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Les néo-cons : défense et illustration de Finkie

Que fait-on, quand on ne sait pas comment relever les durs défis d’aujourd’hui et de demain ? On fuit dans le divertissement : vive la « Star Ac’ » qui bat tous les records d’audience ! On s’accroche à de fausses échéances (2007, en France, par exemple)... On s’assomme à coups de tranquillisants en tout genre... tout en dénonçant la « drogue » des autres, le tabac, l’alcool... Ou on se vautre dans des débats dignes des « cafés du commerce », si méprisés hier par l’élite intellectuelle.

C’était quoi, les « cafés du commerce » ?

Des lieux de convivialité, où ceux qui triomphaient des joutes oratoires parlaient plus qu’ils ne pensaient. La majorité « parlante » ? Celle des « y a qu’à », des « il suffit de », des « tous pourris », des « si j’étais à la place de », des « on aurait dû », des « si j’avais su », des « c’est la faute de », des « y a trop d’étrangers dans le monde »... L’histoire revisitée, les regrets accumulés, les griefs additionnés, les rancœurs cultivées.... Populaires ? Populistes, surtout. Les extrêmes (de droite et de gauche) en vivent...

Dans les bars PMU d’aujourd’hui, on ne parle que des chevaux... Consolation.

Mais les « cafés du commerce » qui se raréfient dans nos paysages ruraux et urbains (« la crise ! ») prennent leur revanche. Ils envahissent tout : les « bistrots parisiens », les « cafés littéraires », les « restaurants politiques », la « blogosphère », Internet, les plateaux de télé, les studios de radio, les journaux et les hebdos les plus intelligents, les rayons des libraires, les ministères, les Assemblées parlementaires, les centres de moins en moins « socio » et de moins en moins « culturels »...

Un rien suffit à déclencher non une polémique, mais une « affaire d’État »...

À une époque où il y a de plus en plus d’ « affaires » et de moins en moins d’ « État » (digne), cela ne manque ni de sel ni de poivre...

Les « Guignols de l’info » semblent plus crédibles que l’info distillée par les guignols de la carte de presse. Et les journalistes doivent reconnaître leur défaite face aux « animateurs », aux « producteurs », aux « faiseurs », aux montreurs, aux voyeurs, aux « médiatiquement corrects », comme les universitaires sérieux, chercheurs et pédagogues, soucieux du savoir, doivent reconnaître leur impuissance face aux montreurs de croyances, aux faiseurs d’effets, aux illusionnistes, aux faux-« semblantistes ». Comme les « politiques » authentiques doivent s’écraser devant les « poiltichiens », selon la formule si juste de Gaulle, opportunistes... Sale époque. Défaite de la pensée, redirait « Finkie », Alain, le crucifié sur l’autel du bouc émissaire toujours recherché.


Finkie. Finkielkraut. Voilà l’un de ceux qui alimentent les conversations du grand « café du commerce » qu’est devenue la France prétendant « penser ». Quel « crime » a-t-il commis ? Dire ce qu’il pense, et penser ce qui n’est pas à la mode de penser... Condamné au lynchage, Finkie, ce « néo-réac », ce « Sarkozy des intellos », ce conservateur !

Voilà des années que je lis ce qu’écrit Finkielkraut. Et que j’écoute ce qu’il dit. Que ne l’avons-nous pas écouté davantage, à temps ?

Bien sûr qu’il m’agace, parfois. Quand l’intellectuel français juif qu’il est se fait d’abord un juif intellectuel français, par exemple....Il est malade, comme d’autres (juifs et arabes, notamment, africains de plus en plus) de ce « syndrome hystérique de la diaspora » si mal analysé, qui fait tant de ravages. Il a un ego qui souvent lui bouche la vue. Il a trop conscience du sens des mots pour pouvoir jouer impunément avec eux. Et alors ?
Est-il « réac » quand il émet quelques diagnostics pertinents ? Sur la perte du langage, donc de la langue française, dans les « banlieues » françaises, sur les paroles, souvent pénalement condamnables, de rappeurs-semeurs de haine, sur l’inconscience collective qui fait que le fruit finit par être dévoré par le ver ? Sur ces communautarismes qui transforment la société française en un puzzle ? Sur les démissions des « éducateurs », sur les fossoyeurs de « l’École » ? Sur les lâchetés politiques, sociétales et médiatiques qui nous font aller dans le mur ?

Le plus terrifiant, ce n’est pas le « cas Finkie » : c’est le réflexe de lynchage, de censure, d’exclusion qui frappe tous ceux qui osent dire ce qui n’est pas majoritairement (donc provisoirement) approuvé dans les sondages, dans les « audimats » en tous genres, dans la « pensée dominante ». Dans cette pensée inique. Ou plutôt dans cette non-pensée, de plus en plus unique...

La démocratie, rongée par le haut par une oligarchie qui refuse son nom, est bouffée par le bas par cette « doxocratie » qui est la voix de ceux qui s’expriment sans penser.
Il est sûr que « Finkie » souvent « dérape ». C’est son côté « parano » et « provo ». Mais il est certain qu’il fait plus avancer la réflexion que les donneurs de leçons aigris qui caressent la foule (et non le peuple), les masses (et non le peuple) dans le sens du poil et des vents du moment. Heureusement que la France compte quelques « néo-réac » de ce type. Sinon ce serait la dictature des « néo-cons » (néo-conservatives, dit-on Outre-Atlantique) , des « euro-cons », si nombreux, des « cucu-cons », si nocifs pour la santé mentale collective, à droite comme à gauche...

Continuez, Monsieur Finkielkraut. Celles et ceux qui réclament votre départ de « France Culture » et veulent vous censurer peuvent toujours se rediffuser en boucle la « star Ac’ ». c’est bon pour Coca Cola, redirait le PDG de TFI...

En tous temps, les vrais penseurs sont ceux qui savaient être anti-conformistes sans sombrer dans le conformisme de l’anti-conformisme. Vous êtes de cette trempe- là, « Finkie ».Même quand je suis en désaccord avec vous, je suis sensible à vos arguments... Même sur cette « blogosphère » que vous avez tort de mépriser... Elle n’est que le reflet de nos sociétés, à la fois si riches et si désespérantes.




par Daniel RIOT (son site) mercredi 14 décembre 2005 - 60 réactions
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