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Accueil du site > Actualités > Médias > Le journaliste, le sondage, l’électeur et la défiance

Le journaliste, le sondage, l’électeur et la défiance

On a déjà beaucoup glosé sur l’éviction temporaire d’Alain Duhamel. Un journaliste politique a commis l’erreur monstrueuse de dire qu’il avait des préférences politiques et il a poussé le vice jusqu’à les indiquer. Dans le déchaînement médiatique qui s’en est suivi, je crains de déceler les premiers signes sérieux et concrets d’un tremblement de terre qui va toucher les médias français, comme le 21 avril 2002 a secoué le monde politique.

Voilà plusieurs jours que l’univers tout entier frémit et tremble devant l’incroyable nouvelle : Alain Duhamel a été suspendu de ses fonctions sur RTL et France2 le temps de la campagne électorale. Il a publiquement (vraiment ?) dit qu’il voterait pour François Bayrou.

Les camps se sont formés, pour honnir le coupable ou défendre la victime. Face à face, les défenseurs d’un homme à qui on reproche somme toute son honnêteté, et les contempteurs d’un journaliste politique souvent trop imbu de lui-même pour s’apercevoir qu’il passe à côté de temps en temps. Voire régulièrement.

Samedi, Le Monde publiait en éditorial un texte sur les "citoyens journalistes". L’auteur, dont le nom n’est pas indiqué sur le site du Monde, y défend la thèse selon laquelle la multiplication des panels de Français mis en place dans les shows politiques télévisés sont le signe d’une démocratie en danger. Et d’une profession atteinte par un discrédit qu’il semble trouver injuste.

Car enfin, ces panels dont le simplicité et la rugosité revivifient le débat (je paraphrase), offrent en même temps la possibilité aux politiques de fuir les sujets de fonds et les questions embarrassantes qui ne peuvent, bien sûr, être posées que par un journaliste.

Ben voyons.

Dans quelle interview un homme politique de premier plan a-t-il récemment été mis en difficulté par un journaliste politique ? Qui est le dernier en date à avoir placé un politique devant ses contradictions, et à lui avoir demandé poliment mais fermement et opiniâtrement d’expliquer des incohérences ?

J’ai longtemps lu la presse, notamment le "journal de référence", faisant confiance à ce qui était écrit et publié. Et puis, petit à petit, le doute s’est installé. Devant des articles mal fagotés. Devant des informations manifestement tronquées. Devant des faits relatés dans lesquels on vient mélanger plus ou moins habilement des opinions. Devant des journalistes politiques incapables de faire autre chose que de ronronner devant un homme - ou une femme - politique puissant(e).

La presse commence à se poser des questions sur le vide entraîné par la baisse de sa légitimité. Il est temps. Les journalistes, même s’ils ne sont pas élus, détiennent une partie du pouvoir que leur délègue le peuple par sa confiance. Le pouvoir de les informer et de leur permettre de prendre de bonnes décisions. Cette confiance, fondée sur l’honnêteté, est largement en train de s’effondrer en ce moment.

Et les nouvelles du jour ne vont pas dans le sens d’un rétablissement. Savez-vous que Ségolène Royal est "distancée" par Nicolas Sarkozy ? De dix point, Madame, Monsieur, oui oui, dix points. C’est Le Figaro qui le dit. En première page.

Oui, d’accord, mais le sondage montre cet écart... au second tour ! Or, tout le monde le sait, à soixante jours du premier tour, personne ne peut sérieusement faire un sondage ayant un tant soit peu de valeur sur le second tour. Tout simplement parce que personne ne connaît les deux finalistes, pas plus que les dynamiques qui se dégageront le soir du premier tour. Bref, cette info, c’est du flan.

Du flan, peut-être, mais cela ne l’a pas empêchée de faire le tour des rédactions, notamment celle de France Info qui l’annonçait dès ce matin en journal matinal.

Peu me chaut le candidat devant ou derrière, dans ce "sondage" sur le second tour. Comment peut-on oser essayer de me fourguer une telle ânerie ? Est-ce le travail d’un journaliste ? Un travail sérieux ?

Mesdames et Messieurs les journalistes, cessez cette autocomplaisance, arrêtez de penser que nous sommes encore là, la bouche grande ouverte à 20 heures, tous prêts à gober vos infos sans réagir. Le Net est arrivé. Et devant la médiocrité, l’indigence intellectuelle et les manipulations partiales qui ont envahi vos colonnes et vos émissions, les citoyens, furieux, font votre boulot. Ou essaient de le faire.

Ne venez pas leur reprocher de prendre votre créneau. Vous l’avez déserté, ou peu s’en faut. Attention à la chute, vous avez eu des exemples montrant qu’elle peut être sévère. Et je crois qu’il vous reste peu de temps. Le remède ne réside en tout cas pas dans l’exclusion d’un journaliste que je n’aime pas mais dont je loue aujourd’hui la franchise. Vous seriez avisés de vous en inspirer, tant de vous essaient de nous vendre une soupe politique en prétendant à une objectivité qui vous fait défaut depuis longtemps.

Manuel Atréide


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17 réactions à cet article    


  • zOoO zO 20 février 2007 11:02

    Les journalistes ont longtemps considérés comme un quatrième pouvoir, à une époque ou ils étaient les seuls à maitriser l’information, à la vitesse qu’ils souhaitaient.

    Aujourd’hui la masse d’information à traiter, plus les délais de traitements de plus en plus courts, fait des journalistes une masse informe de répétiteurs de dépêches d’agences de presse plus ou moins orientés selon les sensibilités. Ce « quatrième pouvoir » n’est plus qu’un ersatz.


    • zOoO zO 20 février 2007 11:03

      Les journalistes ont longtemps été considérés comme un quatrième pouvoir, à une époque ou ils étaient les seuls à maitriser l’information, à la vitesse qu’ils souhaitaient.

      Aujourd’hui la masse d’information à traiter, plus les délais de traitements de plus en plus courts, fait des journalistes une masse informe de répétiteurs de dépêches d’agences de presse plus ou moins orientés selon les sensibilités. Ce « quatrième pouvoir » n’est plus qu’un ersatz.


      • Dominique Dutilloy Dominique Dutilloy 20 février 2007 11:23

        Manuel Atréide... Bravo !

        J’ai beaucoup aimé votre article, parce que vous vous êtes interrogé sur les deux côtés : les « pro » et les « anti » éviction temporaire d’Alain Duhamel...

        Oui, il est vrai qu’il était peut-être mal venu pour un commentateur politique officiant sur FRANCE2 et sur RTL de donner sa préférence életorale ! Après tout, Alain Duhamel est un homme comme un autre, un citoyen français comme un autre, un électeur comme un autre... Il a le droit d’avoir son opinion !

        Toute la question reste cependant posée : est-ce qu’un homme appartenant au pouvoir des journalistes (le 4ème Pouvoir) a le droit (semi) publiquement, puisqu’il « semble » avoir été filmé à son insu, de donner sa préférence électorale ?

        Pour ma part, puisque je suis journaliste, je ne dirai jamais pour qui je vote ! Je pense que je n’ai pas à influencer ainsi l’électeur, puisque je ne suis pas là pour l’influencer grâce à mes écrits...

        Cependant, il y a un aspect que je trouve très dangereux (et il est réccurent !) : c’est que l’Etat, en l’occurence la République française, est propriétaire de deux groupes médiatiques, l’un audiovisuel, l’autre radiophonique : LE GROUPE FRANCE TELEVISION et RADIO FRANCE... A chaque changement de majorité, on pourra remarquer la valse des fauteils : des journalistes quittent les plateaux de télévisions ou les studios de radio, parce que « trop marqués politiquement par la majorité sortante »...

        Par ailleurs, on a une instance supérieure, le CONSEIL SUPERIEUR DE L’AUDIOVISUEL : là, les associations de télespectateurs ou d’auditeurs de radio ne sont pas représentés, ce qui est dommage ! Qui plus est, voit-on, parmi les sages, des représentants des professions radiophoniques ou télévisuelles (monteurs, réalisateurs, techniciens « son », éclairagistes, chefs de plateaux, producteurs, journalistes reporters d’image, journalistes de base... ) ? C’est ça l’exception franco-française où l’on voit cette instance de l’Audiovisuel, ces journalistes faisant partie d’un microcosme de la bienpensance, ces instituts de sondages (qui confondent « VOTE BLANC ET NUL », des suffrages réellement exprimés, avec « ABSTENTION »)...

        Pendant ce temps là, dans la presse écrite, les journalistes se retrouvent menacés par des fonds de pension qui rachètent leurs journaux : ça aussi, c’est l’exception franco-française...

        Alors, il est vrai qu’il y a beaucoup de ménage à faire !

        - Il faudrait réformer le C.S.A.

        - Il faudrait que l’Etat se désengage totalement de FRANCE TELEVISION et de RADIO FRANCE, puisqu’il ne peut être, ni juge, ni partie... Dixit, là, la Redevance sur l’Audiovisuel public (taxe injuste, puisque le GROUPE FRANCE TELEVISION passe des publicités sur toutes ses antennes)...

        - Il faudrait réglementer, voire, si nécessaire, interdire totalement, le rachat des groupes de presse par ces fonds de pension (qui ne comprennent strictement rien aux médias) et ne plus autoriser de licenciements dictés par une course vers une « pseudo » rentabilité au détriment d’une information libre, saine et claire que le public est en droit de consulter !

        Puis, pourquoi ne pas doter notre pays d’un conseil supérieur de la Presse regroupant journalistes, professionnels de la Communication, professionnels de la technique (pour la radio et la télévision), producteurs, réalisateurs, lecteurs, auditeurs et télespectateurs, régulièrement élus et ayant des pouvoirs de discipline ou de modération ? Mais, l’Etat ne devrait y avoir un siège qu’en tant qu’observateur...

        Pour conclure : un nouveau journalisme est entrain de prendre dde l’essor ! Il s’agit du webjournalisme !


        • Eric-nicolier Eric-nicolier 20 février 2007 15:17

          Dominique, si vous êtes journaliste, comme moi, vous savez bien aussi que ce journalisme citoyen n’est pas non plus la solution à tout !

          Ce journalisme citoyen peut être la pire des choses s’il ne vérifie rien, écrit selon ses humeurs et ses états d’âme !

          En toute franchise le nombre de crétineries que l’on peut lire sur Agoravox, ou d’autres sites du même genre, est assez ahurissant par moment.

          Pour ma part je n’aimerais pas que l’on tombe dans l’anti-journalisme primaire et que d’un seul coup toute parole citoyenne prenne une portée d’intelligence qu’elle n’a pas toujours.

          Les journalistes citoyens sont aussi capables de débiter de bonnes paires d’imbécilités !


        • Dominique Dutilloy Dominique Dutilloy 20 février 2007 16:28

          Eric nicolier, bonjour... Je vous remercie d’avoir lu mon commentaire...

          Dans votre message du20 février 2007 à 15H17, vous estimez, à juste tire, que « ce journalisme citoyen n’est pas non plus la solution à tout ! ».

          Etant journaliste professionnel comme vous, j’ai appris sur le terrain, avec des rédacteurs en chef, qu’il fallait toujours vérifier la véracité des informations qui nous étaient fournies... Pour eux,

          - « soit il ne fallait rien publier ! »,

          - « soit, il fallait écrire sous la forme interrogative ou au conditionnel ! »...

          Par ailleurs, vérifier ses sources, sans dévoiler le nom des personnes qui nous informaient, étaient la clé d’un excellent journalisme...

          Donc, lorsque vous écrivez : « Ce journalisme citoyen peut être la pire des choses s’il ne vérifie rien, écrit selon ses humeurs et ses états d’âme ! », c’est tout à fait exact... Mais, encore faut-il qu’il s’instaure, PUISQUE CE JOURNALISME CITOYEN EST ENTRAIN DE PRENDRE DE L’AMPLEUR, une règle déontologique propre à ce journalisme citoyen-là, de manière à ne pas réduire le journalisme professionnel à sa plus simple expression ! Toutefois, il faudra continuer à faire en sorte que les journalistes professionnels puissent continuer à rédiger des papiers, aux côtés des journalistes citoyens, NE SERAIT-CE QUE POUR INFIRMER OU CONFIRMER DES PROPOS QUI SONT TENUS...

          « En toute franchise le nombre de crétineries que l’on peut lire sur Agoravox, ou d’autres sites du même genre, est assez ahurissant par moment », écrivez-vous ! Là, je suis d’accord avec vous ! Mais, ne serait-il pas justemnt possible que les responsables de ces sites exercent un contrôle ? Ne serait-il pas possible non plus qu’il puisse y exister une véritable déontologie journalistique dans le journalisme citoyen ?

          « Pour ma part je n’aimerais pas que l’on tombe dans l’anti-journalisme primaire et que d’un seul coup toute parole citoyenne prenne une portée d’intelligence qu’elle n’a pas toujours », demandez-vous. Là encore, je suis tout à fait en harmonie avec vous ! Cependant, j’aimerais que les journalistes pforessionnels, que nous sommes, ne soient pas victimes de cet anti-journalisme primaire dont vous parlez... Il appartient aux médias de se contrôler afin de nous permettre de travailler dans le respect de notre Déonotologie !

          Dans mon commentaire, je ne faisais que signifier

          - ma totale opposition face à la main-mise de l’Etat dans les médias audiovisuels ou radiophoniques, puisque la République française est l’unique propriétaire de RADIO FRANCE et du GROUPE FRANCE TELEVISION,

          - ma totale opposition face à l’organisation même du C.S.A., puisqu’aucune association d’auditeurs ou de télespectateurs n’est pas représentée,

          - ma totale opposition face aux tentatives de prises de contrôle de certains journaux ou magazines, faites par certains fonds de pension, qui essaient de prendre, « LIBERATION » étant l’exemple le plus frappant...

          « Les journalistes citoyens sont aussi capables de débiter de bonnes paires d’imbécilités ! » : ce que vous écrivez est tout à fait exact ! Mais, nous avons des confrères et des conseours, dits « officiels » qui font pareil !


        • Laurent_K (---.---.107.46) 20 février 2007 21:47

          « Il faudrait que l’Etat se désengage totalement de FRANCE TELEVISION et de RADIO FRANCE, puisqu’il ne peut être, ni juge, ni partie... » C’est fait avec des groupes comme TF1 ou M6 qui dépendent entièrement du privé. Et le résultat est loin, très loin de l’indépendance en matière d’information. On a le choix entre des médias dépendant du pouvoir politique ou des média dépendant des fonds de pension et des marchands de canon (je caricature un peu, mais l’image est parlante).


        • blabla (---.---.174.155) 20 février 2007 12:05

          Vous avez raison, les journalistes ont perdu ennormément de leurs valeurs ajoutées et ça se voit de plus en plus. Par exemple, grace à internet, on s’apperçoit que la plupart des articles ne sont que de mauvais copier/coller des dépèches d’agences. Alors à quoi bon acheter un journal, autant aller directement à la source en surfant sur internet ou en se contentant des journaux gratuits. Quant aux interviews, c’est encore plus vrai, ils ne relèvent souvent pas les grosses betises que les politiques sortent en direct et se contentent de les titiller par des questions qui n’interressent que le microcosme. Aussi, on a pu assister avec effarement à la montée de Le Pen grace aux emissions de télé et en particulier à la fameuse « Heure de vérité ». On sentait que les journalistes se disaient tous « Je vais m’le faire » mais ils étaient tellement mauvais qu’ils se faisaient completement ridiculiser et donc servait celui qu’ils voulaient « combatre ». A chaque fois ils se plantaient, et pourtant ils ne changeaient jamais leurs angles d’attaques et persistaient dans leur erreurs. Ce naufrage journalistique à été mis à jour lors de l’emission « J’ai une question à vous poser » ou le même Le Pen était invité. Une jeune femme lui a fait une remarque fort juste et fort intelligente et mis en face de ses contradictions à propos de sont rapport à 2 vitesses avec le passé. La forme était excelente car très polie, ce qui est l’arme la meilleure pour coincer quelqu’un agressif de nature, et le fond était simple et juste. On a vu un Le Pen paniquer pendant 10 bonnes secondes et bredouiller une réponse lamentable, un pur moment de bonheur pour moi. Cette jeune femme avait réussi à trouver la faille qu’aucun journaliste n’avait trouvé pendant 20 ans...


          • Vilain petit canard Vilain petit canard 20 février 2007 12:09

            Bravo Manuel, je suis avec vous. Il est temps que cette petite caste de journalistes politiques (qui ne représente absolument pas l’ensemble de cette profession, d’ailleurs) en finisse avec ses petites phrases, ses augures, et ses approximations pour le moins tendancieuses.

            Dans le cas de la « distance » de 10% que vous évoquez (et de multiples sondages de la même farine dont on nous abreuve depuis 6 mois), il faut aussi noter que le nombre de sondés qui disent ne pas savoir pour qui ils vont voter n’est jamais évoqué, alors qu’il est aux alentours de 40%. La distance de 10 points est donc calculée sur ... 60 à 65% des sondés. De qui se moque-t-on ? Et on voudrait qu’on y croie ?

            Je vous rejoins sur l’opportunité d’un « séisme » journalistique le 22 avril, ou au pire le 7 mai. ce serait très salutaire. Mais ils ont déja survécu au « séisme » balladurien de 95, au « séisme » du TCE, et même au « séisme » lepeniste de 2002, alors, pas de fausse joie : ils ont la vie dure.


            • Eric-nicolier Eric-nicolier 20 février 2007 13:45

              « Et devant la médiocrité, l’indigence intellectuelle et les manipulations partiales qui ont envahi vos colonnes et vos émissions, les citoyens, furieux, font votre boulot. Ou essaient de le faire. »

              Cela donne en effet de sublimes réflexions et articles d’investigations sur les attentats du 11 septembre où l’on apprend que c’est le gouvernement américain qui a fait sauter les tours jumelles à coup d’explosifs...

              Vous avez raison, du journalisme citoyen de ce genre j’en veux tous les jours !!!!!

              Plus raisonnablement, votre article très remonté contre les journalistes - mais pourquoi pas non plus - est aussi caricatural que l’attitude que vous reprochez aux journalistes.

              On avancerait déjà beaucoup si l’on ne mettait pas tout le monde dans le même sac et si l’on prenait la peine d’avoir des positions plus réfléchies et plus mesurées.


              • (---.---.37.71) 20 février 2007 13:57

                Parait même que Jeanne d’Arc à elle mêmme allumé son bucher. Si si !


              • Eric-nicolier Eric-nicolier 20 février 2007 14:30

                Manuel, je n’ai rien contre vous, par conséquent ne prenez pas comme une attaque personnelle ce qui suit...

                Votre réaction vive en forme d’article contre les journalistes est aussi très symptomatique d’un lecteur qui ne sait plus lire !

                Relisez très attentivement l’édito du Monde que vous mentionnez. A aucun moment il n’indique que la démocratie est en danger. Il explique simplement que ces nouvelles formes d’émissions fragilisent les corps intermédiaires. Ce n’est pas tout à fait la même chose.

                De plus, l’édito est plus mesuré, voire critique à l’égard de la profession de journaliste, contrairement à l’image que vous en donnez.

                Pourquoi pas à l’émergence d’un journalisme citoyen, mais le citoyen doit aussi faire l’effort de lire, d’étudier, d’analyser les sources, au risque d’écrire n’importe quoi ! Et finalement faire pire que les comportements qu’il dénonce, parfois à juste titre reconnaissons-le.

                Etre journaliste, même citoyen, ne se limite pas à tapoter du clavier pour singer ceux-là même que l’on imagine remplacer facilement.


                • Vilain petit canard Vilain petit canard 20 février 2007 16:03

                  @ Eric

                  Je crois que Manuel attaque plutôt les journalistes « politiques » et autres « politologues », que les journalistes tout court. Et ceux-là, il faut vraiment dire que ce sont toujours les mêmes depuis vingt ou trente ans, qui se repassent le rhubarbe et le séné. Et Duhamel était dans ce microcosme, avant de ripper.

                  Tiens, au fait, et au passage, comment se fait-il que cette affaire émerge tout d’un coup au bout de trois mois ? Juste au moment où les sondages sacrés donnent de meilleurs chiffres à Bayrou ? Personne ne s’est encore posé la question de la manipulation, mais qui peut donc avoir intérêt à (faire) évincer quelqu’un qui déclare sa préférence (et non son soutien, comme on le dit trop souvent) pour Bayrou ? Ah la la mais qui donc ?


                • Manuel Atreide Manuel Atreide 20 février 2007 16:17

                  Cher Eric ...

                  Je ne prends pas vos propos pour des attaques personnelles. Vous faites un bon travail de critique de mon papier, que je sais distinguer de moi. Nothing personal.

                  Ceci est, vous l’avez bien vu, un coup de gueule. Comme tout coup de gueule, il est excessif, peut être un peu caricatural. Mais pas tant que cela.

                  En tant que journaliste, vous semblez heurté qu’on puisse avoir un tel regard sur votre profession mais il est temps, je crois, pour ladite profession, de regarder un peu les choses en face. De plus en plus les journalistes politiques sont déphasés par rapport à la population. Les preuves sont multiples et récentes. Jusqu’au traitement de la campagne du référendum sur le TCE. Auquel j’étais favorable, cela dit en passant pour éviter un procès d’intention.

                  Je vais vous prendre un autre exemple. Hier soir, émission « C dans l’air », sujet, le futur proche du chef de l’état. Et en plein milieu de l’emission, on nous sort un truc incroyable, un coup de tonnerre, peut être dans la campagne (dixit le présentateur) : François Bayrou battrait n’importe quel candidat au second tour, sondage ipsos-machin.

                  Et voilà le directeur du Point (F.O.G.) et le directeur de la rédaction de l’express (Christophe Barbier) partis dans quelques digressions superficielles sur un nouveau sondage de second tour. J’attends encore les analyses sérieuses, construites, argumentées. je ne dis pas qu’ils n’ont rien dit, mais la forme, le ton, les termes ... On avait devant nous deux journalistes importants du commentaire politique français, non ?

                  Pas un n’a même dit que la valeur des sondages de second tour était tellement proche de 0 ... Ou que cette info « révolutionnaire » court le web depuis des semaines. A vrai dire c’est tellement évident que le « coup de tonnerre » ...

                  Dans une rédaction, combien vont sur le terrain ? Des journalistes politiques, combien ont - ne serait-ce qu’une fois - quitté Paris pour voir les candidats en province ? D’où tirez vous vos infos ? n’y-a-t-il aucune télé dans une rédaction de presse ? Aucun quotidien dans une rédaction télé ? Pas de radio nulle part ? C’est pourtant ce qu’a indiqué le présentateur vedette de F2 avec le plus grand sérieux dans un arret sur images récent.

                  Voyez vous, si je tapote rageusement sur mon clavier pour « singer » ces si hauts professionnels, ce n’est pas parce que je m’estime plus intelligent ou mieux formé. Je VEUX avoir de nouveau une presse sérieuse, des médias qui font leur boulot, des journalistes qui bossent au lieu de recopier - avec un peu de style - des dépêches AFP. Car ça, vous voyez, je sais faire. Avec ou sans « singerie ».

                  Et voila que j’en ai remis une couche. Désolé de vous le dire, mais la liste est encore longue. Et j’en ai marre de ce gachis.

                  Car, par dessus tout, vous me manquez, les journalistes sérieux et intègres.

                  Manuel « pas content, pas content » Atréide.


                • rjolly (---.---.227.38) 20 février 2007 16:42

                  Je suis globalement d’accord avec votre analyse, mais je trouve que vous êtes en deça de la réalité quand vous parlez de « journalistes politiques incapables de faire autre chose que de ronronner devant un homme - ou une femme - politique puissant(e) » C’est l’inverse : nous avons des hommes ou femmes politiques qui ronronnent devant des journalistes puissants. Contre cet état de fait, il faut, de toute urgence, boycotter les médias traditionnels au profit du net.


                  • arthur (---.---.43.22) 20 février 2007 22:06

                    Depuis des mois, des filets d’information nous parviennent, du type : « Tel remaniement d’actionnariat provoque la colère des journalistes de (figaro/libération/le monde), qui craignent pour leur indépendance ». Pétards mouillés qui bien entendu se perdent dans le tumulte de l’actualité en quelques brêves négligemment dissimulées entre deux faits divers.

                    Des mini scandales également, qui portent sur l’indépendance des directeurs de l’information, quant au traîtement de l’information ou au choix de journalistes après accord de l’exécutif (tiens, ça sent les années 60) dont on entend parler succintement également.

                    Et puis la vie reprend son cours.

                    L’indépendance de la presse ne serait-elle plus qu’un voeu pieux ? On peut se le demander, car les principaux journaux étant désormais les joujous des industriels (Dassault a d’ailleurs nettement déclaré qu’il se payait le Figaro pour pouvoir y faire valoir ses idées ; ce qui, malgré des cris d’orfraie du rédacteur en chef de l’époque, s’est vu dans la nouvelle abondance d’éditoriaux délirants et d’informations subjectives).

                    Raymond Aron disait certes que la principale entrave à la liberté de la presse, c’est le lecteur, et plus le temps passe, plus je me dis que le lecteur en question, c’est l’actionnaire majoritaire. Et comment donc vouloir déplaire au « Prince » (au sens large), lorsque l’on est en affaires avec lui depuis si longtemps.

                    Quant à votre jugement sur l’effondrement des tours jumelles, cher mr nicolier, je me permettrai de vous répondre : Ne sutor ultra crepidam.


                  • lucrezia (---.---.150.51) 24 février 2007 08:54

                    Les Journalistes, les Médias et la Presse ont perdu la bataille du 4ième Pouvoir, Vivi le 5ième Pouvoir ! A toujours vouloir nous faire croire que les Journalistes ne nous manipulent pas, ou bien même qu’ils agissent pas à charge ou à décharge seulement, c’est prendre les Français pour des « sots » ! Il feraient mieux d’avancer démasqués ...La Gauche se plaint d’une Presse à la botte du grand Patronnat, mais ils oublient qu’ils ont moultes éditions qui roulent pour eux : Libération, Marianne, NouvelObs, Charlie-Hebdo, Le Monde, Canal+, France2, LCP etc ... Quelle manichéïsation de la Politique en France ...Cela n’est-il pa sen partie du à la Presse elle-même qui ne joue pas son rôle de contradicteur ? Enfin, 2007 est l’année de l’emancipation de la Politique en France ...


                    • jean bernard (---.---.231.84) 1er avril 2007 12:14

                      Tout manque aux journalistes et depuis longtemps:l’impartialité ,la recherche d’une verité multiforme,l’objectivité,l’art de faire parler tous les invités egalement plutot que d’imposer leur discours depuis longtemps deconsidéré,l’intelligence,la culture,l’art de parler francais correctement plutot que de pratiquer a tout va l’a-plat-ventrisme par exemple à l’égard de la langue anglaise...Il leur manque également la conscience d’une culture et d’une histoire francaises, l’humilité,la gentillesse ,le sens de l’autre,le respect,l’interet pour la vie des petites gens.Ils ne sont plus ecoutés depuis longtemps.Se plaindre de leurs comportements aupres de leur redaction ne change rien:laissons faire ,nous ne leur accordons, ainsi qu’aux sondeurs ,aucun interet et nous nous faisons et maintenons nos opinions independamment de leurs discours creux et partisans .Leur accorder quelque interet ,c’est faire trop d’honneur a leur vanité trop bien payée.....

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