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Les logiques du coeur et de l’excellence

Eric Zemmour a de nouveau frappé samedi soir chez Laurent Ruquier ! Grand Corps Malade était sa nouvelle cible et une personne du public s’est invitée. En effet, alors que Zemmour le descendait en flèche, un garçon au discours des plus démagogiques et moralisateurs s’est empressé de défendre la victime, sorte de mélange entre l’argument ad hominem et la phrase bien connue "T’es pas de la banlieue donc tu connais pas". Les sophismes ont triomphé le temps d’un intermède pas peu singulier dans le paysage audiovisuel, les applaudissements ne se sont bien sûr pas fait attendre - entrons dans le culte des ignorants, de la pseudo-tolérance et surtout du "ne me critiquez pas, j’ai tous les droits". Cette scène est le parfait exemple des dérives du sentimentalisme, de la critique et de l’excellence.


Gd Corps malade vs Zemmour [clash] Ruquier 271208 Onpc
envoyé par peanutsie


Tout semblait aller dans le meilleur des mondes. Abd Al Malik recevait des éloges de la part du journaliste du Figaro, aucune animosité particulière entre les invités jusqu’à ce que Grand Corps Malade arrive sur le plateau. Ce fut le moment pour Zemmour d’expliquer pourquoi il n’aimait pas ses textes.

E. Zemmour : "Je vous trouve très sympathique évidemment. Mais j’ai lu vos textes et là, je vous avoue que je suis tombé de l’armoire. C’est un ramassis de rimes pauvres, mais vraiment désespérant. Dans le fond, c’est une espèce de dissertation d’un adolescent de 4e avec le sentimentalisme qui va avec."

G.C.M. : "J’ai eu la fierté d’avoir énormément de témoignages de profs de français qui m’ont dit qu’ils avaient utilisé mes textes pour les étudier."

E. Zemmour : "Cela prouve bien que le niveau s’effondre à l’école !. "


S’ensuit une défense de la part de Ruquier et une autre critique de Zemmour ("La forme entraine le fond, c’est bien-pensant, c’est Tout va très bien Madame la Marquise") pour arriver à l’intervention d’un type avec un chapeau.

Ce n’est pas très compréhensible mais en somme il dit qu’ "il y a des milliers de jeunes qui se sont mis à écrire en entendant la voix de Grand Corps Malade (...) et déjà j’ai le coeur qui bat à la triple croche, au bord de la crise cardiaque (...) il y aurait encore plein de choses à dire car ces messieurs ont réussis à mettre le sourire aux jeunes (...) ces textes c’est nous-mêmes (...) nous on écrit nos poèmes avec des mots faciles et pas beaucoup de vocabulaire (...) vous on ne sait pas d’où vous venez mais c’est sûr vous n’avez jamais travaillé en banlieue, vous n’avez jamais travaillé avec des jeunes de 17-18 ans analphabètes et illetrés, et pourtant quand ils entendent des chansons comme ça ils ont envie de réaimer les mots, les signes, peut-être même des livres que vous lisez"...

Le public jouit à l’élan du coeur plus qu’une voiture après être passée à la pompe à essence ! Au nom du n’importe quoi les codes sont bouleversés, au nom de la marginalisation tout est permis, on nage en plein délire.

Ce qui s’est passé samedi soir n’est pas le fruit du hasard. On peut s’étonner de différentes réactions.
Tout d’abord la critique. En quoi critiquer est-il néfaste ? Eric zemmour n’a pas aimé, c’est son droit le plus strict de le dire, et surtout de l’argumenter. Pourquoi devrait-il y avoir un veto sur la critique négative ? On peut "critiquer" seulement pour dire un avis positif, mais malheur à celui qui osera ne pas être d’accord.
Là où on nous sert du sentimentalisme, on reproche d’analyser avec raison. La logique des sentiments n’est que le voile de la raison.

Grand Corps Malade, on aime ou on aime pas. Se baser sur les textes n’est peut-être pas la méthode la plus objective pour parler d’un artiste en général mais cela n’en reste pas moins révélateur. Encore une fois, on ne s’en tient pas qu’aux sensations provoquées pour juger, cela en fait partie mais on se base aussi sur des critères objectifs. Il faut bien avouer que derrière une musique à faire pleurer le premier venu, un texte ne se grandit pas.

Là où il y a un problème, c’est quand on voit ce genre de lieux communs analysés à l’école ou mis sur un même pied d’égalité. Tout ne se vaut pas. Rimbaud n’égale par Marc Lévy autant que Mozart - pour grossir le trait - n’égale pas Bénabar. C’est ce que l’ont voudrait parfois nous faire croire au nom d’une certaine tolérance dévoyée. On ne joue pas dans la même cour, ce qui n’empêche pas pourtant d’aimer, là est un autre débat : celui des goûts. Et quand bien même je pense que "chacun ses goûts" est la réponse la plus absurde qui soit dans un débat, il ne serait pas vain de revenir aux fondamentaux, non pour glorifier le passé et attaquer le présent mais pour avoir une assise sur laquelle juger. Le monde évolue certes, mais pour écrire il faut toujours avoir une bonne syntaxe et pour chanter, avoir une bonne justesse...aussi surprenant que cela puisse paraitre, ce n’est plus tant que le cas !

La religion du coeur emboite encore souvent le pas, justifiant de façon ultime n’importe quel livre ou disque car "ça m’a touché au plus profond de mon être" ou "c’est écrit, chanté avec le coeur". Si certains s’avèrent être leur but dès le départ, ce n’est pas non plus une généralité.
Le discours de ce jeune garçon chez Ruquier est dans la même lignée, avec en plus le culot moralisateur et l’arrogance démagogique. Parce que j’ai travaillé avec des jeunes de banlieues, j’ai tous les droits et toutes les raisons de ne pas avoir tort. On se range systématiquement du côté de la victime, elle qui a toutes les vertus. Mais comme l’a très bien dit Zemmour ,qui par ailleurs connait bien la banlieue pour y avoir vécu, vivre ou non dans le 16ème arrondissement n’empêche pas de critiquer. Le monopole du terrain est un leurre.

Puisque Grand Corps Malade - ou d’autres - n’est pas une plume incontournable, arrêtons de le mettre au panthéon des artistes, et surtout des exemples à montrer.
On peut se demander dans ces circonstances où se trouvent les limites de la critique et de l’excellence. En prônant les sentiments comme seuls justificatifs à une critique ou une action -politique ou non, on a de quoi s’inquiéter face à la pertinence culturelle et à l’enseignement donné aux jeunes. Si les médias n’y sont absolument pas étrangers, il faut aussi que le rôle de l’éducation reprenne sa place. L’éducation fait la culture et la culture amène à ne pas raisonner qu’en termes de sentiments et de tout vaut tout. La critique ne serait plus si intolérée, et, les fondamentaux repensés, le premier slameur venu n’aurait pas droit à une étude en classe.
L’avenir n’appartient pas au nivelage par le bas.

Alain Finkielkraut disait très justement : "Ce qui menace la culture en France et dans les autres pays occidentaux aujourd’hui, c’est l’indifférenciation : le remplacement de la Beauté et de la Vérité comme valeurs suprêmes par le principe en apparence tolérant mais en réalité mortel du "tout se vaut."


Partie 1 :


Abd al malik et Grand corps malade chez ruquier (1/2)
envoyé par mogicco

Partie 2 :

Abd al malik et Grand corps malade chez ruquier (2/2)
envoyé par mogicco



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41 réactions à cet article    


  • wesson wesson 29 décembre 2008 10:59

    Bonjour l’auteur,

    la télé, déjà que je la regarde pas, c’est pas pour me faire ensuite expliquer les émissions par écrit. C’est un peu ridicule ça. "roooh le monsieur Z. il a dit ça dans le poste, raah, et puis l’aut. tip. il lui à répondu çi", comme c’est prodigieusement intéréssant, surtout si on vous as au préalable pratiqué l’ablation des 3/4 de votre cerveau pour le remplacer fort justement par du coca-cola !

    Zemmour se cherche une popularité de provocateur, il n’a qu’a lui aussi inviter Faurisson pendant son émission ... 



    • Frédéric Degroote Frédéric Degroote 29 décembre 2008 11:40

      Je crois que si je pars de cet exemple télévisuel, c’est justement pour en tirer quelque chose de plus général. On voit que vous m’avez lu...


    • wesson wesson 29 décembre 2008 23:15

      pfff ...
      j’oubliais, j’avais en modération repéré cette transition étonnante

      "L’avenir n’appartient pas au nivelage par le bas.

      Alain Finkielkraut disait très justement ...
      "

      Parler de Finkielkraut juste après avoir évoqué le nivelage par le bas, ça m’a décroché un large sourire !


    • Frédéric Degroote Frédéric Degroote 29 décembre 2008 23:47

      Haha ! Mon pauvre ami, vous coulez de plus en plus au fil de vos commentaires. Le débat des idées a dorénavant échoué au tribunal de la morale avec vous. Et je parle pour tous vos commentaires.

      Il est un fait certain que c’est l’assistanat et les mêmes méthodes reprises depuis 20 ans qui vont permettre de penser autrement. Vous êtes le parfait exemple d’une pensée totalitaire qui vivez sur vos certitudes. Je suis jeune, et je me remets en question chaque jour, quoique vous en pensiez.. On n’est pas sensé aimer A. Finkielkraut mais on est sensé accepter le débat démocratique et ne pas vivre qu’ avec des petites phrases assassines. Si Finkielkraut est le nivellement par le bas, alors la France est vouée à l’échec de la culture, à l’échec de la réussite, et du débat idéologique. Parce qu’encore heureux que des gens vous choquent, sinon où irait-on ? Qu’est ce qui vous dérange ? que des gens croient encore au système capitaliste ? Mais mon cher Monsieur, vous nagez en pleine utopie. On se gargarise parce qu’on est de gauche, parce qu’on est soi-disant du bon côté, parce qu’on se sent l’âme d’un révolutionnaire. Tout votre combat n’est qu’utopie. Vous êtes dans la catégorie la plus banale.

      Alors, expliquez moi maintenant en long et en large pourquoi Finkielkraut et le nivellage par le bas vous font tant sourire, parce qu’en fin de compte vous ne l’avez pas fait. Moi aussi je me peux borner à écrire "pffff" à votre commentaire...


    • Pierre de Vienne Pierre Gangloff 29 décembre 2008 11:37

      Si j’ai bien compris le sens de cet article, il s’agit de défendre la pensée racornie et réactionnaire d’un Zemmour, en l’habillant des justes vertus de l’anticonformisme et de la défense de la qualité.
      Mais alors comment comprendre les louanges tréssés à Abb al Malik, monument incontournable de la bien pensance actuelle, textes d’une nullité affligeante, référence appuyée aux grands auteurs pour légitimer une prose insipide ?
      Dans le n’importe quoi, il y a deux qualités : l’une est bonne parce que elle légitime une marotte réactionnaire, l’autre est coupable parce qu’elle ne parle de rien d’autre que de la pauvreté de son expression.




      • Yohan Yohan 29 décembre 2008 13:00

        La chanson, ce n’est pas de la littérature. Je trouve les textes de ce monsieur assez niais, mais je conviens que ça puisse donner accès à une prise de conscience chez certains en banlieue du chemin qu’il leur reste à accomplir pour enrichir leur vocabulaire, au demeurant dramatiquement pauvre. Si GCM sert à cela, c’est déjà bien.


        • Radix Radix 29 décembre 2008 13:12

          Bonjour

          Article sans intérêt : ceux qui n’ont pas vu cette émission s’en fichent et ceux qui l’on vue sont assez grands pour se faire leur propre opinion en se passant de vos "analyses" !

          Si l’on suit votre raisonnement : point de salut en dehors de Baudelaire, Hugo, Lamartine etc...

          A propos de vers de mirliton dois-je vous remettre en mémoire La légende des siècles avec son interminable enfilade d’alexandrins plutôt laborieuse et pourtant Hugo était célébré de son vivant comme le plus grand poète de son siècle !

          Heureusement qu’il a écrit d’autres choses beaucoup plus intéressantes car ces rimes au kilomètre n’auraient pas suffit pour lui réserver une place au Panthéon.

          Je propose à monsieur Zemmour d’essayer de faire lire deux pages de cette geste à des gamins de banlieue avant de venir donner des conseils de programme aux enseignants.


          Radix


          • Emile Red Emile Red 29 décembre 2008 13:56

            L’amoral Zemouuurr en leçon de moralité, tout un symbole de quoi est capable la droite décompléxée, pas de sentiment, pas de coeur, juste une certaine morale, celle qu’elle se fabrique à dessein.

            Zemmouuuur est un gros con s’il était tant cultivé il devrait savoir qu’il y a toujours eu des guerres de chapelle en littérature et qu’en provoquant GCM il a déclaré l’Hernani de la nullité Figarienne. Flaubert en son temps était vu comme lourd, sirupeux et maladroit....


            • appoline appoline 2 janvier 2009 17:50

              @ Red,
              Ceci dit, quand on voit les copies de notre belle jeunesse : O raid, c koi, tu di ke zemour âi 1 con, ben j’te souête 1 bone ané kan maime.


            • fredleborgne fredleborgne 29 décembre 2008 15:00

              On peut aimer GCM et les classiques.
              En plus, GCM par rapport à nombre d’autres chanteurs peut se classer parmi les intellectuels. S’attaquer à lui, c’était donc de la mauvaise foi.
              Ce que j’apprécie plus particulièrement dans cet article, ce n’est bien sûr pas cette histoire de télé mais la conclusion

              "Alain Finkielkraut disait très justement : "Ce qui menace la culture en France et dans les autres pays occidentaux aujourd’hui, c’est l’indifférenciation : le remplacement de la Beauté et de la Vérité comme valeurs suprêmes par le principe en apparence tolérant mais en réalité mortel du "tout se vaut.""

              Le vrai problème, c’est qu’aujourd’hui un film, un disque ou un livre, bon ou mauvais, n’existe surtout que par son budget pub et coute cher à l’achat.

              Le "tout se vaut", ou plutot "je sers la même sauce à tout le monde pour m’en mettre plein les poches et je fais de l’ombre aux alternatives" est le vrai responsable de cet état de fait.

              Finalement, je suis ravi qu’au moins subsiste chez les jeunes une sorte de sentimentalisme. Ca les change de l’image violente qu’on leur attribue souvent.

              Parce que la Beauté a un coeur de pierre et la Vérité aujourd’hui a plus des allures de dogme et d’intolérance aujourd’hui encore plus qu’hier.

              Que les jeunes se réapproprient une culture, c’est bien. De toute façon, la culture libre grace à internet permet un fourmillement qui va permettre un vrai renouvellement au lieu de l’encensement par des vieux cons d’oeuvres nombrilistes, commerciales, voire souvent de vulgaires redites qui bénéficient d’un marché protégé et doivent satisfaire à une allégeance à la pensée unique du système capitaliste actuel.

              Dans un système "culturel" qui parle plus de l’industrie que de l’art véritable, on n’a que ce qu’on mérite : de la merde.

              Et finalement, GCM lui s’en extrait à sa façon, en fédérant, en construisant.

              Qu’a écrit Zemmour ?

              L’autre ? Le premier sexe ? Petit frère ? Le dandy rouge ? Le livre noir de la droite ?

              Lui, il profite de la merde pour nous y faire mettre le doigt dessus. Mais que crée t-il sinon une polémique qui divise encore ?




              • Frédéric Degroote Frédéric Degroote 29 décembre 2008 15:24

                Grand Corps Malade chez les intellectuels, mais on aura tout vu. Les mots n’ont plus leurs sens, on les dévoye à coups d’exemples de plus en plus absurdes.

                Vous n’avez pas bien compris la phrase de Finkielkraut. Si on peut mettre en cause les médias et les publicités qui tournent autour des mêmes produits, je suis d’accord, il ne faut pas oublier que les jeunes sont les premiers ciblés et les premiers touchés. Regardez ce que l’on trouve dans le TOP50 chaque semaine, c’est du divertissement certes mais cela n’a pas le même poids culturel. Je ne crois pas que Sheryfa Luna soit un exemple de la réussite musicale. C’est pourtant ce que l’on voudrait nous faire croire.
                Autre exemple, est ce que les graffitis peuvent être considérés comme de l’art ? Je ne saurais pas y répondre mais ce qui est certain, c’est que l’on voudrait les mettre au même pied d’égalité que la peinture car c’est de l’art de rue.

                C’est cela le "tout se vaut". On ne sait plus faire de différence entre le médiocre et le pertinent. Et je l’ai dit aussi, cela n’empêche pas d’aimer. Je n’ai pas la prétention de penser que seuls mes goûts font autorité de bonnes valeurs.
                La Beauté et la Vérité sont à prendre au sens des fondamentaux. C’est excessivement subjectif peut-être mais on en oublie trop souvent les véritables bases de chaque art. Ce n’est pas pour autant qu’il faut recomposer du Beethoven et ne lire que Victor Hugo. Ce n’est pas une question de dogmes, c’est une question de repères. Et si l’école ne les donne pas dès le départ, où va-t-on ? Il y a tellement d’auteurs contemporains à lire bien plus pertinents.

                Et Zemmour, on s’en fout. Il le dit et c’est suffisant. Pourquoi le mettre face à ses écrits ? J’ai rien écrit comme romans ou essais dans ma vie et je peux très bien penser la même chose.

                GCM fédéralise peut être, ça ne lui confère tout de même pas plus grande légitimité...


              • Emile Red Emile Red 29 décembre 2008 15:50

                "Autre exemple, est ce que les graffitis peuvent être considérés comme de l’art ? Je ne saurais pas y répondre mais ce qui est certain, c’est que l’on voudrait les mettre au même pied d’égalité que la peinture car c’est de l’art de rue. "

                Avant la reconnaissance du cubisme ou du surréalisme est-ce que ceux ci étaient considérés sur le même pied d’égalité que les classiques ? Voyons ce qu’il en est advenu, qui peut se permettre de jauger la qualité d’une oeuvre et pire de la classifier sur une échelle ?
                Seule votre appréhension sensorielle peut s’exprimer et certainement pas votre appréciation intellectuelle, là est la confusion des intellos de droite tel ce gnome idiot de Zemmour qui ne comprendra jamais ce qu’est la transcendance de l’art. Lire Brassens dans le texte c’est limiter Brassens à un quelconque verbiage pseudo poétique, tenter de comprendre Vasarely, c’est renier sa propre émotion au profit d’une analyse partiale déshumanisée, parfaite application du profil politique ultra-libéral. 

                L’art est un don de l’âme à l’âme, toute réflexion rejetant le premier émoi n’est que masturbation de critique rétrograde conservatrice.


              • Frédéric Degroote Frédéric Degroote 29 décembre 2008 16:21

                Mais comment peut-on comparer le cubisme ou le surréalisme avec ce que l’on fait actuellement ? Oui le surréalisme n’avait pas toutes les faveurs de l’époque mais c’était un mouvement intellectuel avec des représentants comme Aragon. Je voudrais savoir aujourd’hui s’il y a des intellectuels qui sont a la base du mouvement des graffitis, je ne crois pas.

                Ala question "qui peut juger une oeuvre ?", je ne crois pas que les sentiments sont seules réponses, sinon c’est la porte ouverte au n’importe quoi. Je pense par exemple qu’avec des années de conservatoire, de pratique musicale (pas que classique, l’éclectisme est la meilleure des choses), quand on commence à acquérir et s’approprier la pratique, technique, l’interprétation, l’improvisation, bref les fameux fondamentaux de la musique, je pense qu’avec ce bagage, on a déjà plus une certaine légitimité pour critiquer une oeuvre musicale. Pas dans le sens de l’élitisme, où alors un élitisme positif.
                et justement la musique, qui est la première à traduire des émotions, ce n’est pas pour autant que l’on ne peut discuter du fond. Je suis scandalisé d’entendre parfois des chansons avec 3 accords, qui marchent et qu’on porte aux nues. Cela n’empêche pas d’aimer mais cela fausse l’image pour le novice. Quantités de jeunes qui ne veulent que "gratter" sur leur guitare et qui renie un Clapton ou un Jimi Hendrix... Emotions ou pas, le sens critique ne fait jamais de tort.



              • Emile Red Emile Red 29 décembre 2008 17:24

                Il n’y a aucune légitimité à critiquer quelque oeuvre que ce soit, ce n’est qu’un droit qu’on s’adjuge illégitimement que l’on soit immensément technicien, connaisseur ou praticien ou que l’on soit un pauvre amateur, apprécier une oeuvre d’un point de vue raisonnable est exactement ce que fait un patron à propos du travail de son salarié, on demande à l’artiste un résultat qui nous convient, non une piqure qui vous emporte irraitionnellement vers le plaisir involontaire.

                Comme je disais plus haut, c’est masturbatoire que de croire qu’une suite de quinze accords de septième diminuée puis de onzième aurait une valeur supérieure à trois accords de dominantes simples et carrés, seul le ressenti à valeur pour l’auditeur, le compositeur ou l’interprète. Bien sûr que c’est de l’élitisme ou du semblant que de s’accorder un droit critique même si tout le monde se l’arroge. Discuter du fond d’une pièce musicale n’est pas une critique mais une analyse qui n’offre rien de plus que le choix d’aimer ou non, d’y voir une façon académique de travailler ou non, en aucun cas une ouverture à la critique.

                Toute cette culture de la critique, de l’élitisme dévalorisant est le nid de la médiocrité et du mercantilisme abétissant, il n’y a que depuis que l’"art" est mis au niveau d’un produit consommable de rapport que l’on entend parler de droit d’auteur, droit qui bien entendu donne droit à autrui, droit qui implique devoir productif laissant place au quantitatif anihilant le qualitatif et le créatif. Dans ce monde de méritocratie, de débine systémique, Bach, aujourd’hui, aurait fait du Barbelivien et Goya du graph, mais est-ce pour cela que leur valeur serait moindre ?


              • Frédéric Degroote Frédéric Degroote 29 décembre 2008 18:08

                C’est très intéressant ce que vous dites, c’est un bon débat.

                A vous suivre, j’ai l’impression que toute critique est mauvaise. Or, on dit souvent que la critique fait avancer. Tout le monde critique tout le monde, que ce soit de l’habillement à la façon de parler. La culture n’y échappe pas.
                Si on ne peut pas critiquer, si on ne met pas des limites, alors on tombe, comme je le dis plus haut aussi, dans le n’importe quoi.

                Si je parle tant de fondamentaux, c’est pour qu’on n’assiste pas à une déculturation de masse. Comme contre exemple à ce que j’ai dit, je peux très bien trouver facilement des pièces écrites par Mozart avec aussi trois accords simples. Le problème actuellement, c’est qu’on en reste à ça. Plus c’est simple, mieux c’est et donc plus ça fait vendre ? Au fond c’est horrible, c’est dévoyer l’art.
                J’ai pas envie de faire l’éloge de la difficulté pour autant ni des septièmes diminuées, ça n’a pas de sens mais il me semble qu’on ne doit pas se laisser aller toutes les dérives sous prétexte d’élitisme.

                On est abreuvé de pseudos-artistes.
                Le talent semble à portée de mains, et pourtant on ne s’improvise pas compositeur ou chanteur après une voix jugée "belle". 
                Jordi Savall dit "La musique a toujours été un art. Aujourd’hui, elle est beaucoup plus superficielle. C’est un divertissement, un moment de vie sociale. Elle est devenue omniprésente, mais elle est comme vidée de ses éléments fondamentaux."

                Je ne vois pas de masturbation intellectuelle ici ou alors c’est purement et simplement en rester à des sens primaires, dont l’émotion. L’émotion c’est pas objectif, on peut tout justifier par elle et l’histoire nous a appris qu’elle intervient mais qu’elle n’est pas seule condition.

                Et je ne le dirai pas assez, je fais la différence entre simplement aimer et critiquer. On peut juger quelque chose "bon" et le détester personnellement comme on peut aimer un morceau "pauvre" artistiquement.
                Désolé, il n’y a pas de tout-créatif, mais une hiérarchie des choses.

                Je pensais aussi ; pour la masturbation intellectuelle, à mon sens c’est l’autre extrême, notamment "le contemporain classique". Là c’est de l’élitisme pur, on a l’impression d’entendre des instruments qui vont dans tous les sens et on nous justifie ça par des réflexions complètement déjantées.
                Si je n’aimais pas la musique, je ne serais pas entrain de militer pour que l’appauvrissement culturel s’arrête.


              • Gherart 30 décembre 2008 10:07

                Qu’il est affreusement réducteur, oserai-je dire imbécile, de comparer les accords entre eux.

                C’est justement un des traits qui fait la beauté de la musique, de l’art en général. Tous sont également armés, les musiciens ont les mêmes accords les poètes les mêmes mots. Comparer des accords, même pour démontrer par l’absurde comme vous le tentez, et en soi une absurdité sans nom. Personne ne peut se résumer en un accord et d’ailleurs personne ne cherche a résumer un compositeur a un ou une série d’accords.

                Tenter, comme vous le faites, de démontrer que puisque tous les éléments constitutifs d’un art sont égaux alors toutes formes de cet art sont égales est un odieux sophisme.

                Alors oui, il n’y a pas de notes, d’accords, couleurs, mots, gestes, matériaux, "meilleurs" que d’autres. Et alors ? J’ose prétendre que le Requiem de Mozart est a des milliers de lieux, est incomparablement meilleur (le mot est lâché) que n’importe quelle chanson des radios populaires pourtant écrites des même notes.

                J’espère que sur ce point nous sommes d’accords.

                La différence, entre le fauvisme, le cubisme et le graffiti réside en ce qu’il est nécessaire d’être initié pour comprendre l’art. Aucune initiation n’est requise pour saisir un graffiti. De même entre un poème de de Musset et un texte de Grand Corps Malade.


              • Fergus fergus 29 décembre 2008 16:10

                Grand corps malade, je ne connais pas très bien. Mais j’apprécie qu’il puisse établir un contact avec des jeunes de banlieue un tantinet paumés. Ce constat fait, je trouve personnellement ses textes d’une affligeante pauvreté.


                  • docdory docdory 29 décembre 2008 18:07

                     @ Frederic deGroote

                     

                    Ce que j’ai du mal à saisir , c’est pourquoi Zemmour défend Abd el Malik et critique Grand Corps Malade . A mes oreilles , les deux sont aussi consternants musicalement parlants , et les paroles de leur chansons sont des accumulations interminables et mortellement ennuyeuses de poncifs politiquement corrects , bien caractéristiques d’une bonne partie de la variété française . 

                    La variété française a d’ailleurs le tort de faire des chansons qui ont souvent beaucoup trop de paroles , ce qui nuit à l’efficacité musicale . Elle devrait s’inspirer plutôt de la concision verbale d’un James Brown , par exemple :

                     http://paroles-de-chansons.abazada.com/

                    Peu de paroles , beaucoup de musique, c’est ce vers quoi il faut tendre .

                    Cela dit , entièrement d’accord avec vous , Zemmour a un immense mérite , c’est de dire ce qu’il pense sans craindre d’être à contre-courant, ce qui témoigne d’un esprit libre . Ça le rend particulièrement sympathique même si je ne suis pas forcément d’accord avec ses prises de position.


                    • Frédéric Degroote Frédéric Degroote 29 décembre 2008 18:17

                      Oui, je n’ai pas compris pourquoi Zemmour défendait Abd Al Malik. Il a expliqué c’était dû à sa subversion, qu’il n’était pas dans la bien-pensance, contrairement à GCM. Il n’a pas glorifié pour autant la forme de ses textes.
                      Moi je ne l’ai jamais lu, seulement entendu et ce serait bien malhonnête d’émettre un avis.

                      Pour la chanson française, mon avis personnel, c’est qu’actuellement, on a très peu d’artistes qui allient textes et musiques avec la même puissance. Souvent ce n’est qu’un des deux. Et surtout, on est loin des Brel, Gainsbourg etc., ceux qui ont fait les lettres de noblesse de la chanson française.


                    • masuyer masuyer 30 décembre 2008 01:09


                      Moi je pense à celui qui se bat pour faire le bien, qu’a mis sa meuf enceinte, qui lui dit j’t’aime, je vais assumer, c’est rien, c’est bien, qui va taffer des fois même pour un salaire de misère, mais le loyer qu’il va payer, la bouffe qu’il va ramener à la baraque, frère, ça sera avec de l’argent honnête, avec de l’argent propre, ça c’est du lourd. Abd el Malik

                      C’est super subversif en effet. Environ 100% des électeurs du second tour de la présidentielle auraient pu voter pour un programme pareil. Maintenant je prends pas mes cours de subversion au Figaro, contrairement à Eric Zemmour, alors j’ai peut-etre du mal à saisir.


                    • Frédéric Degroote Frédéric Degroote 30 décembre 2008 01:17

                      Oui, je ne suis pas absolument d’accord avec Zemmour sur ce point là. Quand on connait le point de vue du journaliste, on peut comprendre. Il parait que ce rappeur parle de l’amour de la France, c’est vrai que cela change des Sinik et co, maintenant de là à le trouver subservif...


                    • Frédéric Degroote Frédéric Degroote 30 décembre 2008 01:19

                      Subversif plutot


                    • docdory docdory 29 décembre 2008 18:33

                       @ Frederic de Groote

                      Les paroles d’Abd el Malik :

                      http://www.lavi2rue.com/paroles-abd-al-malik-lyrics-6518.html

                      Les paroles de grand corps malade :

                      http://www.parolesmania.com/paroles_grand_corps_malade_8602.html


                      • worf worf 29 décembre 2008 20:42

                        plusieurs choses, d’abord Brel n’est pas français (ne retirez pas encore le peu de grands artistes que nous avons en Belgique), ensuite j’ai trouvé en abd al, quelqu’un qui s’exprime calmement, développe son point de vue en argumentant et n’a pas peur de se démarquer de la mouvance rap traditionnelle.
                        Je ne suis pas fan de leurs styles à GCM et abd al, ( comme l’a fait remarqué quelqu’un, où est la musique ?), mais le peu que j’ai entendu nous montre une différente entre ces 2 hommes.
                        Si GCM n’a pas un riche vocabulaire, n’a pas fait de hautes études, qu’il l’assume et ne vient pas lâcher que ses textes sont étudiés dans des écoles ! S’il réussi à accrocher des auditeurs avec ses textes, tant mieux pour lui et de toute façon, beaucoup de chansons anglosaxonnes du top 50 ne sont guère plus "riches", mais qu’il ne vient pas essayer de se rapprocher d’autres comme Brel car il a un monde de différence !
                        Je ne suis pas fan de zemmour, mais il a le mérite d’exprimer ce qu’il pense sur chaque invité et je rapelle qu’il a apprécié abd al en autre car il parlait dans ses textes de la fierté d’être français ce qui est chaud au coeur du journaliste.
                        La musique et les chansons, sont de l’art et touche à l’émotion, on aime ou on aime pas, il n’a pas besoin de quantifier ni de comparer et encore moins de présenter un artiste qui vend x milliers de cd par semaine comme l’a fait Ruquier quand Seal est arrivé ! Je préfère cent fois mieux un Nolleau qui a choisi comme cadeau de noël que soit invité dirk annegan tout simplement car il aime cet artiste !


                        • paul 29 décembre 2008 21:55

                          Zemmour dérange,parfois il se trompe (par exemple la question des logements sociaux ),mais souvent
                          il touche juste où ça fait mal.Ses analyses et ses critiques permettent d’éviter que l’émission ne serve que
                          de promotion pour les invités .Cherchez dans le PAF un autre polémiste qui ose "tailler" comme lui .


                          • Franc tireur 29 décembre 2008 23:31

                            Zemmour a raison "le niveau de l’école a baissé"....
                            Quand on voit son niveau, lui qui a fait science po paris, on peut sérieusement se poser la question......

                            Mais shuuuut nous n’avons pas le droit de le dire, sinon l’auteur va se facher...


                            • Frédéric Degroote Frédéric Degroote 29 décembre 2008 23:42

                              Je me tue a argumenter alors que vous vous bornez à dire des phrases à l’emporte-pièce. C’est d’un niveau effectivement très haut. Ensuite, ce qui m’importe c’est que "le niveau de l’école a baissé" et pas que ce soit Zemmour qui le dise.

                              Je vais quand même vous répondre :

                              Plus la culture est diffusée, moins il y en a pour chacun et moins elle a de consistance. L’université fait le travail des lycées, les lycées celui des écoles primaires, les classes maternelles celui que les parents ne font pas, ayant eux-mêmes été élevés par l’école de masse, qui a formé la plupart des nouveaux enseignants. Arte, France Culture ou France Musique se consacrent aux tâches jadis dévolues aux chaînes généralistes, celles-ci imitent les postes et stations de divertissement. Tout a baissé d’un cran. C’est la grande déculturation. L ’objectif quantitatif fait partout le lit de l’argent, par le biais de la publicité, des taux d’audience et des lois du marché. La culture disparait au profit du divertissement de masse, et l’école entre dans ce grand divertissement.


                            • masuyer masuyer 29 décembre 2008 23:46

                              Merci à l’auteur comme j’ai pas la télé j’ai manqué ce moment d’anthologie.

                              Alors Zemmour après avoir couvert d’éloges Abd-el-Malik a reproché à GCM des textes sentimentalistes d’un niveau 4è. Je me demande alors si il a écouté ceux d’Abd-El-Malik.

                              Sinon, le couplet éculé sur la mise sur un pied d’égalité de Mozart et Bénabar (bravo la rime riche, ça change de GCM), qu’est-ce qu’il peut ma saouler. Sur quels éléments objectifs vous appuyez-vous pour hiérarchiser ? A part qu’on t’a dit que Mozart c’est de la grande musique. ON vous a jamais appris à comparer ce qui est comparable. Donc de comparer de la musique savante avec de la musique savante et de la musique populaire avec de la musique populaire. C’est à dire Mozart avec Debussy par exemple (encore qu’ici il y a un problème d’anachronisme).


                              • Frédéric Degroote Frédéric Degroote 30 décembre 2008 00:12

                                Mais mon cher Monsieur, bien sûr qu’on peut hiérarchiser. C’est pareil pour les cultures.
                                Vous tombez mal concernant la musique, je m’y connais plus que la plupart des gens sur ce site, j’en peux rien si je suis né dedans. Passons ce détail là d’ailleurs ; musique savante et musique populaire, cela n’existait pas avant. Ou du moins pas en ces termes. Si, il y avait bien de la musique populaire au XVIIème, dont d’ailleurs certains compositeurs s’inspiraient mais si on commence à différencier les musiques, alors on différencie les romans populaires comme Marc Lévy et les romans "savants" à la Jean d’Ormesson et on laisse la place à n’importe quelle écriture.

                                La musique ne doit pas être d’un côté "moins bonne" car populaire et d’un autre "élitiste" car ancienne. Encore une fois, "on peut tout faire car c’est de la musique populaire". Chacune peut avoir ses codes en fonction de son époque certainement mais on doit savoir toujours chanter juste, qu’on soit Britney Spears ou une cantatrice d’opéra. Je me base tout simplement sur les fondamentaux de la musique, qui sont immuables et qui ont toujours existé : l’interprétation, la justesse, la technique, l’improvisation. Cela vaut autant pour Bénabar que Mozart ! Il n’est pas impossible de mettre sur un même pied d’égalité un artiste d’aujourd’hui avec un ancien. Je parlerais plus de continuité alors car ce serait utopique de composer comme on l’a fait durant les siècles précédents.

                                Et si je parle comme ça, c’est parce qu’à l’heure actuelle, la plupart des artistes que l’on nous sert sur les radios et autres plateaux télé donne une image dévoyée de la musique. Tout est formaté et quand ils arrivent sur scène, c’est encore pire, aux oubliettes la qualité dans la justesse, la technique, l’interprétation. Je ne dirai pas de non mais il y a assez d’exemples en chanson française. Alors, quand je vois ça, je ne crois pas que l’on donne une bonne image aux jeunes ! On est en pleine déculturation.

                                Alors bien sûr qu’au fond, on peut ne pas comparer les deux mais c’est dans la tête des jeunes que tout cela se joue. Tout vaut tout car ça appartient au grand groupe "musique". "Le classique, le jazz c’est ringard et le rock c’est cool" en gros. Il n’y a plus de pertinence musicale dans leur tête, et c’est pas de leur faute, les médias y sont pour beaucoup. Il n’y a plus de repères surtout, l’histoire de la musique, ils ne connaissent pas, même pas celle du 20ème siècle...
                                On ne doit pas attendre la musique mais on doit plutôt aller vers elle. C’est là que ça devient intéressant.


                              • masuyer masuyer 30 décembre 2008 00:17

                                Hiérarchisons alors.

                                Prenons la musique savante indienne. Comparez là donc à la musique savante européenne et expliquez-moi laquelle est supérieure à l’autre et pourquoi. J’ai toujours préféré les démonstrations aux affirmations.


                              • Frédéric Degroote Frédéric Degroote 30 décembre 2008 00:30

                                Ok !

                                Je connais assez bien les musiques du monde et un peu la musique savante indienne. Je sais pas s’il faut vous parler de la famille Shankar, de joueurs de bansuris & autre violons indiens, je crois que je peux passer ça.

                                A mon sens, il n’y a pas ici à hiérarchiser. Pourquoi ? Parce que, pour la pratique de la musique indienne, il faut une maitrise de son instrument autant égale qu’une maitrise de son corps. La musique là bas est très spirituelle. Je pense que c’est une civilisation tellement différente de nous que leur musique "classique" à eux est ce qu’on appelle la musique savante indienne. Pour jouer du sitar, il faut avoir une technique de monstre et pour mieux connaitre les instruments à vents - les flutes en bambou -, la technique de souffle est meme quasi supérieure à la nôtre, européenne.

                                Je n’ai jamais dit que les musiques du monde étaient inférieures à notre musique savante, loin de là et peut-être même le contraire. Je considère inférieur ce que l’on veut nous vendre la plupart du temps et qui a une durée de vie de quelques mois.

                                Vous savez, la musique traditionnelle d’un pays est souvent l’âme d’un peuple, et qu’est ce qui n’est pas plus beau que ressentir toute la joie ou les déchirures d’un peuple à travers sa musique. C’est là où elle prend tout son sens, quelque chose qu’on a un peu oublié je crois.

                                "La musique nous permet un regard plein d’émotion et de lumière sur des légendes, des croyances et des événements qui représentent un fabuleux concentré de vie, de culture et de spiritualité." J. Savall


                              • masuyer masuyer 30 décembre 2008 00:54

                                Bon c’est pas mal.

                                Maintenant, ce qu’on nous vend, c’est pas franchement nouveau et il y a bien longtemps que cohabite une culture populaire et une culture à destination du peuple écrites par des "élites". Après les frontières ne sont jamais étanches. D’ailleurs la famille Shankar en est une preuve assez évidente, non ?

                                Mais hiérarchiser les différentes formes d’expression culturelles au sein d’un même groupe culturel, ne me pose pas vraiment de problème. D’ailleurs je trouve que les textes d’Abd el Malik et de GCM ne cassent pas trois pattes à un canard. Mais ils sont, au même titre que Berlioz des produits de la culture française. De même que les ragas sont des produits de la culture indienne au même titre que les tubes des comédies musicales made in Bollywood. Et je pense qu’au XIXème siècle des petits faiseurs de musique avaient aussi parfois plus de succès que des compositeurs jugés aujourd’hui comme géniaux.

                                Et puis, entre nous, Zemmour c’est pas exactement Arthur Londres non plus. Il est à la fulgurance de la pensée ce que Britney Spears est à la musique : un produit médiatique.


                              • Frédéric Degroote Frédéric Degroote 30 décembre 2008 01:15

                                On se trouve des points communs au final !

                                La famille Shankar en est une preuve assez évidente, en effet.
                                Vous avez exactement raison pour le reste de votre texte, quant à Zemmour, produit médiatique peut-être, mais écrivain avant tout...enfin je pense pas que le débat ici doit se porter sur Zemmour.


                              • Gül, le Retour II 30 décembre 2008 01:21

                                Pfffffff ! D’toutes façons, c’est même pas une question d’anachronisme....

                                Mozart, ça rime pas avec Debussy, voilà !!! smiley


                              • masuyer masuyer 30 décembre 2008 01:28

                                C’est dommage, parce qu’il aurait été intéressant de s’intéresser au génie littéraire de Zemmour. Je suis pas spécialiste, mais ça m’étonnerait qu’il repose au panthéon de nos grands auteurs d’ici au XXII siècle. C’est bizarre, mais je pense même qu’assez peu d’entre ceux qui passent à la télé aujourd’hui seront regardés avec admiration le siècle prochain.


                              • Frédéric Degroote Frédéric Degroote 30 décembre 2008 01:35

                                Pour etre honnete avec vous, j’ai lu deux livres et j’ai pas trouvé le style excellent. Bien d’autres auteurs m’ont fait vibrer ! Je ne crois que ce soit une grande grande plume.

                                Je le préfère en essayiste plutot que romancier, mais là on arrive sur terrain des idées évidemment.


                              • ThatJazz ThatJazz 30 décembre 2008 00:54

                                ça m’a fait mal mais sur ce coup là j’étais d’accord avec Zemmour...

                                pour ce qui est de comparer, il est évident que si on vivait dans un monde logique on comparerait ce qui est comparable. Mais le fait est que le temps est au relativisme en tout que voulez-vous y faire. Je me souviens que quand j’ai passé mon brevet, c’était donc en 2001, au brevet blanc on avait eu le texte de la chanson "monopolis" de starmania. Avouez que y’a de quoi se tirer une balle et pour 2 raisons. Déjà, parce que j’imagine que les profs ont voulu faire jeune en nous proposant un texte contemporain mais manque de bol à l’époque de starmania on était soit pas nés, soit à la crèche et en plus je n’ai rien contre michel berger mais franchement...littérairement parlant ça casse pas trois pattes à un canard. Déjà à 14 ans j’étais morte de rire en voyant qu’on allait faire ça pour le Brevet, alors que maintenant on mette du GCM au bac ça ne m’étonne pas du tout.
                                Il y a aussi le problème de l’illettrisme qui est beaucoup plus grave qu’on croit. J’ai passé mon bac en 2004, un bac littéraire avec des gens qui ne lisaient pas, qui écrivaient mal, avec plein de fautes. Mais leur bac on leur a donné quand même. Quand j’étais au lycée, il suffisait d’insérer dans une copie ne serait-ce qu’une seule référence à quelque chose qu’on n’avait pas vu en cours pour avoir un 16-17, tout simplement parce que le simple fait de savoir écrire sans faute valait déjà un 14. De là, Grand Corps Malade c’est du Ronsard, vous me suivez ?

                                Donc même si le slammeur qui a pris la parole était quand même assez démago, et somme toute ridicule le pauvre, il faut aussi comprendre son désarroi. En ce moment des centaines de jeunes sortent de l’école à moitié illettrés, mais personne ou presque ne leur a dit, on a toujours trouvé des moyens de valoriser un quelconque aspect de ce qu’ils pouvaient produire. Ainsi, quand le niveau d’expression orale aura tellement régressé qu’au bac on fera étudier des extraits des teletubbies, il semblera magistral de pouvoir aligner autre chose que miam miam tubby-toast.


                                • chmoll chmoll 30 décembre 2008 10:14

                                  zemmour tu dois souffrir d’un complexe d’infériorité,t’es ignorant sur pas mal de chose,mais tu veux montrer que t’es cultivé sur ces mèmes choses

                                  respire a fond, retiens ta respiration 20 mn ça vas aller mieux

                                  surtout pour nous


                                  • tchoo 30 décembre 2008 10:39

                                    E Zemmour fait du Zemmour, il est au spectacle sa "critique" bien qu’il s’en défende était trés agressive et un tantinet aussi provocatrice, surtout quand dans un deuxième temps il approuve son compère qui porte Alain Souchon au nues de l’écriture (amusez-vous à lire les textes de ces chansons).
                                    On s’en fout un peu des avis de m ZEMMOUR, ce que je regrette c’est que cela à laissé sans voix Grand Corps Malade, mais peut-être valait-il mieux ne pas donner trop d’importance aux aigreurs d’estomac de M ZEMMOUR !

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