 septembre 2011 18:14

                      Bonjour,

                      Article qui me plaît et que j’ai relu tellement j’avais peur d’en manquer une virgule !

                      Je viens apporter ma petite pierre, très terre à terre, mouvement d’humeur qui vous paraîtra terne à côté des sentiments que m’inspire votre article et les commentaires qui le suivent, très intéressants :

                      Voilà : du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours haï les critiques littéraires et cinématographiques. Elles me dérangent dans mon envie de découvrir, de rêver et d’apprécier ou non ce que je lis ou vois. Elles sont toujours plus ou moins orientées et de préférence vers les goûts du troupeau. Je les fuis, je les déteste depuis toujours. Et voilà que maintenant, je me mets à haïr les articles des journaux, les infos de Fr Inter... Et je me dis que la seule « vérité vérifiable et vraie » que débitent ces journaux, ce sont les résultats sportifs...

                      Les idées pré-mâchées, pré-digérées me dégoûtent. Je refuse que l’on pense à ma place et j’arrive parfois à faire comprendre cela à mon entourage. Cependant, la compréhension de cet état d’esprit par ceux qui m’écoutent ne dépasse pas ma personnalité et ma personne, et s’applique rarement au monde qui nous entoure. Il faut beaucoup de patience et d’obstination pour amener ses semblables à penser par eux-mêmes.

                      Alors, effectivement, le journaliste citoyen a le blues, il se sent malmené, différent, incompris et a tendance à « forcer le trait » parfois.

                      « Internet est un bel outil » dites-vous. Oh combien ! Il me permet de vous rencontrer, vous les internautes, de lire vos articles, vos commentaires.

                      Cordialement.



                      • oncle archibald 10 septembre 2011 18:30

                        Je pense que nous sommes nombreux à avoir beaucoup aimé cet article, à l’avoir lu avec attention et délectation ..

                        Pour compléter votre commentaire j’ajoute un exemple personnel .. J’aime la peinture sans avoir beaucoup de culture dans ce domaine .. Je visite donc souvent des expos dans les grands musées, ou l’on vous propose un petit appareil audio qui vous permet d’entendre un commentaire en regardant l’oeuvre .. Je ne les prends plus jamais car cette « dissection »qui aboutit à un avis très « technique » et « pré-maché » me gène. Elle m’empêche de ressentir l’émotion artistique que finalement je suis venu chercher ... parfois je le regrette après mais tant pis ... En fait il me faudrait d’abord bien regarder et puis écouter .. mais alors il faut non plus deux heures mais quatre .. des choix, des choix .. la vie est un choix perpétuel m’a appris mon père ..

                        Vous habitez une région magnifique, ou la tradition d’indépendance n’est pas un mot mais une réalité ...

                      • cevennevive cevennevive 10 septembre 2011 19:12

                        Merci Oncle Archibald !

                        L’art du peintre ne s’explique pas en effet. L’on peut discourir sur sa technique, sur les couleurs, sur le support, mais difficilement sur son art. Car l’émotion que l’on ressent à voir une oeuvre ne se partage ni ne se raconte. C’est du domaine de l’intime. Et les puristes snobs qui veulent vous l’expliquer violent votre plaisir, le réduisent à une émotion de tous les jours.

                        Bien cordialement.


                      • Aldous Aldous 10 septembre 2011 18:22

                        Merci pour cet article et cette belle tentative d’analyse.

                        Je crains malheureusement que la vérité est plus complexe encore.

                        Malgré les purges successives, les média mainstream ne sont pas monolithiquement composés d’agents de la STASI le doigt sur la couture du pantalon.

                        La presse citoyenne ne peut pas non plus être caractérisée sinon par l’usage des nouveaux médias ce qui ne donne aucune prédisposition idéologique en sois.

                        La notion d’Agoravoxien dont certains nous rabattent les oreilles -alors qu’ils publient eux même sur agoravos- est absurde.

                        De même que de vouloir catégoriser les gens en « croyants orthodoxes » ou « complotisto-soucoupistes »

                        Rien de cela n’a de sens. Chacun est capable d’évoluer dans un sens ou dans un autre selon les expériences qu’il lui est donné de vivre.

                        Un passant à qui on présente l’effondrement de la tour 7 du WTC sans lui spécifier d’où provient le film dira spontanément que c’est une destruction programmée.

                        Il suffit de lui expliquer qu’il s’agit d’une tour effondrée le 9/11/2001 pour qu’on le voie devenir tout pâle est se mettre à gamberger.

                        Ensuite le reste dépends de son éducation, de sa vie, de ses responsabilités, de son courage et du temps qu’on lui laisse pour digérer ce qu’il a vu.

                        Faire une analyse sociologique de la croyance peu être amusant, mais je pense que ca n’a guerre d’interet dans l’immédiat.

                        Ce qui compte c’est qu’en 10 ans la culture de la grande messe médiatique s’effondre lentement mais sûrement.

                        Car il viendra un moment où le système médiatique, politique et bancaire ne tiendra tout simplement plus comme ca été le cas pour les pays communiste.

                        Lentement les gens se sont mis à considérer la doctrine politique et ses promesses pour ce qu’elles étaient : de la propagande.

                        Mais ils continué à réciter leur bréviaire, à adhérer au parti, à dénoncer les dissidents car c’était la meilleure façon de s’en sortir dans le système dans lequel ils vivaient.

                        (D’ailleurs ils sont nombreux les anciens apparatchiks de l’est qui sont maintenant en poste à Bruxelles.)

                        S’il n’y a pas un noyau de gens suffisamment organisés capable de montrer que le roi est nu, et de proposer une voie de sortie, rien ne se passera.

                        Alors la vrais question ce n’est pas comment on chemine individuellement avec cette situation.

                        C’est comment on s’organise mutuellement pour recouvrer notre souveraineté.


                        • Xtf17 xtf17 10 septembre 2011 18:23

                          Pour le plaisir, absolument à écouter ou réécouter : « Sortez-les » de Tryo !
                          C’est tellement vrai !


                          • Aldous Aldous 10 septembre 2011 18:49

                            Au passage un merci à Jean-Pierre Petit qui a cité mon article sur les travailleurs de Fukushima dans son site.

                            http://www.jp-petit.org/nouv_f/videos_liens/Liens_et_videos.htm

                            Je suis son itinéraire depuis un certain temps et j’ai de l’admiration pour lui. Le pense que c’est ce qu’on peut appeler un homme bien à l’image de ce que les philologues de la renaissance cherchaient à devenir les Budé, Lascaris, Politien, Toussain...

                            J’ai lu Les derniers posts de JP Petit et je constate qu’il se dit lui même démoralisé et fatigué.

                            Je le comprends, j’ai ressenti moi même la même lassitude lors de mon séjour en Grèce où j’ai constaté le travail de conditionnement exécrable des médias que le peuple grec et la difficulté que la minorité mobilisée rencontre pour convaincre ses concitoyens qu’il faut agir pour empêcher le complot banquier de dépecer leur pays (ce qui sera la mèche pour faire exploser les autres états nations européens)

                            Je pense maintenant qu’il n’y a pas moyen d’empêcher cette machination mais que les gens, comme en 1789, se révolteront quand l’onde de choc les atteindra personnellement.

                            Alors ils sortiront dans les rues pour crier « où est le pain ? » (et les polices européenne les attendront avec les répulseurs electromagnétiques et les snipers dont elles s’équipent dre dare.)

                            C’est pourquoi les Cassandre que nous sommes se désespèrent de crier dans le désert.

                            Il nous faut comprendre que notre rôle est de donner les cartes de lectures à nos concitoyens pour que le jour où l’onde de choc les attendra ils sachent ce qui s’est passé et soient prêts à agir pour reprendre ce qui leur a été volé.

                            Donc Jean Pierre, ne baisse pas les bras. Le combat est dissymétrique certes.

                            Mais nos efforts seront récompensés quand les gens seront acculés à la réalité et ne pourront plus la fuir.

                            D’ailleurs ils l’ont été pour le nucléaire. Il ne faut plus lâcher le morceau maintenant que Fukushima démontre que Tchernobyl n’est pas le fruit du hazard.


                            • morice morice 12 septembre 2011 11:17

                              Au passage un merci à Jean-Pierre Petit qui a cité mon article sur les travailleurs de Fukushima dans son site.

                              vous voilà pas dans la m... avec pareille référence.

                            • joletaxi 10 septembre 2011 18:51

                              La seule chose que je constate sur Avox, mais c’est vrai aussi sur rue 89,c’est que s’est (re)constitué une soi-disant intelligentsia,fatalement de gauche, l’intelligence est de gauche c’est bien connu,qui dicte la bien pensance et qui a l’exclusivité de la compréhension.

                              Cela ressemble de plus en plus à ces discussions absconses d’une certaine époque avec les partisans de la dictature du peuple.
                              Comme leurs pères spirituels, ils n’hésitent pas à nier l’évidence et à retourner leur veste aussitôt que la position devient intenable.
                              Par exemple, sur le réchauffement climatique, je me suis fait copieusement insulté pendant des mois, car j’adoptais des positions « sceptiques »Le vent a sérieusement tourné depuis.

                              Les gens qui viennent exposer leurs vues, seraient plus informés, plus à même de se forger une opinion ?
                              Pas du tout, ils viennent asséner leur conviction, et même si on tente de leur faire comprendre leur incohérence,ils se murent dans leurs certitudes, et généralement vous insultent.

                              Par contre ,il existe des blogs où l’on discute de sujets précis et où l’on peut rencontrer des personnalités et des « pointures » sur des sujets à propos desquels on faisait fausse route.
                              Mon expérience au sujet du climat a été dans ce sens très enrichissante, mais certainement pas ici.

                              On vient ici comme au bistrot, on rencontre toujours les mêmes ventouses du comptoir, et très rarement arrive quelqu’un qui lui a quelque chose à dire d’intelligent, ou qui a un lien vers une bonne information.
                              Pour le reste, c’est de la grosse « poilade »


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Taïké Eilée

Taïké Eilée
Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès