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Les mots, le journalisme et la démocratie

Régulièrement, des sondages, des articles, et même des livres mettent en cause la presse. Au risque de répéter une banalité, les mésaventures des médias et les critiques contre la presse proviennent de l’insatisfaction du lecteur devenu à la fois adulte et en colère qu’on lui serve de la soupe plus ou moins digeste. Les raisons ?

Certaines sont bien connues, comme la concentration des titres de presse aux mains de quelques grands groupes financiers également détenteurs de conglomérats industriels. On comprend aisément qu’il est difficile pour un journaliste d’enquêter ou de rapporter de faits dans un journal X sur un produit Y fabriqué par une entreprise propriétaire et du journal et du produit.

Ce qui est plus triste, c’est de constater que des journalistes reprennent à leur compte sans aucun recul et les mots et la vision des services "Com" (communication) des entreprises ou des gouvernements. Les exemples sont multiples. Prenons, au hasard, la notion "de communauté internationale". Les journalistes en question affirment sans la moindre restriction à propos d’un événement de portée internationale : "Condamnation de la communauté internationale", alors que cette communauté se limite aux USA et à quelques pays amis ou alliés. Ces journalistes oublient la majorité des pays qui ne partagent pas l’avis des USA - il est vrai que ces pays généralement pauvres ou "voyous’’, encore un mot imposé, ne font pas le poids face au gendarme du monde. Quant aux peuples, quand bien même ils descendent par millions dans les rues, leur avis ne compte pas, et certains de nos journalistes continueront à parler de communauté internationale qui condamne ou approuve, etc.

Autre utilisation de mots obéissant à la fameuse formule des "deux poids deux mesures" : la violence. Toute attaque contre les forces américaines et leurs alliés est qualifiée de "terroriste" alors que l’acte en question est un acte de résistance inscrit dans la charte de l’ONU qui reconnaît à tout peuple occupé le droit à la résistance.

Enfin, quand il s’agit d’un quelconque événement survenu en Palestine, ces journalistes utilisent le vocable "territoires" sans autre caractérisation. Exemple de phrase souvent entendue : "Le ministre des affaires étrangères X a rencontré le Premier ministre israélien puis se rendra dans les territoires rendre visite à Mahmoud Abbas". Cet "oubli" du titre palestinien révèle la prise de position du journaliste en faveur de l’autre protagoniste du conflit qui, lui, ne veut pas entendre parler de Palestine mais de Judée et Samarie.

Et le plus grave, c’est quand "nos" journalistes adhérent totalement à la vision ou aux mensonges d’un gouvernement. Rappelons l’épisode de certains journaux qui, avec des graphiques "haute technologie", voulaient comme Colin Powell convaincre leurs lecteurs de l’existence d’armes de destruction massive. Ces mêmes journalistes continuent aujourd’hui à nous servir les notions de la sociologie américaine qui est à la base de l’analyse des stratèges américains. Les Américains analysent le monde en se référant à l’idéologie qui fonctionne chez eux. Ils ont privilégié les notions de tribu, de secte religieuse et autres balivernes pour faire la guerre et "reconstruire" politiquement le pays. Résultat des courses : L’Irak est un immense champ de bataille et un dépôt de ruines, politiques et économiques. Et nos fameux journalistes continuent à reproduire la naïveté ou le cynisme américain. Ils n’ont rien trouvé à redire contre des élections en pleine guerre, dont les résultats ont été connus deux mois après et d’où devait sortir un gouvernement représentatif... jusque-là introuvable. Alors que dans n’importe quel pays dit du tiers-monde en paix, ces mêmes journalistes nous rapportent par le menu le moindre détail sur les urnes qui ne ferment pas, des registres d’électeurs raturés, l’absence d’isoloir, autant de choses qui peuvent être et sont véridiques. On veut faire ricaner le lecteur sur cette démocratie dans ces républiques bananières effectivement dirigées par des dictateurs qui ne font pas peur... aux journalistes. En revanche, des élections organisées par des mollahs, ça passe, du moment qu’ils sont pour l’instant des amis de nos amis américains.

La morale de cette affaire :

1) la démocratie souffre ou se dévalorise quand la presse est un monopole de grands groupes financiers, ou bien quand elle dépend de ces groupes ou de gouvernements pour collecter des ressources par le biais de la publicité.

2) Un jeune et futur journaliste qui n’est pas en accord avec la pensée unique en vogue dans la plupart des médias sera un éternel "journaliste chômeur professionnel".

Je termine l’article en revenant sur l’utilisation des mots. L’utilisation de ces derniers n’est jamais neutre. Je me rappelle ma colère quand j’ai lu, sous la plume d’un grand critique de cinéma, "l’origine" d’une actrice dont la mère, selon ce journaliste, était Kabyle, alors que ceux qui la connaissent et qui connaissent l’histoire de l’Algérie, savent que cette mère en question porte un nom turc. Ce journaliste semblait ignorer que les Turcs sont restés trois siècles en Algérie. Visiblement, pour ce journaliste, toux ceux qui viennent d’Algérie sont kabyles. De la même manière, pour nos obtus islamistes, tout Algérien est forcément et musulman et arabe.

J’ai remarqué, ici même à AgoraVox, aussi bien dans certains articles que dans les commentaires, l’inquiétante utilisation abusive de certains mots. L’abus de certains mots, outre qu’il fait perdre à la pensée sa vigueur et sa précision, révèle chez le locuteur une haine de l’autre difficilement supportable. Les récentes polémiques sur les caricatures du prophète de l’islam ont été une triste et nauséabonde illustration de l’intolérance qui gangrène le tissu social. Alors, faisons en sorte qu’à AgoraVox, nous échappions aux critiques formulées ci-dessus parce qu’Internet offre une grande liberté... "Prions" pour que cela dure. N’oublions pas que les plus belles histoires s’écrivent avec des mots qui ont leur propre histoire. Alors respectons les mots, et quand on les bouscule comme le font les poètes, c’est pour enrichir la vie, et non pour la souiller de nos petitesses.


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12 réactions à cet article    


  • Scaton l’africain (---.---.1.1) 21 mars 2006 11:23

    Tout à fait d’accord avec vous Ali Akika, nous pouvons citer d’autres exemples tout aussi frappants de la désintégration de l’esprit journalistique et de la manipulation orchestrée par les mass media : fausses déclarations du président vénézuélien, diffamation des propos de Dieudonné, idem pour la retranscription des propos d’Almadinejad, le manque de rigueur dans l« affaire des morts de Clichy », du nucléaire iranien, collusion de plus en plus inquiétante des journalistes et des politiques...le journalisme se meurt heureusement qu’il subsiste sur la toile en dépit des défenseurs des versions officielles incapables de porter des regards justes et mesurés sur les évènements.


    • (---.---.162.15) 21 mars 2006 11:27

      Je trouve votre propos très juste et je pense lui donner une illustration supplémentaire en rappelant l’emploi très orienté du mot « pirate » dans l’actuel débat sur le peer to peer. Où sont les véritables « pirates » ?

      Am.


      • snapshot (---.---.127.113) 26 mars 2006 20:31

        et que penser du mot « pillage » ou de l’idée de « dévaliser une boulangerie pour 10 euros par mois » ? Ces termes sont directement issus des services de communications de l’industrie du disque et repris « tel quel » par les médias.


      • Thomcom (---.---.108.193) 21 mars 2006 13:51

        Je partage tout à fait votre analyse sur l’importance du choix des mots et les raccourcis lourds de sens souvent effectués par la presse. Ceci dit :

        - « lourd de sens » (que vous éclairez fort justement) ne veut pas forcément dire intentionnel ;

        - au-delà du choix des mots, ce que l’on peut regretter dans le journalisme français aujourd’hui, c’est l’absence ou la médiocrité des garde-fous (médiateurs, instances corporatives...) et le fait que les largesses qui lui sont accordées (aides publiques) sont totalement déconnectées des fins qualitatives.

        - enfin je lance un pavé dans la mare qui ne manquera pas de m’attirer les foudres de la communauté : faire du « journalisme » est un métier qui s’acquiert, mobilisant des compétences, des méthodes et une déontologie spécifiques. Si elles ne sont pas assez appliquées dans la presse écrite professionnelle française (ce en quoi je suis d’accord avec vous, il suffit de lire Bévues de presse de JP Tailleur paru récemment, seule véritable étude qualitative comparative avec la presse anglaise et espagnole et reposant sur des exemples concrets), qu’en est-il de leur application sur un media comme Agoravox ? j’ai lu récemment sur ce site que certains considéraient qu’il constituait une forme de « journalisme citoyen » (il y aurait donc un journalisme non citoyen ?). Je suis très, très sceptique. Ce que j’y ai lu ne ressemble en aucun cas à des « articles » au sens journalistique du terme, mais plutôt à des billets d’humeur. Or les règles de l’écriture journalistique permettent notamment, lorsqu’elles sont respectées, de comprendre tout de suite ce qui relève de l’information et ce qui constitue son commentaire. Sur Agoravox, nous sommes en permanence en « eaux troubles » et j’y ai trouvé peu d’informations au sens strict (fait inédit non publié répondant aux 5W : qui ? quand ? quoi ? où ? comment ?). On m’a répondu qu’Agoravox permettait à des « spécialistes » de se faire entendre en dehors des media traditionnels. Je me trompe peut-être, mais j’y lis d’abord et surtout le témoignage d’une certaine souffrance : celle de ne pas être reconnu à sa juste valeur et la satisfaction de pouvoir « exister » autrement (souffrance que nous partageons tous, mais qui ne constitue pas la qualité première d’un bon journaliste). Votre avis ?


        • akika 21 mars 2006 14:48

          je partage en gros votre analyse. s’agissant des participants à Agoravox, j’ai dit au détour d’une phrase dans mon article ce que je pense de certaines réactions qui soulèvent le coeur et blessent l’esprit. A mon avis, il faut distinguer plusieurs types de comportements. Il y a les narcissiques qui veulent étaler leur ’’culture’’ et puis je crois c’est la majorité, il y a ceux qui pour x raisons ne peuvent intervenir dans le débat pour les raisons que j’ai essayées d’expliquer dans mon article d’aujourd’hui. Dans mon cas par exemple, l’Algérie est absent et quand elle est présente, elle l’est par le malheur et le mépris. J’interviens pour informer mais d’autres peuvent le faire mais ne le font pas. Alors je me sens un devoir de faire un article sur Kateb yacine notre icone de la littérature, un écrivain reconnu comme l’une des plus belles plumes de la langue française. voilà j’espère avoir répondu à votre interrogation et merci pour votre jugement à propos de mon article. Ali


        • boissonnet (---.---.249.185) 21 mars 2006 16:15

          Les approximations, les clichés, les répétitions moutonnières sont la plaie du journalisme actuel. Les professionels ont leur part de responsabilité. Ils cèdent bien trop souvent à la facilité. Mais il faut hélas constater que les plus expérimentés d’entre eux se retrouvent régulièrement écartés en faveur de plus jeunes, plus sexy, souvent des pigistes, qui ont essentiellement pour avantage d’être nettement moins payés. L’orientation constante vers le « plus vite et moins cher », l’info manipulée et l’absence d’interactivité, se traduisent par une dégradation de la presse nationale et régionale, la disparition ou la restructuration de nombreux titres. Aujourd’hui, les lecteurs-citoyens les plus avides d’informations se tournent vers le média internet, les blogs ou des sites comme Agoravox, symbole d’une nouvelle ère. L’info devient plus accessible, et c’est tant mieux. Mais l’âge d’or du métier de journaliste me parait derrière nous.


          • Thomcom (---.---.108.193) 21 mars 2006 20:11

            Vous dénoncez le manque de professionnalisme de la PQN et de la PQR... elle est loin d’être parfaite, c’est un fait. Mais penser que les blogs ou qu’un site comme celui-ci sont plus « professionnels » témoigne du faible cas que vous vous faîtes de la déontologie de ce métier, ou d’une méconnaissance des règles de base du journalisme.


          • Thomcom (---.---.108.193) 22 mars 2006 01:00

            ? ?? rien compris.


          • Thomcom (---.---.108.193) 22 mars 2006 01:01

            Ca s’adressait au commentaire qui suit...


          • (---.---.43.89) 21 mars 2006 23:21

            Parcours d’17 trous :
            - Legion Etrangere
            - OAS
            - Harki
            - Algeriens
            - Maroccains
            - Maretaniens
            - Saharis d’Ouest
            - Touareg
            - Berber
            - Polisario
            - FIS
            - ...
            - Bouteflika
            - Boumedienne
            - Ben Ali
            - Hassan II Trophy Trou 18(ClubCabanne) devant le public des clubs de fer informe ... . Et le fin-jeu n’est pas avec les batteurs au/en bois. La partie est facile pour les journalistes a rediger seulement avec des « mots » mais ca m’ennuie et j’endorme ... . Le combat des choses et pas des mots purs ca m’interesse.C’est plus interessant ... Reponse & Augmentation :« ma colère quand j’ai lu, sous la plume d’un grand critique de cinéma, »l’origine« d’une actrice dont la mère, selon ce journaliste, était Kabyle, alors que ceux qui la connaissent et qui connaissent l’histoire de l’Algérie, savent que cette mère en question porte un nom turc. Ce journaliste semblait ignorer que les Turcs sont restés trois siècles en Algérie. Visiblement, pour ce journaliste, toux ceux qui viennent d’Algérie sont kabyles. De la même manière, pour nos obtus islamistes, tout Algérien est forcément et musulman et arabe »(« Les mots, le journalisme et la démocratie » par Ali Akika cinéaste, Agoravox, 21.03.’06).


            • Bertrand C. Bellaigue Bertrand C. Bellaigue 2 avril 2006 12:39

              Je m’adresse particulièrement à "Thomcom (IP:xxx.x5.108.193) le 21 mars 2006 à 13H51

              Ce que je reproche au genre d’exercice auquel nous nous livrons dans Agora interactif, autour des « papiers » approuvés ou critiqués - peut importe - est l’anonymat .

              Cette habitude comporte un grave danger car elle risque de tomber rapidement dans le style « corbeau ».

              Je suis journaliste. Un métier qui faisait rêver, naguère ; dont on hésite à se vanter aujourd’hui, en raison de la réputation que certains d’ente nous lui ont valu. Quarante ans de métier au sein d’une agence de presse mondiale, m’ont donné - au mloins - le sens de la relativité des choses et l’iportance capiptale et de la tolérance, en Afrique du Nord, de l’Ouest et de l’Est, en Asie, en Amérique du Sud, en Espagne ou dans les guerres régionales et post-coloniales, ainsi que dans les coups d’Etat militaires asiatiques, africains ou latino-americain.

              J’ai constaté à mon retour - à la manière de « Rip van Winckle » le héro d’un des contes de l’écrivain americain Washigton Irving - combien les chemins incertains parcourus par la presse dans ce pays, différaient parfois de ceux que j’avais suivis à travers le monde, au service des milliards de lecteurs potentiels de mon agence. « Ils n’en mouraient pas tous, mais tous étaient atteints » disait La Fontaine dans sa fable.

              Je pense nécessaire de rappeler aussi souvent qu’il le faut les bases de ce metier, brièvement :

              I - Un journaliste est un témoin. Il doit, dans la mesure de son objectivité et de son honnêteté intellectuelle :

              1 - décrire les faits qu’il a observés, en répondant comme vous le suggérez vous-même aux questions : Qui, quoi, où, comment, pourquoi ? 2 - les mettre en situation, 3 - en expliquer la cause 4 - on ne demande pas à un jounaliste de predire l’avenir.

              III - Il n’est pas un policier, ni un juge d’instruction, ni un magistrat, ni un prêtre, ni un pasteur ni un « preacher ». Pas même un « chevalier blanc » bien qu’il puisse, quelque fois, en ressentir le besoin.

              IV - Une autre règle : « Ce que vous pensez n’intéresse pas le lecteur , mais les faits, rien que les faits » :

              V - Les « métastases » : 1 - La plaie « cancerigène » pour l’âme et l’esprit dont souffre le journalisme est l’amalgame qui est fait entre « Communication » et « Information ». depuis une trentaine d’années, aussi bien dans la profession que dans les école professionnelle, Ce sont deux fonctions absolument contradictoires.

              2 - Autre mal absolu : « la connivence entre »journalistes« et »puissants"

              3 - Autre « péché » : « L’ignorance des deux »Chartes« francaise et européenne, censées »moraliser" la profession.

              VI - Si les écoles techniques professionnelles présentent l’avantage de faire « gagner du temps en enseignant les divers »trucs« et techniques du métier » elles ont néanmoins contribué à émasculer cette profession, en fabriquant des « clônes » , comme le font d’autres fabriques de focntionnaires. Rien de comparable avec « Normale sup » ...

              Depuis près de six décennies, ces écoles professionnelles ont contribué à l’élaboration d’une pensée unique, une rigité d’esprit, un sectarisme dont l’humour est suvent absent. Un arboriculteur me parlant un jour des merveilles de la culture du « palmier dattiers » au moyen de « clônes », me disait que cette technique avait permis de reconstituer des palmeraies entières en voie de disparition, mais que si un jour un des arbres tombait malade et mourait, tous les autres en feraient de même."

              VI -En affirmant tout cela je viens de faire bondir et choquer une majorité de mes confrères qui se croient investis de missions. Je n’ai pas dit qu’on ne le pouvait pas. Mais dans ce cas, c’est un autre métier, homonyme. Il est normal et désirables que dans une democratie il existe des moyens d’expression libre. Des moyens de défense communautaires ou partisans. On y rouve rarement la vérité toute nue. Mais il suffit, dans ce cas, d’annoncer les couleurs comme , par exemple, l’a toujours fait l’« Humanité ».

              Une expression libre ne veut pas dire que l’on puisse ecrire n’importe quoi, n’importe comment.

              Il est nécessaire, dans tous les cas de figure, si l’on veut rgagner une confiance perdue, d’assumer ses reesposablités, dire vrai et et signer.

              Bertrand C. Bellaigue


              • boissonnet (---.---.19.83) 3 avril 2006 17:34

                Merci a Bertrand Bellaigue pour son commentaire. Je suis egalement journaliste (40 ans d’experience) et adhere totalement a ces principes de base qui sont souvent oublies. J.Boissonnet (desole pour les accents, clavier US)

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