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Accueil du site > Actualités > Médias > Le mythe de l’empereur-dieu Sarquosi

Le mythe de l’empereur-dieu Sarquosi

Je ronge cet os depuis quelques semaines déjà. ’Indianapax et la paradigme perdu’, à force de lire les médias français pour les faits d’actualités et pour eux-mêmes, tout en biaisant mes lectures, j’ai un brouillon de réflexions autour du système politique français actuel. Les biais de lectures sont les suivants : 1° le pouvoir contrôle les médias, et donc choisit le message ; 2° tout fait médiatisé a une pertinence stratégique pour la communication politique ; 3° les médias sont utilisés par le pouvoir politique dans un principe de narration rhétorique qui sert leurs intérêts. Par média, j’entends les mass-medias, aka el TFOne, Franche2 et consort, les grands papiers imprimés, la radio : suffit de voir le groupe auquel appartient ledit media et si le boss est dans la cours de récré du petit N. D’autres medias ne sont pas compris dans cette simplification sémantique, comme par exemple Mediapart, Arretsurimage.fr, Agoravox, Rue89, Dailymotion. Par pouvoir politique, j’entends le p’tit N. et ses sbires, serfs, etc. ou, dit en politiquement correcte : le système de pouvoir sarkozyste.

Ma méthode n’est pas (très) scolaire, une forme de cryptographie visant à décoder la méthode de com du gouvernement. Le but de cette analyse est d’expliquer la situation française dans les liens entre pouvoir et contre-pouvoir, classe dirigeante et ’peuple’ (ou classe dirigée), décision et résistance. Cette situation se définit, à ce qu’il me semble, par l’impuissance quasi-totale des contre-pouvoirs officiels et officieux à résister (prouver leur pertinence) et à exister pour et par le peuple, et cette impuissance comme détérioration, destruction des droits des dirigés.

[Mes lectures de références pour ceci sont, dans le lointain, un peu d’anthropologie structurale (Levi-Strauss), de la sémiologie, de la logique formelle et de la linguistique (académique) et le soupçon de Barthes, feuilleté et auquel le titre de ceci se réfère.]


C’est parti : et une topographie des registres narratifs des médias pour commencer. Topologie des domaines qui leurs sont liés : le pouvoir, ses effets, ses causes, les moyens et les fins.

L’exercice de la remise en ordre me semble être un premier niveau. Ou encore, exercice de la répression : Tarnak, les enfants à la sortie de l’école, le grand-père sans papier, les sans-abris. Logique de la peur, il y a un sentiment d’injustice avéré qui s’en dégage, et qui est voulu (cfr. les biais). Dans cette logique de la peur, un sentiment prédomine, celui d’impuissance face à cette injustice, car la criminalisation peut toucher n’importe qui. Si Lepen a aussi joué sur les peurs, la différence vient de la peur des forces de l’ordre, d’être pris pour coupable. La cause de ce message répressif se trouve dans les mass-media (jouant sur leur vocation d’infomacon, du chien écrasé), le moyen par lequel il existe se trouve dans la police/force de l’ordre, et a pour fin l’exercice de la répression. 

Le second niveau se donne comme l’exercice du législatif. Ou encore, exercice d’une forme de pouvoir totalitaire. Hadopi, Lopsi, détaxe des plus riches. De manière avérée, le parlement vote des lois qui servent les puissants aux détriments des faibles. En s’affichant ostensiblement comme partisans de ces décisions, les portes-paroles envoient un message très clair, celui de la toute puissance du gouvernement, au détriment des gouvernés. C’est pour cela que Hammon parle de provocation - les contre-pouvoirs ne peuvent rien faire, et il y a là une volonté de zizanie, de destruction de l’adversaire, car il est, de fait, impuissant - mais à cause des votants, et pas de lui-même. La force paralysante de l’hypocrisie avérée. Si la cause de ce message de puissance totale réside dans la classe politique, légiférante, le moyen en est les médias qui avertissent. Et la finalité est la modification de la loi, et de son exercice. (Comme, aussi, le projet de suppression des juges d’instructions.)

Et le troisième niveau est le super bling-bling, le Sarquo star-fucker, le niveau du pouvoir populiste. Véritable force dans le système actuel, il assoit dans le rêve le petit empereur. Au-delà de son discours à la comme tout le monde, au-delà de sa familiarité avérée, sa fascination d’îcone passe par l’usage de ses droits et relations de président - mais dans ce qu’il lui donne comme avantages matériels : yacht, femmes, hôtels, jetset. Il s’adresse surtout aux faiblesses des désirs de l’individu : l’habitude face à la télé (ou dans les tabloïds) de voir des stars place le ptit N. parmi celles-ci. La cause de ce message est la volonté de l’empereur, le moyen en est le star-système, et il trouve toute sa raison d’être lorsqu’on le voit à la télé, avec Karlita.


Voilà donc les présupposés du mythe politique. Il explique, dans sa narration, l’histoire de l’empereur, ses belles aventures et ses petits ennemis, la puissance de sa volonté et la présence des flics dans les écoles. Il englobe la vie de la France en lui donnant les explications de sa souffrance et de ses joies.

Plus précisément, les trois niveaux se structurent de la manière suivante, comme le mythe, sur trois niveau :
 
Niveau de pouvoir : CAUSE : MOYEN : FINALITE : / Niveau de narration :
Répressif 1 médias : faits divers aux infos 2 police, force de l’ordre 3 sentiment d’injustice, peur Le Réel, les faits
Totalitarisant 4 les sbires de la politique 5 médias : rôle d’information 6 modification du champ légal, zizanie Le Symbolique, le devoir
Populiste 7 l’élite politique : Sarquo et ses amis 8 le système de starification 9 médias : rubrique people L’Imaginaire, le rêve
  narration figure narrative
démonstration du mythe Niveau de réalité du mythe.


Voilà donc le gros mythème politique français. Quelques explications complémentaires sont nécessaires. 

Les médias : A chacun des niveaux apparaissent les médias, mais dans différents rôles. Au niveau réel, ils parlent de la réalité du peuple, ils disent : les choses se passent de la sorte pour tout le monde, et ils jouent sur la peur de l’autre et de la répression. Au second niveau, ils sont un vecteur des sbires politiciens, et le rôle du journaliste n’est plus de se poser en autorité qui dit la réalité mais bien de trouver un interlocteur, l’interviewé - le centre de l’exercice de gouvernance. Au troisième niveau, ils existent comme machine à rêves, comme support d’images qui parle de ce qui ne concerne pas Mr tout le monde.

Les sbires et mains d’oeuvres : Sur l’axe 4-2, on voit l’execution du système, l’application du devoir et de la loi. Une forme d’axe du législatif à l’executif.

L’aristocratie : Sur l’axe 7-5-3, on voit apparaître les castes. Le peuple qui a peur (3), coincé par les flics et la loi (2 et 6), est la réalité française. Au-delà du miroir du petit écran (1-5-9), le rêve : les petits politicards et les stars (4 et 8) et enfin, l’empereur et ses proches (7).


Ce qui se dégage de ceci est l’innovation du clan du petit N. dans l’usage des médias. En le faisant apparaître au niveau de l’Imaginaire, du rêve, il polarise un antagonisme paradoxal. Au-delà de ses abus, il fascine ; la colère que Mr tout-le-monde voudrait avoir à son égard est culpabilisée par le respect de sa position. Si la présence des forces de l’ordre, omniprésentes en France pour l’instant, est certes désagréable, elle renvoie à l’empereur : ce sont ses envoyés, et ils ont tous les droits. 

Cette assise de l’Etat comme invasif s’oppose à l’Etat de droit, mais c’est parce ce n’est pas Mr le Président Untel, mais une figure mythologique, construite de toutes pièces par les caméras, que les abus sont subis et tolérés. De la peur à l’envie, les médias inféodés structurent la place des uns et des autres dans l’imaginaire populaire français.

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4 réactions à cet article    


  • curieux curieux 22 août 2009 13:28

    Dire que cet inculte a simulé un malaise pour se FAIRE payer un mois de feignasserie aux frais du contribuable et en feignassant même les dimanches


    • Fergus fergus 22 août 2009 16:30

      Pas d’accord avec vous : Sarkozy a bel et bien fait un malaise (probablement cardiaque comme l’a indiqué dans un premier temps Lefebvre avant de se faire taper sur les doigts).

      Si ce malaise avait été bidon, toute la com’ autour de cet évènement aurait été verrouillée préalablement par l’équipe de Franck Louvrier, ce qui n’a pas été le cas (dérapages verbaux ou comportementaux de Lefebvre, Guéant, Fillon et le délinquant Balkany).

      Pour cause de témoin, Sarkozy a dû reconnaître le problème de santé et rebondir en le minimisant d’une part et en faisant pleurer les braves couillons de citoyens. En cela, il a bien joué le coup.

      Mais cet effet positif sur les sondages risque de faire long feu et d’être fort mis à mal par l’entrée prochaine dans le dur de la crise sociale. 


    • Leo29 Leo29 22 août 2009 14:00

      Sarkozy ne rentrera jamais dans la mythologie de quoi que ce soit, il ne sera ni un mythe, ni une légende, tout au plus un usurpateur.....
      Il aura profiter d’une convergence d’éléments qui lui ont permis d’asseoir son autorité :
      absence et crise de l’opposition.
      Non-existence de personnalités politiques talentueuses.
      Recul de la démocratie : médias, journalistes, syndicats qui ne font pas leur boulot....
      Bref de tout un système de valeurs qui s’écroule...ne reste plus que le fric........

       


      • herve33 22 août 2009 15:33

        Le système français vu de Belgique , mais Sarko n’est qu’une marionnette pour remplir le vide abyssale de la politique et de leur moyen d’action , non seulement de ceux de son propre camp mais ces supposés adversaires que sont les socialistes qui en fait mange dans sa main .

        La réalité est que le réel pouvoir politique a complètement changé de mains , il ne se trouve plus à la tête de l’Etat mais à la commission européenne directement lié à l’oligarchie financière et industrielle dirigée depuis Wall Street . 

        Il est à noter que les principaux commissaires européens ainsi que son président ont tous fait leurs études dans les plus grandes écoles américaines et complètement inféodé à la mondialisation néolibérale .

        Même sans Sarko , on peut se demander en quoi , la Belgique serait telle si différente de la France vu qu’elle fait partie de cet europe tellement immobilisée et sans pouvoir .

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