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Accueil du site > Actualités > Médias > Les nouveaux chiens de garde...

Les nouveaux chiens de garde...

Ignorée par les médias officiels (et on peut comprendre pourquoi), cette nouvelle édition, actualisée et augmentée, du bestseller de Serge Halimi a tout pour plaire ou déplaire, selon que vous êtes journaliste ou simple citoyen...

Préfacé par Bourdieu (rien que ça), ce petit livre nous dévoile les coulisses du monde des médias français. Collusion avec le pouvoir politique, copinage entre journalistes, dépendances des propriétaires et des annonceurs, tout cela est analysé avec la rigueur habituelle de S. Halimi.

Et quelle rigueur ! L’auteur a fourni un travail d’archiviste considérable depuis plusieurs années, ce qui lui permet de dresser un tableau, sinon exhaustif, du moins donnant une idée précise des différentes relations existantes entre tous les acteurs du jeu médiatique français.

On apprend comment tel ministre, après un changement de gouvernement, se retrouve tout naturellement au conseil d’administration d’un grand groupe industriel, ce dernier lui-même propriétaire d’un tiers, si ce n’est plus, de toutes les publications paraissant en France.

On se révolte aussi quand l’auteur souligne avec justesse la façon dont les médias officiels (presse écrite, radios et télévisions publiques ou privées), loin de toujours vouloir désinformer par intention, se contentent, peut-être par incompétence ou par facilité, de détourner simplement l’attention des citoyens des vrais sujets d’actualité, pour se concentrer de plus en plus sur les faits divers et le sensationnel. Cette tendance lourde, que connaissent toutes les démocraties occidentales, se fait bien sûr aux dépends d’un véritable travail journalistique, d’enquêtes sérieuses, d’articles pertinents, et les prises de positions engagées désertent peu à peu le paysage médiatique français.

Enfin, on découvre que le copinage, bien connu chez nous entre hommes politiques et grands noms du "journalisme", le tutoiement, les repas au restaurant, tout cela est en fait une spécificité bien française ! Sur ce point, et comme tous les lecteurs ne s’en doutent peut-être pas, les Anglo-Saxons sont beaucoup plus pointilleux, et s’astreignent à une discipline exemplaire dans leur relations avec les sujets de leur travail.

Toutes ces révélations (pour qui ne s’en doutait pas déjà) sur le petit monde des médias français ne sont cependant pas faites avec haine. Comme le souligne la préface de Bourdieu, il est possible de comprendre la dérive dont est victime cette profession, et le but premier de ce genre de démarche et avant tout d’ouvrir les yeux des citoyens lecteurs et spectateurs certes, mais surtout ceux des journalistes eux-mêmes. Souvent inconscients de leur rôle au sein d’un système qu’ils ont du mal à analyser, en faisant eux-mêmes partie, ils seraient les premiers bénéficiaires d’une lecture éclairée de cet ouvrage pouvant déboucher sur une prise de conscience salvatrice pour toute la profession.

Ce livre est sérieux, les sources sont là pour qui veut creuser le sujet, l’auteur ne tombe jamais dans la diffamation ou le sensationnel, bien qu’il y ait matière à cela aussi... La longueur enfin (moins de 200 pages) et le prix fixé à moins de 6 euros devraient convaincre les plus récalcitrants de s’essayer à porter un nouveau regard sur ce monde que nous côtoyons tous les jours, sans réellement le connaître.

Bonne lecture à tous !

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28 réactions à cet article    


  • badr (---.---.48.136) 22 janvier 2006 00:12

    Bravo pour ce résumé.

    Il faut signaler quand-même un passage de M. Halimi à l’émission « là-bas si j’y suis » sur France-Inter au début de mois de janvier (je ne suis pas sûr de la date). Ce qui n’est pas du tout suffisant pour un livre de cette qualité.

    Pour les intéressés, un bi-mensuel, auquel participe Serge Halimi, qui s’appelait PLPL et qui s’appellera désormais « Le Plan B », sortira courant mars 2006. Vous y trouverez d’autres volets de la critique des médias, de leurs tenanciers, experts, etc. en plus d’enquêtes sociales.

    Fin de la promotion smiley


    • (---.---.127.125) 22 janvier 2006 04:29

      - C’est semble-t-il un manuel à l’usage des citoyens de notre république !


      • (---.---.127.125) 22 janvier 2006 04:33

        - Oui car les medias modernes ont remplacé relgions et prêtrise pour tenir (et contenir) les gens.


      • (---.---.127.125) 22 janvier 2006 04:35

        - Il faudrait exiger des futurs jounalistes au moins une licence avant d’entrer dans une école de journalise...


      • (---.---.47.126) 22 janvier 2006 20:33

        C’est déjà le cas...


      • wil (---.---.176.42) 22 janvier 2006 09:10

        Lu et approuvé !!!!


        • Méric de Saint-Cyr Méric de Saint-Cyr 22 janvier 2006 16:19

          On peut rêver, mais pourquoi ne pas déclencher un mouvement citoyen pour revendiquer une reprise en main du journalisme par une éthique professionnelle garantissant (voire « exigeant ») sa totale indépendance, même si certains journalistes sont engagés.

          En l’état actuel des choses, à part le Canard Enchaîné et Charlie-Hebdo, je crois qu’il n’existe aucune publication 100% indépendante et à grand tirage. Loin derrière il y a « La Décroissance » mais j’ai découvert qu’il ne sont pas franchement indépendants, j’ai lu ce truc là une fois, puisque je suis un décroissantiste, mais j’ai été déçu, ça sent un peu le curé et ce n’est évidemment pas un signe d’indépendance...


          • badr (---.---.39.123) 22 janvier 2006 16:42

            L’indépendance de Charlie-Hebdo est très douteuse. Il suffit de voir les passages à répétition de Philippe Val et de plusieurs de ses journalistes et caricaturistes dans les grands médias et leurs discours pour s’en convaincre.

            Plusieurs numéros de PLPL épinglent Philippe Val. Voir aussi ce que pense CQFD (mensuel) de Charlie-Hebdo.


          • Méric de Saint-Cyr Méric de Saint-Cyr 22 janvier 2006 20:02

            C’est bien possible que même Charlie hendo ait une indépendance d’opinion discutable, mais au moins, dans Charlie il n’y a pas de pub (à part un copinage pour Libération). Et puis bon, ne pas oublier quand même que c’est un journal de gauche, il s’agit donc d’une presse engagée.

            D’ailleurs, existe-t-il une presse qui ne soit pas engagée ? Derrière des magazines « politiquement corrects » comme « Modes et Travaux » ou « Décoration & Jardin » on a aussi le reflet d’une idéologie politique : faire en sorte que le monde soit peuplé de dormeurs infantilisés.

            heureusement, ça ne marche pas !...


          • (---.---.11.59) 22 janvier 2006 23:31

            Pour vous faire une idée sur certaines « nouvelles » pratiques de la rédaction et de certains des salariés de Charlie Hebdo : http://www.acrimed.org/recherche.php3?recherche=Charlie+Hebdo

            Bonne lecture


          • Daniel RIOT Daniel RIOT 22 janvier 2006 20:46

            le problème non traité par Halimi ni dans cet article se résume en une formule dejà anciennr de Guillebaud : « Le système médiatique conte le journalisme »... Cessons de confondre média et journalisme...


            • (---.---.11.59) 22 janvier 2006 23:25

              M. Riot, merci de développer un peu plus le problème non traité : « Le système médiatique conte le journalisme ».


            • prince2phore prince2phore 31 janvier 2006 13:52

              Sans médias, pas de journalisme, il me semble. Le champ médiatique et le champ journalistique se superposent depuis toujours (depuis la naissance du journalisme du moins), si vous avez une remarque précise qui viendrait atténuer ou nuancer les propos de l’auteur, vous basant sur une éventuelle erreur d’interprétation de l’interaction de ces champs, je suis tout à fait preneur. Si vous pensez que mon article en particulier n’apporte pas grand chose de nouveau ou de pertinent au sujet, je suis bien d’accord, le but en était simplement de présenter un livre passé sous silence par votre chaine comme par les autres médias et journalistes (sans faire d’amalgame entre les deux smiley. bien cordialement.


            • Sylvio (---.---.59.78) 22 janvier 2006 21:40

              Si vous cherchez un média indépendant tant au niveau politique que économique, je vous propose le site du réseau Voltaire (facile à toruver sur Google). Le site ou la revue n’a aucune publicité, n’appartient à personne (c’est une association qui défend la liberté d’expression) et n’est lié à aucun partie politique (ce qui ne l’emèche pas d’avoir des convictions). La revue est d’ailleurs assez chère (8€) vu qu’il n’y a pas de pub.

              Le réseau Voltaire se présente comme un média de presse non alignée : il ne s’autocensure pas et dit tout ce qu’il a à dire même si ce n’est pas ça ne suit pas le « consentement de masse ».

              Les sujets sont d’ordre géo-politique et assez contestataire envers la politique américaine et/ou le néo-libéralisme (c’est une sorte de canard enchainée au niveau international qui aborde les thèmes du monde diplomatique). Les articles qui sont pour la plupart des dépêches d’actualités, des analyses ou des discours diplomatiques, dans les 2 cas, tout est traité avec serieux et professionnalisme : les sources de chacun des dires sont toujours révélés.

              Si vous aimez l’humanisme, les droits de l’homme et du citoyen, la laïcité et la démocratie, je vous conseille de lire ce média.


              • (---.---.93.242) 23 janvier 2006 10:26

                Si je ne m’abuse le réseau Voltaire était le site sur lequel s’exprimait Thierry Meyssan. L’attitude des dirigeants du Réseau Voltaire envers les élucubrations de ce dernier et ses dérives islamistes ont décrédibilisé ce site. Une étude complète réalisée par Fiammetta Venner est parue en librairie(1) si je ne m’abuse démontant le « système Meyssan » dont le réseau Voltaire fait partie. Si la libération de la parole qu’apporte internet est un outil formidable il ne faut pas oublier que notre jugement critique doit être d’autant plus renforcé que les contrôle habituels des media n’existent plus. Pour moi l’affaire Meyssan à fait perdre toute crédibilité au réseau Voltaire.

                (1) Famietta Venner, « L’effroyable imposteur. Quelques vérités sur Thierry Meyssan », Grasset Février 2005.


              • (---.---.184.33) 8 mars 2006 21:15

                « L’effroyable imposteur. Quelques vérités sur Thierry Meyssan » ne fait qu’employer des procedés diffamatoire qui consiste à décridibilser l’auteur sans s’attaquer aux arguments. J’estime au contraire que le travail de mayssan sur ce sujet est tout à fait sérieux et est très loin de l’image de fantaisiste qu’on nous a rabaché. Je vous conseille d’écouter ceci ou il a une rare occasion de s’exprimer et dans lequelle il répond à certaines attaques : http://ignoredby.free.fr/Media/consp/Radio.ici.et.maintenant.Thierry.Meyssa n.pentagate.(213mns).part1.mp3 http://ignoredby.free.fr/Media/consp/Radio.ici.et.maintenant.Thierry.Meyssa n.pentagate.(213mns).part2.mp3


              • jaja (---.---.207.253) 31 janvier 2006 14:59

                Une autre revue indépendante (ou pseudo) indépendante est le magazine ’Alternatives économiques’ (http://www.alternatives-economiques.fr/) qui propose bien des idées interressantes et ne se contente pas de taper sur les doigts des politiciens. C’est une revue sérieuse contrairement au Canard ou à Charlie qui sont cyniques et provocatrices (ceci personnellement, j’adore !!), il se trouve qu’elle est également pas trop mal distribuée (cad disponible dans toutes les bonnes librairies). Maintenant, personnellement je n’ai rien contre les journalistes ni le système journalistique en France et je pense que l’on reste l’un des pays ou la liberté de presse est la plus ample, le Monde Diplomatique, le canard, charlie, alternatives économiques sont là pour le prouver. Doit-on tirer sur les journalistes qui font du chiffre ? Ou sur les gens qui achètent les journaux ? Peut-on n’accuser QUE les journalistes de toutes les dérives du système actuel ? Ce serait éminament réducteur. Nous sommes tous des acteurs de ce système et en sommes complices quoi que l’on en pense, moi le premier, parfois, j’achète le Parisien (oups). Enfin, pour revenir au sujet qui nous occupe, je pense trouver le temps de lire ce bouquin mais je pense n’y apprendre que des faits plus ou moins connus ou devinés... Le monde des journalistes appartient aux grandes sociétés... Ouais, je le savais, tout le monde le sait d’ailleurs. La vraie question est : comment faire pour distribuer de l’information plus engagée, plus mûre, plus réfléchie ? Pour l’instant, la seule réponse que j’aie en tête est via Internet et ce genre de réseaux, via les associations qui sont nombreuses en France, via les syndicats tant qu’il en reste et en utilisant le boycott à bon essient, sans pour autant s’arrêter de vivre...


                • cdumas (---.---.40.120) 2 février 2006 21:15

                  pffff de toute façon, ce qu’en pense Plpl et ses éternels déçus du bolchévisme.... toujours prêts à nous enfermer un peu plus dans leur sectarisme doctrinaire...


                  • prince2phore prince2phore 2 février 2006 22:43

                    je ne suis pas un déçu du bolchévisme et ce que vous pensez m’interesse. si vous pensez quelques chose sur la problématique des médias français, merci de bien vouloir nous en faire part.


                  • ASTROV (---.---.227.38) 14 mars 2006 17:12

                    N’est-il pas symptomatique qu’en cherchant des informations sur Thierry Meyssan on tombe sur cet échange d’emails débutant par un article sur l’ouvrage de Serge Halimi ? Allez, je vais pas faire d’amalgames entre le « Diplo » et le Réseau Voltère,... mais quand même : là où on commence avec la « critique des médias » chère à nos thuriféraires de la gauche bien pensante (Acrimed, plpl ou le récent « Plan B » qui s’est discrédité dès son lancement par des manœuvres de happening marketing des plus douteuses), on est jamais loin de la paranoïa complotiste de la Meyssan family (le père qui active ses réseaux, le fils qui tient les cordons du site web...) En effet, si les arguments d’Halimi ne sont pas à prendre à la légère et reflètent des jeux d’influence bien réels, la caution bourdieusienne sous laquelle il place son étude la rend d’emblée peu crédible. C’est quand même fort que Bourdieu serve toujours de faire-valoir à tous ceux qui cherchent à contraindre la réalité à leurs propres volontés idéologiques, du post-marxisme moralisant du Monde Diplo à l’islamo-gauchisme du Réseau Voltaire ! (pour celui qui un peu plus haut invitait à écouter les saintes paroles de Thierry le prophète, j’admets que ses explications sont des plus convaincantes, et auraient tout à fait leur place sur Rire et Chanson... tant le ridicule de l’entreprise relève de l’absurdité la plus comique.) Les études de Fiammetta Venner et Caroline Fourest me paraissent justement d’autant plus sérieuses qu’elles ne sont nullement entachées, elles, ni d’idéologie moralisatrice ou antiaméricaine, ni des bourdieuseries de Serge Halimi. Quand on parle de médias indépendants, à l’idéologie gauchiste-chic du Monde Diplomatique, qui est tout sauf un journal objectif (pas plus du moins que Le Monde, Le Figaro, l’Humanité, Libération ou Charlie Hebdo, qui tous font un travail de journalisme, parfois plus ou moins orienté selon les sujets, mais il suffit de le savoir et de ne pas feindre la fausse naïveté en jouant les vierges effarouchées par d’hypocrites et croustillantes révélations), je préfère, outre la presse étrangère et « alternatives économiques » déjà cité, certains sites d’information pertinents et responsables : http://www.prochoix.org/ (le site de Fiammetta Venner et Caroline Fourest) ; http://histoiresdememoire.org/ ; http://balkans.courriers.info/ ;

                    Astrov


                    • ASTROV (---.---.227.38) 14 mars 2006 17:23

                      Je reposte avec les liens :
                      Prochoix (le site de Fiammetta Venner et Caroline Fourest)
                      Histoire de Mémoire
                      Le Courrier des Balkans
                      Alternatives économiques

                      Astrov


                    • prince2phore (---.---.184.33) 14 mars 2006 19:44

                      je dénie l’existence de quelque relation avec Thierry Meyssan ou le réseau Voltaire et mon article. vous admetrez d’ailleurs que le lien que vous faites entre ces derniers et le livre de S. Halimi via un commentaire de mon article est des plus malhonnête pour dire le moins... J’aimerai vraiment entendre vos attaques sur le fond ceci-dit, celà fait trop de foin que j’entends ces attaques sur Bourdieu, que lui reprochez-vous ? Il me semble pour ma part une caution scientifique tout à fait valable. Quand à l’objectivité du Monde diplo, vous êtes dans le délire total, ce journal qui n’a pas de lien directe avec le livre ou cette article, n’a aucune prétention à être objectif, il me semble... Pour ma part, si encore une fois je le répète ici je ne suis ni un ancien communiste, ni un post marxiste, ni même de gauche, j’entends les critiques éclairées et construcitves de S. Halimi et de Bourdieu. Quand à vos attaques superficielles et vos « bons mots » caricaturaux, ils ne m’empecherons pas d’aller voir les sites que vous recommandez, sait-on jamais...

                      bonjour chez vous.


                    • ASTROV (---.---.227.38) 15 mars 2006 02:41

                      Oh la la, pardon pardon. Je ne vous visais nullement, ni la critique que vous aviez fait du livre de Serge Halimi d’ailleurs. Mon commentaire faisait effectivement plus référence à certains commentateurs de votre critique qu’au texte initial.
                      Étant un ancien étudiant de Paris VIII (ex-Vincennes), j’ai suffisamment eu le temps de connaître la pensée de Bourdieu et son insupportable condescendance, puis de me rendre compte de tout ce que les suiveurs deleuzo-bourdieusiens ont pu produire de discours populiste pour m’en méfier dorénavant comme de la peste. Il y a trop d’adoration autour d’eux pour ne point paraître suspect (Marcel Gauchet ou Pierre Hadot sont certes moins sexy, mais aussi plus dignes.)
                      Et si je ne craignais à nouveau de passer pour un dangereux activiste d’ultradroite, je vous conseillerais, pour mieux connaître certains traits de caractère de Pierre Bourdieu, de consulter dans le dernier numéro (le 138) de la revue Le Débat (site du Débat) l’article de Jean-Noël Jeanneney sur les rapports de Bourdieu et de la télévision.

                      Je n’ai certes pas explicité mes attaques, ce qui fait passer pour du délire ce qui n’est qu’association d’idées : il se trouve que Serge Halimi fait partie de la rédaction du Diplo, qu’il est très ami avec Pierre Rimbert qui a créé plpl et le Plan B (Halimi, Rimbert, Ruffin, Tévanian sont très actifs et signent dans les mêmes publications inspirées des thèses d’Acrimed et d’Attac France (qui n’a que peu à voir avec le sérieux de l’association allemande d’origine), concentrées jusqu’à l’obsession sur la collusion entre les médias et les pouvoirs financiers. Vous précisez que le livre de Serge Halimi est sérieux. Je suis tout prêt à vous croire, mais je constate juste qu’il appartient à un courant de pensée (celui d’Acrimed-AttacFrance-Réseau Voltère) qui ne se caractérise pas vraiment par la rigueur de ses méthodes...

                      Voilà, si j’ai réagi si violemment, ne craignant pas même d’user de jeux de mots laids, c’est que j’avais repéré dans les commentaires au dessus tout à la fois un éloge des délires paranoïaques de Meyssan (il est beaucoup plus fort que moi dans ce domaine !), puis une attaque contre Fiammetta Venner, l’une des journalistes les plus lucide sur les dérives d’une certaine gauche réactionnaire. Et tout cela à partir d’un livre de Serge Halimi !!!
                      Mais ce n’est là bien sûr qu’un pur hasard...


                    • prince2phore (---.---.184.33) 15 mars 2006 21:22

                      Encore une fois il ne me semble pas que votre ironie soit justifiée. Je ne vois aucun lien entre le courant de pensée du monde diplo (que je connais un peu) et de meyssan. et je pense bien que celà relève du hasard si vous trouvez des commentaires douteux à la suite de cet article (après tout nous pourrions aussi déduire de la présence de vos commentaires quelques parenté entre le courant de pensé de S. Halimi et Fiammetta Venner non ?). je n’ai malheureusement pas envie de payer pour voir l’article de débat que vous me conseiller, mais je compte bien finir les quelques livres de Bourdieu que j’ai et juger sur pièce. Je me préfère toujours me faire une idée par moi même sur les auteurs, je suis comme ça, une certaine prétention à pouvoir discerner tout seul les impostures intellectuelles, certainement des restants de mon éducation scientifique... Ceci dit si vous voulez entammez un débat sur le fond puisque vous semblez connaître Bourdieu assez, je suis impatient de savoir ce que vous lui reprochez, mon mail est disponible pour ce genre de débat, si l’abscence de public ne vous rebute smiley


                    • antennerelais 23 mai 2008 11:35

                      @ ASTROV
                      "si les arguments d’Halimi ne sont pas à prendre à la légère et reflètent des jeux d’influence bien réels, la caution bourdieusienne sous laquelle il place son étude la rend d’emblée peu crédible."

                      Bourdieu qui "décridibiliserait" le livre d’Halimi...
                      Toi par contre ta parole est d’or sans doute...
                      Trop de clowns encombrent le net.


                    • silas (---.---.146.138) 31 août 2006 16:24

                      Quand je trouve plus aisé de catégoriser en ..iste, tel un penseur éclairé, plutôt que débattre sur le fond d’un sujet aussi intéressant que celui-ci, je peux par exemple réduire mon interlocuteur à un objet en l’enfermant dans une carricature de la sorte...

                      « Il y a quelques mois, dinant chez des amis, je fis la connaissance d’un polytechnicien sur lequel reposent de lourdes responsabilités sociales et économiques. La conversation fut vite animée et je ne tardai pas à deviner une certaine aggressivité dans le comportement de mon interlocuteur. Puis brusquement il se détendit, un sourire illumina son visage et il me dit : <> A partir de ce moment, m’ayant classé avec un mot, il n’adressa pratiquement plus la parole à cet objet que j’étais devenu pour lui.>> » — Tonton Henri Laborit, Biologie et Structure


                      • prince2phore prince2phore 31 août 2006 18:50

                        et il me dit : ???

                        le suspense est insupportable ! s’il vous plait Silas !


                      • (---.---.146.138) 4 septembre 2006 15:29

                        Oui désolé, ce n’était pas un texte à trous...encore que...

                        La citation complète de cette conclusion du livre de Laborit est la suivante : « Il y a quelques mois, dinant chez des amis, je fis la connaissance d’un polytechnicien sur lequel reposent de lourdes responsabilités sociales et économiques. La conversation fut vite animée et je ne tardai pas à deviner une certaine aggressivité dans le comportement de mon interlocuteur. Puis brusquement il se détendit, un sourire illumina son visage et il me dit : »J’ai compris, vous êtes un empirio-criticiste.« A partir de ce moment, m’ayant classé avec un mot, il n’adressa pratiquement plus la parole à cet objet que j’étais devenu pour lui. »

                        Il s’agit bien sûr d’un clin d’oeil à ASTROV qui fait « référence à certains commentateurs de votre critique » et opère une oxydo-réduction de l’objet « Serge Halimi » qui appartiendrai « à un courant de pensée ».

                        Les nouveaux chiens de garde, dont je n’ai pas terminé la lecture, semble être au contraire un livre délicieusement très froid (à supposer la chaleur des courant de pensée) dans le fond, même si les chapitres se terminent en général par une petite pointe d’ironie. Ceci-dit, au crédit de Astov, la notion de « classe » arrive d’emblée via la sphère décrite : journalisme de classe cotoyant, tout proche, décideurs industriels et politiques.

                        Effectivement, ce livre est engagé, mais vers où ? Oserait-il nous dire que la notion de classe est toujours d’actualité ? Veut-il briser les tabous des copinages et des hauts salaire ? Ou simplement nous informer à son tour de ce qui se passe dans une certaine profession et dans un certain milieu ?

                        Quel toupet ces « moralistes ».

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